Les démissions d’officiers de police ont augmenté de 72 % au cours de l’année dernière en Angleterre et au Pays de Galles

Début novembre de cette année, une étude a été publiée dans le journal en ligne The Conversation dans laquelle les professeures anglaises de Criminologie de l’Université de Portsmouth, Jemma Tyson et Sarah Charman, se sont penchées sur les causes de la hausse des démissions des officiers de police en Angleterre et au Pays de Galles.

Les auteures expliquent que le métier de policier a longtemps été un emploi à vie. Les taux de départ étaient très faibles et les taux de fidélité élevés, les carrières de 30 ans ou plus étant la norme. Mais les temps semblent avoir changé.

Selon les chiffres officiels du gouvernement, le nombre de démissions volontaires des services de police en Angleterre et au Pays de Galles a grimpé de 72 % entre 2021 et 2022, passant de 1 996 à 3 433. En outre, les démissions volontaires représentent désormais 42 % de tous les départs de la police, contre 33 % l’année précédente. Par rapport à il y a dix ans, en 2012, il y a eu 1 158 démissions volontaires, ce qui ne représentait que 18 % de tous les départs. Ainsi, en seulement dix ans, les démissions volontaires ont augmenté de 196 %.

Ce que le Conseil national des chefs de police du Royaume-Uni considérait comme une rotation positive en 2016 est désormais un problème sérieux. Les deux auteures de l’étude ont estimé qu’il serait pertinent d’examiner les raisons du départ de ces fonctionnaires. Pendant deux ans, elles ont interrogé une centaine d’anciens policiers d’Angleterre et du Pays de Galles qui avaient quitté le service volontairement.

Les principales motivations de départ sont les problèmes internes et organisationnels, entre autres : les anciens officiers se plaignent d’un leadership médiocre, du manque d’opportunités de promotion ou de progression, et du fait de ne pas avoir voix au chapitre dans l’organisation. Les policiers qui ont quitté l’organisation ont déclaré qu’ils ne se sentaient pas valorisés et qu’ils manquaient de modèles appropriés dans les rangs supérieurs. Les agents féminins ayant des enfants, en particulier, se sont plaints de ce fait.

Les anciens officiers interrogés ont signalé que la force policière leur avait fait sentir qu’ils n’étaient qu’un numéro et que leurs avis ne comptaient pas. Ils n’avaient pas non plus l’impression de pouvoir partager leurs opinions ou de participer à la prise de décision sur les questions qui les concernaient dans leur travail quotidien, car ils avaient le sentiment que leurs responsables passaient leur temps à s’occuper de leurs carrières et affaires personnelles.

Ce sentiment de vide était également partagé par des policiers envoyés dans des lieux indésirables après une promotion, au retour d’une absence ou en raison d’une restructuration au sein de l’organisation.

Les chercheuses ont également constaté que la majorité des personnes interrogées ont répondu que leur décision de démissionner était la bonne, ce qui ne cachait pas leur déception, leur regret et leur tristesse de partir.

Ces sentiments de manque de soutien organisationnel sont aggravés par l’absence d’un entretien concernant le motif de départ. Seuls 35 % des agents interrogés se sont vus offrir la possibilité de réaliser une enquête concernant leur démission.

Comprendre pourquoi il y a eu une augmentation de 196 % des démissions volontaires au sein des services de police en Angleterre et au Pays de Galles au cours de la dernière décennie peut être une tâche douloureuse pour de nombreuses forces de police, mais sans cette information, la tendance ne peut qu’empirer. Entamer ces conversations difficiles et faire entendre la voix de ceux qui décident de démissionner au sein de l’organisation est la première étape pour résoudre le problème.

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Les mesures anti-covid entraînent une légère augmentation de la violence envers les forces de l’ordre en Allemagne

En 2021, 39 649 actes de violence contre les forces de l’ordre ont été enregistrés en Allemagne, soit une augmentation de 1,8 % par rapport à l’année précédente, qui s’inscrit dans une légère tendance à la hausse depuis 2014 (à l’exception de 2017). Les Länder qui ont connu les plus fortes hausses sont le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale (31 %), la Hesse (19,1 %) et Berlin (15,4 %), tandis que le Bade-Wurtemberg (-2,1 %) et la Bavière (-6,3 %) ont enregistré des baisses. Il est intéressant de noter que ce dernier a connu le plus grand nombre de meurtres (4 cas pour 6 victimes[1]) et de vols avec violence (20 cas pour 25 victimes).

Le nombre de victimes de ces violences s’élève à 88 626 agents (4,5 % de plus que l’année précédente), dont 79,3 % sont des hommes et 49,5 % ont entre 25 et 35 ans. La grande majorité des actes de violence (87 %) résulte d’une résistance aux interventions policières.

Les auteurs de ces infractions étaient principalement des hommes (84,2 %), de nationalité allemande (70,6 %) et âgés de plus de 25 ans (69,6 %). Environ 75,6 % des personnes interpellées étaient connues des services de police. Le pourcentage d’immigrants placés en détention pour ces infractions a diminué de 9,6 %, tandis que celui des résidents illégaux et des demandeurs d’asile a diminué de 5,2 %.

Les typologies criminelles de ces agressions comprennent le meurtre, l’homicide involontaire, les blessures (intentionnelles et par négligence), le vol avec violence, la coercition, la détention illégale, les menaces, la résistance et les attaques contre les forces de l’ordre. Il convient toutefois de souligner que les crimes les plus violents ont connu une baisse : meurtre (-6), homicide (-27), vol avec violence (-27) et blessures simples ou légères (-612). Les augmentations les plus marquées s’observent dans la résistance opposée aux autorités dans l’exercice de leurs fonctions, sous toutes ses formes (48 %).

Cette hausse semble être principalement due aux mesures de restriction liées aux déplacements adoptées pour lutter contre la COVID-19, qui ont été largement contestées par une partie de la population. L’augmentation des actes de violence coïncide (à quelques exceptions près) avec les mois au cours desquels des restrictions plus strictes ont été mises en place pour faire face à la pandémie.

Accès au rapport complet 


[1] Les meurtres n’ont pas forcément abouti.

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Le système britannique de plaintes contre la police a encore quelques efforts à faire

La commission des affaires intérieures du Parlement britannique a publié un rapport sur le traitement des plaintes et la correction des agissements de la police en février 2022, dans lequel elle identifie des lacunes importantes. L’enquête visant à évaluer les performances du Bureau indépendant pour la conduite de la police (Independent Office for Police Conduct ou IOPC) a débuté à l’été 2020 et a duré 18 mois. L’IOPC, dont le rôle principal est de traiter les cas les plus graves de plaintes contre des policiers et les forces de police, pouvant entraîner des sanctions disciplinaires, en Angleterre et au Pays de Galles, est devenu opérationnel en janvier 2018. Il ne s’agit toutefois pas d’un organe entièrement nouveau, puisqu’il remplace la Commission indépendante des plaintes contre la police (Independent Police Complaints Comission ou IPCC), créée en 2003, qui remplaçait elle-même l’Autorité des plaintes contre la police (Police Complaints Authority ou PCA). Ces changements précédents avaient déjà été effectués dans le but d’améliorer le traitement de ces plaintes.

Les membres du Parlement rappellent que le maintien de l’ordre en Angleterre et au Pays de Galles repose sur le consentement : les agents ont certains pouvoirs pour enquêter sur les crimes et maintenir la sécurité publique, mais il est de leur devoir de faire preuve d’un comportement irréprochable. Par conséquent, pour que les citoyens aient confiance dans les forces de l’ordre, il faut mettre en place un système efficace de gestion et de suivi du comportement des agents et des divisions ainsi que des plaintes les concernant.

L’enquête a conclu que l’insatisfaction à l’égard de ce système est en partie injustifiée ou injuste, et que l’IOPC a fait des progrès significatifs et a établi un système plus ouvert, transparent et réactif que les organismes précédents. Toutefois, il subsiste également des éléments à améliorer dans six domaines :

  • La durée des enquêtes : bien que la plupart soient résolues en moins d’un an (cette durée a diminué par rapport aux organismes précédents), il y a encore des procédures qui durent des années, sans qu’il soit clairement possible de déterminer si la responsabilité incombe aux forces de police ou à l’IOPC. Par conséquent, un changement de culture policière est nécessaire pour rationaliser ces procédures et pour que toutes les parties assument leurs responsabilités.
  • La confiance du public : les évaluations menées sur des thèmes spécifiques (tels que les violences domestiques, les problèmes de santé mentale ou les discriminations ethniques) donnent un aperçu de la manière dont la police interagit avec les communautés qu’elle sert. Cependant, durant ces évaluations de grande ampleur, il est nécessaire de renforcer la collaboration entre les organisations et les forces de police, et de rendre les procédures accessibles au public.
  • L’accessibilité : rendre les documents pertinents accessibles aux citoyens n’est qu’un début pour les sensibiliser à ces procédures. L’utilisation d’un langage technique ou de constructions complexes rend également l’accès difficile ou décourage les citoyens. Par conséquent, l’IOPC devrait s’efforcer de rendre la documentation disponible dans un langage plus clair et dans différents formats et langues.
  • La garantie de pratiques irréprochables : certaines de ces procédures sont traitées par les forces de police, mais il n’est pas certain qu’elles suivent toutes les directives de l’IOPC. Par conséquent, il convient de surveiller le bon suivi de ces recommandations.
  • La gouvernance de l’IOPC : les fonctions des responsables de l’IOPC gardent encore certains dysfonctionnements des organismes précédents et, bien que la nouvelle structure ait apporté des changements positifs, des lacunes subsistent, par exemple en matière de contrôle interne. Elle exhorte donc le gouvernement à repenser au plus vite la structure de l’organisation et à nommer un chef indépendant au conseil d’administration.
  • Commissaires chargés de la police et de la criminalité (Police and Crime Commissioners) : ces élus ont pour fonction de superviser les forces de police dans les circonscriptions territoriales sous leur responsabilité. L’enquête parlementaire a révélé que, malgré le fait qu’une partie de leurs fonctions consiste à traiter les plaintes et les sanctions disciplinaires, très peu de ces postes remplissent réellement leur rôle en la matière. Par conséquent, ils doivent disposer de davantage de ressources pour pouvoir accomplir ces tâches.

Communiqué de presse sur la publication du rapport au Parlement britannique :

https://committees.parliament.uk/committee/83/home-affairs-committee/news/161387/progress-made-but-many-still-feel-let-down-by-police-complaints-system/ (lien en anglais)

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Le recrutement hâtif de policiers présente un risque majeur

La promesse de Boris Johnson de recruter 20 000 policiers supplémentaires augmente le risque d’admission d’agents ayant des comportements misogynes, racistes ou homophobes, alors même que la culture discriminatoire qui existe au sein des forces de police d’Angleterre et du Pays de Galles fait l’objet de fortes préoccupations.

La police d’Angleterre et du Pays de Galles est actuellement confrontée à certaines difficultés et cherche à regagner la confiance de la société, notamment à la suite du meurtre de Sarah Everard, commis par un officier de police.

Selon le journal The Guardian, un rapport interne de la police a mis en évidence des avertissements selon lesquels l’ampleur et la rapidité de la campagne de recrutement de 20 000 policiers entraînent inévitablement des risques, ajoutant qu’il existe un grand danger que des personnes qui ne conviennent pas à la police puissent passer tous les filtres et être recrutées.

Dans le même temps, le document considère que le système échoue lorsque, parfois, les groupes de criminalité organisée tentent d’infiltrer les forces de police, ce qui peut avoir des conséquences catastrophiques. Lorsque des candidats inadaptés mentent sur les formulaires de candidature, cachent leur activité sur les réseaux sociaux ou minimisent leurs liens avec la criminalité, une vérification de haute qualité est constamment requise.

Si, au cours de la période probatoire, un agent fait preuve d’un comportement homophobe, raciste, misogyne ou malhonnête, cela doit être pris très au sérieux. Si les responsables se contentent de penser qu’il sera un bon policier et qu’ils rectifieront progressivement le tir, ils donnent lieu à un problème qui pourrait durer une trentaine d’années.

Le rapport expose également d’autres problématiques, par exemple :

• La fraude a augmenté de manière exponentielle et les forces de police la traitent encore très souvent comme un problème peu important, à tort.

• Le modèle de responsabilisation locale a brisé certaines relations entre la police et les politiciens, et certains des chefs de police ne croient plus vraiment à l’indépendance opérationnelle de la police.

• L’architecture fragile des 43 forces de police, conçue en 1962 et mise en œuvre en 1974, est loin d’être adaptée aux besoins existant en 2022.

• La cybercriminalité est maintenant, de loin, le type de crime le plus fréquent. Autrefois, on avait tendance à penser que les enfants n’étaient pas en sécurité dans la rue. Maintenant, c’est dans leur propre chambre qu’ils sont le plus en danger.

• Les attentes du public en matière de lutte contre la criminalité ne peuvent être satisfaites sans un financement suffisant, et les citoyens, par l’intermédiaire des responsables politiques, doivent décider du niveau de menace, de préjudice et de risque qu’ils sont prêts à tolérer.

Des lacunes importantes dans la police persistent et doivent être comblées. La criminalité est désormais souvent complexe et beaucoup plus sophistiquée, et les enquêtes peuvent prendre beaucoup plus de temps. Si la police continue à utiliser les méthodes du XXe siècle pour tenter de faire face aux technologies du XXIe siècle, elle continuera à prendre de plus en plus de retard.

Enfin, le document explique qu’il ne faut pas sous-estimer la gravité des problèmes auxquels sont confrontés les services de police, mais que le public a besoin d’être rassuré par des officiers et du personnel de police faisant preuve d’une approche ferme, pragmatique et professionnelle.

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La production de tabac de contrefaçon en Slovénie qui inondait le marché français a été démantelée

Une filière de production de tabac qui approvisionnait le marché français de millions de cigarettes de contrefaçon a été démantelée en Slovénie à la suite d’une enquête complexe menée par les autorités françaises et slovènes, avec le soutien d’Europol.

Lancée en octobre 2020, l’enquête était centrée sur un groupe de criminalité organisée impliqué dans la production et la distribution illicite de tabac. Deux journées d’action couronnées de succès visant les criminels impliqués dans la distribution de ces cigarettes de contrefaçon ont été menées en France en avril et en mai 2021. Les autorités slovènes ont ensuite lancé une enquête dans le but d’arrêter les responsables soupçonnés de la production de ces produits illicites.

À la suite de plusieurs réunions de coordination entre les autorités judiciaires et policières de France et de Slovénie, sous la supervision d’Eurojust et d’Europol, il a été convenu d’organiser une journée d’action en Slovénie.

Le 25 janvier 2022, plus de 100 agents de la police nationale slovène (Policija) et de l’administration financière slovène (Finančna Uprava) ont perquisitionné 11 lieux, y compris des locaux industriels et des résidences privées. Ils ont été assistés sur le terrain par des officiers de la gendarmerie nationale française, ainsi que par des magistrats français des juridictions interrégionales spécialisées (JIRS) et par des agents d’Europol.

Cette action a permis de mettre au jour différents sites de production installés dans des entrepôts, situés dans des régions reculées de Slovénie. Au total, plus de 26 tonnes de tabac, ainsi que 29 millions de filtres, ont été saisis, de même que plusieurs machines destinées à la production de tabac et 10 tonnes de papier imprimé pour l’emballage. Les cigarettes qui auraient pu être fabriquées avec les marchandises saisies auraient eu une valeur totale de 13 millions d’euros sur le marché français.

Auparavant, en novembre 2021, l’administration financière slovène avait saisi au cours de la même enquête environ 12 tonnes supplémentaires de tabac haché.

Deux dirigeants du réseau criminel chargé de la fabrication des cigarettes ont été arrêtés en vertu de mandats d’arrêt européens, l’un en Croatie et l’autre en Slovénie.

Le Centre européen de lutte contre la criminalité économique et financière (EFECC) d’Europol a apporté son aide à l’enquête. Il a mis à disposition sa plateforme de communication sécurisée, a facilité la coopération internationale entre la France, la Slovénie et d’autres États membres, a procédé à des vérifications croisées, et a fourni son soutien analytique et son expertise opérationnelle. L’un de ses experts a été envoyé à Maribor, en Slovénie, pour assister les autorités nationales le jour de l’action de la police.

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1 534 armes à feu saisies dans le cadre d’une opération internationale de lutte contre le commerce illicite

Lors de l’opération internationale coordonnée par Europol, dans le cadre d’une initiative de répression visant le commerce illicite d’armes, un total de 1 534 armes à feu ont été saisies. Certaines de ces armes ont été trafiquées, comme par exemple certains pistolets détonateurs ou de tir sportif, qui sont devenus une arme de choix pour les criminels, car ces armes peuvent être facilement converties pour décharger des munitions réelles. Une telle arme à feu aurait été utilisée pour tuer le journaliste néerlandais à Amsterdam en juillet de l’année dernière.

Cette opération, connue sous le nom de Conversus, a été menée par la police nationale roumaine (Poliția Română) dans le cadre de la plateforme pluridisciplinaire européenne contre les menaces criminelles (EMPACT). Il a fallu environ une semaine de travail dans le cadre d’une action coordonnée par Europol entre le 13 et le 17 décembre 2021 et a impliqué les polices de 24 pays, en collaboration avec Eurojust et la Commission européenne.

Voici les résultats de l’opération :

  • Perquisitions de logements : 260
  • Armes saisies : 1 534
  • Munitions saisies : 17 464
  • Pyrotechnie saisie : 6 550 kg

Jusqu’à récemment, la plupart des armes saisies en Europe ont été importées dans l’Union européenne depuis la Turquie. Depuis lors, les autorités turques ont modifié leur législation pour faire face à cette menace. Une fois dans l’UE, ces armes sont généralement achetées à bas prix sur les marchés légaux, avant de faire l’objet d’un trafic illégal vers d’autres pays où un permis est nécessaire pour acquérir, importer et posséder ces armes à feu.

La semaine d’action d’Europol a été précédée d’un travail opérationnel au début de l’année pour identifier les acheteurs et les distributeurs impliqués dans ce commerce illicite. La police roumaine, ainsi que ses homologues bulgares et nord-macédoniens, ont recueilli des données sur les vendeurs, qui ont ensuite été analysées par Europol afin d’identifier les acheteurs et les transactions suspectes.

Les pays suivants ont participé à cette action coordonnée : Roumanie, Bulgarie, Portugal, Belgique, Serbie, Croatie, Chypre, République tchèque, Suède, Allemagne, Danemark, Estonie, Monténégro, Grèce, Espagne, France, Finlande, Hongrie, Lituanie, Luxembourg, Lettonie, Pays-Bas, Pologne, Albanie, Bosnie-Herzégovine, Suisse, Norvège, Macédoine du Nord, Ukraine et Kosovo*.

En 2017, le Conseil européen a décidé de poursuivre le cycle politique de l’UE pour la période 2018-2021. Il vise à répondre aux menaces les plus importantes que la criminalité internationale grave et organisée fait peser sur l’UE. Cet objectif est atteint en améliorant et en renforçant la coopération entre les services compétents des États membres, des institutions et des agences de l’Union, ainsi que des pays et organisations non membres de l’UE, y compris le secteur privé, le cas échéant. Il existe actuellement dix priorités EMPACT. À partir de 2022, le mécanisme est définitivement rebaptisé EMPACT 2022+.

* Cette désignation est sans préjudice des positions sur le statut et est conforme à la résolution 1244/99 du Conseil de sécurité des Nations Unies et à l’avis de la CIJ sur la déclaration d’indépendance du Kosovo.

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Nouvelle opération mondiale de lutte contre le blanchiment de capitaux

Cette nouvelle opération a eu lieu dans le cadre de la septième édition de l’European Money Mule Action, ou EMMA-7, créé en 2016 à l’initiative d’Europol, d’Eurojust et de la Fédération bancaire de l’Union européenne. Il s’agissait de la plus grande opération internationale de ce type, fondée sur l’idée que le partage d’information entre le secteur public et le secteur privé est essentiel pour lutter contre les crimes modernes complexes. Environ 400 banques et institutions financières ont soutenu l’action en signalant 7 000 transactions frauduleuses et en empêchant une perte totale estimée à environ 70 millions d’euros.

L’enquête a montré que les mules financières blanchissaient les gains par le biais de la fraude en ligne, par exemple, via la compromission de la messagerie commerciale ou les escroqueries aux opérations de change.

L’opération a donné lieu à 1 803 arrestations et à l’identification de plus de 18 000 mules financières. Elle a également révélé que des mules étaient utilisées pour blanchir de l’argent pour un large éventail d’escroqueries en ligne telles que l’échange de cartes SIM, la fraude en commerce électronique et le phishing.

Pendant ces opérations qui ont duré environ deux mois et demi, l’EMMA-7 a impliqué les forces de l’ordre, les institutions financières et le secteur privé, notamment Western Union et Microsoft, qui ont coopéré dans un effort concerté contre le blanchiment d’argent en Europe, en Asie, en Amérique du Nord, en Colombie et en Australie. En plus de cibler le blanchiment de profits par le biais de réseaux de mules financières, les enquêteurs ont également cherché à obtenir des informations sur les sources de ces profits illicites, afin de mieux comprendre la taille et la nature des économies criminelles qui ont recours à ces mules.

Voici les résultats de l’opération qui s’est déroulée du 15 septembre au 30 novembre :

• 18 351 mules identifiées

• 324 recruteurs identifiés

• 1 803 personnes arrêtées

• 2 503 enquêtes ouvertes

• 7 000 transactions frauduleuses signalées

• 67,5 millions d’euros de pertes évitées

L’EMMA compte sur le fait que les acteurs du secteur privé signalent les incidents de comportement financier suspect ou possiblement illégal aux autorités de police. De même, les forces de l’ordre peuvent demander aux acteurs financiers d’enquêter sur des mules financières potentielles. Grâce à ces données, les forces de l’ordre peuvent dresser un tableau des réseaux de blanchiment d’argent et décider, au cas par cas, de la manière de réagir à l’activité éventuelle des mules financières.

L’EMMA fournit un moyen à tous ces acteurs de communiquer, en partageant des informations qui permettront d’identifier les mules potentielles et éventuellement de procéder à des arrestations.

La plupart des recherches menées dans le cadre de l’EMMA-7 ont eu une ampleur internationale. Les opérations des mules financières permettent non seulement le transfert d’argent entre pays, mais aussi de voyager d’un pays à l’autre pour ouvrir un compte bancaire à l’étranger. Les criminels peuvent ensuite utiliser ces comptes pour soutenir le processus de blanchiment d’argent. La complexité des opérations des mules financières et la réaction des forces de l’ordre reflètent la manière dont les réseaux de blanchiment de capitaux sont créés. Contrairement à de nombreux crimes financiers, les mules financières peuvent être recrutées sans le savoir. Pour ce faire, les groupes criminels organisés s’attaquent à des collectivités tels que les étudiants, les immigrants et les personnes en difficulté financière, en leur proposant de l’argent facile par le biais d’offres d’emploi d’apparence légitime et de publications sur les médias sociaux.

L’ignorance n’est pas une excuse quand il s’agit de la loi et les mules enfreignent la loi en blanchissant les produits illicites issus de la criminalité.

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INTERPOL : 1 000 arrestations dans la lutte contre la fraude en ligne

Au cours des derniers mois, la police a interpellé 1 003 personnes dans 20 pays dans le cadre d’une opération coordonnée par INTERPOL contre la criminalité financière en ligne, notamment les opérations de « compromission de la messagerie en entreprise » (BEC).

Les forces de l’ordre de 20 pays ont procédé à ces arrestations entre juin et septembre. Elles concernent diverses formes d’infractions liées à la fraude en ligne, notamment les arnaques sentimentales, la fraude à l’investissement et le blanchiment d’argent liés aux jeux de hasard en ligne. Quelque 2 350 comptes bancaires ont été saisis dans le cadre de l’opération HAECHI-II d’INTERPOL.

Selon les sources d’enquête d’INTERPOL, loin de l’idée courante selon laquelle la fraude en ligne est un type de criminalité relativement peu répandu, les résultats de l’opération HAECHI-II montrent que des groupes criminels organisés transnationaux utilisent Internet pour obtenir des millions de dollars de leurs victimes avant de canaliser l’argent illégal vers des comptes bancaires dans le monde entier.

L’opération visait, en particulier, les escroqueries de type BEC, qui consistent à inciter le personnel à envoyer des sommes importantes à de prétendus fournisseurs ou contractants, souvent à l’aide d’e-mails qui semblent être envoyés par une personne ayant des responsabilités au sein de l’organisation.

Le FBI a estimé que les escroqueries via les messageries professionnelles coûteront 1 800 millions de dollars aux entreprises américaines en 2020, sans compter les pertes déclarées de 29 millions de dollars attribuées au ransomware. Les fraudeurs ont également repris une partie de l’activité de détournement de logiciels et sont passés à un modèle basé sur les services où les composants sont loués en plusieurs parties.

INTERPOL a mis en lumière un cas en Colombie, où une entreprise textile a perdu plus de 8 millions de dollars à cause d’une BEC. Les auteurs se sont fait passer pour le représentant légal de la société et ont donné l’ordre de transférer plus de 16 millions de dollars sur deux comptes bancaires chinois. La moitié de l’argent a été transféré avant que la société ne découvre l’escroquerie et n’alerte les autorités judiciaires colombiennes, qui ont à leur tour rapidement contacté l’unité de lutte contre la criminalité financière d’INTERPOL par l’intermédiaire de son Bureau central national à Bogota.

Pour geler les fonds transférés, INTERPOL a travaillé par l’intermédiaire de ses bureaux à Pékin, Bogota et Hong Kong. Intercepter les produits illicites de la criminalité financière en ligne avant qu’ils ne disparaissent dans les poches des mules est une course contre la montre.

Une opération de BEC est un problème bancaire international difficile à résoudre par les forces de l’ordre dans toutes les juridictions. Le FBI a créé l’équipe de recouvrement des actifs (RAT) en février 2018 pour gérer les communications entre les banques et les bureaux locaux du FBI afin de geler les fonds dans les cas où les victimes transféraient de l’argent sur des comptes nationaux. Les consulats américains dans des territoires étrangers, tels que Hong Kong, ont également collaboré pour geler des transferts de plusieurs millions de dollars vers des comptes bancaires en Chine.

INTERPOL signale que, dans une autre affaire, une société slovène a transféré 800 000 dollars sur des comptes de mules en Chine. Le transfert a été arrêté après que la police criminelle slovène a contacté INTERPOL et que celle-ci a pu joindre ses collègues à Pékin.

L’opération HAECHI-II a impliqué les forces de police de l’Angola, du Brunei, du Cambodge, de la Colombie, de l’Inde, de l’Indonésie, de l’Irlande, du Japon, de la Corée, du Laos, de la Malaisie, des Maldives, des Philippines, de la Roumanie, de Singapour, de la Slovénie, de l’Espagne, de la Thaïlande, du Vietnam et de la Chine.

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Europol : journées d’action contre la traite des êtres humains

Du 8 au 12 novembre de cette année, Europol a soutenu des journées d’action internationale de grande envergure pour lutter contre la traite des êtres humains. 29 pays, avec en tête l’Autriche et la Roumanie, ont participé à ces journées d’action, coordonnées par Europol et Frontex.

Ces journées d’action ont impliqué plus de 14 000 policiers, qui ont travaillé à surveiller les itinéraires de la traite des êtres humains sur les routes et dans les aéroports. Cela a permis 212 arrestations et l’identification de 89 autres personnes soupçonnées de traite d’êtres humains.

Ces journées d’action visaient à lutter contre la traite des êtres humains à des fins d’exploitation sexuelle, de criminalité forcée et de mendicité forcée. Europol a coordonné les cinq journées d’action depuis son centre opérationnel fonctionnant 24 heures sur 24, qui a fourni aux pays participants un recoupement des informations, des canaux de communication sécurisés et de grandes capacités d’analyse tout au long de l’opération. Les journées d’action faisaient partie du cadre de sécurité EMPACT.

Résultats obtenus du 8 au 12 novembre :

  • 212 arrestations, pour des crimes tels que la traite des êtres humains, le blanchiment d’argent, le proxénétisme et la fraude ;
  • 147 668 personnes identifiées et 91 856 véhicules contrôlés ;
  • 327 enquêtes supplémentaires ouvertes.  

Les journées d’action visaient à identifier et à arrêter les personnes soupçonnées de traite d’êtres humains alors qu’elles passaient par l’Europe, ainsi qu’à identifier et protéger les victimes de la traite, et prévenir la fraude aux documents qui y est associée.

Europol a coordonné les polices nationales, les unités d’informations passagers, les gardes-frontières et les agences nationales de lutte contre la traite des êtres humains. Un réseau a été créé autour des itinéraires de la traite, avec la police nationale et les agents effectuant des contrôles routiers aux frontières, tandis que les unités d’informations passagers contrôlaient les passagers des compagnies aériennes.

Les forces de l’ordre ont ainsi identifié 593 adultes et 57 mineurs étant de possibles victimes de la traite des êtres humains, parmi lesquels se trouvaient des ressortissants de pays de quatre continents différents. Les commissariats de police des aéroports de l’Union européenne ont pu identifier un grand nombre de personnes potentiellement victimes de la traite et de l’exploitation. Les personnes identifiées ont été orientées avec succès vers le mécanisme national d’orientation du Royaume-Uni ou ont été renvoyées dans leur pays d’origine avec des contrôles ou une assistance policière mis en place à leur retour.

Des biens, tels que de faux permis de conduire, des armes et de la drogue, ont également été saisis. Les informations recueillies lors de ces journées d’action ont permis l’ouverture de 327 nouvelles enquêtes, ainsi que l’identification de nouvelles personnes soupçonnées de traite d’êtres humains. Cette amélioration de la coopération entre les agences de l’UE, les forces de l’ordre nationales et des acteurs tels que les unités d’informations passagers permettra de mener des enquêtes similaires à l’avenir sur ces activités criminelles graves.

Les forces de l’ordre ont également ciblé une grande variété de lieux où rechercher les trafiquants d’êtres humains, comme des bars, des maisons closes, des discothèques, des salons de massage, des salons de manucure et des clubs de strip-tease. En effet, des enquêtes ont montré que les trafiquants déployaient de multiples méthodes pour recruter leurs victimes, y compris des menaces de violence contre les familles des victimes.

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Le groupe de travail international d’Europol identifie dix-huit enfants victimes d’agressions sexuelles

Au total, dix-huit enfants ont été provisoirement identifiés et deux délinquants présumés ont été arrêtés à la suite de la 10e édition du Groupe de travail d’identification des victimes (VIDTF) d’Europol. Neuf de ces jeunes victimes ont déjà été secourues par les autorités compétentes, et des enquêtes sont en cours pour mettre à l’abri les autres victimes.

Le VIDTF est une initiative d’Europol qui, cette année, a réuni des spécialistes de 26 pays et des agences partenaires dans le but de procéder à l’identification des victimes et des délinquants en matière d’abus sexuels sur les enfants.

Entre le 25 octobre et le 5 novembre 2021, ces experts ont examiné quelque 580 séries d’images et de fichiers vidéo dans lesquels apparaissent des enfants inconnus victimes d’abus sexuels, parfois âgés de quelques jours seulement. Ils ont été soutenus par des spécialistes d’Europol et des analystes des services de renseignement dans le domaine de la lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants.

Outre les 18 enfants identifiés, dans 211 cas, il a été possible de déterminer le pays probable de production de ces images, et de traiter les analyses des services de renseignement dans les pays concernés en vue d’une enquête.

Depuis 2014, Europol réunit régulièrement des spécialistes de l’identification des victimes du monde entier pour se concentrer sur les affaires non résolues d’abus sexuels sur des enfants.

Le VIDTF est la plus grande opération récurrente de ce type au monde et a inspiré un certain nombre d’initiatives similaires au niveau national et régional, comme en Italie ou en Australie.

Actuellement, grâce à toutes les éditions du VIDTF, les résultats suivants ont été atteints :

  • 290 spécialistes de plus de 35 pays ont participé à ces différentes éditions.   
  • Un pays de production probable a été identifié dans 1 726 cas.

En conséquence de toutes les opérations du VIDTF, plus de 533 enfants ont été mis à l’abri et 182 délinquants présumés ont été arrêtés.

La population peut aider à identifier l’origine de certains objets dans le cadre de l’initiative « Trace an Object » d’Europol. Les détails des images extraites d’affaires non résolues d’abus sexuels sur des enfants sont régulièrement rendus publics, dans l’espoir que quelqu’un reconnaîtra un détail qui permettra de localiser la victime.

Déjà 27 000 indices ont été envoyés à Europol, ce qui a permis d’identifier 23 enfants et de poursuivre 5 délinquants présumés.

Europol a récemment publié une nouvelle série d’images dans l’espoir qu’elles puissent être identifiées par le grand public.

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