L’Union européenne renforce la lutte contre le commerce illicite d’armes

L’Union européenne apportera un nouveau financement pour mettre en œuvre de manière effective le traité sur le commerce des armes (TCA).

À la fin du mois d’avril, le Conseil de l’Union européenne a adopté une décision qui permettra à l’Union de soutenir trois projets du secrétariat du TCA, à Genève, avec un apport de 1,37 million d’euros. Le but est d’aider les États du traité à fortifier leurs systèmes nationaux de contrôle des exportations d’armes. Les systèmes de contrôle des exportations sont des outils essentiels pour éviter le détournement et le commerce illicite d’armes. Ces outils aident à mettre en place un commerce plus responsable des équipements et technologies militaires.

Concrètement, le soutien de l’Union européenne permettra de réaliser les actions ci-dessous :

  • la formation d’experts TCA locaux et régionaux pour aider à la mise en œuvre et moins dépendre de consultants externes ;
  • la création d’une base de données pour faire correspondre les ressources aux besoins de la mise en œuvre des traités ;
  • la création de mécanismes de communication et de mécanismes informatiques pour que les points de contact des États et le secrétariat du TCA puissent coopérer plus efficacement.

De plus, le projet améliore la capacité institutionnelle du secrétariat du TCA à fournir un soutien durable aux États faisant partie du TCA. Il s’adapte à la stratégie récemment adoptée pour consolider la contribution de l’Union européenne au multilatéralisme fondé sur des normes, qui vise à promouvoir la paix et la sécurité mondiales.

Cette décision est aussi un exemple du soutien de l’Union européenne au TCA. L’Union a non seulement facilité les négociations portant sur le traité, mais elle a aussi apporté quelque 15 millions d’euros pour de nombreux projets destinés à la promotion de l’adoption et de la mise en œuvre universelles du traité.

Pour réduire la violence et la souffrance humaine dans les régions touchées par les conflits, l’adoption et la mise en œuvre universelles du TCA sont indispensables. Le traité sur le commerce des armes, en vigueur depuis décembre 2014, régit le commerce international des armes conventionnelles, de leurs pièces et munitions, afin d’éliminer la vente illicite et le détournement de ces armes. Tous les États membres de l’Union font partie de ce traité.

Le secrétariat du TCA gère les rapports des États, leurs points de contact nationaux et les listes de contrôle nationales. En plus d’organiser les conférences des États et les travaux durant les sessions, il gère aussi le Fonds d’affectation spéciale volontaire du TCA, un soutien à la mise en œuvre des traités par les États.

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« La perception importe » : guide pour la gestion des explosions d’insécurité

Le projet Cutting Crime Impact (CCI), financé par le programme Horizon 2020 de l’Union européenne, vise à prévenir la délinquance ordinaire (toute délinquance non organisée) et, le cas échéant, à réduire son impact autant que possible. À cette fin, le projet travaille sur quatre domaines spécifiques : la police prédictive, la police communautaire, la prévention du crime par le biais de l’aménagement environnemental et la perception de la sécurité. Le projet a pour but d’élaborer des outils dans ces quatre domaines qui peuvent être mis en œuvre par les acteurs de la sécurité pour atteindre les objectifs du projet.

Dans le domaine de la perception de la sécurité ou sécurité subjective, le Departament d’Interior, en tant que partenaire du projet, a été chargé de concevoir un outil permettant d’améliorer la perception de la sécurité des citoyens. La formule choisie a été l’élaboration d’un guide, « La perception importe », qui oriente de manière pratique et utile les responsables de la sécurité qui doivent faire face à l’articulation des réponses aux explosions d’insécurité dans certaines zones spécifiques de la ville. Les manifestations du sentiment d’insécurité sont souvent liées à des espaces concrets, voire à certains créneaux horaires. Une réponse standard, générique, est vouée à l’échec ; une analyse légèrement approfondie (et, si possible, rapide) est nécessaire pour permettre de détecter les causes à l’origine de cette explosion d’insécurité (et non de l’insécurité en général) afin de pouvoir prendre des mesures spécifiques pour y remédier.

Les responsables de la sécurité sont soumis à une forte pression en cas de manifestation publique d’insécurité ou de peur du crime. Cette pression les empêche souvent de garder leur calme et de disposer de suffisamment de temps pour analyser correctement la situation, ce qui favorise des mesures routinières et très visibles qui, bien qu’elles ne résolvent pas le problème, servent à atténuer la pression publique et politique. « La perception importe » vise précisément à fournir des critères simples et pratiques pour que ces personnes chargées d’articuler les réponses face aux manifestations publiques d’insécurité puissent identifier les mesures urgentes à prendre, si nécessaire, tout en facilitant une analyse approfondie de la situation et une réponse plus globale avec des mesures à court, moyen et long terme, afin d’éviter l’adoption de celles qui servent à « écarter » le problème mais qui, au fond, entravent sa résolution.

« La perception importe » se compose de cinq documents faisant partie d’une même stratégie et pouvant être utilisés ensemble ou séparément. Le carnet 1 contient le guide au sens strict, qui incorpore les questions clés qu’une personne ayant des responsabilités en matière de gestion de la sécurité doit se poser face à un incident d’insécurité. Il contient également les sources pouvant être consultées pour obtenir des informations adéquates. À la fin du carnet, on trouve une clarification de concepts à prendre en compte lors de la gestion de crises d’insécurité subjective pour connaître avec précision les différentes dynamiques.

Le carnet 2 aide à évaluer si nous sommes confrontés à un incident exigeant des mesures urgentes, immédiates, tout en continuant à analyser le problème de manière plus globale. Le document comprend des indicateurs permettant de déterminer si des mesures urgentes sont nécessaires ou non, ainsi que des recommandations concernant le type de mesures à prendre.

Le carnet 3 explique simplement plusieurs méthodologies de recherche dans le domaine des sciences sociales, avec des conseils pratiques sur la manière dont elles doivent être gérées pour obtenir les informations requises sans entrer dans des procédures de réflexion sans fin. Il ne s’agit pas d’un manuel de méthodologie, mais de recommandations sur la manière d’utiliser certaines mesures de façon simple et utile afin d’améliorer notre diagnostic d’insécurité.

Le carnet 4 met à la disposition du lecteur des critères pour définir des mesures de réponse aux explosions d’insécurité en fonction des causes qui les ont provoquées, de sorte que l’insécurité puisse être contenue et inversée. Des mesures variées et transversales sont présentées, à court, moyen et long terme. Il comprend également un lien avec des documents qui collectent les bonnes pratiques dans ce domaine.

Le carnet 5 donne, d’une part, des lignes directrices pour comprendre l’importance de la communication avec les citoyens en matière de sécurité subjective et, d’autre part, les critères à suivre pour que la communication publique parvienne effectivement à améliorer la perception de la sécurité des citoyens ou, du moins, à ne pas l’aggraver en période de crise.

En résumé, il s’agit d’un document qui ne propose pas de nouvelles découvertes en la matière, mais qui permet de classer de manière simple et efficace, les connaissances existantes pour faciliter une gestion ordonnée et agile des explosions d’insécurité dans nos villes et espaces publics. http://interior.gencat.cat/ca/el_departament/publicacions/seguretat/projecte-europeu-toolkit-la-percepcio-importa/

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Comment prévenir les escroqueries lors d’achats en ligne

Un programme conçu par Europol a été lancé en novembre dans le but d’éviter les escroqueries lors d’achats en ligne pendant les pics de consommation à venir. La plus grande saison de ventes de l’année est sur le point d’arriver et, dans le contexte de la pandémie actuelle, il n’est pas nécessaire de quitter le confort de sa maison pour y participer. Mais les cybercriminels en profitent aussi.

La conception facile de pages Web, l’augmentation du trafic sur les réseaux sociaux et le confort ont fait de l’achat et de la vente de produits en ligne un aspect essentiel de l’expérience d’achat moderne. La pandémie de COVID-19 incite encore plus les consommateurs à se connecter à Internet pour faire leurs achats. Pour les entreprises, cette tendance présente à la fois des défis et des opportunités considérables. Des ventes accrues et un trafic accru impliquent des recettes accrues. Mais cela implique également une augmentation de la fraude, car les criminels ont encore plus de possibilités de cibler les consommateurs comme les commerçants. Alors, comment les détaillants doivent-ils se préparer ?

Dans le cadre d’une campagne de sensibilisation lancée à la mi-novembre, les forces de l’ordre de 16 pays se sont associées au Centre européen de lutte contre la cybercriminalité (EC3) d’Europol et au Merchant Risk Council pour partager des conseils pratiques pour faire face aux criminels qui tentent leurs escroqueries lors d’achats en ligne.

Cette campagne de sensibilisation est menée dans le cadre de l’Action pour le commerce électronique de 2020 (eComm 2020), dirigée par Europol. La campagne de cette année met particulièrement l’accent sur les commerçants en ligne : elle les aide à mieux identifier les fraudes sur leurs plateformes et leur permet de prendre des mesures pour protéger leur entreprise et leurs clients contre ces attaques.

Les forces de l’ordre et les partenaires commerciaux principaux partageront les messages de la campagne avec le hashtag #SellSafe pour toucher un public aussi large que possible.

Ces criminels représentent une menace bien réelle : au cours de la période précédant cette campagne, plusieurs pays ont dirigé des opérations menant à l’arrestation de 22 cybercriminels de ce type au cours du seul mois d’octobre. La campagne de sensibilisation lancée en novembre est fondée sur l’expérience des forces de l’ordre dans leurs enquêtes sur les commandes frauduleuses de divers types et vise à aider les commerçants à mieux reconnaître et résoudre les problèmes de sécurité sur leurs plateformes.

Le Centre européen de lutte contre la cybercriminalité d’Europol a fourni aux commerçants une liste de recommandations :

  • Connaissez votre produit : il est plus risqué de vendre certains produits que d’autres. Par exemple, vendre de petits articles qui peuvent être facilement revendus et qui sont déjà demandés est plus risqué que vendre des articles de votre propre conception.
  • Connaissez votre client : si vous acceptez les paiements par carte et envoyez des produits de valeur à vos clients, vous préférez savoir à qui vous envoyez ces produits, n’est-ce pas ?
  • Définissez un moyen de paiement sécurisé : l’administrateur de votre carte peut vous conseiller. Le choix d’un moyen de paiement sécurisé limite le risque de fraude.
  • Utilisez un service de livraison fiable : choisissez un mode de livraison qui vous garantit que vos marchandises seront manipulées de manière professionnelle et que les éventuelles réclamations pour non-livraison seront traitées correctement.

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Les représentants de centaines de villes à travers le monde veulent réduire la violence de moitié d’ici 2030

Le comité exécutif du Parlement mondial des maires (en anglais, le GPM) a présenté une résolution internationale au Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, afin d’accélérer les efforts visant à réduire la violence de moitié d’ici 2030. Le GPM, ainsi que Peace in Our Cities, ont initié cette résolution au mois de juin 2020. Elle a été signée par plus de 60 villes, ainsi que par des réseaux de villes représentant plus de 1500 villes et zones métropolitaines.

Le maire Marvin Rees, de GPM, a présenté cette résolution lors de la Journée internationale de la paix des Nations unies, « Peace One Day », pendant une réunion de militants des droits de l’homme à l’échelle mondiale, qui visait à promouvoir la paix et réduire la violence. GPM et Peace in Our Cities travaillent avec Pathfinders, une coalition de 36 gouvernements nationaux et de 100 partenaires non gouvernementaux, pour accélérer les actions et les investissements en faveur de la paix, de la justice et de l’inclusion dans le monde entier.

Le défi mondial de la violence requiert une réponse mondiale. Même si les gouvernements sont essentiels à la prévention des conflits, à la lutte contre la criminalité et à la réduction des violences domestiques, les villes jouent un rôle encore plus important dans la prévention et la réduction de la violence.

En ce qui concerne cette résolution, il s’agissait de la première fois que des villes du monde entier se réunissaient pour adopter une position commune sur la prévention et la réduction de la violence. Aux côtés de GPM et de Peace in Our Cities, on trouve le Forum européen pour la sécurité urbaine (EFUS), le Forum africain pour la sécurité urbaine (AFUS), le Mayors Migration Council (MMC), Strong Cities Network (SCN) et la Conférence des maires des États-Unis (USCM).

La pandémie de COVID-19 entraîne des conséquences dévastatrices dans les domaines sociaux, économiques et politiques dans le monde entier. Elle provoque également une augmentation du risque de violence organisée et interpersonnelle dans les milieux à revenus élevés, moyens et faibles. Les femmes et les enfants en particulier sont exposés à un plus grand risque de violence, surtout à la maison et dans le monde virtuel, de même que les personnes les plus vulnérables, notamment les personnes déplacées ou vivant dans des zones touchées par des conflits. La menace de la violence criminelle augmente aussi, et les troubles sociaux et politiques se diversifient. Ces risques sont encore plus marqués dans les villes.

La résolution contraint les dirigeants des villes à réduire de manière significative toutes les formes de violence meurtrière, à investir dans des solutions sur la base de preuves, à travailler en partenariat avec des organisations nationales et internationales, à se concentrer sur les communautés les plus vulnérables, à donner plus de moyens aux survivants et aux jeunes, à briser les cycles de violence intergénérationnels et à lutter contre l’extrémisme numérique.

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Progrès en matière de justice, de droits de l’homme et de sécurité publique en Amérique centrale

Des pays comme le Salvador, le Honduras et le Guatemala sont confrontés à des défis constants dans la lutte contre l’insécurité, l’impunité et la corruption. Les responsables des politiques publiques ont besoin de réponses pour déterminer la façon la plus stratégique d’améliorer la gouvernance dans la région.

Comme l’explique WOLA, le Monitor Centroamericano (Observatoire d’Amérique centrale) se charge de collecter et d’analyser une série d’indicateurs qualitatifs et quantitatifs dans huit domaines clés liés à la sécurité publique, à la justice et aux droits de l’homme.

L’Observatoire fournit des graphiques et des rapports qui examinent les mesures que chaque pays met en œuvre pour renforcer l’état de droit et la sécurité publique.

Les données recueillies et analysées ont montré les tendances et les sujets de préoccupation dans la région, dont notamment :

  • Des progrès significatifs ont été réalisés dans toute la région en matière de lutte contre la corruption. Cependant, les problèmes persistent au niveau de la mise à jour ou des réformes de la législation existante et, dans certains cas, des lois rétrogrades ont même été adoptées. La capacité des trois pays à empêcher que la corruption ne persiste est une question particulièrement urgente mais difficile en pleine pandémie de COVID-19.
  • Bien qu’il existe des lois et des mécanismes de transparence, des synergies empêchent les agents publics et les institutions de publier des informations publiques de façon régulière. Par exemple, certaines des institutions examinées, à savoir les ministères responsables de la défense et de la sécurité publique, ne parviennent pas à mettre à la disposition du public des renseignements importants sur leur fonctionnement. Au Honduras, par exemple, l’organe chargé d’examiner les états financiers des fonctionnaires n’a aucun moyen de déterminer de manière proactive que les informations sont véridiques et exactes.
  • Un niveau d’impunité élevé persiste pour les crimes liés aux violations des droits de l’homme, aux homicides et aux menaces contre les défenseurs des droits de l’homme, bien que le Honduras et le Guatemala aient pris des mesures qui visent, en principe, à créer un environnement plus propice à l’exercice de la protection des droits de l’homme. Une tendance inquiétante doit être soulignée : celle de l’utilisation abusive du droit pénal pour tenter d’empêcher ou d’arrêter le travail des défenseurs des droits de l’homme. Au Honduras, entre 2014 et 2017, 141 défenseurs des droits de l’homme ont été assassinés.
  • Des lois spécialisées ont été adoptées afin d’aider à prévenir, à détecter et à combattre la violence et le crime organisé. Malgré une diminution du taux global d’homicides, la violence et l’insécurité demeurent au premier plan des préoccupations de la population. Au Salvador, neuf cas d’enlèvement sur dix pris en charge par le Ministère public ont été enregistrés et huit sur dix dans le cas des homicides.
  • Les systèmes de justice dans toute la région ne disposent pas des ressources humaines nécessaires et ils doivent faire face à des menaces qui compromettent leur indépendance. Ces problèmes compromettent la capacité des systèmes de justice à enquêter et à poursuivre les crimes de manière efficace. Par exemple, en 2014, au Guatemala, seulement 2 % des plaintes déposées auprès du Ministère public ont abouti à une condamnation.

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Peut-on réduire de moitié la plupart des formes de violence ?

UNODCLa violence a toujours été un des défis majeurs de l’humanité. Des centaines de millions d’hommes, de femmes et d’enfants ont été assassinés ou touchés par les conflits armés, les crimes, les extrémismes et la violence sexuelle et de genre.

La violence corrode les institutions démocratiques et atteint aux droits humains fondamentaux. Il existe également un risque de voir augmenter certaines formes de violence collective dans la décennie à venir, surtout en raison des tensions qu’impliquent le changement climatique et les risques associés aux nouvelles technologies.

En dépit des gros titres médiatiques, durant les cinquante dernières années, des progrès ont été faits en matière de prévention et réduction de nombreux types de violence.

Cependant, il n’est pas garanti que la baisse relativement récente de la violence se poursuive au cours du XXIe siècle. Néanmoins, grâce à des interventions ciblées et un financement soutenu, en ville surtout, la plupart des formes de violence pourraient diminuer encore davantage. C’est d’ailleurs un des objectifs majeurs auquel aspire sustainabledevelopment.un.org/sdg16. Le monde a une chance réelle de réduire la violence de moitié à l’horizon 2030. Pour y parvenir, il nous faudra dresser un bilan et prendre des décisions concernant la direction à prendre. C’est justement cela que visent certaines initiatives audacieuses telles que Pathfinders Partnership.

Il faut se demander combien de gens se voient affectés par la violence. S’il est difficile de le mesurer avec précision, quelque 600 000 personnes, dont près de 100 000 femmes et enfants, meurent dans le monde à cause de conflits, délits, violences extrémistes et affaires extra-judiciaires. Des millions d’autres subissent des dommages physiques et psychologiques liés à la guerre, à la criminalité et à la violence sexuelle et de genre. Plus de 40 millions de personnes sont déplacées à cause de la violence, y compris 26 millions de réfugiés. Si des mesures ne sont pas prises pour changer le cours actuel des événements, il n’est pas sûr que ces tendances régressent dans les dix années à venir. Cependant, si des mesures sont prises pour renverser ces tendances, cela pourrait permettre d’épargner des milliers de vies et d’économiser des milliards de dollars en reconstruction, réparations, pertes de productivité et réclamations d’assurance.

Le premier pas pour réduire la violence efficacement d’ici à 2030 consiste à déterminer clairement comment elle se distribue dans le temps et l’espace. Prenons l’exemple de la violence mortelle. On croit à tort qu’il y a davantage de morts violentes dans les zones de guerre que dans les pays en paix.

Un seconde étape consiste à déterminer où se concentre la violence et qui court le plus de risques. Une part considérable de toute violence (c’est-à-dire morts, blessés et viols) se concentre dans les villes.

La troisième étape consiste à reconnaitre les facteurs de risque qu’engendrent divers types de violence. Bien que la violence soit plurifactorielle, plusieurs risques récurrents sont à relever. Par exemple, l’inégalité sociale et économique.

Des collaborations mondiales sans précédent seront nécessaires pour réduire la violence de 50 % dans les dix années à venir. Cependant, il y a des raisons d’être optimiste. Pour la première fois, l’ONU et la Banque Mondiale ont fait front commun pour prévenir les conflits. Des organes des Nations Unies comme l’Office contre la drogue et le crime (UNODC) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) se sont engagés à réduire la violence. L’ONU Women a annoncé une initiative de Spotlight pour en finir avec les violences faites aux femmes et l’UNICEF a uni ses forces avec d’autres pour avancer en matière de stratégies INSPIRE et aider les gouvernements à améliorer la sécurité pour tous. Une autre initiative prometteuse est la campagne globale pour éradiquer les violences faites aux enfants, qui a d’ores et déjà permis de collecter près de 38 millions de dollars.
https://www.weforum.org/agenda/2019/10/most-forms-of-violence-can-be-halved-by-2030-heres-how/

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Une loi au Salvador pour identifier des membres de gangs

Un groupe de députés de l’Assemblée législative du Salvador est en train d’analyser une loi qui pourrait permettre d’identifier les personnes qui font partie des bandes de jeunes Mara Salvatrucha, MS13, ou Barrio 18.

Il s’agirait de l’avant-projet de la loi spéciale d’enregistrement des bandes illicites et organisations terroristes, de leurs membres et collaborateurs. Cet avant-projet est à l’étude par les parlementaires de la commission de sécurité publique et de lutte contre le narcotrafic.

Par ailleurs, le congrès va mentionner que cette initiative législative a pour but d’identifier et de classer les bandes de jeunes à l’aide de l’information fournie par les services de renseignement de l’État et par la police, ce qui permettrait de démanteler ces structures délictueuses.

La loi fournirait à l’État un outil administratif pour combattre intégralement le principal problème de sécurité du pays.

Cet avant-projet sera présenté aux autorités du cabinet de Justice et de Sécurité ainsi qu’au procureur général, Raúl Melara, pour qu’ils connaissent l’objet et la portée de la réglementation et, une fois qu’ils auront donné leur assentiment, les députés pourront émettre un avis favorable pour que cette loi soit présentée en séance plénière et soumise au vote et, le cas échéant, approuvée.

Une fois approuvée, l’organe législatif, à travers les députés de la commission de sécurité publique demanderont la dérogation de la loi de proscription de maras, gangs de jeunes, groupes, associations et organisations de nature criminelle, approuvée en 2010, considérée inapplicable.

Les autorités du Salvador accusent les gangs MS13, Barrio 18 et d’autres plus réduits des taux élevés d’homicides. Il convient de mentionner que ces cinq dernières années, le taux d’homicides s’est établi à 103 pour 100 000 habitants, des données qui place ce pays parmi l’un des plus violents au monde.

Ces groupes criminels, phénomène hérité de la guerre civile (1980-1992) et qui s’est renforcé avec la déportation de membres depuis les États-Unis, ont résisté à tous les plans de sécurité mis en place par les quatre dernières administrations.

Au Salvador, près de 25 % de la population reconnaît avoir été victime d’extorsion de la part de membres de gangs.

Liens utiles :

https://blogs.iadb.org/es/inicio/

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Programmes de relations saines et de prévention de la violence conjugale dans les écoles du Canada

L’agence fédérale canadienne chargée de défendre les droits des femmes et de veiller au respect des lois est le Status of Women Canada (Condition féminine Canada). En tant que telle, cette agence soutient l’égalité de genre et la totale participation des femmes à la vie économique, sociale, culturelle et politique du pays. Le Status of Women Canada exerce son action sur trois niveaux : l’amélioration de l’autonomie économique et le bien-être des femmes, l’élimination de la violence systématique contre les femmes et les enfants et le renforcement des droits des femmes.

Dans ce but, elle développe et dirige des études de genre, soutient leur application au niveau du gouvernement fédéral et finance des recherches qui portent la dimension de genre aux agendas de programmes et de politiques.

C’est le cas du programme informatif d’éducation que met en marche l’Agence canadienne de la femme sur des pratiques scolaires favorisant les programmes de relations saines et de prévention de la violence conjugale dans les écoles du pays. Parmi les objectifs concernant l’inclusivité ainsi que la vision à travers les lentilles de genre, que l’on veut encourager grâce à ce programme éducatif auprès des plus jeunes du pays, qui cible essentiellement les écoles primaires et l’enseignement secondaire, soulignons :

Inclusivité

  • Les programmes incluent des audiences mixtes et différentes communautés et peuvent exiger des approches spécifiques.
  • De même, les programmes incluant des étudiants aux besoins particuliers – par exemple, qui font en sorte que leur matériel soit accessible à des étudiants malvoyants ou malentendants – garantissent que tous les élèves atteignent équitablement tous les objectifs établis dans le programme.
  • Les programmes qui utilisent le lexique LGBTQ et la variance de genre et envisagent des scénarios ou jeux de rôle qui montrent les différents facteurs impliqués dans la violence dans les relations LGBTQ, garantissent aussi que tous les étudiants puissent s’identifier grâce au programme et, de ce fait, remplissent aussi les objectifs quant aux résultats.

Lentilles de genre

  • Les programmes offrant des composants séparés pour filles et garçons puis l’opportunité de se regrouper et débattre sur ce qui est important pour ces derniers et ces dernières ont plus de succès.
  • De même, les programmes disposant de cofacilitateurs à la fois masculins et féminins sont mieux reçus par les jeunes car ils se sentent mieux représentés et ont plus de possibilités de s’exprimer.
  • Même si les programmes séparés par genre peuvent être utiles, une analyse de genre est importante dans tout programme, notamment pour ce qui est des causes profondes de l’inégalité de genre, afin d’aborder le fait que les femmes ont plus de probabilités d’être maltraitées, le consentement et les avantages des relations saines et égalitaires.
  • Les étudiants LGBTQ doivent être représentés, quelle que soit l’identité de genre des facilitateurs, quels que soient le langage et le matériel utilisés, les scénarios traités, etc.

Ce sont là les objectifs intrinsèques que l’on souhaite introduire dans les programmes académiques de l’école au Canada, en favorisant des espaces de réflexion pour les enfants et en générant une atmosphère d’intégration et de normalisation de stéréotypes sociaux déjà déphasés pour essayer de créer un futur prometteur chez les générations suivantes du pays par l’implantation d’un réseau de soutien dès l’enfance.

https://cfc-swc.gc.ca/abu-ans/wwad-cqnf/fs/fs-eng.pdf

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Les programmes d’analyse de données de sécurité sont-ils efficaces à Los Angeles ?

Parmi les tendances actuelles en matière de sécurité figure la volonté de prédire la criminalité en utilisant des programmes informatiques qui se nourrissent de données, issues notamment de plaintes. De plus en plus de services de police mettent à l’essai ces systèmes ou les développent mais, ce qui est particulièrement intéressant pour l’heure, plus que la mise en place de ces programmes, c’est l’évaluation des résultats et l’analyse obtenue de cette évaluation. Ce blog s’est déjà fait l’écho de deux expériences en France et en Allemagne et contemple aujourd’hui une nouvelle expérience aux USA.

Le département de la police de Los Angeles (LAPD) a publié, en mars 2019, un rapport examinant l’application de trois programmes d’action policière reposant sur des données. À l’été 2018, après une réunion où certaines associations avaient manifesté les préoccupations que généraient ces systèmes auprès du public, le Conseil des commissaires de police (Board of Police Comissioners [1]) de la ville de Los Angeles a chargé le Bureau de l’inspecteur général [2] de les étudier. Ce rapport en est le résultat.

Le premier des programmes analysés s’appelle LASER (acronyme de Los Angeles Strategic Extraction and Restoration) et se composait de deux actions complémentaires : un système d’évaluation et de suivi des criminels récidivistes (Chronic Offenders), basé sur un barème de notation qu’il fallait réviser périodiquement, et une stratégie de détection de « points chauds » (hotspots) sur lesquels il fallait prioriser les patrouilles.

La révision du projet LASER s’est avérée plutôt critique, tant pour ce qui est du programme sur les récidivistes qu’en ce qui concerne la localisation de points conflictuels. On y souligne des problèmes quant à son évaluation, des divergences entre les objectifs initiaux et ceux suivi lors du développement, un manque de matériel pour la formation, des différences sur la manière dont les différents services exécutent les actions du programme et des difficultés pour en constater l’efficacité. Parmi les défaillances de chacune des deux actions, le rapport relève le manque de suivi des personnes introduites dans le système sur les récidivistes ou la localisation de zones chaudes proches d’infrastructures du département de la police, ce qui fait que le temps pendant lequel les patrouilles se trouvaient dans les dépendances était comptabilisé comme temps de patrouille effective dans le secteur.

Le second système analysé est PredPol, un des programmes les plus courants de prédiction de la criminalité. Il s’appuie sur un historique de données criminelles et, en appliquant un algorithme, il calcule les zones où la probabilité de commission d’un crime est la plus forte à un moment donné. Le LAPD ne l’utilise que pour prédire les lieux où pourraient être commis des vols de véhicules et à la roulotte, et cela sur des tranches de 12 heures. La révision du Bureau de l’inspecteur général ne portait pas sur le fonctionnement du système de prédiction mais sur les implications à l’égard des patrouilles et il a été constaté, d’une part, que les résultats sur le temps consacré aux patrouilles dans les zones ciblées par le système étaient contradictoires et, d’autre part, que dans la plupart des cas, les zones à risque n’étaient visitées que pendant moins d’une minute (d’où un effet dissuasif limité) et que les patrouilles les plus longues avaient lieu près de bâtiments de police.

Le dernier programme analysé était ELUCD, un système qui envoyait des enquêtes brèves vers des dispositifs électroniques (téléphones, tablettes ou ordinateurs) à partir de leur localisation dans la ville de Los Angeles. Outre certains aspects démographiques (âge, genre, race et lieu de résidence), il était demandé aux gens s’ils se sentaient en sécurité dans leur quartier, s’ils faisaient confiance à la police et s’ils se sentaient protégés par ses services. L’enquête avait été commandée en vue d’en évaluer son éventuelle mise en œuvre mais finalement, celle-ci n’a pas été retenue et l’entreprise n’a pas fourni au département de la police les données collectées, si ce n’est certains rapports hebdomadaires ponctuels.

Le rapport a connu un certaine retentissement dans les médias aux USA (voir news en bas de page) et, si ces derniers constatent la difficulté d’évaluer l’efficacité dans ces systèmes, ils critiquent aussi le fait qu’on n’ait pas tenu compte des répercussions que ces programmes et systèmes auraient sur le public, ce qui était d’ailleurs une des principales raisons ayant motivé l’étude.

[1] C’est l’organe qui dirige le département de la police, il est composé de cinq civils et établit les politiques et les objectifs. Le chef de la police gère l’aspect opérationnel au quotidien et développe ces politiques et objectifs.

[2] C’est un service qui supervise les fonctions du département de la police de la ville.

Vous pouvez consulter le rapport sur :

http://www.lapdpolicecom.lacity.org/031219/BPC_19-0072.pdf

Deux nouvelles se sont fait l’écho du rapport :

CNN – LAPD audit reveals dangers of high-tech policing

https://edition.cnn.com/2019/03/22/tech/lapd-audit-tech/index.html

Muckrock – Eight years in, LAPD can’t measure PredPol’s effect on crime

https://www.muckrock.com/news/archives/2019/mar/12/algorithms-lapd-predpol/

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L’Équateur adopte d’importantes mesures de sécurité dans les stades de football

À partir de cette année 2019, le championnat de football en Équateur est géré par la Liga Pro, qui rassemble 16 clubs de première division et 10 clubs de première B et dont l’objectif est de garantir des enceintes sportives sûres à tous les usagers qui assisteront aux rencontres.

Parmi les aspects revisités par la Liga Pro, avec la Fédération équatorienne de football (FEF), l’Institut supérieur technologique du football de Quito (ISTFQ) et des juristes associés au monde du sport, il faut souligner la volonté de diffuser la culture de la paix chez les supporters des différentes équipes, améliorer les infrastructures et appliquer les lois en fonction de l’infraction ou du crime commis.

L’une des exigences de sécurité que l’on entend faire respecter est que le règlement sportif contemple l’obligation pour les stades de remplir les normes minimums requises par la FIFA avec, bien sûr, des perspectives continues d’amélioration. Par exemple :

  • Les stades doivent posséder des issues de secours donnant sur le terrain de jeu, placées stratégiquement et d’une largeur de plus de 1,20 m.
  • S’il y a une fosse, il faudra installer des passerelles devant les issues de secours qui donnent sur le terrain.
  • Les portes de sortie du stade et toutes les portes des zones spectateurs devront s’ouvrir vers l’extérieur. Elles ne devront pas être verrouillées pendant les matchs.
  • Le stade disposera d’une ambulance et d’une salle de premiers secours où dispenser des soins médicaux si nécessaire.
  • Les stades de football de série A disposeront d’une haie sur tout le périmètre extérieur afin de réaliser le premier contrôle de sécurité sur le public, avec fouille individuelle si nécessaire.
  • Le deuxième contrôle de sécurité sera effectué à l’entrée du stade.

L’organisme régisseur du football professionnel en Équateur a déjà réalisé une inspection des 13 stades où se disputera le tournoi de plus haut niveau et les résultats ont servi à améliorer le règlement. S’il en a été ainsi, c’est en raison du manque d’infrastructures des clubs, un des principaux enjeux pour le règlement de sécurité.

Concernant les enceintes qui accueillent des rencontres de football, soulignons un des aspects liés à la sécurité du règlement de la FEF qui considère que le stade doit être un lieu sûr pour tous les usagers, qu’ils soient spectateurs, protagonistes du match, fonctionnaires officiels, représentants des médias, employés ou autres, et doit donc disposer de divers éléments de sécurité publique.

Les instances juridiques du sport adoptent une position critique à l’égard de ces mesures. Elles estiment qu’avant d’appliquer des normes plus rigoureuses pour éviter la violence dans les stades, il faudrait commencer par faire respecter celles qui sont déjà établies et, par ailleurs, développer des actions de sensibilisation sur les bons comportements dans les rencontres sportives. De cette manière, le supporter serait instruit du risque qu’il encourt s’il commet une quelconque infraction et du fait qu’il peut être sanctionné par les lois déjà existantes.

De plus, certains considèrent qu’il n’est pas nécessaire de renforcer la sécurité des stades pour prévenir la violence mais qu’il faudrait, en revanche, s’appliquer à changer la mentalité et agir sur les motivations des gens qui se rendent dans les stades de football. Ainsi, l’aspect préventif des statuts et règlements devrait spécifier certains paramètres visant à éviter que ne se produisent des conflits lors d’une rencontre sportive. À ce propos, il est important, d’après les détracteurs, qu’un match de football s’inscrive dans une atmosphère de sécurité, amitié, famille et collaboration, pour qu’il soit agréable au regard des supporters et non générateur d’inquiétudes auprès de ceux qui souhaitent simplement assister à une rencontre sportive.

Parallèlement, l’ISTFQ a voulu apporter son grain de sable à la défense de la sécurité dans les stades de football en créant un diplôme de sécurité physique dans les espaces sportifs, visant à former les individus en matière de sécurité dans le sport.

Liens utiles :

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