Au Salvador, 20 000 personnes arrêtées en un mois en pleine guerre contre les maras

Le président du Salvador, Nayib Bukele, a instauré l’état d’urgence en mars dernier pour lutter contre la violence des maras (gangs) et l’a prolongé de 30 jours supplémentaires en avril. La police et l’armée ont arrêté 20 421 personnes soupçonnées d’appartenir aux maras en seulement 33 jours d’état d’urgence et les tribunaux ont placé 9 672 prévenus en détention provisoire. L’état d’urgence permet de placer en garde à vue les détenus jusqu’à 15 jours sans justification, contre 72 heures dans des circonstances normales.

Selon le journal La Razón América, le président salvadorien tente de mettre fin à la vague d’assassinats de ces derniers mois et au contrôle que ces puissantes organisations criminelles, comme la Mara Salvatrucha ou le Barrio 18, exercent dans plusieurs régions de ce petit pays d’Amérique centrale de 6,4 millions d’habitants. L’assassinat de 87 personnes lors du dernier week-end de mars a poussé le président Bukele à agir.

La police et l’armée salvadoriennes ont passé près de deux mois à procéder à des arrestations arbitraires de prétendus terroristes sans mandat et sur la base de soupçons tels que des antécédents judiciaires ou des tatouages de gangs tels que Mara Salvatrucha, Barrio 18 ou d’autres maras. L’explosion du nombre d’homicides au cours des derniers mois est la preuve de l’insécurité croissante dans le pays.

Après les journées les plus violentes qu’ait connues le Salvador depuis la fin de la guerre civile il y a 30 ans (1979-1992), le Congrès salvadorien a donné son feu vert quant à la suspension des droits de la défense, de la liberté d’association et de l’inviolabilité des correspondances sans décision de justice. Les médias salvadoriens et les experts en sécurité expliquent l’augmentation drastique de la violence dans le pays par la rupture d’un pacte secret entre le gouvernement de Bukele et les maras salvadoriennes, dont l’existence a pourtant toujours été niée par le président.

Nayib Bukele est le président le plus soutenu par la population dans la région, avec 76 % d’approbation selon l’institut de sondage M&R Consultores. Il a justifié l’état d’urgence par la présence estimée de 70 000 membres de maras sur le territoire national, qui sont responsables de cette criminalité, et se battent pour le contrôle des opérations d’extorsion et de trafic de drogue.

Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme et Amnesty International pour les Amériques se montrent très préoccupés par les arrestations massives, en particulier dans les zones les plus contrôlées par les maras. Ils dénoncent également le traitement cruel, inhumain et dégradant des suspects entassés dans les prisons délabrées du Salvador.

Pour sa part, Nayib Bukele a rejeté les accusations de ces organisations internationales concernant ces violations présumées des droits de l’homme. Il est même allé jusqu’à déclarer que, si elles défendaient tant les membres des maras, elles devraient les accueillir dans leur pays. Le président tente de justifier l’interdiction des graffitis ou de tout type d’expression visuelle véhiculant explicitement ou implicitement des messages sur les maras qui contrôlent diverses parties du pays. Le syndicat de la police a dénoncé le fait que les chefs de la police exigent de leurs agents des quotas quotidiens d’arrestations dans cette guerre contre les maras.

Amnesty International a une nouvelle fois dénoncé les mesures imposées par le gouvernement salvadorien qui interdisent aux médias de reproduire ou de diffuser au public des messages ou communiqués des maras qui pourraient faire paniquer la population. Cela pourrait conduire à l’emprisonnement de journalistes uniquement pour avoir rendu compte d’activités liées à ces gangs. Amnesty dénonce également les conditions de détention des prisonniers, parfois laissés sans nourriture ni air suffisants, ainsi que la possibilité de condamner des enfants âgés de 12 à 16 ans à des peines allant jusqu’à 10 ans de prison sans avoir le droit à la défense.

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El Salvador’s fight against las maras results in 20,000 arrests in one month

El Salvador’s president, Nayib Bukele, declared a state of emergency in March of this year to combat maras (gang) violence. It was extended for an additional 30 days in April. The police and military have arrested 20,421 suspected maras members in just 33 days since the beginning of the state of emergency. The courts have also remanded 9,672 defendants in custody. The state of emergency allows detainees to be held for up to 15 days without justification, as opposed to the 72-hour limit under normal circumstances.

As reported by the newspaper La Razon America, the Salvadoran president is trying to put an end to the flood of murders in recent months and the control that these powerful criminal gangs, such as Mara Salvatrucha or Barrio 18, exercise in several areas of this small Central American country of 6.4 million inhabitants. The murder of 87 people during the last weekend of March was the last straw for Bukele.

Salvadoran police and military have spent nearly two months arbitrarily arresting “terrorists” without warrants and based on suspicions only. These indications include having a criminal record, tattoos from gangs such as Mara Salvatrucha or Barrio 18, or other marero tattoos. The escalation of homicides in recent months is evidence of growing insecurity in the country.

After the most violent days in El Salvador since the end of the civil war 30 years ago (1979-1992), the Salvadoran Congress gave the go-ahead for the suspension of the right to defence, freedom of association and the inviolability of correspondence without a court order. Salvadoran media and security experts explain the drastic increase in violence in the country by the breakdown of a secret pact between the Bukele government and the Salvadoran maras. However, Bukele has always denied the existence of such an agreement.

Nayib Bukele is the president with the highest popular support in the region, with 76% approval according to M&R Consultores. He justified the state of emergency with the estimated 70,000 members of maras who commit crimes and fight among themselves for control of extortion and drug trafficking operations.

The UN High Commissioner for Human Rights and Amnesty International Americas have shown much concern about mass arrests, especially in the areas most controlled by the maras. They have also condemned the cruel, inhumane and degrading treatment of suspects piled up in El Salvador’s precarious prisons.

Nayib Bukele rejected criticism from these international organisations for alleged human rights violations. He even went so far as to declare that, if they defend the members of the maras so much, they should take them back to their countries. The president is trying to justify the prohibition of graffiti or any other visual expression that explicitly or implicitly conveys messages about the maras that control various areas of the country. The police union has denounced the police chiefs for demanding daily quotas of detainees from their agents in the fight against maras.

Amnesty International has once again rejected the measures imposed by the Salvadoran government that prohibit the media from reproducing and transmitting messages or communiqués from maras that could generate panic in the population. This could lead to imprisonment of journalists solely for reporting on gang-related activities. Amnesty also condemns the fact that prisoners may be held without sufficient food and air and that children between the ages of 12 and 16 may be sentenced to up to 10 years in prison without the right to defence.

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La guerra contra las maras deja 20.000 detenidos en un mes en El Salvador

El presidente de El Salvador, Nayib Bukele, impuso el estado de excepción en marzo de este año para combatir la violencia de las maras y lo amplió 30 días más en abril. La policía y el ejército han detenido a 20.421 presuntos miembros de maras en tan solo 33 días de estado de excepción y los tribunales han decretado prisión preventiva contra 9.672 imputados. El régimen de excepción permite retener a los detenidos hasta 15 días sin justificación, a diferencia de las 72 horas de límite en circunstancias normales.

El presidente salvadoreño, según informa el rotativo La Razon América, intenta poner fin a la ola de asesinatos de los últimos meses y al control que estas poderosas bandas criminales, como la Mara Salvatrucha o Barrio 18, ejercen en varias zonas de este pequeño país centroamericano de 6,4 millones de habitantes. Las 87 personas asesinadas durante el último fin de semana de marzo fue la gota que colmó el vaso de la paciencia de Bukele.

La policía y el ejército salvadoreños han pasado casi dos meses haciendo detenciones arbitrarias a “terroristas” sin orden judicial y basadas en sospechas como tener antecedentes penales o tatuajes de bandas como la Mara Salvatrucha, Barrio 18 o de marero. La escalada de homicidios de los últimos meses ha evidenciado una creciente inseguridad en el país.

Tras las jornadas más violentas en El Salvador desde el fin de la guerra civil hace 30 años (1979-1992), el Congreso salvadoreño dio luz verde a la suspensión del derecho de defensa, la libertad de asociación y la inviolabilidad de la correspondencia sin orden judicial. Los medios salvadoreños y los expertos en seguridad explican el drástico aumento de la violencia en el país por la ruptura de un pacto secreto entre el gobierno de Bukele y las maras salvadoreñas. Sin embargo, Bukele siempre ha negado este acuerdo.

El presidente salvadoreño es el mandatario con mayor apoyo popular de la región, con el 76% de aprobación según M&R Consultores, y ha justificado la aplicación del estado de excepción porque se calcula que existen unos 70.000 miembros de maras que delinquen y luchan por el control de las operaciones de extorsión y narcotráfico.

El Alto Comisionado de la ONU por los Derechos Humanos y Amnistía Internacional para las Américas han mostrado mucha preocupación por las detenciones masivas, especialmente en las zonas más controladas por las maras. Asimismo, han denunciado el trato cruel, inhumano y degradante a los sospechosos apilados en las precarias prisiones salvadoreñas.

Por su parte, Nayib Bukele ha rehusado las críticas de estas organizaciones internacionales por las presuntas violaciones de derechos humanos. Incluso ha llegado a declarar que, si tanto defienden a los miembros de las maras, que se los lleven a sus países. El mandatario trata de justificar la prohibición de grafitis o cualquier expresión visual que explícita o implícitamente transmitan mensajes sobre las maras que controlan varias zonas del país. El sindicato de policía ha denunciado que los jefes policiales exigen cuotas diarias de detenidos a sus agentes en la guerra contra las maras.

Amnistía Internacional ha rehusado una vez más las medidas impuestas por el gobierno salvadoreño que prohíben a los medios de comunicación la reproducción y transmisión a la población de mensajes o comunicados de las maras que puedan generar pánico a la población. Este hecho podría comportar el encarcelamiento de periodistas solo por informar de actividades relacionadas con estas bandas. Igualmente, Amnistía denuncia que los presos puedan estar recluidos sin alimentación ni aire suficientes y el hecho de que niños de entre 12 y 16 años puedan ser condenados a hasta 10 años de prisión sin derecho a defensa.

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La guerra contra les maras deixa 20.000 detinguts en un mes a El Salvador

El president d’El Salvador, Nayib Bukele, va imposar l’estat d’excepció el mes de març d’enguany per combatre la violència de les maras i el va ampliar 30 dies més a l’abril. La policia i l’exèrcit han detingut 20.421 presumptes membres de maras en només 33 dies d’estat d’excepció i els tribunals han decretat presó preventiva contra 9.672 imputats. El règim d’excepció permet retenir els detinguts fins a 15 dies sense justificació, a diferència de les 72 hores de límit en circumstàncies normals.

El president salvadorenc, segons informa el rotatiu La Razon América, intenta posar fi a l’onada d’assassinats dels darrers mesos i al control que aquestes poderoses bandes criminals, com la Mara Salvatrucha o Barrio 18, exerceixen en diverses zones d’aquest petit país centreamericà de 6,4 milions d’habitants. Les 87 persones assassinades durant el darrer cap de setmana de març va ser la gota que va fer vessar el got de la paciència de Bukele.

La policia i l’exèrcit salvadorencs han passat gairebé dos mesos fent detencions arbitràries a “terroristes” sense ordre judicial i basades en sospites com tenir antecedents penals o tatuatges de bandes com la Mara Salvatrucha, Barrio 18 o de marero. L’escalada d’homicidis dels darrers mesos ha evidenciat una creixent inseguretat al país.

Després de les jornades més violentes a El Salvador des de la fi de la guerra civil fa 30 anys (1979-1992), el Congrés salvadorenc va donar llum verda a la suspensió del dret de defensa, la llibertat d’associació i la inviolabilitat de la correspondència sense ordre judicial. Els mitjans salvadorencs i els experts en seguretat expliquen el dràstic augment de la violència al país per la ruptura d’un pacte secret entre el govern de Bukele i les maras salvadorenques. Malgrat tot, Bukele sempre ha negat aquest acord.

El president salvadorenc és el mandatari amb més suport popular de la regió, amb el 76% d’aprovació segons M&R Consultores, i ha justificat l’aplicació de l’estat d’excepció perquè es calcula que hi ha uns 70.000 membres de maras que delinqueixen i lluiten pel control de les operacions d’extorsió i narcotràfic.

L’Alt Comissionat de l’ONU pels Drets Humans i Amnistia Internacional per les Amèriques han mostrat molta preocupació per les detencions massives, especialment a les zones més controlades per les maras. Així mateix, han denunciat el tracte cruel, inhumà i degradant als sospitosos apilats en les precàries presons salvadorenques.

Per la seva part, Nayib Bukele ha refusat les crítiques d’aquestes organitzacions internacionals per les presumptes violacions de drets humans. Fins i tot ha arribat a declarar que, si tant defensen els membres de les maras, que se’ls enduguin als seus països. El mandatari tracta de justificar la prohibició de grafits o qualsevol expressió visual que explícitament o implícita transmetin missatges sobre les maras que controlen diverses zones del país. El sindicat de policia ha denunciat que els caps policials exigeixen quotes diàries de detinguts als seus agents en la guerra contra les maras.

Amnistia Internacional ha refusat un cop més les mesures imposades pel govern salvadorenc que prohibeixen als mitjans de comunicació la reproducció i transmissió a la població de missatges o comunicats de les maras que puguin generar pànic en la població. Aquest fet podria comportar l’empresonament de periodistes només per informar d’activitats relacionades amb aquestes bandes. Igualment, Amnistia denuncia que els presos puguin estar reclosos sense alimentació ni aire suficients i el fet que nens entre 12 i 16 anys puguin ser condemnats a fins a 10 anys de presó sense dret a defensa.

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Journée d’intervention d’Europol contre le trafic de migrants

Un groupe de travail opérationnel (GTO), dirigé par la police fédérale allemande et coordonné par Europol, ciblait certains des passeurs de migrants les plus dangereux de toute l’Union européenne. Le GTO Pathfinder a impliqué les forces de police autrichiennes, allemandes, hongroises, roumaines, serbes et néerlandaises, et a donné lieu à l’ouverture de 39 nouvelles enquêtes. La journée d’intervention a permis l’arrestation de deux cibles de haute importance, 12 perquisitions et la saisie de plus de 80 000 euros en Allemagne et en France.

Les enquêtes menées par le GTO ont jusqu’à présent conduit à :

  • l’arrestation de 8 cibles de haute importance et l’émission de mandats d’arrêt européens contre 3 autres (2 en Autriche, 7 en Allemagne, 1 en Hongrie et 1 en Roumanie) ;
  • 127 arrestations de passeurs (63 en Autriche, 19 en Allemagne, 15 en Hongrie, 25 en Roumanie, 4 aux Pays-Bas et 1 en Serbie) ;
  • la détection de 916 incidents de trafic (600 en Autriche, 262 en Allemagne, 26 en Hongrie, 22 en Roumanie et 6 aux Pays-Bas) ;
  • 151 perquisitions (37 en Autriche, 70 en Allemagne, 17 en Hongrie, 25 en Roumanie et 2 aux Pays-Bas) ;
  • la saisie de divers biens pour une valeur totale d’environ 900 000 euros.

Le GTO Pathfinder, mis en place au sein d’Europol en août 2021 à l’initiative de l’Allemagne, ciblait 14 des passeurs de migrants les plus dangereux actifs dans l’UE. Ces cibles particulièrement importantes pour Europol, principalement des ressortissants syriens, avaient des contacts internationaux dans les pays d’origine, de transit et de destination. Europol a découvert que les suspects étaient déjà liés à plus de 150 enquêtes en consultant ses bases de données.

Depuis le lancement du GTO Pathfinder, les autorités policières nationales ont lancé 39 nouvelles enquêtes à leur encontre. L’une des enquêtes en lien avec l’opération a conduit à l’arrestation d’une des cibles de haute importance par la Garde des finances italienne, en collaboration avec la police albanaise et la police grecque. Une autre enquête a mené à l’arrestation de 18 suspects en Roumanie. Les suspects percevaient entre 4 000 et 10 000 euros pour chaque migrant, malgré leur passage clandestin et leur hébergement dans des conditions extrêmement dégradantes et souvent dangereuses.

Les enquêtes ont révélé que les détenus ont permis le passage clandestin d’au moins 10 000 migrants, principalement d’origine afghane, pakistanaise et syrienne, vers l’UE. Europol a facilité l’échange d’informations et a élaboré un grand nombre de synthèses d’analyses des renseignements, qui aident les autorités nationales à établir des liens entre ces activités criminelles transfrontalières à grande échelle, à en identifier les auteurs et à détecter les activités de trafic en cours.

Les investigations ont permis de découvrir que ces suspects géraient un système de trafic de grande ampleur, avec une logistique, des hébergements et des conditions de voyage qui lui étaient propres. Ils ont utilisé des quais de chargement de camions, des camionnettes et des voitures pour transporter les migrants de la Turquie vers l’Autriche, l’Allemagne et les Pays-Bas en passant par la région des Balkans occidentaux, la Roumanie et la Hongrie. Les paiements étaient principalement réalisés par le biais du système de transfert de fond hawala.

Les suspects faisaient la publicité de leur activité illégale par le biais des réseaux sociaux et tentaient de convaincre les proches des migrants que le passage clandestin était sans danger. Les passeurs doivent généralement instaurer la confiance au sein des communautés de migrants afin de recruter le plus grand nombre de personnes possible.

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Europol action day against migrant smuggling

An operational task force (OTF), directed by the German Federal Police and coordinated by Europol, targeted some of the most dangerous migrant smugglers in the entire European Union. The OTF Pathfinder involved law enforcement authorities from Austria, Germany, Hungary, Romania, Serbia and the Netherlands, resulting in the opening of 39 new investigations. The Action Day resulted in the arrest of two high-value targets, 12 house searches and the seizure of more than 80,000 euros in Germany and France.

Investigations by the operation’s task force have so far led to:

  • 8 high-value targets arrested and 3 subject to a European Arrest Warrant (2 in Austria, 7 in Germany, 1 in Hungary and 1 in Romania)
  • 127 arrests of facilitators (63 in Austria, 19 in Germany, 15 in Hungary, 25 in Romania, 4 in the Netherlands and 1 in Serbia)
  • 916 smuggling incidents detected (600 in Austria, 262 in Germany, 26 in Hungary, 22 in Romania, and 6 in the Netherlands)
  • 151 house searches (37 in Austria, 70 in Germany, 17 in Hungary, 25 in Romania and 2 in the Netherlands)
  • Seizures of various assets for a total value of approximately 900,000 euros

The OTF Pathfinder, set up at Europol in August 2021 and initiated by Germany, targeted some of the most dangerous migrant smugglers active throughout the EU. These Europol high-value targets, primarily Syrian nationals, had global connections to source, transit and destination countries. Europol checked its databases and found that these suspects are already linked to more than 150 investigations.

Since the launch of the OTF Pathfinder, national law enforcement authorities have opened 39 new investigations related to these 14 individuals. One of these connected investigations led to the arrest of one of the high-value targets by the Italian Financial Corps, backed by the Albanian police and the Hellenic police. Another led to the arrest of 18 suspects in Romania. The suspects were paid between 4,000 and 10,000 euros, despite smuggling and housing migrants in extremely poor and often life-threatening conditions.

Investigations revealed that those arrested facilitated the smuggling of at least 10,000 migrants, mainly of Afghan, Pakistani and Syrian origin, into the EU. Europol facilitated the exchange of information and developed a large number of intelligence analysis products, which help national authorities to connect these large-scale cross-border criminal activities, identifying perpetrators and detecting ongoing smuggling activities.

Investigations uncovered that these suspects were managing a large-scale smuggling business, making use of the same logistics, accommodation and travel arrangements. They used loading docks of lorries, closed vans and personal cars to move migrants from Turkey through the Western Balkan region, Romania and Hungary to Austria, Germany and the Netherlands. Payments were mainly made through the so-called hawala financial system.

The suspects used social media platforms to advertise their illegal business and to persuade migrants’ relatives that the smuggling was safe. Typically, facilitators must build trust among migrant communities in order to recruit as many people as possible.

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Jornada de acción de Europol contra el tráfico de inmigrantes

Un grupo de trabajo operativo (OTF), liderado por la Policía Federal Alemana y coordinado por Europol, apuntó contra algunos de los traficantes de inmigrantes más peligrosos de toda la Unión Europea. El OTF Pathfinder implicó a autoridades policiales de Austria, Alemania, Hungría, Rumania, Serbia y los Países Bajos, y dio lugar a la apertura de 39 nuevas investigaciones. La Jornada de Acción provocó la detención de dos objetivos de alto valor, 12 registros domiciliarios y la confiscación de más de 80.000 euros en Alemania y Francia.

Las investigaciones del grupo de trabajo de la operación han comportado hasta ahora:

• 8 objetivos de alto valor arrestados y 3 sometidos a una orden de detención europea (2 en Austria, 7 en Alemania, 1 en Hungría y 1 en Rumania)

127 detenciones de facilitadores (63 en Austria, 19 en Alemania, 15 en Hungría, 25 en Rumania, 4 en los Países Bajos y 1 en Serbia)

• 916 incidentes de contrabando detectados (600 en Austria, 262 en Alemania, 26 en Hungría, 22 en Rumania y 6 en los Países Bajos)

151 registros de domicilios (37 en Austria, 70 en Alemania, 17 en Hungría, 25 en Rumania y 2 en los Países Bajos)

• Embargos de diferentes bienes por un valor total de aproximadamente 900.000 euros

El OTF Pathfinder, creado en Europol en agosto de 2021 e iniciado por Alemania, apuntó contra algunos de los traficantes de inmigrantes más peligrosos activos en toda la UE. Estos objetivos de alto valor de Europol, principalmente nacionales sirios, tenían conexiones globales en los países de origen, de tránsito y de destino. Europol comprobó sus bases de datos y descubrió que estos sospechosos ya están vinculados a más de 150 investigaciones.

Desde el lanzamiento del OTF Pathfinder, las autoridades nacionales de aplicación de la ley han iniciado 39 nuevas investigaciones relacionadas con estas 14 personas. Una de estas investigaciones conectadas condujo a la detención de uno de los objetivos de alto valor por parte del Cuerpo Financiero Italiano, con el apoyo de la policía albanesa y de la policía helénica. Otra investigación provocó la detención de 18 sospechosos en Rumania. Los sospechosos cobraban entre 4.000 y 10.000 euros, a pesar del tráfico y el alojamiento de inmigrantes en condiciones extremadamente pobres y, a menudo, que ponían en peligro su vida.

Las investigaciones revelaron que los detenidos facilitaron el tráfico de al menos 10.000 inmigrantes, que son principalmente de origen afgano, pakistaní y sirio, hacia la UE. Europol facilitó el intercambio de información y elaboró un gran número de productos de análisis de inteligencia, que dan apoyo a las autoridades nacionales para conectar estas actividades delictivas transfronterizas a gran escala, identificar a los autores y detectar actividades de contrabando en curso.

Las investigaciones descubrieron que estos sospechosos gestionaban un negocio de contrabando a gran escala, utilizando la misma logística, alojamiento y condiciones de viaje. Utilizaron muelles de carga de camiones, furgonetas cerradas y coches personales para trasladar a inmigrantes de Turquía a través de la región de los Balcanes occidentales, Rumania y Hungría hacia Austria, Alemania y los Países Bajos. Los pagos se llevaron a cabo principalmente a través del llamado sistema financiero hawala.

Los sospechosos utilizaron las plataformas de redes sociales para anunciar su negocio ilegal y para convencer a los familiares de los inmigrantes de que el tráfico era seguro. Normalmente, los facilitadores tienen que generar confianza entre las comunidades de inmigrantes para reclutar al máximo número de personas posible.

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Jornada d’acció d’Europol contra el tràfic d’immigrants

Un grup de treball operatiu (OTF), liderat per la Policia Federal Alemanya i coordinat per Europol, va apuntar contra alguns dels traficants d’immigrants més perillosos de tota la Unió Europea. L’OTF Pathfinder va implicar autoritats policials d’Àustria, Alemanya, Hongria, Romania, Sèrbia i els Països Baixos, i va donar lloc a l’obertura de 39 noves investigacions. La Jornada d’Acció  va provocar la detenció de dos objectius d’alt valor, 12 escorcolls domiciliaris i la confiscació de més de 80.000 euros a Alemanya i França.

Les investigacions del grup de treball de l’operació han portat fins ara a:

• 8 objectius d’alt valor arrestats i 3 sotmesos a una ordre de detenció europea (2 a Àustria, 7 a Alemanya, 1 a Hongria i 1 a Romania)

127 detencions de facilitadors (63 a Àustria, 19 a Alemanya, 15 a Hongria, 25 a Romania, 4 als Països Baixos i 1 a Sèrbia)

• 916 incidents de contraban detectats (600 a Àustria, 262 a Alemanya, 26 a Hongria, 22 a Romania i 6 als Països Baixos)

151 escorcolls de domicilis (37 a Àustria, 70 a Alemanya, 17 a Hongria, 25 a Romania i 2 als Països Baixos)

• Embargaments de diferents béns per un valor total d’aproximadament  900.000 euros

L’OTF Pathfinder, creat a Europol l’agost de 2021 i iniciat per Alemanya, va apuntar contra alguns dels traficants d’immigrants més perillosos actius a tota la UE. Aquests objectius d’alt valor d’Europol, principalment nacionals sirians, tenien connexions globals als països d’origen, de trànsit i de destinació. Europol va comprovar les seves bases de dades i va descobrir que aquests sospitosos ja estan vinculats a més de 150 investigacions.

Des del llançament de l’OTF Pathfinder, les autoritats nacionals d’aplicació de la llei han iniciat 39 noves investigacions relacionades amb aquestes 14 persones. Una d’aquestes investigacions connectades va conduir a la detenció d’un dels objectius d’alt valor per part del Cos Financer Italià, amb el suport de la policia albanesa i de la policia hel·lènica. Una altra va provocar la detenció de 18 sospitosos a Romania. Els sospitosos cobraven entre 4.000 i 10.000 euros, malgrat el tràfic i l’allotjament d’immigrants en condicions extremadament pobres i, sovint, que posaven en perill la seva vida.

Les investigacions van revelar que els detinguts van facilitar el tràfic d’almenys 10.000 immigrants, que són principalment d’origen afganès, pakistanès i sirià, cap a la UE. Europol va facilitar l’intercanvi d’informació i va elaborar un gran nombre de productes d’anàlisi d’intel·ligència, que donen suport a les autoritats nacionals per connectar aquestes activitats delictives transfrontereres a gran escala, identificar els autors i detectar activitats de contraban en curs.

Les investigacions van descobrir que aquests sospitosos gestionaven un negoci de contraban a gran escala, fent ús de la mateixa logística, allotjament i condicions de viatge. Van utilitzar molls de càrrega de camions, furgonetes tancades i cotxes personals per traslladar immigrants de Turquia a través de la regió dels Balcans occidentals, Romania i Hongria cap a Àustria, Alemanya i els Països Baixos. Els pagaments es van fer principalment a través de l’anomenat sistema financer hawala.

Els sospitosos van utilitzar les plataformes de xarxes socials per anunciar el seu negoci il·legal i per convèncer els familiars dels immigrants que el tràfic era segur. Normalment, els facilitadors han de generar confiança entre les comunitats d’immigrants per reclutar el màxim nombre de persones possible.

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Le contrôle à distance des écrans tactiles, la nouvelle cyberattaque

Comme rapporté dans un article publié sur le site thehackernews.com, des chercheurs ont expliqué ce qu’ils ont appelé la première attaque active sans contact contre tout type d’écrans tactiles.

Selon les recherches menées par un groupe d’universitaires de l’Université du Zhejiang et de l’Université de technologie de Darmstadt dans le cadre d’un nouveau rapport de recherche, le toucher fantôme ou GhostTouch utilise les interférences électromagnétiques pour introduire de faux points tactiles dans un écran tactile sans contact physique.

L’idée de base est d’exploiter des signaux électromagnétiques afin d’exécuter des mouvements tactiles basiques, tels que des touchers et des balayages à des endroits spécifiques de l’écran tactile, dans l’objectif d’en prendre le contrôle à distance et de manipuler le dispositif sous-jacent.

L’attaque, qui fonctionne à une distance allant jusqu’à 40 mm, repose sur le fait que les écrans tactiles sont sensibles aux interférences électromagnétiques. Les attaquants en profitent pour injecter des signaux électromagnétiques dans des électrodes transparentes, intégrées à l’écran tactile, pour que ces signaux soient enregistrés comme des mouvements tactiles.

Le dispositif expérimental utilise un pistolet électrostatique pour générer un signal d’impulsion, qui est ensuite envoyé à une antenne afin de transmettre un champ électromagnétique sur l’écran tactile du téléphone. Les électrodes, agissant comme des antennes, captent alors les interférences électromagnétiques.

Cela peut être réglé plus précisément en sélectionnant le signal et l’antenne pour induire divers comportements tactiles, comme maintenir appuyé ou glisser pour sélectionner, selon le modèle de l’appareil.

Dans un scénario réel, les attaquants pourraient agir de différentes façons, comme glisser vers le haut pour déverrouiller un téléphone, se connecter à un réseau Wi-Fi, cliquer furtivement sur un lien malveillant contenant un malware, et même répondre à un appel téléphonique sur le mobile de la victime.

Dans des lieux tels qu’un café, une bibliothèque, une salle de réunion ou une salle de conférence, les chercheurs recommandent à tout un chacun de poser son smartphone face cachée. Cependant, un attaquant peut intégrer le dispositif d’attaque sous la table et lancer des attaques à distance.

Neuf modèles de smartphone différents se sont révélés vulnérables au GhostTouch : Galaxy A10s, Huawei P30 Lite, Honor View 10, Galaxy S20 FE 5G, Nexus 5X, Redmi Note 9S, Nokia 7.2, Redmi 8 et un iPhone SE (2020), ce dernier ayant été utilisé pour établir une connexion Bluetooth malveillante.

Pour contrer cette menace, les chercheurs conseillent d’ajouter un blindage électromagnétique afin de bloquer les interférences électromagnétiques, d’améliorer l’algorithme de détection de l’écran tactile et de régler le téléphone pour que les actions à haut risque requièrent la saisie du code PIN, ou la reconnaissance du visage ou des empreintes digitales de l’utilisateur.

Le GhostTouch contrôle le signal électromagnétique en champ proche, le façonne et injecte des mouvements tactiles dans la zone cible de l’écran tactile sans toucher ni accéder physiquement à l’appareil de la victime, expliquent les chercheurs.

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Remote control of touch screens – the new cyberattack

As explained in an article published on the website thehackernews.com, researchers have demonstrated what they call the first active contactless attack against all types of touch screens.

According to research by a group of academics from Zhejiang University and the Technical University of Darmstadt in a new research paper, GhostTouch uses electromagnetic interference (EMI) to inject fake touch points into a touchscreen without the need to physically touch it.

The basic idea is to harness electromagnetic signals to execute basic touch events, such as taps and swipes to specific locations on the touch screen with the goal of taking over remote control and manipulating the underlying device.

The attack, which works from a distance of up to 40 mm, is based on the fact that touch screens are sensitive to EMI, which is exploited to inject electromagnetic signals into transparent electrodes that are incorporated into the touch screen to register them as touch events.

The experimental setup involves an electrostatic gun to generate a pulse signal that is then sent to an antenna to transmit an electromagnetic field on the phone’s touch screen, which causes electrodes, acting as antennas, to pick up the EMI.

This can be further adjusted by selecting the signal and antenna to induce a variety of touch behaviours, such as press and hold and swipe to select, depending on the device model.

In a real-world scenario, this could occur in a variety of ways, such as swiping up to unlock a phone, connecting to a Wi-Fi network, stealthily clicking on a malicious link containing malware, and even answering a phone call on the victim’s mobile phone.

In places such as a cafe, library, meeting room or conference lobbies, people should put the smartphone face down on the table, the researchers explained. However, an attacker can embed the attack equipment under the table and launch attacks remotely.

Up to nine different smartphone models have been found vulnerable to GhostTouch: Galaxy A10s, Huawei P30 Lite, Honor View 10, Galaxy S20 FE 5G, Nexus 5X, Redmi Note 9S, Nokia 7.2, Redmi 8 and an iPhone SE (2020), the last of which was used to establish a malicious Bluetooth connection.

To counter the threat, the researchers recommend adding electromagnetic shielding to block EMI, improving the touchscreen detection algorithm, and asking users to enter the phone’s PIN or verify their faces or fingerprints before carrying out high-risk actions.

GhostTouch controls and shapes the near-field electromagnetic signal and injects touch events into the targeted area of the touchscreen without the need to physically touch or access the victim’s device, researchers explain.

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