Évaluation des systèmes aériens pour la reconstruction de scènes de crime

Les professionnels de la sécurité tirent parti des TIC pour développer de nouvelles approches, plus efficaces, concernant la création et l’amélioration de stratégies innovantes en matière de prévention et de réponse à la criminalité. En ce sens, les nouvelles technologies de capteurs montés sur drones permettent une meilleure reconstruction des scènes de crime, parallèlement au modèle traditionnel, c’est-à-dire avec l’inspection physique de l’agent sur les lieux du crime.

Afin d’analyser les caractéristiques et les différences entre le système aérien (drone) et le système terrestre (par balayage laser), trois simulations de scènes différentes en extérieur ont été réalisées au Crisis City Training Center près de Salina, au Kansas, telles que prévues dans le rapport de 2021 du National Institute of Justice (Institut national de justice) des États-Unis intitulé « Evaluating Aerial Systems for Crime-Scene Reconstruction »[1] : (1) une scène urbaine recréant un vol de voitures et une fusillade avec des vitres brisées, des douilles de balles et des mares de sang, (2) une forêt où a eu lieu un suicide et où se trouvent des bouteilles d’alcool vides et des stupéfiants, et (3) un champ ouvert avec une tombe clandestine, une pelle, un téléphone portable et des vêtements.

D’une part, les résultats de ces simulations ont fait ressortir des différences en faveur du système aérien par comparaison au balayage laser terrestre : (1) il n’oblige pas le personnel de la police scientifique à parcourir la scène du crime, évitant ainsi les risques de contamination et/ou de destruction des preuves, ainsi que les risques de blessures corporelles dans des environnements dangereux, (2) il permet une capture plus rapide des données de l’ensemble de la scène du crime, (3) il est plus abordable, à un prix d’environ 15 000 $ (les lasers terrestres classiques coûtent environ 75 000 $) et (4) les informations étant capturées vues du ciel, ce système ne comporte pas d’angles morts, contrairement au balayage laser lorsqu’il n’utilise pas assez d’emplacement différents ou en cas d’obstacles.

D’autre part, le balayage laser permet d’obtenir des images plus précises des scènes, avec une marge d’erreur d’environ 1 mm, et de préserver la qualité pour les scènes de nuit et quelles que soient les conditions environnementales. En ce qui concerne le drone, la marge d’erreur était d’1 cm. De plus, dans le cas d’espaces ouverts comme la forêt, l’altitude plus élevée du drone (pour éviter de heurter la cime des arbres) a réduit la qualité de l’image. Il est également nécessaire de prendre en compte les variables atmosphériques (couverture nuageuse, température, vent, précipitations, etc.) qui influent sur l’efficacité des capteurs dans les airs.

Par conséquent, pour reconstruire des images 3D d’une scène de crime (simulée), la combinaison des systèmes de balayage terrestre et aérien est la solution la plus efficace. Elle permet de capturer plus rapidement les données de la scène de crime entière, tout en maintenant un niveau de précision plus élevé que chacune des deux méthodes de manière isolée. Il en résulte une technique non intrusive qui permet d’éviter toute contamination de la scène par les enquêteurs. Les résultats peuvent aider les agents, les avocats et les juges à parcourir la scène du regard à tout moment, même des années plus tard, et à vérifier des détails tels que les distances et les lignes de vue.


[1]   Rapport https://nij.ojp.gov/topics/articles/evaluating-aerial-systems-crime-scene-reconstruction

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Des radars sonores installés dans sept municipalités françaises

Pour la première fois, des radars sonores sont installés en France afin de surveiller les niveaux de bruit émis par les véhicules dans les zones limitées à 50 km/h. Les amendes encourues pour le dépassement des niveaux sonores autorisés pourraient s’élever à 135 euros.

Les nouveaux radars ont été installés dans sept municipalités. Le projet, qui se déroulera sur deux ans, a été lancé il y a quelques semaines. C’est la première initiative de ce genre en Europe, il faudra donc un certain temps pour évaluer les résultats et en tirer des conclusions.

L’introduction des radars de contrôle de vitesse en France il y a vingt ans avait considérablement réduit le nombre d’accidents de la route, contribuant ainsi à sauver des milliers de vies. L’utilisation de radars sonores est, pour l’instant, en phase de test. Ces capteurs pourront détecter et enregistrer les véhicules émettant un bruit excessif, un problème grandissant ces dernières années. L’espoir des autorités est de fixer une limite de pollution sonore et d’infliger une amende aux conducteurs qui la dépassent.

L’initiative fait suite à la nuisance croissante que les bruits de rue, notamment des motos et des scooters débridés, représentent pour les Français. Selon une étude de Bruitparif, un centre soutenu par l’État français qui surveille le bruit dans la région parisienne, un scooter débridé traversant Paris la nuit peut réveiller jusqu’à 10 000 personnes.

L’Agence européenne pour l’environnement a récemment publié une étude selon laquelle la pollution sonore provoquerait quelque 16 000 décès prématurés et 72 000 hospitalisations par an en Europe. Ces chiffres alarmants seraient dus en grande partie aux bruits du trafic routier.

Un rapport publié en 2011 par l’Organisation mondiale de la santé soulignait que le bruit était, après la pollution atmosphérique, le deuxième facteur environnemental qui causait le plus de problèmes de santé, augmentant le risque de troubles cardiovasculaires et d’hypertension artérielle.

D’après le nouveau décret paru au Journal officiel, les radars, qui sont équipés de microphones et de caméras pour capter la plaque d’immatriculation du véhicule en infraction, doivent être situés sur le côté de la voie.

Les premiers radars ont été installés à Saint-Lambert, dans les Yvelines, une commune qui figure souvent sur l’itinéraire des conducteurs de moto, de quad et d’autres véhicules similaires. Selon les mesures effectuées par l’agence Bruitparif, les niveaux de bruit dans cette zone se situaient l’année dernière entre 210 dB et 520 dB.

Des radars sonores seront progressivement installés dans d’autres municipalités, comme Nice ou Toulouse. Bien que la limite de décibels autorisée n’ait pas encore été établie, un maximum de 90 dB a été fixé pour les premiers tests.

Parallèlement à la mise en place des radars sonores, les limitations de vitesse seront réduites, et des arbres et arbustes divers seront plantés le long du périphérique parisien, souvent embouteillé. Dan Lert, adjoint à la maire de Paris et chargé de ce plan, a ajouté que les véhicules d’urgence recevraient l’ordre de baisser le volume de leurs sirènes la nuit.

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Remaniement fondamental de l’École de Police au Royaume-Uni

L’École de Police du Royaume-Uni a procédé à un important remaniement, destiné à améliorer le leadership, les normes et le professionnalisme de l’ensemble des forces de l’ordre, dans le but d’aider les policiers eux-mêmes et d’améliorer le service public. Ainsi, trois priorités clés ont été établies :

  • améliorer le professionnalisme, en veillant à ce que les fonctionnaires et le personnel aient accès au meilleur perfectionnement professionnel continu et à ce que la priorité soit accordée de manière appropriée ;
  • renforcer le leadership des agents et du personnel à tous les niveaux pour développer leurs compétences en matière de leadership ;
  • assurer une cohérence, en surmontant les faiblesses du modèle des 43 forces de l’ordre, afin d’apporter une cohérence là où elle est importante pour le public et ceux qui travaillent dans la police.

Ce remaniement de l’École de Police a été lancé en mars 2021 par son président, Nick Herbert, baron des South Downs et membre de la Chambre des lords. Les objectifs mentionnés visent à :

  • réaliser une évaluation du rôle de l’École, de son efficacité et de son fonctionnement aux côtés d’autres organisations dans le domaine du maintien de l’ordre ;
  • s’assurer que l’École soit hautement valorisée par tous les secteurs de la police, des agents de première ligne et du personnel aux chefs et commissaires de police.

La police devient de plus en plus complexe et la culture ainsi que les normes du service sont soumises à un examen de plus en plus minutieux.

Afin de relever ces défis, le remaniement a nécessité une consultation approfondie de personnes de différents rangs, grades et rôles au sein de la police, dans le but de connaître leurs attentes concernant l’École de Police. Elles consistaient en des entretiens individuels, des preuves écrites, des groupes de discussion, des visites aux forces de l’ordre et d’une enquête auprès d’environ 15 000 agents et membres du personnel.

Les personnes interrogées dans le cadre du remaniement ont reconnu que l’École avait réussi à résoudre les problèmes dans certains domaines critiques de la police, tels que la réponse à la pandémie de la COVID-19 et ont identifié les défis futurs pour le maintien de l’ordre.

Les défis identifiés sont les suivants :

  • le manque de développement professionnel ;
  • l’investissement insuffisant dans le développement du leadership à tous les niveaux ;
  • l’absence de réflexion stratégique coordonnée au sein de la police ;
  • la confusion quant aux responsabilités au niveau national ;
  • un équipement insuffisant pour répondre aux aspects numériques croissants de la criminalité.

Les améliorations suggérées afin de résoudre ces problèmes comprennent le fait que l’École agisse en tant que centre national pour le leadership de la police. De plus, il semble nécessaire de rendre les politiques et connaissances sur ce qui fonctionne plus accessibles aux personnes de première ligne par le biais d’une application de l’École, afin d’introduire une nouvelle approche cohérente pour le développement personnel de tous les membres de la police.

Grâce à ces changements, la police disposera de meilleures conditions pour relever les défis auxquels elle est confrontée, améliorer la confiance des communautés, réduire la criminalité et garantir la sécurité des citoyens.

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5 choses à prendre en compte concernant l’intelligence artificielle

Si l’intelligence artificielle (IA) fait l’objet de recherches universitaires depuis 1950 et d’une utilisation commerciale dans certains secteurs depuis des décennies, elle n’en est encore qu’à ses débuts dans tous les domaines.

L’adoption rapide de cette technologie, associée à des problèmes spécifiques en matière de confidentialité, sécurité et responsabilité, a donné lieu à des efforts visant à garantir son utilisation éthique et légale.

Sur le site Web spécialisé Abajournal, les auteurs Brenda Leong et Patrick Hall exposent cinq choses à prendre en compte concernant l’intelligence artificielle.

1. L’intelligence artificielle est complexe, dynamique et probabiliste. Les algorithmes d’apprentissage automatique sont extrêmement complexes. Ils apprennent des milliards de règles à partir d’ensembles de données, puis appliquent ces règles pour obtenir une recommandation en sortie.

2. La transparence est une priorité d’ordre légal. La complexité des systèmes d’IA rend difficile la transparence, mais les organisations qui mettent en œuvre l’IA peuvent être tenues pour responsables si elles ne sont pas en mesure de fournir certaines informations sur leurs processus décisionnels.

3. La partialité est un problème considérable, mais pas le seul. Les systèmes d’IA apprennent en analysant des milliards de points de données tirés du monde réel. Ces données peuvent être numériques, catégoriques (comme le sexe et le niveau d’éducation) ou basées sur des images (comme des photos ou des vidéos). Comme la plupart des systèmes sont entraînés avec des données générées par les systèmes humains existants, les préjugés qui imprègnent notre culture imprègnent également les données. Ainsi, il ne peut y avoir de système d’IA impartial.

La confidentialité des données, la sécurité de l’information, la responsabilité du fait des produits et le partage avec des tiers, ainsi que les problèmes de performances et de transparence, sont des questions tout aussi importantes.

4. Les performances d’un système d’IA ne se limitent pas à la précision. Si la qualité et la valeur d’un système d’IA sont en grande partie déterminées par sa précision, celle-ci ne suffit pas à mesurer pleinement le large éventail de risques associés à ces technologies. À trop se concentrer sur la précision, on risque d’ignorer les questions de transparence, d’équité, de confidentialité et de sécurité d’un système.

Les experts en mégadonnées et les avocats, par exemple, doivent collaborer à la création de méthodes d’évaluation plus fidèles des performances de l’IA. Ces méthodes doivent tenir compte de l’éventail complet des performances dans le monde réel et des préjudices potentiels, comme les menaces pour la sécurité ou les insuffisances en matière de confidentialité.

5. Ce n’est que le début d’un travail difficile. Pour que leurs systèmes soient conformes aux réglementations, la plupart des organisations utilisant les technologies de l’IA doivent adopter des politiques liées au développement et à l’utilisation de ces technologies, et ont également besoin de recommandations.

Des chercheurs, des professionnels du domaine de l’IA, des journalistes, des militants et des avocats ont entamé ce travail afin de réduire les risques et les problèmes de responsabilités que présentent les systèmes d’IA actuels. Les entreprises commencent à définir et à mettre en œuvre des principes liés à l’IA, mais aussi à fournir des efforts sérieux en matière de diversité et d’inclusion au sein des équipes technologiques.

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Une étude sur la réponse de la police aux violences liées à l’honneur ou aux mariages forcés en Angleterre

Malgré ses bonnes intentions, la police ne reconnaît généralement pas correctement les violences liées à l’honneur, les mariages forcés ou les mutilations génitales féminines, et y apporte souvent une réponse inadaptée, les victimes ne bénéficiant pas du soutien nécessaire.

Jennifer Holton, responsable de l’organisation Citizens in Policing pour la police du Wiltshire, en Angleterre, met en lumière les principaux défis et les opportunités de changement qu’elle a identifiés dans sa propre étude et grâce à son expérience personnelle.

L’étude a été élaborée à partir d’un examen thématique des statistiques et de la recherche nationale dans le domaine, mais aussi grâce à l’implication des travailleurs de première ligne dans le sud-ouest de l’Angleterre.

Jennifer Holton critique le fait que les cours de formation, les conférences ou les études révèlent un mauvais travail de la police sans chercher ni proposer d’angle d’amélioration.

Elle documente également un certain nombre de questions clés, comme le signalement incorrect des infractions. Les infractions comme le harcèlement, le viol ou l’agression sont souvent considérées isolément, et l’appellation de violences liées à l’honneur n’existe pas, ce qui empêche de les signaler en tant que telles. Il est peu probable que l’on parvienne à un consensus sur cette infraction sans même qu’elle soit reconnue. De plus, sans statistiques précises, il est presque impossible d’obtenir des financements et d’effectuer des avancées supplémentaires dans ce domaine.

Près de la moitié des participants à l’étude ont déclaré qu’il existait dans leur organisation une personne à contacter pour obtenir de l’aide en cas de violences liées à l’honneur, mais la grande majorité ignorait qui était cette personne et comment la contacter.

La disparité des rapports est également démontrée dans les statistiques, notamment celles relatives aux mutilations génitales féminines. Selon les statistiques des services de santé nationaux (National Health Service), de 2018 à 2019, 6415 femmes présentant des signes de mutilation génitale se sont rendues dans un établissement de santé. Toutefois, les poursuites fructueuses pour ce type de crime se comptent encore sur les doigts de la main.

En 2019, 1355 cas ont été transmis à l’unité des mariages forcés pour qu’elle prodigue ses conseils. Parmi ces cas, 64 % ont été signalés par des travailleurs, 18 % par des victimes et 18 % par des amis ou membres de la famille de manière anonyme.

La faible proportion de cas dénoncés par les victimes accentue l’importance du rôle des travailleurs. Cependant, de nombreux travailleurs ne sachant pas nécessairement comment les signaler eux-mêmes, on observe un problème de sous-signalement par de multiples sources.

La responsabilité des travailleurs en matière de détection des signes ou symptômes éventuels est d’autant plus grande que la plupart des victimes n’en parlent qu’à une personne de confiance, généralement un ami proche ou un membre de la famille.

Pour une personne jeune et vulnérable risquant d’être victime de violences liées à l’honneur, seuls les travailleurs peuvent fournir un cadre fiable permettant de dénoncer quelqu’un en toute sécurité et de manière indépendante. Jennifer Holton souligne que ce sujet n’est pas abordé dans les écoles, où les discussions sur la question devraient pourtant être encouragées.

Elle explique également qu’il n’existe pas d’organisation consacrée à ce problème et chargée de veiller à ce que des mesures soient prises. Faire face à ce problème devrait être la responsabilité de tous, cependant, ce n’est la responsabilité de personne.

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Un modèle de prédiction des cambriolages de domicile en Catalogne

Le 22 novembre, le Dr Pere Boqué Busquet, chef de la police de la Generalitat (Mossos d’Esquadra), a lu sa thèse de doctorat à l’Université de Gérone, intitulée Modèles mathématiques pour la prédiction des cambriolages de domicile en Catalogne. Dirigée par le Dr Marc Saez Zafra et la Dre Laura Serra Saurina, la thèse analyse l’état de ce qu’on appelle le « predictive policing » et, comme son titre l’indique, propose un modèle mathématique permettant de prédire dans quelles zones de Catalogne ce type de délit est le plus susceptible de se produire à un moment donné.

L’un des premiers problèmes mis en évidence par le Dr Boqué est que les modèles de prévision appliqués dans d’autres parties du monde (notamment aux États-Unis) ne sont pas valables en Catalogne. Entre autres problèmes, la configuration territoriale et urbaine implique que les modèles de victimisation répétée (qui constituent une partie de la base de ces modèles) ne peuvent pas être directement transférés à notre contexte. Cependant, en divisant le territoire en cellules de 5 km, on a pu observer comment les cambriolages de domicile suivent des schémas temporels en vagues ou en rafales et peuvent donc être prévisibles. Si la police pouvait détecter l’origine des cambriolages, elle pourrait empêcher son évolution (les réplications ou les répétitions). Ce résultat est rapporté dans l’article publié dans la revue scientifique European Journal of Criminology, « Surfing’burglaries with forced entry in Catalonia: Large-scale testing of near repeat victimization theory » de Pere Boqué, Laura Serra et Marc Saez (novembre 2020).

Le reste des résultats de la thèse, et la concrétisation du modèle, sont présentés dans deux autres articles. D’une part, un processus de Cox log gaussien est appliqué afin d’explorer la possibilité de prévision à une plus petite échelle, dans des cellules de 500 m voire même de 250 m et 100 m. On conclut que le modèle de victimisation répétée à petite échelle, bien que détecté également en Catalogne, est insuffisant pour modéliser la dynamique globale des cambriolages.

D’autre part, on propose de surmonter cette limite avec un « nouveau modèle spatio-temporel de victimisation qui étend le concept de répétition à proximité à celui de répétition dans plusieurs zones, généralement similaires et qui peuvent être éloignées les unes des autres ». Ces « groupes de zones qui ont tendance à être victimisées en même temps », dénommés « constellations de cambriolages », forment un ensemble fixe, restreint et temporellement stable sur lequel il est également possible de construire des modèles prédictifs.

Ces deux derniers articles sont en attente de publication. Pour cette raison, la thèse de doctorat n’a pas encore été publiée.

Au-delà de l’efficacité du modèle mathématique, et comme l’a souligné le Dr Boqué à la fin de sa thèse, la difficulté du « predictive policing » ne réside pas tant dans la partie prédictive, à savoir s’il est possible ou non de prédire la criminalité, que dans la fonction de la police : quelles sont les actions préventives pouvant être mises en place pour réduire la probabilité que les délits prédits soient finalement commis. Ce n’est que lorsque ce modèle sera appliqué que l’on découvrira les véritables possibilités de la prévention de la criminalité. En tout état de cause, il est clair que la connaissance de la dynamique des schémas spatio-temporels de la criminalité donne un avantage à la police, ce qui devrait être utilisé à bon escient.

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Une application mobile pour améliorer la sécurité et la prévention

Pour les villes, maintenir la coexistence pacifique et favoriser la cohésion sociale n’est pas un travail facile et constitue toujours un défi. La technologie peut s’avérer très utile pour favoriser une meilleure communication entre les citoyens, l’administration publique et les forces de l’ordre.

La ville de Cornellà de Llobregat (province de Barcelone) a décidé de miser sur la technologie, avec une application mobile de sécurité publique, née en décembre 2013 d’une initiative conjointe de la mairie de la ville et de l’entreprise privée Einsmer. Il s’agit d’une application très intuitive, facile d’utilisation et accessible à tous, qui vise à garantir la sécurité tous les jours de l’année.

Cette application permet aux citoyens de Cornellà de Llobregat de notifier à la police municipale tout incident observé dans la ville, composer rapidement les numéros d’urgence, recevoir des alertes et des avertissements généraux ou personnalisés, localiser plus facilement les personnes vulnérables, envoyer des messages d’urgence géolocalisés au centre de commandement de la police locale, et obtenir et livrer des informations pédagogiques relatives à la sécurité préventive et aux premiers secours.

De même, le système qu’utilise cette application permet une coopération interterritoriale qui non seulement optimise les ressources et les services entre les communes et les forces de l’ordre, mais renforce également la coopération entre les administrations, en plus de donner aux citoyens un plus grand pouvoir d’agir. Cet outil technologique doit être compris comme un complément au travail effectué par la police municipale de Cornellà, régie par le plan de sécurité locale (PLASECOR), qui comprend des actions de prévention pour éviter les conflits avant qu’ils ne se produisent. L’application favorise la participation des différents acteurs de la sécurité, la prise de responsabilités dans sa mise en œuvre et la promotion du travail conjoint et transversal des différents corps des forces de l’ordre et des citoyens.

La polyvalence de l’application permet également de s’adapter à des besoins ponctuels ou aux nouvelles stratégies d’approche proposées par l’administration. Par exemple, en 2019, la mairie de Cornellà de Llobregat et l’entreprise Einsmer ont mis en place une nouvelle fonction d’alerte dans l’application visant exclusivement à aider les femmes dans des situations de violence machiste ou victimes de harcèlement de rue.

Le système comprend deux niveaux de sécurité. Le niveau 1, destiné uniquement aux femmes en situation de violence machiste et dont l’agresseur a reçu une injonction d’éloignement à leur égard, permet de déclencher une alerte sans même déverrouiller le téléphone. Le niveau 2, destiné aux femmes victimes de harcèlement de rue, permet de déclencher une alerte à partir de l’écran de démarrage du téléphone et de contacter directement le centre de commandement de la police municipale.

Dans les deux cas, les alertes de sécurité arrivent immédiatement à la police locale grâce à une fonction de géolocalisation et de traçage, qui active un protocole d’assistance et avertit l’agent de police local le plus proche de la personne concernée afin qu’il s’en occupe au plus vite. De plus, les données de l’utilisateur ne sont jamais partagées et ne sont visibles que par les policiers lorsque le citoyen demande de l’aide.

Afin de pouvoir partager des initiatives similaires avec d’autres villes, la mairie de Cornellà de Llobregat vient de rejoindre les réseaux de communes d’EFUS et FEPSU.

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Une technologie de reconnaissance faciale déclarée illégale au Canada

La pratique controversée de la société Clearview consistant à collecter et à vendre des millions d’empreintes faciales a fait face à une forte opposition de la part d’un commissaire canadien.

Clearview, fondée en 2017 par l’homme d’affaires australien Hoan Ton-Thatand, travaille à la collecte d’« empreintes faciales », des identifiants biométriques uniques similaires aux empreintes digitales ou au profil ADN de chaque individu, à partir de photos que les personnes publient en ligne.

Les autorités canadiennes ont déterminé que la collecte de données de reconnaissance faciale par Clearview était illégale parce qu’elle enfreignait les lois fédérales et provinciales sur la confidentialité. Il s’agit d’une victoire pour la confidentialité personnelle qui pourrait créer un précédent pour d’autres défis juridiques concernant cette technologie.

Une enquête conjointe menée par les autorités sous la direction du Bureau du commissaire du Canada a abouti à cette conclusion, affirmant que la société basée à New York, qui rassemblait des milliards d’images de personnes provenant d’Internet, représentait une surveillance massive, transgressant ainsi certains droits de confidentialité des Canadiens.

En outre, l’enquête a révélé que Clearview avait recueilli des informations biométriques très sensibles à l’insu et sans le consentement des personnes concernées. Par la suite, elle a utilisé et diffusé ces informations personnelles à des fins inappropriées, qui le resteraient même si ces personnes y avaient consenti.

Depuis 2019, la société a été confrontée à des défis juridiques liés à ses pratiques technologiques et commerciales, qui font partie d’une question plus vaste sur les technologies de reconnaissance faciale développées par une multitude d’entreprises, notamment Microsoft et IBM.

Jusqu’à présent, Clearview a accumulé dans une base de données des milliards d’empreintes faciales, qu’elle vend à ses clients. Elle permet également d’accéder à une application pour smartphones permettant aux clients d’utiliser la photo d’une personne inconnue pour recevoir instantanément un ensemble de photos correspondantes.

L’un des arguments les plus importants en faveur de sa société que Hoan Ton-Thatand a avancé dans les rapports publiés est qu’il y a un grand avantage à utiliser sa technologie pour faire respecter la loi et la sécurité nationale, ce qui dépasse les préoccupations de respect de la vie privée. En outre, Clearview ne serait pas en faute si les forces de police n’utilisaient pas correctement sa technologie.

Cette décision au Canada aidera probablement à prendre d’autres décisions juridiques non seulement sur la technologie de Clearview, mais également sur la reconnaissance faciale en général. En mai 2020, l’association American Civil Liberties Union a poursuivi Clearview pour atteinte à la vie privée dans l’Illinois, une affaire toujours en cours. Les législateurs américains ont également proposé l’interdiction nationale de la reconnaissance faciale.

La technologie soulève également des questions d’inégalité liée à l’ethnicité et de possibilité de fausses accusations contre des innocents. En décembre, deux hommes noirs ont intenté une action en justice contre la police du Michigan, faisant valoir qu’ils avaient été faussement identifiés par la technologie de reconnaissance faciale, en particulier par le logiciel de reconnaissance faciale DataWorks Plus, utilisé par la police d’état du Michigan.

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Des policiers américains travaillent avec un chien robot

Plusieurs services de police des États-Unis ont déployé le chien robot cyber-K-9 dans différentes situations, comme par exemple lors de prises d’otages. Les partisans de leur utilisation disent que les robots peuvent aider à maintenir les policiers hors de danger, alors que les opposants s’inquiètent de la manière dont ils pourraient être utilisés sans directives politiques claires.

Il s’agit d’un robot équipé de caméras, de lumières et d’un système de communication bidirectionnel qui permet à l’agent qui le contrôle de voir et d’écouter son environnement en temps réel. Les services de police de New York (NYPD) ont acquis le robot en décembre 2020 et l’ont utilisé, jusqu’à présent, trois fois en service actif. La dernière utilisation remonte à quelques jours seulement, lorsqu’il a gravi les escaliers d’un appartement du Bronx à la recherche de deux suspects dans le cadre d’une enquête en cours.

Le robot, commercialisé sous le nom « Spot » par la société de robotique Boston Dynamics, coûte 74 000 dollars. Les agents de la police de New York ont déclaré qu’il s’agit d’une nouvelle technologie prometteuse qui pourrait sauver des vies et réduire les risques pour les policiers, collectant des informations dans des lieux à risque et éliminant la nécessité d’envoyer des humains dans des situations compliquées (l’automne dernier, par exemple, il a été utilisé pour envoyer de la nourriture lors d’une prise d’otages dans le Queens).

La police de New York a expliqué via Twitter qu’elle utilise des robots depuis les années 70 pour sauver des vies lors de prises d’otages et d’incidents préjudiciables. Ce modèle de robot est testé pour évaluer ses capacités par rapport aux autres modèles utilisés par les services d’urgence et les pompiers.

Le déploiement de cette technologie pour la surveillance policière soulève également d’autres questions, selon Jay Stanley, analyste politique principal de l’association American Civil Liberties Union. Le robot pourrait-il être autonome ? Est-ce un bon investissement à un moment où les communautés remettent en question les relations entre les policiers et les citoyens ?

L’une des questions est de savoir si la police sera transparente, aura des politiques claires pour utiliser cette technologie et veillera à ce que le public fasse partie de la conversation à chaque étape du processus.

Boston Dynamics, le fabricant du robot, a déclaré qu’une clause avait été ajoutée dans le contrat, précisant que Spot ne peut pas être utilisé pour causer des dommages physiques ou intimider les civils.

Le département de police d’Honolulu utilise un Spot principalement pour prendre des mesures dans une zone de tentes pour sans-abri pendant la pandémie de COVID-19. Cette utilisation a également fait sensation, pour différentes raisons : le chien robot a été acheté avec environ 150 000 dollars d’aide fédérale pour le coronavirus, selon le site Honolulu Civil Beat.

John McCarthy, directeur adjoint de la police de New York, a déclaré dans un communiqué que le robot avait d’autres utilisations liées à la pandémie, notamment les images thermiques et la livraison de nourriture et de médicaments.

Actuellement, une grande partie de ce travail est effectuée par des agents, dont certains sont payés en heures supplémentaires. À long terme, le robot Spot permettra d’économiser de l’argent et maintiendra les agents hors de danger.

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Le monde est-il prêt pour les drones à reconnaissance faciale ?

Alors que des entreprises de surveillance israéliennes sont en train de développer certains des premiers drones dotés de capacités de reconnaissance faciale avancées, la police américaine estime déjà qu’elle ajoutera bientôt cette technologie controversée à ses aéronefs sans équipage.

Signe de l’arrivée imminente de l’identification biométrique par voies aériennes, une start-up israélienne précédemment financée par Microsoft a breveté des technologies de reconnaissance faciale à partir de drones. AnyVision, basée à Tel-Aviv, a déposé une demande de brevet qui détaille la technologie permettant à un drone de trouver les meilleurs angles pour la reconnaissance faciale, avant de chercher une correspondance avec la cible en se référant aux visages stockés dans une base de données.

Le brevet vise à éliminer certaines des complexités de la reconnaissance faciale à partir d’aéronefs. Plusieurs problèmes évidents se posent lorsque l’on tente d’identifier quelqu’un à partir d’un drone : trouver un angle permettant de capturer correctement un visage, et obtenir des images de bonne qualité pendant que la personne est en mouvement. Ces problèmes font qu’il est beaucoup plus difficile d’obtenir des résultats via un drone qu’à partir d’images statiques.

Aux États-Unis, les agences militaires s’efforcent de trouver des solutions, comme le projet de reconnaissance faciale tactique avancée à distance du SOCOM (Commandement des opérations spéciales) ou l’initiative pour la reconnaissance biométrique, l’identification biométrique et l’identification à altitude et à portée biométriques de l’IARPA (Activité de projets de recherche avancée en renseignement).

Mais le secteur privé pourrait bien les prendre de vitesse. En décembre 2020, il a été révélé que la direction d’AnyVision s’était associée au fournisseur de la défense israélienne pour former une nouvelle entreprise commune appelée SightX. Lors des démonstrations fournies aux médias israéliens fin 2020, les petits drones de SightX ne disposaient encore d’aucune capacité de reconnaissance faciale, et les dirigeants avaient déclaré que cette fonctionnalité serait bientôt prête. On ignore si cette technologie sera exclusivement réservée aux militaires ou si elle sera vendue aux services de police.

Ce qui est clair, c’est que la technologie est prête à être lancée. Avi Golan, directeur général d’AnyVision, a déclaré à Forbes que, bien que sa société ne produise pas encore de drones à reconnaissance faciale, cela se concrétiserait rapidement. Il a souligné que les drones de livraison ont besoin de la reconnaissance faciale pour déterminer s’ils sont parvenus au bon destinataire. Amazon a déjà breveté une technologie similaire, indiquant des projets potentiels pour sa flotte expérimentale de livraison par drones.

En ce qui concerne les drones de police à reconnaissance faciale aux États-Unis, même si les services de police n’ont pas l’intention de les déployer immédiatement, ils devraient bientôt faire leur apparition.

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