Le rapport « Mass Incarcetarion: The Whole Pie 2025 », élaboré par Wendy Sawyer et Peter Wagner, offre une vue d’ensemble rigoureuse du système pénitentiaire aux États-Unis, avec pour objectif de déconstruire des mythes persistants et de fournir des données claires dans le cadre d’un débat toujours plus politisé. Dans un contexte où la sécurité est souvent utilisée pour justifier des politiques punitives, l’étude démontre que bon nombre de ces mesures ne sont pas seulement inefficaces, mais peuvent également aggraver la sécurité publique.

Actuellement, près de 2 millions de personnes sont privées de liberté aux États-Unis au sein d’une mosaïque de systèmes (prisons d’État et fédérales, prisons locales, centres pour mineurs, centres de détention pour immigrés, hôpitaux psychiatriques et autres), avec un coût annuel minimum de 182 milliards de dollars. Cependant, ces chiffres ne reflètent pas l’énorme rotation du système : chaque année, plus de 7 millions de personnes passent par la détention provisoire, souvent pour des délits mineurs ou sans condamnation définitive.
L’un des points clés du rapport est que la majorité des individus dans les prisons locales (jails) n’ont pas été condamnés. Ils sont en détention préventive parce qu’ils ne peuvent pas payer la caution, non parce qu’ils représentent un danger immédiat. Cet usage massif de la détention avant jugement a un impact direct sur la sécurité : il brise les liens familiaux et professionnels, aggrave les problèmes de santé mentale et augmente la probabilité de récidive.
L’étude conteste également l’idée selon laquelle la surpopulation carcérale serait principalement la conséquence de la guerre contre la drogue ou des prisons privées. Bien que les délits liés à la drogue restent importants (plus de 360 000 personnes incarcérées), 4 sur 5 des personnes incarcérées le sont pour d’autres types de délits. De plus, près de la moitié de la population carcérale est classée sous la catégorie juridique des crimes violents, une étiquette souvent trompeuse qui inclut des comportements sans dommage physique réel.
Du point de vue de la sécurité, l’une des conclusions les plus importantes est que l’incarcération de masse ne réduit pas la criminalité. Les données montrent que les taux de criminalité sont à des niveaux historiquement bas, malgré les discours politiques alarmistes. En outre, les longues peines et les conditions de détention sévères n’ont pas d’effet dissuasif et peuvent avoir un impact criminogène, augmentant le risque de crimes futurs une fois la personne libérée.
Enfin, le rapport met en garde contre l’utilisation des prisons comme substitut aux services sociaux et sanitaires. Les prisons ne sont pas des espaces adaptés au traitement des troubles mentaux ni des addictions, et l’échec dans ce domaine a des conséquences directes sur la sécurité collective.
Dans l’ensemble, The Whole Pie 2025 soutient que réduire l’incarcération de manière intelligente est une stratégie de sécurité, et non une menace. Les politiques fondées sur les données, la prévention, les services communautaires et les réponses proportionnées à la criminalité sont beaucoup plus efficaces pour construire des sociétés sûres que la logique du châtiment de masse.
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