Crise au Nigeria : pourquoi la réforme de la police est essentielle

La violence armée est devenue une véritable crise de sécurité au Nigeria, en particulier dans les régions du nord-ouest et du centre-nord du pays. Ce qui avait commencé par des attaques sporadiques s’est transformé en campagnes coordonnées de violence touchant des communautés entières.

Entre 2023 et 2025, plus de 10 000 personnes ont été tuées par des groupes armés dans le nord du Nigeria, principalement des femmes et des enfants. La vie rurale en est complètement bouleversée : agriculteurs enlevés dans leurs champs, voyageurs attaqués sur les routes, villages entiers déplacés. Dans certaines régions, les habitants doivent même payer des « taxes » aux bandits pour pouvoir procéder aux récoltes.

Selon Onyedikachi Madueke, doctorant sur la Sécurité au Nigeria à l’université d’Aberdeen, cette insécurité engendre la pauvreté, affaiblit la confiance dans l’État et pousse à l’émigration.

Les études sur le banditisme au Nigeria ont tendance à se concentrer sur des facteurs tels que la pauvreté, l’exclusion sociale ou les territoires non gouvernés. Mais un élément essentiel est souvent négligé : le manque de capacité institutionnelle de la police.

Certains résultats de la recherche d’Onyedikachi Madueke indiquent clairement que les forces de police présentent de graves insuffisances structurelles : sous-effectifs, sous-financement, mauvaises conditions de travail et organisation trop centralisée.

Ces lacunes ne sont pas seulement des problèmes administratifs, mais des facteurs qui favorisent des environnements dans lesquels la violence organisée peut se développer. Les conclusions sont divisées en quatre domaines principaux.

Crise des effectifs : trop peu d’agents pour trop de citoyens

Avec une population de 220 millions d’habitants, le Nigeria compte 370 000 policiers. Dans certaines municipalités du Nord, seuls 32 agents protègent des centaines de milliers de personnes. En outre, jusqu’à 80 % des policiers sont affectés à la protection de politiciens, d’hommes d’affaires, etc. Seule une minorité reste disponible pour les tâches policières proprement dites.

Sous-financement chronique

Le budget de la police pour 2024 était d’environ 808 millions de dollars, ce qui est bien inférieur à des pays comme l’Afrique du Sud ou l’Égypte. Les commissariats de police n’ont ni ordinateurs, ni papier ni accès à Internet. Les agents utilisent leur téléphone portable personnel. Les véhicules de patrouille manquent de carburant et les équipements spécialisés sont inexistants ou obsolètes.

Conditions de travail précaires

Un agent débutant peut être payé 44 dollars par mois, ce qui n’est pas suffisant pour vivre. Ils doivent payer leurs uniformes, leurs soins médicaux et vivre dans des baraquements délabrés, sans eau ni électricité. Les familles des agents décédés mettent souvent des années à obtenir une indemnisation. Cette précarité engendre démotivation et désengagement, avec de graves conséquences pour la sécurité nationale.

Structure trop centralisée

Les forces de police nigérianes sont contrôlées depuis Abuja, la capitale, et les gouvernements régionaux n’ont aucune autorité réelle sur les agents déployés sur leur territoire. Ce modèle centralisé limite la rapidité de réaction, entrave la confiance de la communauté et encourage les criminels à agir en toute impunité dans les régions où l’État est perçu comme inexistant.

Pour lutter contre la violence armée, la police doit être renforcée sur le plan institutionnel. Les mesures d’urgence doivent comprendre :

  • augmenter le recrutement de policiers, en particulier dans les zones rurales ;
  • améliorer les salaires et les conditions de vie des agents ;
  • décentraliser les forces de police et permettre la création de forces régionales et communautaires ;
  • garantir la transparence dans l’utilisation des fonds destinés à la sécurité, en particulier le fonds fiduciaire de la police.

Le renforcement de la police n’est pas seulement une question de gestion : il s’agit d’une étape fondamentale pour restaurer la confiance, assurer la sécurité et construire un avenir plus stable pour le Nigeria.

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Opération mondiale contre la traite des êtres humains

Une importante opération de lutte contre la traite des êtres humains a permis de protéger 1 194 victimes potentielles et d’arrêter 158 criminels présumés. Dans le cadre des enquêtes en cours, 205 autres suspects ont également été identifiés. La police s’est concentrée sur la traite d’êtres humains à des fins d’exploitation sexuelle, la criminalité forcée et la mendicité forcée, en prêtant une attention particulière aux cas impliquant des victimes mineures.

L’opération de cette année, désignée sous le nom de code « Global Chain », s’est déroulée du 1er au 6 juin 2025 et a été menée par les forces de l’ordre d’Autriche et de Roumanie, avec la coordination et le soutien d’Europol, de l’agence Frontex et d’INTERPOL. L’objectif était non seulement d’identifier et de démanteler les groupes criminels organisés responsables de la plupart des cas de traite des êtres humains, mais aussi de protéger les victimes, de saisir les actifs criminels et d’entamer des enquêtes de suivi.

L’opération a mobilisé près de 15 000 agents de 43 pays différents, notamment des membres des forces de l’ordre, des gardes-frontières, des inspecteurs du travail et des autorités fiscales et douanières. Des victimes potentielles ont été identifiées dans 64 pays différents, la plupart en Roumanie, en Ukraine, en Colombie, en Chine et en Hongrie. Un grand nombre d’entre elles avaient franchi les frontières de leur pays, voire même de leur continent, ce qui démontre le caractère mondial des systèmes de traite des êtres humains.

Les recherches montrent que la grande majorité des victimes d’exploitation sexuelle sont des femmes adultes, tandis que l’exploitation des enfants est principalement associée à la mendicité forcée et à la criminalité forcée, notamment en tant que pickpockets. Dans de nombreux cas, il est difficile de protéger les victimes, car elles sont souvent exploitées par des membres de leur famille.

Les délinquants étaient impliqués dans la traite des êtres humains à des fins d’exploitation sexuelle et de criminalité forcée dans plusieurs États membres de l’UE. Les victimes étaient généralement recrutées par le biais de la méthode du « lover boy », puis forcées à se prostituer. De plus, les victimes étaient contraintes d’escroquer leurs clients dans le but de leur soutirer de grosses sommes d’argent. Dans d’autres cas, les victimes devaient voler elles-mêmes leurs clients, ou encore les attirer dans des lieux isolés pour que les trafiquants puissent s’emparer de leurs biens.

Des saisies importantes ont également été effectuées, notamment : 277 669 euros en espèces, 1 tonne de cannabis, 899 unités d’autres stupéfiants, 30 armes à feu, 15 composants explosifs, 65 documents frauduleux et 5 biens immobiliers.

Europol, Frontex et INTERPOL ont soutenu l’opération, qui a également donné lieu à 182 nouvelles enquêtes grâce à la coordination internationale. Pour venir en aide aux agents de terrain et favoriser l’échange d’informations en temps réel, un centre de coordination regroupant des fonctionnaires de 33 pays a été créé au siège de Frontex à Varsovie, en Pologne.

Europol a soutenu l’opération en mettant à disposition plusieurs de ses experts, qui ont analysé les données et les ont comparées avec les bases de données de l’agence. Un expert d’Europol s’est installé au centre de coordination de Varsovie pendant toute la durée de l’opération, qui a duré une semaine.

INTERPOL a mis à disposition ses bases de données et ses notifications internationales, soutenu les enquêtes et mené des analyses pour traiter les cas qui se sont présentés au cours de l’opération.

Au cours des six jours d’intervention policière, les pays impliqués se sont appuyés sur les renseignements partagés pour organiser des descentes et procéder aux saisies. La présence des forces de l’ordre a également été renforcée dans des zones stratégiques et sur les principaux axes de transport afin d’identifier les victimes et les suspects. Quelque 15 000 agents ont contrôlé : 924 392 personnes, 842 281 documents, 181 954 véhicules, 5 745 vols et navires, et 20 783 lieux.

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Comment éviter les biais de l’intelligence artificielle dans les services de police ? Un guide pratique d’Europol

L’intelligence artificielle modifie radicalement le mode de fonctionnement des services de sécurité en Europe. Toutefois, leur utilisation n’est pas sans danger, notamment lorsque les algorithmes perpétuent, voire aggravent, les discriminations et les préjugés déjà présents dans la société. Pour relever ce défi, l’Innovation Lab d’Europol a publié un guide novateur intitulé « AI bias in law enforcement. A practical guide » (février 2025), qui examine la manière d’identifier et de réduire les biais algorithmiques dans le domaine de la police.

Les principes de ce guide se basent sur la loi européenne sur l’intelligence artificielle, qui fixe des normes élevées visant à garantir l’utilisation sûre, transparente et non discriminatoire de l’intelligence artificielle, en particulier dans les domaines à haut risque tels que l’application de la loi. Selon Europol, il est essentiel de respecter ces principes afin de protéger les droits fondamentaux, de gagner la confiance du public et de faire en sorte que l’intelligence artificielle soit un outil utile et éthique au service de la sécurité.

Risques réels des biais algorithmiques

L’utilisation de l’intelligence artificielle dans les fonctions de police, telles que la police prédictive, la reconnaissance faciale, l’analyse des données ou la prise de décision opérationnelle, peut conduire à des décisions biaisées si les algorithmes sont basés sur des données incomplètes ou chargées de préjugés initiaux. Ce risque est particulièrement important pour les groupes vulnérables ou minoritaires, qui peuvent être affectés de manière disproportionnée par ces systèmes.

Stratégies pour atténuer les préjugés

Le rapport propose un certain nombre de recommandations pratiques que les services de l’ordre peuvent adopter pour minimiser le risque de distorsion :

– Réaliser des audits indépendants des systèmes d’intelligence artificielle avant et pendant leur utilisation ;

– Maintenir une surveillance humaine constante et la capacité d’intervenir dans les décisions automatisées ;

– Analyser de manière critique les données entraînées et accorder une attention particulière aux sources possibles de discrimination ;

– Promouvoir la diversité et l’éthique dans les équipes de développement et de mise en œuvre de l’intelligence artificielle ;

– Garantir la transparence et veiller à ce que les décisions des systèmes soient compréhensibles tant pour les opérateurs que pour les citoyens ;

– Établir des protocoles d’examen permanent pour évaluer l’impact à long terme de l’intelligence artificielle.

Engagement en faveur de l’innovation responsable

Avec ce document, Europol s’engage en faveur d’une intelligence artificielle éthique et responsable dans le domaine de la sécurité publique. Il ne s’agit pas seulement de respecter la réglementation européenne, mais aussi d’exploiter le potentiel de l’intelligence artificielle sans sacrifier l’équité, la proportionnalité et le respect des droits humains.

Le blog Notes de seguretat considère ce guide comme un outil essentiel pour les décideurs publics, les professionnels de la sécurité et les développeurs de technologies. L’adoption de ces bonnes pratiques permettra non seulement de réduire les risques juridiques et de réputation, mais aussi de renforcer la légitimité démocratique des institutions policières à l’ère de la transformation numérique.

Référence du document : Europol (2025), AI bias in law enforcement. A practical guide, Europol Innovation Lab observatory report, Publications Office of the European Union, Luxembourg.

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La Nouvelle-Orléans et le cas de la civilianisation : un engagement pour une sécurité efficace

Jeff Asher, expert en politique de sécurité et données, a récemment publié un article intitulé « New Orleans And The Case For Civilianization », dans lequel il explique comment la ville a réussi à réduire considérablement le temps de réponse de la police, malgré la diminution du nombre d’agents armés.

Qu’est-ce que la civilianisation ?

La civilianisation est l’incorporation de personnel civil, non policier, pour prendre en charge des fonctions traditionnellement exercées par la police : traiter les petits incidents, répondre aux appels non urgents, analyser des données ou effectuer des recherches administratives et des tâches de laboratoire. Outre le fait que cette pratique soit courante dans plusieurs forces de police aux États-Unis, il a été démontré qu’elle permettait de gagner en efficacité, de réduire les coûts et de permettre aux agents armés de se concentrer sur les situations à risque.

Le cas de la Nouvelle-Orléans

La Nouvelle-Orléans a perdu près d’un quart du nombre de ses agents entre 2018 et 2023, soit un chiffre retombé au niveau des années 1990. Face à cette crise du personnel, les forces de police ont fait appel à des centaines de civils pour assumer des fonctions de soutien.

J. Asher souligne que, malgré la diminution du nombre d’agents, la ville a réduit le temps de réponse dans les situations graves. Les agents se concentrent sur les vols avec violence, les agressions, les fusillades et les urgences réelles.

Cette approche n’est pas le seul changement au sein de la police de la Nouvelle-Orléans. Il y a peu, le département de police de la Nouvelle-Orléans (NOPD) a réinstauré le système ShotSpotter, un réseau de capteurs qui détecte les coups de feu en temps réel, dans le cadre d’un projet pilote de six mois dans le district nº 5. Cette technologie de pointe est controversée, notamment en raison de son impact sur les quartiers à prédominance noire et latino, et des questions de fiabilité et d’intégrité de l’intervention.

Alternatives aux modèles traditionnels

La civilianisation entre en conflit avec l’option technocratique (caméras, IA, capteurs), mais offre une alternative centrée sur l’individu qui présente certains avantages :

  • Coût-efficacité. Le personnel civil coûte moins cher en termes de salaires, de pensions et de formation.
  • Professionnalisation. Cette pratique permet au personnel de se spécialiser dans les domaines administratifs, analytiques et de soutien, ce qui améliore la qualité du service.
  • Confiance et transparence. Le modèle humain et visible peut générer une relation et une empathie avec le voisinage, contrairement à l’anonymat des technologies invasives.

Références comparatives pertinentes

Royaume-Uni : les agents de soutien communautaire de la police (Police Community Support Officers). Depuis 2002, les forces de police d’Angleterre et du Pays de Galles disposent d’agents de soutien communautaire de la police (PCSO) : des civils en uniforme dotés de pouvoirs limités pour effectuer des patrouilles visibles, gérer des incidents mineurs, contrôler les amendes et soutenir les événements publics.

En 2022, il y avait environ 8 263 agents PCSO (avec un pic de 16 814 en 2009). Ils ont permis d’offrir un modèle solide de civilianisation structurée et intégrée.

Suède : les enquêteurs civils dans la police. Des études récentes décrivent comment la police suédoise a fait appel à des enquêteurs civils (pour la plupart des femmes diplômées) pour travailler sur des affaires criminelles et analyser des données.

Allemagne : les auxiliaires de police volontaires (Freiwilliger Polizeidienst). Plusieurs Länder (par exemple la Bavière, la Hesse ou le Bade-Wurtemberg) disposent de services de police auxiliaire volontaire, des civils formés ayant le pouvoir d’identifier des personnes, d’arrêter ou de contrôler la circulation, en soutien à la police. Ils portent des uniformes et ont suivi une formation de 50 heures.

En Bavière, la Sicherheitswacht effectue des patrouilles visibles qui ont le pouvoir d’arrêter les citoyens et peuvent même transporter des gaz irritants.

France : les réservistes opérationnels civils. La Police nationale et la Gendarmerie disposent de réservistes civils (1 500 dans la police, 29 000 dans la gendarmerie) qui interviennent dans le maintien de l’ordre et dans des actions conjointes dans des situations exceptionnelles. Ils doivent suivre une courte formation et portent l’uniforme des auxiliaires de justice.

En conclusion, le cas de la Nouvelle-Orléans montre qu’il est possible de faire plus avec moins et qu’il n’est pas indispensable de s’appuyer uniquement sur des capteurs et l’intelligence artificielle. La civilianisation est une option viable et humanisée qui permet d’optimiser la réponse de la police, tout en renforçant la proximité avec la communauté et en soulageant la pression sur les agents. Il s’agit d’une proposition à examiner en profondeur afin de favoriser un modèle de sécurité publique plus agile, plus transparent et mieux adapté aux défis des années à venir.

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Opération de police contre un réseau lié au cartel de Sinaloa

Les autorités françaises, avec le soutien d’Europol, ont neutralisé un réseau criminel produisant et distribuant des drogues de synthèse sur le marché européen et mondial, et ont arrêté 16 personnes.

L’enquête menée par la Gendarmerie nationale française a également compté sur la collaboration des autorités policières belges.

En juin 2024, les autorités françaises ont saisi 216 kilogrammes de méthamphétamine en cristaux et arrêté deux ressortissants français dans le cadre de cette affaire. L’enquête qui a suivi a révélé que le réseau criminel impliqué dans la production et le trafic de drogues de synthèse avait des liens étroits avec le cartel mexicain de Sinaloa et avec d’autres gangs criminels actifs en Europe et en Nouvelle-Zélande.

Les deux principaux leaders du réseau comptaient, dans une large mesure, sur le soutien logistique, l’expérience et la formation fournis par les cartels mexicains. Ces cartels dépendaient également d’intermédiaires locaux pour relier leurs opérations et tenter d’étendre leur influence. Cette interdépendance souligne la nature transnationale du réseau et la coopération entre les acteurs criminels à travers les continents.

Les enquêteurs ont découvert que les produits chimiques utilisés dans la production de drogues de synthèse provenaient de Chine. Les preuves recueillies au cours de l’enquête ont permis d’identifier les principaux organisateurs, un Algérien et un Français, qui seraient responsables de l’ensemble de la chaîne de production et de diffusion, y compris la contrebande de précurseurs, la mise en place du laboratoire, la « cuisine » des drogues et le trafic qui s’ensuit. Parallèlement, ils ont utilisé les cryptomonnaies pour faciliter les transactions financières illégales.

La journée d’action de la police s’est traduite par l’arrestation de 16 personnes (originaires de Belgique (1), de France (13), de Serbie (1) et du Mexique (1)) et par 16 perquisitions, au cours desquelles ont été saisis 3 véhicules, des articles de luxe d’une valeur de plus de 100 000 €, quelque 80 000 € sur des comptes bancaires, des téléphones et d’autres dispositifs électroniques, et environ 10 000 € en espèces. Des cryptomonnaies estimées à 30 000 € ont également été gelées.

De plus, la police a examiné un ancien laboratoire de drogues, où elle a trouvé des traces de production de méthamphétamine. Elle a également mis en évidence des preuves de décharge illicite de produits chimiques, tels que des conteneurs, des résidus chimiques et des enterrements dans les environs, ce qui témoigne de tentatives de dissimulation de ces activités de fabrication de drogues de synthèse.

La production et le trafic de drogues de synthèse dans l’Union européenne (UE) ont noté une augmentation considérable, comme le signale l’évaluation de la menace que représente la criminalité grave et organisée dans l’UE à l’horizon 2025. Autrefois limitée à quelques régions, la production atteint aujourd’hui davantage d’États membres de l’UE, approvisionnant ainsi les marchés locaux et internationaux.

Motivé par des profits élevés, ce commerce est marqué par une concurrence violente, la corruption et l’infiltration des structures commerciales légales.

Dès 2022, un rapport conjoint d’Europol et de la Drug Enforcement Administration (DEA) américaine a révélé une collaboration croissante entre les cartels mexicains et les réseaux criminels basés dans l’UE. Il s’avère que ces alliances soutiennent le trafic local et la production de méthamphétamine et de cocaïne en Europe.

Plus précisément, des opérations réussies ont révélé que les groupes mexicains fournissent à leurs associés criminels de l’UE une expertise technique, telle que des « cuisiniers » qualifiés pour la méthamphétamine, et les aident à mettre en place des laboratoires de conversion de la cocaïne.

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270 personnes arrêtées dans le cadre d’une opération internationale contre le web clandestin (« dark web »)

L’opération policière RapTor, coordonnée par Europol et ciblant les réseaux de drogue et de criminalité en ligne, a mis en ligne de mire des centaines de vendeurs et d’acheteurs sur le dark web, à travers quatre continents.

Cette opération internationale a permis de démanteler des réseaux de trafic de drogues, d’armes et de contrefaçons, envoyant ainsi un avertissement clair aux criminels qui se cachent derrière l’illusion de l’anonymat. Les suspects ont été identifiés grâce à des enquêtes coordonnées, basées sur des renseignements provenant de l’arrestation des places de marché du dark web Nemesis, Tor2Door, Bohemia et Kingdom Markets.

Cette action internationale fait suite à l’opération SpecTor menée en 2023, qui avait conduit à l’arrestation de 288 suspects. Toutes ces opérations montrent que les forces de l’ordre sont de plus en plus capables de pénétrer dans les méandres du dark web. Les 270 arrestations ont eu lieu dans les pays suivants : 130 personnes ont été arrêtées aux États-Unis, 42 en Allemagne, 37 au Royaume-Uni, 29 en France, 19 en Corée du Sud, 4 en Autriche, 4 aux Pays-Bas, 3 au Brésil, 1 en Suisse et 1 en Espagne.

Outre les arrestations, les agents ont saisi plus de 184 millions d’euros en espèces et en cryptomonnaies, plus de 2 tonnes de drogues (amphétamines, cocaïne, kétamine, opioïdes et cannabis), plus de 180 armes à feu, ainsi que des imitations d’armes à feu, des tasers et des couteaux, 12 500 produits contrefaits et plus de 4 tonnes de tabac illégal.

Ces saisies représentent une perturbation majeure des chaînes d’approvisionnement criminelles qui alimentent l’économie du web clandestin.

Europol a soutenu l’action de la police en compilant et en analysant des dossiers de renseignements basés sur des données provenant des trois marchés ciblés. Ces dossiers ont été partagés avec les autorités nationales dans le cadre du groupe de travail opérationnel sur la cybercriminalité au siège d’Europol afin de permettre des enquêtes ciblées.

Ce modèle opérationnel, également utilisé dans le cadre de l’opération SpecTor 2023, démontre que le démantèlement d’une plateforme criminelle n’est pas la fin de l’histoire, mais bien le début d’enquêtes de suivi visant à identifier et à arrêter des vendeurs de haute importance.

L’opération RapTor démontre que le dark web n’est pas hors de portée des forces de l’ordre, même si les criminels opèrent en ligne et hors ligne, au niveau international et local, ou s’ils utilisent les ressources technologiques au maximum. Une action coordonnée est essentielle pour y faire face. Et c’est là qu’Europol est en mesure d’entrer en jeu.

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Vaste opération de police contre des faux prestataires de services bancaires

Il s’agit d’une journée d’action qui s’est déroulée en janvier dernier, avec le soutien d’Europol (après deux opérations contre des trafiquants de migrants au cours desquelles plus de 4,5 millions d’euros, quatre fusils de chasse et de nombreux dispositifs électroniques ont été saisis).

Dans un exemple parfait démontrant l’interconnexion des réseaux criminels, Europol a soutenu le démantèlement d’une organisation bancaire criminelle parallèle possédant de nombreuses succursales à travers l’Europe.

Dix-sept personnes (15 en Espagne, 1 en Autriche et 1 en Belgique) de nationalité chinoise et syrienne, soupçonnées de fournir des services de blanchiment d’argent à des criminels, ont été arrêtées.

Ces services criminels incluaient des services bancaires parallèles, des services bancaires hawala illégaux, la collecte d’argent liquide, des services de transport de fonds et des échanges de cryptomonnaie contre de l’argent liquide.

Les criminels opéraient à partir d’au moins deux succursales : une qui s’adressait principalement au monde criminel arabophone et une autre qui s’adressait aux réseaux criminels originaires de Chine. Ils ont également fourni des services de blanchiment d’argent à d’autres réseaux criminels impliqués dans le trafic de migrants et de drogue. Les enquêteurs considèrent le réseau criminel démantelé comme l’un des plus importants dans ce domaine de criminalité.

Le réseau criminel aurait déplacé plus de 21 millions d’euros, la publicité sur les réseaux sociaux leur permettant d’atteindre une clientèle diversifiée et internationale. Outre l’arrestation de 17 personnes, les forces de l’ordre ont également saisi des actifs d’une valeur de plus de 4,5 millions d’euros.

La saisie comprenait : 206 000 euros en espèces, 421 000 euros sur 77 comptes bancaires et 183 000 euros en cryptomonnaies ; 10 biens immobiliers d’une valeur de plus de 2,5 millions d’euros ; 18 véhicules d’une valeur de plus de 207 000 euros ; 4 fusils de chasse et des munitions ; des téléphones et autres dispositifs ; des consommables de luxe, des montres, des accessoires et des bijoux.

Après l’arrestation réussie des trafiquants de migrants qui utilisaient les services bancaires illicites de ce réseau criminel, les enquêteurs nationaux et les experts en criminalité financière d’Europol ont pu lancer conjointement une nouvelle enquête.

La plateforme pluridisciplinaire européenne contre les menaces criminelles (EMPACT) se penche sur les principales menaces que font peser sur l’Union européenne la criminalité internationale organisée et ses formes les plus graves. Elle renforce le renseignement, la coopération stratégique et opérationnelle entre les autorités nationales, les institutions et les organes de l’UE ainsi que les partenaires internationaux.

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Le Royaume-Uni veut revitaliser la police de proximité

Le Gouvernement britannique a annoncé cette semaine un plan ambitieux visant à renforcer la présence de la police dans les quartiers et à garantir un modèle de police de proximité, appelé « Neighbourhood Policing Guarantee » (Garantie de police de proximité). Avec cette mesure, l’exécutif britannique rétablit l’une des traditions les plus profondément enracinées de son système policier, à savoir le « bobby », dans le but déclaré de rétablir le lien entre la police et les communautés et d’améliorer la confiance de l’opinion publique.

Le ministère de l’Intérieur a publié un cadre de suivi et d’évaluation, « Neighbourhood Policing Guarantee performance framework » (Cadre de performance de la garantie de la police de proximité), qui définit des indicateurs permettant de mesurer la qualité de la présence policière dans les quartiers.

Cette décision intervient dans un contexte de débat intense sur le rôle de la police au Royaume-Uni, après des années de coupes budgétaires, de scandales de corruption et d’une perte inquiétante de la confiance du public. En décembre dernier, le College of Policing – l’organisme professionnel qui fixe les normes de la police britannique – avait déjà publié son évaluation de la proposition du gouvernement, avertissant que « la présence visible seule ne suffit pas : nous devons investir dans les compétences, le leadership et la culture organisationnelle pour faire d’un véritable modèle de police de proximité une réalité ».

La Neighbourhood Policing Guarantee présentée par le Gouvernement britannique est un cadre d’évaluation ambitieux qui vise à traduire en pratique opérationnelle une idée aussi simple que puissante : que chacun ait accès à une force de police proche, connue et utile. Le document de référence définit six engagements fondamentaux, qui sont destinés à devenir des normes minimales pour toutes les forces de police du Royaume-Uni :

1. Chaque communauté doit disposer d’une équipe de police de proximité identifiable et accessible. Les forces de police devront publier les noms, les photos et les coordonnées de leurs agents de quartier et veiller à ce que les citoyens sachent qui ils sont et comment les contacter.

2. Les équipes doivent être facilement joignables et disponibles à intervalles réguliers. Les agents de quartier doivent maintenir une présence active et connue sur leur territoire, avec des patrouilles à pied et des points de rencontre habituels.

3. Les citoyens doivent pouvoir voir comment les priorités locales sont prises en compte. La police doit publier les actions spécifiques qu’elle entreprendra pour répondre aux principales préoccupations de la communauté (incivilités, circulation, vols, etc.) et les mettre à jour régulièrement.

4. Chaque force de police devra recueillir systématiquement les priorités locales en matière de sécurité. Elle a l’obligation de mettre en place des mécanismes structurés de consultation et de participation des citoyens, au-delà des enquêtes ponctuelles.

5. Une formation spécifique en matière de police de proximité doit être assurée pour tous les membres de ces équipes. La réforme britannique prévoit une formation obligatoire concernant les outils de résolution des conflits, l’écoute active, la médiation et la sensibilisation culturelle.

6. Les résultats et l’impact du travail des équipes de quartier doivent être mesurés et rendus publics. Des indicateurs de performance spécifiques sur la présence, l’accessibilité, la satisfaction des citoyens et l’impact sur la réduction de problèmes spécifiques devront être appliqués.

Conclusions préliminaires

Le plan britannique représente une tentative sérieuse de rétablir le lien entre la police et la société par une réelle proximité, avec des engagements mesurables et transparents. En ce sens, son approche peut inspirer des réformes ou des améliorations de modèles tels que le modèle catalan, qui, malgré une longue tradition de sécurité communautaire, a souvent été enfermé dans le domaine de la volonté plutôt que de l’obligation.

Contrairement à la proposition britannique, qui vise à garantir des normes communes dans tout le pays, le modèle des Mossos s’est développé de manière inégale, en s’appuyant fortement sur l’impulsion des commandements locaux ou sur la complicité des conseils municipaux. La proposition britannique impose de passer du discours à la structure : présence garantie, données ouvertes et performances mesurées publiquement.

D’un point de vue européen, cette réforme ouvre une fenêtre d’opportunité pour repenser la relation entre la police et la communauté, non seulement en termes de présence, mais aussi en termes de confiance, de transparence et d’engagement démocratique.

Malgré le consensus apparent sur la nécessité de rétablir la police de proximité, plusieurs acteurs sociaux et experts en sécurité ont prévenu que cette garantie ne pouvait pas se limiter à un simple retour nostalgique aux années bobby on the beat (police de quartier). Il reste à voir si le déploiement réel du plan – avec des ressources, une formation et une évaluation – est à la hauteur du discours politique.

Du point de vue de la Catalogne et d’autres contextes européens ayant leur propre expérience de la police de proximité, cette initiative britannique offre une bonne occasion de réfléchir aux modèles de sécurité publique, aux relations entre la police et la communauté et aux mécanismes visant à garantir la transparence et la responsabilité. Nous suivrons l’évolution de la situation dans les Notes de sécurité.

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Comment garantir que l’IA est utilisée de manière éthique dans la police

L’intelligence artificielle (IA) offrant de plus en plus de possibilités de gagner du temps et de réduire les coûts associés à certaines activités de police, l’élan en faveur d’une utilisation plus large de cette technologie est considérable.

Dans le dernier article d’une série consacrée à l’IA dans la police, Matt Palmer, responsable des produits de sécurité publique chez NEC Software Solutions, passe en revue les principales façons de garantir que cette technologie est utilisée de manière éthique et transparente.

L’intelligence artificielle (IA) fait déjà partie intégrante des outils de la police. En effet, les services de police utilisent de plus en plus les technologies basées sur l’IA pour gagner du temps, définir des priorités et gagner en efficacité.

En traitant d’importants volumes de données beaucoup plus rapidement qu’un être humain ne pourrait le faire, l’IA a commencé à faire une réelle différence pour la police. Elle remplit déjà certaines fonctions de police essentielles, telles que la classification des appels entrants en temps réel et l’automatisation des tâches d’assurance qualité pour les données.

Il y a également de plus en plus de situations dans lesquelles l’IA peut aider les agents de police à prendre des décisions en prédisant les résultats sur la base de modèles. À noter par exemple l’utilisation du machine learning sous supervision pour évaluer des facteurs tels que la probabilité qu’une personne commette un délit, récidive ou devienne une victime, ces exemples faisant partie des plus controversés aux yeux de la société.

Alors que le secteur de la police intensifie son utilisation de l’IA, le public est de plus en plus conscient des risques que cette technologie peut présenter lorsqu’elle est utilisée pour prendre des décisions personnelles importantes. Il est donc essentiel d’établir des approches dans lesquelles la police utilise l’IA selon des normes éthiques strictes.

L’une des principales inquiétudes vis-à-vis de l’utilisation de l’IA dans la police est sans doute le risque de partialité et de discrimination. Tous les systèmes d’IA apprennent de données d’entraînement initiales, et ces données sont intégrées aux modèles d’IA et influenceront la prise de décisions basées sur l’IA, même si elles sont biaisées.

Si les outils prédictifs sont entraînés à partir de données historiques d’arrestations, dans lesquelles il existe inévitablement des biais humains, les algorithmes reproduiront des schémas discriminatoires, tels que le profilage racial et le ciblage des communautés minoritaires.

Pour éviter que ces biais n’infectent les modèles d’IA, les développeurs doivent utiliser des ensembles de données diversifiés et représentatifs pour entraîner les systèmes d’IA, puis les tester en permanence afin de détecter les schémas discriminatoires.

L’IA jouera un rôle de plus en plus important dans le maintien de l’ordre. Mais pour que ce rôle soit exercé de manière éthique et responsable, le dernier mot dans toute décision doit revenir à l’intelligence humaine, et non pas à l’intelligence artificielle.

Le problème des systèmes d’IA est qu’ils ne sont pas infaillibles. Ils peuvent produire des faux positifs, par exemple en accusant à tort des innocents. De la même manière, ils peuvent produire des faux négatifs et ne pas identifier les véritables délinquants. Sans jugement humain, l’IA pourrait entraîner de graves erreurs judiciaires.

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New York interdit les poursuites policières à grande vitesse en cas d’infractions mineures

Les agents de la police de New York, la ville à plus haute densité de population, ne se lanceront plus dans des courses à grande vitesse à la poursuite de conducteurs qui enfreignent le code de la route ou commettent d’autres délits mineurs, selon les services policiers, dans le but de mettre un terme aux accidents qui ont entraîné des blessures graves et des décès aux États-Unis.

Les journalistes Maria Cramer et Hurubie Meko ont publié dans le journal The New York Times un rapport sur cette nouvelle politique, qui interdira aux agents de poursuivre des véhicules à leur guise, sauf si les conducteurs ont commis des délits graves et violents.

Selon la commissaire Jessica S. Tisch, les agents doivent bénéficier de directives claires et de protocoles intelligents au moment de la prise de décision concernant une poursuite en voiture dans les rues de la ville. Les efforts de la police de New York ne devraient jamais mettre en péril la sécurité de la société ou de la police, et les poursuites pour des délits mineurs et/ou des infractions de faible gravité peuvent être potentiellement dangereuses et inutiles.

Cette politique intervient alors que les rues de New York sont plus concourues que jamais, les conducteurs se faisant concurrence non seulement entre eux, mais aussi avec les piétons et les conducteurs de trottinettes et de vélos électriques. En raison du péage urbain, les agents sont incités à rechercher les conducteurs qui ont modifié leur plaque d’immatriculation pour éviter les lecteurs de péage. La légalisation de la marijuana est également un autre facteur qui s’est ajouté à ce marasme.

Les nouvelles règles en matière de harcèlement, qui entreront en vigueur le 1er février 2025, représentent un changement majeur dans l’approche du maintien de l’ordre depuis 2022. Cette année-là, les poursuites ont commencé à se multiplier car les services de police ont été confrontés à une augmentation des vols de voitures et des signalements de trottinettes et de motos illégaux circulant dans les rues.

Alors que des villes comme Boston, Washington et Chicago ont maintenu des politiques strictes, New York a assoupli ses protocoles. New York est une ville à population très dense. La raison pour s’engager dans une course-poursuite à grande vitesse ne peut être qu’en cas de violence ou de risque vital. Sinon, le jeu n’en vaut pas la chandelle.

En 2024, la police a été impliquée dans 2 278 poursuites de véhicules, selon les chiffres du service. Un quart d’entre elles ont causé une collision, des dommages matériels ou physiques, selon la police. Soixante-sept pour cent des poursuites ont eu lieu après qu’un agent a poursuivi un conducteur qui s’était enfui pour échapper à un arrêt. Nombre de ces persécutions n’auraient pas été autorisées par la nouvelle politique.

La politique fait écho des recommandations décrites dans une étude de 2023 du Police Executive Research Forum, qui a enquêté sur le problème avec le soutien du ministère de la Justice. Cette étude soulignait que les poursuites sont des événements à haut risque qui mettent en danger la vie des agents, des suspects et du public en général.

Si les poursuites tournent mal et des personnes innocentes et non impliquées sont blessées ou tuées, la confiance de la société à l’égard de la police s’en ressent.

Selon la nouvelle ligne directrice appliquée à la ville de New York :

  • Les contrôleurs seront chargés de gérer les poursuites et de demander aux agents de s’arrêter s’ils atteignent des vitesses élevées dans des zones denses ou à proximité d’une école ou d’un terrain de jeu ;
  • Les agents qui interrompent les poursuites pour des raisons de sécurité ne feront pas l’objet de critiques ou de mesures disciplinaires ;
  • La technologie sera utilisée pour enregistrer les activités ;
  • Des analyses mensuelles seront effectués pour déterminer si les politiques sont respectées ou si elles doivent être améliorées ;
  • La police publiera un rapport annuel sur les poursuites engagées.

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