Les atteintes à caractère raciste, xénophobe ou antireligieux en France en 2018

Depuis vingt-cinq ans, la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) en France remet au gouvernement un rapport sur l’état du racisme, de l’antisémitisme et de la xénophobie dans le pays. Le rapport est dressé à partir de sources diverses, dont certaines sont officielles, comme les données enregistrées par le ministère de l’Intérieur et le ministère de la Justice ou encore l’Enquête de sécurité, et d’autres sont des données fournies par des associations et des enquêteurs internationaux. Le rapport sur l’année dernière a été présenté en avril.

En 2018, les services de police et de gendarmerie nationales ont enregistré 5 170 infractions commises en raison de l’ethnie, de la nation, d’une prétendue race ou de la religion. Ce chiffre affiche une baisse de ce type d’actes pour la troisième année consécutive (entre 2015 et 2016, il baisse de 20%, entre 2016 et 2017, de 11% et entre 2017 et 2018, de 4%). Toutefois, les infractions délictuelles les plus graves ont augmenté.

Les données montrent une grande disparité territoriale, plus de 60% des victimes de ce type d’infractions recensées par les forces de police l’ont été en région parisienne (29%) ou dans une grande agglomération urbaine de plus de 200 000 habitants (33%).

Concernant les victimes, en 2018, les forces de police ont enregistré 4 840 victimes d’infractions « à caractère raciste », dont 57% sont des hommes. La tranche d’âge de la plupart des victimes est de 25 à 54 ans (plus de 70%) et 20% sont de nationalité étrangère, dont 15% issues d’un pays africain.

Par ailleurs, soulignons que les données issues des enregistrements des forces de police ne constituent qu’une petite partie des infractions délictuelles « à caractère raciste » qui se produisent réellement car toutes les victimes ne portent pas plainte. C’est pourquoi les données de l’enquête de victimisation « Cadre de vie et de sécurité » sont aussi prises en compte. D’après cette enquête, sur la période 2012-2017, seules 1 victime d’injures « racistes » sur 50 et 1 victime de menaces ou violences physiques « racistes » sur 6 ont déclaré avoir porté plainte auprès de la police. Toujours d’après cette même enquête, en 2017 en France, 1,1 million d’individus de 14 ans ou plus (1 personne sur 45) ont été victimes d’au moins une atteinte « à caractère raciste ».

L’enquête montre aussi une fréquence plus élevée par rapport à d’autres types d’atteintes délictuelles commises en groupe et sur l’espace public ou ouvert au public.

Le rapport contemple aussi l’indice longitudinal de tolérance (ILT), créé en 2008 par le professeur Vincent Tiberj. Il s’agit d’un indicateur qui synthétise les réponses à une série de questions portant sur le racisme ou le rejet de l’autre ; un indice proche de 100 signifie un haut niveau de tolérance et, inversement, un faible tolérance. En 2018, l’indice de tolérance était de 67, soit 2 points de plus qu’en 2017. Cette évolution n’est pas ponctuelle mais suit la tendance à la hausse des dernières années, compte tenu qu’entre 2013 et 2018, l’indice a progressé de 13 points, une variation exceptionnelle et très remarquable dans un contexte où la menace terroriste et la question de l’accueil des réfugiés ont été au centre du débat public.

Liens utiles

https://www.cncdh.fr/sites/default/files/les_essentiels_-_rapport_racisme_2016_1.pdf

https://www.interieur.gouv.fr/Interstats/Actualites/Les-atteintes-a-caractere-raciste-xenophobe-ou-antireligieux-en-2018-Interstats-Analyse-N-20

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Plus grande complexité dans la menace terroriste en 2018

Le phénomène terroriste est resté en 2018 une grande menace contre la sécurité de l’Union européenne. C’est là ce qui ressort du dernier rapport publiée par Europol – Europol’s 2019 EU Terrorism Situation and Trend Report (TE-SAT) – qui estime que le niveau de menace terroriste n’a pas diminué mais est devenu plus complexe.

Au total, les attentats terroristes ont fait treize morts et quelques dizaines de blessés. Ces chiffres, comparés à 2017, montrent que le nombre d’attentats et de victimes a baissé significativement bien que le nombre de groupes terroristes poursuivis et détenus dans l’UE ait, quant à lui, augmenté.

Le rapport de tendances de l’UE sur la situation et l’évolution du terrorisme en 2018 est un document sollicité par le Parlement européen, qui offre une vision concise de la nature de la menace terroriste à laquelle s’affronte l’UE.

Parmi les principales tendances que relève le document, soulignons ceci :

–       Tous les attentats terroristes ont été de nature djihadiste, commis par des individus isolés et contre des civils.

–       Les problèmes de santé mentale de certains auteurs ont contribué à la complexité du phénomène. Les attentats djihadistes ont été perpétrés à l’aide d’armes à feu ou d’armes peu sophistiquées, faciles à se procurer, telles que des couteaux.

–       Le niveau de menace terroriste dans toute l’UE reste élevé, entre autres raisons, au regard du nombre significatif d’attentats déjoués et des 16 groupes terroristes djihadistes détenus.

–       Trois groupes terroristes interceptés par la police en 2018 cumulaient des tentatives de production et/ou usage d’explosifs et matières chimiques ou biologiques. On a aussi détecté une augmentation de l’emploi de mélanges pyrotechniques pour produire des engins explosifs.

–       Recrudescence généralisée de la propagande et des menaces terroristes NBC.

–       Alors que les mineurs sont essentiellement des victimes, les États membres de l’UE craignent qu’ils ne soient exposés à l’endoctrinement et la formation et, par conséquent, devenir une menace potentielle.

–       On craint aussi que les individus ayant un casier judiciaire ou purgeant une peine d’emprisonnement ne soient vulnérables face à l’endoctrinement et puissent participer à des activités terroristes.

–       Les États membres de l’UE pensent que la diminution du contrôle territorial de l’État islamique pourrait être remplacée par un redoublement des efforts d’Al-Qaïda pour récupérer son pouvoir et son influence.

–       Tandis que la propagande en ligne restait technologiquement avancée et que les pirates informatiques semblent avoir des connaissances sur les outils de communication chiffrés, les capacités et les techniques de cyberattaque des groupes étaient rudimentaires.

–       En 2018, aucun des groupes terroristes n’a démontré avoir les capacités suffisantes pour mener à bien des cyberattaques effectives.

–       Le rapport offre aussi une vision générale de la situation terroriste hors de l’UE, y compris dans des zones de conflit telles que l’Afghanistan, l’Irak, la Lybie ou la Syrie.

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Points chauds du crime organisé à l’ouest des Balkans

Un rapport publié au mois de mai 2019 par The Global initiative Against Transnational Organised Crime, observatoire civil pour la lutte contre le crime organisé dans le sud de l’Europe[1], analyse de manière assez exhaustive la réalité de la criminalité organisée à l’ouest de Balkans et tente de détecter ses clusters ou points chauds.

Le rapport part du principe qu’il y a trois facteurs fondamentaux qui favorisent ce type criminalité :

  1. La vulnérabilité économique. Très élevée dans la région, avec des groupes de population au taux de chômage supérieur à 50%.
  2. Systèmes politiques faibles ou fractionnés et isolés. La succession des conflits meurtriers qui ont déchiré la région a fait que le réseau institutionnel créée (parfois imposé) avec le soutien de la communauté internationale n’a ni la force ni l’autorité nécessaires pour garantir un État de droit aux niveaux acceptables. Par ailleurs, les différents organigrammes institutionnels communiquent peu (ou ne collaborent pas) entre eux. Les polices de l’Union des républiques de Bosnie-Herzégovine, les institutions serbes kosovares ou albanaises kosovares et, très nettement, les institutions serbes et kosovares en sont de bons exemples. Il en résulte l’absence de pouvoirs forts et consolidés sur de vastes étendues de territoire. Ces deux facteurs conjugués facilitent donc l’interaction entre monde des affaires, criminalité et pouvoir politique.
  3. La situation géographique. Cette situation doit être considérée sous deux aspects :
    • D’abord, il y a les structures routières et autres liaisons. Les villes situées aux croisements d’autoroutes ou de routes importantes ainsi que les nœuds ferroviaires permettent une circulation plus fluide et aisée des produits faisant l’objet des activités du crime organisé.
    • D’autre part, il y a la proximité ou l’éloignement de zones qui recèlent des produits traditionnellement prisées par les activités de la criminalité internationale. Ainsi, la région se trouve sur la route de l’héroïne entre l’Afghanistan et l’Europe de l’Ouest et constitue une excellente porte d’entrée dans l’espace européen pour les populations fuyant la misère et les guerres en Afrique et au Moyen-Orient ainsi que pour les armes que ces conflits mettent sur le marché.

Sur la base de ces facteurs, le rapport finit par pointer du doigt certaines villes et régions qui non seulement ont de grandes probabilités de devenir des points chauds du crime organisé mais dont l’observatoire a pu constater qu’elles le sont réellement dans la pratique.

Les lieux précis identifiés dans le rapport sont, entre autres :

  • Subotica (Serbie) : trafic de drogues et de tabac (et, avant la construction du mur par la Hongrie, trafic d’êtres humains également).
  • Vršac (Serbie) : trafic de tabac et d’héroïne.
  • Tuzla (Bosnie-Herzégovine) : trafic de personnes, bétail, bois, drogues, voitures, devises et contrefaçons de vêtements de marque.
  • Région de Trebinje (Bosnie-Herzégovine) : trafic de drogues, tabac et personnes.
  • Rožaje et alentours (Monténégro) : drogues, personnes, tabac, médicaments et armes.
  • Kula (entre le Kosovo et le Monténégro) : tabac et drogues.
  • Durrës (Albanie) : c’est le port le plus grand du pays et le principal port d’entrée de marchandises provenant d’Amérique latine. D’où son rôle majeur dans l’importation de cocaïne issue de Colombie.
  • Vlorë (Albanie) : deuxième port du pays, porte de sortie pour le cannabis produit dans le pays et pour de nombreux criminels qui se déplacent vers l’Italie et l’Espagne.
  • Les ports de Bar, Budva et Kotor (Monténégro) : ces ports sont très connus comme porte d’entrée de la cocaïne mais il s’y produit aussi de la contrebande de tabac, entre autres. Ils ont connu récemment une guerre sanglante entre bandes de narcotrafiquants, qui a causé de nombreuses victimes.
  • Sarajevo et alentours (Bosnie-Herzégovine) : importante activité de vol et trafic de véhicules. Inefficacité manifeste de la police à interpeler les auteurs de ces crimes.
  • Priština (Kosovo) : trafic de drogues et falsification organisée de titres de propriété publique.
  • Skopje (Macédoine) : nœud crucial pour le trafic de drogues à la fois nord-sud et est-ouest.

Le rapport conclut en affirmant que cette région est victime de sa propre situation démographique ainsi que de l’instabilité politique et économique. Les auteurs du rapport semblent toutefois détecter parmi la population une certaine lassitude de la corruption et du crime organisé qui a déjà provoqué des manifestations publiques assez virulentes.

[1] Vid. https://globalinitiative.net/wp-content/uploads/2019/05/Hotspots-Report-English-13Jun1110-Web.pdf

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Harcèlement scolaire : premier pas vers une conduite antisociale adulte

Début 2019 a été publiée l’étude Bullying, une porte ouverte au comportement antisocial adulte de Pedro García Sanmartín. Cette étude considère que le déclin des valeurs sociales et une éducation déficitaire à l’égard des enfants deviennent des facteurs de risque de harcèlement scolaire, ce qui signifierait une porte ouverte aux comportements antisociaux chez les adolescents et les adultes.

Hélas, l’étude constate qu’il se produit une augmentation du nombre de cas de harcèlement scolaire (bullying) ou cyberharcèlement ainsi que du nombre d’enfants de plus en plus jeunes qui souffrent de troubles tels que dépression, anxiété et menant parfois au suicide. De plus, elle détecte d’autres problématiques associées à l’école, dont l’échec scolaire ou les mauvaises notes…, ainsi que d’autres conduites antisociales telles que consommation précoce d’alcool ou de drogues, actes de vandalisme et vols.

L’étude s’étend aussi sur l’époque que nous vivons et estime que la procrastination, de même que la volonté d’obtenir de façon immédiate ce que l’on désire sans penser aux conséquences futures, produisent des enfants dépourvus d’aptitudes sociales pour affronter les problèmes auxquels ils devront faire face à l’avenir.

Une des conséquences importantes des vécus de l’enfance, qui perdureront à la maturité et affecteront le développement personnel, est l’effet Pygmalion, en ce sens que les discrédits et étiquettes acquis pendant l’enfance resteront gravés dans la personnalité en provoquant chez certains une faible estime de soi, un manque d’assurance ou autres troubles cognitifs.

L’auteur considère que le harcèlement scolaire est un problème multifactoriel mais aussi un phénomène que tout le monde, à différents niveaux, a contribué à créer et que, de ce fait, c’est toute la société qui doit s’engager à son éradication. D’autant plus que c’est souvent là le premier pas vers de futures conduites déviantes.

Les causes du bullying sont aussi multifactorielles. Le manque d’aptitudes et de valeurs sociales normalisées fait que ces enfants cherchent refuge dans des comportements antisociaux qu’ils considèrent justifiés et que viennent renforcer les témoins qui, probablement, souffrent aussi d’un déficit de certaines valeurs sociales essentielles et peut-être d’un manque d’assurance.

Entre autres conclusions auxquelles aboutit cette étude, soulignons :

  • La nécessité de réclamer un changement du système éducatif, en améliorant la dotation de ressources et les outils des services associés à l’éducation ainsi qu’aux services d’assistance.
  • L’importance de l’éducation : enseignants et parents doivent assumer la responsabilité d’aider les enfants à découvrir leurs aptitudes cachées, les extérioriser et les afficher pour acquérir assurance, estime et connaissance de soi et pouvoir ainsi affronter à l’avenir les problèmes auxquels ils seront confrontés.
  • L’auteur souligne qu’il faut changer les habitudes intergénérationnelles éducatives anciennes, qui n’aident pas au développement actuel des enfants. Étant donné que nous vivons dans un monde complexe, il faut inculquer des valeurs telles que tolérance, respect, égalité, justice et solidarité.

En Catalogne, d’après les résultats de l’enquête sur la violence scolaire de 2016, environ 40% des élèves ont été victimes de maltraitance de la part de leurs camarades. Dont 24% ont subi plus d’une atteinte au cours de cette même année et 10,4% ont souffert de harcèlement scolaire, c’est-à-dire qu’ils ont subi des actes préjudiciables une ou plusieurs fois par semaine.

Parmi toutes les victimes de bullying, 40% l’ont été par cyberharcèlement, le pourcentage de filles victimes étant ici beaucoup plus élevé par rapport aux garçons (25,4% contre 15%).

http://www.fepsu.es/file/BULLYING.pdf

http://interior.gencat.cat/ca/el_departament/publicacions/seguretat/estudis_i_enquestes/

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Situation des drogues en Europe en 2019

D’après le rapport européen sur les drogues 2019 : tendances et évolutions, l’Europe a connu de profonds changements pour ce qui est des défis que constituent les drogues, notamment l’apparition de davantage de substances non contrôlées.

Des changements significatifs ont aussi été constatés sur le marché des drogues et leur consommation. Le commerce est dominé par les substances végétales importées en Europe qui, du coup, est devenue un marché où les drogues synthétiques et leur production sur le continent se sont décuplées.

ESTIMACIONES DEL CONSUMO DE DROGAS EN LA UNIÓN EUROPEA

Les principaux aspects du rapport à souligner sont les suivants :

  • La mondialisation et les progrès technologiques ont reconfiguré les questions stratégiques que les responsables politiques doivent envisager.
  • Actuellement, le nombre de personnes qui ont recours pour la première fois à un traitement contre l’addiction à l’héroïne est bas par rapport aux chiffres historiques, les taux de consommation par voie parentérale ont chuté et le nombre annuel de nouveaux cas de VIH attribués à la consommation de drogues par voie parentérale a baissé d’environ 40% sur les dix dernières années.
  • L’épidémie d’opioïdes qui sévit aujourd’hui aux États-Unis et au Canada s’explique par la consommation d’opioïdes synthétiques, notamment les dérivés du fentanyl. L’Europe n’a pas été touchée jusqu’ici mais cela reste un motif de préoccupation.
  • Certains indices montrent que la disponibilité croissante de cocaïne génère une hausse des coûts de santé. Depuis 2014, le nombre de consommateurs entamant un traitement par suite de problèmes liés à la cocaïne, bien que relativement bas, a augmenté de plus de 35%.
  • Les données actuelles sur la cocaïne en Europe révèlent qu’aussi bien le nombre de saisies que les quantités saisies atteignent des maximums historiques. La cocaïne entre en Europe par de multiples voies et moyens, mais on constate l’augmentation du trafic de gros volumes dans les grands ports au moyen de containers.
  • La production de drogues synthétiques en Europe, bien que difficile à contrôler, semble être à la hausse, en se diversifiant et en devenant plus innovatrice. C’est ce qu’indiquent les dernières données en montrant une augmentation des saisies de produits chimiques précurseurs.
  • Ces dernières années, de nouvelles formes de cannabis ont été développées grâce aux progrès des techniques de culture, d’extraction et de production. Les types de plantes établies aussi bien en Europe qu’au Maroc – origine d’une bonne partie de la résine de cannabis consommée en Europe – ont commencé à être substitués par des plantes hybrides et de diverses variétés qui produisent un cannabis plus fort.
  • En 2018, le système d’alerte de l’UE sur les nouvelles substances psychoactives a reçu des notifications de nouvelles substances à raison d’une par semaine. 2018 en a recensé un total de 55, un chiffre similaire à celui de 2017.
  • En 2017, les forces de police et de sécurité ont réalisé pas moins de 1,1 million de saisies de substances illégales. Les trois pays où le nombre de saisies était le plus élevé étaient l’Espagne, le Royaume-Uni et la France qui, ensemble, représentaient deux tiers du total des saisies dans l’Union européenne.
  • L’héroïne est l’opioïde le plus consommé sur le marché de la drogue en Europe. L’héroïne entre en Europe par quatre routes principales : la route des Balkans et la route méridionale, qui sont les plus importantes, ainsi qu’une ramification de la route méridionale qui passe par la Syrie et l’Irak et enfin la route septentrionale.
  • Il s’est produit une certaine résurgence de la MDMA dont la production se concentre aux Pays-Bas et en Belgique.

http://www.emcdda.europa.eu/system/files/publications/11364/20191724_TDAT19001ESN_PDF.pdf

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En 2018, 44% des 5 472 morts dans un accident de la route en Argentine étaient des motocyclistes

Dans ses principales conclusions, l’annuaire statistique 2018 de l’Agence nationale de la sécurité routière en Argentine constate que 5 472 personnes ont trouvé la mort dans un accident de la route. De plus, cette problématique coûte annuellement plus de 175 milliards de pesos à l’administration publique.

Ces données, publiées par les analystes le 10 juin dernier, Journée mondiale de la sécurité routière, situent les accidents de la route en Argentine comme la première cause de mortalité chez les moins de 35 ans et la troisième sur le total de la population. En effet, le nombre de morts de moins de 35 ans sur les routes représente 45% du total des victimes.

Ce chiffre de 5 472 morts en 2018, en conséquence d’un accident de la route, est obtenu dans le cadre temporel de suivi des victimes jusqu’à 30 jours après l’accident, conformément au critère d’harmonisation globale établi par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). De cette manière, on sait que 71,5% des morts – 3 914 – se sont produites sur le lieu des faits ou dans les 24 heures après l’accident.

Outre les morts par accident, on a recensé 64 816 blessés – dont 7 446 graves – sur un total de 81 592 sinistres survenus en 2018.

Malgré la sévérité de ces données, certains analystes comme Carlos Pérez de l’ANSV considèrent que les chiffres d’accidentalité se stabilisent à la baisse. En effet, 2017 a enregistré 5 611 morts alors que 2016 a recensé 5 582 victimes mortelles d’un accident de la route. Ce dernier estime qu’on assiste à une chute relative, bien que pas assez significative, dans ce qui « serait un nivellement des statistiques avant d’amorcer une baisse par l’approfondissement dans l’application de politiques publiques adéquates ».

Le taux de mortalité montre le même flux que les pertes humaines en matière de sinistres. La statistique qui exprime le rapport entre le nombre de morts pour cent mille habitants d’une même unité géographique s’est maintenue dans les standards équilibrés : en 2016, on était à 12,8%, en 2017 à 12,7% et en 2018, ce chiffre continue à baisser et atteint 12,3%.

Parallèlement, les autorités ont présenté les conclusions d’une étude qui contemple le coût financier de l’accidentalité routière. Ainsi, les accidents de la route coûte à l’État argentin 175 milliards de pesos argentins annuels, soit 1,7% du produit intérieur brut.

Ces données sont le fruit du calcul des différents coûts : perte de productivité de la personne sinistrée, coûts médicaux, humains, sur la propriété et les agents administratifs.

Un autre aspect qui préoccupe les analystes est que les victimes mortelles se déplaçant à motocyclette étaient en 2018 au nombre de 2 350, un chiffre qui représente 43,8% du total des victimes, alors que 2017 affichait 38%.

Face à ces données, on assiste à un renforcement des campagnes sur le port obligatoire du casque pour les motocyclistes et leurs passagers, parallèlement aux campagnes sur l’utilisation de la ceinture de sécurité, bien qu’on observe une augmentation de son utilisation et qu’on ait recensé un total de 1 479 morts en voiture, soit 27,6% du total.

Ils soulignent aussi que 78% des morts sur la route sont des hommes, contre 22% de femmes.

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Rapport sur la violence et les incivilités dans le football amateur en France

En France, l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) a publié son rapport annuel sur la violence et les incivilités dans le football amateur pour la saison 2017-2018. Selon l’étude, 1,8% des matchs joués ont enregistré des incidents violents ou des actes d’incivilité.

Depuis 2007, l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales émet un rapport annuel sur les violences et incivilités dans le football amateur. L’étude analyse les données fournies par la Fédération française de de football qui recense les incidents violents et les actes d’incivilité moyennant une application informatique (« Observatoire des comportements »).

Sur la base de l’analyse des données obtenues, certaines mesures préventives sont mises en place. Lorsque se produisent des actes violents au cours d’un match, ils sont enregistrés et le match est qualifié de « sensible » ; ainsi, lors de futures rencontres, des moyens de sécurité supplémentaires seront déployés pour prévenir les agissements répréhensibles. D’autre part, la Fédération française de football met en œuvre diverses actions à partir des données collectées, notamment le Programme éducatif fédéral (PEF), une série de fiches éducatives mises à la disposition des éducateurs pour enseigner les avantages du sport dans le respect des règles.

Le bilan présenté a rapporté des incidents violents ou des actes d’incivilité dans 11 335 matchs, soit 1,8% du total, ce qui montre une légère hausse de 0,2% par rapport à la saison précédente. Cette augmentation pourrait toutefois être due à une plus grande précision dans l’enregistrement des incidents, plus qu’à une hausse réelle des actes violents.

Dans la plupart des cas, l’acte violent le plus grave a été commis par un joueur (89%), dans 5% des cas par les dirigeants des équipes et dans 3% des cas par les spectateurs. Lorsqu’on observe le club de provenance des agresseurs, les données sont très équilibrées : 47% des agresseurs chez les visiteurs, 46% chez les locaux et 6% issus des deux camps.

Quant à la nature de l’agression, dans presque la moitié des cas, l’acte le plus grave était l’agression verbale (49%), dont 9% étaient des menaces. 45% des incidents violents recensés étaient des agressions physiques. Soulignons que, sur cette saison, 9 agressions par arme ont été enregistrées, ce qui représente moins de 1% du total. Par ailleurs, dans 76 matchs, sur un total de 11 335, l’incident le plus grave était à caractère raciste ou discriminatoire.

Les violences et les incivilités dans le football amateur – saison 2107-2018

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ENUSC 2018 : après six années, la criminalité diminue au Chili

L’Enquête nationale urbaine de sécurité publique (ENUSC), lancée par le président du Chili, Sebastián Piñera, constate une baisse de la criminalité de 2,6% – soit environ 130 000 foyers de moins où l’un des membres a été victime d’un crime –.

Cette enquête est la plus précieuse pour les experts en questions de sécurité dans le pays car plus de 27 000 logements sont interviewés dans des zones urbaines et, d’après la fiche technique, cela représenterait 13 millions de personnes pour 5 millions de logements. L’enquête à été réalisée de septembre à décembre 2018 sur des individus de plus de 15 ans.

D’après les résultats de l’ENUSC 2018, réalisée par le CEAD – Centre d’études et d’analyse de la criminalité – et mesurant les taux de criminalité dans tous le pays, dans 25,4% des foyers, au moins un des membres a été victime d’un crime. Ce pourcentage de victimisation en 2018 n’est pas le plus bas dans l’historique de la série : en 2012, le pourcentage de victimes était de 24,3%, en 2013 de 22,8% et en 2014 de 23,5%.

Un des aspects que soulignent, par-dessus tout, les représentants de l’enquête est qu’une année encore, la perception de l’insécurité est à la baisse. L’année 2015 affichait le point le plus haut avec 86,8% des personnes interrogées ayant déclaré leur sentiment que la criminalité avait augmentée. Ce chiffre a diminué en 2016 et 2017 et, aujourd’hui, l’enquête montre une nouvelle baisse le situant à 76,8% des répondants.

Le pourcentage des répondants ayant déclaré avoir porté plainte, après avoir été victime d’un crime, est de 35,1%, soit moins que les années précédentes. Ce chiffre a progressivement diminué depuis 2015 où il atteignait 43,5% des personnes interrogées.

D’autre part, en 2018, 6,6% des logements du pays ont été revictimisés, c’est-à-dire qu’ils ont été victimes deux fois ou plus d’un crime grave.

Les principales causes motivant la non-dénonciation de faits criminels sont le caractère bénin du délit, l’éventuelle perte de temps ou le manque de confiance en la police ou la justice.

Pour ce qui est de la caractérisation des actes criminels, l’enquête compare les résultats de 2017 et 2018 et, pour la plupart des crimes, le chiffre diminue. À la question de savoir si le répondant ou l’un des membres de son foyer a été victime d’un crime tel que vol avec violence et/ou intimidation, 4,6% répondent affirmativement en 2018 contre 5,1% en 2017. Le cambriolage montre des chiffres similaires et passe de 5,1% à 4,8% en 2018. Mais la baisse la plus remarquable touche le vol à la roulotte qui passe de 14,2% en 2017 à 11,6% en 2018.

L’ENUSC a aussi mesuré la source d’information à partir de laquelle les gens forgent leur perception de la criminalité : plus de la moitié des répondants – 50,2% – le font à travers la télévision, 13,8% par le biais d’autres personnes et 12,5% parce qu’ils l’ont eux-mêmes subie.

Pour ce qui est des incivilités, la plupart des infractions diminuent en pourcentage par rapport à 2017 et l’on constate notamment la présence de chiens errants, de commerces ambulants et de graffitis sur la voie publique. En revanche, d’autres types d’infraction non négligeables se maintiennent stables par rapport à l’année précédente, dont la consommation d’alcool ou de drogues sur la voie publique, l’accumulation de déchets, la présence d’individus dormant dans la rue, la vente clandestine d’alcool et la prostitution.

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Allemagne : la baisse des crimes se poursuit tandis que l’insécurité augmente

Reichstag BerlinL’Allemagne vient de publier, presque simultanément, ses statistiques policières sur la criminalité[1] ainsi qu’une enquête de victimisation au niveau fédéral[2]. Paradoxalement, alors que le nombre de crimes baisse de 3,6% (350 000 de moins que l’année précédente), le nombre d’individus qui se sentent un peu ou très en insécurité passe de 17,3% en 2012 (l’enquête de victimisation précédente) à 21,5%. La différence temporelle entre ces données n’explique pas cet écart car le crime se situe, ces dernières années, dans une phase de baisse modérée mais constante (depuis 2012, le nombre de crimes a diminué de plus d’un demi-million de cas). Un des facteurs qui motive probablement cette baisse de la sécurité subjective est lié au spectre du terrorisme (qui fait que plus de 20% de la population se sentent en insécurité) qui n’apparaissait pas dans la précédente enquête de 2012. Cette augmentation de l’insécurité se produit de manière similaire dans l’immense majorité des Länder.

Les aspects qui affectent le plus la sensation de sécurité des enquêtés sont le vol à domicile (24% craignent d’être victimes de ce type de crime), le vol avec violence (20,9%) et la violence sexuelle (22,2% de femmes).

Les atteintes aux personnes diminuent de 3,9%. Bien que les homicides et leurs variantes augmentent d’environ 4% et les coups et blessures très légèrement, la baisse important des atteintes à la liberté sexuelle (plus de 10%) vient largement compenser cet écart. Ce qu’on appelle la « criminalité de rue » (Straβenkriminalitat), qui constitue la catégorie de crimes la plus nombreuse, montre une baisse de 8%. Les atteintes aux biens dans leur ensemble (vols en général, de vélos, de et dans des véhicules et camions, de motos), y compris les vols à domicile tant redoutés, montrent une réduction de 16,3 % qui est le résultat de différentes méthodologies de prévention (notamment la Predictive Policing). Les escroqueries et les fraudes enregistrent aussi une légère diminution.

Le taux de plaintes se situe entre 35 et 40%, à l’exception des cas de Phishing et de Pharming qui montrent des niveaux de plainte très inférieurs (environ 10%). Parmi les raisons motivant la dénonciation d’un crime figure en premier lieu l’obligatoriété (morale) de porter plainte et le souhait qu’un fait ne se reproduise pas ou que le coupable soit puni.

Le nombre d’individus interpellés baisse de 2,9% par rapport à l’année précédente (2 051 266 en 2017) ; parmi ces derniers, 65,46% ont la nationalité allemande et 34,53% sont étrangers.

[1] Vid.

https://www.bka.de/DE/AktuelleInformationen/StatistikenLagebilder/PolizeilicheKriminalstatistik/pks_node.html

[2] Vid.

https://www.bka.de/DE/UnsereAufgaben/Forschung/ForschungsprojekteUndErgebnisse/Sicherheitsstudie/sicherheitsstudie_node.html

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Comment recenser les enfants qui font partie de bandes urbaines en Angleterre?

L’activité des bandes en Angleterre se tient souvent sous le radar des autorités, néanmoins, il n’est pas facile de définir ce qu’on entend par bande.

Un rapport a estimé qu’actuellement, 27 000 filles et garçons appartiennent à des bandes en Angleterre.

Or, comment parvient-on à ce résultat ?

Chaque année, le Bureau de la statistique nationale fait une enquête sur la criminalité en interrogeant un panel représentatif de foyers sur leur expérience en matière de délinquance. Sur les trois dernières années, il a été demandé aux enfants de 10 à 15 ans s’ils se considéraient comme membres d’une bande urbaine.

Le bureau du commissaire à l’enfance en Angleterre a fait son propre calcul sur ces chiffres.

L’année dernière, sur un panel d’environ 4 000 enfants, 0,7% (environ 30 enfants) ont déclaré se considérer comme membres d’une bande urbaine. Ce chiffre a été augmenté pour atteindre le chiffre estimatif de 27 000 pour l’ensemble de la population en Angleterre.

Il s’agit là d’une estimation mais le rapport donne un chiffre très inférieur de 6 560 enfants réellement connus comme appartenant à des bandes par des équipes qui traitent avec des jeunes ou avec des services à l’enfance.

Étant donné la différence entre le chiffre le plus élevé et le chiffre le plus bas, le rapport conclut que la plupart des membres de bandes ne sont pas connus des autorités.

Bien qu’on ne puisse l’affirmer, il est probable qu’un grand nombre de jeunes méconnus des autorités appartiennent aux bandes, mais on ne peut pas non plus avoir la certitude que 27 000 enfants y soient nécessairement impliqués.

Vu que ces chiffres proviennent d’une analyse spécifique, il n’y a pas de données individuelles comparables sur la violence liée aux bandes et les activités criminelles en Écosse, au Pays de Galles et en Irlande du Nord.

En revanche, à Londres, la police métropolitaine alimente une base de données bien connue, la Gangs Matrix, qui contient les noms de 3 000 à 4 000 « personnes d’intérêt ».
La base de données a été critiquée pour son orientation disproportionnée vers les jeunes de couleur qui pourraient n’avoir aucun lien avec les crimes violents.

En 2017, lors de la dernière publication des estimations criminelles, un crime violent sur 500, recensé par la police de Londres, a été identifié comme étant associé aux bandes. Depuis 2010, 15% des homicides dans la capitale sont liés aux bandes.

Les enfants exploités par les bandes de trafiquants de drogues sont aussi une préoccupation grandissante.

Compte tenu du caractère illicite des opérations en matière de stupéfiants, la participation totale est difficile à chiffrer mais la plupart des données reçues par l’Agence nationale de la criminalité affectent des individus de moins de 15-17 ans.

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