Cinq aspects à prendre en compte concernant la protection contre les attentats de masse

Les attentats et les attaques de masse, qu’ils soient motivés par des raisons personnelles ou idéologiques, suscitent beaucoup d’inquiétude et de crainte. Toutefois, il est souvent possible de prendre des mesures pour prévenir ces attaques, s’en défendre et y répondre. Un récent projet de recherche financé par le National Institute of Justice des États-Unis a analysé plus de 600 typologies d’attaques de masse, des centaines d’articles et de ressources et des dizaines d’entretiens avec des experts afin d’élaborer le Mass Attacks Defense Toolkit, un outil éducatif en ligne contenant différentes stratégies, des conseils et des liens vers des ressources supplémentaires.

Voici les cinq points essentiels qui découlent de ce projet de recherche :

1. Nous pouvons prévenir de manière proactive de nombreuses attaques de masse. Les signalements publics ont permis d’éviter près des deux tiers des complots déjoués et mis en évidence dans le Toolkit. Il est donc important de prêter attention aux signes d’alerte possibles, tels que :

  • Motivation : inspirée par des attaques antérieures, un désir de satisfaire une cause extrémiste (notamment en cas d’expulsion d’un groupe ou d’une organisation pour cause de violence excessive), un désir de satisfaire une cause extrémiste en croyant qu’il n’y a pas d’autre choix que d’attaquer en raison d’un danger ou d’une menace perçus.
  • Préparation : élaboration d’un plan écrit, tentative de recrutement d’autres personnes, recherche d’informations sur la manière de maximiser l’impact, coordination avec des extrémistes violents connus ou voyages fréquents.
  • Révélation : importance de repérer les signes avant-coureurs.

2. Les communautés ont besoin d’équipes pluridisciplinaires pour surveiller et évaluer les signes d’alerte et déterminer les mesures à prendre. Chaque cas doit être confié à une seule personne responsable qui assurera le suivi nécessaire.

L’évaluation de la menace ne concerne pas seulement la probabilité d’une attaque, mais nécessite également de déterminer les mesures à prendre, dont la plupart peuvent se situer en dehors du système de justice pénale.

3. Une préparation adéquate permet de réduire le nombre de victimes dans les premières phases critiques d’une attaque, avant que les agents n’arrivent sur les lieux. Du point de vue de la gestion de la sécurité du site, il convient de créer des zones tampons, de faciliter les mouvements de foule. Se cacher dans un endroit sûr plutôt que d’essayer de fuir la scène en toute sécurité peut être un comportement plus approprié que de lutter au moment où il est impossible de fuir ou de se cacher.

4. Une réponse conjointe efficace à un attentat de masse nécessite une planification et une formation qui incluent toutes les personnes impliquées dans la réponse. Pour être efficaces, les réponses aux attaques doivent être coordonnées entre les services médicaux, de police, d’incendie et d’urgence, ainsi que les hôpitaux, les prestataires de services aux victimes et les responsables de la sécurité du site.

Pour ce faire, les dirigeants doivent fournir un soutien et une orientation adéquats en matière de planification et de formation.

5. Le plan de récupération doit inclure la planification et la formation prévoyant les conséquences possibles. Les mesures prises immédiatement après l’attentat comprennent la localisation et l’arrestation des agresseurs (le cas échéant), l’enquête sur les auteurs et les éventuels complices, et la prise en charge de la santé mentale et le soutien émotionnel, notamment par la mise en place de centres d’assistance familiale et d’aide sociale pour les victimes.

Les actions à court terme comprennent la santé mentale et le soutien émotionnel pour les victimes et les survivants, ainsi que des réunions et des rencontres pour discuter des informations essentielles sur la réponse, et pour examiner les ressources disponibles pour les victimes.

Les actions à long terme pour les groupes de secours comprennent : fournir des soins de santé mentale et un soutien émotionnel continus aux survivants, superviser le processus de rétablissement des victimes et participer à la reconnaissance et aux apprentissages, par exemple, les récompenses pour les actes de bravoure, les cérémonies pour les victimes, les mémoriaux et actes commémoratifs et les rapports post-événements.

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La deuxième révolution quantique et le rôle des services de police

Europol a publié le premier rapport dans ce domaine, « The Second Quantum Revolution: The impact of quantum computing and quantum technologies on law enforcement » (La deuxième révolution quantique : l’impact de l’informatique quantique et des technologies quantiques sur la police). Le rapport fournit une évaluation prospective de l’impact de l’informatique quantique et des technologies quantiques sur les forces de l’ordre. Il décrit également les applications potentielles de ces nouvelles technologies.

Le rapport est le résultat d’un travail conjoint entre le Centre commun de recherche (CCR) de la Commission européenne, le Centre européen de lutte contre la cybercriminalité d’Europol (EC3) et le Laboratoire d’innovation d’Europol.

Ce document fournit une évaluation prospective de la manière dont l’informatique quantique et les technologies quantiques peuvent affecter les activités de la police dans le monde entier et les mesures à prendre pour s’y préparer.

L’informatique et les technologies quantiques frappent à la porte des forces de l’ordre avec de nouvelles opportunités, mais aussi de nouvelles menaces, que les autorités doivent anticiper. Le problème est que ces technologies émergentes sont susceptibles d’affecter un large éventail d’applications utilisées par les forces de l’ordre, mais aussi d’être exploitées par des criminels.

L’impact de l’informatique quantique sur la cryptographie est une préoccupation particulièrement urgente. Alors que l’informatique quantique pourrait offrir des avantages aux forces de l’ordre pour enquêter sur des affaires et améliorer le décryptage des mots de passe, elle menace également de briser le cryptage utilisé pour assurer la sécurité des informations sensibles aujourd’hui.

Dans un concept connu sous le nom de « stockage et déchiffrement ultérieur », les acteurs criminels pourraient déjà accumuler des informations cryptées, telles que des bases de données obtenues de manière illicite, des fichiers protégés ou des données de communication, et les conserver dans le but de les déchiffrer ultérieurement à des fins criminelles.

Pour y remédier, la transition vers la cryptographie post-quantique est vitale. Il est impératif que les organismes chargés de l’application de la loi et les organisations axées sur les données vérifient et protègent leurs systèmes contre une menace qui n’est pas seulement une préoccupation pour un avenir lointain, mais un problème imminent qui requiert une attention et une action immédiates.

En outre, le rapport souligne comment les technologies quantiques pourraient améliorer l’apprentissage automatique et l’intelligence artificielle, l’établissement de canaux de communication hautement sécurisés, ainsi que les capacités médico-légales.

Cinq recommandations clés ont été formulées dans le rapport à l’intention de la police :

  • observer les tendances quantiques : suivre les évolutions pertinentes pour détecter les menaces émergentes ;
  • développer les connaissances et commencer à expérimenter afin de bénéficier de ces développements dans le futur ;
  • encourager les projets de recherche et de développement qui travaillent en étroite collaboration avec la communauté scientifique afin de créer un réseau d’expertise ;
  • évaluer l’impact des technologies quantiques sur les droits fondamentaux afin de s’assurer que les forces de l’ordre utilisent ces nouvelles technologies tout en protégeant ces droits ;
  • examiner les plans de transition de vos organisations pour garantir que les systèmes critiques sont protégés dans l’ère post-quantique.

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Europe interopérable : des services publics numériques plus efficaces dans toute l’UE

Dans le but de créer un réseau d’administrations publiques numériques interconnectées et d’accélérer la transformation numérique du secteur public européen, les représentants des États membres (Coreper) sont parvenus à une position commune sur la proposition de législation établissant des mesures destinées à assurer un niveau élevé d’interopérabilité du secteur public dans l’ensemble de l’Union européenne.

Le projet de règlement vise à établir un nouveau cadre de coopération pour les administrations publiques de l’UE afin d’assurer une prestation transparente des services publics au-delà les frontières et de prévoir des mesures de soutien pour promouvoir l’innovation et renforcer l’échange de compétences et de connaissances.

Le règlement proposé établira une structure de gouvernance de l’interopérabilité dans le but de créer un ensemble de solutions d’interopérabilité partagées par le secteur public au sein de l’Union. De cette manière, les administrations publiques communautaires et les autres parties prenantes seront en mesure de contribuer et réutiliser ces solutions, innover ensemble et créer de la valeur ajoutée.

Principaux éléments de la proposition de la Commission européenne

La position commune du Conseil européen maintient l’orientation générale de la proposition de la Commission en ce qui concerne les points suivants :

  • Règles visant à garantir une coopération structurée au sein de l’UE, où les administrations publiques, soutenues par des acteurs publics et privés, se réunissent dans le cadre de projets pour les États membres, ainsi que pour les régions et les villes ;
  • Un cadre de gouvernance à plusieurs niveaux dirigé par le comité « Europe interopérable » et chargé, entre autres, de convenir de ressources communes réutilisables ;
  • L’échange et la réutilisation de solutions d’interopérabilité, grâce à un guichet unique pour les solutions et la coopération communautaire (portail « Europe interopérable ») et à des mesures visant à promouvoir l’innovation et à renforcer l’échange de compétences et de connaissances.

Le texte du Conseil modifie plusieurs parties de la proposition de la Commission. Les principaux changements sont les suivants :

  • Une définition plus claire du champ d’application de la législation proposée ;
  • Clarification des objectifs et des conditions de l’évaluation obligatoire de l’interopérabilité afin de respecter les principes de proportionnalité et de subsidiarité ;
  • Alignement sur la législation sur l’intelligence artificielle en ce qui concerne les sas réglementaires et la cohérence avec le règlement général sur la protection des données ;
  • Un rôle plus important pour le comité « Europe interopérable », qui se trouve au centre de la nouvelle structure de gouvernance établie par le règlement.

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Utiliser la recherche pour améliorer le signalement des crimes de haine aux États-Unis

Les crimes de haine portent préjudice à des communautés entières, car ils sont le fruit d’un type de message qui insulte tous les membres d’un groupe, qui ne seraient pas les bienvenus et qui seraient en danger immédiat, et pas seulement les victimes directes.

Le préjudice causé aux victimes de préjugés se voit accru lorsque les victimes et les organismes judiciaires ne reconnaissent pas et ne signalent pas les crimes de haine en tant que tels. En outre, lorsque la police ne réagit pas ou n’enquête pas sur les crimes de haine, les relations entre les forces de l’ordre et les communautés concernées peuvent s’en ressentir et la confiance de l’opinion publique envers la police peut se détériorer.

Bien que l’on sache que les crimes de haine ne sont pas suffisamment signalés aux États-Unis, on ne sait pas exactement pourquoi les taux de signalement sont si bas, dans quelle mesure ils le sont et ce qui pourrait être fait pour les améliorer. Une question encore plus élémentaire, sans réponse unique, serait la suivante : Qu’est-ce qu’un crime de haine ? Les lois des différents États et les organismes chargés de leur application répondent différemment à cette question, ce qui complique encore plus la tâche d’identification des crimes de haine et d’harmonisation du recueil des données et des statistiques sur ces crimes.

Une récente série d’initiatives d’étude reposant sur des preuves tangibles, et soutenue par le National Institute of Justice (NIJ), vise à combler cette lacune cruciale et à définir une voie plus adaptée à court terme. Les résultats de l’étude apportent des précisions essentielles sur les causes du peu de signalement des crimes de haine envers diverses communautés, parmi lesquelles :

  • La réticence des victimes de crimes de haine à contacter les forces de l’ordre.
  • L’incapacité des victimes et de la police à reconnaître certaines atteintes comme des crimes de haine.
  • Une absence généralisée de plaintes contre les crimes de haine de la part des organismes chargés de l’application de la loi, quelle que soit leur forme, et la grande variété des définitions des crimes de haine entre les différentes juridictions.

Un nombre croissant de membres de la communauté latino, en particulier ceux qui ont récemment émigré aux États-Unis, ont déclaré avoir été victimes de préjugés, même si les communautés afro-américaines subissent plus de crimes de haine que tout autre groupe racial ou ethnique.

De nombreux latino-américains, en particulier les immigrés, ne signalent souvent avoir été victimes de préjugés qu’à leurs amis et aux membres de leur famille. Ils sont souvent très réticents à partager ces incidents avec les forces de l’ordre ou d’autres autorités.

Les membres de la communauté LGBTQ+ ont également fait état d’un nombre élevé de victimes de préjugés. Certaines victimes hésitent à signaler les crimes de haine aux autorités par crainte de représailles de la part des forces de l’ordre ou parce qu’elles ne veulent pas, entre autres, que leur orientation ou leur identité sexuelle ne soit révélée au grand jour.

De nombreux crimes de haine, en particulier ceux visant la communauté LGBTQ+, sont le fruit de motivations diverses, par exemple la haine et le vol. La cause en est probablement la perception de certains groupes de victimes comme vulnérables et moins susceptibles de signaler ces crimes.

Bien souvent, les forces de l’ordre ne disposent ni de la formation ni de l’expertise nécessaires pour enquêter sur les crimes de haine, les identifier et les signaler. La présence d’un agent ou d’une unité entièrement dédié(e) à cette tâche renforcerait la capacité de la police à identifier, à répondre et à signaler les crimes de haine.

Les services de police qui ont mis en place des politiques de soutien aux enquêtes et à la répression des crimes de haine, sont plus enclins à reconnaître qu’ils ont enquêté sur des crimes de haine potentiels dans leur juridiction.

En fin de compte, les connaissances acquises grâce à l’étude soutenue par le NIJ sur les victimes de préjugés et les crimes de haine peuvent renforcer la reconnaissance, le signalement et la réponse à ces crimes.

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Les États-Unis introduisent le micro-marquage sur les armes à feu pour tenter d’enrayer les homicides

Depuis plusieurs années, les États-Unis connaissent une crise de violence armée et des fusillades non résolues d’une ampleur inquiétante. Les homicides par arme à feu ont augmenté de 34 % par rapport à 2019, atteignant ainsi le taux le plus élevé des 15 dernières années. Même entre 2020 et 2021, les homicides par arme à feu ont augmenté de 8 % supplémentaires.

Ce qui est le plus alarmant dans ce phénomène tragique, c’est que les taux d’élucidation de ces homicides sont en baisse, puisque moins de la moitié des meurtres signalés au FBI ont été élucidés pour la seule année 2020, soit le taux d’élucidation le plus bas jamais enregistré.

La technique du micro-marquage permettra à la police d’identifier les numéros de série gravés sur l’étui de la cartouche et de remonter jusqu’à l’armurier d’origine et à l’acheteur sans avoir à récupérer l’arme à feu elle-même. Ainsi, cette estampe pourra fournir à la police des renseignements essentiels en temps réel pour aider à résoudre les fusillades et à identifier les trafiquants et les distributeurs d’armes à feu, le cas échéant.

Bien que les recherches sur le micro-marquage soient fiables – une étude du Center for Gun Violence Solutions réalisée aux États-Unis – et que cette technique n’affecte pas les fonctionnalités de l’arme à feu, en Californie, ce secteur de l’industrie a refusé de l’incorporer dans ses armes. Comment fonctionne cette technologie ?

1. Des codes uniques, composés de chiffres, de lettres et de formes géométriques sont gravés sur le percuteur d’un pistolet en guise de copie de sécurité. Ces codes correspondent au numéro de série de l’arme.

2. Actuellement, lorsqu’un pistolet est utilisé, le percuteur frappe l’amorce de la cartouche (l’extrémité arrière de l’étui de la cartouche de la balle) et laisse des marques microscopiques involontaires (telles que des rayures ou des bosses) sur l’étui. Le micro-marquage utilise ces techniques pour imprimer intentionnellement un code spécifique sur l’étui de la cartouche.

3. Le micro-marquage simplifierait le processus, en permettant ainsi aux forces de l’ordre d’identifier le numéro de série de l’arme utilisée lors d’un crime, sans avoir à faire correspondre des marques involontaires ou à récupérer l’arme.

Pourquoi utiliser cette technologie ?

Le micro-marquage pourrait améliorer la capacité de la police à lutter contre les armes et la violence armée :

• Identifier rapidement l’arme utilisée lors d’une fusillade sans avoir à la récupérer, la tester et tirer ;

• Fournir des informations sur plusieurs caractéristiques réalisées avec la même arme et identifier les suspects ;

• Pouvoir localiser facilement plus d’armes impliquées dans un crime, en fournissant des informations sur la manière dont les armes sont détournées vers le marché illégal et utilisées dans des crimes ;

• Aider à identifier les indices, à résoudre les fusillades et à emprisonner les auteurs ;

• Éliminer la partialité du processus actuel d’identification des armes à feu utilisé dans les poursuites en fournissant des preuves claires – un code sur une cartouche – plutôt que l’analyse subjective des rayures et des bosses effectuée par les inspecteurs des armes à feu. L’utilisation de cette technique pourrait également servir à réduire les inégalités raciales dans le cadre de la légalité pénale du système.

• Réduire le détournement d’armes vers le marché noir des armes à feu, où elles sont susceptibles d’être utilisées pour commettre des crimes violents qui touchent de manière disproportionnée les communautés afro-américaines et hispano-américaines.

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La recherche audio médico-légale sur l’utilisation des armes à feu gagne du terrain

En août dernier, le National Institute of Justice (NIJ) des États-Unis a publié les résultats d’une enquête menée pendant huit ans par le Dr Robert C. Maher sur l’utilisation de nouvelles techniques audio médico-légales pour documenter et interpréter les enregistrements de tirs d’armes à feu.

Ses recherches ont été publiées par l’Office of Justice Programs’ National Criminal Justice Reference Service. L’auteur se souvient du début de ses recherches, à l’occasion d’un appel téléphonique au cours duquel on lui a demandé si une arme prétendument utilisée pour commettre un crime pouvait être comparée à un enregistrement audio d’un coup de feu tiré sur une scène de crime.

Les premiers travaux du Dr. Maher dans ce domaine ont commencé par la compréhension des caractéristiques acoustiques des coups de feu en obtenant des enregistrements répétés et de haute qualité dans des conditions contrôlées. Cette démarche s’inscrit dans le cadre d’un objectif stratégique de l’Office of Investigative and Forensic Sciences du NIJ, qui consiste à soutenir la recherche fondamentale dans le domaine des sciences médico-légales.

Pour ce faire, il a créé un dispositif et une méthodologie permettant de recueillir des enregistrements de coups de feu. Des données sur diverses armes à feu telles cinq pistolets, un revolver, un fusil de chasse et deux carabines, ont pu être recueillies permettant ainsi de mesurer la cohérence, la fiabilité et la variabilité d’un tir à l’autre.

Maher a constaté que, bien qu’il y ait des similitudes lorsqu’on tire 10 fois avec la même arme, il y a aussi des différences appréciables d’un coup à l’autre. La durée de l’explosion varie d’une arme à feu à l’autre, mais une arme à feu donnée varie également d’un tir à l’autre. Bien que l’explication de la variabilité de la durée ne soit pas encore connue, le médecin suggère que cette variation aura un impact sur l’analyse médico-légale des enregistrements qui comprennent des coups de feu d’origine inconnue.

Après avoir établi une méthode reproductible d’enregistrement précis de l’acoustique des tirs dans des conditions idéales, le Dr Maher était prêt à explorer les limites de l’interprétation médico-légale des dispositifs d’enregistrement standard. Le matériel à exploiter pourrait comprendre des téléphones mobiles, des radios mobiles terrestres, des enregistreurs audio personnels, des données audio collectées par les centres d’appels d’urgence et les systèmes d’enregistrement des centres de dispatching.

Maher a comparé les signaux émis à 11 endroits différents par des microphones et des dispositifs d’enregistrement personnel, ainsi que par une caméra corporelle portée par le tireur et un système d’enregistrement interne dans un véhicule de police. Cela lui a permis de vérifier les prévisions géométriques de l’heure d’arrivée et du niveau à chaque site d’enregistrement. À des fins de vérification, il a également comparé les temps avec l’enregistrement venant d’un appel de téléphone portable vers le système de messagerie vocale corporative.

Il a ensuite examiné simultanément plusieurs enregistrements de coups de feu pour voir s’il était possible d’obtenir des informations médico-légales pertinentes, malgré les reflets, les distorsions, les artefacts de codage et d’autres caractéristiques non idéales. À partir de ces analyses, le médecin a créé une méthode de traitement permettant de localiser la source des déclenchements et de réduire les bruits de fond incohérents, ainsi qu’une méthode permettant d’identifier le point de synchronisation le plus probable pour plusieurs enregistrements audio.

En ce qui concerne l’analyse criminalistique, il est de plus en plus probable que plusieurs enregistrements générés par les utilisateurs puissent être présentés comme preuves dans le cadre d’une enquête criminelle. Les preuves audio peuvent provenir de smartphones portables, de systèmes de surveillance privés, de caméras corporelles et d’autres dispositifs d’enregistrement non synchronisés. Lorsque plusieurs enregistrements générés par les utilisateurs sont disponibles, l’analyse audio des enregistrements pourrait fournir des informations spatiales et temporelles sur l’emplacement et l’orientation des sources sonores, y compris, mais sans s’y limiter, les coups de feu.

L’analyse audio des coups de feu réalisée par le Dr Maher a été utilisée dans le procès de Michael Brelo par le bureau de police de Cleveland, où le Dr Maher a conclu que 15 des 18 coups de feu avaient été tirés par l’arme de Brelo. Les enquêtes indépendantes du FBI ont également corroboré ses conclusions.

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Robots-taxis : conséquences de leur expansion sur la sécurité

Les robots-taxis ne sont pas des véhicules d’essai expérimentaux et il ne s’agit plus d’un exercice de simulation. Un grand nombre de voitures fantômes sans conducteur dans les rues de San Francisco sont des robots-taxis à fin commerciale, qui concurrencent directement les taxis, Uber et Lyft, ainsi que les transports publics. Ils constituent une partie réelle, bien que marginale, du système de transport de la ville. Les entreprises qui les exploitent, Cruise et Waymo, semblent prêtes à étendre davantage leurs services à San Francisco, Austin, Phoenix et peut-être même Los Angeles dans les mois à venir.

Comme l’a rapporté le chercheur Benjamin Schneider sur le site Technology Review en juillet dernier, il y a un manque d’urgence dans le discours public sur les robots-taxis. Il pense que la plupart des gens, y compris de nombreux décideurs publics, ne sont pas conscients de la rapidité avec laquelle ce secteur évolue ni de la gravité des impacts à court terme sur la main-d’œuvre, le transport et la sécurité.

Des agences désignées, telles que la California Public Utilities Commission, prennent des décisions très importantes concernant les robots-taxis dans un contexte relativement obscur. Les cadres juridiques restent profondément inadéquats : les villes n’ont aucune autorité réglementaire sur les robots-taxis qui sillonnent leurs rues, et la police ne peut pas légalement les dénoncer pour des infractions liées à leur mouvement.

Malheureusement, il n’existe pas de cadre normalisé approuvé par le gouvernement pour évaluer la sécurité des véhicules autonomes. Les véhicules sans conducteur de Cruise, en particulier, ont montré une tendance alarmante à s’arrêter inexplicablement au milieu de la route, bloquant le trafic pendant de longues périodes. La police de San Francisco a recensé au moins 92 incidents de ce type en l’espace de six mois, dont trois ont perturbé les services d’urgence.

Ces histoires critiques, bien qu’importantes, éclipsent la tendance générale qui s’est progressivement développée en faveur de l’industrie du robot-taxi. Au cours des dernières années, Cruise et Waymo ont franchi plusieurs obstacles réglementaires majeurs, se sont étendus à de nouveaux marchés et ont accumulé plus d’un million de kilomètres dans le cadre d’une conduite véritablement sans conducteur, sans provoquer de grosses frayeurs, dans toutes les grandes villes d’Amérique du Nord.

Sur le plan opérationnel, les robots-taxis sont très différents des véhicules autonomes appartenant à des particuliers et sont bien mieux placés pour un déploiement commercial. Ils peuvent être déployés dans une zone strictement limitée, leur utilisation peut être étroitement surveillée par l’entreprise qui les a conçus et ils peuvent être immédiatement retirés de la circulation en cas de conditions météorologiques défavorables ou d’un autre problème grave.

Le simple fait que ces véhicules soient programmés pour respecter automatiquement le code de la route et la limitation de vitesse donnent l’impression que la conduite est plus sûre que celle d’un grand pourcentage d’humains qui se trouvent sur la route.

Il reste à voir si ces robots-taxis sont prêts à être déployés à grande échelle, ou même quels seraient les paramètres permettant de déterminer leur état de préparation. Mais, à moins d’un changement significatif de dynamique, tel qu’un choc économique ou une horrible tragédie, les robots-taxis sont en mesure de poursuivre leur expansion. Cela suffit à justifier une discussion plus large sur la manière dont les villes et la société vont changer dans un avenir proche.

Cruise et Waymo sont sur le point d’être autorisés à proposer un service commercial de robots-taxis toute la journée dans la quasi-totalité de San Francisco. Cela pourrait avoir immédiatement des répercussions économiques considérables sur les chauffeurs de taxi et les conducteurs au sein de la ville. Il en va de même pour toutes les autres villes où Cruise et Waymo s’installent. La perspective d’automatiser les chauffeurs professionnels n’est plus une théorie. Il s’agit d’une possibilité très réelle dans un avenir proche.

L’accélération de la technologie doit s’accompagner d’une accélération des politiques publiques. Mais pour suivre le rythme, les citoyens doivent avoir une vision claire de la rapidité avec laquelle l’avenir pourrait se dessiner.

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Exploiter l’intelligence artificielle pour renforcer la cybersécurité

En juin dernier, le responsable de la sécurité de l’information de Crypto.com, Jason Lau, a publié sur le site web expert en sécurité ooda.com quelques informations sur la manière d’utiliser le potentiel de l’intelligence artificielle (IA) au profit de la cybersécurité.

L’auteur estime que dans le domaine de la cybersécurité, il est nécessaire d’établir un avantage stratégique sur les criminels en identifiant et en neutralisant les menaces de manière proactive avant qu’elles ne causent des dommages. À cet égard, il estime également que l’apprentissage continu à partir des incidents passés peut améliorer les réponses futures, en utilisant des outils pilotés par l’IA pour identifier, comprendre et neutraliser les menaces. À cet effet, il propose les mesures suivantes :

• Utiliser une plateforme automatisée de renseignement sur les menaces pilotée par l’IA qui reconnaît les signatures, les tactiques, les techniques et les procédures externes en temps réel. Cette plateforme vise à être particulièrement rapide en ce qui concerne l’identification et la neutralisation du phishing, des logiciels malveillants et d’autres menaces de terminaux, en évoluant et en tirant des enseignements des méthodes d’attaque.

• Mettre en œuvre un système d’alerte et de surveillance automatisé et continu des actifs sensibles, depuis l’inventaire utilisé dans toute l’entreprise jusqu’au balayage des informations personnelles identifiables afin de détecter des cas spécifiques d’exposition au texte en clair et d’alertes aux équipes.

• Réaliser des analyses continues du code basés sur l’IA, rechercher des exceptions de code, des erreurs de langage de script intersite, des injections de code, des débordements de mémoire tampon et bien plus encore, et les remplacer automatiquement par du code sécurisé tout en préservant l’intégrité fonctionnelle du code.

• Utiliser l’IA pour détecter l’IA malveillante elle-même : attaques indirectes par injection rapide, qui mettent en évidence les menaces émergentes où les adversaires tentent d’infiltrer de grands modèles de langage, jusqu’à l’utilisation de l’IA pour détecter les logiciels malveillants et bien d’autres.

Alors que nous entrons dans un futur de plus en plus interconnecté, l’IA apparaît sans aucun doute comme un allié puissant, une avant-garde de première ligne, qui aide à prédire, préparer et empêcher rapidement les cybermenaces imminentes.

Cependant, il devient également évident que disposer d’un outil aussi puissant n’est pas suffisant. Les responsables de la cybersécurité d’aujourd’hui sont appelés à faire plus que réagir et répondre. Ils doivent adopter une attitude proactive, planifier, prévoir et positionner en permanence leurs défenses, en prenant les mesures nécessaires pour garder une longueur d’avance sur la vague incessante des adversaires cybernétiques.

Cependant, en allant trop vite, sans une approche réfléchie, nous risquons de marcher sur le terrain fragile de l’éthique. La manière dont l’IA est utilisée dans la cybersécurité est aussi cruciale que la raison et l’endroit où nous choisissons de la déployer. En tant que leaders, il est impératif de lier des considérations éthiques à nos stratégies d’IA, en établissant un cadre moral solide pour nous guider à travers le labyrinthe des possibilités technologiques.

Dans ce domaine complexe qu’est la cybersécurité, les défis de demain sont déjà à notre porte. Disposer d’un plan de cybersécurité n’est plus une option, mais une exigence de survie. Mais, il est essentiel de se demander comment l’IA peut aider les équipes de sécurité à être plus agiles et plus efficaces et à s’adapter aux cybermenaces nouvelles et émergentes.

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Une pause dans le développement de l’IA, est-ce la solution ?

Les défis épineux posés par les chatbots et l’IA ne disparaîtront pas soudainement. C’est ce que rapporte le site Web de sécurité Oodaloop. Et bien que de nombreuses personnes bien informées et bien intentionnées aient signé une pétition appelant à une pause de six mois dans la recherche avancée sur l’IA, une telle mesure est peu réaliste et peu judicieuse. Les problèmes posés sont complexes, enchevêtrés et difficiles à résoudre parce qu’ils sont incroyablement alambiqués et polyédriques. L’IA implique tellement de parties prenantes, de domaines qui se croisent et d’intérêts concurrents qu’il est difficile de s’y attaquer. Une pause dans la recherche technologique ne contribuera pas à résoudre les problèmes humains.

Ce qui sera utile, ce sont des engagements publics systématiques, méthodiques et massifs qui informent les projets pilotes associés aux implications commerciales et civiques de l’intelligence artificielle aux niveaux national et local. Tout le monde est concerné par les promesses et les dangers potentiels du changement de mentalité technologique que représentent les progrès de l’IA. Chacun devrait donc pouvoir s’exprimer, et chacun devrait veiller à ce que les sociétés soient bien informées et préparées à prospérer dans un monde en mutation rapide qui sera bientôt très différent.

À première vue, l’arrêt de son développement peut sembler convaincant compte tenu des défis posés par les  modèles de langue de grande taille (LLM), mais cette approche est erronée pour plusieurs raisons. Premièrement, il est essentiel de tenir compte de la concurrence mondiale. Même si toutes les entreprises américaines acceptaient de faire une pause, d’autres pays poursuivraient leurs recherches sur l’IA, ce qui rendrait tout accord national ou international moins efficace.

Deuxièmement, la diffusion de l’IA est déjà en cours. L’expérience Alpaca de l’université de Stanford a montré qu’il était possible de la perfectionner pour atteindre les capacités de ChatGPT-3 pour moins de 600 dollars. Cette avancée accélère la diffusion de l’IA en la rendant plus accessible à divers acteurs, notamment ceux qui ont des intentions malveillantes.

Troisièmement, l’histoire nous enseigne qu’une pause dans l’IA pourrait conduire à un développement secret. L’arrêt public de la recherche en matière d’IA pourrait inciter les pays à mener des recherches avancées sur l’IA en secret, ce qui pourrait avoir des conséquences désastreuses pour les sociétés ouvertes. Ce scénario est similaire à celui de la convention de La Haye de 1899, où les grandes puissances ont publiquement interdit les obus empoisonnés, pour ensuite poursuivre leurs recherches en secret et finalement déployer des gaz nocifs pendant la Première Guerre mondiale.

À l’avenir, une approche proactive, axée sur les résultats et en coopération avec le public devrait être encouragée afin de relever efficacement les défis posés par l’IA. Les groupes de réflexion ou think tanks et les universités peuvent impliquer le public dans des conversations sur la manière de travailler, de vivre, de gouverner et de coexister avec les technologies modernes qui affectent l’ensemble de la société. Associer diverses voix au processus décisionnel permet de mieux aborder et résoudre les défis complexes de l’IA aux niveaux local et national.

En outre, les leaders industriels et politiques devraient être encouragés à s’engager dans la recherche de solutions non partisanes et multisectorielles pour maintenir la stabilité de la société civile. Travailler ensemble permettra de combler le fossé entre les avancées technologiques et ses implications sociales.

Enfin, il est essentiel de mettre ne place des programmes pilotes d’IA dans différents secteurs, tels que le travail, l’éducation, la santé, le droit et la société civile. Nous devrions apprendre à créer des environnements civils responsables où l’IA peut être développée et déployée de manière responsable. Ces initiatives peuvent nous aider à mieux comprendre et à intégrer l’intelligence artificielle dans nos vies et à veiller à ce que son potentiel soit exploité dans l’intérêt général tout en atténuant ses risques.

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Des services de police canadiens utilisent une application innovante pour évaluer les appels liés à la santé mentale

Les chefs de police de la Colombie-Britannique ont réussi à négocier avec le gouvernement provincial le financement du développement d’une application capable de détecter, de documenter et d’évaluer le type de ressources en matière de santé mentale qui conviendrait le mieux aux personnes à risque.

Cette application a pour but d’aider les agents qui doivent intervenir dans les conflits à déterminer le type d’assistance le mieux adapté à la personne en crise. La police de la Colombie-Britannique estime qu’entre 30 et 50 % des appels à un service de police peuvent être associés à des problèmes de santé mentale. Jusqu’à présent, la police posait souvent les mêmes questions que l’hôpital. Avec ce système, avant de quitter les lieux, les agents auront déjà partagé des informations avec l’hôpital et les professionnels de la santé.

En cas de situation urgente, violente ou à haut risque, peu d’informations sont envoyées au Surrey Memorial Hospital. Lorsqu’il s’agit d’un appel ne mettant pas la vie en danger, les agents de police remplissent une liste de contrôle (irritabilité, délires, hallucinations, etc.) et l’application génère un rapport qui est transmis à un médecin de l’hôpital, qui peut ainsi recommander une intervention pour cette personne en vertu de la loi sur la santé mentale ou suggérer des soins alternatifs.

Lorsqu’une personne a déjà été évaluée à l’aide de l’application HealthIM, les agents disposent d’un ensemble d’informations de base, y compris des conseils spécifiques sur la manière de modérer l’intervention et d’éviter tout élément déclencheur. De cette manière, les informations peuvent aider à désamorcer une situation plus tôt et de manière plus sûre, ce qui se traduit par une meilleure prise en charge de la personne concernée.

Comme le souligne Penny Daflos de CTV News Vancouver, l’application HealthIM, présentée comme une meilleure connexion entre la police et le système de santé, est le fruit d’un long projet exhaustif visant à relever l’un des défis les plus problématiques en matière de sécurité publique.

Selon le surintendant de la Gendarmerie royale du Canada, Todd Preston, et président de la British Columbia Association of Chiefs of Police, cette application peut aider à déterminer si les utilisateurs des services de police ont réellement besoin d’une assistance médicale. L’utilisation de cette application permettra aussi d’éviter que les agents passent des heures à attendre que les patients soient pris en charge par les professionnels de la santé, un processus qui peut également conduire à la stigmatisation de ces personnes.

Actuellement, le service de police de Delta est la seule agence à utiliser le nouveau système, qui a d’abord été mis en place au sein des forces de police municipales de l’Ontario et a été progressivement mis en œuvre dans toutes les provinces des Prairies.

En service depuis 2019, l’application a permis de diminuer le temps consacré aux démarches administratives, de standardiser les rapports, d’améliorer le partage d’informations avec les professionnels de la santé, et de réduire le nombre d’évaluations à 331 personnes seulement pour l’année 2021.

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