Violence domestique : tirer les enseignements du drame pour éviter de nouveaux décès

Le gouvernement britannique a publié de nouvelles orientations réglementaires afin de renforcer la manière dont les décès liés aux violences domestiques sont examinés et analysés. La réforme, publiée le 15 septembre 2026 par le ministère de l’Intérieur britannique (Home Office), vise à faire de chaque décès une occasion d’identifier les erreurs, d’améliorer la coordination entre les organismes et, surtout, d’empêcher que des situations similaires ne se terminent à nouveau en tragédie.

Les nouvelles orientations régissent les Domestic Abuse Related Death Reviews (DARDRs) (Examens des décès liés aux violences domestiques) qui remplacent l’ancienne dénomination Domestic Homicide Reviews (DHRs) (Examens des homicides domestiques). Le changement de nom fait suite à une modification législative introduite par la Victims and Prisoners Act 2024 (Loi de 2024 sur les victimes et les prisonniers), qui adapte le champ d’application de ces révisions à la définition de la violence domestique établie par la Domestic Abuse Act 2021 (Loi de 2021 sur les violences domestiques).

Les DARDR reposent sur une idée fondamentale pour la sécurité publique : un décès lié à la violence domestique ne doit pas être analysé uniquement pour déterminer ce qui s’est passé, mais aussi pour comprendre ce qui aurait pu être fait différemment et quels changements peuvent permettre d’éviter de futures victimes.

Ces processus permettent à différents organismes – police, services sociaux, services de santé, administrations locales et autres entités concernées – d’examiner conjointement leur action et les informations dont ils disposaient avant le décès. L’objectif est de détecter d’éventuelles occasions manquées, des problèmes de coordination, des lacunes dans l’identification des risques ou d’autres facteurs susceptibles d’être pertinents pour la prévention.

La nouvelle orientation souligne tout particulièrement que chaque victime doit être considérée individuellement. Cela signifie que les révisions ne doivent pas se réduire à de simples exercices administratifs, mais doivent permettre de comprendre les circonstances concrètes de chaque cas et d’en tirer des enseignements utiles pour l’ensemble des services.

Le ministère de l’Intérieur reconnaît que le système précédent pouvait être amélioré, notamment en ce qui concerne la qualité des révisions et la manière d’appliquer les enseignements tirés.

Dans ce contexte, l’une des mesures phares est la création, en 2025, d’un Home Office Quality Assurance Board (comité d’assurance qualité) chargé d’examiner davantage de rapports chaque mois et de fournir des retours d’information plus rapidement aux Community Safety Partnerships (partenariats pour la sécurité communautaire), des organismes locaux responsables de différents aspects de la sécurité communautaire.

La réforme prévoit également la mise en place d’un nouveau mécanisme de surveillance des recommandations découlant des DARDR. Cet élément revêt une importance particulière du point de vue de la prévention : identifier une erreur n’a qu’une valeur limitée si les conclusions ne se traduisent pas ensuite par des changements réels.

Par conséquent, la réforme vise à renforcer l’ensemble du cycle d’apprentissage : enquêter sur le décès, identifier les facteurs de risque ou les possibilités de prévention, formuler des recommandations et, enfin, vérifier que ces recommandations sont prises en compte et appliquées.

L’un des autres changements concerne l’introduction d’une formation obligatoire pour les présidents ou les responsables des DARDR. L’objectif est de veiller à ce que les personnes chargées de mener ces révisions disposent des connaissances et des outils nécessaires pour les réaliser selon un niveau de qualité homogène.

Cette professionnalisation est importante, car les révisions impliquent des informations sensibles, de nombreux organismes et, souvent, des situations de risque complexes. Une orientation adéquate peut aider à éviter des conclusions superficielles et à favoriser une analyse plus systématique des décisions prises avant le décès.

Du point de vue de la sécurité, la principale valeur des DARDR réside dans leur capacité à transformer des expériences concrètes en connaissances préventives partagées. Un décès lié à la violence domestique peut révéler des schémas ou des lacunes qui ne sont pas visibles lorsque chaque organisme analyse le cas uniquement de son propre point de vue.

Les nouvelles orientations britanniques privilégient donc une réponse plus intégrée et axée sur l’apprentissage. La coordination entre les services, la qualité des enquêtes, la formation des responsables et le suivi des recommandations deviennent des éléments essentiels du système.

Toutefois, le défi ne consiste pas seulement à parvenir à des révisions plus complètes. Il s’agit de veiller à ce que les conclusions conduisent à modifier la pratique. Si une révision met en évidence une possibilité de prévention, mais que la recommandation n’entraîne aucun changement, une part importante du potentiel préventif du système sera perdue.

La réforme des DARDR représente ainsi une étape vers un modèle dans lequel les décès liés à la violence domestique ne font pas seulement l’objet d’une révision a posteriori, mais constituent également une source d’apprentissage visant à améliorer la détection des risques, la coordination institutionnelle et la protection des futures victimes. Le principe qui inspire le nouveau système est clair : tirer des enseignements de chaque tragédie pour tenter d’éviter la suivante.

_____

Aquest apunt en català / Esta entrada en español / This post in English

Domestic violence: learning from tragedy to prevent further deaths

The British Government has published new statutory guidance to strengthen the way deaths related to domestic violence are investigated and analysed. The reform, published on 15 September 2026 by the Home Office, aims for every death to be an opportunity to identify errors, improve coordination between agencies and, above all, prevent similar situations from ending in tragedy again.

The new guidelines regulate the so-called Domestic Abuse Related Death Reviews (DARDRs), which replace the previous designation of Domestic Homicide Reviews (DHRs). The name change is in response to a legislative amendment introduced by the Victims and Prisoners Act 2024, which adapts the scope of these reviews to the definition of domestic violence established by the Domestic Abuse Act 2021.

DARDRs are based on a fundamental idea for public safety: a death linked to domestic violence should not be analysed solely to determine what happened, but also to understand what could have been done differently and what changes can prevent future victims.

These processes allow different bodies—police, social services, health services, local administrations, and other involved entities—to jointly review their action and the information they had available before the death. The objective is to detect possible missed opportunities, coordination problems, deficiencies in risk identification, or other factors that may be relevant for prevention.

The new guideline places special emphasis on the fact that each victim must be considered individually. This means that reviews must not simply become administrative exercises, but must allow for an understanding of the specific circumstances of each case and the extraction of useful lessons from them for all services.

The Home Office recognises that the previous system had room for improvement, especially with regard to the quality of reviews and the way in which lessons learned were applied.

In this context, one of the highlighted measures is the creation, in 2025, of a Home Office Quality Assurance Board, intended to review more reports each month and provide feedback to Community Safety Partnerships—local bodies responsible for various aspects of community security—in a more agile manner.

The reform also provides for the development of a new supervision mechanism for the recommendations arising from the DARDRs. This element is especially

relevant from the point of view of prevention: identifying an error only has limited value if the findings are not subsequently translated into real changes.

Therefore, the reform aims to strengthen the entire learning cycle: investigating the death, identifying risk factors or prevention opportunities, making recommendations and, finally, verifying that these recommendations are considered and applied.

Another of the changes is the introduction of mandatory training for the presidents or heads of the DARDR. The purpose is to guarantee that the people in charge of conducting these reviews have the necessary knowledge and tools to carry them out with a consistent level of quality.

This professionalisation is important because reviews involve sensitive information, multiple agencies and, often, complex risk situations. Proper guidance can help avoid superficial conclusions and give preference to a more systematic analysis of the decisions made before death.

From a security perspective, the main value of DARDRs is that they can turn concrete experiences into shared preventive knowledge. A death related to domestic violence can reveal patterns or deficits that are not visible when each agency analyses the case solely from its own perspective.

The new British guidance, therefore, supports a more integrated and learning-oriented response. Coordination between services, the quality of investigations, the training of those responsible, and the follow-up on recommendations become essential elements of the system.

The challenge, however, is not only to achieve more comprehensive reviews. It is to ensure that the conclusions lead to the modification of practice. If a review identifies a prevention opportunity, but the recommendation does not generate any change, a significant part of the system’s preventive potential is lost.

The reform of the DARDR thus represents a step towards a model in which deaths related to domestic violence are not only subject to a subsequent review, but also a source of learning to improve risk detection, institutional coordination, and the protection of future victims. The principle inspiring the new system is clear: to learn from every tragedy in an attempt to avoid the next.

_____

Aquest apunt en català / Esta entrada en español / Post en français

Violencia doméstica: aprender de la tragedia para prevenir nuevas muertes

El Gobierno británico ha publicado nuevas orientaciones estatutarias para reforzar la manera como se investigan y se analizan las muertes relacionadas con la violencia doméstica. La reforma, publicada el 15 de septiembre de 2026 por el Home Office, pretende que cada muerte sea una oportunidad para identificar errores, mejorar la coordinación entre organismos y, sobre todo, prevenir que situaciones similares vuelvan a acabar en tragedia.

Las nuevas orientaciones regulan los llamados Domestic Abuse Related Death Reviews (DARDRs), que sustituyen la denominación anterior de Domestic Homicide Reviews (DHRs). El cambio de nombre responde a una modificación legislativa introducida por la Victims and Prisoners Act 2024, que adapta el ámbito de estas revisiones a la definición de “violencia doméstica” establecida por la Domestic Abuse Act 2021.

Los DARDRs parten de una idea fundamental para la seguridad pública: una muerte vinculada a la violencia doméstica no se tiene que analizar únicamente para determinar qué pasó, sino también para comprender qué se podía haber hecho de manera diferente y qué cambios pueden evitar futuras víctimas.

Estos procesos permiten que diferentes organismos —policía, servicios sociales, sanidad, administraciones locales y otras entidades implicadas— revisen conjuntamente su actuación y la información de que disponían antes de la muerte. El objetivo es detectar posibles oportunidades perdidas, problemas de coordinación, carencias en la identificación del riesgo u otros factores que puedan ser relevantes para la prevención.

La nueva orientación pone especialmente el acento en el hecho de que cada víctima tiene que ser considerada individualmente. Eso significa que las revisiones no deben convertirse simplemente en ejercicios administrativos, sino que tienen que permitir entender las circunstancias concretas de cada caso y extraer aprendizajes útiles para el conjunto de los servicios.

El Home Office reconoce que el sistema anterior presentaba margen de mejora, especialmente con respecto a la calidad de las revisiones y a la manera de aplicar las lecciones extraídas.

En este contexto, una de las medidas destacadas es la creación, en 2025, de un Home Office Quality Assurance Board, destinado a revisar más informes cada mes y proporcionar a los Community Safety Partnerships —organismos locales responsables de diferentes aspectos de la seguridad comunitaria— información de retorno de manera más ágil.

La reforma también prevé desarrollar un nuevo mecanismo de supervisión de las recomendaciones que surjan de los DARDRs. Este elemento es especialmente relevante desde el punto de vista de la prevención: identificar un error solo tiene un valor limitado si las conclusiones no se traducen posteriormente en cambios reales.

Por lo tanto, la reforma intenta reforzar todo el ciclo de aprendizaje: investigar la muerte, identificar factores de riesgo u oportunidades de prevención, formular recomendaciones y, finalmente, comprobar que estas recomendaciones se consideran y se aplican.

Otro de los cambios es la introducción de formación obligatoria para los presidentes o responsables de los DARDRs. La finalidad es garantizar que las personas encargadas de dirigir estas revisiones dispongan de los conocimientos y las herramientas necesarias para desarrollarlas con un nivel de calidad homogéneo.

Esta profesionalización es importante porque las revisiones implican información sensible, múltiples organismos y, a menudo, situaciones complejas de riesgo. Una dirección adecuada puede ayudar a evitar conclusiones superficiales y favorecer un análisis más sistemático de las decisiones adoptadas antes de la muerte.

Desde una perspectiva de seguridad, el valor principal de los DARDRs es que pueden convertir experiencias concretas en conocimiento preventivo compartido. Una muerte relacionada con la violencia doméstica puede revelar patrones o deficiencias que no son visibles cuando cada organismo analiza el caso únicamente desde su propia perspectiva.

La nueva orientación británica apuesta, por lo tanto, por una respuesta más integrada y orientada al aprendizaje. La coordinación entre servicios, la calidad de las investigaciones, la formación de los responsables y el seguimiento de las recomendaciones pasan a ser elementos esenciales del sistema.

El reto, sin embargo, no es solo conseguir revisiones más completas. Es garantizar que las conclusiones lleguen a modificar la práctica. Si una revisión identifica una oportunidad de prevención, pero la recomendación no genera ningún cambio, una parte importante del potencial preventivo del sistema se pierde.

La reforma de los DARDRs representa así un paso hacia un modelo en que las muertes relacionadas con la violencia doméstica no sean solo objeto de una revisión posterior, sino también una fuente de aprendizaje para mejorar la detección del riesgo, la coordinación institucional y la protección de futuras víctimas. El principio que inspira el nuevo sistema claro está: aprender de cada tragedia para intentar evitar la siguiente.

_____

Aquest apunt en català / This post in English / Post en français

Violència domèstica: aprendre de la tragèdia per prevenir noves morts

El Govern britànic ha publicat noves orientacions estatutàries per reforçar la manera com s’investiguen i s’analitzen les morts relacionades amb la violència domèstica. La reforma, publicada el 15 de setembre de 2026 pel Home Office, pretén que cada mort sigui una oportunitat per identificar errors, millorar la coordinació entre organismes i, sobretot, prevenir que situacions similars tornin a acabar en tragèdia.

Les noves orientacions regulen els anomenats Domestic Abuse Related Death Reviews (DARDRs), que substitueixen la denominació anterior de Domestic Homicide Reviews (DHRs). El canvi de nom respon a una modificació legislativa introduïda per la Victims and Prisoners Act 2024, que adapta l’àmbit d’aquestes revisions a la definició de “violència domèstica” establerta per la Domestic Abuse Act 2021.

Els DARDRs parteixen d’una idea fonamental per a la seguretat pública: una mort vinculada a la violència domèstica no s’ha d’analitzar únicament per determinar què va passar, sinó també per comprendre què es podia haver fet de manera diferent i quins canvis poden evitar futures víctimes.

Aquests processos permeten que diferents organismes —policia, serveis socials, sanitat, administracions locals i altres entitats implicades— revisin conjuntament la seva actuació i la informació de què disposaven abans de la mort. L’objectiu és detectar possibles oportunitats perdudes, problemes de coordinació, mancances en la identificació del risc o altres factors que puguin ser rellevants per a la prevenció.

La nova orientació posa especialment l’accent en el fet que cada víctima ha de ser considerada individualment. Això significa que les revisions no s’han de convertir simplement en exercicis administratius, sinó que han de permetre entendre les circumstàncies concretes de cada cas i extreure’n aprenentatges útils per al conjunt dels serveis.

El Home Office reconeix que el sistema anterior presentava marge de millora, especialment pel que fa a la qualitat de les revisions i a la manera d’aplicar les lliçons extretes.

En aquest context, una de les mesures destacades és la creació, el 2025, d’un Home Office Quality Assurance Board, destinat a revisar més informes cada mes i proporcionar als Community Safety Partnerships —organismes locals responsables de diferents aspectes de la seguretat comunitària— informació de retorn de manera més àgil.

La reforma també preveu desenvolupar un nou mecanisme de supervisió de les recomanacions que sorgeixin dels DARDRs. Aquest element és especialment rellevant des del punt de vista de la prevenció: identificar un error només té un valor limitat si les conclusions no es tradueixen posteriorment en canvis reals.

Per tant, la reforma intenta reforçar tot el cicle d’aprenentatge: investigar la mort, identificar factors de risc o oportunitats de prevenció, formular recomanacions i, finalment, comprovar que aquestes recomanacions es consideren i s’apliquen.

Un altre dels canvis és la introducció de formació obligatòria per als presidents o responsables dels DARDRs. La finalitat és garantir que les persones encarregades de dirigir aquestes revisions disposin dels coneixements i les eines necessàries per desenvolupar-les amb un nivell de qualitat homogeni.

Aquesta professionalització és important perquè les revisions impliquen informació sensible, múltiples organismes i, sovint, situacions complexes de risc. Una direcció adequada pot ajudar a evitar conclusions superficials i afavorir una anàlisi més sistemàtica de les decisions adoptades abans de la mort.

Des d’una perspectiva de seguretat, el valor principal dels DARDRs és que poden convertir experiències concretes en coneixement preventiu compartit. Una mort relacionada amb la violència domèstica pot revelar patrons o deficiències que no són visibles quan cada organisme analitza el cas únicament des de la seva pròpia perspectiva.

La nova orientació britànica aposta, per tant, per una resposta més integrada i orientada a l’aprenentatge. La coordinació entre serveis, la qualitat de les investigacions, la formació dels responsables i el seguiment de les recomanacions passen a ser elements essencials del sistema.

El repte, però, no és només aconseguir revisions més completes. És garantir que les conclusions arribin a modificar la pràctica. Si una revisió identifica una oportunitat de prevenció però la recomanació no genera cap canvi, una part important del potencial preventiu del sistema es perd.

La reforma dels DARDRs representa així un pas cap a un model en què les morts relacionades amb la violència domèstica no siguin només objecte d’una revisió posterior, sinó també una font d’aprenentatge per millorar la detecció del risc, la coordinació institucional i la protecció de futures víctimes. El principi que inspira el nou sistema és clar: aprendre de cada tragèdia per intentar evitar la següent.

_____

Esta entrada en español / This post in English / Post en français

Aujourd’hui c’est un jour férié en Catalogne. Nous ne publions pas la note. Rendez-vous mercredi.

_____

Aquest apunt en català / Esta entrada en español / This post in English

Today is bank holiday in Catalonia. We don’t publish any post. See you on Wednesday.

_____

Aquest apunt en català / Esta entrada en español / Post en français

Hoy es día festivo en Cataluña. No publicamos entrada. Nos vemos el miércoles.

_____

Aquest apunt en català / This post in English / Post en français

Avui és dia festiu a Catalunya. No publiquem apunt. Ens veiem dimecres.

_____

Esta entrada en español / This post in English / Post en français

L’Angleterre et le pays de Galles accélèrent la réponse policière face aux viols et à la violence faites aux femmes

Le gouvernement britannique a annoncé une accélération significative du déploiement d’équipes de police spécialisées dans les viols et les infractions sexuelles en Angleterre et au Pays de Galles. L’objectif est que toutes les forces de police disposent de ces équipements avant décembre 2027, avançant d’environ un an et demi le calendrier initialement prévu, qui situait le déploiement complet en 2029.

Ces équipes auront pour mission d’enquêter spécifiquement sur les viols et autres infractions sexuelles, d’aider les victimes et les survivants et d’améliorer les poursuites contre les responsables. Selon le gouvernement britannique, cette accélération répond à la nécessité de renforcer la réponse policière face à l’ampleur de la violence faite aux femmes et aux filles.

Le paquet de mesures annoncé comprend également 13,3 millions de livres de financement, destinés à soutenir jusqu’à dix forces de police qui mettront en place des équipes spécialisées dans les ordonnances de protection. Ces unités devront expérimenter de nouvelles formules afin de garantir le respect de ces ordonnances et d’améliorer la prise en charge des agresseurs présentant un risque élevé.

Les ordonnances de protection peuvent comprendre des mesures telles que la surveillance, le bracelet électronique, les zones d’exclusion ou l’obligation de participer à des programmes de changement de comportement. Un aspect important est que ces ordonnances ne dépendent pas nécessairement d’une condamnation pénale : les tribunaux peuvent imposer certaines mesures de protection même en l’absence de condamnation pour un délit.

Le Gouvernement élabore également de nouvelles ordonnances de protection contre la violence domestique couvrant différentes formes de maltraitance, notamment les agressions physiques, les comportements coercitifs ou contrôlants, les abus économiques et le harcèlement. Ces mesures visent à éviter que les victimes aient à demander une protection à plusieurs reprises et à permettre une réponse plus continue face aux situations à risque.

Un autre élément de la stratégie concerne l’intervention directe auprès des agresseurs. Le programme Drive, qui travaille depuis dix ans avec des agresseurs à haut risque, est intervenu auprès de près de 7 000 personnes et, selon les données fournies par le Gouvernement, a contribué à la protection d’environ 7 750 victimes adultes et de plus de 14 000 mineurs. Le programme aborde également les facteurs associés aux comportements abusifs, tels que la consommation problématique de drogues et d’alcool, dans le but de réduire la récidive et d’interrompre les schémas de violence.

L’ampleur du problème reste considérable. Les estimations citées par le Gouvernement indiquent qu’environ 900 000 adultes ont subi des agressions sexuelles au cours de l’année écoulée, tandis qu’environ 3,8 millions auraient subi des violences domestiques et 1,4 million du harcèlement. Ces chiffres expliquent la volonté de combiner l’enquête policière, la protection des victimes, la prise en charge des agresseurs et la prévention.

Du point de vue de la sécurité, le changement le plus important réside précisément dans cette combinaison de mesures. La réponse ne se concentre pas uniquement sur l’enquête relative à une infraction après qu’elle a été commise, mais aussi sur l’identification du risque et l’intervention auprès des personnes susceptibles de représenter une menace. Le déploiement d’équipes spécialisées devrait permettre de concentrer les connaissances et les ressources sur des enquêtes particulièrement complexes, tandis que les ordonnances de protection offrent des instruments supplémentaires pour gérer les situations à risque.

Le communiqué souligne également l’importance de la technologie et des données. Le Centre national sur les violences faites aux femmes et aux filles et la protection du public (NCVPP) prévoit de collaborer avec les forces de police afin d’élaborer de nouveaux modèles opérationnels et d’identifier des pratiques permettant d’améliorer la sécurité des victimes et la prise en charge des agresseurs. La surveillance électronique, l’analyse des données et les outils de renseignement de la police font partie de cette approche.

Cependant, les déclarations figurant dans l’annonce insistent que la sécurité ne peut pas reposer exclusivement sur l’intervention de la police. Nour Norris, OBE, proche de Raneem Oudeh et de Khaola Saleem, deux femmes assassinées en 2018, insiste sur l’importance d’agir lorsqu’une victime demande de l’aide et avant que le risque n’atteigne un niveau extrême. Dans le même ordre d’idées, Alexis Bowater, OBE, défend la prévention et l’implication des hommes dans la détection et l’intervention face à des comportements inappropriés.

Le gouvernement britannique s’est fixé pour objectif de réduire de moitié la violence faite aux femmes et aux filles sur une période de dix ans. Pour y parvenir, sa stratégie combine prévention, protection et poursuites. Cela comprend également la présence de spécialistes dans les salles de contrôle du numéro d’urgence 999 ainsi que des opérations en ligne visant à identifier les agresseurs et à lutter contre différentes formes de maltraitance sur Internet.

En définitive, cette annonce représente une accélération du calendrier et un renforcement de la capacité spécialisée des forces de police d’Angleterre et du Pays de Galles. Le principal défi sera de transformer ces mesures en une réponse uniforme et efficace sur le terrain : détecter plus rapidement les situations à risque, protéger les victimes lorsqu’elles demandent de l’aide, surveiller les agresseurs faisant l’objet d’ordonnances de protection et veiller à ce que les enquêtes sur les infractions sexuelles disposent de ressources suffisantes et de l’expertise nécessaire.

_____

Aquest apunt en català / Esta entrada en español / This post in English

England and Wales accelerate police response to rape and violence against women

The UK government has announced a significant acceleration in the deployment of specialist police teams for rape and sex offences in England and Wales. The aim is for all police forces to have these teams before December 2027, bringing forward the initially planned schedule by approximately one year and a half, which placed the full deployment in 2029.

These teams will be responsible for specifically investigating rapes and other sexual offences, supporting victims and survivors, and improving the prosecution of those responsible. According to the UK government, the acceleration responds to the need to strengthen the police response to the extent of violence against women and girls.

The announced package of measures also includes £13.3 million in funding, aimed at supporting up to ten police forces that will establish specialised protection order teams. These units must test new formulas to ensure compliance with these orders and improve the management of offenders who present a high risk.

Protection orders may incorporate measures such as surveillance, electronic tagging, exclusion zones, or the obligation to participate in behaviour change programmes. A notable aspect is that these orders do not necessarily depend on a criminal conviction: courts can impose certain protection measures even when there has been no conviction for a crime.

The Government is also developing new protection orders against domestic violence that cover different forms of abuse, including physical assault, coercive or controlling behaviour, economic abuse and harassment. These measures aim to prevent victims from having to repeatedly request protection and to allow for a more continuous response to risk situations.

Another element of the strategy is direct intervention with the attackers. The Drive programme, which has spent a decade working with high-risk offenders, has intervened with nearly 7,000 people and, according to data provided by the Government, has contributed to the protection of approximately 7,750 adult victims and more than 14,000 minors. The programme also addresses factors associated with abusive behaviour, such as problematic drug and alcohol use, aiming to reduce re-offending and disrupt patterns of violence.

The scale of the problem remains considerable. Estimates cited by the Government indicate that approximately 900,000 adults suffered sexual assaults during the past year, while about 3.8 million had experienced domestic violence and 1.4 million, harassment. These figures explain the desire to combine police investigation, the protection of victims, the management of offenders and prevention.

From a security perspective, the most significant change is precisely this combination of measures. The response does not focus solely on the investigation of a crime after it has occurred, but also on the identification of risk and on intervention regarding individuals who may represent a threat. The deployment of specialised teams should allow for the concentration of knowledge and resources in especially complex investigations, while protection orders offer additional instruments to manage risk situations.

The statement also puts an emphasis on technology and data. The National Centre for Violence against Women and Girls and Public Protection plans to collaborate with law enforcement to develop new operational models and identify practices that improve the safety of victims and the management of perpetrators. Electronic surveillance, data analysis and police intelligence tools are part of this approach.

However, the statements included in the announcement emphasise that security cannot depend exclusively on the police response. Nour Norris OBE, a relative of Raneem Oudeh and Khaola Saleem, two women murdered in 2018, points out the importance of acting when a victim asks for help and before the risk reaches an extreme level. Additionally, Alexis Bowater OBE advocates for prevention and the involvement of men in the detection of and intervention against inappropriate behaviour.

The British Government has set a goal to halve violence against women and girls over a ten-year period. To achieve this, its strategy combines prevention, protection and prosecution. It also includes specialists in the 999 emergency number control rooms and online operations aimed at identifying perpetrators and combating different forms of abuse on the internet.

Ultimately, the announcement represents an acceleration of the schedule and a reinforcement of the specialised capacity of the police in England and Wales. The main challenge will be to turn these measures into a homogeneous and effective response on the ground: detecting risk situations sooner, protecting victims when they ask for help, monitoring offenders subject to protection orders, and ensuring that investigations into sexual offences are carried out with sufficient resources and specialisation.

_____

Aquest apunt en català / Esta entrada en español / Post en français