36 laboratoires démantelés lors d’une opération contre un réseau de drogues de synthèse

Au cours du mois de février 2026, Europol a soutenu les autorités policières d’Ukraine, de Pologne et de Moldavie dans une opération conjointe contre un réseau criminel international impliqué dans la production et le trafic de drogues de synthèse, principalement des cathinones synthétiques comme l’alfa-PVP.

Au cours de la journée d’action, la Police nationale d’Ukraine et le Bureau central d’enquête de la police polonaise ont effectué des contrôles coordonnés sur environ 510 sites. Les agents des forces de l’ordre ont démantelé 36 lieux de production illicite et 74 installations de stockage de drogues prêtes à être distribuées. Un total de 129 personnes ont été mises en examen et 103 personnes ont été arrêtées.

Le réseau faisant l’objet de l’enquête est supposé opérer dans plusieurs pays, tels que la Bulgarie, la Moldavie et l’Ukraine. Le groupe serait vraisemblablement dirigé par un organisateur ukrainien qui met en place et équipe des laboratoires clandestins avec le matériel et les substances chimiques nécessaires. Les enquêteurs pensent que cet individu entretient des liens étendus avec des réseaux criminels polonais, facilitant l’approvisionnement en précurseurs, en produits chimiques essentiels et en équipements par le biais de structures commerciales légales.

L’opération a inclus des perquisitions de domicile ainsi que l’inspection d’autres locaux et véhicules. Au total, l’enquête a conduit aux confiscations suivantes :

  • 20 610 litres de précurseurs ;
  • 229,4 kilogrammes d’alpha-PVP ;
  • 156,3 kilogrammes d’amphétamine ;
  • 46,6 kilogrammes et 284 litres de phénil-2-nitropropène ;
  • 2 kilogrammes de sodium métallique ;
  • 67,6 kilogrammes et 350 litres de méphédrone ;
  • 7 kilogrammes de méthamphétamine ;
  • 47 kilogrammes de cannabis ;
  • 5 115 comprimés de MDMA ;
  • 2 000 comprimés d’ecstasy ;
  • 1,6 million UAH (environ 31 000 €), 167 000 USD (environ 141 000 €), 39 000 € en espèces ;
  • actifs virtuels d’une valeur de 45 000 USD (environ 38 000 €) ;
  • 41 véhicules.

Le réseau criminel employait diverses tactiques pour faciliter l’opération de ses activités illicites. Il a fait un usage abusif de structures commerciales légales exploitées par des ressortissants polonais et lituaniens ayant déjà participé à la production illicite de drogues de synthèse. Cela leur a permis d’importer des produits chimiques, y compris des précurseurs qui ne sont pas encore soumis à contrôle, et de faciliter les activités de plusieurs laboratoires clandestins détectés dans différents pays. En opérant dans plusieurs États membres et en exploitant les failles juridiques, le réseau a accru le risque d’exposition et a rendu plus difficile pour les autorités chargées de l’application de la loi d’interrompre ses activités.

La contribution d’Europol à l’opération a inclus un soutien opérationnel et analytique, mettant l’accent sur la fourniture de données en temps réel et la facilitation de l’échange d’informations pendant les journées d’action. Cet effort de collaboration visait à interrompre les activités du réseau et à renforcer la lutte contre la production et le trafic de drogues de synthèse en Europe.

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Une vaste opération contre le trafic de migrants en Bulgarie se termine par 16 arrestations

Une enquête dirigée par la Bulgarie, menée en collaboration avec la police hellénique et avec le soutien d’Europol, a permis le démantèlement d’un réseau criminel organisé, impliqué dans le trafic de migrants depuis la Turquie passant par la Bulgarie puis la Serbie ou la Roumanie vers des pays d’Europe de l’Ouest. L’enquête a été réalisée dans le cadre d’un groupe de travail opérationnel régional créé pour lutter contre les réseaux de trafic de migrants utilisant la Bulgarie comme pays de passage.

La journée d’action policière a abouti à 16 arrestations, 6 perquisitions dans des habitations et des locaux, ainsi qu’à la saisie de dispositifs mobiles, de documents administratifs, de documents d’immatriculation de véhicules, de registres comptables et d’autres archives.

Le réseau de trafic de migrants fonctionnait avec une structure pyramidale, avec des membres occupant différents rôles. Le groupe central, basé à Sofia, était principalement composé de citoyens bulgares et syriens qui agissaient de manière très coordonnée. Son rôle principal était d’organiser le trafic à travers la Bulgarie, tout en maintenant une étroite coopération avec d’autres réseaux criminels basés dans les pays voisins. Par exemple, le paiement pour les services de passeur avait déjà été organisé avant le départ. Les migrants devaient effectuer un dépôt via les bureaux hawala en Turquie, d’où partaient les migrants.

Après avoir recruté des migrants en Turquie, les membres du réseau criminel les introduisaient clandestinement via la frontière verte sud de la Bulgarie, les guidant vers des lieux prédéfinis. De là, des chauffeurs les transportaient à Sofia en utilisant différents véhicules, y compris des voitures et des autocars. Les migrants étaient logés temporairement dans des maisons sécurisées à Sofia et ses environs avant d’être transférés vers les frontières bulgaro-serbes ou bulgaro-roumaines. Dans certains cas, les migrants étaient acheminés directement vers les zones frontalières sans hébergement provisoire.

Europol a réalisé une analyse opérationnelle approfondie afin d’identifier les différentes cibles et cartographier leurs activités criminelles. Ensuite, dans le cadre du groupe de travail opérationnel régional, Europol a déployé un expert à Sofia qui était sur le terrain le jour d’action pour fournir des vérifications croisées en temps réel avec les bases de données d’Europol et pour soutenir les autorités nationales chargées de l’application de la loi.

Depuis sa création en septembre 2023, Europol a fourni un soutien opérationnel et analytique dédié au groupe de travail opérationnel dirigé par la Bulgarie. Europol a organisé et coordonné de nombreuses réunions opérationnelles entre les parties prenantes et a facilité l’échange de données opérationnelles.

Le trafic de migrants reste une menace criminelle très importante dans l’UE, nécessitant une action coordonnée tout au long de la chaîne criminelle, depuis le recrutement et le trafic jusqu’aux flux financiers qui le soutiennent. Europol soutient les enquêtes grâce à une approche basée sur les données, améliorant les affaires fournies par les autorités nationales grâce à une analyse opérationnelle et une expertise. Europol a également facilité l’échange d’informations et coordonné des opérations conjointes visant à démanteler les réseaux criminels.

Le Règlement (UE) 2025/2611 est une mesure qui a été adoptée en décembre 2025 afin de renforcer les efforts d’Europol dans la lutte contre le trafic de migrants. Cette nouvelle législation de l’UE souligne ainsi l’importance d’aborder le trafic de migrants au niveau de l’UE par le biais d’une coopération renforcée, y compris la création du Centre européen de lutte contre le trafic de migrants (ECAMS).

Avec la création de l’ECAMS, la priorité d’Europol est de garantir un meilleur échange systématique d’informations et une meilleure coordination des efforts. Cela inclut le renforcement de l’expertise en renseignement de source ouverte (OSINT) et des enquêtes financières, ainsi que l’amélioration de l’impact opérationnel du réseau d’agents de liaison de Frontex, Eurojust et des États membres.

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Livre blanc de la Police : vers un nouveau modèle de sécurité en Angleterre et au Pays de Galles

Le Gouvernement britannique a présenté le white paper « From local to national: a new model for policing », qui établit les réformes les plus profondes du système policier depuis sa professionnalisation il y a deux siècles. Déjà annoncées par la ministre de l’Intérieur, Shabana Mahmood, ces mesures visent à adapter la police à un environnement criminel de plus en plus complexe, numérique et transnational, tout en renforçant la police de proximité et la confiance des citoyens.

L’un des piliers de la réforme est la révision structurelle de la carte policière. Actuellement, l’Angleterre et le Pays de Galles comptent 43 forces locales, un modèle que le Gouvernement considère comme fragmenté et inefficace. Le Livre blanc propose de réduire considérablement ce nombre par le biais de fusions, dans le but d’améliorer l’efficacité, de réduire les coûts et de garantir une réponse plus cohérente et homogène sur l’ensemble du territoire.

Cette réorganisation a pour but de libérer des ressources pour renforcer la police de quartier et la lutte contre la criminalité locale, en ramenant la police à ses principes fondamentaux : présence visible, connaissance de la communauté et réponse rapide aux incidents.

La réforme la plus ambitieuse est la création d’un nouveau service national de police (NSP), conçu pour faire face aux crimes les plus graves et complexes, tels que la criminalité organisée, le terrorisme, la criminalité numérique et les menaces qui transcendent les frontières locales.

Ce nouveau service intégrera, sous une seule structure, des capacités jusqu’à présent dispersées, telles que l’agence nationale contre la criminalité (NCA), la police antiterroriste, les unités régionales de lutte contre la criminalité organisée, la police routière et les services de police aériens. Le résultat sera une force nationale avec une meilleure capacité à partager des renseignements, des technologies et des ressources.

Ce service national de police sera commandé par un commissaire national, qui deviendra alors le plus haut responsable des services policiers du pays. Une de ses fonctions clés sera d’assumer la gestion centralisée de la police scientifique, y compris la police scientifique numérique, afin de réduire les retards – actuellement avec des dizaines de milliers de dispositifs en attente d’analyse – et de garantir des normes techniques uniformes.

Grâce à ce nouveau modèle national, il sera possible de mettre fin à la duplication des processus de contractualisation et d’acquisition de technologie. Au lieu que chaque force achète son propre équipement, le service national de police acquerra du matériel et des systèmes TIC de manière centralisée, générant ainsi des économies d’échelle.

Le Gouvernement estime que ces mesures permettront d’économiser jusqu’à 350 millions de livres sterling, qui seront réinvestis directement dans la police de première ligne et dans la lutte contre la criminalité.

Le Livre blanc renforce de manière significative les mécanismes d’obligation de rendre des comptes. Les ministres disposeront de nouveaux pouvoirs pour intervenir dans les forces à faible rendement, y compris la capacité de destituer des chefs de police qui ne respectent pas les normes requises.

Des indicateurs clairs et comparables seront introduits concernant les temps de réponse, la résolution des crimes, la satisfaction des victimes et la confiance du public. Ces résultats seront publiés et permettront aux citoyens de comparer les performances des forces de l’ordre.

Parallèlement, les normes individuelles des agents seront renforcées par :

  • des contrôles de vérification obligatoires et plus stricts ;
  • l’exclusion de la profession de personnes ayant des antécédents de crimes de violence à l’égard des femmes et des filles ;
  • la suspension obligatoire des agents sous enquête pour ces délits ;
  • l’introduction d’une licence professionnelle renouvelable, similaire à celle d’autres professions réglementées.

La réforme établit également de nouveaux objectifs nationaux de réponse : arrivée sur les lieux d’incidents graves dans un délai de 15 minutes maximum en zones urbaines et de 20 minutes en zones rurales, et réponse aux appels d’urgence en moins de 10 secondes.

De plus, les garanties locales de sécurité (Local Policing Guarantees) sont élargies, garantissant que chaque circonscription électorale dispose d’agents affectés, identifiables et accessibles, ayant une connaissance approfondie des problèmes locaux. Le Gouvernement encourage également un programme de recrutement de diplômés universitaires, inspiré du modèle Teach First, pour attirer des jeunes talents vers des rôles de police de proximité.

Grâce à un investissement de plus de 140 millions de livres sterling, le Gouvernement s’engage résolument en faveur de la technologie policière, comme l’expansion de la reconnaissance faciale en direct, le déploiement d’outils d’intelligence artificielle pour analyser des images et des preuves numériques, ainsi que la création du centre national Police.

Ces outils permettront de réduire la charge bureaucratique et de restituer des millions d’heures de travail à la police de première ligne, augmentant ainsi la présence des agents dans la rue.

Enfin, le Livre blanc introduit un nouveau leadership national en matière d’ordre public, avec la capacité de coordonner des ressources en cas de troubles graves, et renforce de manière notable le soutien à la santé mentale des agents. Il cherche également à revitaliser la Police spéciale, notamment en intégrant des profils techniques et des experts en cybersécurité, afin de lutter plus efficacement contre la criminalité moderne.

Dans l’ensemble, le Livre blanc dessine un changement structurel profond : une police plus centralisée pour les grands délits, plus proche des citoyens au niveau local, avec des normes plus exigeantes, plus de technologie et une gouvernance plus stricte. Un modèle ambitieux conçu pour répondre aux défis liés à la sécurité du XXIe siècle.

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L’utilisation abusive des relations intimes en tant que tactique d’infiltration policière au Royaume-Uni

Un ancien agent infiltré de la Metropolitan Police de Londres, Mark Jenner, identifié en interne commel’agent HN15, a commencé à comparaître dans le cadre de l’enquête Undercover Policing Inquiry du Royaume-Uni, un processus public qui passe en revue plusieurs décennies d’opérations secrètes contre des mouvements sociaux, politiques et syndicaux. Jenner a opéré dans les années 90 sous la fausse identité de Mark Cassidy, s’infiltrant dans un groupe d’activistes de gauche dans l’est de Londres, principalement lié au Colin Roach Centre, une organisation communautaire et antiraciste, selon BBC.com et la journaliste Ayshea Buksh.

L’un des aspects les plus graves de l’affaire est que Jenner a entretenu une relation intime et de concubinage pendant cinq ansavec une militante appelée « Alison » (nom fictif), tout en étant marié et en ayant des enfants. La relation comprenait le concubinage, des vacances au Royaume-Uni et à l’étranger, la participation à des mariages, des célébrations religieuses et des réunions de famille. Alison considérait Jenner comme son compagnon régulier et ignorait complètement qu’il s’agissait d’un agent de police infiltré.

Selon ce qui a été exposé dans l’enquête, cette relation n’apparaissait pas de façon claire ni honnête dans les rapports officiels que Jenner présentait à ses supérieurs à Scotland Yard. Pendant qu’il entretenait cette relation avec Alison, plusieurs voyages ont été enregistrés comme étant des réunions opérationnelles ou des suivis d’activités politiques, alors qu’il s’agissait en réalité de vacances personnelles, y compris des voyages en Israël, en Thaïlande et à Amsterdam. Les photographies et vidéos personnelles présentées dans l’enquête ont confirmé cette double vie.

Alison a récemment comparu dans le cadre de l’enquête, tout comme l’ex-femme de Jenner, qui a témoigné de manière anonyme. Les deux femmes ont expliqué dans leur témoignage qu’elles avaient été trompées pendant des années et ont souligné que le système policier avait permis, par action ou par omission, cette tromperie prolongée. Selon Alison, il y a eu tellement de mensonges qu’il est difficile de croire que les responsables directs de Jenner n’en avaient pas connaissance et qu’ils aient agi avec autant d’incompétence.

Lors de sa déclaration initiale, Jenner a affirmé que, dans le contexte de l’infiltration, il considérait qu’il était « nécessaire » d’avoir des relations sexuelles avec des femmes pour préserver sa couverture, bien qu’il ait nié que la satisfaction sexuelle soit un avantage du travail. Cette affirmation a été accueillie avec une forte indignation de la part des victimes et de leurs représentants, car elle renforce la perception que les relations intimes ont été utilisées comme un outil opérationnel, malgré l’impact émotionnel profond sur les personnes concernées.

Alison a décrit les conséquences psychologiques de la découverte de la vérité comme dévastatrices, affirmant être très en colère, profondément angoissée et physiologiquement affectée. Au fil du temps, elle a réinterprété plusieurs épisodes de la relation comme des indices de la tromperie : absences inexplicables, contradictions concernant sa famille, et même la découverte d’une carte bancaire au nom de M. Jenner, qu’il a justifiée par un mensonge.

Le cas de Jenner n’est pas un incident isolé. L’enquête a révélé qu’au moins 50 femmes pourraient avoir été trompées de manière similaire par des agents de police infiltrés pendant plusieurs décennies. Ce schéma a été qualifié par les victimes comme une forme d’abus institutionnel, avec des éléments clairs de sexisme, de manipulation émotionnelle et de violation des droits fondamentaux. Alison, avec le soutien d’autres femmes aux histoires similaires, a lancé la plateforme Police Spies Out of Our Lives, destinée à donner plus de visibilité à leurs cas et à exiger des responsabilités politiques et légales.

D’un point de vue institutionnel, la Metropolitan Police a reconnu publiquement cette grave irrégularité et le comportement totalement inacceptable de certains agents de police infiltrés et de leurs responsables. Le sous-commissaire adjoint Jon Savell a présenté des excuses sans réserve aux femmes concernées, admettant que ces relations étaient abusives, trompeuses et erronées, et qu’elles ont érodé la confiance du public dans une tactique policière qui, dans d’autres contextes, est considérée comme légitime pour maintenir l’ordre et la sécurité.

La police soutient que le travail d’infiltration a fait l’objet de profondes réformes au cours des dernières décennies, avec des cadres juridiques, éthiques et de supervision beaucoup plus stricts. Les victimes réclament toutefois que ces réformes soient accompagnées d’une véritable responsabilisation, y compris le retrait des honneurs et des distinctions accordés aux agents de police impliqués dans des abus, ainsi que des changements législatifs interdisant explicitement les relations intimes lors des opérations d’infiltration.

L’enquête reste ouverte, et Mark Jenner comparaîtra pendant plusieurs jours supplémentaires. Les femmes concernées exigent toute la vérité, des responsabilités claires et la reconnaissance du fait que les dommages subis ne sont pas le résultat d’excès individuels, mais d’un système qui a permis et normalisé des pratiques profondément abusives avec la protection de l’État.

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Europol coordonne une opération pour démanteler le cartel des Balkans en Allemagne

Europol a soutenu et coordonné les autorités de police d’Autriche, de Bosnie-Herzégovine, de Croatie, d’Allemagne et de Serbie dans le cadre d’une opération à grande échelle visant une cellule importante du groupe dit « cartel des Balkans ». Au cours de cette intervention, menée en décembre 2025 en Allemagne, trois suspects ont été arrêtés et des actifs criminels d’une valeur de plus de 5 millions d’euros ont été saisis.

L’opération coordonnée a visé plusieurs cibles de grande valeur résidant en Allemagne et soupçonnées d’être des figures clés du cartel des Balkans. L’enquête a révélé que cette cellule criminelle était responsable d’expéditions de plusieurs tonnes de cocaïne en provenance de Colombie et avait recours à différentes méthodes de trafic de drogue en Europe. Le réseau se livrait également au blanchiment d’argent par le biais d’entreprises et de biens immobiliers dans plusieurs pays de l’Union européenne et au-delà.

L’intervention policière, à laquelle ont participé 500 agents des forces de l’ordre pour procéder aux arrestations et perquisitionner 45 locaux, marque l’aboutissement d’une enquête complexe sur le trafic de drogue à grande échelle, le blanchiment d’argent et le trafic d’armes. Lors des perquisitions, environ 50 000 euros en espèces, deux pièces d’or, de nombreux articles de luxe tels que des bijoux, des montres et des sacs à main, trois véhicules de grande valeur et des biens immobiliers en Allemagne et à l’étranger ont été saisis. De plus, plusieurs documents et appareils électroniques ont été trouvés et saisis, ainsi qu’une arme à feu chargée de munitions.

Les trois suspects arrêtés au cours de cette intervention jouaient différents rôles au sein du réseau criminel, notamment financiers, de coordination et logistiques. Le principal suspect, originaire de la péninsule balkanique et résident en Allemagne, est connu pour utiliser un logo représentant de la cocaïne en tant que marque distinctive.

Le cartel des Balkans s’était déjà heurté plusieurs fois à Europol et à ses pays partenaires, avec de nombreuses arrestations effectuées au cours de ces dernières années (par exemple, 13 arrestations lors d’interventions de mai 2023, et 21 arrestations lors d’interventions d’octobre 2023). Europol a joué un rôle crucial en menant à bien une coordination constante, en facilitant l’échange d’informations et en offrant un soutien analytique continu à l’enquête. Les informations développées au cours de l’opération ont révélé un réseau sophistiqué et bien organisé qui opérait dans plusieurs pays et continents.

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Coup de filet contre le trafic d’antiquités : 35 arrestations en Bulgarie dans le cadre d’une opération coordonnée

Le mois de novembre 2025 a marqué un tournant dans la lutte contre le trafic illégal d’œuvres d’art et de biens culturels en Europe. Au cours d’une journée d’action coordonnée par les autorités bulgares, avec le soutien d’Europol et la participation d’agents de six pays, un vaste réseau criminel impliqué dans le pillage et le commerce illicite d’antiquités gréco-romaines et thraces a été démantelé.

Cette opération est le résultat de plusieurs années de recherche et de coopération internationale et met en lumière un phénomène qui a un impact majeur sur le patrimoine culturel européen et mondial.

Tout a commencé en 2020, lorsqu’une perquisition en Bulgarie a abouti à la saisie de 7 000 objets culturels d’une valeur inestimable. L’absence de documentation fiable et la quantité impressionnante d’objets ont tiré la sonnette d’alarme : il s’agissait très probablement de l’un des plus grands ensembles d’antiquités pillées jamais découverts dans le pays.

Parmi ces objets, on peut citer :

  • des masques et bijoux anciens ;
  • des équipements militaires ;
  • des vases et coupes de cérémonie ;
  • des pièces uniques datant de 2 000 avant J.-C.

Depuis, la collection est conservée par le Musée national d’histoire de Bulgarie, tandis qu’une vaste enquête a fini par révéler un réseau criminel transfrontalier très organisé.

La journée d’action a été aussi impressionnante que significative :

  • 35 arrestations en Bulgarie.
  • 131 perquisitions dans plusieurs pays (Bulgarie, Albanie, France, Allemagne et Grèce).
  • Plus de 3 000 biens ont été saisis, dont des pièces d’or et d’argent.
  • Valeur totale estimée : plus de 100 millions d’euros.
  • En outre, des œuvres d’art, des armes, des documents, des appareils électroniques, de l’or et plus de 50 000 euros en espèces ont été saisis.

La principale cible à haute valeur de l’enquête est accusée de financer des fouilles illégales en Bulgarie et dans d’autres pays des Balkans. Le mécanisme était clair : des groupes de pilleurs locaux fouillaient des sites archéologiques sur commande, tandis que des intermédiaires blanchissaient les pièces sur le marché international de l’art.

Cette affaire met en lumière une réalité bien connue des enquêteurs : le marché de l’art est un terrain fertile pour les activités criminelles. La demande d’objets uniques et la difficulté de vérifier leur provenance facilitent l’entrée d’objets pillés illégalement.

Les Balkans et l’Italie, qui disposent d’un riche patrimoine archéologique gréco-romain, sont depuis plusieurs décennies la cible de réseaux de trafic d’antiquités. Et il ne s’agit pas seulement d’un problème local : des pièces provenant de zones de conflit telles que la Syrie ou l’Irak y sont souvent mélangées.

Depuis 2024, un groupe de travail d’Europol se charge de relier les points, d’identifier les suspects et de retrouver les objets dispersés dans plusieurs pays. Ce modèle de coopération, qui combine analyses, échange d’informations et actions conjointes, est plus que jamais nécessaire.

Le démantèlement du réseau est une victoire importante, mais aussi un rappel : la protection du patrimoine culturel exige une vigilance constante et des efforts coordonnés à l’échelle mondiale.

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Interventions contre les drogues de synthèse en Europe centrale et orientale

Début novembre 2025, Europol a accueilli 191 experts de 51 pays à son siège de La Haye pour la dernière édition de la conférence annuelle sur les drogues. Les discussions ont porté sur les nouvelles tendances en matière de production et de trafic de drogues synthétiques, les défis posés par le trafic de cocaïne et les stratégies visant à renforcer la coopération internationale dans la lutte contre ces menaces. Les participants ont également exploré des méthodes innovantes pour démanteler les réseaux criminels impliqués dans le trafic de drogues.

Le commerce des drogues illicites reste une menace majeure pour la sécurité intérieure de l’UE. En particulier, les drogues de synthèse sont très dynamiques, avec des itinéraires changeants et une variété d’acteurs criminels. Elles sont produites à grande échelle dans l’UE, à la fois pour les marchés locaux et pour l’exportation.

Compte tenu de la gravité du problème, Europol a fait de la lutte contre le trafic de drogues de synthèse une priorité absolue. Dans ce contexte, l’agence a soutenu ces dernières semaines deux interventions majeures visant l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement :

1.- Démantèlement d’un réseau criminel en Europe centrale et orientale

Le 11 novembre 2025, les forces de l’ordre ont démonté un réseau criminel international qui fournissait les principaux précurseurs utilisés pour produire de la méthamphétamine et qui menait ses activités dans toute l’Europe. Les autorités de Bulgarie, de Tchéquie, de Hongrie, de Roumanie et de Moldavie, avec le soutien d’Europol, ont participé à l’enquête. Eurojust a mis en place et financé l’équipe d’enquête conjointe entre les autorités tchèques, roumaines et moldaves, ce qui leur a permis de surveiller le trafic de substances et de communications illicites ainsi que de rassembler des preuves pour poursuivre le groupe criminel.

La journée d’actions communes a consisté en :

  • 16 arrestations (1 en Bulgarie, 11 en Tchéquie, 2 en Hongrie et 2 en Moldavie) ;
  • 18 perquisitions (3 en Tchéquie, 2 en Hongrie, 1 en Roumanie et 12 en Moldavie) ;
  • démantèlement de 3 laboratoires clandestins de fabrication de drogues en Hongrie et en Moldavie ;
  • confiscation de drogues de synthèse et de produits chimiques nécessaires à la fabrication de méthamphétamine, dont plus de 5 kg de méthamphétamine, 40 kg de comprimés contenant de l’éphédrine, 50 litres de toluène, 0,5 kg de phosphore, 280 kg de soude caustique, 70 kg de résidus de production chimique provenant de déchets chimiques ;
  • confiscation de deux véhicules utilisés pour le transport de drogues ;
  • confiscation de dispositifs électroniques et d’argent liquide.

Les suspects étaient impliqués à tous les stades de la chaîne de production des drogues : importation de produits chimiques, production de drogues de synthèse et contrebande dans les soutes à bagages des avions et les compartiments dissimulés des véhicules afin d’éviter d’être détectés par les autorités.

2.- Lors d’une opération sans précédent dans l’UE, les autorités ont saisi plus de 40 tonnes de précurseurs destinés à la production de MDMA, d’amphétamine et de méthamphétamine en Hongrie et en Allemagne. L’enquête a duré deux ans, l’action la plus récente a eu lieu les 4 et 5 novembre 2025, et a abouti à :

  • 4 arrestations ;
  • 8 perquisitions de biens immobiliers ;
  • saisie de drogues de synthèse ;
  • saisie de précurseurs et produits chimiques ;
  • saisie de véhicules, bijoux et dispositifs électroniques ;
  • saisie de 67 000 euros en espèces.

L’enquête a révélé que les précurseurs ont été expédiés de Chine vers les ports de Hambourg et de Rotterdam. À leur arrivée, ils ont été collectés par des membres du réseau criminel et envoyés en Hongrie pour y être distribués. Les auteurs menaient leurs activités dans de nombreux pays européens et avaient la capacité de fournir de grandes quantités de produits chimiques, permettant la production de drogues à grande échelle.

Le réseau criminel visé par cette opération était lié à de nombreux envois de précurseurs chimiques saisis entre 2023 et 2025. Au cours de cette période, les autorités ont intercepté près de 32 tonnes de précurseurs en Hongrie et plus de 10 tonnes en Allemagne.

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54 personnes arrêtées en Europe pour lutter contre l’exploitation par le travail

Au cours des dernières semaines, les forces de l’ordre, les gardes-frontières, les autorités du travail et les autorités fiscales de toute l’Europe ont uni leurs forces pour identifier et combattre l’exploitation par le travail. Cette dernière édition des journées d’action commune EMPACT s’est concentrée sur la traite des êtres humains à des fins d’exploitation par le travail, en mettant l’accent sur le secteur agricole, la gastronomie et les agences de travail temporaire.

Les autorités concernées ont notamment pris des mesures contre l’exploitation des ressortissants de pays tiers et des réfugiés. Menées par la France et les Pays-Bas, et réalisées par les autorités de 32 pays avec le soutien d’Europol et de l’Autorité européenne du travail (AET), ces journées d’action ont permis d’arrêter 54 personnes et d’identifier 404 victimes potentielles de la traite des êtres humains.

Les principaux résultats de cette action ont été les suivants :

• 22 296 agents des forces de l’ordre, des autorités du travail et des autorités fiscales impliqués.

• 194 995 entités contrôlées (dont 73 218 personnes, 11 815 sites, 26 412 véhicules et 83 958 documents).

• 93 trafiquants d’êtres humains présumés identifiés (dont 92 pour exploitation par le travail).

• 54 personnes arrêtées pour différents délits (dont 44 pour exploitation par le travail).

• 404 victimes potentielles de la traite des êtres humains identifiées (dont 393 victimes possibles d’exploitation par le travail).

• 341 nouvelles enquêtes sur différents délits (dont 43 pour exploitation par le travail).

L’objectif de cette action récurrente est que les autorités se concentrent sur les formes d’exploitation par le travail les plus pertinentes ou les plus répandues dans leurs pays respectifs. Les inspections ont été effectuées dans un large éventail de secteurs, tels que la restauration, la gastronomie, la livraison de nourriture, la transformation des aliments et de la viande, les services de beauté, les soins de santé à domicile, la logistique et la distribution, l’agriculture, la construction et l’exploitation minière.

Certains pays ont confirmé plusieurs modus operandi de traite des êtres humains à des fins d’exploitation agricole et par le travail : divergences entre les salaires et les heures de travail des employés, violations des lois sur le salaire minimum, travail non déclaré, programmes illégaux mis en œuvre par des agences de travail temporaire, non-respect de la durée maximale de travail, mauvaises conditions de logement fournies par les employeurs, emploi de mineurs, servitude pour dettes et travail sans autorisation Les ressortissants de pays tiers peuvent également utiliser des passeports et des titres de séjour falsifiés. En général, les cas d’exploitation par le travail et de travail forcé sont largement sous-déclarés et ne reflètent pas l’ampleur réelle du problème.

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Reconstruire le lien entre la police et la société en France

La dégradation des relations entre la police et la population s’explique par la prédominance d’une logique politique martiale et de court terme. Ce modèle nuit à la fois aux citoyens, victimes de pratiques brutales, et aux policiers, exposés à des missions mal définies et risquées.

Cette idée est issue d’une recherche menée par Marie Lajus, haute fonctionnaire, ancienne préfète et commissaire de police, Jacques de Maillard, professeur des universités, et Marc-Olivier Padis, directeur des études de Terra Nova.

Un rapport d’inspection récent a fait état d’une détérioration du lien de confiance entre les forces de sécurité intérieure et la population. Le décalage entre les attentes de la population et l’appréhension des priorités par les services est manifeste. Cette dégradation n’est pas seulement préoccupante en raison de l’insatisfaction des usagers. Elle induit également une moindre efficacité de l’action des politiques de sécurité. Le sentiment de distance entre la police et la population rend le travail policier plus difficile.

Les occasions de contact entre la police et la population se déroulent trop régulièrement lors d’interactions de contrôle, dans une logique coercitive, et parfois sous un mode offensif, ce qui installe un climat de défiance défavorable au travail policier.

Il place également les agents dans des situations conflictuelles où leur responsabilité peut être mise en cause. Un malaise policier transparaît à l’occasion d’un certain nombre de missions pour lesquelles ils ne sont pas préparés ou qui ne visent que le déploiement ostensible de force et l’action répressive. Un malaise en partie lié aux conditions et à la posture globale d’intervention, dans un contexte de tension opérationnelle permanente.

L’action des forces de l’ordre pendant la crise sanitaire a été orientée par les instructions officielles dans un sens essentiellement répressif. Les forces de police et de gendarmerie ont été massivement mobilisées dans le but de vérifier la mise en place du confinement et ses différentes mesures (attestations, fermetures de lieux, port du masque…). Au total, environ 100 000 agents, soit la quasi-totalité des effectifs engagés sur la voie publique, ont été mobilisés par cette action sur une base quotidienne.

La domination d’un mode d’intervention principalement coercitif, reposant sur des conceptions obsolètes de la gestion des foules et de dissuasion par l’affichage de la force, conduit à des situations d’échec collectif dont des agents font au bout du compte les frais (blessures, image dégradée, risque de mise en cause pénale).

Mais les bénéfices en termes de communication restent suffisamment forts pour les responsables politiques pour s’obstiner dans l’impasse. Les mouvements des Gilets Jaunes présentent un cas particulier puisqu’il ne s’agissait pas pour les forces de l’ordre de faire face à des manifestations organisées, avec un parcours déclaré, des organisateurs identifiés, des interlocuteurs responsables, un rituel maîtrisé. Par défaut, il s’agissait, aux yeux du ministère de l’Intérieur, non de « manifestations » mais d’« attroupements », c’est-à-dire une qualification autorisant beaucoup plus largement l’usage légal de la force.

On a observé dans des pays voisins une approche tout à fait différente. Ainsi, aux Pays-Bas, l’action policière a été menée dans un esprit de prévention, de dialogue et de responsabilisation. Le mot d’ordre retenu n’était pas celui de la « guerre contre le virus » lancée par le Président de la République en France et relayée ensuite, depuis le Premier ministre, à tous les niveaux hiérarchiques. Le mot d’ordre collectif néerlandais était : « ensemble, contrôler l’épidémie ».

Le cas néerlandais montre qu’une autre stratégie de gestion du confinement était possible en mettant en avant le contact avec la population, les messages de prévention, l’accompagnement. Les polices britanniques ont mis en œuvre des pratiques selon une approche des 4 E (Engage, Explain, Encourage, Enforce), dont la dimension de coercition n’était donc que l’une des quatre dimensions, et dont les évaluations ont montré qu’elle a aidé à maintenir, voire à développer la bonne volonté du public. À l’inverse, la politique du chiffre, qui a déjà montré ses limites, ne valorise aucune des compétences professionnelles de la police. Elle ne fonctionne que sur la peur de l’uniforme ou de la sanction, au détriment de la construction d’un lien durable entre police et population. Celui-ci doit passer par un renforcement de la formation initiale et continue des fonctionnaires chargés de la sécurité intérieure, aujourd’hui trop limitée en durée et insuffisamment adaptée du point de vue des contenus et de la préparation au métier.

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Crise au Nigeria : pourquoi la réforme de la police est essentielle

La violence armée est devenue une véritable crise de sécurité au Nigeria, en particulier dans les régions du nord-ouest et du centre-nord du pays. Ce qui avait commencé par des attaques sporadiques s’est transformé en campagnes coordonnées de violence touchant des communautés entières.

Entre 2023 et 2025, plus de 10 000 personnes ont été tuées par des groupes armés dans le nord du Nigeria, principalement des femmes et des enfants. La vie rurale en est complètement bouleversée : agriculteurs enlevés dans leurs champs, voyageurs attaqués sur les routes, villages entiers déplacés. Dans certaines régions, les habitants doivent même payer des « taxes » aux bandits pour pouvoir procéder aux récoltes.

Selon Onyedikachi Madueke, doctorant sur la Sécurité au Nigeria à l’université d’Aberdeen, cette insécurité engendre la pauvreté, affaiblit la confiance dans l’État et pousse à l’émigration.

Les études sur le banditisme au Nigeria ont tendance à se concentrer sur des facteurs tels que la pauvreté, l’exclusion sociale ou les territoires non gouvernés. Mais un élément essentiel est souvent négligé : le manque de capacité institutionnelle de la police.

Certains résultats de la recherche d’Onyedikachi Madueke indiquent clairement que les forces de police présentent de graves insuffisances structurelles : sous-effectifs, sous-financement, mauvaises conditions de travail et organisation trop centralisée.

Ces lacunes ne sont pas seulement des problèmes administratifs, mais des facteurs qui favorisent des environnements dans lesquels la violence organisée peut se développer. Les conclusions sont divisées en quatre domaines principaux.

Crise des effectifs : trop peu d’agents pour trop de citoyens

Avec une population de 220 millions d’habitants, le Nigeria compte 370 000 policiers. Dans certaines municipalités du Nord, seuls 32 agents protègent des centaines de milliers de personnes. En outre, jusqu’à 80 % des policiers sont affectés à la protection de politiciens, d’hommes d’affaires, etc. Seule une minorité reste disponible pour les tâches policières proprement dites.

Sous-financement chronique

Le budget de la police pour 2024 était d’environ 808 millions de dollars, ce qui est bien inférieur à des pays comme l’Afrique du Sud ou l’Égypte. Les commissariats de police n’ont ni ordinateurs, ni papier ni accès à Internet. Les agents utilisent leur téléphone portable personnel. Les véhicules de patrouille manquent de carburant et les équipements spécialisés sont inexistants ou obsolètes.

Conditions de travail précaires

Un agent débutant peut être payé 44 dollars par mois, ce qui n’est pas suffisant pour vivre. Ils doivent payer leurs uniformes, leurs soins médicaux et vivre dans des baraquements délabrés, sans eau ni électricité. Les familles des agents décédés mettent souvent des années à obtenir une indemnisation. Cette précarité engendre démotivation et désengagement, avec de graves conséquences pour la sécurité nationale.

Structure trop centralisée

Les forces de police nigérianes sont contrôlées depuis Abuja, la capitale, et les gouvernements régionaux n’ont aucune autorité réelle sur les agents déployés sur leur territoire. Ce modèle centralisé limite la rapidité de réaction, entrave la confiance de la communauté et encourage les criminels à agir en toute impunité dans les régions où l’État est perçu comme inexistant.

Pour lutter contre la violence armée, la police doit être renforcée sur le plan institutionnel. Les mesures d’urgence doivent comprendre :

  • augmenter le recrutement de policiers, en particulier dans les zones rurales ;
  • améliorer les salaires et les conditions de vie des agents ;
  • décentraliser les forces de police et permettre la création de forces régionales et communautaires ;
  • garantir la transparence dans l’utilisation des fonds destinés à la sécurité, en particulier le fonds fiduciaire de la police.

Le renforcement de la police n’est pas seulement une question de gestion : il s’agit d’une étape fondamentale pour restaurer la confiance, assurer la sécurité et construire un avenir plus stable pour le Nigeria.

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