La police de Londres utilise la reconnaissance faciale dans l’un des endroits les plus fréquentés du quartier commerçant de la ville

341.- monitoring-camera-city-video-royalty-free-thumbnailLa police de Londres a activé la technologie de reconnaissance faciale en plaçant des caméras sur la partie supérieure de fourgons de police situés à l’extérieur de la boutique Microsoft sur Regent Street et à l’entrée de la station de métro Oxford Circus.

La police métropolitaine de Londres a assuré que le déploiement de la reconnaissance faciale en direct dans la capitale britannique vise à réduire les délits graves. Cependant, les détracteurs de cette technologie invoquent son impact sur la vie privée dans l’un des quartiers commerçants les plus fréquentés au monde.

La police utilise une technologie assez simple: les caméras scannent les visages des passants et, lorsque l’un d’entre eux figure sur sa liste de suspects, la police doit agir immédiatement.

Certains craignent que la technologie identifie des innocents en tant que suspects, surtout s’il s’agit de personnes appartenant à des minorités.

Un organisme non gouvernemental nord-américain, le National Institute of Standards and Technology (NIST), a publié un rapport dans lequel les technologies de 100 entreprises différentes ont été mises à l’épreuve, et il a été démontré que dans la plupart des cas, l’âge, le sexe et l’origine ethnique affectaient la précision. Il a été constaté que, dans certains cas, des personnes appartenant à certains groupes pouvaient être identifiées par erreur jusqu’à 100 fois plus souvent que d’autres.

Un autre organisme de défense des droits de l’homme, Liberty, a voulu se rendre dans la zone où se trouvent les caméras de reconnaissance faciale afin d’y distribuer des tracts encourageant les passants à s’opposer à cette technologie. Les activistes de Liberty considèrent que la technologie risque d’identifier à tort des femmes et des personnes issues des communautés ethniques noires, asiatiques et minoritaires. C’est pour cette raison qu’ils sont opposés à ce que la police scanne les visages de tous les passants en masse et obtienne des données biométriques sans leur consentement.

Pour sa part, la technologie fournie par la société japonaise NEC est censée faire correspondre les visages des passants avec une galerie de visages de suspects connus de la police. Par conséquent, la technologie de reconnaissance faciale en direct ne stockera le visage des gens dans aucune base de données.

Qui plus est, les visages des personnes qui ne figurent pas sur les listes de surveillance de la police seront floutés dans les images que les policiers verront et ne seront pas stockés dans les archives des ordinateurs de la police. Selon des sources policières, les caméras seront utilisées dans des endroits spécifiques pendant une durée limitée.

Malgré cela, de nombreuses organisations continuent de s’ajouter à la liste des opposants à ces mesures policières. L’organisation Big Brother Watch souligne que les citoyens de Londres n’avaient encore jamais été soumis à des contrôles d’identité sans suspicions, et encore moins à si grande échelle. Elle considère que la technologie rend les citoyens moins libres sans pour autant les protéger.

https://www.oodaloop.com/

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Une grève de la police fait augmenter le nombre d’homicides au Brésil

340.- Policiais_ocupam_Complexo_do_AlemaoLe nombre d’homicides a été multiplié par cinq dans différentes villes du nord du Brésil pendant une grève de la police et des pompiers, qui réclament une augmentation de leurs salaires après six ans de stagnation.

Le gouvernement fédéral a envoyé plus de 2 500 militaires en renfort et des centaines de policiers ont été licenciés pour avoir participé aux manifestations en faveur de l’amélioration de leurs conditions économiques.

Des centaines de policiers cagoulés ont perturbé la sécurité dans le nord-est du Brésil lors des festivités du carnaval, qui ont dû être suspendues. Les manifestants ont tenté d’empêcher leurs collègues de patrouiller dans les rues en bloquant leurs mouvements et en piégeant leurs pneus.

La diminution du nombre de policiers a été accompagnée d’une augmentation des homicides, en particulier dans l’État de Cearà. Si la moyenne quotidienne de meurtres était déjà élevée, avec six personnes tuées violemment chaque jour depuis le début de l’année 2020, les chiffres officiels ont récemment été multipliés par cinq, avec 150 homicides en une semaine, selon le Secrétariat de la sécurité publique et de la défense sociale.

La tension dans les rues a atteint le point où un sénateur opposé aux manifestations de la police, Cid Gomes, du Parti démocratique travailliste, a été blessé par arme à feu en tentant d’entrer de force avec une rétrocaveuse dans un commissariat occupé par les grévistes dans la ville de Sobral.

La réponse du gouvernement fédéral, au nom du président Jair Bolsonaro, a été d’envoyer 2 500 militaires à Cearà pour regagner les rues. Les autorités ont également licencié plus de 200 policiers et en ont détenu environ 40 pour désertion.

Les manifestations ont commencé en décembre 2019. Des policiers et des pompiers de l’État de Cearà ont manifesté devant l’Assemblée législative de la capitale, Fortaleza, réclamant une augmentation de leur salaire. Leur insatisfaction est due au fait qu’ils n’ont reçu aucune d’augmentation au cours des six dernières années, ce qui aurait représenté environ 27 % de revenus supplémentaires.

Le Secrétariat de la sécurité publique et de la défense sociale de Cearà avait annoncé un investissement d’environ 600 millions de réaux (soit plus de 136 millions de dollars) dans la sécurité entre 2015 et 2018. Il n’a toutefois pas investi dans ce que les policiers réclamaient, mais dans le recrutement de 10 000 nouveaux agents et la formation de 15 000 militaires.

Début février, le gouvernement de Cearà s’est engagé à augmenter progressivement les revenus des policiers et des pompiers, en faisant passer leur salaire de 3 200 à 4 500 réaux. L’équivalent en dollars américains serait une augmentation de 750 à 1 025 $. Mais cette augmentation de salaire serait introduite progressivement jusqu’en 2022.

Les policiers et les pompiers ont contesté cette décision et convoqué des manifestations pour exprimer leur mécontentement. Mais étant donné que la constitution brésilienne interdit aux forces de l’ordre de participer à des grèves, la justice a déclaré ces manifestations illégales.

La décision de la justice a eu l’effet contraire à celui recherché : les policiers ont commencé à cesser complètement leurs activités. Malgré les éruptions de violence et les pressions politiques et judiciaires exercées, la grève est toujours en cours.

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Opération de police internationale contre la pollution marine

336.- contaminacioUne opération de police internationale impliquant 61 pays a identifié des milliers d’activités illicites à l’origine de la pollution marine, ainsi que des centaines de délits environnementaux et de graves cas de pollution dans le monde.

L’opération, dénommée 30 Days at Sea 2.0, et menée à bien fin 2019, a réuni plus de 200 autorités de contrôle du monde entier dans le cadre d’actions concertées sur tous les continents. La campagne européenne 30 Days at Sea 2.0 a été organisée en coopération avec Europol et Frontex.

Les résultats d’opérations préliminaires ont permis de détecter plus de 3 000 infractions au cours d’environ 17 000 inspections, ce qui témoigne de l’étendue mondiale de la criminalité liée à la pollution marine.

Il convient de noter que les infractions, telles que les rejets illégaux en mer, rivières et zones côtières, ont principalement été commises pour éviter les coûts liés au respect des lois environnementales.

Dans le cadre de l’opération 30 Days at Sea 2.0, Interpol a accueilli un centre de commandement opérationnel (OCC) à Singapour, l’objectif étant de se concentrer sur le commerce illégal des déchets plastiques, une grave menace pour la sécurité du milieu marin. L’OCC a réuni des pays clés afin de mener des enquêtes sur des cas d’exportation ou d’importation illégale de déchets plastiques.

Interpol a joué le rôle de coordinateur d’actions efficaces pour plusieurs agences internationales, afin d’aider les pays concernés à lutter contre ce grave délit de pollution.

Frontex a contribué à contrôler et à patrouiller la Méditerranée à l’aide de ses avions et navires impliqués dans des opérations maritimes conjointes.

L’opération a également permis de développer de nouvelles équipes de travail au sein des agences nationales de certains pays, ce qui a en retour stimulé les résultats opérationnels et les mécanismes de coopération durables.

Le Bureau central d’Interpol à Abuja (Nigéria) a coordonné les actions de plusieurs autorités au moyen d’un groupe de travail créé pour inspecter les raffineries de pétrole illégales, responsables de graves fuites de pétrole qui polluent les voies navigables du pays.

Les informations échangées entre la Malaisie et les Pays-Bas ont permis aux autorités d’identifier le pays d’origine de sept conteneurs de déchets plastiques envoyés illégalement depuis la Belgique via Hong Kong, ainsi que d’initier leur rapatriement.

Dans le cadre de l’opération, certains pays ont renforcé leur engagement collectif à lutter contre la délinquance et la pollution plastique au moyen de campagnes de sensibilisation et d’actions sur le terrain.

L’Équateur a mené une campagne de collecte de déchets plastiques dans les îles Galápagos, patrimoine mondial de l’Unesco, dans le cadre de laquelle plus de 600 kg de déchets ont été collectés.

Les autorités indonésiennes ont lancé une campagne de sensibilisation du public à l’objectif de la campagne, renforcée par des messages de la police, afin de lutter contre la pollution marine.

Les hashtags #PollutionCrime et #30DaysatSea sur Twitter fournissent plus d’informations sur les opérations mentionnées ici.

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Le secteur de la sécurité privée génère près de 7 milliards de dollars par an en Colombie

334.- 22186067056_e13205567b_bLa Colombie est un pays au taux de criminalité élevé où, selon les données de l’Instituto Nacional de Medicina Legal y Ciencias Forenses, plus de 11 000 homicides et 158 000 vols se sont produits entre juin et décembre 2019. Selon la Police nationale, la sécurité privée y est nécessaire pour protéger individus, lieux très fréquentés, entreprises, etc.

Selon les chiffres de la Superintendencia de Vigilancia Privada, il y a 856 entreprises de sécurité privée en Colombie. Les entreprises de ce secteur génèrent plus de 6,7 milliards de dollars et emploient plus de 28 000 escortes et 297 000 vigiles chargés de garantir la sécurité de lieux ou de personnes.

Les recettes du secteur de la sécurité privée représentent 1,6 % du PIB colombien. En effet, celui-ci génère 240 000 emplois directs et 216 000 emplois indirects.

Le personnel est divisé en escortes (avec un effectif autorisé de 28 658 personnes, dont 28 190 hommes et 468 femmes), vigiles (avec un effectif autorisé de 297 133 personnes, dont 261 046 hommes et 36 087 femmes) et enfin, 4 456 maîtres-chiens (4 221 hommes et 235 femmes).

En ce qui concerne le parc automobile, l’année 2019 s’est clôturée avec 1 796 véhicules de sécurité privée autorisés. Pour atteindre les niveaux de blindage dont une entreprise a besoin pour mener à bien son activité, ces véhicules doivent obtenir un permis de la part de l’entité, en respectant certaines exigences. Par exemple, démontrer que la vie des personnes utilisant le véhicule est en danger.

Le blindage des véhicules est divisé en différentes catégories, selon les normes internationales de protection balistique pour les voitures blindées. Les niveaux 1, 2 et 3 sont conçus pour protéger les véhicules contre les armes de poing qui, selon la Police nationale, sont les plus courantes.

Selon certains experts en sécurité, la grande dimension du secteur privé serait due à l’incapacité de l’État à protéger ses citoyens, ce qui laisse énormément d’espace à la croissance du secteur de la protection privée.

Malgré tout, les investissements dans la sécurité du secteur public sont également élevés. En effet, la Colombie est le pays qui dépense le plus d’argent public dans la sécurité publique par rapport aux pays environnants.

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Vaste opération internationale contre le logiciel espion IM-RAT

ULL ESPIA RATL’opération a permis de mettre fin à un outil de piratage qui donnait un contrôle total et à distance de l’ordinateur de la victime aux cyberdélinquants. Il s’agit du résultat d’une opération de police internationale contre les vendeurs et les utilisateurs du cheval de Troie d’administration à distance (IM-RAT).

La recherche, menée par la Police fédérale australienne (AFP) et dont les activités internationales ont été coordonnées par Europol et Eurojust, a débouché sur une opération qui a impliqué de nombreuses institutions judiciaires et de police en Europe, en Colombie et en Australie.

Les activités menées par la police de ces différents pays ont permis de mettre fin à cet outil informatique, qui s’utilisait dans 124 pays minimum et qui a été vendu à plus de 14 500 acheteurs. IM-RAT n’est désormais plus disponible et ne peut plus être utilisé par ses acheteurs.

L’opération a commencé il y a plusieurs mois, et en juin 2019, les premières perquisitions ont été effectuées chez les développeurs d’IM-RAT en Australie et en Belgique. En novembre, à l’issue d’une semaine d’actions internationales, l’infrastructure Imminent Monitor a été démantelée et les 13 utilisateurs du RAT les plus prolifiques ont été arrêtés. De plus, 430 dispositifs ont été réquisitionnés et sont actuellement analysés par la police scientifique.

Une fois installé sans être détecté, le RAT insidieux permettait aux cyberdélinquants de manipuler librement l’ordinateur de la victime à distance. Les pirates informatiques pouvaient désactiver les antivirus et les logiciels anti-malware, effectuer des actions comme enregistrer, obtenir des données et des mots de passe et voir la victime via sa webcam. Le tout sans que cette dernière ne s’en rende compte.

Le RAT était considéré comme une menace dangereuse en raison de ses caractéristiques, sa simplicité d’utilisation et son faible coût. Si une personne avait la néfaste intention d’espionner ses victimes ou de leur voler des données à caractère personnel, elle pouvait le faire pour la modique somme de 25 dollars américains.

La coopération et une coordination efficace entre tous les acteurs de la lutte contre la délinquance sont vitales pour surmonter les obstacles à la recherche dans un monde globalisé et en raison de la complexité technique de ce type de délits.

Les victimes se comptent probablement en milliers. En effet, les chercheurs ont déjà trouvé des preuves d’informations personnelles, de mots de passe, de photos privées, de vidéos et de données volés.

Les entreprises et les particuliers peuvent suivre quelques étapes simples afin de se protéger contre ce type de logiciel malveillant, comme par exemple :
• Mettre à jour les logiciels, y compris les antivirus.
• Installer un bon pare-feu.
• Ne pas ouvrir les fichiers joints ou les e-mails suspects, même s’ils proviennent de l’un de vos contacts.
• Créer des mots de passe fort.

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Importante opération européenne contre la fraude en matière de commerce électronique

HACK-fraud-card-code-royalty-free-thumbnailUne opération conjointe entre les polices de 19 pays s’est soldée par l’arrestation de 60 fraudeurs présumés. L’objectif principal de cette opération dans le domaine du commerce électronique (eComm 2019) consiste à démanteler les réseaux criminels soupçonnés de fraude sur la toile au moyen d’actions coordonnées par la police au sein de l’Union européenne, suivies d’une campagne de sensibilisation.

L’opération a été coordonnée par le Centre européen de lutte contre la cybercriminalité (EC3) d’Europol et elle a reçu le soutien direct des autorités nationales de la police et du secteur privé.

La fraude dans le commerce électronique comprend les transactions illégales ou fausses intervenant sur des plateformes, au moyen d’applications et de services en ligne ou encore à travers Internet. Les fraudeurs utilisent simplement des informations d’une carte volée pour acheter des produits sur les boutiques du Web.

Les suspects arrêtés pendant l’opération (qui s’est déroulée début octobre 2019) sont responsables de près de 6 500 opérations frauduleuses avec des cartes de crédit compromises, pour une valeur estimée à 5 millions d’euros.

Europol a rassemblé les différentes autorités nationales compétentes pendant les opérations de leurs pays respectifs, avec soutien analytique et échange d’informations. Pour protéger les clients des paiements frauduleux et garantir un environnement en ligne sûr, Europol a également collaboré avec des banques, des entreprises européennes de paiement au détail par carte et des opérateurs logistiques.

Les résultats de la recherche ont révélé que les arnaqueurs individuels sont connectés à des groupes de criminalité organisée et qu’ils ont été impliqués dans d’autres formes de délit, notamment : phishing, attaques par malware, à l’aide de passeports volés, blanchiment de capitaux, création de faux sites Web et utilisation de plateformes de réseaux sociaux pour des activités frauduleuses.

Cette année, on a enregistré davantage d’achats frauduleux de services en ligne que de biens physiques, tant et si bien que la dimension virtuelle de ce type de délit rend l’enquête très complexe. Les achats frauduleux de places, de souscriptions et de locations se font désormais en ligne, au moyen d’applications.

Un certain nombre d’enquêtes montrent que les billets de chemin de fer réservés frauduleusement (avec les données d’une carte de crédit volée) sont vendus à des tiers qui peuvent ensuite les utiliser pour commettre d’autres délits.

En l’occurrence, plus de 1 000 réservations frauduleuses ont été détectées, pour une perte économique de l’ordre de 70 000 €. Un autre modus operandi consiste à acheter des bons à l’aide de cartes de crédits compromises, et à obtenir ensuite un remboursement par une méthode de paiement différente.

Beaucoup de sites Web et de comptes de réseaux sociaux sont utilisés pour créer des boutiques en ligne frauduleuses ou acheter des produits électroniques. À l’échelle mondiale, la facturation par les suspects peut se chiffrer à des milliards d’euros chaque année. Pour acheter des produits, les fraudeurs utilisent les données de cartes de crédit volées, obtenues sur le Darknet ou par le biais de logiciels malveillants ou d’attaques de phishing.

Il vaut toujours mieux prévenir un délit que devoir le résoudre. Cette action opérationnelle a été suivie par une campagne de prévention et de sensibilisation, #BuySafePaySafe. Plusieurs mesures d’orientation peuvent être mises en œuvre pour éviter d’être la victime d’une fraude :

  • Assurez-vous que le dispositif dont vous vous servez pour faire vos achats en ligne est configuré correctement et que la connexion à Internet est sûre.
  • Utiliser une carte est une méthode de paiement en ligne sûre à condition de prendre les mêmes précautions que pour d’autres achats.
  • Des signaux avertisseurs très simples peuvent vous aider à repérer les arnaques. Si vous êtes victime d’une fraude sur la toile, portez plainte auprès de la police. Si vous avez acheté le produit avec une carte de crédit ou de débit, informez également votre banque.
  • Consultez souvent votre service bancaire en ligne.

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Les États-Unis remontent le niveau de sécurité du Salvador

Traspaso de Mando de la Policía Nacional Civil.Reconnaissant que le climat de sécurité s’était amélioré au Salvador, les États-Unis ont rabaissé le niveau d’alerte voyage destiné à leurs citoyens.

L’alerte voyage du Salvador se situe au niveau 2[1], ce qui est considéré comme un progrès pour ce pays d’Amérique Centrale et une façon d’en reconnaitre les efforts et les changements en matière de climat de sécurité.

Le président du Salvador, Nayib Bukele, a souligné qu’aucun gouvernement avant le sien n’avait obtenu le retrait de cet avertissement à ne pas se rendre dans ce pays d’Amérique Centrale en raison de son insécurité. En effet, lorsque N. Bukele a prêté serment en qualité de président – le 1er juin 2019 –, on y relevait une moyenne de 9,2 homicides par jour. En août dernier, le pays a enregistré le plus faible nombre d’homicides depuis les accords de paix de janvier 1992, avec 4,2 morts violentes par jour.

En 2018, les États-Unis ont émis une alerte voyage de niveau 3, recommandant à leurs ressortissants de reconsidérer tout voyage éventuel au Salvador et d’adopter les mesures de précaution nécessaires en raison du climat d’insécurité dans tout le pays. Le gouvernement de Bukele avait d’ores et déjà prié à plusieurs reprises les fonctionnaires nord-américains de rabaisser le niveau d’alerte en raison des premiers résultats du Plan de contrôle territorial, qui révélaient une diminution des homicides.

Qualifiant d’historique la décision nord-américaine, la ministre du Tourisme, Mme Morena Valdez, a estimé qu’était venu le moment d’attirer davantage de tourisme, mais aussi de promouvoir et de positionner les attraits du pays et dynamiser l’économie.

Le criminologue et expert en questions de sécurité et de bandes de jeunes délinquants, Ricardo Sosa, a souligné l’importance de cette évaluation du gouvernement des États-Unis après avoir contrôlé les indicateurs du pays. R. Sosa considère que tous les délits à fort impact affichent une tendance à la baisse, principalement dans le domaine de la violence homicide. Il juge positif qu’avec les dernières données criminologiques, le Salvador voie s’accroître ses possibilités d’attirer des investissements étrangers.

Précisons par ailleurs que le président du Salvador, Nayib Bukele, a conclu des accords de coopération avec les États-Unis pour contenir l’hémorragie d’émigration illégale que connaissait le pays d’Amérique Centrale, laquelle, selon des estimations des autorités américaines, a diminué de 60 %.

Récemment, le Salvador a déployé un contingent de 800 policiers et 300 officiers d’immigration afin de renforcer les principales frontières du pays, de prévenir le trafic des êtres humains et de combattre le crime transnational. Il a également signé un accord avec les États-Unis, lesquels faciliteront le retour de nombreux demandeurs d’asile.

Pour leur part, par le biais d’un communiqué de presse, les États-Unis ont déclaré que les alertes voyage ne reflétaient en aucun cas la nature de leurs relations bilatérales avec un pays. Néanmoins, les relations des États-Unis et du Salvador ont amorcé un virage important depuis l’arrivée au pouvoir du président Bukele, qui est devenu en quelques mois l’un des alliés les plus fervents des Nord-américains dans la région.

[1] Le niveau Alerte voyage 1 des États-Unis invite à la précaution. Le niveau 2 à voyager en restant vigilant. Le niveau 3 à reconsidérer le voyage et le niveau 4 à ne pas se rendre dans le pays.

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Un investissement majeur dans la sécurité publique au Pérou

policia perúLe chef d’État du Pérou, Martín Vizcarra Cornejo, a présidé l’acte de remise de 900 véhicules neufs à la Police nationale du Pérou (PNP) aux côtés du président du Conseil des ministres, Vicente Zeballos, et du ministre de l’Intérieur, Carlos Morán.

Un geste qui est considéré comme un engagement ferme du gouvernement pour la sécurité de ses citoyens. Selon le gouvernement, l’objectif de cet investissement est d’améliorer la sécurité de la population sans lésiner sur les moyens ni sur les ressources, en garantissant ainsi une présence efficace de la police dans tout le pays, en particulier dans les régions les plus dangereuses. Il faut également souligner que le développement économique du pays ne réside pas seulement dans sa croissance, mais aussi dans cette amélioration de la sécurité.

Un renfort humain accompagnera cette amélioration matérielle, avec l’incorporation de 12 000 nouveaux agents dont l’objectif sera de renforcer les actions menées dans les rues pour la sécurité des citoyens. Une étude visant à améliorer les conditions de travail des policiers est également menée en parallèle.

Le ministre de l’Intérieur a précisé que les mesures prises par la police avec les nouveaux véhicules s’effectueront par secteurs, sous-secteurs et zones délimitées, de façon à ce que, dans un premier temps, tous les commissariats de Lima et de Callao offrent un service de patrouille préventif, exhaustif et contrôlé. Plus tard, ce modèle sera appliqué au reste du pays.

L’acquisition de 900 véhicules (700 voitures et 200 pick-ups) est la preuve que la sécurité des citoyens est une priorité fondamentale pour le gouvernement. Les citoyens pourront ainsi bénéficier des services de police le plus rapidement possible.

Les véhicules ont été acquis en location afin que la police puisse offrir ses services 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 avec tous les véhicules et toutes les ressources humaines nécessaires. L’entretien technique des véhicules est garanti grâce à 50 véhicules de remplacement, sans frais supplémentaires en cas de panne ou d’accident.

Par conséquent, avec 900 nouveaux véhicules et 12 000 policiers supplémentaires, la présence de la police dans les rues, les parcs, les universités et les centres éducatifs augmentera. Le gouvernement a souligné que la sécurité publique est à la fois une priorité absolue pour les dirigeants et une nécessité pour les citoyens, et qu’il ne lésinera pas sur les moyens ni sur les ressources nécessaires pour lutter contre la délinquance et garantir la sécurité à Lima et dans tout le pays.

Les véhicules, déjà en service, sont équipés de barres LED, de sirènes électroniques, de marquages de chiffres et de lettres et de GPS pour surveiller la localisation des véhicules en temps réel.

Ils disposent également d’un système de télémétrie, avec une plateforme compatible avec tous les appareils mobiles, ce qui permet, entre autres, de contrôler les dépenses en carburant et de générer un rapport détaillé de tous les trajets.

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Le présent et le futur de la criminalité organisée au sein de l’Union européenne

La criminalité organisée a considérablement évolué au cours des vingt dernières années, en particulier en ce qui concerne le nombre d’organisations criminelles, leur mode opératoire, l’utilisation de la technologie et la capacité du crime organisé à s’infiltrer dans les infrastructures et le secteur public et à exploiter le vide juridique.

Il s’agit de l’une des conclusions qui ont été tirées de la Convention des chefs des polices européennes de 2019 (EPCC), lors de laquelle 600 responsables et représentants de la police de 50 pays se sont réunis au siège d’Europol, à La Haye (Pays-Bas).

L’évènement annuel réunit des chefs de police et des représentants de haut niveau de l’UE et du monde entier, et son objectif est d’échanger au sujet des menaces, des défis et des opportunités que présentent les groupes criminels actuels et émergents. Les délégués ont débattu lors de centaines de réunions bilatérales et unilatérales autour de la façon dont le crime organisé continue d’évoluer et est devenu un défi important pour la sécurité de l’UE. Les autorités de police des États membres de l’UE et Europol se sont mis d’accord sur le fait que la nature de plus en plus transfrontalière du crime organisé, souvent associée à des actes violents entre gangs, à l’expansion du marché de la drogue et aux délits liés, tels que le blanchissement d’argent et la corruption, représente un défi majeur pour notre société.

Dans certaines régions de certains États membres de l’UE, on observe un cercle vicieux avec l’exclusion sociale, la criminalité, la perte de confiance dans la police et, dans certains cas, la radicalisation.

Pendant ce temps-là, les nouvelles substances psychoactives, les niveaux record de production de drogues à l’échelle mondiale, le trafic de migrants organisé et l’augmentation de la criminalité en ligne ont eu des répercussions importantes sur la situation du crime.

Europol et la présidence finlandaise du Conseil de l’UE en ont conclu que plusieurs domaines requièrent une attention particulière. Par exemple :

  • attirer l’attention sur le crime organisé, en le considérant comme une menace grave pour la sécurité interne de l’UE ;
  • s’orienter vers des groupes de criminalité organisée de premier niveau, en développant des initiatives plus réussies, telles que le concept de « cible de haute valeur » d’Europol ;
  • accorder une plus grande attention à la criminalité économique et financière et à la confiscation des avoirs criminels, en veillant à ce que les crimes soient punis et en accueillant des progrès tels que le Centre européen sur la criminalité financière et économique (EFECC) d’Europol et le Parquet européen (EPPO).
  • augmenter le flux d’informations entre la police et le secteur privé au niveau national et européen (Europol) ;
  • augmenter l’investissement dans la prévention de la criminalité, ce qui requiert une approche multidisciplinaire impliquant des organismes gouvernementaux, des organisations non gouvernementales et le secteur privé ;
  • mettre en place une stratégie globale européenne de lutte contre le crime organisé qui puisse s’étendre au cycle politique de l’Union européenne pour les crimes graves et internationaux.

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Le système de reconnaissance faciale de la police métropolitaine de Londres remis en question par une étude indépendante

Les résultats d’une étude réalisée par deux professeurs de l’université d’Essex en collaboration avec la police métropolitaine de Londres (Met)[1]ont démontré que seul un tiers des identifications réalisées à l’aide du système de reconnaissance facial est correct. Dans les autres cas, les personnes identifiées ne correspondent pas aux personnes réellement recherchées par la police.

D’autre part, l’étude, qui par ailleurs eu beaucoup d’écho à l’international[2], émet des doutes sur l’utilisation légale de ce système de caméras intelligentes par la police métropolitaine. Dans un premier temps, il n’existe aucune autorisation légale explicite pour utiliser le système de manière générique si bien que, sachant qu’il comporte des limitations de droits, cette pratique est pointée du doigt. Dans un second temps, rien ne justifie le besoin d’utiliser cette technologie, comme s’il était impossible de résoudre le problème en question par un autre moyen moins intrusif, aucune évaluation n’est réalisée quant à l’impact que cette technologie peut avoir sur les droits des personnes concernées (comme l’a très récemment établi un rapport du commissaire sur la vidéoprotection[3]).

L’élaboration même de la liste de personnes recherchées permettant d’établir des correspondances avec les personnes scannées ne semble pas suivre un critère clair et homogène au moment de sélectionner les personnes qui en font partie. Elle inclut aussi bien des personnes recherchées par la justice que par la police et il ne s’agit pas dans tous les cas de personnes ayant commis des infractions.

En termes de fonctionnement, les résultats sont très médiocres : sur les 46 identifications réalisées par le système, seules 26 ont été considérées comme des suspects réels par les agents mais quatre ont échappé à l’outil de surveillance, car trop dispersés dans la foule. Sur les 22 personnes restantes, seules huit correspondances ont été trouvées tandis que les 14 autres ne correspondaient pas aux personnes recherchées (« faux positifs »). Une fois l’image de la caméra reçue, le processus de décision ne semble pas avoir été approprié dans divers cas et a notamment détecté, parmi les déficiences, l’alerte du système d’intervention.

Cependant, il est important de reconnaître la collaboration de la police métropolitaine dans le travail de recherche. De fait, l’utilisation de cette technologie a fait l’objet d’une période d’essai de trois ans durant laquelle divers tests de fonctionnement ont été réalisés (trop centrés sur des questions purement techniques selon l’étude de l’université d’Essex) encouragés par la police même. La période d’essai s’est terminée en juillet 2019. Les résultats de toute cette période d’observation doivent servir à en modifier l’utilisation à l’avenir[4].

[1] Voir https://48ba3m4eh2bf2sksp43rq8kk-wpengine.netdna-ssl.com/wp-content/uploads/2019/07/London-Met-Police-Trial-of-Facial-Recognition-Tech-Report.pdf

[2] Voir http://www.polizei-newsletter.de/links.php?L_ID=638

[3] Voir https://assets.publishing.service.gov.uk/government/uploads/system/uploads/attachment_data/file/786392/AFR_police_guidance_of_PoFA_V1_March_2019.pdf

[4] Voir https://www.met.police.uk/live-facial-recognition-trial/

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