Aucune amélioration de la sécurité des citoyens au Pérou

De récentes enquêtes sur la perception de la sécurité des citoyens menées par l’Institut d’études péruviennes (IEP) indiquent que la perception qu’ont les citoyens péruviens de la sécurité n’a pas changé entre 2015 et 2019.

Malgré les résultats de ces enquêtes, les statistiques de l’Institut national de la statistique et de l’informatique (INEI) péruvien présentent des données complètement différentes. Les enquêtes montrent que le pourcentage de personnes ayant été victimes d’actes criminels est passé de 36 % en 2013 à 27,5 % en 2018.

Bien que ces données puissent sembler contradictoires, les citoyens expriment qu’ils ont toujours peur. L’INEI a également publié les dernières données pour la période septembre 2018-février 2019 où il apparaît que 86,6 % des personnes interrogées pensent qu’elles seront victimes d’un acte criminel. Et ce chiffre passe à 89 % pour la tranche d’âge des 30-44 ans.

Si l’on étudie la perception de la sécurité par territoire, on trouve plusieurs régions où la part de la population craignant d’être victime d’un acte criminel est supérieure à 90 %, comme Arequipa avec 93,2 %, la province de Lima avec 92 %, ou encore Huancavelica avec 91,3 %.

Il est nécessaire de mener des études sérieuses et approfondies sur les causes et la perception de ce sentiment d’insécurité chez les citoyens. C’est d’ailleurs ce qu’exprime la sociologue Lucía Dammert dans une étude sur la perception de la sécurité au Pérou.

Lucía Dammert estime que les changements constants de ministres et de leurs collaborateurs, ainsi que la rotation de la direction au sein de la police nationale péruvienne rendent l’identification de stratégies politiques compliquée. En raison de ces changements constants, il est difficile de prendre en compte les différentes initiatives et priorités.

D’autre part, la présence policière est insuffisante et les citoyens ne se sentent pas protégés. La justice ne fonctionne pas non plus et les niveaux d’impunité sont élevés. Le système pénitentiaire ne punit pas et ne réhabilite pas. Ainsi, la police agit de façon sévère, ce qui ne constitue pas une politique efficace.

Il convient de noter que, malgré les niveaux élevés de violence domestique, en particulier contre les femmes, les citoyens identifient la rue comme un lieu où ils ont peur. Par conséquent, les citoyens choisissent de s’enfermer chez eux et de limiter leur vie dans la rue. Cette réalité devient un problème pour la coexistence démocratique.

De plus, la corruption est omniprésente dans les institutions. Ces dernières devraient fonder leur légitimité sur des actions efficaces et équitables. Dans le cas contraire, un sentiment général d’absence de protection se crée.

Enfin, le Pérou est le point culminant des principales routes du crime organisé, le pays assiste au développement de marchés illégaux dans le domaine de l’exploitation minière et forestière ou de la prostitution, par exemple, et n’adopte pas la moindre politique publique pour y faire face.

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Le nombre de personnes incarcérées aux États-Unis continue à diminuer

370.-imagesSelon le dernier rapport du Bureau of Justice Statistics du mois d’août 2020, la population sous régime correctionnel aux États-Unis a diminué de 12,3 % entre 2008 et 2018.

En 2018, on comptait 6 410 000 personnes adultes sous régime correctionnel aux États-Unis. C’est en 2007 que cette population a atteint son pic, avec 7 339 600 personnes, avant de diminuer chaque année jusqu’en 2018. On observe une réduction de 2,1 % de cette population entre 2017 et 2018.

À la fin de l’année 2018, 1 habitant adulte sur 40 était sous la surveillance des autorités correctionnelles aux États-Unis, alors que dix ans plus tôt, cette proportion s’élevait à 1 sur 32.

Entre 2008 et 2018, le taux d’incarcération a diminué de 28 % chez les habitants noirs, de 21 % chez les habitants hispaniques et de 13 % chez les habitants blancs. De plus, le taux d’incarcération chez les habitants noirs en 2018 était le plus bas depuis 1989.

Selon les données du rapport, en 2018, pour 100 000 adultes habitant aux États-Unis, 2510 se trouvaient sous la surveillance du système correctionnel américain. Il s’agit du chiffre le plus bas depuis 26 ans aux États-Unis. Par exemple, en 2008, on comptait 3160 adultes sous surveillance pour 100 000 habitants.

Il convient également de noter que, si le nombre d’adultes en liberté surveillée s’élevait à 2200 pour 100 000 habitants en 2008, il n’était plus que de 1730 en 2018. La proportion de personnes incarcérées était de 1000 détenus pour 100 000 habitants adultes en 2008, avant de baisser pour atteindre 830 détenus pour 100 000 habitants adultes dix ans plus tard.

On observe une réduction de la population adulte sous surveillance correctionnelle, qui est passée de 4 508 900 personnes en 2017 à 4 399 000 personnes en 2018. Avec 2 153 600 détenus en 2017 et 2 123 100 détenus en 2018, la population carcérale a également diminué.

On comptabilisait un total de 6 410 000 personnes sous régime correctionnel aux États-Unis en 2018, un chiffre qui s’élevait à 7 312 600 en 2008. Selon les dernières données à jour, en 2018, il y avait 4 399 000 personnes en liberté conditionnelle ou en probation, 1 465 200 personnes incarcérées et 738 400 personnes détenues dans des centres locaux.

Si l’on compare les données de 2018 à celles de 2008, on constate que 902 700 personnes adultes en moins étaient sous surveillance des autorités, parmi lesquelles 731 300 en liberté surveillée et 143 100 en prison, le reste étant des personnes détenues dans des centres locaux.

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14 idées fausses concernant l’authentification et l’identification biométriques

367.- baixaLe Contrôleur européen de la protection des données (CEPD)en collaboration avec l’Agence espagnole de protection des données (AEPD) a publié, il y a quelques semaines, une note technique répertoriant 14 idées fausses sur l’utilisation de la biométrie et la manière dont celles-ci affectent la protection des données.

Le rapport, destiné aux responsables et aux administrateurs chargés de la protection des données, vise à fournir des informations sur les confusions et les inexactitudes les plus courantes liées à l’utilisation de cette technologie.

L’identification est le processus de reconnaissance d’un individu particulier au sein d’un groupe et l’authentification est le processus qui consiste à prouver que l’identité revendiquée par un individu est vraie. Avec la popularisation croissante de l’utilisation des données biométriques à des fins d’identification et d’authentification (par exemple les empreintes digitales ou la reconnaissance faciale), un certain nombre d’idées fausses se sont répandues. Parmi les idées fausses les plus courantes concernant la biométrie, on peut citer :

  • « Les informations biométriques sont stockées dans un algorithme. » Un algorithme est une méthode ordonnée d’opérations et non un moyen de stocker des données biométriques.
  • « L’utilisation de la biométrie est aussi intrusive que tout autre système d’identification/authentification. » Les données biométriques permettent de recueillir des informations à caractère personnel sur l’individu. Par exemple, il est possible de recueillir des données telles que la race, le sexe, l’état émotionnel, les maladies, les handicaps, etc.
  • « L’identification biométrique est précise. » L’identification biométrique est basée sur des probabilités et il existe un certain taux de faux positifs (possibilité d’une usurpation d’identité) et de faux négatifs (rejet d’une personne autorisée).
  • « L’identification/authentification biométrique est suffisamment précise pour toujours faire la différence entre deux personnes. » Il existe des cas comme l’identification des jumeaux ou des conditions environnementales dans des milieux non contrôlés qui entraînent un taux d’erreur accru et donc une confusion.
  • « L’identification/authentification biométrique convient à toutes les personnes. » Il y a des personnes qui ne peuvent pas l’utiliser en raison de leurs caractéristiques physiques, de blessures, d’accidents, etc. Ceci pourrait être une cause d’exclusion sociale.
  • « Le processus d’identification/authentification biométrique ne peut être contourné. » Il existe des techniques qui permettent de « duper » les systèmes d’authentification biométrique pour qu’ils prennent l’identité de quelqu’un d’autre.
  • « L’identification biométrique n’est pas exposée à des risques. » Les caractéristiques biométriques d’une personne sont exposées à des risques et pourraient être capturées à distance.
  • « Tout traitement biométrique implique une identification/authentification. » Ce n’est pas nécessairement le cas. L’utilisation des informations peut différer de l’objectif initial en raison d’erreurs de sécurité, de modifications réglementaires, etc.
  • « Les systèmes d’identification/authentification sont plus sécurisés pour les utilisateurs. » Il peut toujours y avoir une faille de sécurité.
  • « L’authentification biométrique est puissante. » Cette affirmation dépend de la technologie utilisée et des circonstances, de la perception et de la culture de chaque utilisateur.
  • « L’authentification biométrique est plus pratique pour l’utilisateur. » Cette affirmation dépend de la technologie utilisée.
  • « Les informations biométriques converties en valeurs de hachage ne sont pas récupérables. » Elles pourraient être obtenues dans un modèle biométrique original.
  • « Les informations biométriques stockées ne permettent pas de reconstituer les informations biométriques originales dont elles ont été extraites. » Une reconstruction partielle est parfois assez fidèle pour être reconnue par un autre système biométrique.
  • « Les informations biométriques ne sont pas interopérables. » Au contraire, les systèmes d’information biométriques suivent des normes pour assurer leur interopérabilité.

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Le trafic d’êtres humains : encore plus impitoyable avec le COVID-19

365.- baixaDe nombreux pays dans le monde ont fermé leurs frontières extérieures en raison de la crise sanitaire du COVID-19. Dans ces circonstances, les criminels cherchent de nouveaux moyens d’abuser de la vulnérabilité des migrants en situation irrégulière qui veulent entrer en Europe, victimes de réseaux d’exploitation par le travail ou d’exploitation sexuelle.

Un nouveau rapport du centre européen chargé de lutter contre le trafic de migrants (EMSC) a été publié il y a quelques semaines. Il reprend les opérations mises en œuvre tout au long de l’année 2019 et les informations rassemblées pour étudier l’évolution potentielle de ces délits au cours des mois à venir.

Les mesures de contrôle des frontières et les restrictions de voyage instaurées dans toute l’Union européenne ont entraîné des modifications des activités de trafic passant par les itinéraires aériens, terrestres et maritimes. Par exemple, les petites embarcations sont de plus en plus utilisées pour franchir les frontières fluviales, et l’utilisation de véhicules ou de trains de transport de marchandises pour se déplacer a également augmenté.

Les restrictions de voyage peuvent rendre difficile l’emploi de main-d’œuvre saisonnière dans le secteur agricole. De plus, la fermeture d’établissements offrant des services de nature sexuelle pourrait mener à une amplification de l’exploitation sexuelle.

Parmi les principales menaces identifiées par l’EMSC, on trouve :

  • les tentatives des autorités turques de faciliter la traversée de la frontière gréco-turque par de grands groupes de migrants ;
  • le transport de migrants dans des conditions qui mettent leur vie en péril, dans les compartiments cachés de certains véhicules, principalement dans la zone des Balkans occidentaux ;
  • l’augmentation de l’utilisation de visas obtenus frauduleusement et de documents falsifiés ;
  • une plus grande vulnérabilité aux abus et à la violence chez les migrants non accompagnés le long des routes migratoires vers l’Union européenne ;
  • une vulnérabilité potentielle à l’exploitation par les trafiquants de migrants en situation irrégulière dans des lieux éloignés ;
  • l’augmentation de la circulation des migrants au sein de l’Union européenne.

L’exploitation sexuelle est l’objectif le plus courant des trafiquants d’êtres humains de l’Union européenne, principalement avec des victimes de l’Europe centrale et orientale ainsi que du Nigéria. Les membres des réseaux criminels nigérians exploitent leurs propres concitoyens, recrutés localement et endoctrinés à l’aide de croyances et de rituels vaudous.

Il convient de mentionner certains points qui ont occupé une place centrale dans le travail de l’EMSC en 2019 :

  • 5 853 cas de trafic d’êtres humains ;
  • 19 211 suspects identifiés ;
  • neuf enquêtes à grande échelle ;
  • sept journées d’action commune de l’EMPACT avec 26 États membre de l’Union européenne ;
  • 71 journées d’action en présentiel avec des experts d’Europol ;
  • cinq rapports stratégiques de renseignement rédigés.

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Un rapport sur la situation en matière de terrorisme en 2019 dans l’Union européenne

363.- baixaEuropol a récemment publié un rapport sur la situation en matière de terrorisme dans l’Union européenne, qui révèle les chiffres et les tendances concernant les attentats, les attaques et les arrestations de terroristes présumés dans l’Union en 2019.

En conséquence de ces activités terroristes :

  • 119 attentats au total, avortés ou achevés, ont été signalés par 13 États membres de l’Union européenne.
  • 1 004 personnes ont été arrêtées pour des délits liés au terrorisme dans 19 États membres.
  • Les pays ayant procédé au plus grand nombre d’arrestations sont la Belgique, la France, l’Italie, l’Espagne et le Royaume-Uni.
  • 10 personnes ont été tuées et 27 ont été blessées dans des attaques terroristes au sein de l’Union européenne en 2019. Il s’agissait presque exclusivement d’attentats djihadistes, bien que la tendance à la baisse de ce type d’attaques se poursuive.
  • La situation dans les zones de conflit hors d’Europe a continué à affecter les circonstances du terrorisme djihadiste en Europe.

Plusieurs cas de financement du retour de combattants terroristes étrangers ont été observés en 2019, bien que le financement de groupes terroristes hors d’Europe ait diminué par rapport aux années précédentes.

Le rapport attire l’attention sur les attaques terroristes d’extrême droite, qui se sont faites plus fréquentes au cours de la dernière période, passant d’une attaque en 2018 à six en 2019. Le document souligne que les attentats de Christchurch (Nouvelle-Zélande), de Poway (États-Unis), d’El Paso (États-Unis), de Bærum (Norvège) et de Halle (Allemagne) s’inscrivent dans une vague d’incidents violents à l’échelle mondiale. Les auteurs de ces incidents faisaient partie de communautés transnationales similaires, avec un réseau commun, et se sont inspirés les uns des autres.

Le rapport explique également que les extrémistes de droite violents entretiennent des liens internationaux en participant, par exemple, à des concerts ou à d’autres types de manifestations.

En ce qui concerne les attentats terroristes d’extrême gauche et de type anarchiste, les chiffres ont été similaires à ceux de 2016 et 2017, après une baisse en 2018. Toutes les attaques ont eu lieu en Grèce, en Italie ou en Espagne. Quant aux arrestations pour activités terroristes d’extrême gauche présumées, on en comptait 34 en 2018, mais elles ont triplé en 2019, s’élevant au nombre de 111, principalement localisées en Italie. Les explosifs utilisés par ces groupes étaient fabriqués à partir de matériaux faciles d’accès.

L’utilisation d’armes à feu et d’explosifs est restée prédominante dans les attentats terroristes à caractère séparatiste et dans les attaques violentes inspirées par des idéologies d’extrême droite.

Les mesures prises par les plateformes de réseaux sociaux pour lutter contre la diffusion de propagande terroriste ont conduit certains groupes à revenir aux formules traditionnelles de communication en ligne. Les suspects arrêtés pour propagande terroriste en Europe étaient parfois impliqués de longue date dans des activités djihadistes.

Dans l’Union européenne, peu d’éléments laissent à penser qu’il existe un lien entre le crime organisé et le terrorisme qui serait systématique et clairement défini. Cependant, on observe des indices de certaines transactions entre criminels et extrémistes de bas niveau, qui coïncident souvent socialement dans les zones marginalisées.

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L’impact du COVID-19 sur les marchés de la drogue en Europe

360.- baixaÀ la fin de l’année 2019, l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (EMCDDA) et Europol ont publié un document d’analyse de l’activité sur les marchés de la drogue dans l’Union européenne.

À ce moment-là, personne n’aurait pu prévoir les changements drastiques qu’entraînerait la pandémie de COVID-19, la manière dont elle affecterait notre vie quotidienne, ni son impact considérable sur les marchés de la drogue. Il était essentiel d’examiner l’étendue et la nature de cet impact pour identifier d’éventuels éléments qui devraient faire l’objet de recherches plus approfondies.

Cette analyse des marchés de la drogue dans l’Union européenne vise à améliorer la compréhension des événements en cours et de leur impact sur la sécurité intérieure et la santé publique au sein de l’Union européenne. Ainsi, l’objectif est d’informer les institutions européennes et les partenaires des États membres, une étape indispensable à la formulation de réponses efficaces.

Les restrictions sur les voyages à l’échelle mondiale et d’autres mesures résultant de la pandémie de COVID-19 ont eu pour impact une perturbation temporaire des marchés de la drogue, certaines substances se faisant plus rares et plus chères. Elles ont aussi eu d’autres conséquences :

  • Du fait des mesures de distanciation sociale, c’est au niveau de la distribution que la perturbation de la chaîne d’approvisionnement et de la logistique du trafic de drogue en Europe se remarque le plus.
  • Les mouvements de grandes quantités de drogues entre les États membres de l’Union européenne se sont poursuivis, malgré l’introduction de contrôles aux frontières, en raison du maintien du transport commercial de marchandises dans toute l’Union.
  • En ce qui concerne la cocaïne, il existe peu de preuves d’une perturbation de l’activité d’importation en gros ; cependant, les experts de certains pays signalent une augmentation des prix et une diminution de la pureté du produit destiné à la consommation, ce qui indique des pénuries d’approvisionnement localisées.
  • Les groupes de crime organisé restent vigilants et ajustent leur mode opératoire à la situation actuelle en exploitant des canaux de communication sécurisés et en s’adaptant aux modes de transport, aux itinéraires de trafic et aux méthodes de dissimulation.
  • L’instabilité actuelle crée un environnement de plus en plus volatil pour les entreprises criminelles tout au long de la chaîne d’approvisionnement en Europe et semble avoir conduit à une augmentation des violences parmi les distributeurs de niveau moyen.
  • On remarque qu’il y a plus de livraisons à domicile et moins de ventes en personne. L’option de l’argent liquide comme moyen de paiement semble se développer pour les transactions individuelles.
  • La pénurie de résine de cannabis a entraîné une augmentation des prix de vente au détail.
  • Le trafic d’héroïne reste présent sur beaucoup des itinéraires connus. Dans certaines régions, la disponibilité de l’héroïne a diminué, mais cela varie notamment en fonction des réglementations nationales de confinement et des restrictions de circulation. Des prix plus élevés ont également été signalés à certains endroits.
  • Le trafic de cocaïne par conteneurs maritimes se maintient à des niveaux comparables, voire supérieurs à ceux de 2019.
  • La production de drogues de synthèse se poursuit dans les principales zones européennes de production aux Pays-Bas et en Belgique, comme en témoigne le nombre de laboratoires illicites démantelés. Cependant, en Europe et dans le monde, la demande de drogues de synthèse consommées dans des environnements récréatifs, en particulier la MDMA, semble avoir baissé à court terme en raison de la fermeture de locaux et de l’annulation de festivals.

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Le nombre de détenus aux États-Unis a diminué en 2018

359.- imagesPendant l’année 2018, la population carcérale aux États-Unis est passée de 1 489 200 à 1 465 200 détenus, ce qui correspond à 24 000 personnes incarcérées en moins, soit une diminution de 1,6 %. On observe une baisse de 1,7 % chez les hommes, avec 1 354 313 détenus, et de 0,5 % chez les femmes, avec 110 845 détenues.

En 2018, la proportion de personnes incarcérées condamnées aux États-Unis était de 431 pour 100 000 habitants, en tenant compte des détenus dans les prisons fédérales et les prisons d’État. C’est le taux le plus bas depuis 1996. Il s’élevait alors à 427 personnes incarcérées pour 100 000 habitants.

Au cours des dix dernières années, ce chiffre a baissé de 15 % aux États-Unis, passant de 506 détenus condamnés pour 100 000 habitants en 2008 à 431 détenus condamnés pour 100 000 habitants en 2018.

En ce qui concerne l’évolution des données d’incarcération par groupe ethnique entre 2008 et 2018, on constate une diminution de 28 % de la proportion d’habitants noirs incarcérés, de 21 % de la proportion d’habitants hispaniques incarcérés et de 13 % de la proportion d’habitants blancs incarcérés. De plus, le taux d’incarcération chez les hommes noirs en 2018 était le plus bas depuis 1989. Il convient toutefois de noter que le taux d’incarcération chez les hommes noirs en 2018 équivalait à 5,8 fois le taux d’incarcération chez les hommes blancs, tandis que le taux d’incarcération chez les femmes noires représentait 1,8 fois le taux d’incarcération chez les femmes blanches.

Par ailleurs, en 2018, 22 États en tout affichaient un taux d’emprisonnement supérieur à la moyenne des États-Unis. L’État présentant le plus haut taux était la Louisiane, avec 695 détenus condamnés pour 100 000 habitants. Viennent ensuite l’Oklahoma, avec 693 détenus pour 100 000 habitants, et le Mississipi, avec 626 détenus pour 100 000 habitants. À l’opposé, on trouve des États tels que le Minnesota, le Maine, le Massachusetts, le Rhode Island ou le Vermont, avec des chiffres inférieurs à 200 détenus condamnés pour 100 000 habitants.

Sur l’ensemble des personnes incarcérées aux États-Unis en 2018, on trouve 7,7 % de citoyens étrangers. Un pourcentage parallèle à la part de la population étrangère présente dans le pays, 6,9 % selon le bureau de recensement des États-Unis. En ce qui concerne l’âge, 3 % des détenus sont âgés de plus de 64 ans.

Il convient de mentionner que parmi les militaires en prison qui ont servi dans les forces aériennes ou la marine de guerre des États-Unis, près de 75 % ont été incarcérés pour des délits de nature sexuelle. 45 % de ces derniers ont été condamnés pour des délits sexuels avec violences.

Si l’on s’intéresse aux causes de l’incarcération par appartenance ethnique, on remarque que 61 % des membres des communautés hispaniques et noires incarcérés et 48 % des détenus blancs purgent une peine de prison pour délit avec violences. Ainsi, 23 % des détenus blancs ont été condamnés pour atteinte à la propriété, tandis que ce pourcentage s’élève à 13 % chez les détenus hispaniques et noirs. 15 % des détenus ont été incarcérés pour des délits portant atteinte à la santé publique, avec 4 % pour possession de drogue, avec des chiffres allant de 13 % des détenus noirs à 16 % des détenus blancs.

Enfin, 67 % des admissions de prisonniers condamnés en 2018 étaient de nouvelles admissions, tandis qu’environ 30 % étaient dues à des violations de la surveillance post-carcérale. Les 3 % restants sont dus à divers facteurs, tels que la récidive.

https://www.bjs.gov

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Une situation complexe dans les prisons argentines

356.- baixaS’intéresser au système carcéral argentin, c’est aborder est un univers très complexe, mais les chiffres des dernières statistiques officielles de janvier 2019 révèlent une dure réalité : 103 000 détenus dans 308 établissements pénitentiaires.

La massification est la principale caractéristique et la principale préoccupation des établissements pénitentiaires argentins. La courbe d’augmentation est en forte hausse depuis 2007 et dépasse le taux de criminalité. Actuellement, le taux d’incarcération est trois fois plus élevé que le taux de criminalité.

L’augmentation de la population carcérale est due à de multiples facteurs : un durcissement du droit pénal, des discours officiels au ton répressif, des revendications à caractère social, une influence des médias, etc.

En outre, près de la moitié de ces 103 000 personnes incarcérées se trouvent en détention préventive, sans qu’un procès ait eu lieu pour déterminer leur culpabilité. Un autre aspect décisif serait l’emprisonnement sans distinctions décrété quotidiennement par les juges, mais aussi la non-libération de personnes qui pourraient être placées sous un régime différent du régime carcéral.

La surpopulation carcérale entraîne une saturation, des épisodes de violence entre les détenus ou entre ces derniers et les surveillants de prison, la détérioration des installations en raison d’une utilisation intensive, et un accès aux droits fondamentaux et essentiels de plus en plus difficile (alimentation, santé, éducation, etc.). Évidemment, plus il y a de détenus, plus il est difficile d’accéder aux faibles ressources du système.

Toutefois, des signes pertinents de changement se profilent à l’horizon. Il convient de mentionner d’abord l’ouverture et la transparence. Il y a vingt ans, les prisons étaient des établissements totalement opaques. Aujourd’hui, ce sont des espaces où circulent constamment des personnes du monde extérieur et des organisations de toute sorte, qui se rendent dans les établissements avec de multiples propositions : culturelles, éducatives, professionnelles, religieuses, sportives, etc. L’opinion publique est au courant du positif et du négatif.

En ce qui concerne le domaine professionnel, on constate l’émergence progressive de quelques expériences d’autogestion où les détenus s’organisent pour commercialiser leurs produits hors de l’établissement pénitentiaire.

Cependant, ces timides initiatives ne correspondent pas à une vision authentique de la réalité des prisons argentines, car il est très difficile d’accéder à ces droits dans un cadre carcéral. Et pourtant, la situation des personnes non incarcérées est également difficile.

Il convient également de mentionner le rôle des surveillants de prison. Ils sont précédés par une triste histoire d’abus et de violences. Un renouvellement générationnel chez les surveillants est actuellement cours, ainsi que l’incorporation des femmes dans cet environnement historiquement masculin.

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Le nombre de consommateurs de drogue augmentera de 150 % en Afrique subsaharienne

355.- baixaLa nouvelle enquête de l’ENACT [1] est à ce jour la plus complète jamais menée sur le trafic de drogue, les modes de consommation et les politiques en matière de drogue en Afrique.

Selon les études de l’ENACT sur la criminalité transnationale organisée, les politiques inefficaces en matière de drogue, nourries par la corruption et le crime organisé, ne font qu’aggraver une crise de la drogue en plein développement en Afrique.

La consommation de drogues illicites en Afrique, y compris l’usage non médical d’opioïdes délivrés sur ordonnance, représente une menace pour le développement et, d’après les prévisions, deviendra bientôt un problème urgent de santé publique.

L’Afrique subsaharienne connaîtra la plus forte augmentation au monde du nombre de consommateurs de drogue au cours des 30 prochaines années, et sa part dans la consommation mondiale de drogue sera multipliée par deux.

Les prisons sont surpeuplées et beaucoup parmi les jeunes générations se voient condamnés pour des délits de faible gravité. Les marchés continentaux de la drogue continuent de se développer, même si les cultures illicites sont détruites, les laboratoires de drogue démantelés et les cargaisons de drogue confisquées.

La drogue est devenue une source de revenus pour les organisations terroristes et les groupes de crime organisé, mais les forces de police africaines n’ont pas les capacités institutionnelles, technologiques et financières suffisantes pour freiner de manière significative le développement des marchés du trafic de drogue.

Les chercheurs estiment que le nombre de consommateurs de drogue en Afrique subsaharienne augmentera de près de 150 % au cours des trois prochaines décennies. On prévoit que d’ici à 2050, 14 millions d’Africains en plus consommeront des drogues illicites, pour un total de 23 millions de consommateurs en Afrique subsaharienne.

Le rôle de plaque tournante mondiale du trafic de drogues illicites de l’Afrique de l’Ouest s’est intensifié, en particulier pour la cocaïne, et une économie illégale s’y est développée autour de la production et de la distribution de méthamphétamine.

Le phénomène des drogues dures en Afrique contribue à l’augmentation de la production mondiale de cocaïne et d’héroïne, au point d’atteindre des niveaux qui, selon le Rapport mondial sur les drogues de 2018, sont les plus hauts jamais enregistrés. Parmi les autres moteurs de la croissance du commerce et de la consommation de drogue, on trouve l’urbanisation croissante, le développement des infrastructures et des voies de transport, une population jeune en rapide augmentation, ainsi qu’une situation sociale et économique difficile pour des millions de personnes.

Les chercheurs ont fait plusieurs recommandations aux responsables des politiques de l’Union africaine. Une réponse efficace à cette crise dans le contexte africain doit comporter des efforts de réduction de la production, du trafic de drogue et de la demande, mais aussi une plus grande prise en charge médicale pour le traitement et la guérison des consommateurs de drogue.

Toutes les régions doivent renforcer les mécanismes transfrontaliers mis en œuvre par la législation afin de freiner l’offre et la production de drogues illicites, en ciblant les trafiquants plutôt que les consommateurs. Le détournement d’opioïdes pharmaceutiques des circuits légaux doit également être endigué.

[1] L’ENACT est financé par l’Union européenne. Le projet vise à réunir des connaissances et des compétences pour améliorer la réponse de l’Afrique à la criminalité transnationale organisée. Il analyse la manière dont la criminalité organisée affecte la stabilité, la gouvernance, l’État de droit et le développement en Afrique, et s’efforce d’en atténuer les effets. L’ENACT est formé par l’Institut d’études de sécurité et INTERPOL, dans le cadre de l’Initiative mondiale contre le crime transnational organisé.

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59 % de la production mondiale d’armes a lieu aux États-Unis

ARMES PRODUCCIOLes ventes d’armes des 100 plus grandes entreprises du secteur (sans compter les entreprises chinoises) ont atteint 420 milliards de dollars en 2018, soit une augmentation de 4,6 % par rapport à l’année précédente. Il s’agit des nouvelles données publiées par le Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI).

Selon la base de données du SIPRI, les ventes d’armes des 100 plus grandes entreprises du secteur ont augmenté de 47 % depuis 2002. Il convient de noter que les entreprises chinoises ne sont pas incluses dans la base de données de SIPRI, car le manque d’informations ne permet pas une estimation fiable.

Pour la première fois depuis 2002, les cinq plus grandes entreprises d’armement au monde ont leur siège aux États-Unis. Le total des ventes de toutes les entreprises nord-américaines a atteint 246 milliards de dollars, soit 59 % de toutes les ventes d’armes des 100 plus grandes entreprises du secteur. Un chiffre qui représente une augmentation de 7,2 % par rapport à 2017.

Les ventes d’armes russes, quant à elles, sont restées stables. Le total des ventes d’armes des dix premières entreprises russes qui apparaissaient dans le top 100 de 2018 s’élevait à 36,2 milliards de dollars. Une légère diminution de 0,4 % par rapport à 2017.

Le SIPRI a également constaté une augmentation des ventes d’armes des entreprises françaises, mais une diminution de celles des entreprises britanniques et allemandes. Le total des ventes d’armes des 27 entreprises européennes du top 100 a légèrement augmenté en 2018, atteignant 102 milliards de dollars. Les ventes des entreprises du secteur dont le siège se trouve au Royaume-Uni ont baissé de 4,8 %, mais s’élèvent toujours à 35,1 milliards de dollars, l’un des plus gros chiffres d’Europe.

Le total des ventes d’armes des entreprises françaises du top 100 a été le deuxième le plus élevé d’Europe, avec 23,2 milliards de dollars. Les ventes totales combinées des quatre entreprises de production d’armes allemandes figurant dans ce classement ont diminué de 3,8 %.

Sur les 100 principaux producteurs d’armes de l’année 2018, 80 étaient basés aux États-Unis, en Europe et en Russie. Sur les 20 restants : 6 au Japon, 3 en Israël, en Inde et en Corée du Sud, 2 en Turquie et 1 en Australie, au Canada et à Singapour.

Les ventes combinées des six entreprises japonaises sont restées relativement stables en 2018. En effet, elles représentaient 2,4 % du total du top 100, soit 9,9 milliards de dollars.

La base de données sur les transferts d’armes du SIPRI a été créée en 1989. Elle ne contenait alors aucune donnée sur les entreprises des pays de l’Europe de l’Est, y compris l’Union soviétique. La version actuelle contient des données datant de l’année 2002, y compris celles des entreprises russes. Les entreprises chinoises ne sont pas incluses, car il n’y a pas de données disponibles à partir desquelles il serait possible de faire des estimations raisonnables ou cohérentes sur les ventes d’armes depuis 2002.

Il convient de préciser que l’expression « les ventes d’armes » fait référence à la vente de biens et de services militaires à des clients militaires nationaux et étrangers.

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