La résilience des réseaux de cocaïne au Sahel

Le trafic de cocaïne à travers l’Afrique de l’Ouest et le Sahel offre un enseignement majeur en matière d’analyse de la sécurité : interrompre une route ne signifie pas nécessairement démanteler le réseau qui la soutient. Il s’agit de l’une des principales conclusions de la récente enquête de l’organisation Global Initiative Against Transnational Organized Crime (GI-TOC) à propos des routes de la cocaïne qui traversent le Mali, le Niger et la Libye.

Ces dernières années, le marché de la cocaïne en Afrique de l’Ouest a considérablement augmenté, sous l’effet de la hausse de la production en Amérique latine, de la demande européenne, de la pression exercée par la police sur d’autres voies d’entrée vers l’Europe et de l’amélioration des connexions logistiques dans la région. Bien que la majeure partie de la cocaïne continue d’arriver en Europe par voie maritime, les routes terrestres qui traversent le Sahel et le Sahara revêtent une importance stratégique qui va bien au-delà du volume de drogue transporté. Ces itinéraires sont liés aux économies de conflit, aux acteurs armés et aux systèmes de protection politique et institutionnelle.

L’élément le plus remarquable concerne la résilience des réseaux de trafic face aux changements politiques et militaires. Les coups d’État, les conflits armés et les changements de contrôle territorial peuvent modifier les itinéraires, mais ils ne font pas nécessairement disparaître les structures qui permettent le trafic. Au Mali, par exemple, l’instabilité a rendu certaines routes traditionnelles moins prévisibles et favorisé des itinéraires plus longs vers l’est, en direction du Niger. Au Niger, le coup d’État de 2023 a interrompu les mécanismes de protection liés au gouvernement précédent et entraîné, dans un premier temps, une diminution des flux. Cependant, les réseaux ont fini par se reconstituer et par mettre en place de nouveaux mécanismes de protection.

Cela montre que l’itinéraire physique n’est qu’une composante du système. Le trafic repose sur un réseau de relations entre trafiquants, intermédiaires, acteurs politiques, forces armées, milices et autres groupes capables d’assurer la protection, l’accès au territoire ou la sécurité du transport. Certains trafiquants opèrent également sur divers marchés illicites – tels que le cannabis, l’or, les cigarettes ou le carburant – ce qui leur procure des ressources, des contacts et des alternatives lorsqu’une activité donnée devient plus difficile.

Les groupes armés jouent également un rôle important, mais cela ne signifie pas nécessairement qu’ils contrôlent directement le trafic de cocaïne. Ils peuvent faire payer le passage, fournir une escorte ou garantir une protection sur certains tronçons. L’étude fait également état d’une hausse des revenus liés à la cocaïne pour l’État islamique au Sahel depuis la fin de 2023, concomitante à l’accroissement de l’influence territoriale du groupe sur certains corridors.

Du point de vue de la sécurité, le principal avertissement est clair : la perturbation d’un trafic n’est pas synonyme de défaite. Une opération policière, un changement politique ou la fermeture d’une route peuvent réduire temporairement le trafic, mais aussi entraîner son déplacement vers d’autres territoires, en augmenter les coûts et favoriser l’émergence de nouveaux acteurs, une recrudescence des violences ou une dépendance accrue à la corruption.

C’est pourquoi l’analyse de la criminalité organisée doit aller au-delà du suivi des changements immédiats. Comparer la situation actuelle aux informations accumulées au fil des ans permet d’identifier les relations, les acteurs et les mécanismes de protection qui survivent aux changements. La question centrale n’est pas seulement « qu’est-ce qui a changé ? », mais aussi « qu’est-ce qui a survécu ? ».

En définitive, suivre un itinéraire permet de savoir par où transite la cocaïne. Étudier le réseau dans la durée permet de comprendre comment il parvient à continuer à fonctionner malgré les conflits, les coups d’État et les mesures de contrôle. Cette distinction est essentielle pour établir des politiques de sécurité capables non seulement de déplacer le problème, mais aussi de s’attaquer aux structures qui permettent au marché de se reconstituer.

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The resilience of cocaine networks in the Sahel

Cocaine trafficking through West Africa and the Sahel offers an important lesson for security analysis: disrupting a route does not necessarily mean dismantling the network that sustains it. This is one of the main conclusions of the recent investigation by the Global Initiative Against Transnational Organized Crime (GI-TOC) on the cocaine routes crossing Mali, Niger, and Libya.

In recent years, the cocaine market in West Africa has grown considerably, driven by increased production in Latin America, European demand, police pressure on other entry routes into Europe, and improved logistical connections in the region. Although most of the cocaine continues to reach Europe by sea, the land routes crossing the Sahel and the Sahara have a strategic importance that goes far beyond the volume of drugs transported. These routes connect with conflict economies, armed actors, and political and institutional protection systems.

The most notable element is the resilience of trafficking networks in the face of political and military changes. Coups d’état, armed conflicts, and changes in territorial control may alter routes, but they do not necessarily eliminate the structures that enable trafficking. In Mali, for example, instability has made some traditional routes less predictable and has favoured longer journeys to the east, towards Niger. In Niger, the 2023 coup d’état interrupted the protection mechanisms linked to the previous Government and initially resulted in a reduction of flows. However, the networks ended up rebuilding themselves and establishing new protection mechanisms.

This highlights that the physical route is only one part of the system. Trafficking depends on a network of relationships between traffickers, intermediaries, political actors, armed forces, militias, and other groups with the capacity to guarantee protection, territorial access, or security during transportation. Some traffickers also operate in various illicit markets—such as cannabis, gold, cigarettes, or fuel—which provides them with resources, contacts, and alternatives when a particular activity becomes more difficult.

Armed groups also play a relevant role, but that does not necessarily imply that they directly control the cocaine business. They may charge for allowing passage, providing escorts, or guaranteeing protection in certain sections. The investigation also points to an increase in cocaine-related revenue for IS Sahel since late 2023, coinciding with the group’s greater territorial influence over some corridors.

From a security perspective, the main warning is clear: disruption is not synonymous with defeat. A police operation, a political change, or the closure of a route may temporarily reduce trafficking, but they may also cause its displacement to other territories, increase its costs, and lead to new actors, more violence, or a greater dependence on corruption.

Therefore, the analysis of organised crime should go beyond tracking immediate changes. Comparing the current situation with information accumulated over years allows for the identification of which relationships, actors, and protection mechanisms survive changes. The key question is not only «what has changed?», but also «what has survived?».

Ultimately, following a route allows them to know how cocaine circulates. Studying the network over time allows for an understanding of how it manages to continue circulating despite conflicts, coups d’état, and control measures. This difference is fundamental to designing security policies capable not only of displacing the problem, but of affecting the structures that allow the market to regenerate.

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La resiliencia de las redes de cocaína en el Sahel

El tráfico de cocaína a través del África Occidental y el Sahel ofrece una lección importante para el análisis de la seguridad: interrumpir una ruta no significa necesariamente desmantelar la red que la sostiene. Esta es una de las conclusiones principales de la investigación reciente de la Global Initiative Against Transnational Organized Crime (GI-TOC) sobre las rutas de cocaína que atraviesan Mali, Níger y Libia.

En los últimos años, el mercado de la cocaína en el África Occidental ha crecido considerablemente, impulsado por el aumento de la producción en la América Latina, la demanda europea, la presión policial sobre otras rutas de entrada a Europa y la mejora de las conexiones logísticas en la región. Aunque la mayor parte de la cocaína sigue llegando a Europa por vía marítima, las rutas terrestres que atraviesan el Sahel y el Sáhara tienen una importancia estratégica que va mucho más allá del volumen de droga transportado. Estas rutas conectan con economías de conflicto, actores armados y sistemas de protección política e institucional.

El elemento más destacable es la resiliencia de las redes de tráfico ante los cambios políticos y militares. Los golpes de estado, los conflictos armados y los cambios en el control territorial pueden alterar las rutas, pero no necesariamente eliminan las estructuras que permiten el tráfico. En Mali, por ejemplo, la inestabilidad ha hecho menos previsibles algunas rutas tradicionales y ha favorecido trayectos más largos hacia el este, en dirección al Níger. En dicho país, el golpe de estado de 2023 interrumpió mecanismos de protección vinculados al gobierno anterior y provocó inicialmente una reducción de los flujos. Sin embargo, las redes acabaron reconstruyéndose y estableciendo nuevos mecanismos de protección.

Todo ello pone de manifiesto que la ruta física es solo una parte del sistema. El tráfico depende de una red de relaciones entre traficantes, intermediarios, actores políticos, fuerzas armadas, milicias y otros grupos con capacidad para garantizar protección, acceso territorial o seguridad durante el transporte. Algunos traficantes operan, además, en varios mercados ilícitos —como el cannabis, el oro, los cigarrillos o el combustible—, lo que les proporciona recursos, contactos y alternativas cuando una determinada actividad se vuelve más difícil.

Los grupos armados también tienen un papel relevante, pero esto no implica necesariamente que controlen directamente el negocio de la cocaína. Pueden cobrar para permitir el paso, proporcionar escolta o garantizar protección en determinados tramos. La investigación señala también un aumento de los ingresos relacionados con la cocaína para el Estado islámico en Sahel desde finales de 2023, coincidiendo con una mayor influencia territorial del grupo sobre algunos corredores.

Desde una perspectiva de seguridad, la advertencia principal es clara: disrupción no es sinónimo de derrota. Una operación policial, un cambio político o el cierre de una ruta pueden reducir temporalmente el tráfico, pero también pueden provocar el desplazamiento hacia otros territorios, incrementar los costes y favorecer nuevos actores, más violencia o una dependencia mayor de la corrupción.

Por ello, el análisis del crimen organizado debería ir más allá de seguir los cambios inmediatos. Comparar la situación actual con la información acumulada durante años permite identificar qué relaciones, actores y mecanismos de protección sobreviven a los cambios. La pregunta clave no es solo qué ha cambiado, sino también qué ha sobrevivido.

En definitiva, seguir una ruta permite saber por dónde circula la cocaína. Estudiar la red a lo largo del tiempo permite entender cómo consigue seguir circulando a pesar de los conflictos, los golpes de estado y las medidas de control. Esta diferencia es fundamental para diseñar políticas de seguridad capaces no solo de desplazar el problema, sino también de afectar a las estructuras que permiten que el mercado se regenere.

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La resiliència de les xarxes de cocaïna al Sahel

El tràfic de cocaïna a través de l’Àfrica occidental i el Sahel ofereix una lliçó important per a l’anàlisi de la seguretat: interrompre una ruta no significa necessàriament desmantellar la xarxa que la sosté. Aquesta és una de les conclusions principals de la recerca recent de la Global Initiative Against Transnational Organized Crime (GI-TOC) sobre les rutes de cocaïna que travessen Mali, Níger i Líbia.

En els darrers anys, el mercat de la cocaïna a l’Àfrica occidental ha crescut considerablement, impulsat per l’augment de la producció a l’Amèrica Llatina, la demanda europea, la pressió policial sobre altres rutes d’entrada a Europa i la millora de les connexions logístiques a la regió. Tot i que la major part de la cocaïna continua arribant a Europa per via marítima, les rutes terrestres que travessen el Sahel i el Sàhara tenen una importància estratègica que va molt més enllà del volum de droga transportat. Aquestes rutes connecten amb economies de conflicte, actors armats i sistemes de protecció política i institucional.

L’element més destacable és la resiliència de les xarxes de tràfic davant els canvis polítics i militars. Els cops d’estat, els conflictes armats i els canvis en el control territorial poden alterar les rutes, però no necessàriament eliminen les estructures que permeten el tràfic. A Mali, per exemple, la inestabilitat ha fet menys previsibles algunes rutes tradicionals i ha afavorit trajectes més llargs cap a l’est, en direcció al Níger. En aquest país, el cop d’estat de 2023 va interrompre mecanismes de protecció vinculats al govern anterior i va provocar inicialment una reducció dels fluxos. Tanmateix, les xarxes van acabar reconstruint-se i establint nous mecanismes de protecció.

Això posa de manifest que la ruta física és només una part del sistema. El tràfic depèn d’una xarxa de relacions entre traficants, intermediaris, actors polítics, forces armades, milícies i altres grups amb capacitat per garantir protecció, accés territorial o seguretat durant el transport. Alguns traficants operen, a més, en diversos mercats il·lícits —com el cànnabis, l’or, els cigarrets o el combustible—, fet que els proporciona recursos, contactes i alternatives quan una determinada activitat esdevé més difícil.

Els grups armats també tenen un paper rellevant, però això no implica necessàriament que controlin directament el negoci de la cocaïna. Poden cobrar per permetre el pas, proporcionar escorta o garantir protecció en determinats trams. La recerca assenyala també un augment dels ingressos relacionats amb la cocaïna per a l’Estat islàmic a Sahel des de finals de 2023, coincidint amb una major influència territorial del grup sobre alguns corredors.

Des d’una perspectiva de seguretat, l’advertència principal és clara: disrupció no és sinònim de derrota. Una operació policial, un canvi polític o el tancament d’una ruta poden reduir temporalment el tràfic, però també poden provocar-ne el desplaçament cap a altres territoris, incrementar-ne els costos i afavorir nous actors, més violència o una dependència més gran de la corrupció.

Per això, l’anàlisi del crim organitzat hauria d’anar més enllà de seguir els canvis immediats. Comparar la situació actual amb la informació acumulada durant anys permet identificar quines relacions, actors i mecanismes de protecció sobreviuen als canvis. La pregunta clau no és només què ha canviat, sinó també què ha sobreviscut.

En definitiva, seguir una ruta permet saber per on circula la cocaïna. Estudiar la xarxa al llarg del temps permet entendre com aconsegueix continuar circulant malgrat els conflictes, els cops d’estat i les mesures de control. Aquesta diferència és fonamental per dissenyar polítiques de seguretat capaces no només de desplaçar el problema, sinó també d’afectar les estructures que permeten que el mercat es regeneri.

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La criminalité organisée en Allemagne entre dans une nouvelle phase

La criminalité organisée évolue. C’est l’une des principales conclusions des rapports fédéraux allemands sur la criminalité organisée 2025 et les infractions liées aux stupéfiants 2025, qui décrivent des réseaux criminels de plus en plus internationaux, numérisés et spécialisés.

En 2025, les autorités allemandes ont enquêté sur 683 cas de criminalité organisée et identifié près de 8 000 suspects, soit le chiffre le plus élevé des cinq dernières années. Près de 69 % des procédures présentaient une dimension transnationale, ce qui met en évidence à quel point les organisations criminelles actuelles opèrent au-delà des frontières.

L’un des principaux changements est l’apparition d’un modèle de « Criminalité en tant que service », dans lequel différents services criminels peuvent être sollicités et coordonnés séparément. La logistique, les armes, le blanchiment de capitaux ou le recrutement d’exécutants peuvent être gérés via Internet, les réseaux sociaux et les applications de messagerie chiffrée. Cela permet à la personne qui planifie une activité criminelle de se trouver dans un autre pays et de ne pas avoir de contact direct avec les personnes qui exécutent finalement le délit.

Les réseaux sociaux jouent également un rôle de plus en plus important. Les autorités constatent que certains groupes, en particulier parmi les criminels les plus jeunes, utilisent ces canaux pour afficher leur pouvoir, leur statut et leur violence. Parallèlement, le recrutement de jeunes pour participer à des activités criminelles représente un défi croissant pour la prévention et la sécurité.

La violence constitue un autre sujet sensible. Le rapport met en garde contre un recours accru à la violence dans les conflits entre groupes criminels et une présence croissante d’armes à feu illégales. Cette situation accroît le risque que les conflits entre organisations criminelles ne se limitent plus à leurs membres et aient des répercutions dans l’espace public.

Malgré cette transformation, les drogues restent la principale activité de la criminalité organisée, représentant environ 37 % des procédures examinées. La cocaïne revêt une importance particulière. En 2025, 39 414 infractions liées à la cocaïne et au crack ont été enregistrées et 10,1 tonnes de cocaïne ont été saisies, dont 6,5 tonnes ont été interceptées dans des ports allemands.

Cependant, le trafic de stupéfiants ne se résume pas à une question de consommation de drogues. Les profits considérables qu’il génère peuvent alimenter d’autres activités criminelles, notamment le blanchiment de capitaux et la corruption, et permettre à l’argent issu de la criminalité d’intégrer l’économie légale. C’est pourquoi la lutte contre la criminalité organisée passe également par le suivi des flux financiers et la confiscation des produits obtenus illicitement.

Le marché du cannabis connaît lui aussi une évolution notable. En 2025, 567 plantations comptant au moins 20 plants ont été démantelées, soit environ 55 % de plus que l’année précédente, tandis que les saisies de marijuana ont triplé.

L’ensemble de ces données témoigne d’une criminalité organisée plus flexible, décentralisée et transnationale. Les organisations n’ont plus nécessairement besoin de fonctionner comme des structures hiérarchiques traditionnelles : elles peuvent mettre en relation des personnes et des services en fonction des besoins de chaque opération et tirer parti des possibilités offertes par les technologies numériques.

Cette transformation pose de nouveaux défis aux forces de l’ordre et aux systèmes judiciaires. L’enquête sur les auteurs matériels reste nécessaire, mais il est de plus en plus important d’identifier les structures qui se cachent derrière eux, les flux financiers, les canaux numériques et les connexions internationales.

La principale leçon du rapport allemand est donc que la criminalité organisée s’adapte également à la mondialisation et à la numérisation. La réponse en matière de sécurité devra suivre le même rythme, en combinant renseignement criminel, coopération internationale, enquêtes financières, lutte contre le trafic de drogue et prévention du recrutement de nouveaux membres.

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Organised crime in Germany enters a new phase

Organised crime is changing. This is one of the main conclusions of the German federal reports on Organised Crime 2025 and Narcotics Offences 2025, which describe criminal networks that are increasingly international, digitised, and specialised.

During 2025, German authorities investigated 683 cases of organised crime and identified nearly 8,000 suspects, the highest number in the last five years. Almost 69% of the proceedings had a transnational dimension, a figure that highlights the extent to which current criminal organisations operate across borders.

One of the main changes is the emergence of a «Crime-as-a-Service» model, in which various criminal services can be contracted and coordinated separately. Logistics, weapons, money laundering or the recruitment of perpetrators can be managed through the Internet, social networks and encrypted messaging applications. This allows whoever plans a criminal activity to be in another country and have no direct contact with the persons who finally commit the crime.

Social networks are also acquiring a relevant role. Authorities detect that some groups, especially among the youngest criminals, use these channels to project power, status, and violence. At the same time, the recruitment of young people to participate in criminal activities represents a growing challenge for prevention and security.

Violence is another prominent element. The report warns of an increased use of violence in conflicts between criminal groups and a growing presence of illegal firearms. This situation increases the risk that disputes between criminal organisations will cease to be limited to their members and will have consequences in public spaces.

Despite this transformation, drugs remain the main activity of organised crime, accounting for approximately 37% of the investigated proceedings. Cocaine carries especially significant weight. In 2025, 39,414 offences related to cocaine and crack were recorded and 10.1 tonnes of cocaine were seized, of which 6.5 tonnes were intercepted in German ports.

However, drug trafficking is not only an issue related to drug use. The enormous profits it generates can fuel other criminal activities, especially money laundering and corruption, and allow money from crime to enter the legal economy. Therefore, the fight against organised crime also involves following the money and confiscating illegally obtained profits.

The cannabis market also shows a significant evolution. In 2025, 567 plantations with a capacity for 20 plants or more were seized, approximately 55% more than in the previous year, while marijuana seizures tripled.

This set of data shows organised crime to be more flexible, decentralised and transnational. Organisations no longer need to always function as traditional hierarchical structures: they can connect people and services according to the needs of each operation and take advantage of the possibilities offered by digital technologies.

This transformation poses new challenges for police forces and justice systems. The investigation of the perpetrators remains necessary, but it is becoming increasingly important to identify the underlying structures, the financial flows, the digital channels, and the international connections.

The main lesson from the German report is, therefore, that organised crime also adapts to globalisation and digitalisation. The security response must do so at the same pace, combining criminal intelligence, international cooperation, financial investigation, the fight against drug trafficking, and the prevention of the recruitment of new members.

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El crimen organizado en Alemania entra en una nueva fase

El crimen organizado está cambiando. Esta es una de las principales conclusiones de los informes federales alemanes “Crimen Organizado 2025” y “Delito de Narcótico 2025”, que describen unas redes criminales cada vez más internacionales, digitalizadas y especializadas.

Durante el año 2025, las autoridades alemanas investigaron 683 casos de crimen organizado e identificaron casi 8.000 sospechosos, la cifra más elevada de los últimos cinco años. Casi el 69 % de los procedimientos presentaban una dimensión transnacional, un dato que pone de manifiesto hasta qué punto las organizaciones criminales actuales operan más allá de las fronteras.

Uno de los principales cambios es la aparición de un modelo de “crimen como servicio”, en que diferentes servicios criminales se pueden encargar y coordinar de manera separada. Logística, armas, blanqueo de capitales o reclutamiento de ejecutores pueden gestionarse a través de internet, las redes sociales y las aplicaciones de mensajería cifrada. Eso permite que quien planifica una actividad criminal pueda encontrarse en otro país y no tenga ningún contacto directo con las personas que finalmente ejecutan el delito.

Las redes sociales también están adquiriendo un papel relevante. Las autoridades detectan que algunos grupos, especialmente entre los criminales más jóvenes, utilizan estos canales para proyectar poder, estatus y violencia. Paralelamente, el reclutamiento de jóvenes para participar en actividades criminales representa un reto creciente para la prevención y la seguridad.

La violencia es otro elemento destacado. El informe alerta de un uso mayor de la violencia en los conflictos entre grupos criminales y de una presencia creciente de armas de fuego ilegales. Esta situación incrementa el riesgo de que las disputas entre organizaciones criminales dejen de quedar limitadas a sus integrantes y tengan consecuencias en el espacio público.

A pesar de esta transformación, las drogas siguen siendo la actividad principal del crimen organizado, con aproximadamente el 37 % de los procedimientos investigados. La cocaína tiene un peso especialmente importante. En 2025 se registraron 39.414 delitos relacionados con cocaína y crack y se confiscaron 10,1 toneladas de cocaína, 6,5 de las cuales se interceptaron en puertos alemanes.

El narcotráfico, sin embargo, no es solo una cuestión relacionada con el consumo de drogas. Los enormes beneficios que genera pueden alimentar otras actividades criminales, especialmente el blanqueo de capitales y la corrupción, y permitir que dinero procedente del crimen entre en la economía legal. Por eso, el combate contra el crimen organizado también pasa por seguir el dinero y confiscar los beneficios obtenidos ilícitamente.

El mercado del cannabis también presenta una evolución significativa. En 2025 se confiscaron 567 plantaciones con capacidad para 20 plantas o más, aproximadamente un 55 % más que en el año anterior, mientras que las confiscaciones de marihuana se triplicaron.

El conjunto de estos datos muestra un crimen organizado más flexible, descentralizado y transnacional. Las organizaciones ya no necesitan funcionar siempre como estructuras jerárquicas tradicionales: pueden conectar personas y servicios según las necesidades de cada operación y aprovechar las posibilidades que ofrecen las tecnologías digitales.

Esta transformación plantea nuevos retos para los cuerpos policiales y los sistemas de justicia. La investigación de los autores materiales sigue siendo necesaria, pero cada vez es más importante identificar las estructuras que hay detrás, los flujos financieros, los canales digitales y las conexiones internacionales.

La principal lección del informe alemán es, por lo tanto, que el crimen organizado también se adapta a la globalización y a la digitalización. La respuesta de seguridad tendrá que hacerlo al mismo ritmo, combinando inteligencia criminal, cooperación internacional, investigación financiera, lucha contra el narcotráfico y prevención del reclutamiento de nuevos miembros.

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El crim organitzat a Alemanya entra en una nova fase

El crim organitzat està canviant. Aquesta és una de les conclusions principals dels informes federals alemanys “Crim Organitzat 2025” i “Delicte de Narcòtics 2025”, que descriuen unes xarxes criminals cada cop més internacionals, digitalitzades i especialitzades.

Durant el 2025, les autoritats alemanyes van investigar 683 casos de crim organitzat i van identificar gairebé 8.000 sospitosos, la xifra més elevada dels darrers cinc anys. Gairebé el 69 % dels procediments presentaven una dimensió transnacional, una dada que posa de manifest fins a quin punt les organitzacions criminals actuals operen més enllà de les fronteres.

Un dels canvis principals és l’aparició d’un model de “crim com a servei”, en què diferents serveis criminals es poden encarregar i coordinar de manera separada. Logística, armes, blanqueig de capitals o reclutament d’executors poden gestionar-se a través d’internet, les xarxes socials i les aplicacions de missatgeria xifrada. Això permet que qui planifica una activitat criminal pugui trobar-se en un altre país i no tingui cap contacte directe amb les persones que finalment executen el delicte.

Les xarxes socials també estan adquirint un paper rellevant. Les autoritats detecten que alguns grups, especialment entre els criminals més joves, utilitzen aquests canals per projectar poder, estatus i violència. Paral·lelament, el reclutament de joves per participar en activitats criminals representa un repte creixent per a la prevenció i la seguretat.

La violència és un altre element destacat. L’informe alerta d’un ús més gran de la violència en els conflictes entre grups criminals i d’una presència creixent d’armes de foc il·legals. Aquesta situació incrementa el risc que les disputes entre organitzacions criminals deixin de quedar limitades als seus integrants i tinguin conseqüències a l’espai públic.

Malgrat aquesta transformació, les drogues continuen sent l’activitat principal del crim organitzat, amb aproximadament el 37 % dels procediments investigats. La cocaïna té un pes especialment important. El 2025 es van registrar 39.414 delictes relacionats amb cocaïna i crack i es van confiscar 10,1 tones de cocaïna, 6,5 de les quals es van interceptar en ports alemanys.

El narcotràfic, però, no és només una qüestió relacionada amb el consum de drogues. Els enormes beneficis que genera poden alimentar altres activitats criminals, especialment el blanqueig de capitals i la corrupció, i permetre que diners procedents del crim entrin a l’economia legal. Per això, el combat contra el crim organitzat també passa per seguir els diners i confiscar els beneficis obtinguts il·lícitament.

El mercat del cànnabis també presenta una evolució significativa. El 2025 es van confiscar 567 plantacions amb capacitat per a 20 plantes o més, aproximadament un 55 % més que l’any anterior, mentre que les confiscacions de marihuana es van triplicar.

El conjunt d’aquestes dades mostra un crim organitzat més flexible, descentralitzat i transnacional. Les organitzacions ja no necessiten funcionar sempre com estructures jeràrquiques tradicionals: poden connectar persones i serveis segons les necessitats de cada operació i aprofitar les possibilitats que ofereixen les tecnologies digitals.

Aquesta transformació planteja nous reptes per als cossos policials i els sistemes de justícia. La investigació dels autors materials continua sent necessària, però cada vegada és més important identificar les estructures que hi ha al darrere, els fluxos financers, els canals digitals i les connexions internacionals.

La lliçó principal de l’informe alemany és, per tant, que el crim organitzat també s’adapta a la globalització i a la digitalització. La resposta de seguretat haurà de fer-ho al mateix ritme, combinant intel·ligència criminal, cooperació internacional, investigació financera, lluita contra el narcotràfic i prevenció del reclutament de nous membres.

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Drogues illicites et crime organisé en Australie : une relation complexe

La violence liée à la criminalité organisée a de nouveau placé l’Australie, et particulièrement Sydney, au cœur du débat sur le marché des drogues illicites. Plusieurs homicides récents, dont certains auraient été commis à la suite d’erreurs d’identification, ont mis en évidence les conflits entre des réseaux criminels qui se disputent le contrôle d’un marché très lucratif.

La commissaire de la police fédérale australienne, Krissy Barrett, a souligné la nécessité de réfléchir au lien entre la consommation de drogues illicites et la violence des groupes criminels organisés. Selon son interprétation, la demande de drogues et les prix élevés que les consommateurs sont prêts à payer contribuent à conférer un pouvoir économique aux organisations criminelles.

Toutefois, les données disponibles révèlent une réalité plus complexe et ne permettent pas d’établir une relation causale simple entre la consommation de drogues et la violence.

Les statistiques de la police de Nouvelle-Galles du Sud montrent que la criminalité liée à la drogue a globalement diminué au cours de la dernière décennie. Entre 2016-2017 et 2025-2026, les infractions liées à la drogue ont diminué d’un peu plus de 10 % dans l’ensemble du pays et de 12,6 % dans la région métropolitaine de Sydney. Toutefois, l’évolution varie selon la substance : les infractions liées à l’ecstasy ont diminué de 74 % et celles liées au cannabis de 27 %, tandis que celles liées aux amphétamines ont augmenté de 14 %.

Les enquêtes de population offrent une perspective différente. Selon les données citées de l’Australian Institute of Health and Welfare, 3,9 millions de personnes – soit 17,9 % de la population – auraient consommé une forme ou une autre de drogue illicite au cours des 12 mois précédents en 2022-2023, contre 3,4 millions (12 %) en 2019. Cependant, cette augmentation n’est pas répartie uniformément entre les substances. Cette évolution s’explique en grande partie par l’augmentation de la consommation d’hallucinogènes, tandis que la consommation de cocaïne et d’héroïne reste globalement inchangée et que celle des opioïdes non médicaux a diminué.

Les données issues des eaux usées apportent un éclairage supplémentaire. Le programme de surveillance de la Commission australienne du renseignement criminel a détecté en 2026 une hausse du volume de plusieurs drogues consommées à l’échelle nationale, dont un niveau record sur dix ans pour la méthamphétamine. Mais ces données mesurent la quantité consommée, et non le nombre de personnes qui en consomment. Par conséquent, une augmentation du volume n’implique pas nécessairement qu’il y ait davantage de consommateurs : elle peut également signifier que les utilisateurs existants consomment plus fréquemment ou en plus grandes quantités.

Cette distinction est fondamentale du point de vue de la sécurité. La criminalité organisée ne dépend pas exclusivement du marché d’une drogue donnée. Les organisations criminelles peuvent s’adapter à différentes activités et à différents produits en fonction des possibilités de profit. Des facteurs tels que la situation économique, les réseaux criminels transnationaux, la disponibilité internationale de drogues et le recrutement de jeunes au moyen des nouvelles technologies peuvent également influencer l’évolution de la violence.

Par conséquent, les données disponibles suggèrent que le lien entre la consommation de drogues et la criminalité organisée ne peut pas s’expliquer par une cause unique. La réduction de la demande peut limiter une source de revenus des réseaux criminels, mais la prévention de la consommation, la réduction des dommages, la lutte contre le trafic et le démantèlement des structures criminelles relèvent d’un même enjeu de sécurité.

Le cas de l’Australie met ainsi en lumière la nécessité d’analyser conjointement les données relatives à la consommation, les marchés illicites et la violence criminelle, en évitant de tirer des conclusions simplistes à partir d’un seul indicateur.

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Illicit drugs and organised crime in Australia: a complex relationship

Violence linked to organised crime has once again placed Australia, and especially Sydney, at the centre of the debate on the illicit drug market. Several recent homicides, some of which were allegedly the result of misidentification, have revealed the conflict between criminal networks competing for control of a very lucrative market.

The Commissioner of the Australian Federal Police, Krissy Barrett, has raised the need to reflect on the relationship between the consumption of illicit drugs and organised crime violence. According to their interpretation, the demand for drugs and the high prices that consumers are willing to pay contribute to granting economic power to criminal organisations.

However, the available data offer a more complex reality and do not allow for the establishment of a simple causal relationship between drug use and violence.

New South Wales police statistics show that drug-related crime has generally decreased over the past decade. Between 2016-17 and 2025-26, drug-related crimes decreased by slightly more than 10% across the state and by 12.6% in the Sydney metropolitan area. However, the trend varies by substance: ecstasy-related crimes have decreased by 74% and cannabis-related crimes by 27%, while those linked to amphetamines have increased by 14%.

Population surveys offer a different perspective. According to the cited data from the Australian Institute of Health and Welfare, 3.9 million people—17.9% of the population—had consumed some type of illicit drugs during the previous twelve months in 2022-23, compared to 3.4 million (12%) in 2019. However, this increase is not distributed uniformly among the substances. A significant part is explained by the increase in hallucinogen use, while cocaine and heroin use remains without significant changes and non-medical opioid use has decreased.

Data from wastewater provide another perspective. The Australian Criminal Intelligence Commission’s monitoring program detected an increase in the volume of several drugs consumed on a national scale in 2026, including a ten-year high in the case of methamphetamine. But these data measure the amount consumed, not the number of people consuming. Therefore, an increase in volume does not necessarily imply that there are more consumers: it can also mean that existing users consume more frequently or in higher quantities.

From a security perspective, this distinction is crucial. Organised crime does not depend exclusively on the market for a particular drug. Criminal organisations can adapt to different activities and products based on profit opportunities. Factors such as the economic situation, transnational criminal networks, the international availability of drugs, and the recruitment of young people through new technologies can also influence the evolution of violence.

Therefore, the available data suggest that the relationship between drug use and organised crime cannot be explained by a single cause. Reducing demand can limit a source of income for criminal networks, but preventing consumption, harm reduction, prosecuting trafficking, and dismantling criminal structures are all part of the same security problem.

The Australian case thus highlights the need to jointly analyse consumption data, illicit markets, and criminal violence, avoiding simple conclusions based on a single indicator.

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