La police de Chicago utilise des algorithmes informatiques pour évaluer le risque de menace

Un ordinateur serait-il capable de prédire la violence ? À Chicago, Illinois, un algorithme évalue tous les individus interpelés par la police suivant un barème de notation du degré de menace numérique allant de 1 à 500. Le processus est opérationnel depuis environ quatre ans et pas loin de 400 000 habitants de Chicago ont désormais une note officielle de risque aux yeux de la police.

Cet algorithme remis en question – la méthode n’a pas encore été rendue publique – par le professeur de droit de l’Université de Columbia, Andrew Guthrie Ferguson, influe sur la stratégie de la police et peut faire varier le niveau de suspicion dans les rues. Par ailleurs, il peut constituer le futur de la police du Big Data en Amérique, en fonction de la manière dont il est perçu, que ce soit comme une approche innovatrice pour la réduction de la violence ou comme un modèle de contrôle social basé sur les données.

En effet, la notation de la menace individualisée apparaît automatiquement dans les tableaux de commande de l’ordinateur de la police pour que l’agent connaisse le risque relatif qu’il y a à interpeler un suspect. La notation prédictive détermine aussi qui sera soumis à une intervention de police proactive. Ces interventions peuvent aller d’une simple visite à domicile par des agents à une surveillance policière supplémentaire ou une réunion communautaire qui transmettra le même message clair : la police vous observe.

Si la ville de Chicago est à l’avant-garde en termes de surveillance prédictive, ce n’est pas la seule car New York et Los Angeles envisagent aussi d’utiliser la police du Big Data pour orienter les interventions sur les individus à risque.

Le contrôle prédictif basé sur les individus a commencé en 2009 par une tentative d’appliquer une approche de santé publique à la violence. Le but est d’identifier les facteurs à risque prédictifs et tenter de pallier les causes environnementales sous-jacentes. Les enquêteurs de Chicago ont développé un algorithme pour que la police se focalise sur les individus à haut risque en analysant : l’historique des interpellations pour crimes violents, les crimes liés à l’armement ou aux stupéfiants, l’âge lors de l’interpellation la plus récente (mineur, note élevée), les incidents où l’individu a été victime d’une agression et la ligne de tendance de l’activité criminelle (que le taux soit croissant ou décroissant). Un ordinateur classe alors les variables et donne une note de menace relative pour établir la probabilité d’utilisation d’une arme à feu.

La police affirme que le mécanisme d’orientation agit en indiquant le haut pourcentage de victimes de coups de feu pouvant être prédit avec précision. Les détracteurs ont souligné que l’objectif est excessif et inefficace, car des dizaines de milliers d’individus sont inclus sous des notes élevées alors qu’ils n’ont aucun antécédent d’interpellation préalable pour crimes violents.

On craint que la notation des niveaux de menace n’affecte l’équité de l’interaction de la police à l’égard des gens dans les rues. Les notes à haut risque guident les stratégies d’interruption de la violence qui influent sur les contacts de la police et se trouvent sous sa haute vigilance. Par ailleurs, la notation du degré de menace altère les décisions quotidiennes de la police quant à l’usage de la force et la suspicion raisonnable. En fin de compte, lorsque la police est informée qu’une personne présente une note de menace élevée, cette information fait augmenter le niveau de suspicion criminelle et de danger perçu, en provoquant des interactions plus fréquentes et agressives à l’égard des individus que l’algorithme considère « à haut risque ».

Le biais peut aussi entraîner le système. Comme le décrit l’enquête de la Division des droits civils du département de la Justice de 2017 du Chicago Police Department, les modèles de discrimination raciale restent un problème réel. Alors que l’on pourrait espérer que la justice algorithmique permette d’éviter le biais humain, la réalité est que ces données (et notamment les interpellations) se voient affectées par les décisions arbitraires de tous les agents de police lorsqu’ils patrouillent ou enquêtent sur un suspect. Ainsi, même si les mathématiques du Big Data peuvent être « objectives », les données enregistrées ne sont pas à l’abri de biais humains qui faussent les résultats finaux. 

Liens en rapport

https://notesdeseguretat.blog.gencat.cat/2018/02/19/levaluation-de-la-police-predictive-le-cas-du-bade-wurtemberg-allemagne-encore-de-nombreuses-zones-dombre/

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Union européenne: amélioration de la sécurité urbaine pour les personnes handicapées

L’Europe est un continent urbain. Quatre individus sur cinq vivent en ville. Pour les quelques 80 millions de citoyens européens frappés d’un certain degré d’invalidité, se rendre en ville s’avère très compliqué. Les personnes handicapées ou à mobilité réduite sont en droit de se déplacer de façon indépendante ; ainsi donc, n’y aurait-il pas une autre manière d’aménager les villes pour qu’elles soient plus accessibles à tous ?

WheelchairLa dernière stratégie publiée par l’Union européenne concernait les droits des passagers ferroviaires. Certains membres du Parlement européen ont manifesté leur volonté de renforcer les droits des passagers ferroviaires sur tout le territoire européen. Les parlementaires considèrent qu’il devrait y avoir une compensation financière plus importante en cas de retard et demandent aussi davantage d’assistance aux personnes handicapées. Toutes les entreprises ferroviaires devraient garantir l’assistance gratuite aux personnes handicapées ou à mobilité réduite. De même, elles devraient garantir une compensation totale pour la perte ou les dommages affectant les dispositifs de mobilité ou les chiens guides.

En 2011, L’Europe a introduit les premiers droits intégrés des passagers englobant tous les moyens de transport. Pour une meilleure consolidation de ces droits, la Commission a procédé à leur révision en septembre de cette même année. Ainsi, 10 droits des passagers ont été définis : en ce qui concerne la non-discrimination, l’accessibilité, l’information, l’assistance, la compensation, la responsabilité ; et leur application à tous les moyens de transport. Sur la feuille de route pour la création d’une politique unique des transports en Europe, la Commission a souligné la nécessité de systèmes de qualité, accessibles et sûrs, pour tous les services de transport, comme moyen de promouvoir le transport public. Elle a aussi insisté sur la nécessité de rendre plus accessibles les moyens de transport aux personnes âgées et handicapées ou à mobilité réduite.

De plus, l’Union européenne travaille à l’aboutissement d’une législation commune dans tous les États membres pour pouvoir répondre à tous les besoins fondamentaux des personnes handicapées, indépendamment du pays européen où elles se trouvent. Par exemple, si une personne frappée d’une invalidité reconnue se rend dans un autre pays de l’UE, elle peut perdre son droit à certaines prestations nationales telles que l’utilisation gratuite ou à tarif réduit des transports publics.

D’après les Nations unies, différents groupes de population peuvent être exposés à des risques similaires en raison des effets négatifs de la ville, occasionnés par l’environnement et les êtres humains eux-mêmes. Mais leur vulnérabilité dépendra de leurs conditions socioéconomiques, de leur pouvoir civique et social et de leur possibilité d’accéder à des moyens de mitigation et de secours. Actuellement, il y a de nombreux projets à l’échelle locale qui visent l’amélioration de la sécurité routière et urbaine.

Le réseau de projets locaux peut créer une tendance et influencer d’autres villes européennes.

Liens

https://eur-lex.europa.eu/legal-content/ES/TXT/PDF/?uri=CELEX:52010DC0636&from=EN

http://fra.europa.eu/en/publication/2018/fundamental-rights-report-2018-fra-opinions

https://www.debatingeurope.eu/2016/04/05/how-can-cities-be-made-more-accessible-for-disabled-people/#.W_J5rIdKipo

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Baisse significative et soutenue de la criminalité chez les jeunes en Australie

young offenders in AustraliaL’Institut australien de criminologie a publié les résultats d’une recherche menée à bien par Payne, Brown et Broadhurst sur le parcours criminel des générations d’individus nés en 1984 et en 1994. Il s’agissait d’étudier l’influence des tendances criminelles qui accompagnaient les premières années de la vie des individus. 1984 s’inscrivait dans une époque d’augmentation constante de la criminalité, tandis que 1994 montrait la tendance inverse. L’étude se centrait sur la population de l’État de Nouvelle-Galles du Sud qui, du reste, est le plus peuplé du pays. La génération de 1984 comprenait 83 328 individus contre 89 373 pour 1994.

Les résultats ont été très nets. Le pourcentage d’individus de moins de 21 ans ayant commis une quelconque infraction est passé de 9,5% à 4,8%. Si l’on ventile par types d’infractions, on constate que :

  • Les crimes violents sont passés de 2,6% à 1,8% (baisse de 42%).
  • Les atteintes aux biens sont passées de 3,8% à 1,7%.
  • Les atteintes à la santé publique (drogues) sont passées de 1,7% à 1,3%.
  • Les atteintes à l’ordre public sont passées de 3,3% à 1,9%.

En nombres absolus, les jeunes (-21 ans) de la génération de 1984 ont commis 7 900 infractions, tandis que ceux de la génération de 1994 en ont commis 4 341.

L’étude regroupe les délinquants par catégories : occasionnels (1 infraction), modérés (entre 2 et 4 infractions) et chroniques (5 ou plus). Dans ce cas, la comparaison montre que, sur la génération de 94, le taux relatif de délinquants chroniques est plus élevé. Alors que, sur la génération de 84, les chroniques commettent 23,1% du total des infractions, sur celle de 94, ils atteignent 31,5%. Ainsi, même s’il y en a moins que dans le premier groupe (1,5% contre 2,2%), il s’agit de délinquants beaucoup plus prolifiques.

Concernant les raisons de cette baisse de la délinquance chez les jeunes, l’étude constate les aspects suivants :

  • Augmentation de la sécurité de la propriété privée et publique (mesures de sécurité et conception des bâtiments et véhicules).
  • Croissance de la richesse sur le territoire de la Nouvelle-Galles du Sud, ce qui a amélioré le niveau de vie de ses habitants.
  • Diminution du temps pendant lequel les enfants sont dans la rue sans aucune sorte de surveillance (les activités en ligne à la maison sont contemplées comme l’une des raisons mais peuvent ouvrir les portes à d’autres types d’infractions sur le Net).
  • Diminution du nombre de jeunes qui entament incidemment une carrière criminelle.

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Le long chemin pour moderniser les statistiques sur la criminalité (2)

La semaine dernière, nous avons publié une note portant sur le nouveau classement des crimes et délits, proposé aux USA. Vous trouverez ci-après les principales conclusions et propositions du deuxième rapport, publié en 2018 par le même groupe d’experts et concernant le nouveau système de mesure de la délinquance.

Le nouveau classement opère un changement du concept de « délit » qui n’est ne repose plus sur une définition légale mais sur la conduite des individus. Le but est que, quelle que soit la source utilisée pour collecter les informations, les faits semblables soient assignés à la même catégorie. Par exemple, il faut éviter qu’un acte puisse être catalogué d’« agression sexuelle » dans l’enquête par sondage (de par la conduite qui le motive) et d’« abus sexuel » dans les données policières (de par la définition légale qui le régule). Pour ce faire, le nouveau catalogue élargit considérablement le nombre de catégories et contemple des faits qui n’étaient pas pris en compte auparavant.

À ce propos, une étape fondamentale était de découvrir les différences entre les faits contemplés dans les statistiques actuelles (à la fois dans les fichiers de police et dans les enquêtes de victimisation) et le nouveau classement : les caractérisations insérées dans certains cas correspondent à des faits émergents et, dans d’autres cas, il s’agit de catégories incluses maintenant dans les calculs statistiques bien que déjà considérées comme des  problèmes graves (dont les actes d’atteinte à l’environnement ou aux animaux).

La proposition présentée par le groupe d’experts ne consiste pas en la création d’un système de collecte de données totalement nouveau, mais préconise l’amélioration des systèmes actuels (tant pour ce qui est des données policières que des données issues des en enquêtes par sondage), en vue d’adapter la collecte de données aux nouvelles catégories. Elle prévoit aussi l’introduction de sources d’information complémentaires, notamment pour les catégories rajoutées au nouveau classement et celles susceptibles de compliquer l’obtention de données.

Par ailleurs, les experts rappellent que toutes les sources d’information peuvent ne pas collecter les mêmes données et que tous les actes criminels n’exigent pas le même type d’informations. À cet égard, le système doit aussi être flexible pour s’adapter à ces différences.

L’accent est mis essentiellement sur le système de collecte des données policières car, ces dernières années, il a moins évolué que celui des enquêtes par sondage qui a fait l’objet de processus d’amélioration et de révision plus continus. Pour faire en sorte que l’évolution du nouveaux système soit viable, le rapport propose d’implanter progressivement les améliorations aussi rapidement que possible, lorsqu’on atteint des niveaux minimums, et de continuer à les perfectionner jusqu’à atteindre un niveau optimal.

Le plus gros inconvénient de l’actuel système est que ni le FBI ni le BJS (Bureau des statistiques judiciaires) ne dirigent de façon claire la collecte des données et que leurs responsabilités s’estompent. En conséquence, il n’y a pas eu de recoupement net entre certaines données et certaines autres. Les auteurs réclament donc la désignation d’un organisme à la tête de cette direction et recommandent de confier au Bureau chargé du budget et de la gestion institutionnelle la tâche d’étudier et statuer sur la manière de mener à bien la coordination et assurer la responsabilité de cette gestion conjointe ainsi que de la révision future du système de classement.

En résumé, on préconise ici le passage d’un système qui énumère les crimes connus, essentiellement à partir de plaintes, vers un système qui collecte des informations sur la délinquance afin que le système statistique permette d’analyser les données sous différents points de vue (géographiques, démographiques, sociologiques ou économiques) en fournissant des renseignements allant au-delà du simple recensement des infractions à la loi.

Les rapports complets peuvent être consultés sur :

Modernizing Crime Statistics

Report 1: Defining and Classifying Crime (2016)

Report 2: New Systems for Measuring Crime (2018)

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Le long chemin pour moderniser les statistiques sur la criminalité (1)

L’un des nombreux problèmes à résoudre dans le domaine de la sécurité n’est autre que la manière de connaître et mesurer les faits qui causent de l’insécurité, notamment les délits. Les principaux outils existants (statistiques policières et enquêtes sur la sécurité) sont complémentaires et présentent des avantages et des inconvénients car il s’avère compliqué de combiner les résultats obtenus grâce à ces derniers.

Des universitaires et autres spécialistes des États-Unis ont débattu, entre décembre 2013 et janvier 2017, sur la manière de moderniser les systèmes et instruments de mesure de la délinquance dans leur pays. La commande provenait de deux bureaux du département de la Justice, du  FBI et du Bureau des statistiques judiciaires (BJS pour son sigle en anglais) et devait couvrir trois domaines :

  • l’un substantiel : dresser un nouveau classement des crimes et délits ;
  • l’autre méthodologique : proposer un système de collecte de données ;
  • et un troisième lié à l’implantation : conseiller sur la manière de mener à bien la collecte de données.

Le premier rapport de ce groupe d’experts a été publié en mai 2016 et offrait une réponse au premier de ces domaines : le classement des actes criminels. Le but était d’avoir une vision d’ensemble des différents types de crimes à partir, entre autres sources, des données policières et des données des enquêtes par sondage.

L’actuel système de classement repose sur des critères établis entre 1929 et 1930 et a pour caractéristique de ne contempler qu’un petit nombre d’actes criminels qui sont régulés de manière très semblable partout aux USA. Donc, bien que s’agissant d’un classement pragmatique et utile, il est aussi trop rigide et trop strict, et l’une des vocations premières du nouveau système de classement est précisément de constituer un cadre permettant d’y introduire de nouvelles figures criminelles susceptibles de surgir dans le futur.

Le nouveau classement a un but statistique et fait en sorte que tout acte criminel puisse être répertorié dans une certaine catégorie, mais seulement une. Les définitions du classement mettent l’accent sur des comportements sans que pour autant ces derniers correspondent forcément aux qualifications pénales. Bien que le classement soit conçu par rapport aux infractions pénales, il tient compte aussi du fait que l’analyse se fera sur des incidents qui peuvent englober plus d’un acte criminel ou inclure une ou plusieurs victimes ou un ou plusieurs auteurs.

Outre la révision du système actuel et l’étude des précédents historiques et des besoins des différents utilisateurs de statistiques sur la criminalité, d’autres expériences en matière de modernisation des statistiques sont aussi analysées. Soulignons notamment le classement international des crimes à des fins statistiques (ICCS pour son sigle en anglais), approuvé par les Nations unies en 2015 et établi comme un standard qui est pris pour cadre de référence en y introduisant certaines modifications afin de prendre en compte la propre réalité du pays (comme, par exemple, les incidents avec armes à feu).

Ainsi, le nouveau classement proposé contient 11 catégories de premier niveau (plus génériques) qui, hormis quelques petites différences, correspondent à celles de l’ICCS :

  1. Actes qui conduisent à la mort ou tentent de causer la mort
  2. Actes qui portent atteinte ou tentent de porter atteinte aux personnes
  3. Actes injurieux de nature sexuelle
  4. Actes de violence ou menaces de violence aux personnes, liés aux biens
  5. Actes d’atteinte aux biens seulement
  6. Actes liés aux substances contrôlées[1]
  7. Actes liés à la fraude, l’escroquerie ou la corruption
  8. Actes d’atteinte à l’ordre public et à l’autorité
  9. Actes d’atteinte à la sécurité nationale
  10. Actes d’atteinte à l’environnement ou aux animaux
  11. Autres actes criminels non classés dans les autres catégories

Ce premier niveau de catégories est divisé, de façon plus ou moins détaillée, jusqu’à un maximum de quatre niveaux (X.X.X.X), pour obtenir ainsi 189 catégories différentes (l’ICCS compte 230 catégories).

Le classement est accompagné d’attributs ou étiquettes qui permettent une exploitation supplémentaire, voire un reclassement ultérieur. Ces attributs sont liés à l’incident ou aux différents auteurs, victimes ou infractions associés à chaque incident.

La semaine prochaine, nous complèterons ces informations par le résultat du deuxième rapport, publié en mars 2018, qui propose le système de collecte de données et la manière de l’implanter.

Le rapport complet peut être consulté sur :

Modernizing Crime Statistics

Report 1: Defining and Classifying Crime (2016)

[1] Y compris narcotiques et stupéfiants interdits ou régulés par les lois, ainsi que leurs précurseurs.

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Europol s’allie avec des corporations privées pour construire un espace cybernétique

La corporació BT –btplc.comLa corporation BT – btplc.com, une des entreprises de sécurité informatique les plus puissantes au monde – a signé un mémorandum d’entente avec Europol pour partager des connaissances sur les menaces et attaques cybernétiques. Ainsi, les deux organisations unissent leurs efforts pour créer un espace cybernétique destiné au public, aux entreprises et aux gouvernements, moyennant l’échange de renseignements, la détection de menaces et la protection des données.

Le Centre européen de lutte contre la cybercriminalité (EC3) considère que cette entente entre Europol et la société BT renforcera les capacités et l’efficacité dans la prévention, la persécution et la neutralisation de la criminalité en ligne. Ce type de coopération professionnelle entre Europol et l’industrie est une bonne manière de garantir le cyberespace aux particuliers et aux entreprises en Europe.

Le mémorandum estime que la coopération transfrontalière est la clé pour endiguer cette épidémie mondiale qu’est la cybercriminalité. Il considère qu’il faut davantage partager le renseignement, l’expérience et les pratiques en matière de sécurité cybernétique pour aider les organisations concernées à localiser et prendre des mesures contre les bandes organisées de cybercriminels dans les recoins les plus obscurs du Net.

Dès le début de l’année, le premier fournisseur au monde de télécommunications a commencé à partager des renseignements sur les logiciels et sites malveillants avec d’autres fournisseurs d’internet grâce à un portail en ligne : la plateforme d’échange d’information sur les logiciels malveillants (PSIM). Depuis la mise en marche de la plateforme, l’équipe mondiale de BT, avec plus de 2 500 experts en sécurité cybernétique, a bénéficié de collaboration pour identifier et divulguer plus de 200 000 domaines malveillants. Chez BT, les récepteurs de renseignements ont la capacité d’adopter des mesures spécifiques contre les menaces identifiées.

Europol a créé le Centre européen de lutte contre la cybercriminalité (EC3) en 2013 pour renforcer la réponse à la cybercriminalité et faire appliquer la loi dans l’Union européenne. Il y a aussi le Joint Cybercrime Action Taskforce (J-CAT) dont la vocation est de favoriser le renseignement et l’action coordonnée contre les principales menaces et les objectifs de la cybercriminalité en aidant ses partenaires dans l’identification, la priorisation, la préparation et le lancement d’enquêtes et opérations transfrontalières.

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Scénario 2050 : aucun mort sur les routes des États-Unis

The road to zeroLes accidents de la route ont constitué en 2015 la dixième cause de mortalité dans le monde, d’après l’Organisation mondiale de la Santé. C’est donc un problème planétaire sur lequel de nombreux pays essaient d’intervenir. Aux USA, des chercheurs de la Rand Corporation ont publié une étude dont le scénario se situe en 2050 et imagine que c’est la première année sans mortalité sur les routes du pays.

Le point de départ est la situation actuelle, selon laquelle 100 américains meurent chaque jour dans des accidents de la route impliquant des véhicules à moteur. Il s’agit d’un fléau qui touche majoritairement des jeunes âgés de 15 à 24 ans, des hommes et des individus vivant en milieu rural. Or, bien que la mortalité sur les routes soit en baisse constante depuis des décennies (11 300 victimes de moins entre 1985 et 2011), on a constaté une recrudescence considérable ces dernières années : en 2016, les accidents de la route ont fait 5 000 morts de plus qu’en 2011.

Ainsi, les chercheurs s’imaginent vivre en 2050, première année sans mortalité sur les routes grâce à quatre facteurs : primo, pratiquement tous les véhicules sont équipés de dispositifs automatisés ou d’aide à la conduite ; deuxio, les routes sont conçues de manière à limiter la vitesse aux endroits où la sécurité est déficiente ; tertio, les systèmes d’alerte des secours et les soins aux blessés sont améliorés, ce qui réduit la mortalité dans les accidents ; et enfin, étant donné que les accidents de la route ont diminué, les Nord-américains les jugent de moins en moins acceptables.

Pour parvenir à ce scénario, entre 2018 et 2050, il faudrait implanter des mesures sur trois grands axes.

  • Multiplier les efforts et les investissements à l’égard des programmes et politiques qui se sont avérés efficaces. Ces politiques s’entendent au sens large : changements de réglementation, modifications dans les infrastructures ou amélioration de la formation routière.
  • Accélérer l’implantation des technologies de pointe. Les systèmes d’aide ou d’assistance à la conduite sont de plus en plus courants dans les nouveaux véhicules qui se rapprochent peu à peu de la conduite automatique. Les accords entre constructeurs automobiles et développeurs et fournisseurs de technologies seront, entre autres facteurs, la clé dans cette optique.
  • Privilégier la sécurité avant tout. Il faut que les Américains adoptent une nouvelle culture de sécurité, basée sur la conscience, l’éducation et le renforcement constant, à la fois au plan individuel et collectif. Avec ce nouveau système de sécurité, tous les conducteurs seraient conscients que chacun d’eux, occasionnellement mais inévitablement, peut commettre une erreur et provoquer un accident. Ce corollaire mènerait à une amélioration du système routier sur tous les plans (routes, véhicules, conducteurs, services de secours) de sorte que, dans l’éventualité où cette erreur se produirait, les conséquences n’en seraient pas fatales.

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Des universités nord-américaines vont créer une base de données sur les fusillades dans les écoles

Après la fusillade dans une école du Kentucky en janvier 2018, suivie d’une autre plus sanglante en Floride, il a été décidé de créer une base de données nationale sur ce type d’incidents. Le projet est financé par l’Institut national de la justice et sera mené à bien par trois universités : le John Jay College de New York, l’Université du Texas à Dallas et l’Université de l’État du Michigan. Le directeur de projet est le professeur Joshua Freilich du John Jay College. Cette base de données devra contempler non seulement les incidents mortels mais aussi les cas où il y a eu des blessés et les suicides survenus dans le contexte scolaire.

En dépit de la grande dépense consacrée aux études sur la violence scolaire depuis 2012 (actuellement réduite par le président Trump), l’un des problèmes fondamentaux rencontrés jusqu’ici pour articuler des politiques préventives a été le manque de données empiriques sur la violence scolaire aux États-Unis. Il est absolument nécessaire de collecter et traiter de façon objective les données concernant tous les incidents de ce type afin d’en analyser les contextes et identifier des facteurs et des profils à risque.

La base de donnée contemplera toutes les fusillades recensées dans les écoles depuis 1990 jusqu’au 31 décembre 2016, dès l’instant qu’elles auront causé au moins un blessé. Les objectifs sont les suivants :

  • Déterminer la nature du problème et apporter des éclaircissements sur les caractéristiques des fusillades qui ont eu lieu dans les écoles.
  • Bâtir un profil complet des auteurs et proposer des indicateurs causaux pour essayer de voir si les incidents individuels et massifs sont comparables.
  • Comparer des incidents mortels et non mortels en essayant d’identifier des actions qui pourraient être utilisées pour réduire les dommages causés par les fusillades.La base de données sera publiée au printemps 2019 et, grâce à celle-ci, on espère obtenir une connaissance mieux étayée des raisons qui favorisent ces incidents ainsi qu’une évaluation des stratégies visant à accroître la sécurité dans les écoles.

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Les États-Unis d’Amérique établissent des protocoles pour l’utilisation des outils de reconnaissance faciale

Face recognitionLes technologies de reconnaissance faciale sont des outils développés ces dernières années, qui peuvent très nettement favoriser le travail de la police. Toutefois, en les adoptant, il faut prendre en compte un certains nombre de contraintes, tant du point de vue légal (essentiellement de par l’assujettissement à des aspects de confidentialité au moment de la collecte, du stockage et du traitement des images) que sur le plan technique (la précision de l’identification ou la sécurité des dispositifs qui les utilisent, entre autres). Le département de la Justice des États-Unis d’Amérique a élaboré et mis à la disposition des polices du pays un guide pour la mise en œuvre de ces systèmes, portant notamment sur les questions relatives à la confidentialité.

Et cela, entre autres raisons, parce que les manquements dans le développement et l’implantation de ces dispositifs ainsi que les dysfonctionnements dans leur utilisation peuvent impliquer des risques potentiellement sérieux, tant pour ce qui est de la responsabilité civile qu’en ce qui concerne la perception négative que cela peut susciter auprès des populations. De plus, étant donné que la législation des États-Unis applicable à ces systèmes est disparate et compliquée, le département de la Justice souhaite minimiser les risques liés à la confidentialité et établir, par ailleurs, certains éléments minimums ou communs dans des domaines tels que la formation et l’entraînement de leurs utilisateurs et concernant la supervision et la responsabilité des organismes.

Le document comprend une introduction passant en revue les technologies de reconnaissance faciale et offrant des instructions d’utilisation du document ainsi qu’une liste de ressources (concernant les questions techniques, aspects légaux et autres ressources complémentaires). Le corps principal du document est un guide permettant aux agences et autres organismes désireux de mettre en place un dispositif ou programme de reconnaissance faciale de couvrir la plupart des éventualités. Dans certains cas, il suffira de copier-coller le contenu et y ajouter le nom des organismes concernés ; pour le reste, le guide contemple plusieurs cas de figure afin que ces agences ou organismes puissent choisir lequel est le mieux adapté à leur situation, à leurs besoins ou au dispositif qu’ils souhaitent implanter.

Les différents paragraphes traitent de questions de motivation, de législation, d’utilisation des systèmes et de l’information qu’on en obtient, de traitement de l’information, de responsabilité et de formation des utilisateurs.

Le document est accessible au lien suivant :

https://www.bja.gov/Publications/Face-Recognition-Policy-Development-Template-508-compliant.pdf.

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Predvol, l’outil de la police française pour prédire les zones à risque de vol de véhicules, améliore le dispositif policier

En 2015, l’équipe de l’Administrateur général des données (AGD) au sein de la Direction interministérielle du numérique du système d’information et de communication de l’État français (DINSIC)[1] a développé, en collaboration avec le Service des technologies et des systèmes d’information de la sécurité intérieure [ST(SI)2], un modèle de prédiction des vols liés aux véhicules. Cette collaboration a permis de créer Predvol, un outil d’aide aux policiers dans la prise de décisions, qui prédit quotidiennement les risques de vol, présente un historique des vols commis et un classement par quartier en fonction du type d’infraction qui y sont commises.


Predvol a été optimisé pour être utilisé sur tablette tactile et a été mis en pratique dans le nord de la France, notamment dans l’Oise, un département particulièrement touché par les vols de véhicules. Plus précisément, les gendarmes l’ont intégré en tant qu’outil pour la prise de décision et l’ont testé à Compiègne, l’une des principales villes de l’Oise, depuis mai 2016. Par ailleurs, la brigade anti-criminalité de la Direction départementale de la sécurité publique de la police nationale l’a testé dans la ville de Beauvais, chef-lieu du département.

Ce programme est un outil prédictif[2] qui utilise un grand nombre de paramètres et algorithmes, permettant d’établir quelles variables sont les meilleurs prédicteurs pour prévenir les vols de véhicules.

Après six mois d’expérimentation, l’une des conclusions constatait que les dispositifs de police portaient moins leur attention sur les prédictions de vol quotidiennes et davantage sur la visualisation des faits survenus. C’est-à-dire que les prédictions étaient très efficaces mais ne faisaient que confirmer les zones à risque déjà connues de ces derniers ; en revanche, la simple représentation des incidents sur une carte impliquait des améliorations sur le service quotidien. Cette constatation a favorisé l’introduction d’améliorations dans la visualisation des infractions. La visualisation des infractions, dès qu’elles sont dénoncées, aide les policiers à collecter des données de qualité et offre de meilleurs résultats au dispositif de police.

Pour plus d’information, voir : https://agd.data.gouv.fr/2018/01/12/predire-les-vols-de-voitures/.

[1] La DINSIC est placée sous l’autorité du premier ministre, au sein de l’administration publique française, et est chargée de coordonner les actions des administrations en matière de systèmes d’information. http://www.modernisation.gouv.fr/mots-cle/dinsic ; https://lannuaire.service-public.fr/gouvernement/administration-centrale-ou-ministere_194230

[2] Autres modèles prédictifs : « régression logistique », « forêt aléatoire », XGBoost, Boosting, PredPol (predictive policing), cartes thermiques évolutives…

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