La lutte contre le trafic d’êtres humains à l’ère du numérique

Les technologies modernes de la communication (Internet, les réseaux sociaux et les applications mobiles) ont eu un impact significatif sur la manière dont les groupes de crime organisé participent au trafic d’êtres humains à l’échelle internationale. C’est ce qu’explique le récent rapport d’Europol d’octobre 2020 sur les défis de la lutte contre le trafic d’êtres humains à l’ère du numérique.

Les technologies élargissent les possibilités de trafic des délinquants dans divers types d’exploitation : exploitation sexuelle ou par le travail, prélèvement d’organes, adoption illégale d’enfants, ou encore mariage forcé.

Pour les trafiquants, l’utilisation des technologies comporte de nombreux avantages. Elles permettent un plus grand anonymat, une communication en temps réel, mais chiffrée, le contact avec un plus grand nombre de personnes (victimes et clients), une forte mobilité géographique et le contrôle des victimes à distance. Les trafiquants utilisent aujourd’hui les technologies à chaque étape de l’exploitation sexuelle. Ils s’en servent pour embrigader leurs victimes, pour en faire la promotion, et même pour leur faire du chantage à base de photos et de vidéos et en contrôlant leurs mouvements à chaque instant. La gestion financière des activités criminelles est également souvent effectuée en ligne.

Le rapport d’Europol souligne que l’utilisation des technologies modernes implique que les trafiquants n’ont plus besoin d’être à proximité de leurs victimes pour les contrôler. Avant l’ère du numérique, les trafiquants contrôlaient leurs victimes par la violence et en restreignant leurs mouvements par la force. Aujourd’hui, ils les contrôlent par diverses formes de chantage (par exemple en menaçant de partager des photos et des vidéos d’actes sexuels en ligne), ainsi que par des moyens virtuels de restriction de mouvements et de surveillance en temps réel (par exemple, par GPS, par les caméras vidéo intégrées aux smartphones et par des applications de partage de localisation).

L’utilisation des technologies modernes a également influencé la structure traditionnelle des réseaux de trafic et la répartition des tâches dans ces réseaux. Les criminels assument des rôles centraux à l’aide d’Internet, en particulier dans les réseaux de trafic impliqués dans l’exploitation sexuelle.

Le contexte économique actuel, fortement impacté par la crise de COVID-19, pourrait avoir de dangereuses conséquences dans le domaine du trafic d’êtres humains. De plus en plus d’individus risquent de se trouver en situation de détresse économique, susceptibles d’accepter n’importe quelle opportunité de travail, ce qui ne ferait que multiplier les options des délinquants. Dans le même temps, la demande de main-d’œuvre bon marché est en hausse, ce qui peut constituer un facteur d’attraction et entraîner une augmentation potentielle du trafic d’êtres humains au sein de l’Union européenne.

Selon le document d’Europol, dans les années à venir, il sera crucial de définir d’un commun accord des cadres juridiques et techniques à mettre en œuvre pour lutter efficacement contre le trafic d’êtres humains à l’ère du numérique.

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L’insécurité est considérée comme le principal problème au Salvador

Au Salvador, jusqu’en 2009, la population considérait que le principal problème du pays était sa situation économique. Depuis 2009, la criminalité et l’insécurité qui en découle sont considérées comme les principaux problèmes. Ces données sont issues du Portail de transparence de la police nationale civile du Salvador, de l’Institut d’opinion publique de l’Université d’Amérique centrale José Simeón Cañas (IUDOP/UCA) et de l’organisme de sondage Latinobarómetro.

Malgré les réductions ponctuelles du nombre de morts violentes depuis 2010, il reste nettement plus élevé que les chiffres enregistrés en Amérique latine. En 2018, la plupart des victimes de mort violente étaient des hommes (88,4 %), et 44,3 % des victimes étaient âgées de 18 à 29 ans.

De manière générale, entre 2017 et 2018, on observe une baisse de 6 % de l’ensemble des crimes et délits, mais pas des morts violentes. Les délits ayant le plus augmenté sont les vols de véhicule avec violences (+19,4 %) et les vols de véhicule sans violence (+9,0 %), suivis des enlèvements (+6,7 %). Le nombre d’homicides commis au volant d’une voiture et de morts dans des accidents de la route a également augmenté (+5,5 %). Par ailleurs, on observe une diminution des vols de véhicule de transport de marchandises avec violences et sans violence (-16,7 %), des vols avec violences (-13,6 %) et des vols sans violence (-12 %).

En ce qui concerne les victimes, selon les chiffres recueillis pour la période 2001-2018, 2 Salvadoriens sur 10 ont été victimes de crime ou délit. Cependant, on observe un taux sensiblement plus faible en 2018, 16,5 %, soit le taux plus bas depuis 2005.

Il convient également de noter qu’en 2017, 78,1 % des victimes n’ont pas porté plainte auprès des autorités compétentes. Ce pourcentage s’élevait à 80,5 % en 2018. Cela signifie que seules 2 infractions sur 10 ont été enregistrées par la police nationale civile ou les tribunaux. En outre, en 2018, 35,4 % des personnes interrogées seulement ont affirmé avoir confiance en la police nationale civile.

Par ailleurs, le pourcentage de personnes ayant déclaré avoir peur de marcher seules à proximité de leur domicile a légèrement diminué entre 2017 et 2018. Ce pourcentage a surtout baissé chez les femmes, avec une diminution de 3,1 % en 2018 par rapport à 2017. Cependant, on constate une augmentation de 184,5 % du nombre de féminicides en 2018 par rapport à 2013, année pendant laquelle ce crime a commencé à être érigé en infraction, avec la loi complète spéciale pour une vie sans violence pour les femmes (LEIV).

Il convient de noter qu’en 2015, le féminicide a été identifié comme la cause de 59,4 % des morts violentes de femmes. Ce pourcentage a atteint 75,9 % en 2017 et 81,9 % en 2018. Cela pourrait être lié à la création d’un type d’infraction correspondant à ces actes de violence et aux possibilités accrues de les dénoncer comme féminicides.

En ce qui concerne les prisons, entre 2010 et 2016, la surpopulation carcérale est passée de 202 % à 378 %. Le Salvador a l’un des taux d’emprisonnement les plus élevés du continent latino-américain, avec 609 personnes incarcérées pour 100 000 habitants en 2018. La même année, le chiffre moyen en Amérique latine était 376 personnes incarcérées pour 100 000 habitants et, dans le monde, 145 personnes incarcérées pour 100 000 habitants.

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Le radicalisme d’extrême droite se propage aux services de sécurité allemands

Un rapport du service fédéral de renseignement allemand recense plus de 1400 cas dans lesquels des soldats, des policiers ou des agents de renseignement étaient suspectés de pouvoir commettre des actes extrémistes.

Le rapport est une première tentative de documentation de l’étendue de l’infiltration de l’extrême droite au sein des services de sécurité. Il est publié au moment où les cas d’extrémisme détectés parmi les forces de police et les forces armées se multiplient.

Des dizaines de policiers ont été suspendus pour avoir rejoint des groupes de discussion d’extrême droite et partagé de la propagande néo-nazie. En juin de cette année, le ministre de la Défense a dissous tout un groupe de forces spéciales en Allemagne après qu’un sergent-major a été trouvé en possession d’explosifs, d’une mitrailleuse et de souvenirs SS.

Le ministre de l’Intérieur allemand, Horst Seehofer, a insisté sur le fait qu’il n’existait aucun problème structurel, puisque la grande majorité des membres des services de sécurité est fidèle à la constitution allemande. Il estime que le nombre de cas est faible et que les membres des agences de sécurité allemandes sont dans leur grande majorité (plus de 99 %) « fortement attachés à la Constitution ».

Ce rapport de 98 pages, qui couvre une période débutant en janvier 2017, explique que le nombre réel d’extrémistes est certainement plus élevé que celui rapporté, et avertit que des agents hautement qualifiés et radicalisés, même en nombre relativement restreint, représentent une menace considérable pour l’État et pour la société. Identifier les extrémistes reste une priorité pour les services de sécurité, selon le rapport.

Pendant des années, les politiciens allemands et les directeurs des services de sécurité ont rejeté toute allégation d’infiltration de l’extrême droite dans les services de sécurité, ne reconnaissant que des cas individuels. Mais le nombre de cas a continué d’augmenter depuis que les données du rapport ont été collectées.

Le mois dernier, le directeur de l’agence de contre-espionnage militaire, Christof Gramm, a été démis de ses fonctions car l’organisme de surveillance avait failli plusieurs fois à sa mission de détection et de contrôle de l’extrémisme au sein des forces armées.

Thomas Haldenwang, le directeur du renseignement national à l’agence fondée après la Seconde Guerre mondiale, connue sous le nom d’Office fédéral pour la protection de la Constitution, a averti que l’extrémisme et le terrorisme d’extrême droite représentaient actuellement le plus grand risque pour la démocratie allemande.

Au cours des 15 derniers mois, l’Allemagne a connu trois attaques terroristes mortelles perpétrées par des radicaux d’extrême droite : un homme politique local a été abattu sur son porche, une synagogue a été attaquée et neuf personnes d’origine étrangère ont été abattues.

Au mois de septembre, l’État de Rhénanie-du-Nord-Westphalie a suspendu 29 policiers soupçonnés de partager des images de Hitler et de la propagande néo-nazie violente sur des groupes de discussion en ligne. La semaine dernière, on a découvert qu’un autre groupe, cette fois-ci constitué d’agents des services de renseignement chargés de surveiller le radicalisme d’extrême droite, partageait des vidéos xénophobes et anti-islamiques.

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Amélioration des données concernant la sécurité publique en République dominicaine

L’étude des données sur la sécurité publique a été réalisée avec les chiffres officiels de l’Observatoire de la sécurité publique de la République dominicaine et des onze institutions qui le composent.

Le taux d’homicides volontaires pour 100 000 habitants maintient une forte tendance à la baisse, avec un taux de 9,9 à la fin de la période 2019, le plus bas des dix dernières années, si l’on prend en compte le fait qu’il était de 21,9 en 2011. Ainsi, les homicides volontaires ont été réduits de 60 % entre 2011 et 2019.

En ce qui concerne les homicides ayant pour victime une femme, leur nombre a diminué, passant de 233 en 2011 à 145 en 2019, mais leur pourcentage a augmenté, passant de 9,3 % en 2011 à 14,1 % en 2019.

Il est important de souligner le caractère saisonnier des homicides, puisque la quasi-totalité se produit pendant les mois d’été ou en décembre, et, de plus, les deux tiers des homicides volontaires ont lieu dans le cadre de la cohabitation : disputes, bagarres, violence familiale, etc.

Quant à la répartition par âge et sexe, la plus grande part des victimes, 42 %, étaient des jeunes âgés de 20 à 34 ans, et 86 % étaient des hommes.

L’étude rend également compte de l’utilisation d’armes à feu, qui sont responsables d’une grande partie des homicides volontaires. L’utilisation de ces armes a diminué au cours des dernières années, passant de 67 % en 2015 à 49 % en 2018. Il en va de même pour les blessures par balle, qui sont passées de 2542 en 2017 à 2145 en 2018.

Les chiffres s’améliorent également en ce qui concerne les morts causées par des accidents de la route, qui sont historiquement la principale cause de mort violente dans le pays. Ainsi, il y a eu 1588 morts en 2018 et 1418 en 2019. Plusieurs études concluent que les week-ends sont les moments les plus sujets aux accidents mortels, de même que le créneau horaire compris entre 18 h 00 et 23 h 59, ces périodes regroupant 28 % des cas. Enfin, il convient de noter que les motos sont impliquées dans 68 % des accidents mortels.

Par ailleurs, 6145 véhicules à moteur ont été déclarés volés en 2018. C’est l’un des rares indicateurs à augmenter d’année en année, puisque 5455 véhicules volés avaient été signalés en 2016, et 5970 en 2017.

L’étude fait également état des suicides, car il s’agit de l’un des rares indicateurs à augmenter quantitativement. La République dominicaine est passée de 557 suicides en 2014 à 571 en 2016 et 648 en 2018, avec un taux de 7,0 cas pour 100 000 habitants. Dans 84 % des cas, il s’agissait d’hommes.

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Situation et tendances en matière de terrorisme dans l’Union européenne 2020

Europol a publié le rapport TE-SAT 2020, qui présente une vision globale des incidents et des évolutions en matière de terrorisme dans l’Union européenne en 2019.

Les attaques terroristes dans l’Union ont fait dix morts et 27 blessés. Il s’agissait d’attentats djihadistes, sauf en ce qui concerne l’un des blessés, victime d’une attaque terroriste d’extrême droite. En plus de ces attaques terroristes, l’Allemagne a signalé deux attaques extrémistes violentes considérables qui ont fait trois morts et plusieurs blessés. En dehors du territoire de l’Union européenne, 17 civils d’États membres ont été tués dans un attentat terroriste au Sri Lanka, le 21 avril 2019.

En 2019, 1 004 personnes soupçonnées de délits liés au terrorisme ont été arrêtées dans 19 États membres de l’Union européenne, dans des pays comme la Belgique, la France, l’Italie, l’Espagne et le Royaume-Uni, qui ont enregistré les chiffres les plus élevés. Le nombre total de détenus a légèrement diminué pour la deuxième année consécutive, mais les chiffres montrent que le terrorisme reste géographiquement répandu dans toute l’Union.

Les États membres de l’Union européenne ont indiqué que les personnes emprisonnées pour des délits de nature terroriste, mais aussi les détenus qui se radicalisent en prison, représentent une menace, à la fois pendant leur incarcération et après leur libération. C’est ce qu’illustrent l’attaque inachevée du 5 mars dans une prison française et l’attaque déjouée du 23 juillet contre des gardiens de prison, en France également, ainsi que l’attaque du 29 novembre à Londres par un prisonnier récemment libéré, toutes survenues en 2019. La France a déclaré que plus de 500 terroristes condamnés sont incarcérés dans les prisons françaises, ainsi que 900 individus radicalisés. Entre mi-2018 et fin 2019, quatre attentats en tout ont été déjoués dans les prisons françaises.

Le nombre total d’incidents liés au djihadisme dans l’Union européenne a légèrement diminué (21 en 2019 et 24 en 2018), mais ces incidents touchent une zone qui reste géographiquement étendue. Huit États membres ont subi des attaques terroristes djihadistes achevées, ratées ​​ou déjouées, soit le même nombre qu’en 2018.

Comme les années précédentes, les attaques identifiées comme ethnonationalistes représentaient la plus grande part des attaques terroristes (57 sur 119). Leur nombre a diminué par rapport à 2018 (83).

En 2019, près de la moitié des attentats inspirés par le djihadisme impliquaient l’utilisation d’explosifs. L’objectif principal des terroristes était d’attenter à la vie de civils dans des lieux à forte fréquentation. Tous les attentats djihadistes ont échoué ou ont été déjoués par les autorités.

Dans l’Union européenne, peu d’éléments laissent à penser qu’il existe un lien systématique entre la délinquance et le terrorisme. Les criminels et les terroristes vivent dans certaines zones marginalisées, au sein de la même famille ou dans la même prison, ce qui rend possible le contact ou la coopération fondée sur des transactions. Il convient cependant de noter que les criminels se méfient des individus suspectés d’actes terroristes, car ils attirent l’attention sur leurs activités. Les criminels expérimentés font, en revanche, d’intéressantes recrues pour les groupes terroristes.

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La pandémie de COVID-19 a accru la cybercriminalité

Au mois d’octobre, Europol a publié le rapport de 2020 sur la cybercriminalité, qui présente les dernières tendances et l’impact actuel de la cybercriminalité dans l’Union européenne et le reste du monde.

La pandémie de COVID-19, qui a affecté les quatre coins du monde, nous a forcés à repenser nos sociétés, à réinventer notre mode de vie et notre façon de travailler. Pendant cette immobilisation, nous nous sommes tournés vers Internet pour conserver une impression de normalité, en faisant nos achats, en travaillant ou en apprenant en ligne, à une échelle inédite. Les cybercriminels en ont profité dans plusieurs domaines de délinquance.

Le phishing reste une véritable menace. Les criminels utilisent des méthodes innovantes pour lancer des attaques de plus grand volume et plus élaborées. Ils ont rapidement commencé à exploiter la pandémie pour s’en prendre aux plus vulnérables. Le phishing, les escroqueries en ligne et la diffusion de fausses nouvelles sont devenues des stratégies idéales pour les cybercriminels, qui cherchent également à vendre certains articles en ligne en prétendant qu’ils permettent de prévenir ou de soigner la COVID-19.

Le chiffrage est une caractéristique décisive d’un nombre croissant de services et d’outils. Pour les forces de l’ordre, pouvoir accéder aux données pertinentes et les collecter pour les enquêtes pénales représente un défi considérable.

Les attaques de logiciel de rançon (ransomware) sont maintenant plus élaborées ; elles sont lancées sur des organisations publiques ou privées, après une enquête préalable sur les victimes. Bien que la pandémie de COVID-19 ait provoqué une augmentation de la cybercriminalité, les attaques de logiciel de rançon ciblaient déjà le secteur sanitaire bien avant cette crise. En outre, les criminels ont inclus une autre étape à leurs attaques de logiciel de rançon : ils menacent de mettre aux enchères les données obtenues, incitant d’autant plus les victimes à payer la rançon.

Au cours des dernières années, on a observé une certaine stabilité en ce qui concerne les principales menaces liées à l’exploitation en ligne d’actes de maltraitance d’enfants. Malgré tout, on note une augmentation considérable du nombre de supports pédopornographiques détectés en ligne au plus fort de la crise de COVID-19. Les criminels ont recours à divers outils pour dissimuler ces actes, comme les réseaux P2P et les applications de communication chiffrée.

La diffusion en direct d’abus faits aux enfants a encore augmenté, notamment pendant la crise de COVID-19, lorsque les restrictions de mobilité empêchaient les délinquants d’abuser physiquement des enfants. Dans certains cas, ils utilisent des applications d’appel vidéo avec système de paiement intégré, ce qui constitue une difficulté majeure pour les forces de l’ordre, car le contenu n’est pas enregistré.

L’échange de cartes SIM, qui permet aux criminels de prendre le contrôle de comptes liés à une carte, est l’une des nouvelles tendances de cette année. Le fraudeur échange la carte SIM de la victime avec l’une des siennes, afin d’intercepter les mots de passe à usage unique utilisés lors de processus d’authentification.

Pendant l’année 2019 et au début de l’année 2020, on a observé une forte volatilité sur le dark Web. Le cycle de vie des marchés du dark Web s’est raccourci, et aucun marché ne s’est clairement établi comme marché dominant au cours de l’année écoulée. Si Tor reste l’infrastructure la plus utilisée, les criminels ont commencé à vendre leurs produits illégaux sur d’autres plateformes de marché décentralisées qui permettent une plus grande confidentialité. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un phénomène nouveau, ces plateformes ont pris de plus en plus d’importance au cours de l’année écoulée.

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Une amélioration de la sécurité publique en dents de scie au Honduras

Le nombre de victimes de délit au Honduras a diminué entre l’année 2014 et l’année 2018. Malgré tout, 13 % de Honduriens affirment avoir été victimes d’un délit en 2018.

En dépit de chiffres à la baisse, la sécurité publique reste l’un des principaux problèmes du pays. Cependant, selon la perception des Honduriens, ce problème a diminué en importance au cours des cinq dernières années. Ainsi, 43 % des Honduriens considéraient la sécurité publique comme le principal problème du pays en 2018.

Le pourcentage de victimes de délit chez les hommes (13,4 %) était légèrement plus élevé que chez les femmes (12,1 %) en 2018.

Si l’on examine les chiffres de la violence meurtrière au Honduras de 2013 à 2018, on constate une tendance à la baisse, avec une chute de 36 points du taux d’homicides pour 100 000 habitants.

C’est chez les hommes de 18 à 29 ans que l’on trouve le plus grand nombre de victimes d’homicide pendant cette période. Plus précisément, en 2018, 4 victimes d’homicide sur 10 faisaient partie de ce segment de la population.

Il convient de préciser qu’entre 2017 et 2018, le nombre de faits signalés a augmenté de 22 % en tout. Le nombre de délits est passé de 31 612 en 2017 à 39 463 en 2018. Les indicateurs qui ont connu une baisse sont les homicides (-3 %), les délits de nature sexuelle (-0,5 %), les violences faites aux enfants (-50 %), les blessures (-16 %) et les enlèvements (-13 %). Parmi les indicateurs ayant connu une hausse, on trouve l’atteinte à la propriété, avec une augmentation de 52 % par rapport à 2017.

Dans le domaine de l’atteinte à la propriété, on remarque notamment une forte augmentation du nombre d’extorsions, qui a doublé depuis 2015. Il convient de mentionner que 72 % des plaintes étaient concentrées sur quatre municipalités seulement.

Le taux de morts violentes a connu une tendance à la baisse continue entre 2013 et 2018, avec une réduction de 46,5 %. Par ailleurs, au cours de cette même période, le taux d’homicides en Amérique latine a diminué de 7,7 %. Malgré une baisse continue du taux d’homicides au Honduras, il était deux fois plus élevé que le taux d’homicides en Amérique latine en 2018.

Parmi les victimes de mort violente au cours de l’année 2018, on trouve 90 % d’hommes. Si l’on s’intéresse aux tranches d’âge, on constate que 41 % des victimes de violence meurtrière étaient âgées de 15 à 29 ans. Ainsi, le taux de morts violentes chez les hommes âgés de 18 à 29 ans était 3,4 fois plus élevé que le taux de morts violentes national.

La moitié des homicides du pays étaient concentrés sur 10 municipalités. De plus, en 2018, on comptait 41 municipalités n’ayant signalé aucun homicide.

En ce qui concerne les délits de nature sexuelle, deux victimes sur trois en 2018 étaient des femmes de moins de 30 ans. Dans 83 % des plaintes déposées pour délit de nature sexuelle, la victime était une femme.

Dans les cas de violence familiale, huit victimes sur dix étaient des femmes âgées de 15 à 39 ans. De même, 71 % des plaintes pour violence domestique concernaient des femmes âgées de 15 à 39 ans. Au total, 9 victimes de violence domestique sur 10 étaient des femmes.

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La sécurité publique au Guatemala continue à s’améliorer en 2019

Les données utilisées pour les années 2010 à 2019 ont été compilées à partir des chiffres de la Police nationale civile du Guatemala (PNC) et rendues publiques par l’Institut national de la statistique (INE).

Pendant cette période, le taux de morts violentes pour 100 000 habitants a maintenu une tendance à la baisse. À la fin de l’année 2019, ce taux est de 21,5. C’est le taux le plus bas de cette période, et il se rapproche de la moyenne latino-américaine (20,1). Par ailleurs, ce taux dépasse l’objectif fixé par la Politique générale du gouvernement pour 2016-2020, qui consistait à atteindre un taux de 23,5 pour l’année 2019.

Le taux de morts violentes poursuit une tendance à la baisse marquée depuis 2010 : il a presque diminué de moitié, passant de 41,8 en 2010 à 21,5 en 2019, soit une baisse de 20,1 points.

Près de la moitié des victimes de mort violente en 2019 étaient des jeunes âgés de 18 à 30 ans. Le taux de morts violentes dans cette tranche d’âge est de 41,2 pour 100 000 habitants, presque le double du taux national.

En 2019, 85 % des victimes de mort violente étaient des hommes. Les morts violentes chez les hommes ont diminué de près de 9 % par rapport à l’année 2018. Les morts violentes chez les femmes représentent 15,4 % du total de ces morts en 2019 et n’ont diminué que de 3,2 % par rapport à l’année 2018. La proportion de femmes parmi l’ensemble des victimes a augmenté depuis 2012, où elle s’élevait à 11,1 %, pour atteindre 15,4 % en 2019.

Les homicides ont diminué de 33,2 % au cours des quatre premiers mois de l’année 2020, en comparaison avec la même période de l’année précédente.

Le taux global de criminalité de l’année 2019 marque une hausse de 6,9 % par rapport à celui de 2018, principalement en raison de l’augmentation dans le domaine des extorsions : on en comptait 29 497 en 2018, et 31 540 en 2019. Plus inquiétant encore, en 2013, les extorsions représentaient 15 % de l’ensemble des crimes, mais en 2019, elles représentaient près de la moitié de l’ensemble des crimes recensés par le PNC.

En effet, les extorsions déclarées ont presque triplé depuis 2013, ce qui pourrait être dû en partie à une confiance accrue dans les institutions, à des améliorations des mécanismes de déclaration ou à une augmentation réelle de la criminalité.

Toutefois, à l’exception des extorsions, l’ensemble des crimes a marqué une baisse par rapport à l’année précédente. Historiquement, le nombre de blessures était supérieur au nombre d’homicides, mais en 2019, on comptait plus de déclarations d’homicides que de blessures.

En ce qui concerne les disparitions, le viol et la violence domestique, les femmes ont été plus affectées que les hommes.

En revanche, dans le domaine des vols, avec 51,1 victimes pour 100 000 habitants, 8 victimes sur 10 étaient des hommes. De plus, 7 victimes de vol sur 10 étaient âgées de 18 à 40 ans.

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Disposer d’un écosystème de sécurité en Europe pouvant couvrir l’intégralité de la société est devenu une nécessité

Dans un monde toujours plus complexe, l’Union européenne est encore largement considérée comme l’un des endroits les plus sûrs au monde. C’est ce qui a été mis en lumière par le rapport de la Commission européenne au Parlement européen, au Conseil européen et au Comité des régions le 24 juillet de cette année.

La Commission invite le Parlement européen et le Conseil à approuver la stratégie de l’UE sur l’union de la sécurité comme base pour la coopération et l’action conjointe en matière de sécurité au cours des cinq prochaines années.

Le document explique que la mondialisation, la libre circulation et la transformation numérique continuent d’apporter une certaine prospérité, ce qui facilite notre vie, ainsi que la promotion de l’innovation et la croissance. Toutefois, outre ces avantages, il faut aussi prendre en compte les risques et les coûts inhérents. Les victimes du terrorisme, le crime organisé, le trafic de drogue et la traite des êtres humains représentent tous des menaces directes pour les citoyens et notre mode de vie européen.

Les cyberattaques et la cybercriminalité continuent d’augmenter. Les menaces concernant la sécurité sont également de plus en plus complexes :

  • Elles se nourrissent de la capacité du travail transfrontalier et des interconnexions.
  • Elles exploitent les frontières entre l’environnement physique et numérique.
  • Elles profitent des groupes vulnérables, des divergences économiques et sociales.
  • Les attaques peuvent arriver en un instant et peuvent laisser peu ou pas de traces.
  • Les acteurs étatiques et ceux non étatiques peuvent déployer une variété de menaces hybrides.
  • Ce qui se passe en dehors de l’UE peut avoir un impact critique sur la sécurité à l’intérieur de celle-ci.

La nouvelle stratégie de l’UE pour la sécurité introduit les bases d’un écosystème de sécurité qui englobe l’intégralité de la société européenne. Elle est fondée sur la connaissance du fait que la sécurité est une responsabilité partagée. En effet, la sécurité est un problème qui touche chacun d’entre nous. Tous les organismes gouvernementaux, les entreprises, les organisations sociales, les institutions et les citoyens doivent s’acquitter de leurs propres responsabilités afin de rendre nos sociétés plus sûres.

Les problèmes de sécurité doivent désormais aborder une perspective beaucoup plus large que par le passé. Il faut surmonter les fausses distinctions entre l’environnement physique et numérique. La stratégie de l’UE pour l’union de la sécurité réunit tout un éventail de besoins en matière de sécurité et se concentre sur les domaines les plus critiques pour la sécurité de l’UE dans les années à venir.

Elle reconnaît également que les menaces en matière de sécurité ne respectent pas les frontières géographiques, de même que l’interconnexion croissante entre la sécurité interne et la sécurité externe. Dans ce contexte, il sera important que l’UE puisse coopérer avec ses partenaires internationaux afin de mieux protéger l’ensemble de l’UE, et maintenir une étroite coordination avec l’action extérieure de l’UE dans la mise en œuvre de cette stratégie.

La sécurité européenne est liée à nos valeurs fondamentales. Toutes les actions et initiatives proposées dans cette stratégie respectent pleinement les droits fondamentaux et les valeurs européennes. Ce sont les fondements du mode de vie européen et ils doivent rester au cœur de toutes nos activités.

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Aucune amélioration de la sécurité des citoyens au Pérou

De récentes enquêtes sur la perception de la sécurité des citoyens menées par l’Institut d’études péruviennes (IEP) indiquent que la perception qu’ont les citoyens péruviens de la sécurité n’a pas changé entre 2015 et 2019.

Malgré les résultats de ces enquêtes, les statistiques de l’Institut national de la statistique et de l’informatique (INEI) péruvien présentent des données complètement différentes. Les enquêtes montrent que le pourcentage de personnes ayant été victimes d’actes criminels est passé de 36 % en 2013 à 27,5 % en 2018.

Bien que ces données puissent sembler contradictoires, les citoyens expriment qu’ils ont toujours peur. L’INEI a également publié les dernières données pour la période septembre 2018-février 2019 où il apparaît que 86,6 % des personnes interrogées pensent qu’elles seront victimes d’un acte criminel. Et ce chiffre passe à 89 % pour la tranche d’âge des 30-44 ans.

Si l’on étudie la perception de la sécurité par territoire, on trouve plusieurs régions où la part de la population craignant d’être victime d’un acte criminel est supérieure à 90 %, comme Arequipa avec 93,2 %, la province de Lima avec 92 %, ou encore Huancavelica avec 91,3 %.

Il est nécessaire de mener des études sérieuses et approfondies sur les causes et la perception de ce sentiment d’insécurité chez les citoyens. C’est d’ailleurs ce qu’exprime la sociologue Lucía Dammert dans une étude sur la perception de la sécurité au Pérou.

Lucía Dammert estime que les changements constants de ministres et de leurs collaborateurs, ainsi que la rotation de la direction au sein de la police nationale péruvienne rendent l’identification de stratégies politiques compliquée. En raison de ces changements constants, il est difficile de prendre en compte les différentes initiatives et priorités.

D’autre part, la présence policière est insuffisante et les citoyens ne se sentent pas protégés. La justice ne fonctionne pas non plus et les niveaux d’impunité sont élevés. Le système pénitentiaire ne punit pas et ne réhabilite pas. Ainsi, la police agit de façon sévère, ce qui ne constitue pas une politique efficace.

Il convient de noter que, malgré les niveaux élevés de violence domestique, en particulier contre les femmes, les citoyens identifient la rue comme un lieu où ils ont peur. Par conséquent, les citoyens choisissent de s’enfermer chez eux et de limiter leur vie dans la rue. Cette réalité devient un problème pour la coexistence démocratique.

De plus, la corruption est omniprésente dans les institutions. Ces dernières devraient fonder leur légitimité sur des actions efficaces et équitables. Dans le cas contraire, un sentiment général d’absence de protection se crée.

Enfin, le Pérou est le point culminant des principales routes du crime organisé, le pays assiste au développement de marchés illégaux dans le domaine de l’exploitation minière et forestière ou de la prostitution, par exemple, et n’adopte pas la moindre politique publique pour y faire face.

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