Opération Trivium d’Europol : lutter contre le crime organisé et mobile

Du 13 au 16 avril 2021, dans le cadre de la dernière opération Trivium, les autorités policières de 17 pays ont entrepris des actions contre des groupes criminels organisés mobiles actifs dans toute l’Europe. Cette opération, coordonnée par les Pays-Bas avec le soutien d’Europol, faisait partie l’initiative de sécurité EMPACT.

L’un des objectifs de l’opération Trivium de cette année était de localiser les fugitifs parmi les condamnés pour des délits contre la propriété organisée. Les enquêtes au cours de l’opération ont permis de déterminer où se cachaient certains de ces individus.

Pendant l’opération Trivium XIV, 17 pays ont effectué des contrôles visant les groupes criminels mobiles qui utilisaient l’infrastructure routière de l’Union européenne.

Les actions coordonnées ont conduit :

  • à 228 arrestations ;
  • au contrôle de 70 000 personnes ;
  • au contrôle de 67 000 véhicules ;
  • à des saisies impliquant 88 véhicules, des substances illicites et d’importantes sommes d’argent liquide.

Au cours de l’opération, les autorités allemandes ont constaté qu’un individu classé comme suspect par les autorités danoises était lié à plusieurs vols de dispositifs GPS sur des machines agricoles. Lors du contrôle de son véhicule, la police allemande a découvert 30 unités de GPS de machines agricoles, environ 100 kg de bijoux en or, en argent et en ivoire, près de 50 nouveaux smartphones haut de gamme et 20 ordinateurs portables. Le suspect sera extradé vers le Danemark en vertu d’un mandat d’arrêt européen.

Le contrôle d’un véhicule sur le parking d’une autoroute par les autorités belges a entraîné la saisie de 380 kg de cuivre cachés dans une forêt voisine.

L’opération Trivium, lancée en 2013, consiste à croiser les approches de diverses forces policières dans le but de lutter contre le crime organisé. L’opération porte sur les réseaux criminels utilisant l’infrastructure routière de l’Union européenne pour commettre différentes infractions transfrontalières. Les actions conjointes, au moyen de contrôles de police, ont détecté des groupes criminels qui tentaient de passer sous le radar des autorités policières en restant mobiles et en changeant de mode opératoire.

Ces actions améliorent la sécurité routière et contribuent à renforcer la confiance et le sentiment de sécurité des différentes communautés locales.

* Pays participants : États membres de l’Union européenne : Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, France, Grèce, Italie, Lituanie, Malte, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Roumanie et Suède.

• État non communautaire : Albanie.

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La nouvelle loi sur la police et les manifestations en Angleterre et au pays de Galles

Le projet de loi sur la police en Angleterre et au pays de Galles, d’une ampleur considérable, comprend d’importantes propositions gouvernementales en matière de criminalité et de justice. Il inclut, entre autres, des changements dans le domaine des manifestations et des protestations.

À l’heure actuelle, si la police veut imposer des restrictions lors d’une manifestation, elle doit en général démontrer que celle-ci pourrait provoquer de graves troubles publics, des dommages matériels graves ou des perturbations graves de la vie de la communauté. La police peut également imposer des mesures spécifiques sur les itinéraires des marches de protestation. Pour les événements importants, ces détails sont généralement convenus par les organisateurs quelques semaines plus tôt.

Face aux critiques des députés, le Premier ministre du Royaume-Uni défend le projet de loi sur la police. En quoi cette loi changera-t-elle les pouvoirs de la police ? Les chefs de police pourront établir plus de conditions aux protestations statiques. Ils pourront imposer une heure de début et de fin, fixer des limites de bruit, etc. Si les manifestants refusent de suivre les instructions de la police sur la manière dont ils doivent mener leur manifestation, ils pourront recevoir une amende allant jusqu’à 2500 livres sterling.

La loi proposée inclut une infraction consistant à « causer des troubles publics de manière intentionnelle ou par imprudence ». Elle est conçue pour empêcher les personnes d’occuper des espaces publics, de s’accrocher aux ponts ou d’utiliser d’autres tactiques de protestation pour se faire remarquer. Une dernière mesure précise que les dommages causés aux monuments pourraient entraîner une peine allant jusqu’à dix ans de prison. Il convient d’ajouter que le Parti travailliste s’oppose aux mesures proposées.

Quelles sont les autres propositions de la nouvelle législation ?

  • Modifier les règles de condamnation afin que les criminels passent plus de temps en prison avant d’être libérés sous condition.
  • Permettre aux juges d’envisager des peines de prison à perpétuité pour les assassinats de mineurs.
  • En ce qui concerne le terrorisme, créer des pouvoirs pour surveiller de plus près les criminels qui sortent de prison.
  • Privilégier les peines de travail d’intérêt général pour les délits moins graves afin d’aborder les problèmes sous-jacents dans la vie des délinquants.
  • Modifier la loi sur les infractions sexuelles afin de cibler les adultes malveillants occupant des postes de confiance, comme les entraîneurs sportifs ou les responsables religieux.

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Le projet « Police intelligente » est mis en place en Grèce

La police grecque disposera bientôt de nouveaux dispositifs qui lui permettront d’effectuer une reconnaissance faciale et une identification des empreintes digitales en temps réel, en dehors des locaux de police.

Le plan de déploiement de cette nouvelle technologie s’inscrit dans le cadre du projet « Police intelligente ». Annoncé en 2017, ce projet de 4,5 millions d’euros vise à permettre à la police d’identifier les citoyens et de vérifier leur identité lors de contrôles ou d’arrestations. La plupart des coûts du projet (75 %) sont couverts par le Fonds pour la sécurité intérieure (FSI) de la Commission européenne.

À l’heure actuelle, les citoyens qui ne sont pas en mesure de fournir de document d’identification lorsque la police les arrête dans les rues de Grèce doivent être transférés au poste de police le plus proche pour vérifier leur identité. Les nouveaux dispositifs permettront de gagner du temps en ce qui concerne l’identification des citoyens, puisqu’elle se fera en temps réel.

L’objectif de la police grecque est d’effectuer des vérifications en temps réel concernant les personnes, les véhicules et les objets. Cela améliorera la sécurité des agents de police, réduira les inconvénients pour les citoyens et permettra d’économiser des ressources humaines et matérielles.

La police grecque distribuera initialement au moins 1 000 dispositifs électroniques, avec la possibilité d’en livrer 9 000 autres cet été, si le système s’avère efficace.

Les dispositifs, similaires à des smartphones, sont connectés à 20 bases de données différentes appartenant à des autorités nationales et internationales, telles que le ministère des Transports et le ministère des Affaires étrangères de Grèce, Europol, le FBI et Interpol.

En mars 2020, Homo Digitalis, une organisation à but non lucratif de défense des droits numériques en Grèce, a soumis une demande à l’Autorité grecque de protection des données (APD) pour exprimer ses inquiétudes quant à la légalité du projet « Police intelligente ».

Homo Digitalis a fait valoir qu’il est très probable que la police grecque enfreigne les lois de l’Union européenne relatives au traitement des données à caractère personnel prévues dans la Constitution grecque, les lois nationales liées au Règlement général sur la protection des données (RGPD) et la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne.

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La France va ouvrir une consultation sur la réforme des forces de l’ordre

Le président français, Emmanuel Macron, s’apprête à lancer une grande consultation nationale dans le but d’obtenir l’opinion des citoyens, des syndicats, des politiques et des experts extérieurs sur une future réforme de la police et de la gendarmerie.

La réforme viserait, entre autres, à améliorer les conditions de travail des forces de l’ordre, renforcer la sécurité intérieure et restaurer la confiance détériorée entre agents et citoyens.

En pleine polémique sur le racisme et la violence de la police, et face aux critiques sévères sur la loi Sécurité globale, Macron a promis aux citoyens une grande consultation nationale sur la réforme de la police et la gendarmerie, à laquelle participeront syndicats de police, ministres, politiques et experts internationaux. Cette consultation, qui durera jusqu’en mai, devrait poser les bases d’une future loi de programmation de la sécurité intérieure pour 2022.

La consultation durera environ quatre mois et abordera notamment le rapport entre la police et les citoyens, la formation des agents, les relations entre la police et la justice, le maintien de l’ordre, l’enregistrement de vidéos lors d’interventions policières, la réforme de l’IGPN et l’amélioration des moyens matériels et humains.

Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, ne pense pas qu’il existe un fossé entre la police et les Français, comme l’affirment certains analystes et politiques. Il espère que la réforme permettra de traiter ce qu’il a appelé les « sept péchés capitaux » de la police. Parmi ces « péchés », on relève la durée insuffisante de la formation initiale et continue des policiers et gendarmes français : huit mois, contre trois ans au Danemark. En outre, de nombreux policiers débutants sont d’abord affectés dans les quartiers les plus conflictuels des grandes villes, sans être correctement formés à cette fin, et ne reçoivent pas de soutien ni de moyens suffisants de la part de leurs supérieurs.

Une réforme en profondeur de l’Inspection générale de la Police nationale (IGPN), l’équivalent des affaires intérieures dans d’autres pays, devrait également être entreprise. La « police des polices » est souvent accusée d’opacité et de manque d’indépendance, ce qui contribue à la présence d’un sentiment d’impunité pour les crimes commis par des agents.

Les Français sont divisés en ce qui concerne les violences policières. 42 % considèrent que ces accusations correspondent à la réalité, alors que le même pourcentage estime qu’il s’agit de faits marginaux ou inexistants. Il en va de même pour les plaintes concernant le racisme policier. 43 % pensent qu’il s’agit de faits isolés et 39 % pensent que le racisme existe au sein des forces de l’ordre.

Les policiers, pour leur part, se plaignent des faibles salaires, de la surcharge de travail, du manque de moyens et de la vague de suicides dans la police. Les agents, en alerte permanente depuis les attaques islamistes récurrentes de 2015, sont devenus la cible de manifestants violents, comme l’ont illustré les protestations des « gilets jaunes » ou d’autres, plus récemment. En 2020, 11 agents des forces de l’ordre ont perdu la vie en service et 8 700 policiers et gendarmes ont été blessés, selon des données officielles.

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La pandémie de COVID-19 et le rôle de la police

Jonas Grutzpalk, professeur de sciences politiques et de sociologie à l’Université des sciences appliquées pour la police et l’administration publique de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, en Allemagne, a mené une enquête concernant les conséquences de la pandémie de COVID-19 sur le travail de la police.

Le programme d’études de la police de Rhénanie-du-Nord-Westphalie aborde de nombreux domaines différents, qui vont de l’éthique, la sociologie et les compétences interculturelles aux différentes branches du droit (droit pénal, circulation, fonction publique), en passant par les « disciplines policières » telles que l’analyse scientifique de cas, l’analyse tactique ou encore la gestion de la circulation.

Le professeur Grutzpalk soulève plusieurs questions. En quoi tous ces aspects changent-ils avec le coronavirus ? La COVID-19 affecte-t-elle l’éducation policière ? Et de quelles manières ? Y a-t-il des leçons importantes que les futures générations de policiers peuvent tirer de la situation actuelle, dans laquelle la police essaie de contrôler une véritable pandémie ? Les écoles de police à travers l’Europe devraient-elles enseigner ce que les forces de police sont en train d’apprendre en ce qui concerne la surveillance d’une pandémie ?

Dans une série d’entretiens qu’il a menés avec des policiers sur leur lieu de travail et en dehors de leur lieu de travail, Jonas Grutzpalk leur a demandé ce que la police a appris en tant qu’institution pendant la pandémie et quel type de processus d’apprentissage leur semblerait pertinent. Leurs réponses, qui abordaient plusieurs domaines, soulignaient néanmoins le problème croissant du scepticisme violent à l’égard des mesures prises pour endiguer l’apparition de nouveaux cas.

Communication. Certaines des personnes interrogées affirment que la communication avec les civils dans la rue est devenue plus difficile, car les masques ne permettent pas de saisir pleinement les expressions du visage. Les policiers ont aussi plus de mal à déchiffrer l’état émotionnel des personnes avec lesquelles ils traitent.

Autoprotection. Cracher sur les policiers a toujours été une façon de faire preuve de mépris. Avec la COVID-19, cette forme d’attaque physique a pris un nouveau sens, plus dangereux, car elle peut aussi être destinée à transmettre le coronavirus aux policiers. L’autoprotection des policiers, qui est une partie importante de leur formation, passe donc de l’évitement des attaques violentes à l’évitement des contacts qui pourraient conduire à une contamination. Mais cela crée bien sûr une distance supplémentaire entre policiers et civils, ce que les personnes interrogées disent avoir essayé d’éviter autant que possible. Il reste à voir comment les policiers peuvent se protéger du danger tout en étant relativement abordables pour les personnes avec lesquelles ils traitent.

Enseignement en ligne. Les principales préoccupations exprimées dans ce contexte concernent le bien-être émotionnel des étudiants, mais aussi le contenu de l’enseignement, alors qu’une partie du matériel est classifiée. L’éducation policière apprend à traiter la question de l’enseignement en ligne et a tiré de nombreuses leçons en cours de route.

Télétravail et administration. L’une des personnes interrogées a soulevé la question de savoir si la police serait en mesure de mettre en place un système de télétravail. L’un des principaux problèmes que cela pose est bien sûr la sécurité des données, mais il semble que cela pose également un problème culturel.

Ces quelques exemples montrent que la pandémie actuelle apporte son lot de leçons à tirer à propos de la police moderne. Il reste encore beaucoup à aborder. Les aspects les plus intéressants de ces leçons sont :

a) la mesure dans laquelle elles pourraient être institutionnalisées ;

b) la manière dont elles pourraient affecter la conduite de la police dans la vie quotidienne ;

c) ce que cela impliquerait si ces leçons n’étaient pas tirées ou étaient ignorées.

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Nouveau rapport sur l’utilisation des drones par la police aux États-Unis

Le Bureau des services de police de proximité du Ministère américain de la Justice (COPS Office) a publié en décembre dernier un nouveau rapport avec ses partenaires du Forum de recherche des cadres de la police (PERF), qui constitue une feuille de route pour la mise en œuvre d’un programme efficace d’aéronefs sans pilote (UAS). Les UAS, généralement appelés « drones », constituent l’une des interventions les plus passionnantes dans le domaine de l’application de la loi. Ils fournissent aux départements un outil essentiel pour collecter des données situationnelles vitales sans mettre en danger les professionnels des forces de l’ordre. Ce rapport est un guide pour le lancement d’un programme de drones et est disponible sur le site web du COPS Office.

Le rapport sur l’utilisation des drones par les agences de sécurité publique est un cri d’alarme sur la menace d’attaques par des drones malveillants.

L’année dernière, le COPS, le Département de la Sécurité intérieure des États-Unis (DHS) et le PERF ont organisé des conférences durant deux jours à l’intention des experts de la communauté des forces de l’ordre sur les drones, leur utilisation et leur mise en œuvre, et sur la politique d’assistance, ainsi que sur les questions opérationnelles. Des représentants de différentes agences ont présenté des exposés sur divers sujets connexes :

  • normes, préoccupations de la communauté, questions budgétaires et pratiques prometteuses pour l’établissement de programmes d’utilisation de drones dans les services des forces de l’ordre ;
  • recommandations pour la mise en œuvre de ce programme, y compris la formation et la quantité de personnel ;
  • questions de contre-utilisation, telles que la technologie de détection et de désactivation et l’utilisation dangereuse de drones illégaux par des criminels.

Ce rapport résume les informations qui ont été discutées lors de ces conférences et présente également les leçons apprises et les pratiques prometteuses recueillies lors des entretiens, des révisions des politiques et des données d’enquête. Les présentations et les discussions qui ont eu lieu lors de cet événement ont permis d’éclairer toutes les tâches des drones à l’avenir.

Ce rapport aborde deux questions opposées mais liées :

  • l’utilisation de drones par les services de police pour protéger la sécurité publique ;
  • l’utilisation de drones par des acteurs malveillants pour commettre divers crimes, tels que des actes de terrorisme. Par conséquent, l’histoire des drones présente approximativement deux faces radicalement différentes de la même pièce.

Plusieurs agences locales et fédérales ont commencé à explorer des stratégies antidrogues lors d’événements majeurs et de réunions de masse comme le Super Bowl. Mais ce travail est encore en cours de développement. Les législateurs et les fonctionnaires fédéraux, étatiques et locaux, y compris les officiers de police, devraient accélérer leurs efforts pour résoudre ces problèmes le plus rapidement possible.

Tous les services de police, qu’ils veuillent ou non lancer un programme d’utilisation de drones à leurs propres fins, doivent faire face à un défi connexe mais beaucoup plus difficile : comment anticiper, prévenir, détecter et réagir à l’utilisation criminelle de drones, y compris par des terroristes. Par exemple, les terroristes pourraient utiliser des drones pour larguer une bombe ou pulvériser un gaz toxique sur une grande foule de personnes lors d’un événement public. Mais les drones peuvent aussi être extrêmement efficaces pour la reconnaissance criminelle, car ils peuvent survoler des piliers, des points de contrôle et d’autres mécanismes de sécurité.

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Une nouvelle opération de lutte contre le blanchiment d’argent

Les autorités policières de 26 pays et Europol ont collaboré pour mener à bien la European Money Mule Action « EMMA 6 », une opération mondiale contre les systèmes d’escroquerie qui utilisent des passeurs d’argent. Entre septembre et novembre 2020, l’opération EMMA 6 s’est déroulée pour la sixième année consécutive, en collaboration avec la Fédération bancaire européenne (FBE), FinTech FinCrime Exchange, INTERPOL et Western Union. Elle a permis d’identifier 4031 passeurs d’argent et 227 recruteurs, ainsi que d’arrêter 422 personnes dans le monde entier.

1529 enquêtes pénales ont été ouvertes au cours de l’opération. Avec le soutien du secteur privé, représenté par plus de 500 banques et institutions financières, 4942 transactions frauduleuses de passeurs d’argent ont été identifiées, ce qui a permis d’éviter une perte totale estimée à 33,5 millions d’euros.

Les passeurs d’argent sont recrutés par des organisations criminelles, souvent à leur insu, comme acteurs du blanchiment d’argent pour dissimuler la provenance de l’argent obtenu de manière frauduleuse. Ignorant qu’ils se livrent à des activités criminelles et trompés par la promesse de l’argent facile, ces passeurs transfèrent des fonds volés d’un compte à un autre, souvent dans des pays différents, au nom d’autres personnes. En retour, ils reçoivent une commission pour leurs services.

S’il existe de nombreux modes de recrutement de passeurs d’argent, y compris le contact direct ou la communication par e-mails, les criminels recrutent de plus en plus de nouveaux complices sur les réseaux sociaux, avec de fausses offres d’emploi, des pop-ups en ligne et des applications de messagerie instantanée. Bien que des mécanismes d’escroquerie liés à la COVID-19 aient été signalés, l’intervention dans le processus de paiement et les escroqueries romantiques restent les systèmes les plus récurrents. L’utilisation de cryptomonnaies par les passeurs d’argent est également en augmentation.

Europol et les autorités policières de l’Union européenne, en association avec des partenaires internationaux et des institutions financières, ont lancé la campagne #DontBeaMule afin de sensibiliser les citoyens aux risques concernant les systèmes de passeurs d’argent.

La campagne, promue par les autorités compétentes, avait pour objectif d’informer le public sur les modes opératoires des criminels, les manières de se protéger et les réactions à adopter en cas d’implication dans ces systèmes.

Que risquez-vous si vous devenez passeur d’argent ?

• Des attaques physiques ou des menaces si vous refusez de continuer à coopérer avec les criminels.

• Des peines de prison ou des amendes.

• Des antécédents criminels qui peuvent avoir de graves répercussions sur d’autres aspects de votre vie, vous empêchant d’obtenir une hypothèque ou d’ouvrir un compte en banque.

Que pouvez-vous faire ?

Si vous pensez que vous êtes peut-être utilisé comme passeur d’argent, agissez avant qu’il ne soit trop tard : interrompez tout virement bancaire et informez immédiatement votre banque et la police.

L’opération EMMA fait partie d’un projet actuellement en cours, qui s’inscrit dans le cadre du Plan d’action opérationnel EMPACT contre la fraude au paiement cybercriminelle, conçu pour lutter contre la fraude en ligne et à la carte de paiement, dirigé par les Pays-Bas.

Au cours de cette opération, Europol a apporté son soutien à l’organisation et à la préparation de réunions opérationnelles, effectué des analyses et facilité l’échange d’informations entre autorités policières et partenaires privés. En outre, Europol a coordonné la campagne de sensibilisation avec les pays participants.

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La polémique autour de la nouvelle loi française sur la « sécurité globale »

La nouvelle loi sur la « sécurité globale » en France, débattue à l’Assemblée nationale, a suscité une levée de boucliers des organisations de défense des droits et libertés fondamentaux, des partis politiques, des syndicats et des médias. Ils considèrent que cette loi représente une grave menace pour la liberté d’expression et la liberté d’information, et ils exigent notamment le retrait de l’article 24, objet de controverse.

Après cinq heures de débat houleux, avec quelques moments tendus entre certains députés et le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, l’Assemblée nationale a adopté l’article 24 du projet de loi par 146 voix pour et 24 contre.

Ses dispositions à caractère subjectif et discrétionnaire permettent aux agents de police d’arrêter toute personne qui les filmerait s’ils estiment qu’il s’agit d’un enregistrement malveillant. Ainsi, selon ses détracteurs, ce projet de loi va à l’encontre de la liberté de la presse et empêche de mettre les forces de l’ordre devant leurs responsabilités en cas d’abus lors de leurs opérations.

L’article 24 du texte de loi, émanant du gouvernement français, prévoit un an d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende pour toute personne qui diffuserait des images du visage d’un agent de police dans le but de « porter atteinte à son intégrité physique ou psychique ».

L’article répond aux préoccupations justifiées des forces de l’ordre. En effet, elles sont soumises depuis plusieurs années à une forte pression en raison de la lutte contre le terrorisme, de soulèvements impliquant souvent des révoltes contre la police, y compris la police municipale, et de campagnes de haine sur les réseaux sociaux.

Un autre article fait polémique, celui qui autorise les agents des forces de l’ordre à porter leur arme de service, même en dehors de leurs heures de service, s’ils se trouvent dans un lieu public. Une modification apportée en réponse à des attentats comme celui du Bataclan, en novembre 2015, qui a fait 90 morts, dont trois policiers qui n’étaient pas en service et n’ont pas pu intervenir.

De nombreuses manifestations contre l’adoption de cette loi ont été organisées, soutenues par certaines forces et certains syndicats de gauche, et des groupes d’extrême gauche, avec des slogans tels que : « On baissera nos téléphones portables quand vous baisserez vos armes », « Orwell avait raison », « L’appareil photo, lui, n’a jamais tué personne » ou encore « Sécurité globale, impunité totale ».

Claire Hédon, Défenseure des droits en France, a également participé au débat, affirmant que l’article 24 « n’est pas nécessaire à la protection des policiers et gendarmes, porte atteinte de manière disproportionnée à la liberté d’expression, et crée des obstacles au contrôle de leur action ».

Mme Hédon estime que le texte pose trois problèmes fondamentaux. Tout d’abord, il n’était pas nécessaire de créer une nouvelle loi, car les lois actuelles protègent déjà les policiers et les gendarmes. Ensuite, la rédaction du texte est ambiguë. Enfin, son interprétation restrictive pourrait amener les journalistes à s’autocensurer. Et elle a ajouté que toute limitation de la liberté d’information requiert la plus grande rigueur et ne doit pas être établie pour des raisons conjoncturelles.

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Des caméras privées ou à usage de la police ?

Aux États-Unis, on compte environ 50 millions de caméras de surveillance (télévision en circuit fermé), soit presque autant par habitant qu’en Chine. Beaucoup appartiennent à des particuliers ou à des entreprises, et non au gouvernement. Cependant, comme l’explique un article de wired.com, de nombreux services de police peuvent accéder à ces images par le biais d’alliances avec des entreprises privées, ce qui dérange certains militants des droits civiques.

Les militants des droits civiques avertissent qu’une fois installées, ces caméras sont souvent utilisées à d’autres fins, comme le contrôle des manifestations, et peuvent devenir un système de surveillance sans garantie, en particulier pour les communautés noires.

Les villes de Newark, Baltimore, San Francisco et Detroit ont chacune un système public-privé de caméras différent. À Newark, par exemple, on conseille aux habitants de visionner eux-mêmes leurs images de vidéosurveillance et de signaler les délits aux forces de l’ordre.

En 2016, la police de Detroit a observé un phénomène surprenant dans la ville : non seulement la criminalité augmentait, mais cette augmentation était plus forte à proximité des stations-service. Un quart de tous les crimes violents ayant eu lieu entre 22 heures et 8 heures du matin à Detroit s’étaient produits à moins de 200 mètres d’une station-service. La police a contacté huit stations-service, dans lesquelles elle a installé des caméras de vidéosurveillance qui lui transmettaient directement des images en temps réel. La transmission en temps réel a permis des temps de réponse plus courts et la mise en place de patrouilles virtuelles, où les agents scannaient les images des caméras pendant la nuit.

Depuis ce test pilote, la police de Detroit a créé un projet appelé « Project Green Light Detroit » et a étendu le réseau de caméras. En l’espace de quatre ans, le Project Green Light Detroit s’est développé jusqu’à totaliser 700 caméras dans 500 commerces à travers la ville. Mais cette expansion préoccupe les militants, d’après lesquels la police n’utilise pas ce réseau uniquement pour surveiller les stations-service. L’an dernier, le maire Mike Duggan a annoncé son intention d’ajouter au projet des caméras de surveillance de la circulation, ce qui porterait le nombre total de caméras à plus de 1000.

La police peut analyser les images enregistrées par les caméras avec un logiciel de reconnaissance faciale et d’autres technologies, comme un logiciel de lecture de plaques d’immatriculation.

Depuis 2012, le magnat des cryptomonnaies Chris Larsen a dépensé plus de 4 millions de dollars pour aider à installer plus de 1000 caméras dans différents quartiers de San Francisco, y compris le quartier d’affaires très fréquenté de Union Square. La police de San Francisco gère une base de données qui contient des informations sur les caméras, leur propriétaire et leur emplacement. Si la police suspecte un crime, elle contacte le propriétaire d’une caméra pour lui demander l’accès aux images.

Contrairement au système de Detroit, ce système permet à toute personne de demander l’accès aux images enregistrées, y compris aux avocats de la défense. De plus, la police ne dispose pas d’un accès instantané aux images, mais doit en faire la demande. Alors que les commerces de Detroit doivent payer les frais d’installation de caméras approuvées par la police, les commerces de San Francisco peuvent utiliser leurs propres caméras sans payer de frais.

Mais cette approche aussi inquiète un certain nombre de défenseurs de la vie privée. Fin mai et début juin, pas moins de 10 000 personnes ont assisté à des manifestations en hommage à George Floyd à San Francisco. Bien que le système de caméras ait été créé pour décourager la dégradation de biens, la police a adopté une stratégie plus drastique pour prévenir les actes de vandalisme. Au lieu de traiter des plaintes pour dommages matériels spécifiques, la police a obtenu un accès en temps réel à l’ensemble du système de vidéosurveillance, captant ainsi des images de toutes les personnes dans ces zones.

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Des formations de lutte contre le racisme pour la police allemande

La police allemande fait actuellement l’objet d’une surveillance étroite en raison d’une série d’incidents racistes. Berlin et d’autres États incluent des modules antiracisme dans la formation de base, mais ils ne sont pas encore considérés comme faisant partie de la formation standard.

Ben Knight l’explique dans un article publié dans un quotidien numérique. Ces formations sont données par les instructeurs de Diversity Works, une organisation proposant une formation de sensibilisation au racisme, qui a reçu plus d’appels de la part des forces de police allemandes au cours des derniers mois.

Les instructeurs expliquent qu’une question concernant l’apparence physique peut suffire à déconcerter une personne, car cela change instantanément la dynamique d’une interaction. Soudain, un jugement se fait sentir.

Cela peut paraître évident, mais c’est le principe de départ de l’exercice des yeux bleus/yeux marron, développé en 1968 par la professeure américaine Jane Elliott, devenue une référence en matière de formation sur la diversité.

L’éducateur divise la salle en deux groupes, l’un avec les individus aux yeux marron, l’autre avec les individus aux yeux bleus. Puis, il accorde certains privilèges aux personnes aux yeux marron. L’objectif est qu’après quelques affrontements tendus, les élèves fassent l’expérience de la discrimination et, par conséquent, finissent par faire face à leur propre racisme et par comprendre comment les mécanismes de privilège et d’exclusion affectent leur mentalité.

Ces ateliers destinés aux futurs policiers durent une semaine entière. Ils couvrent de nombreux domaines, et abordent tous les sujets, de la véritable mission de la police au profilage ethnique, en passant par les réactions à adopter face aux commentaires racistes d’autres policiers.

Il n’est pas difficile de saisir l’ampleur qu’a prise cette thématique en Allemagne. Les difficultés de la police avec le racisme et les sympathies avec l’extrême droite au sein des institutions ont été portées à l’attention du public ces derniers mois, avec un afflux de nouvelles sensibles et polémiques dans la presse.

Il y a quelques semaines, la police de Berlin a été contrainte d’admettre les erreurs commises dans son enquête sur un crime d’extrême droite dans le district de Neukölln. En effet, les victimes se sont plaintes que les suspects principaux (trois individus néo-nazis connus des services de police) se sentaient suffisamment en sécurité pour défier publiquement les agents qui les maintenaient sous surveillance.

Une semaine plus tôt, la police d’Essen, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, a été critiquée pour avoir publié une brochure de formation sur le crime organisé arabe dans la région, qui comporterait des insultes racistes.

C’est lors d’une autre affaire qu’a culminé la consternation de l’opinion publique : la découverte de cinq grands groupes de discussion d’extrême droite de policiers de Rhénanie-du-Nord-Westphalie sur WhatsApp, qui partageaient des images d’Adolf Hitler.

Selon certains faiseurs d’opinions, cela reflète un problème plus vaste : une incapacité à faire le lien entre les manifestations de racisme flagrantes et un problème plus étendu et plus profond dans la culture policière.

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