Intelligence artificielle et caméras intelligentes : un nouvel outil pour prévenir les feux de forêt

Les feux de forêt constituent l’une des principales menaces pour le milieu naturel, les personnes et les habitations situées à proximité des zones boisées. Face à ce risque, la Californie renforce la prévention et la réponse aux situations d’urgence grâce à une combinaison de technologies, d’intelligence artificielle et de surveillance à distance. L’objectif est de détecter les incendies le plus tôt possible et de faciliter une intervention rapide des services d’urgence.

Le projet ALERTCalifornia, lié à l’Université de Californie à San Diego, dispose d’un réseau d’environ 1 300 caméras installées à des points stratégiques du territoire. Ils sont situés dans des tours de communication, d’anciens postes d’observation forestière, des bâtiments et des lieux élevés difficiles d’accès, sélectionnés afin d’améliorer la visibilité des zones présentant le plus grand risque d’incendie.

Les équipes techniques installent et entretiennent ces caméras dans des conditions souvent difficiles, avec des déplacements sur des routes de montagne, des falaises et dans des zones reculées. Afin de garantir leur fonctionnement, ces systèmes utilisent des panneaux solaires, des batteries et des connexions par satellite permettant de transmettre les images même dans des lieux dépourvus d’infrastructure conventionnelle.

Chaque installation dispose de deux caméras aux fonctions complémentaires. Certaines pivotent automatiquement pour observer de vastes étendues de terrain, tandis que d’autres sont contrôlées à distance pour agrandir une image ou inspecter une zone précise. Cela fournit aux équipes d’urgence une vision actualisée de l’évolution du feu et des conditions environnementales.

La grande innovation concerne l’intégration de l’intelligence artificielle au système depuis 2023. Cette technologie analyse automatiquement les images des caméras et identifie les éventuels signes de fumée ou de feu. Cela permet de localiser des incendies qui n’ont peut-être pas encore été signalés au numéro d’urgence.

Selon les responsables du projet, à l’été 2023, environ 51 % des feux de forêt en Californie étaient initialement détectés au moyen de l’intelligence artificielle. Lorsque le système détecte un incident potentiel, les services d’urgence peuvent vérifier les images, évaluer la situation et décider quelles ressources doivent être mobilisées.

La détection précoce permet de déterminer si la fumée correspond réellement à un feu de forêt ou si elle provient d’autres activités, telles que la combustion de débris végétaux. Elle aide également à décider combien de ressources doivent être déployées et s’il convient d’intervenir au sol, avec des moyens aériens ou au moyen d’une surveillance continue.

L’un des principaux atouts de ce modèle est qu’il permet d’améliorer les informations disponibles dès les premières minutes d’une situation d’urgence. Les images en temps réel sont accessibles au public via le site web d’ALERTCalifornia et contribuent également à alimenter des plateformes de suivi des incendies, comme Watch Duty.

Ces informations facilitent la coordination entre les pompiers, les centres de commandement et d’autres services d’urgence. En outre, la détection précoce contribue à réduire les dommages environnementaux et matériels et, surtout, à protéger les vies humaines.

Cependant, la technologie n’est pas infaillible. Les vents forts, la sécheresse extrême et la propagation accélérée des flammes peuvent rendre un incendie incontrôlable, même s’il a été détecté rapidement. Les caméras nécessitent également un entretien et peuvent être mises hors service en raison de pannes, de tempêtes ou d’autres incidents.

Le modèle californien offre un enseignement majeur en matière de sécurité : détecter plus tôt, c’est disposer de plus de temps pour décider et agir. En Catalogne, où les épisodes de chaleur, la sécheresse et l’accumulation de végétation accentuent le risque d’incendie, la combinaison de caméras intelligentes, d’analyse automatisée d’images et de coordination opérationnelle peut constituer un outil précieux.

Toutefois, la technologie doit s’inscrire dans une stratégie globale intégrant la prévention des feux de forêt, les plans d’urgence, l’information des citoyens, l’entretien des espaces naturels et la préparation des équipes professionnelles chargées d’intervenir.

En définitive, l’intelligence artificielle ne remplace pas les pompiers et n’élimine pas le risque d’incendie, mais elle peut devenir une alliée décisive pour la sécurité : elle permet d’anticiper l’urgence, d’améliorer la prise de décision et de gagner un temps qui, lors d’un feu de forêt, peut s’avérer déterminant.

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Artificial intelligence and smart cameras: a new tool to prevent forest fires

Forest fires are one of the major threats to the natural environment, people, and homes located near forested areas. In the face of this risk, California is strengthening emergency prevention and response through a combination of technology, artificial intelligence, and remote surveillance. The aim is to detect fires as soon as possible and facilitate a rapid intervention by the emergency services.

The ALERTCalifornia project, linked to the University of California, San Diego, has a network of nearly 1,300 cameras installed at strategic points across the region. They are located in communication towers, former forest lookout points, buildings, and elevated sites with difficult access that have been selected to improve visibility of the areas with the highest risk of fire.

Technical teams install and maintain these cameras in often complicated conditions, travelling along mountain roads, cliffs, and remote areas. To ensure their operation, they use solar panels, batteries, and satellite connections that allow images to be transmitted even in places without conventional infrastructure.

Each facility has two cameras with complementary functions. Some rotate automatically to observe large expanses of terrain, while others are remotely controlled to enlarge an image or inspect a specific area. This provides emergency teams with an updated view of the course of the fire and the environmental conditions.

The great innovation is the incorporation of artificial intelligence into the system since 2023. This technology automatically analyses camera images and identifies possible signs of smoke or fire. In this way, it helps to locate fires that may not yet have been reported to the emergency telephone.

According to the project managers, in the summer of 2023, approximately 51% of California’s forest fires were initially detected using artificial intelligence. When the system identifies a possible incident, emergency services can check the images, assess the situation, and decide which resources need to be mobilised.

Early detection makes it possible to determine whether the smoke actually corresponds to a forest fire or if it comes from other activities, such as the burning of plant residues. It also helps decide how many troops should be deployed and whether it is advisable to intervene on the ground, with aerial resources, or through continuous surveillance.

One of the main advantages of this model is that it improves the information available in the first moments of an emergency. Real-time images are publicly accessible through the ALERTCalifornia website and also help feed fire monitoring platforms, such as Watch Duty.

This information facilitates coordination between firefighters, command centres, and other emergency services. Moreover, early detection helps reduce environmental and material damage and, above all, protect human lives.

However, technology is not infallible. Strong winds, extreme drought, and the accelerated spread of flames can make a fire uncontrollable even if it has been detected quickly. Cameras also require maintenance and may be taken out of service due to breakdowns, storms, or other incidents.

The Californian model offers an important lesson for managing security: detecting earlier means having more time to decide and take action. In Catalonia, where heat episodes, drought, and the accumulation of vegetation increase the risk of fire, the combination of smart cameras, automated image analysis, and operational coordination can be a valuable tool.

However, technology must be accompanied by forest prevention, emergency plans, information to citizens, land maintenance, and professional teams prepared to intervene.

Ultimately, artificial intelligence does not replace firefighters nor does it eliminate the risk of fire, but it can become a decisive ally for safety: it allows for anticipating the emergency, improving decision-making, and gaining time that, in a forest fire, can be critical.

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Inteligencia artificial y cámaras inteligentes: una nueva herramienta para prevenir los incendios forestales

Los incendios forestales son una de las principales amenazas para el medio natural, las personas y las viviendas situadas cerca de zonas boscosas. Ante este riesgo, California está reforzando la prevención y la respuesta a las emergencias mediante una combinación de tecnología, inteligencia artificial y vigilancia remota. El objetivo es detectar los incendios lo antes posible y facilitar una intervención rápida de los servicios de emergencia.

El proyecto Alert California, vinculado a la Universidad de California en San Diego, dispone de una red de cerca de 1.300 cámaras instaladas en puntos estratégicos del territorio. Se encuentran en torres de comunicaciones, antiguos miradores forestales, edificios y lugares elevados de difícil acceso, seleccionados para mejorar la visibilidad de las zonas con más riesgo de incendio.

Los equipos técnicos instalan y mantienen estas cámaras en condiciones a menudo complicadas, con desplazamientos por carreteras de montaña, acantilados y zonas remotas. Para garantizar su funcionamiento, utilizan paneles solares, baterías y conexiones por satélite que permiten transmitir las imágenes incluso en lugares sin una infraestructura convencional.

Cada instalación dispone de dos cámaras con funciones complementarias. Algunas giran automáticamente para observar grandes extensiones de terreno, mientras que otras se controlan a distancia para ampliar una imagen o inspeccionar una zona concreta. Esto proporciona a los equipos de emergencia una visión actualizada de la evolución del fuego y de las condiciones del entorno.

La gran innovación es la incorporación de la inteligencia artificial al sistema desde el 2023. Esta tecnología analiza automáticamente las imágenes de las cámaras e identifica posibles señales de humo o de incendio. De esta manera, ayuda a localizar fuegos que quizás todavía no han sido comunicados en el teléfono de emergencias.

Según los responsables del proyecto, el verano del 2023 aproximadamente el 51 % de los incendios forestales de California se detectaban inicialmente mediante la inteligencia artificial. Cuando el sistema identifica una posible incidencia, los servicios de emergencia pueden comprobar las imágenes, valorar la situación y decidir qué recursos hay que movilizar.

La detección precoz permite determinar si el humo corresponde realmente a un incendio forestal o si proviene otras actividades, como la quema de restos vegetales. También ayuda a decidir cuántos efectivos deben desplegarse y si es conveniente intervenir por tierra, con medios aéreos o mediante una vigilancia continuada.

Una de las ventajas principales de este modelo es que mejora la información disponible en los primeros momentos de una emergencia. Las imágenes en tiempo real son accesibles públicamente a través de la web de Alert California y también contribuyen a alimentar plataformas de seguimiento de incendios, como Watch Duty.

Esta información facilita la coordinación entre bomberos, centros de mando y otros servicios de emergencia. Además, la detección anticipada ayuda a reducir los daños ambientales y materiales y, sobre todo, a proteger vidas humanas.

Sin embargo, la tecnología no es infalible. Los vientos fuertes, la sequía extrema y la propagación acelerada de las llamas pueden hacer que un incendio se vuelva incontrolable aunque se haya detectado rápidamente. Las cámaras también requieren un mantenimiento y pueden quedar fuera de servicio por averías, tormentas u otras incidencias.

El modelo californiano ofrece una lección importante para gestionar la seguridad: detectar antes significa disponer de más tiempo para decidir y actuar. En Cataluña, donde los episodios de calor, la sequía y la acumulación de vegetación incrementan el riesgo de incendio, la combinación de cámaras inteligentes, análisis automatizado de imágenes y coordinación operativa puede ser una herramienta valiosa.

La tecnología, sin embargo, debe ir acompañada de prevención forestal, planes de emergencia, información a la ciudadanía, mantenimiento del territorio y equipos profesionales preparados para intervenir.

En definitiva, la inteligencia artificial no sustituye a los bomberos ni elimina el riesgo de incendio, pero puede convertirse en una aliada decisiva de la seguridad: permite anticiparse a la emergencia, mejorar la toma de decisiones y ganar un tiempo que, en un incendio forestal, puede ser determinante.

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Intel·ligència artificial i càmeres intel·ligents: una nova eina per prevenir els incendis forestals

Els incendis forestals són una de les principals amenaces per al medi natural, les persones i els habitatges situats a prop de zones boscoses. Davant d’aquest risc, Califòrnia està reforçant la prevenció i la resposta a les emergències mitjançant una combinació de tecnologia, intel·ligència artificial i vigilància remota. L’objectiu és detectar els incendis tan aviat com sigui possible i facilitar una intervenció ràpida dels serveis d’emergència.

El projecte Alert California, vinculat a la Universitat de Califòrnia a San Diego, disposa d’una xarxa de prop de 1.300 càmeres instal·lades en punts estratègics del territori. Es troben en torres de comunicacions, antics miradors forestals, edificis i indrets elevats de difícil accés, seleccionats per millorar la visibilitat de les zones amb més risc d’incendi.

Els equips tècnics instal·len i mantenen aquestes càmeres en condicions sovint complicades, amb desplaçaments per carreteres de muntanya, penya-segats i zones remotes. Per garantir-ne el funcionament, utilitzen panells solars, bateries i connexions per satèl·lit que permeten transmetre les imatges fins i tot en llocs sense una infraestructura convencional.

Cada instal·lació disposa de dues càmeres amb funcions complementàries. Algunes giren automàticament per observar grans extensions de terreny, mentre que d’altres es controlen a distància per ampliar una imatge o inspeccionar una zona concreta. Això proporciona als equips d’emergència una visió actualitzada de l’evolució del foc i de les condicions de l’entorn.

La gran innovació és la incorporació de la intel·ligència artificial al sistema des del 2023. Aquesta tecnologia analitza automàticament les imatges de les càmeres i identifica possibles senyals de fum o d’incendi. D’aquesta manera, ajuda a localitzar focs que potser encara no han estat comunicats al telèfon d’emergències.

Segons els responsables del projecte, l’estiu del 2023 aproximadament el 51 % dels incendis forestals de Califòrnia es detectaven inicialment mitjançant la intel·ligència artificial. Quan el sistema identifica una possible incidència, els serveis d’emergència poden comprovar les imatges, valorar la situació i decidir quins recursos cal mobilitzar.

La detecció precoç permet determinar si el fum correspon realment a un incendi forestal o si prové d’altres activitats, com ara la crema de restes vegetals. També ajuda a decidir quants efectius s’han de desplegar i si és convenient d’intervenir-hi per terra, amb mitjans aeris o mitjançant una vigilància continuada.

Un dels avantatges principals d’aquest model és que millora la informació disponible en els primers moments d’una emergència. Les imatges en temps real són accessibles públicament a través del web d’Alert California i també contribueixen a alimentar plataformes de seguiment d’incendis, com ara Watch Duty.

Aquesta informació facilita la coordinació entre bombers, centres de comandament i altres serveis d’emergència. A més, la detecció anticipada ajuda a reduir els danys ambientals i materials i, sobretot, a protegir vides humanes.

Tanmateix, la tecnologia no és infal·lible. Els vents forts, la sequera extrema i la propagació accelerada de les flames poden fer que un incendi esdevingui incontrolable encara que s’hagi detectat ràpidament. Les càmeres també requereixen un manteniment i poden quedar fora de servei per avaries, tempestes o altres incidències.

El model californià ofereix una lliçó important per gestionar la seguretat: detectar abans significa disposar de més temps per decidir i actuar. A Catalunya, on els episodis de calor, la sequera i l’acumulació de vegetació incrementen el risc d’incendi, la combinació de càmeres intel·ligents, anàlisi automatitzada d’imatges i coordinació operativa pot ser una eina valuosa.

La tecnologia, però, ha d’anar acompanyada de prevenció forestal, plans d’emergència, informació a la ciutadania, manteniment del territori i equips professionals preparats per intervenir-hi.

En definitiva, la intel·ligència artificial no substitueix els bombers ni elimina el risc d’incendi, però pot convertir-se en una aliada decisiva de la seguretat: permet anticipar-se a l’emergència, millorar la presa de decisions i guanyar un temps que, en un incendi forestal, pot ser determinant.

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La résilience des réseaux de cocaïne au Sahel

Le trafic de cocaïne à travers l’Afrique de l’Ouest et le Sahel offre un enseignement majeur en matière d’analyse de la sécurité : interrompre une route ne signifie pas nécessairement démanteler le réseau qui la soutient. Il s’agit de l’une des principales conclusions de la récente enquête de l’organisation Global Initiative Against Transnational Organized Crime (GI-TOC) à propos des routes de la cocaïne qui traversent le Mali, le Niger et la Libye.

Ces dernières années, le marché de la cocaïne en Afrique de l’Ouest a considérablement augmenté, sous l’effet de la hausse de la production en Amérique latine, de la demande européenne, de la pression exercée par la police sur d’autres voies d’entrée vers l’Europe et de l’amélioration des connexions logistiques dans la région. Bien que la majeure partie de la cocaïne continue d’arriver en Europe par voie maritime, les routes terrestres qui traversent le Sahel et le Sahara revêtent une importance stratégique qui va bien au-delà du volume de drogue transporté. Ces itinéraires sont liés aux économies de conflit, aux acteurs armés et aux systèmes de protection politique et institutionnelle.

L’élément le plus remarquable concerne la résilience des réseaux de trafic face aux changements politiques et militaires. Les coups d’État, les conflits armés et les changements de contrôle territorial peuvent modifier les itinéraires, mais ils ne font pas nécessairement disparaître les structures qui permettent le trafic. Au Mali, par exemple, l’instabilité a rendu certaines routes traditionnelles moins prévisibles et favorisé des itinéraires plus longs vers l’est, en direction du Niger. Au Niger, le coup d’État de 2023 a interrompu les mécanismes de protection liés au gouvernement précédent et entraîné, dans un premier temps, une diminution des flux. Cependant, les réseaux ont fini par se reconstituer et par mettre en place de nouveaux mécanismes de protection.

Cela montre que l’itinéraire physique n’est qu’une composante du système. Le trafic repose sur un réseau de relations entre trafiquants, intermédiaires, acteurs politiques, forces armées, milices et autres groupes capables d’assurer la protection, l’accès au territoire ou la sécurité du transport. Certains trafiquants opèrent également sur divers marchés illicites – tels que le cannabis, l’or, les cigarettes ou le carburant – ce qui leur procure des ressources, des contacts et des alternatives lorsqu’une activité donnée devient plus difficile.

Les groupes armés jouent également un rôle important, mais cela ne signifie pas nécessairement qu’ils contrôlent directement le trafic de cocaïne. Ils peuvent faire payer le passage, fournir une escorte ou garantir une protection sur certains tronçons. L’étude fait également état d’une hausse des revenus liés à la cocaïne pour l’État islamique au Sahel depuis la fin de 2023, concomitante à l’accroissement de l’influence territoriale du groupe sur certains corridors.

Du point de vue de la sécurité, le principal avertissement est clair : la perturbation d’un trafic n’est pas synonyme de défaite. Une opération policière, un changement politique ou la fermeture d’une route peuvent réduire temporairement le trafic, mais aussi entraîner son déplacement vers d’autres territoires, en augmenter les coûts et favoriser l’émergence de nouveaux acteurs, une recrudescence des violences ou une dépendance accrue à la corruption.

C’est pourquoi l’analyse de la criminalité organisée doit aller au-delà du suivi des changements immédiats. Comparer la situation actuelle aux informations accumulées au fil des ans permet d’identifier les relations, les acteurs et les mécanismes de protection qui survivent aux changements. La question centrale n’est pas seulement « qu’est-ce qui a changé ? », mais aussi « qu’est-ce qui a survécu ? ».

En définitive, suivre un itinéraire permet de savoir par où transite la cocaïne. Étudier le réseau dans la durée permet de comprendre comment il parvient à continuer à fonctionner malgré les conflits, les coups d’État et les mesures de contrôle. Cette distinction est essentielle pour établir des politiques de sécurité capables non seulement de déplacer le problème, mais aussi de s’attaquer aux structures qui permettent au marché de se reconstituer.

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The resilience of cocaine networks in the Sahel

Cocaine trafficking through West Africa and the Sahel offers an important lesson for security analysis: disrupting a route does not necessarily mean dismantling the network that sustains it. This is one of the main conclusions of the recent investigation by the Global Initiative Against Transnational Organized Crime (GI-TOC) on the cocaine routes crossing Mali, Niger, and Libya.

In recent years, the cocaine market in West Africa has grown considerably, driven by increased production in Latin America, European demand, police pressure on other entry routes into Europe, and improved logistical connections in the region. Although most of the cocaine continues to reach Europe by sea, the land routes crossing the Sahel and the Sahara have a strategic importance that goes far beyond the volume of drugs transported. These routes connect with conflict economies, armed actors, and political and institutional protection systems.

The most notable element is the resilience of trafficking networks in the face of political and military changes. Coups d’état, armed conflicts, and changes in territorial control may alter routes, but they do not necessarily eliminate the structures that enable trafficking. In Mali, for example, instability has made some traditional routes less predictable and has favoured longer journeys to the east, towards Niger. In Niger, the 2023 coup d’état interrupted the protection mechanisms linked to the previous Government and initially resulted in a reduction of flows. However, the networks ended up rebuilding themselves and establishing new protection mechanisms.

This highlights that the physical route is only one part of the system. Trafficking depends on a network of relationships between traffickers, intermediaries, political actors, armed forces, militias, and other groups with the capacity to guarantee protection, territorial access, or security during transportation. Some traffickers also operate in various illicit markets—such as cannabis, gold, cigarettes, or fuel—which provides them with resources, contacts, and alternatives when a particular activity becomes more difficult.

Armed groups also play a relevant role, but that does not necessarily imply that they directly control the cocaine business. They may charge for allowing passage, providing escorts, or guaranteeing protection in certain sections. The investigation also points to an increase in cocaine-related revenue for IS Sahel since late 2023, coinciding with the group’s greater territorial influence over some corridors.

From a security perspective, the main warning is clear: disruption is not synonymous with defeat. A police operation, a political change, or the closure of a route may temporarily reduce trafficking, but they may also cause its displacement to other territories, increase its costs, and lead to new actors, more violence, or a greater dependence on corruption.

Therefore, the analysis of organised crime should go beyond tracking immediate changes. Comparing the current situation with information accumulated over years allows for the identification of which relationships, actors, and protection mechanisms survive changes. The key question is not only «what has changed?», but also «what has survived?».

Ultimately, following a route allows them to know how cocaine circulates. Studying the network over time allows for an understanding of how it manages to continue circulating despite conflicts, coups d’état, and control measures. This difference is fundamental to designing security policies capable not only of displacing the problem, but of affecting the structures that allow the market to regenerate.

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La resiliencia de las redes de cocaína en el Sahel

El tráfico de cocaína a través del África Occidental y el Sahel ofrece una lección importante para el análisis de la seguridad: interrumpir una ruta no significa necesariamente desmantelar la red que la sostiene. Esta es una de las conclusiones principales de la investigación reciente de la Global Initiative Against Transnational Organized Crime (GI-TOC) sobre las rutas de cocaína que atraviesan Mali, Níger y Libia.

En los últimos años, el mercado de la cocaína en el África Occidental ha crecido considerablemente, impulsado por el aumento de la producción en la América Latina, la demanda europea, la presión policial sobre otras rutas de entrada a Europa y la mejora de las conexiones logísticas en la región. Aunque la mayor parte de la cocaína sigue llegando a Europa por vía marítima, las rutas terrestres que atraviesan el Sahel y el Sáhara tienen una importancia estratégica que va mucho más allá del volumen de droga transportado. Estas rutas conectan con economías de conflicto, actores armados y sistemas de protección política e institucional.

El elemento más destacable es la resiliencia de las redes de tráfico ante los cambios políticos y militares. Los golpes de estado, los conflictos armados y los cambios en el control territorial pueden alterar las rutas, pero no necesariamente eliminan las estructuras que permiten el tráfico. En Mali, por ejemplo, la inestabilidad ha hecho menos previsibles algunas rutas tradicionales y ha favorecido trayectos más largos hacia el este, en dirección al Níger. En dicho país, el golpe de estado de 2023 interrumpió mecanismos de protección vinculados al gobierno anterior y provocó inicialmente una reducción de los flujos. Sin embargo, las redes acabaron reconstruyéndose y estableciendo nuevos mecanismos de protección.

Todo ello pone de manifiesto que la ruta física es solo una parte del sistema. El tráfico depende de una red de relaciones entre traficantes, intermediarios, actores políticos, fuerzas armadas, milicias y otros grupos con capacidad para garantizar protección, acceso territorial o seguridad durante el transporte. Algunos traficantes operan, además, en varios mercados ilícitos —como el cannabis, el oro, los cigarrillos o el combustible—, lo que les proporciona recursos, contactos y alternativas cuando una determinada actividad se vuelve más difícil.

Los grupos armados también tienen un papel relevante, pero esto no implica necesariamente que controlen directamente el negocio de la cocaína. Pueden cobrar para permitir el paso, proporcionar escolta o garantizar protección en determinados tramos. La investigación señala también un aumento de los ingresos relacionados con la cocaína para el Estado islámico en Sahel desde finales de 2023, coincidiendo con una mayor influencia territorial del grupo sobre algunos corredores.

Desde una perspectiva de seguridad, la advertencia principal es clara: disrupción no es sinónimo de derrota. Una operación policial, un cambio político o el cierre de una ruta pueden reducir temporalmente el tráfico, pero también pueden provocar el desplazamiento hacia otros territorios, incrementar los costes y favorecer nuevos actores, más violencia o una dependencia mayor de la corrupción.

Por ello, el análisis del crimen organizado debería ir más allá de seguir los cambios inmediatos. Comparar la situación actual con la información acumulada durante años permite identificar qué relaciones, actores y mecanismos de protección sobreviven a los cambios. La pregunta clave no es solo qué ha cambiado, sino también qué ha sobrevivido.

En definitiva, seguir una ruta permite saber por dónde circula la cocaína. Estudiar la red a lo largo del tiempo permite entender cómo consigue seguir circulando a pesar de los conflictos, los golpes de estado y las medidas de control. Esta diferencia es fundamental para diseñar políticas de seguridad capaces no solo de desplazar el problema, sino también de afectar a las estructuras que permiten que el mercado se regenere.

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La resiliència de les xarxes de cocaïna al Sahel

El tràfic de cocaïna a través de l’Àfrica occidental i el Sahel ofereix una lliçó important per a l’anàlisi de la seguretat: interrompre una ruta no significa necessàriament desmantellar la xarxa que la sosté. Aquesta és una de les conclusions principals de la recerca recent de la Global Initiative Against Transnational Organized Crime (GI-TOC) sobre les rutes de cocaïna que travessen Mali, Níger i Líbia.

En els darrers anys, el mercat de la cocaïna a l’Àfrica occidental ha crescut considerablement, impulsat per l’augment de la producció a l’Amèrica Llatina, la demanda europea, la pressió policial sobre altres rutes d’entrada a Europa i la millora de les connexions logístiques a la regió. Tot i que la major part de la cocaïna continua arribant a Europa per via marítima, les rutes terrestres que travessen el Sahel i el Sàhara tenen una importància estratègica que va molt més enllà del volum de droga transportat. Aquestes rutes connecten amb economies de conflicte, actors armats i sistemes de protecció política i institucional.

L’element més destacable és la resiliència de les xarxes de tràfic davant els canvis polítics i militars. Els cops d’estat, els conflictes armats i els canvis en el control territorial poden alterar les rutes, però no necessàriament eliminen les estructures que permeten el tràfic. A Mali, per exemple, la inestabilitat ha fet menys previsibles algunes rutes tradicionals i ha afavorit trajectes més llargs cap a l’est, en direcció al Níger. En aquest país, el cop d’estat de 2023 va interrompre mecanismes de protecció vinculats al govern anterior i va provocar inicialment una reducció dels fluxos. Tanmateix, les xarxes van acabar reconstruint-se i establint nous mecanismes de protecció.

Això posa de manifest que la ruta física és només una part del sistema. El tràfic depèn d’una xarxa de relacions entre traficants, intermediaris, actors polítics, forces armades, milícies i altres grups amb capacitat per garantir protecció, accés territorial o seguretat durant el transport. Alguns traficants operen, a més, en diversos mercats il·lícits —com el cànnabis, l’or, els cigarrets o el combustible—, fet que els proporciona recursos, contactes i alternatives quan una determinada activitat esdevé més difícil.

Els grups armats també tenen un paper rellevant, però això no implica necessàriament que controlin directament el negoci de la cocaïna. Poden cobrar per permetre el pas, proporcionar escorta o garantir protecció en determinats trams. La recerca assenyala també un augment dels ingressos relacionats amb la cocaïna per a l’Estat islàmic a Sahel des de finals de 2023, coincidint amb una major influència territorial del grup sobre alguns corredors.

Des d’una perspectiva de seguretat, l’advertència principal és clara: disrupció no és sinònim de derrota. Una operació policial, un canvi polític o el tancament d’una ruta poden reduir temporalment el tràfic, però també poden provocar-ne el desplaçament cap a altres territoris, incrementar-ne els costos i afavorir nous actors, més violència o una dependència més gran de la corrupció.

Per això, l’anàlisi del crim organitzat hauria d’anar més enllà de seguir els canvis immediats. Comparar la situació actual amb la informació acumulada durant anys permet identificar quines relacions, actors i mecanismes de protecció sobreviuen als canvis. La pregunta clau no és només què ha canviat, sinó també què ha sobreviscut.

En definitiva, seguir una ruta permet saber per on circula la cocaïna. Estudiar la xarxa al llarg del temps permet entendre com aconsegueix continuar circulant malgrat els conflictes, els cops d’estat i les mesures de control. Aquesta diferència és fonamental per dissenyar polítiques de seguretat capaces no només de desplaçar el problema, sinó també d’afectar les estructures que permeten que el mercat es regeneri.

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La criminalité organisée en Allemagne entre dans une nouvelle phase

La criminalité organisée évolue. C’est l’une des principales conclusions des rapports fédéraux allemands sur la criminalité organisée 2025 et les infractions liées aux stupéfiants 2025, qui décrivent des réseaux criminels de plus en plus internationaux, numérisés et spécialisés.

En 2025, les autorités allemandes ont enquêté sur 683 cas de criminalité organisée et identifié près de 8 000 suspects, soit le chiffre le plus élevé des cinq dernières années. Près de 69 % des procédures présentaient une dimension transnationale, ce qui met en évidence à quel point les organisations criminelles actuelles opèrent au-delà des frontières.

L’un des principaux changements est l’apparition d’un modèle de « Criminalité en tant que service », dans lequel différents services criminels peuvent être sollicités et coordonnés séparément. La logistique, les armes, le blanchiment de capitaux ou le recrutement d’exécutants peuvent être gérés via Internet, les réseaux sociaux et les applications de messagerie chiffrée. Cela permet à la personne qui planifie une activité criminelle de se trouver dans un autre pays et de ne pas avoir de contact direct avec les personnes qui exécutent finalement le délit.

Les réseaux sociaux jouent également un rôle de plus en plus important. Les autorités constatent que certains groupes, en particulier parmi les criminels les plus jeunes, utilisent ces canaux pour afficher leur pouvoir, leur statut et leur violence. Parallèlement, le recrutement de jeunes pour participer à des activités criminelles représente un défi croissant pour la prévention et la sécurité.

La violence constitue un autre sujet sensible. Le rapport met en garde contre un recours accru à la violence dans les conflits entre groupes criminels et une présence croissante d’armes à feu illégales. Cette situation accroît le risque que les conflits entre organisations criminelles ne se limitent plus à leurs membres et aient des répercutions dans l’espace public.

Malgré cette transformation, les drogues restent la principale activité de la criminalité organisée, représentant environ 37 % des procédures examinées. La cocaïne revêt une importance particulière. En 2025, 39 414 infractions liées à la cocaïne et au crack ont été enregistrées et 10,1 tonnes de cocaïne ont été saisies, dont 6,5 tonnes ont été interceptées dans des ports allemands.

Cependant, le trafic de stupéfiants ne se résume pas à une question de consommation de drogues. Les profits considérables qu’il génère peuvent alimenter d’autres activités criminelles, notamment le blanchiment de capitaux et la corruption, et permettre à l’argent issu de la criminalité d’intégrer l’économie légale. C’est pourquoi la lutte contre la criminalité organisée passe également par le suivi des flux financiers et la confiscation des produits obtenus illicitement.

Le marché du cannabis connaît lui aussi une évolution notable. En 2025, 567 plantations comptant au moins 20 plants ont été démantelées, soit environ 55 % de plus que l’année précédente, tandis que les saisies de marijuana ont triplé.

L’ensemble de ces données témoigne d’une criminalité organisée plus flexible, décentralisée et transnationale. Les organisations n’ont plus nécessairement besoin de fonctionner comme des structures hiérarchiques traditionnelles : elles peuvent mettre en relation des personnes et des services en fonction des besoins de chaque opération et tirer parti des possibilités offertes par les technologies numériques.

Cette transformation pose de nouveaux défis aux forces de l’ordre et aux systèmes judiciaires. L’enquête sur les auteurs matériels reste nécessaire, mais il est de plus en plus important d’identifier les structures qui se cachent derrière eux, les flux financiers, les canaux numériques et les connexions internationales.

La principale leçon du rapport allemand est donc que la criminalité organisée s’adapte également à la mondialisation et à la numérisation. La réponse en matière de sécurité devra suivre le même rythme, en combinant renseignement criminel, coopération internationale, enquêtes financières, lutte contre le trafic de drogue et prévention du recrutement de nouveaux membres.

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Organised crime in Germany enters a new phase

Organised crime is changing. This is one of the main conclusions of the German federal reports on Organised Crime 2025 and Narcotics Offences 2025, which describe criminal networks that are increasingly international, digitised, and specialised.

During 2025, German authorities investigated 683 cases of organised crime and identified nearly 8,000 suspects, the highest number in the last five years. Almost 69% of the proceedings had a transnational dimension, a figure that highlights the extent to which current criminal organisations operate across borders.

One of the main changes is the emergence of a «Crime-as-a-Service» model, in which various criminal services can be contracted and coordinated separately. Logistics, weapons, money laundering or the recruitment of perpetrators can be managed through the Internet, social networks and encrypted messaging applications. This allows whoever plans a criminal activity to be in another country and have no direct contact with the persons who finally commit the crime.

Social networks are also acquiring a relevant role. Authorities detect that some groups, especially among the youngest criminals, use these channels to project power, status, and violence. At the same time, the recruitment of young people to participate in criminal activities represents a growing challenge for prevention and security.

Violence is another prominent element. The report warns of an increased use of violence in conflicts between criminal groups and a growing presence of illegal firearms. This situation increases the risk that disputes between criminal organisations will cease to be limited to their members and will have consequences in public spaces.

Despite this transformation, drugs remain the main activity of organised crime, accounting for approximately 37% of the investigated proceedings. Cocaine carries especially significant weight. In 2025, 39,414 offences related to cocaine and crack were recorded and 10.1 tonnes of cocaine were seized, of which 6.5 tonnes were intercepted in German ports.

However, drug trafficking is not only an issue related to drug use. The enormous profits it generates can fuel other criminal activities, especially money laundering and corruption, and allow money from crime to enter the legal economy. Therefore, the fight against organised crime also involves following the money and confiscating illegally obtained profits.

The cannabis market also shows a significant evolution. In 2025, 567 plantations with a capacity for 20 plants or more were seized, approximately 55% more than in the previous year, while marijuana seizures tripled.

This set of data shows organised crime to be more flexible, decentralised and transnational. Organisations no longer need to always function as traditional hierarchical structures: they can connect people and services according to the needs of each operation and take advantage of the possibilities offered by digital technologies.

This transformation poses new challenges for police forces and justice systems. The investigation of the perpetrators remains necessary, but it is becoming increasingly important to identify the underlying structures, the financial flows, the digital channels, and the international connections.

The main lesson from the German report is, therefore, that organised crime also adapts to globalisation and digitalisation. The security response must do so at the same pace, combining criminal intelligence, international cooperation, financial investigation, the fight against drug trafficking, and the prevention of the recruitment of new members.

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