Écosse : les homicides tombent à leur plus bas niveau depuis 2013

Le rapport de performance du quatrième trimestre de la police écossaise montre que 10 homicides de moins ont été enregistrés en 2021-22 qu’en 2020-21. Les tentatives de meurtre enregistrées sont également moins nombreuses qu’en 2020-21.

Les données montrent, en revanche, une augmentation des fraudes (+18,6 %) mais une diminution des délits de violence domestique (-1,7 %). Les délits de violence domestique ont augmenté de 3,7 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années.

Fiona Taylor, directrice adjointe de la police écossaise, a déclaré que les chiffres publiés soulignaient que l’année dernière avait été une période exceptionnelle pour la police et que les effets de la pandémie sur la criminalité se faisaient encore sentir.

Comme l’indique le site Policing Insight, une augmentation mondiale des délits violents de 11,2 % est mesurée en parallèle avec une réduction significative en 2020-21 (-10 %) en raison des restrictions mises en place à ce moment-là. La moyenne des cinq dernières années (2,1 %) fournit davantage d’informations sur les délits violents. Le service de police considère qu’une réduction du nombre d’homicides est la bienvenue, mais qu’il y a d’autres formes de violence auxquelles il faut également faire face, notamment en travaillant avec d’autres partenaires pour prévenir ces délits.

La police écossaise continue à travailler sur les violences domestiques et des agents spécialisés travaillent à travers le pays pour lutter contre ce type de délit. L’examen complet qu’ils ont commandé de la réponse de la police à la protection du public leur permettra de continuer à s’adapter et à répondre à l’évolution de la demande et aux vulnérabilités dans le pays.

D’autre part, la fraude a encore augmenté ce trimestre, ce qui confirme que les policiers travaillant sur le net jouent un rôle de plus en plus important. Le travail visant à interrompre les activités des délinquants et à protéger le public s’est poursuivi, avec des fraudes d’une valeur de 6,46 millions de livres sterling évitées par la seule mise en œuvre du protocole bancaire.

Le rapport de performance du quatrième trimestre détaille également les résultats de l’enquête Your Police de la police écossaise entre janvier et mars 2022, avec plus de 14 000 réponses de citoyens reçues.

Fiona Taylor, directrice adjointe de la police écossaise, a ajouté que le lien avec les concitoyens était fondamental pour garantir la légitimité de la police et pour avoir une police de proximité efficace. Les citoyens ont estimé que les choses étaient bien faites en termes de prestation d’un service cohérent et ont accueilli favorablement une plus grande visibilité et une plus grande présence dans les zones où cela était nécessaire.

Ainsi, Mme Taylor a exprimé que le retour d’informations qu’ils reçoivent est utilisé pour informer sur l’approche du maintien de l’ordre, y compris le plan de police annuel pour 2022-2023. Elle a conclu en encourageant les citoyens à participer aux enquêtes afin d’influencer la stratégie de la police. 

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Rapport d’enquête sur les décès provoqués par la police aux États-Unis

Ce document, rédigé par les chercheurs Meagan Cahill, Melissa M. Labriola et Jirka Taylor de RAND Corporation, résume ce que l’on sait actuellement des décès provoqués par la police aux États-Unis et identifie les preuves existantes sur différentes façons d’éviter ces décès.

Il existe un nombre relativement important d’études sur ces sujets, mais elles souffrent souvent de lacunes méthodologiques, dues en grande partie à la rareté des données disponibles. Les auteurs présentent ce document consacré au développement d’un programme de recherche, ou d’une feuille de route, pour réduire les morts aux mains de la police américaine.

Le rapport, qui s’appuie sur une analyse documentaire approfondie ainsi que sur des entretiens avec des experts de la police, contient une série de recommandations concernant les domaines dans lesquels les efforts de recherche pourraient être plus efficaces afin de contribuer à l’élaboration de politiques et à la prise de décisions visant à réduire les décès provoqués par des policiers.

Les auteurs identifient six domaines d’intérêt : des questions fondamentales (telles que les inégalités raciales, la culture policière et les syndicats de police), les données et rapports, la formation, les politiques, la technologie et les conséquences pour les policiers. En outre, il convient de mentionner que les auteurs utilisent les termes « meurtres commis par la police », « violences policières » et « fusillades policières » pour décrire ces comportements policiers, qu’ils soient illégaux ou non. Ils identifient des cas spécifiques de ces comportements comme étant des fautes, des actes illégaux, des actes de négligence ou des excès lorsque ces qualificatifs sont applicables.

Les auteurs concluent le document en listant certaines priorités pour la recherche, notamment les suivantes :

  • Incorporer une optique raciale dans les études sur la réduction de la violence policière et les décès provoqués par la police.
  • Effectuer des recherches sur les aspects du maintien de l’ordre qui enseignent et renforcent la culture et les normes traditionnelles de la police, et sur la manière dont les efforts de réforme permettraient de surmonter la résistance provenant de la culture et des normes.
  • Approfondir les recherches sur le rôle des syndicats dans la prévention de la responsabilité face aux politiques des différents commissariats et sur leur influence concernant les conclusions des affaires impliquant des décès provoqués par des policiers.
  • Explorer des sources de données et des données supplémentaires qui pourraient fournir une représentation plus fiable d’un incident de violence policière, y compris les incidents non mortels : les facteurs situationnels liés aux incidents et l’utilisation des technologies avant, pendant et après un incident.
  • Améliorer la collecte de données sur les conséquences pour les agents après un décès aux mains de la police.
  • S’éloigner des données déclarées par les individus sur l’utilisation des caméras corporelles en examinant les images et en intégrant des sources de données alternatives pour les examens d’incidents.
  • Développer un consensus sur quelle formation mettre en place dans tous les commissariats.
  • Identifier les mécanismes par lesquels des politiques spécifiques réduisent la violence policière pour déterminer quelle combinaison de politiques est la plus efficace pour réduire la violence policière.
  • Réaliser des recherches sur les effets globaux de l’utilisation d’autres technologies sur la force létale.
  • Étudier l’influence des procureurs sur les conclusions des affaires impliquant des décès aux mains de la police.

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Taux d’homicides par arme à feu aux États-Unis en 2020 : le plus élevé depuis 25 ans

Les morts par arme à feu (+35 % entre 2019 et 2020) sont en grande partie responsables de l’augmentation des taux d’homicides. Le taux d’homicides par arme à feu aux États-Unis a atteint en 2020 son plus haut niveau depuis plus de 25 ans, sans que les experts ne parviennent à l’expliquer.

Selon le National Center for Injury Control and Prevention, et comme le rapportait un article publié en mai dernier par The New York Times, le nombre de décès par arme à feu aux États-Unis a atteint durant l’année 2020, première année de la pandémie, son plus haut niveau jamais enregistré. Plus de 45 000 Américains sont morts dans des incidents impliquant des armes à feu alors que la pandémie se propageait à travers le pays.

Cependant, les suicides comptent pour plus de la moitié des décès par arme à feu, sans que ce nombre n’ait augmenté de manière substantielle entre 2019 et 2020. Ainsi, 2020 a connu une augmentation générale des morts par arme à feu de 15 %.

Christopher Herrmann, professeur au département de droit et de sciences du John Jay College of Criminal Justice à New York, a déclaré que si ces données n’avaient rien de surprenant, il s’inquiétait de ce qu’elles pourraient laisser présager pour l’été suivant, période durant laquelle le nombre d’homicides par arme à feu tend à augmenter, ajoutant que la plupart des grandes villes américaines connaissent une augmentation de 30 % des fusillades et des homicides pendant les périodes estivales.

Les facteurs de stress associés à la pandémie de COVID pourraient y avoir joué un rôle prépondérant, notamment les changements et la perturbation des services et de l’éducation, l’isolement social, l’instabilité du marché immobilier et la difficulté à faire face aux dépenses quotidiennes.

Cette hausse correspond également à l’accroissement des ventes d’armes à feu au fur et à mesure de la progression de la pandémie et de la normalisation des confinements. Les Américains ont commencé à acheter des armes en 2020 et ont continué jusqu’en 2021, lorsqu’en une seule semaine le FBI a enregistré 1,2 million de vérifications d’antécédents, un record.

La légitime défense est la principale raison donnée pour justifier l’achat d’un pistolet. Mais des recherches publiées dans les années 1990 ont établi que le simple fait d’avoir une arme à feu à la maison triple le risque d’homicide par arme à feu et quintuple celui de suicide.

Pourtant les homicides par arme à feu n’ont pas qu’une seule cause. Les enquêteurs fédéraux ont également cité comme raisons les perturbations des soins de santé courants, les protestations contre l’utilisation de la force létale par la police, l’augmentation des violences domestiques, l’accès inégal aux soins de santé et le racisme systémique de longue date, qui a contribué à de mauvaises conditions de vie, à un accès à l’éducation limité et à des taux de pauvreté élevés.

Les responsables des forces de l’ordre et les criminologues ont pointé du doigt non seulement la pandémie, mais aussi l’élection présidentielle clivante de 2020, les achats d’armes à feu ayant tendance à augmenter en période de profonde polarisation politique.

Les Afro-américains ont été touchés de manière disproportionnée par la violence armée en 2020. Le taux d’homicides par arme à feu a augmenté de 39,5 % chez les Afro-américains entre 2019 et 2020, pour atteindre les 11 904 victimes. Les victimes étaient pour la plupart de jeunes hommes.

Les hommes noirs âgés de 15 à 34 ans avaient 20 fois plus de chances de mourir tués par balle que les hommes blancs du même âge. Le nombre de femmes noires tuées par arme à feu a également augmenté de près de 50 % en 2020 par rapport à 2019.

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Europol : Analyse des marchés des stupéfiants dans l’Union européenne en 2022

Le rôle de l’Europe dans la production et le commerce international de drogues est en plein changement, selon un nouveau rapport publié par Europol et l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT).

Dans une étude approfondie des marchés de la cocaïne et de la méthamphétamine, plusieurs organismes d’application de la loi soulignent l’intensification des activités de production en Europe et la façon dont la collaboration entre les groupes criminels du monde entier crée de nouvelles menaces pour la sécurité et élargit le marché des stupéfiants.

De nouvelles recherches mettent en évidence comment se dissimulent les différentes étapes de la chaîne d’approvisionnement, de la production à la consommation en passant par la distribution et le trafic. Ils décrivent un marché de la cocaïne d’envergure et en pleine expansion ainsi qu’un marché de la méthamphétamine encore discret bien qu’en croissance constante au sein de l’UE. Ils mettent également en garde contre la menace croissante des avancées en matière de processus de production et de précurseurs chimiques, ainsi que contre une gamme toujours plus vaste de produits qui peuvent être dangereux pour les consommateurs.

L’Europe est un important producteur de drogues synthétiques destinées aux marchés intérieurs et extérieurs. L’Europe se transforme peu à peu en un important point de transbordement pour les drogues en provenance et à partir du monde entier. Pour la cocaïne comme pour la méthamphétamine, il existe des preuves que les groupes criminels latino-américains et européens s’associent pour produire, importer et distribuer.

Le rapport montre que le marché européen de la cocaïne est en expansion, sous l’effet d’un trafic sans précédent qui entraîne une disponibilité historiquement élevée du produit. La production élevée de cocaïne en Amérique du Sud a entraîné la saisie de quantités record en Europe.

La cocaïne est la deuxième drogue la plus consommée dans l’UE derrière le cannabis, avec un marché de détail estimé en 2020 à 10,5 milliards d’euros.

La violence et la corruption, longtemps constatées dans les pays producteurs classiques, sont de plus en plus fréquentes dans l’UE. Les rapports montrent que dans certains États membres de l’UE (Belgique, Espagne, France et Pays-Bas), la concurrence entre les fournisseurs de stupéfiants s’est intensifiée, entraînant une augmentation du nombre d’affrontements violents. L’expansion du marché de la cocaïne dans l’UE a engendré une augmentation du nombre d’homicides, d’enlèvements et d’intimidations, en plus de la violence qui se répand aujourd’hui chez des personnes étrangères au monde de la drogue.

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Le taux de criminalité en Allemagne continue de baisser

Le récent rapport du Bundeskriminalamt pour l’année 2021[1] confirme la tendance à la baisse de la criminalité en Allemagne, qui diminue de 4,9 % par rapport à l’année précédente (5 047 860 délits, soit une diminution de 262 761 par rapport à 2020). Cette tendance se poursuit depuis maintenant cinq ans et s’éloigne ainsi des données totales de six millions enregistrées entre 1993 et 2009 ou entre 2014 et 2016.

Parmi les baisses les plus significatives, en corrélation avec l’évolution de la pandémie et les mesures pour la contrer, on observe les délits contre la législation sur les maladies infectieuses, avec une réduction de 82,7 %, les vols et cambriolages, qui sont conjointement réduits de 11,8 % (199 044 cas en chiffres totaux) et les blessures volontaires légères (-10 %, soit une diminution de 37 306 cas). Les délits contre la législation relative aux armes et les délits impliquant des violences graves (homicides de divers types et blessures graves) diminuent respectivement de 12,5 % et de 6,8 %.

En revanche, les délits de diffusion de matériel pornographique (d’enfants et de jeunes) ont augmenté de 87,8 % et les délits liés à des menaces de 21,9 %. Par contre, il est assez surprenant de remarquer que la cybercriminalité est en moindre progression (+12 %), et ce, malgré un contexte d’activité en ligne accrue. Les autres augmentations ne sont pas significatives en matière de quantités.

Parallèlement à l’affaiblissement des délits, le nombre d’arrestations a également diminué (de 3,9 %), qu’il s’agisse du nombre d’Allemands arrêtés (4,1 %) ou d’autres nationalités (-3,6 %). Le taux d’élucidation des actes criminels reste stable, avec une légère tendance à la baisse (-0,3 %).

En bref, il s’agit d’une évolution de la criminalité qui ne coïncide pas avec les tendances observées dans d’autres pays voisins, puisque, bien que la cybercriminalité soit en hausse modérée (et ce, en dépit de la croissance importante du monde numérique), les délits contre la propriété ont considérablement chuté, et les délits plus violents sont en déclin plus modéré, quoique significatif.


[1] Voir https://www.bka.de/DE/AktuelleInformationen/StatistikenLagebilder/PolizeilicheKriminalstatistik/PKS2021/pks2021_node.html;jsessionid=C1BF5345D19E9FB1E8769E30406A6CB4.live292

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L’impact de la violence par arme à feu aux États-Unis

Chaque année, plus de 40 000 Américains sont tués par balle et environ 85 000 sont blessés par des tirs. Cela équivaut à un bilan quotidien de plus de 110 personnes tuées et 200 personnes blessées par balle aux États-Unis. Mais le traumatisme de la violence par arme à feu ne s’arrête pas lorsque les tirs prennent fin.

Dans tous les États-Unis, des personnes de tous horizons sont touchées par cette véritable épidémie. Dans une enquête menée à l’échelle nationale, 58 % des adultes ont déclaré que l’un de leurs proches ou eux-mêmes avaient vécu au moins une expérience de violence par arme à feu au cours de leur vie. En outre, des millions de personnes ont été blessées par des tirs, menacées avec une arme à feu ou ont été témoins d’un acte de violence impliquant une arme à feu au cours de leur vie.

C’est pourquoi Everytown for Gun Safety organise la semaine nationale des survivants de la violence par arme à feu (National Gun Violence Survivors Week) chaque année en février.

L’expérience de la violence par arme à feu a des conséquences émotionnelles, physiques, juridiques et économiques durables sur les survivants et leurs communautés. La diversité des expériences vécues par les survivants est directement liée à l’ampleur de la crise de la violence par arme à feu aux États-Unis. Cette violence peut prendre de nombreuses formes, notamment les suicides et les tentatives de suicide, les homicides et les agressions, la violence domestique, les fusillades dans les écoles, les échanges de tirs avec la police, les tirs accidentels, etc.

Être survivant de la violence par arme à feu englobe de nombreuses expériences différentes : avoir été témoin d’un acte de violence par arme à feu, avoir été menacé avec une arme à feu, avoir été blessé par une arme à feu, ou avoir une connaissance ou un être cher ayant été blessé ou tué par une arme à feu.

Cependant, la culture américaine du silence au sujet de la violence par arme à feu signifie bien trop souvent que l’opinion publique n’évoque pas et ne comprend pas l’impact qu’a cette violence sur les survivants tout au long de leur vie. L’une des conséquences de ce silence : de nombreux survivants ne reçoivent pas le soutien et l’aide dont ils ont besoin pour apprendre à vivre avec leur traumatisme et le surmonter. Pour aider à briser ce silence, une enquête a été menée auprès de 650 survivants à la fin de l’année 2021. Les données montrent l’ampleur de l’épidémie de violence par arme à feu aux États-Unis et son impact durable sur les individus et les communautés. Les principales conclusions sont les suivantes :

  • Sur dix survivants de la violence par arme à feu, neuf déclarent avoir subi un traumatisme à la suite de l’incident.
  • Plus de la moitié des personnes ayant subi des violences par arme à feu au cours de l’année écoulée ont évalué l’amplitude de leur traumatisme à 5 sur 5.
  • Les infirmières, les médecins ou le personnel hospitalier étaient les plus susceptibles de dire qu’ils en avaient ressenti l’impact dans le cadre de leur travail, suivis par le personnel travaillant dans les écoles.
  • Deux tiers des survivants blessés ont exprimé le besoin de bénéficier de soins de santé mentale, de thérapie et de soutien.
  • Près d’un survivant sur trois a déclaré avoir eu besoin d’une assistance juridique en tant que victime ou à la suite du décès d’un membre de sa famille.
  • Un survivant sur trois a déclaré avoir besoin d’un soutien financier pour aider à couvrir les frais funéraires ou médicaux ou pour compenser la perte de revenu due à un décès ou à des blessures.

Everytown Research & Policy divise son rapport en cinq sections qui explorent la souffrance et le deuil liés à la mort par arme à feu, en se concentrant principalement sur les expériences des survivants.

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Serait-il possible de supprimer le service de police chargé de la sécurité routière aux États-Unis ?

Au cours du mois d’avril de cette année a été publié le rapport Dismantling Law Enforcement’s Role in Traffic Safety: A Roadmap for Massachusetts (Démantèlement de la police de la route : une feuille de route pour le Massachusetts). Cette étude fournit une vue d’ensemble et un plan d’action pour progresser vers une sécurité routière sans agent de police.

Les contrôles de circulation représentent la plus grosse part des contacts entre les citoyens et la police. Une enquête récente du New York Times a révélé qu’au cours des cinq dernières années, plus de 400 décès ont été causés par des policiers lors de contrôles routiers de personnes qui n’étaient ni armées ni poursuivies pour un crime violent.

Malgré le préjudice évident, il est de plus en plus manifeste, selon l’étude, que les contrôles routiers ne réduisent pas de manière significative les accidents graves ou mortels. Le rapport cite des recherches menées par le Stanford Open Policing Project et la National Highway Traffic Safety Administration, qui soulignent qu’à l’issue du suivi des 33 patrouilles d’État étudiées, ils n’ont pu mettre en évidence aucun lien entre les contrôles routiers et la mortalité sur les routes.

Au cours de l’année 2021, plus de 38 000 personnes sont décédées dans des accidents survenus sur les routes américaines. Le rapport exprime le besoin croissant de repenser les stratégies utilisées pour rendre les routes américaines plus sûres.

Le rapport présente un plan d’action permettant d’évaluer les infractions routières en fonction de leur impact sur la sécurité et conclut que de nombreuses infractions pourraient être gérées sans l’intervention de la police, voire purement et simplement supprimées des textes de lois car n’ayant aucune incidence sur la sécurité routière. Des approches différentes en matière d’aménagement urbain, de technologies employées et de politique publique pourraient permettre de mettre en place d’autres options en matière de sécurité routière sans avoir besoin d’intervenir physiquement.

L’étude avance plusieurs recommandations à l’intention des municipalités et des agences d’État afin de réduire l’implication de la police dans la sécurité routière, et propose des solutions alternatives qui seraient plus efficaces pour réduire les accidents graves et mortels. En voici une liste non exhaustive :

  • proposer une interdiction des contrôles « aléatoires » ;
  • exiger la collecte, l’analyse et la justification des données relatives aux contrôles et barrages ;
  • augmenter les financements destinés à l’amélioration des infrastructures.

Le document appelle également les législateurs à promouvoir une législation :

  • permettant aux municipalités d’opter pour le contrôle automatisé à l’aide de caméras de circulation ;
  • mettant fin aux mesures punitives fondées sur l’endettement pour non-paiement des amendes de circulation ;
  • permettant aux résidents d’obtenir un permis de conduire quel que soit leur statut d’immigration.

Le retrait des compétences en matière de sécurité routière proposé s’appliquerait à toute les formes d’application de loi, y compris à la police et aux tribunaux. Un changement majeur qui entraînerait des transformations importantes dans de nombreux domaines de la société et du gouvernement.

Dans cette optique, le plan d’action et les recommandations inscrites dans ce rapport adoptent une approche qui vise à réduire les dommages et à atténuer les conséquences négatives découlant de l’implication des forces de l’ordre dans la sécurité routière à court terme, pendant que des systèmes alternatifs sont mis en place.

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La criminalité numérique en forte hausse en Suisse

De l’ensemble des données recueillies sur la criminalité en Suisse pour l’année 2021, c’est l’augmentation des infractions dites « infractions numériques », qui ressort tout particulièrement. En 2021 ce sont près de 30 351 infractions qui ont été enregistrées, soit une augmentation de 24 % par rapport à l’année précédente et une moyenne de 83 infractions par jour. La grande majorité, 88 %, peut être classée comme cybercriminalité économique. Plus précisément, la plus forte augmentation apparaît dans le domaine des cyberfraudes ou cyberescroqueries. La non-distribution de produits achetés sur de petites plateformes (6 884) est l’infraction la plus fréquente, suivie par les usurpations d’identité lors de paiements en ligne (utilisation de l’identité d’un tiers) (6 670).

En ce qui concerne les crimes violents, les tendances dépendent du type de crime. Le nombre d’homicides commis sur l’année 2021 est le plus faible jamais enregistré depuis le début des statistiques en 1982, 42 homicides, la plupart (23 ; soit 54,8 %) ayant été commis dans la sphère domestique. Au total quinze femmes et un homme ont été tués par leur partenaire ou ex-partenaire. Parmi les victimes, trois enfants morts des mains d’un de leurs parents. Le nombre d’actes de violence est resté stable par rapport à l’année précédente, avec 1 665 cas quand les violences sexuelles ont, en revanche, sensiblement augmenté. Plus précisément, 757 viols ont été recensés (soit 44 de plus qu’en 2020), le chiffre le plus élevé des dix dernières années.

Les crimes et délits contre les biens (non numériques) ont également adoptés des tendances divergentes : 31 186 cambriolages résidentiels ont été recensés, soit 5 % de moins que l’année précédente confirmant une tendance à la baisse depuis 2012. Dans le même ordre d’idées, les vols à la tire (-1 912) et les vols à l’étalage (-1 723) ont également connu une baisse. Les vols dans un véhicule et de véhicules ont augmenté pour atteindre les 995 cas, tout comme les vols de vélos électriques (8 919 cas, soit 47 % de plus que l’année précédente), tandis que les vols de vélos classiques, toujours l’un des biens les plus fréquemment volés (27 246), ont enregistré une baisse de 11 % l’année dernière.

82 284 personnes ont été arrêtées pour avoir commis des actes criminels. Parmi les coupables on retrouve 13,3 % de mineurs et 15,9 % de jeunes adultes (18-24 ans). Le nombre d’adultes et de jeunes adultes arrêtés a diminué, tandis que le nombre de mineurs interpelés a augmenté (3,5 %). Les jeunes ont surtout été arrêtés pour des infractions mineures, comme des dégradations ou des vols à l’étalage, mais le nombre de jeunes arrêtés pour des infractions violentes a poursuivi sa croissance des dernières années.

Source d’information :https://www.bfs.admin.ch/bfs/de/home.assetdetail.21324071.html

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Pandémie de COVID-19 : terreau fertile pour le commerce de contrefaçons

La dernière évaluation sur la menace posée par la criminalité en matière de propriété intellectuelle conduite conjointement par Europol et l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO) révèle que la distribution de contrefaçons a considérablement augmenté pendant la pandémie de COVID-19. La crise sanitaire a offert de nouvelles opportunités au commerce de contrefaçons et les réseaux criminels ont adapté leurs modèles commerciaux pour répondre à leur nouvelle demande mondiale.

  • Les réseaux criminels se sont rapidement adaptés aux nouvelles opportunités et à la demande de produits générée par la pandémie.
  • Les contrefaçons de produits cosmétiques, alimentaires, pharmaceutiques, de pesticides et de jouets représentent une menace sérieuse pour la santé des consommateurs.
  • Le secteur de la contrefaçon s’appuie désormais largement sur le numérique pour s’approvisionner en composants et distribuer ses produits (matériels et immatériels) aux consommateurs via plateformes en ligne, réseaux sociaux et services de messagerie instantanée.
  • La majorité des contrefaçons distribuées au sein de l’Union européenne sont produites en dehors de l’UE.

Le rapport de l’évaluation, basée sur des données récoltées dans toute l’UE et des informations opérationnelles d’Europol, confirme que la contrefaçon et le piratage continuent de représenter une menace sérieuse pour la santé, la sécurité, mais aussi l’économie européenne. Les importations de contrefaçons se sont élevées à 119 milliards d’euros en 2019, soit 5,8 % de l’ensemble des marchandises entrant dans l’Union, selon les dernières données de l’OCDE.

Ce rapport souligne que si la majorité des contrefaçons sur le marché de l’Union sont produites en dehors de son territoire, principalement en Chine et dans d’autres pays d’Asie, leur fabrication au sein même de l’UE est une tendance croissante.

L’importation croissante de matériaux d’emballage et de produits semi-finis contrefaits dans l’UE indique clairement la présence de sites de fabrication illégaux sur son territoire. Les réseaux criminels basés en Europe et impliqués dans des atteintes à la propriété intellectuelle distribuent des contrefaçons importées et, dans certains cas, œuvrent dans des sites de production modernes qui assemblent des produits semi-finis.

Le rapport fournit des données permettant de comprendre l’ampleur du phénomène et appelle à une réponse concertée alors que nous entrons dans la phase post-COVID.

Parmi les principaux articles de contrefaçon figurent les téléphones mobiles, leurs accessoires et leurs composants. Ils sont vendus en grandes quantités lors d’événements tels que le Black Friday ou le Cyber Monday. Depuis peu, les contrefacteurs exploitent également la pénurie mondiale de semi-conducteurs.

Dans le cas des parfums et des cosmétiques, la production illicite concerne les articles de la vie quotidienne comme les shampoings, dentifrices ou détergents. Le commerce de pesticides illicites reste une activité à faibles risques et à bénéfices élevés en raison de la forte demande et des faibles sanctions appliquées aux contrevenants.

La pandémie de COVID-19 a également entraîné une augmentation de l’offre de contenus numériques illicites, qui sont souvent liés à d’autres activités cybercriminelles. Le piratage est désormais essentiellement réalisé en ligne et les sites Web qui proposent illégalement des contenus audiovisuels sont hébergés sur des serveurs en Europe, en Asie et au Moyen-Orient.

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La police néo-zélandaise publie les résultats d’un examen par des experts de la technologie de reconnaissance faciale

Un examen indépendant effectué par des experts a fourni à la police néo-zélandaise des recommandations détaillées sur les opportunités et les risques associés à l’utilisation de la technologie de reconnaissance faciale (TRF).

En réponse à cet examen, dirigé par les docteurs Nessa Lynch et Andrew Chen, la police a décidé de ne pas utiliser la technologie de reconnaissance faciale en direct sans une analyse plus approfondie qui tienne compte des préoccupations d’ordre légal, liées au respect de la vie privée et des droits de l’homme, et des spécificités du contexte néo-zélandais.

La police met actuellement en place un plan d’intervention fondé sur les 10 recommandations de l’examen, afin d’assurer la sécurité des agents de police et des communautés.

Toute technologie qui utilise une image du visage d’une personne pour l’identifier est considérée comme une technologie de reconnaissance faciale. Le champ d’application de ces technologies est de plus en plus vaste. Il va de la comparaison entre deux images (comme avec le système de contrôle des frontières SmartGate) à la TRF automatisée en direct, sous forme de logiciels de caméra sophistiqués capables d’identifier plusieurs personnes dans de grandes foules.

Comme l’a confirmé l’examen, la police n’utilise actuellement pas la technologie de reconnaissance faciale en direct.

Le plan d’intervention de la police adoptera les 10 recommandations de l’examen :

1. Continuer à suspendre tout développement de TRF en direct.

2. Passer en revue la collecte d’images de visages et leur conservation actuelle.

3. Continuer à renforcer le processus de mise en œuvre éthique de la technologie.

4. Assurer une gouvernance et une surveillance permanentes du déploiement de cette technologie.

5. Maintenir la collaboration avec les Maoris.

6. Maintenir la transparence.

7. Élaborer une déclaration de politique sur la surveillance à l’aide de la TRF dans les lieux publics.

8. Mettre en place des directives pour l’accès aux systèmes tiers.

9. Mettre en place une culture d’utilisation éthique des données dans l’organisation.

10. Mettre en place un système de veille technologique continue.

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