Août

Merci à tous pour votre collaboration. Nous nous revoyons le 7 septembre. Bonnes vacances!

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Le secteur de l’hôtellerie renforce la sécurité pour prévenir la violence à l’égard des femmes et des filles

Le Gouvernement du Royaume-Uni et les principaux représentants du secteur de l’hôtellerie, du tourisme et des loisirs nocturnes ont entamé une nouvelle phase de collaboration visant à renforcer la sécurité des clients et des salariés, en particulier dans la prévention de la violence à l’égard des femmes et des filles. Cette initiative souligne le rôle essentiel que peuvent jouer les hôtels, les hébergements touristiques, les bars, les restaurants et les établissements de loisirs en tant qu’espaces sûrs et premiers maillons de détection des situations à risque.

Lors d’une réunion tenue à Downing Street avec des représentants du gouvernement, des entreprises et des entités spécialisées, il a été convenu de déployer de nouvelles mesures pour améliorer les protocoles de sécurité existants et établir un cadre de collaboration permanent entre les administrations publiques et le secteur privé. L’objectif est de réduire les possibilités d’action des agresseurs, tant à l’intérieur qu’aux abords des établissements, tout en dotant les professionnels des outils nécessaires pour identifier et gérer les situations de vulnérabilité.

L’une des principales nouveautés concerne la mise à jour du protocole de sécurité destiné à la clientèle, élaboré par UKHospitality, l’organisation représentative du secteur. Actuellement en consultation, ce document intégrera des recommandations portant sur des aspects particulièrement sensibles, tels que les procédures d’accès aux chambres d’hôtel, la protection de la vie privée des clients, la gestion des clés et des cartes d’accès, ainsi que les responsabilités du personnel en cas d’incidents.

Le nouveau protocole renforcera également la formation des salariés afin qu’ils soient en mesure de détecter les signes de risque, d’identifier les victimes potentielles de violences ou d’exploitation et d’intervenir selon des procédures claires et coordonnées. Cette formation sera complétée par l’accompagnement d’organisations spécialisées, qui conseilleront les entreprises sur l’identification, le signalement et la prise en charge des situations de maltraitance.

Cette approche met en évidence un aspect de plus en plus important de la sécurité des entreprises : la prévention. La sécurité dans le secteur de l’hôtellerie ne se limite plus uniquement au contrôle d’accès, à la vidéoprotection ou à la réponse aux urgences, mais intègre une dimension humaine basée sur la détection précoce, la protection des personnes vulnérables et la coordination avec les services publics et les entités sociales.

L’initiative vise également à consolider et à pérenniser plusieurs programmes qui ont déjà fait leurs preuves au Royaume-Uni. Parmi eux figurent « Ask Angela », qui permet aux personnes se sentant menacées dans un établissement de demander de l’aide de manière discrète ; « Best Bar None »,

qui favorise des normes élevées en matière de sécurité et de qualité ; « Pubwatch », qui encourage la coopération entre les établissements et les forces de police afin de prévenir les incidents ; et « Purple Flag », un dispositif de certification récompensant les villes proposant une offre nocturne sûre et bien encadrée.

Les données qui motivent cette initiative sont préoccupantes. Selon les chiffres officiels du Royaume-Uni, au cours de l’année achevée en mars 2025, environ 5,1 millions de personnes ont été victimes de violences domestiques, d’agressions sexuelles ou de harcèlement, un chiffre qui représente plus de 10 % de la population adulte. Face à ce constat, le Gouvernement britannique a fait de la lutte contre les violences à l’égard des femmes et des filles l’une de ses priorités. Il prévoit d’y consacrer un investissement de 550 millions de livres sur les trois prochaines années destiné à renforcer l’accompagnement des victimes, avec pour objectif de réduire de moitié ce type de violences d’ici dix ans.

L’implication du secteur touristique revêt une importance particulière, car il constitue un pilier majeur de l’économie britannique et emploie plus d’un million de personnes, dont une forte proportion de femmes. Les hôtels, les hébergements touristiques et les établissements de restauration occupent ainsi une position stratégique, tant pour prévenir les situations à risque que pour apporter une réponse rapide et efficace lorsqu’un cas potentiel de violence est détecté.

Du point de vue des professionnels de la sécurité, cette initiative illustre l’importance d’une approche globale dédiée à la protection des personnes. L’association de protocoles opérationnels, d’une formation spécialisée, d’une coordination institutionnelle et de la sensibilisation du personnel contribue à créer des environnements plus sûrs et plus résilients. Au-delà des dispositifs technologiques, la culture de la prévention et la capacité d’intervention des équipes deviennent des leviers essentiels pour réduire les risques et protéger les victimes.

En définitive, cette collaboration entre l’administration publique, le secteur privé et les organisations spécialisées marque une étape importante vers un modèle de sécurité plus préventif, plus participatif et davantage centré sur les personnes. L’expérience britannique pourrait servir de référence pour d’autres pays ainsi que pour les professionnels de la sécurité souhaitant intégrer de nouvelles stratégies de prévention dans les lieux accueillant un public nombreux.

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État de la sécurité des citoyens en Bulgarie

La sécurité des citoyens en Bulgarie est globalement considérée comme satisfaisante et comparable à celle des autres États membres de l’Union européenne, même si le pays reste confronté à certains défis liés à la délinquance contre les biens, à la corruption et à la criminalité organisée. Ces dernières années, les autorités bulgares ont mis en œuvre diverses mesures pour renforcer la sécurité publique, moderniser les forces de police et accroître la coopération avec d’autres États européens.

La majorité des délits enregistrés dans le pays concerne les cambriolages, les vols, les atteintes aux biens et les fraudes économiques. Les crimes violents, tels que les homicides ou les vols à main armée, ont une incidence relativement faible par rapport à d’autres pays européens. Selon les données récentes du ministère de l’Intérieur, le nombre total de délits recensés a diminué au cours des dernières années, tandis que le taux d’élucidation des affaires par la police a légèrement progressé, traduisant une amélioration de l’efficacité des services de sécurité.

Les principales villes, en particulier Sofia, Plovdiv, Varna et Bourgas, concentrent une part importante de la criminalité ordinaire. Les vols à la tire, les vols de portefeuilles et les escroqueries visant les touristes sont les incidents les plus courants, en particulier dans les zones très fréquentées, les gares et les destinations touristiques pendant la haute saison. Pour cette raison, les autorités recommandent surveiller ses effets personnels et d’éviter d’exhiber des objets de valeur dans les espaces publics.

La lutte contre la corruption et la criminalité organisée reste l’un des principaux défis auxquels la Bulgarie est confrontée. Malgré les progrès accomplis depuis l’adhésion du pays à l’Union européenne en 2007, plusieurs organisations internationales estiment que des réseaux criminels restent actifs dans des domaines tels que le trafic de drogues, la contrebande, le blanchiment de capitaux et la corruption administrative. Ces activités affectent surtout le domaine économique et institutionnel plutôt que la sécurité quotidienne de la population.

En ce qui concerne le ressenti de la population, la Bulgarie affiche un niveau de sécurité perçu relativement élevé. Plusieurs enquêtes montrent que la majorité des habitants se sentent en sécurité lorsqu’ils se déplacent seuls en journée, même si le sentiment d’insécurité augmente légèrement pendant la nuit. Les principales préoccupations des citoyens concernent davantage la corruption, les atteintes aux biens et le trafic de drogues que les violences physiques.

Les institutions bulgares coopèrent étroitement avec des organismes européens tels qu’Europol et Frontex afin de lutter contre la criminalité transfrontalière, une priorité renforcée par la position géographique stratégique du pays, à la jonction entre l’Europe et l’Asie. Cette coopération est

particulièrement importante dans la lutte contre la traite des êtres humains, la contrebande et l’immigration irrégulière.

Sur le plan statistique, la Bulgarie dispose d’un système officiel de collecte de données sur la criminalité, les personnes mises en cause et les condamnations, administré par l’Institut national de la statistique. Ces données permettent de suivre l’évolution des différentes formes de délinquance et servent de fondement à l’élaboration des politiques publiques de prévention et de sécurité.

En conclusion, la Bulgarie offre un niveau de sécurité des citoyens globalement satisfaisant, tant pour ses habitants que pour les visiteurs. Si des problèmes structurels liés à la corruption et à la criminalité organisée subsistent, la criminalité violente reste relativement faible et les autorités poursuivent le renforcement des dispositifs de prévention, d’enquête et de coopération internationale. Pour les touristes comme pour les résidents, les principaux risques restent les vols opportunistes et les escroqueries occasionnelles, auxquels il est possible de se prémunir en adoptant des mesures de vigilance élémentaires.

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Mesures de déjudiciarisation précoce pour les mineurs : une stratégie pour réduire la délinquance et renforcer la sécurité

Les dernières données publiées par le Youth Justice Board d’Angleterre et du Pays de Galles montrent que les mesures de déjudiciarisation précoce (diversion) se sont imposées comme un outil efficace pour réduire la récidive chez les jeunes et améliorer la sécurité des communautés. Loin d’être un dispositif expérimental, cette approche de la délinquance juvénile fait désormais partie intégrante du fonctionnement des services de justice pénale des mineurs et de leurs partenaires institutionnels.

Les mesures de déjudiciarisation précoce consistent à intervenir dès la première infraction commise par un mineur afin d’éviter, dans la mesure du possible, son entrée dans le système pénal formel. Plutôt que de privilégier la sanction, les professionnels s’attachent à identifier les facteurs ayant favorisé un comportement délictueux – tels que les problèmes familiaux, l’absentéisme scolaire, les difficultés de santé mentale ou l’exclusion sociale – et à proposer des réponses éducatives, restauratives ainsi qu’un accompagnement adapté. L’objectif n’est pas d’exonérer les jeunes de leurs responsabilités, mais de prévenir la récidive et de limiter le risque qu’ils ne s’engagent dans une délinquance plus grave.

Les données pour l’année 2025 indiquent qu’environ 13 500 interventions prises en charge par les services de justice pénale des mineurs ont été traitées au moyen de dispositifs de déjudiciarisation précoce, soit 43 % de l’ensemble des cas suivis par ces services. Les auteurs de l’étude précisent toutefois que ce chiffre est, en réalité, sous-estimé, puisqu’il n’inclut pas les mesures de déjudiciarisation mises en œuvre exclusivement par les services de police ou d’autres organismes locaux.

Diverses études internationales s’accordent à dire que l’intervention du système pénal auprès des mineurs, surtout lorsqu’elle se produit aux premiers stades, peut augmenter les risques de récidive. En revanche, des programmes de déjudiciarisation bien conçus obtiennent de meilleurs résultats, tant en matière de prévention des nouvelles infractions que de réduction de la pression exercée sur les ressources policières, judiciaires et pénitentiaires. Ces constats renforcent l’idée qu’une politique de sécurité efficace ne repose pas uniquement sur la réponse répressive, mais également sur la prévention et l’intervention précoce.

Le rapport souligne également que le dispositif de déjudiciarisation fonctionne désormais à grande échelle. Si les niveaux actuels sont maintenus, près de 50 000 jeunes devraient bénéficier de ces mesures au cours des trois prochaines années. Ce volume témoigne de la place centrale qu’occupe aujourd’hui la déjudiciarisation précoce dans les politiques publiques de sécurité et dans le système de justice pénale des mineurs, grâce à une

coopération étroite entre les services sociaux, la police, les administrations locales, le système éducatif et les organisations du secteur associatif.

Malgré ces résultats encourageants, les données mettent également en évidence d’importantes disparités territoriales. Alors qu’au Pays de Galles 63 % des résolutions relèvent de la déjudiciarisation précoce, cette proportion tombe à 17 % à Londres. Ces variations s’expliquent en partie par les différences entre les modèles de police, la nature des infractions ou les politiques locales, mais ils traduisent également un manque d’harmonisation susceptible de créer des inégalités d’accès à ces dispositifs.

Le rapport analyse également les différences selon l’origine ethnique des mineurs. Les jeunes Blancs ont une probabilité nettement plus élevée de bénéficier d’une mesure de déjudiciarisation précoce que les jeunes Noirs (53 % contre 27 %). Bien qu’une partie de cet écart s’explique par des facteurs territoriaux, les auteurs reconnaissent que cette explication n’est pas suffisante. Ils rappellent ainsi le principe formulé il y a plusieurs années par David Lammy : lorsque des inégalités apparaissent dans le système judiciaire, elles doivent pouvoir être justifiées par des données objectives ou, à défaut, conduire à des réformes destinées à les corriger.

Afin de renforcer l’équité du dispositif, le Youth Justice Board met en œuvre plusieurs initiatives visant à améliorer la qualité des décisions prises par les professionnels. Parmi elles figurent une plateforme de travail collaborative réunissant la police et les services de justice des mineurs afin de diffuser les bonnes pratiques, ainsi qu’un outil d’évaluation standardisé permettant d’apprécier de manière objective les besoins, les ressources et les facteurs de risque propres à chaque jeune, tout en limitant l’influence de biais subjectifs.

Le document conclut que les mesures de déjudiciarisation précoce constituent un véritable investissement en faveur de la sécurité publique. Intervenir avant que les difficultés ne s’aggravent permet de réduire la récidive, de mieux protéger les victimes, de favoriser la réinsertion des jeunes et d’optimiser l’utilisation des ressources publiques. De même, le récent Livre blanc du Gouvernement britannique consacré au système de justice des mineurs confirme d’ailleurs cette orientation stratégique en faisant de la prévention et de l’intervention précoce les piliers des futures politiques publiques.

En définitive, l’expérience de l’Angleterre et du Pays de Galles montre que la sécurité ne dépend pas uniquement de la capacité à sanctionner, mais aussi de la capacité à prévenir. Miser sur des interventions fondées sur les données probantes, coordonnées entre les différentes institutions et centrées sur les besoins des jeunes permet de lutter plus efficacement contre la délinquance tout en renforçant durablement la sécurité des communautés.

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Mondial 2026 : les nouveaux risques de criminalité financière liés aux paris sportifs

La Coupe du monde de football 2026 n’est pas seulement l’un des événements sportifs les plus suivis de la planète, elle est aussi devenue l’une des cibles privilégiées des organisations criminelles. Le volume considérable de paris qu’elle génère, conjugué à l’essor des marchés de prédiction fondés sur les cryptomonnaies, ouvre de nouvelles possibilités pour le crime organisé en matière de blanchiment de capitaux, de manipulation des marchés et d’exploitation des difficultés rencontrées par les autorités de régulation.

Traditionnellement, les paris illégaux constituent un vecteur de blanchiment de fonds issus d’activités criminelles. Le mécanisme est simple : des capitaux d’origine illicite sont déposés sur des plateformes de paris, puis, après une série d’opérations, les gains sont retirés sous l’apparence de revenus légitimes. Les réseaux criminels les plus sophistiqués recourent à une multitude de comptes et répartissent leurs mises sur différents résultats afin de limiter les pertes et de donner une apparence de légalité à leurs fonds.

L’émergence des prediction markets, ou marchés de prédiction, ajoute une nouvelle dimension au problème. Contrairement aux opérateurs de paris traditionnels, ces plateformes fonctionnent comme des marchés où les utilisateurs achètent et vendent des positions sur le résultat d’un événement, souvent au moyen de cryptomonnaies. Cette architecture favorise les transactions internationales quasi instantanées et complique le suivi des flux financiers par les autorités.

Au-delà du risque de blanchiment de capitaux, ces marchés présentent d’autres vulnérabilités majeures. L’une concerne l’utilisation d’informations privilégiées : des personnes disposant d’un accès anticipé à des données sensibles – blessures de joueurs, compositions d’équipe ou décisions arbitrales – peuvent en tirer un avantage financier avant leur divulgation au public. L’autre réside dans la manipulation des compétitions sportives, notamment par le spot-fixing, qui consiste à influencer des actions précises d’un match (cartons jaunes, corners ou penalties), sans nécessairement modifier son résultat final.

Selon plusieurs organisations internationales, les sommes qui transitent chaque année par les marchés illégaux des paris sportifs sont colossales et continuent de progresser. L’augmentation des paris en ligne, en particulier dans les économies émergentes, associé à l’usage généralisé des portefeuilles électroniques, des paiements mobiles et des cryptomonnaies, a donné naissance à une infrastructure financière très fragmentée. Cette fragmentation rend difficile pour une seule autorité de reconstituer l’ensemble du parcours des fonds, surtout lorsque les transactions traversent plusieurs juridictions.

Les cryptomonnaies ajoutent un degré supplémentaire de complexité, mais elles offrent également une certaine transparence. Toutes les transactions sont enregistrées sur la chaîne de blocs (blockchain), ce qui permet aux enquêteurs d’analyser les mouvements de capitaux. En revanche, l’identification des véritables détenteurs des portefeuilles numériques demeure l’un des principaux défis, notamment lorsque les utilisateurs multiplient les adresses, recourent à des services d’intermédiation ou utilisent des plateformes établies dans des pays où la réglementation est peu contraignante.

Cette situation met également en lumière une autre difficulté : l’absence d’harmonisation des cadres réglementaires. Certains pays considèrent les marchés de prédiction comme des instruments financiers, tandis que d’autres les assimilent aux jeux d’argent ou ne disposent toujours pas d’un cadre juridique spécifique. Cette diversité réglementaire permet aux plateformes d’opérer à l’échelle internationale en tirant parti des disparités législatives et complique la coopération entre les organismes de supervision.

Pour les professionnels de la sécurité et de la lutte contre la criminalité financière, la prévention de ces risques exige une approche multidisciplinaire. Il ne suffit plus de protéger l’intégrité des compétitions sportives ; il est également indispensable de renforcer les dispositifs de lutte contre le blanchiment de capitaux (AML), d’améliorer les procédures de connaissance du client (KYC), de développer les capacités d’analyse des transactions sur la blockchain et de favoriser le partage d’informations entre autorités de régulation, établissements financiers, plateformes technologiques et forces de sécurité.

En définitive, la Coupe du Monde de 2026 représente bien plus qu’une compétition sportive. Elle constitue aussi un test de la capacité des dispositifs de surveillance à s’adapter à un écosystème financier toujours plus numérique, mondialisé et décentralisé. L’évolution des paris sportifs et des marchés de prédiction montre que la criminalité financière innove en permanence ; les mécanismes de contrôle devront donc évoluer au même rythme s’ils veulent continuer à préserver l’intégrité du système financier et du sport

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L’opportunisme criminel : comment les réseaux de criminalité organisée évoluent au sein de l’Union européenne

Le dernier rapport d’Europol, « Décoder les réseaux criminels les plus menaçants de l’UE : Numéro 2 – Le modèle de l’opportunisme criminel », publié en juin 2026, dresse un état des lieux actualisé de la criminalité organisée dans l’Union européenne mettant en lumière une réalité de plus en plus manifeste : les organisations criminelles ne se contentent pas de résister à la pression policière, elles évoluent en permanence en tirant parti des opportunités offertes par les environnements numérique, financier et géopolitique.

L’une des données les plus marquantes est que 76 % des 821 réseaux criminels à haut risque recensés par Europol en 2024 ne figurent plus aujourd’hui parmi les plus dangereux. Ce résultat est le fruit de nombreuses opérations coordonnées entre les forces de police européennes, basées sur le renseignement criminel, les enquêtes financières et la coopération internationale. Dans de nombreux cas, les organisations ont été démantelées, tandis que dans d’autres, elles se sont fragmentées, ont modifié leur structure ou ont perdu une partie de leurs capacités opérationnelles.

Ces résultats encourageants masquent toutefois une réalité plus préoccupante. Le rapport identifie 198 réseaux criminels toujours actifs qui comptent parmi les plus solides, les plus hiérarchisés et les plus difficiles à neutraliser. De plus, durant cette même période, 533 nouveaux réseaux sont apparus, illustrant l’extraordinaire capacité d’adaptation de la criminalité organisée. Lorsqu’une organisation disparaît, d’autres émergent rapidement pour occuper l’espace laissé vacant.

Europol souligne que ces réseaux n’agissent pas de manière isolée. Ils s’inscrivent dans un véritable écosystème criminel, où différents groupes coopèrent, partagent des ressources, des services spécialisés, des compétences et des contacts. Cette forte interconnexion renforce leur résilience et leur permet de réagir rapidement à toute action policière.

Le rapport met aussi en évidence la transformation technologique de la criminalité organisée. Les organisations criminelles ont de plus en plus recours aux plateformes numériques, aux applications de communication chiffrée, aux services en ligne et aux outils fondés sur l’intelligence artificielle pour étendre leurs activités, attirer des victimes, automatiser les processus et réduire le risque de détection. Ce phénomène démontre que la numérisation représente une opportunité tant pour la société que pour les criminels.

Sur le plan économique, les réseaux criminels exploitent les failles des systèmes financiers pour dissimuler les revenus issus de leurs activités illicites. L’utilisation de cryptomonnaies, de techniques sophistiquées de blanchiment de capitaux et d’entreprises en apparence légitimes facilite les transferts de fonds

entre pays ainsi que le réinvestissement des profits dans de nouvelles activités criminelles. Cette professionnalisation rend les enquêtes de plus en plus complexes et impose une coopération étroite entre les services de police, les autorités judiciaires et les organismes financiers.

Selon Europol, les réseaux analysés regroupent plus de 400 000 membres de 118 nationalités différentes et exercent des activités criminelles très diverses. Parmi les plus répandues figurent le trafic de drogues, la cybercriminalité, la traite des êtres humains, la fraude financière, l’exploitation de la main-d’œuvre et d’autres formes de criminalité grave, souvent à dimension internationale.

Les responsables d’Europol estiment que les résultats obtenus jusqu’à présent démontrent l’efficacité de la coopération policière européenne, mais rappellent que la lutte contre la criminalité organisée ne peut se limiter à l’arrestation des délinquants. Elle exige une réponse globale associant les administrations publiques, le secteur privé, les entreprises technologiques, les institutions financières et les citoyens. La prévention, l’échange d’informations et l’innovation constituent des éléments essentiels pour réduire les opportunités dont profitent ces organisations.

Une autre constatation pertinente est que les groupes criminels font preuve d’un opportunisme remarquable. Toute crise économique, tout conflit international, toute avancée technologique ou toute évolution réglementaire peut devenir une nouvelle source de commerce illicite. Cette capacité d’adaptation oblige les autorités à anticiper les risques, à renforcer le renseignement stratégique et à investir dans de nouveaux outils d’analyse et d’investigation.

En définitive, le rapport d’Europol transmet un double message. D’une part, il confirme que la coopération internationale et les enquêtes coordonnées produisent des résultats concrets et permettent de démanteler un grand nombre des réseaux criminels les plus dangereux. D’autre part, il alerte sur la rapidité avec laquelle la criminalité organisée se réinvente en exploitant les opportunités offertes par la transformation numérique, la mondialisation et la complexité croissante des systèmes financiers.

Pour le secteur de la sécurité, ce rapport constitue une référence incontournable. Au-delà des chiffres, il montre que l’avenir de la lutte contre la criminalité organisée reposera sur la capacité à associer technologie, coopération internationale, renseignement criminel et mobilisation active de l’ensemble des acteurs de la société. C’est à cette condition qu’il sera possible de réduire la résilience des réseaux criminels et de mieux protéger les citoyens ainsi que les institutions européennes.

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L’augmentation des SUV et des pickups : un défi croissant pour la sécurité des piétons aux États-Unis

Au cours d’une grande partie du XXe siècle et des premières années du XXIe siècle, les routes des États-Unis sont devenues progressivement plus sûres pour les piétons. Cette tendance s’est toutefois inversée aux alentours de 2009. Depuis lors, le nombre de piétons tués dans des accidents de la route a augmenté d’environ 75 %, une évolution qui suscite de vives inquiétudes parmi les chercheurs spécialisés en sécurité routière et les administrations publiques.

Plusieurs facteurs ont été avancés pour expliquer cette hausse, notamment la distraction liée à l’utilisation des téléphones portables, la conduite sous l’emprise de l’alcool ou encore l’augmentation globale du trafic. Cependant, une enquête basée sur des registres fédéraux et des données de l’industrie automobile met en évidence un élément souvent négligé : la croissance constante de la taille des véhicules, en particulier des SUV et des pickups.

Selon cette analyse, les véhicules actuels sont nettement plus imposants et plus hauts qu’il y a une vingtaine d’années. Ce changement ne relève pas uniquement de considérations esthétiques ou de confort : il a également des conséquences directes sur la sécurité des piétons. Les chercheurs estiment qu’entre 200 et 400 décès annuels pourraient être liés à cette augmentation des dimensions des véhicules. Dans l’ensemble, cela représenterait environ 10 % de la hausse récente de la mortalité des piétons.

Les experts avancent deux principales raisons pour expliquer pourquoi les grands véhicules sont plus dangereux. La première concerne la hauteur du capot. Sur les voitures classiques, un choc se produit généralement au niveau des jambes, ce qui projette souvent le corps du piéton sur le capot. Les SUV et les pickups, en revanche, sont dotés d’un capot beaucoup plus haut, qui percute directement le torse, voire la tête du piéton. Ce type d’impact entraîne des blessures beaucoup plus graves et accroît le risque que la victime soit entraînée sous le véhicule ou écrasée par ses roues.

La seconde cause concerne la réduction de la visibilité. Avec l’augmentation de la taille des véhicules, leurs angles morts se sont également élargis. Des essais réalisés à l’aide de scanners tridimensionnels sur plusieurs modèles très populaires en Amérique du Nord montrent que les zones échappant à la vision directe du conducteur sont aujourd’hui bien plus importantes que sur les modèles équivalents des années 1990 ou du début des années 2000. Cette évolution complique la détection des piétons, en particulier des enfants, des personnes de petite taille ou de toute personne se trouvant à proximité immédiate du véhicule.

Plusieurs cas réels décrits dans l’étude illustrent les conséquences de cette problématique. Dans certains accidents mortels, les conducteurs ont affirmé ne pas avoir vu la victime avant l’impact. Les reconstitutions ont ensuite montré

que certains éléments de la structure du véhicule, tels que le capot surélevé, les rétroviseurs ou les montants latéraux, avaient considérablement limité leur champ de vision.

Les constructeurs automobiles font valoir que les nouveaux systèmes d’aide à la conduite permettent de compenser ces limitations. Des technologies telles que le freinage automatique d’urgence ou la détection des piétons sont conçues pour réduire le risque de collision. Néanmoins, plusieurs études montrent que ces systèmes ne sont pas infaillibles dans toutes les situations. Des facteurs tels que des conditions météorologiques défavorables, des ombres, des vitesses élevées ou la présence d’enfants peuvent diminuer leur efficacité.

Au-delà des aspects techniques, l’expansion des SUV et des pickups s’explique également par des facteurs économiques et culturels. Ces véhicules génèrent des marges bénéficiaires particulièrement élevées pour les constructeurs, qui ont progressivement réduit la production de berlines et d’autres voitures particulières classiques. Parallèlement, les campagnes publicitaires ont associé les grands véhicules à des valeurs telles que la sécurité, le prestige, la puissance ou la réussite personnelle. Ce message a largement contribué à renforcer l’idée qu’un véhicule plus imposant constitue un meilleur choix pour de nombreuses familles.

Les spécialistes de la sécurité routière soulignent que la taille des véhicules n’est pas la seule explication à l’augmentation du nombre de piétons décédés. L’aménagement urbain, la vitesse de circulation, la distraction des conducteurs et de nombreux autres facteurs restent déterminants. Toutefois, les preuves s’accumulent pour montrer que la tendance vers des véhicules toujours plus hauts et plus volumineux accroît les risques pour les usagers les plus vulnérables de la voie publique.

En conclusion, la croissance des SUV et des pickups pose un défi majeur de sécurité routière. Malgré les progrès technologiques, la combinaison de capots plus hauts et d’angles morts plus importants augmente la gravité des accidents et complique la détection des piétons. Ce phénomène met en évidence la nécessité de poursuivre les recherches et de mettre en œuvre des mesures permettant de mieux protéger les usagers les plus vulnérables, tout en conciliant la sécurité des occupants des véhicules avec celle des piétons.

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Le marché des drogues en Europe : de nouveaux défis pour la sécurité et la santé publique

Le Rapport européen sur les drogues 2026 met en lumière une réalité de plus en plus complexe pour les responsables de la sécurité, les administrations publiques et les professionnels de la santé. Malgré les efforts déployés au cours des dernières décennies, la disponibilité des drogues illicites reste élevée dans toute l’Europe, tandis que l’apparition constante de nouvelles substances et l’évolution des marchés criminels génèrent de nouveaux risques et défis.

Une des principales conclusions du rapport est la consolidation d’un marché de drogues extrêmement diversifié. Le cannabis reste la substance illégale la plus consommée, suivi de la cocaïne, qui maintient des niveaux de disponibilité élevés dans de nombreux pays européens. Parallèlement, les stimulants de synthèse, tels que les amphétamines, la méthamphétamine et les cathinones de synthèse, gagnent en importance et élargissent l’offre accessible aux consommateurs.

D’un point de vue sécuritaire, ce scénario accroît la complexité des missions confiées aux forces de police et aux organismes chargés de la lutte contre le trafic de drogues. Les réseaux criminels ont démontré une grande capacité d’adaptation, tirant parti des nouvelles technologies, des routes commerciales mondiales et des canaux numériques pour faciliter la distribution de substances illégales. La production de drogues de synthèse sur le territoire européen continue également de représenter une préoccupation majeure, notamment en raison de la facilité avec laquelle les formules chimiques peuvent être modifiées afin de contourner les contrôles légaux.

Un autre élément marquant est l’augmentation des nouvelles substances psychoactives. Chaque année, de nouveaux composés chimiques apparaissent sur le marché à un rythme supérieur à la capacité de réaction réglementaire de nombreux États. Ce phénomène complique l’identification des risques associés à la consommation et augmente l’incertitude tant pour les services d’urgence que pour les systèmes de santé. Parmi ces substances figurent notamment les cannabinoïdes de synthèse, les cathinones de synthèse et les nouveaux opioïdes de synthèse, dont certains présentent une puissance nettement supérieure à celle des drogues traditionnelles.

Le rapport met par ailleurs en garde contre l’évolution du marché des opioïdes. Bien que l’héroïne reste la principale substance de ce groupe, la présence croissante d’opioïdes de synthèse à forte puissance représente une menace émergente. L’expérience observée dans d’autres régions du monde montre que ces substances peuvent entraîner une augmentation soudaine des overdoses et des décès liés à la consommation de drogues lorsqu’elles ne sont pas détectées et contrôlées de manière adéquate.

En ce qui concerne les impacts sociaux et sanitaires, la consommation de drogues par injection continue d’engendrer une charge disproportionnée

de dommages, notamment sous la forme d’infections transmissibles, d’hospitalisations et d’une mortalité accrue. Bien que ce mode de consommation ait globalement reculé au cours des dernières années, le maintien de programmes de prévention, de traitement et de réduction des dommages reste essentiel.

Face à cette situation, la sécurité ne peut pas être abordée exclusivement sous un angle répressif. Les politiques les plus efficaces associent la lutte contre la criminalité organisée à des mesures de prévention, d’éducation, de traitement et de réduction des dommages. La coordination entre les organismes policiers, les autorités sanitaires, les institutions européennes et les services sociaux est indispensable pour anticiper les nouvelles menaces et limiter les conséquences liées à la consommation de drogues.

En conclusion, le Rapport européen sur les drogues 2026 confirme que l’Europe est confrontée à un contexte en constante évolution. La diversification des substances disponibles, l’apparition constante de nouveaux composés de synthèse et la capacité d’adaptation des réseaux criminels exigent une réponse globale fondée sur le renseignement, la coopération internationale et la protection de la santé publique. Seule une stratégie équilibrée permettra de relever efficacement les défis de sécurité posés par le phénomène des drogues au cours des prochaines années.

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Évolution de la sécurité au Portugal : une stabilité confrontée à de nouveaux défis

Le Portugal est toujours considéré comme l’un des pays les plus sûrs d’Europe, aussi bien selon les statistiques officielles que d’après les principaux indices internationaux de sécurité. Cependant, l’évolution récente de la criminalité révèle une réalité plus complexe : bien que la délinquance globale reste relativement stable, certains phénomènes spécifiques – tels que la cybercriminalité, les agressions sexuelles ou la criminalité juvénile – ont augmenté et suscitent des inquiétudes parmi les autorités et les citoyens.

Selon Relatório Anual de Seguranza Interna (RASI), le Portugal a enregistré en 2024 une baisse générale de la criminalité de 4,6 %, avec 354 878 de signalements, mais les crimes violents et graves ont augmenté de 2,6 %. Cette contradiction apparente confirme une tendance observée dans d’autres pays européens : la délinquance traditionnelle recule, tandis que progressent des formes de criminalité à fort impact social et médiatique.

Le vol reste le délit le plus fréquent, notamment dans les grandes agglomérations et les zones touristiques comme Lisbonne, Porto ou l’Algarve. Parallèlement, les autorités constatent une hausse significative des vols de véhicules, des braquages de commerces ainsi que des escroqueries liées à la location immobilière et aux plateformes numériques.

L’un des points de vigilance majeurs pour les forces de sécurité portugaises concerne l’augmentation des délits sexuels. Le nombre de viols enregistrés en 2024 a progressé d’environ 10 % par rapport à l’année précédente, atteignant son niveau le plus élevé de la dernière décennie. Bien que les autorités attribuent en partie cette hausse à une plus grande propension des victimes à porter plainte, le phénomène reflète également une pression sociale croissante sur les mécanismes de prévention et de protection.

La délinquance juvénile constitue un autre sujet sensible. Le RASI 2024 a recensé plus de 2 000 affaires impliquant des mineurs âgés de 12 à 16 ans, soit une augmentation supérieure à 12 %. Les incidents en milieu scolaire et les épisodes de violences collectives ont également progressé, en particulier dans les zones métropolitaines. Ce phénomène a ouvert un débat politique et sociétal concernant l’intégration, l’exclusion sociale et la capacité préventive du système éducatif.

À l’inverse, certains indicateurs structurels restent positifs. Les homicides maintiennent un niveau faible comparé à la moyenne européenne, avec un taux inférieur à 1 homicide pour 100 000 habitants. De même, les violences domestiques diminuent depuis trois années consécutives selon les données officielles, bien qu’elles figurent encore parmi les délits les plus signalés du pays.

La cybercriminalité représente sans doute le défi le plus stratégique à long terme. Les fraudes numériques, le phishing, l’usurpation d’identité et les cyberattaques connaissent une progression continue depuis la pandémie. Cette évolution oblige les forces de police portugaises à renforcer les unités technologiques et à investir davantage dans le renseignement numérique et la coopération internationale.

Autre enjeu majeur : le sentiment d’insécurité des citoyens. Plusieurs débats politiques et sociaux au Portugal mettent en évidence un décalage entre les données objectives et la perception du public. Sur les réseaux sociaux et les forums numériques, les inquiétudes liées à l’immigration, à la radicalisation ou à la présence de groupes violents se multiplient, même si les statistiques officielles ne montrent pas de dégradation généralisée de la sécurité.

Les autorités portugaises insistent sur le fait que le pays « reste globalement sûr », tout en reconnaissant l’existence d’indicateurs nécessitant une vigilance permanente et une adaptation constante. Dans ce contexte, le Portugal fait face à une situation comparable à celle d’autres sociétés européennes : moins de criminalité conventionnelle, mais une complexité accrue des menaces liées au numérique, à la cohésion sociale et à la sécurité urbaine.

Pour le secteur de la sécurité privée et de la protection des citoyens, cette évolution implique de nouveaux besoins : une spécialisation technologique renforcée, une meilleure capacité d’analyse préventive et une coordination accrue entre forces de police, administrations et entreprises de sécurité. L’avenir de la sécurité au Portugal dépendra autant de la réponse policière que de la capacité d’anticipation face à des risques de plus en plus hybrides et changeants.

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La cybercriminalité évolue vers des menaces physiques bien réelles

La cybercriminalité connaît une transformation inquiétante : les menaces numériques s’accompagnent désormais de plus en plus souvent d’intimidations et de violences physiques réelles. Pendant de nombreuses années, les cyberattaques se limitaient principalement au vol de données, au piratage de systèmes informatiques ou à l’extorsion financière par ransomware. Les attaquants agissaient dans l’anonymat et la pression exercée sur les victimes restait cantonnée au domaine numérique. Aujourd’hui, cette frontière est en train de disparaître.

Plusieurs rapports et enquêtes menés par des entreprises spécialisées dans la sécurité alertent que certains groupes criminels ont commencé à utiliser des menaces physiques directes pour augmenter l’efficacité de leurs attaques. L’objectif est de susciter une peur réelle chez les employés, les dirigeants et les négociateurs afin de forcer le paiement de rançons ou de faciliter l’accès aux systèmes visés. Cette évolution marque une nouvelle étape dans la cybercriminalité, où la pression psychologique et l’intimidation personnelle deviennent des éléments habituels de la stratégie criminelle.

L’un des cas les plus connus est celui de Tim Beasley, un membre de la société Semperis. Lors de négociations liées à une attaque par ransomware contre une organisation gouvernementale américaine, Beasley a reçu à son domicile un colis suspect accompagné d’une note menaçante laissant entendre de possibles agressions physiques s’il poursuivait les discussions. Ce type d’incident, autrefois exceptionnel, apparaît désormais de plus en plus fréquemment dans le paysage de la sécurité internationale.

Les données illustrent clairement cette tendance. Selon les chiffres du FBI, les incidents de cybercriminalité aux États-Unis ont augmenté de façon spectaculaire au cours de la dernière décennie, dépassant un million de cas par an. Parallèlement, les pertes économiques liées aux cyberattaques dépassent déjà les 20 milliards de dollars annuels. Mais l’élément le plus inquiétant reste l’augmentation des menaces physiques associées aux attaques informatiques.

Les études de Semperis indiquent qu’environ 40 % des attaques mondiales de ransomware en 2025 incluaient des menaces de violences physiques contre des employés ou des responsables des entreprises visées. Aux États-Unis, cette proportion atteignait environ 50 %. Les criminels profitent de données personnelles volées lors des attaques – adresses privées, numéros de téléphone, informations familiales ou données financières – pour intimider directement les victimes.

Un cas particulièrement sensible s’est produit dans un hôpital nord-américain affecté par une attaque par ransomware. Selon Zac Warren, les attaquants ont contacté directement des membres du personnel infirmier et soignant, en mentionnant leurs adresses personnelles et d’autres informations privées afin de leur donner le sentiment d’être surveillés. Ce type d’intimidation vise à provoquer un stress émotionnel intense et à pousser l’organisation à payer rapidement la rançon.

La situation est particulièrement grave car de nombreux cybercriminels n’exécutent pas eux-mêmes ces menaces, mais sous-traitent les violences à des tiers. Certains groupes criminels utilisent des forums, des réseaux sociaux ou des canaux clandestins pour embaucher des personnes prêtes à intimider, suivre ou agresser physiquement les victimes. Ce phénomène fait partie du concept connu sous le nom de « violence en tant que service », étudié par des organisations comme Europol.

À l’image du modèle criminel du ransomware-as-a-service, des réseaux proposent désormais des services d’intimidation physique à la demande. Les actions vont du vandalisme visant des domiciles ou des véhicules jusqu’aux agressions, enlèvements ou attaques plus graves. Les autorités américaines ont également mis en garde contre des réseaux criminels connus sous le nom de « The Com », liés à des activités violentes commanditées par des cybercriminels.

Le secteur des cryptomonnaies figure parmi les plus affectés par cette nouvelle réalité. Les investisseurs et entrepreneurs du secteur crypto affichent souvent publiquement leur patrimoine ou leur mode de vie sur les réseaux sociaux, devenant ainsi des cibles visibles pour les criminels. Ces dernières années, de nombreux cas d’enlèvements et d’agressions visant des personnes liées aux cryptomonnaies ont été recensés, en particulier en Europe.

En France, par exemple, la police a sauvé le père d’un millionnaire des cryptomonnaies qui avait été kidnappé contre rançon. Selon plusieurs informations, les ravisseurs avaient amputé un doigt pour mettre la pression sur la famille. Ce type d’affaires illustre à quel point la cybercriminalité et la criminalité physique commencent à se confondre.

Les experts estiment que cette évolution continuera de s’intensifier. Tant que les entreprises continueront à céder aux rançons sous la pression, les groupes criminels auront intérêt à accroître le niveau d’intimidation. La combinaison entre l’accès massif aux données personnelles, l’existence de réseaux criminels mondiaux et la facilité de recourir à des services illégaux crée un environnement particulièrement complexe du point de vue de la sécurité.

Cette situation oblige les organisations à repenser entièrement leurs protocoles de protection. Il ne suffit plus de sécuriser les réseaux et les serveurs : il faut également protéger les données personnelles des employés, limiter leur exposition publique et préparer des procédures face à d’éventuelles menaces physiques découlant d’incidents numériques. La cybersécurité ne relève plus uniquement de la technologie, mais devient aussi une question de sécurité humaine.

En définitive, la cybercriminalité évolue vers des modèles hybrides où le monde numérique et la violence physique convergent de plus en plus. Les attaques ne cherchent plus seulement à obtenir de l’argent ou des données, mais à instaurer une peur réelle afin d’accroître l’efficacité de l’extorsion. Cette nouvelle étape représente l’un des grands défis lié à la sécurité des prochaines années et contraint les entreprises et les institutions à s’adapter à une menace bien plus agressive et complexe.

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