Comment recenser les enfants qui font partie de bandes urbaines en Angleterre?

L’activité des bandes en Angleterre se tient souvent sous le radar des autorités, néanmoins, il n’est pas facile de définir ce qu’on entend par bande.

Un rapport a estimé qu’actuellement, 27 000 filles et garçons appartiennent à des bandes en Angleterre.

Or, comment parvient-on à ce résultat ?

Chaque année, le Bureau de la statistique nationale fait une enquête sur la criminalité en interrogeant un panel représentatif de foyers sur leur expérience en matière de délinquance. Sur les trois dernières années, il a été demandé aux enfants de 10 à 15 ans s’ils se considéraient comme membres d’une bande urbaine.

Le bureau du commissaire à l’enfance en Angleterre a fait son propre calcul sur ces chiffres.

L’année dernière, sur un panel d’environ 4 000 enfants, 0,7% (environ 30 enfants) ont déclaré se considérer comme membres d’une bande urbaine. Ce chiffre a été augmenté pour atteindre le chiffre estimatif de 27 000 pour l’ensemble de la population en Angleterre.

Il s’agit là d’une estimation mais le rapport donne un chiffre très inférieur de 6 560 enfants réellement connus comme appartenant à des bandes par des équipes qui traitent avec des jeunes ou avec des services à l’enfance.

Étant donné la différence entre le chiffre le plus élevé et le chiffre le plus bas, le rapport conclut que la plupart des membres de bandes ne sont pas connus des autorités.

Bien qu’on ne puisse l’affirmer, il est probable qu’un grand nombre de jeunes méconnus des autorités appartiennent aux bandes, mais on ne peut pas non plus avoir la certitude que 27 000 enfants y soient nécessairement impliqués.

Vu que ces chiffres proviennent d’une analyse spécifique, il n’y a pas de données individuelles comparables sur la violence liée aux bandes et les activités criminelles en Écosse, au Pays de Galles et en Irlande du Nord.

En revanche, à Londres, la police métropolitaine alimente une base de données bien connue, la Gangs Matrix, qui contient les noms de 3 000 à 4 000 « personnes d’intérêt ».
La base de données a été critiquée pour son orientation disproportionnée vers les jeunes de couleur qui pourraient n’avoir aucun lien avec les crimes violents.

En 2017, lors de la dernière publication des estimations criminelles, un crime violent sur 500, recensé par la police de Londres, a été identifié comme étant associé aux bandes. Depuis 2010, 15% des homicides dans la capitale sont liés aux bandes.

Les enfants exploités par les bandes de trafiquants de drogues sont aussi une préoccupation grandissante.

Compte tenu du caractère illicite des opérations en matière de stupéfiants, la participation totale est difficile à chiffrer mais la plupart des données reçues par l’Agence nationale de la criminalité affectent des individus de moins de 15-17 ans.

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RAND Europe étudie la violence et les émeutes lors d’événements sportifs internationaux

Le comportement antisocial dans les matchs de football est un problème bien connu partout dans le monde. La police, les associations de football et les gouvernements ont mis en œuvre de nombreuses interventions et stratégies destinées à prévenir et à répondre à ces agissements problématiques. Face à deux événements sportifs internationaux prévus au Qatar – le Championnat du monde d’athlétisme 2019 et la Coupe du monde de la FIFA 2022 –, l’Université du Qatar a chargé RAND Europe d’une étude sur la violence et les émeutes lors d’événements sportifs internationaux.

L’objectif de l’étude était de comprendre la nature et les facteurs associés aux comportements antisociaux et violents dans les matchs de football et d’examiner l’efficacité des approches existantes pour prévenir et répondre à ces comportements.

Football supportersLa consommation d’alcool, les rivalités sportives, les facteurs spatiaux, sociopolitiques, psychologiques, situationnels et la réaction au jeu sont des éléments qui conduisent à un comportement violent et antisocial. Or tous ces facteurs interagissent fréquemment et ne sont en aucun cas fauteurs de troubles à eux seuls.

Les approches policières destinées à établir le dialogue et les lignes de communication positives avec les supporters semblent prometteuses. Certaines études ont constaté que les méthodes de police visant à maintenir des relations de respect mutuel entre supporters et forces de l’ordre étaient efficaces. Toutefois, les arguments produits dans l’étude de cas de violence à l’Euro 2016 suggèrent que les forces de police ont également besoin d’une série de tactiques, de ressources suffisantes et de préparation pour affermir la réponse si la situation l’exige.

La modélisation du comportement de la foule (CBM) permet de détecter les différences culturelles, individuelles et environnementales complexes dans la façon de bouger des individus dans un espace pour prédire la manière dont se comportent les foules. La CBM est plus efficace lorsqu’elle est collaborative et interactive entre les experts qui réalisent la modélisation, le client et les parties concernées, tels que les agents de sécurité des stades.

Une étude de cas sur le rôle des volontaires dans les principaux événements sportifs a fait apparaître que les volontaires jouent un rôle important dans le maintien de la sécurité publique en favorisant les comportements positifs du spectateur au cours des grandes rencontres sportives.

Bien qu’il n’existe pas un facteur unique générateur de troubles parmi les foules dans le monde du football, ​​les faits constatés suggèrent que certaines interventions peuvent être efficaces pour prévenir et répondre à un comportement violent et antisocial. Cela signifie que les pays amphitryons devraient être capables d’adopter des mesures pratiques pour minimiser les possibilités de troubles lors d’un tournoi. Les investigations suggèrent que le comportement nuisible augmente lorsque les tactiques de sécurité et vigilance sont disproportionnées ou inconsistantes, les queues et les retards à l’entrée des stades compliquent le mouvement des supporters.

Il y a une série de pratiques prometteuses que les organisateurs peuvent prendre en considération. Pour ce qui est des tactiques de vigilance, les expériences montrent que les dispositifs de police moins intenses sont associés à des foules plus pacifiques. Ces approches sont basées sur la création de relations avec les supporters, le partage de renseignements et la coopération entre les agences de police de différents pays, aussi bien avant que pendant un événement.

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encryption

En janvier dernier, Europol et Eurojust ont fait paraître leur premier rapport sur le cryptage en sécurité informatique, le First report of the observatory function on encryption. Dans le cadre des mesures annoncées par la Commission européenne dans l’Eleventh progress report, les deux agences ont établi un observatoire conjoint pour analyser les difficultés, les opportunités et le futur du cryptage en matière d’enquête criminelle.

Le rapport fait une brève introduction des concepts, produits et services[1] d’usage générique en cryptage. Puis, à partir de l’expérience des membres de l’European Cybercrime Centre (EC3), il traite des défis pour les forces de sécurité et les systèmes de justice dans le déroulement de l’enquête et de la persécution des infractions.

À ce propos, on constate, en premier lieu, un cadre légal spécifique déficient qui n’aide pas les agences de sécurité et les autorités judiciaires à surmonter ou attaquer le cryptage. Malgré l’équilibre difficile entre le droit à la confidentialité et les droits des victimes, le rapport met l’accent sur la nécessité d’une réglementation contemplant, entre autres, l’obligation légale de la part des entreprises et/ou services[2] de fournir le code ou l’information chiffrée et des provisions spécifiques dans l’utilisation d’outils pour attaquer le cryptage[3].

Au-delà des aspects légaux, le rapport souligne le besoin de renforcer les questions de coordination opérationnelle, les ressources techniques et technologiques et les ressources humaines. D’après l’observatoire, du point de vue opérationnel, une meilleure coordination des différentes forces de sécurité et des agences européennes Europol et Eurojust est nécessaire. De même, il est essentiel d’investir en puissance informatique afin de lancer des attaques visant à trouver les codes d’accès à l’information chiffrée. Néanmoins, en complément à la technologie, la formation et la présence de juristes experts en la matière deviennent indispensables[4].

Face à ladite problématique d’opposer les droits à la confidentialité et la nécessité de lutter contre la criminalité, European Digital Rights (EDRi) indique que trouver le code ou le découvrir en exploitant des vulnérabilités est une bonne manière d’y répondre. C’est dans ce sens que, d’après le rapport, l’effort doit être dirigé face au défi du cryptage.

Finalement, le rapport met sur la table de nouveaux défis du futur. L’observatoire en relève au moins trois : l’informatique quantique, l’intelligence artificielle et l’arrivée de la 5G. Jusqu’ici, aucune de ces technologies n’ont entraîné un changement radical en cryptage mais laissent augurer de grands progrès et certains risques, dont la Quantum Key Distribution pour ce qui est de l’informatique quantique ou l’International Mobile Subscriber Identity-IMSI[5] pour la 5G.

En somme, le rapport pose un dilemme. Bien que le cryptage soit nécessaire, en termes de sécurité, pour les administrations publiques et les entreprises privées, il est aussi mis à profit pour des activités illicites par le crime organisé. La question de fond est donc de doter les services publics d’un cadre légal et de capacité opérationnelle pour aller au-devant de ce nouvel environnement technologique. En serons-nous capables, alors que le rapport lui-même souligne que ce sont les entreprises privées qui mènent l’initiative ?

Liens—————————————————————————————————————-

https://www.europol.europa.eu/ à Europol

http://www.eurojust.europa.eu/Pages/home.aspx –> Eurojust

https://www.europol.europa.eu/publications-documents/first-report-of-observatory-function-encryption à Informe a la web d’Europol.

Bas de page 1.

https://www.europol.europa.eu/about-europol/european-cybercrime-centre-ec3 European Cybercrime Centre. EC3

https://www.techopedia.com/definition/5067/international-mobile-subscriber-identity-imsi – IMSI

[1] Par exemple, pour ce qui est des navigateurs, l’utilisation de The Onion Router (Tor), un logiciel libre qui, en empruntant diverses adresses IP, créé des nœuds et des connexions aléatoires avec leurs couches de cryptage respectives, ce qui rend la traçabilité de l’IP originale difficile. Ou les Virtual Private Networks qui protègent la connexion entre le terminal et le serveur. Dans les communications par voix, on a, par exemple, les services de cryptage de Signal ou, moins connu, de Silent Circle.

[2] Cette législation spécifique n’est pas généralisée car cela pourrait signifier une violation du droit de ne pas s’auto-incriminer dans un crime. Malgré cela, là où il existe cette obligation pour les fournisseurs de services, ces derniers, dans de nombreux cas, ne peuvent pas répondre à cette exigence parce qu’ils n’ont pas les données de chiffrement de bout à bout (end-to-end encryption E2EE).

[3] Le rapport souligne que, même si la législation en vigueur suffit, une concrétisation des outils de déchiffrement utilisés, bien que pas forcément très descriptive techniquement, pourrait offrir plus de sécurité juridique.

[4] Il y a des outils de chiffrement qui, avec l’actuelle puissance informatique, rendent le décryptage impossible dans un temps raisonnable. C’est pourquoi les experts peuvent apporter des aspects de contexte et d’environnement personnel du suspect en focalisant les ressources dans une direction.

[5] Avec la 5G, un identifiant unique peut être temporairement substitué par un identifiant dynamique, ce qui favorise de nouvelles techniques de manipulation de l’identité et de l’occultation.

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Le trafic de drogues : la principale préoccupation des Catalans d’après le CEO

ÒmnibusLe 13 février dernier, le Centre d’études sur l’opinion (CEO) a publié l’Òmnibus de la Generalitat de Catalunya 2018 qui vise l’obtention d’informations par démoscopie concernant la situation actuelle et l’impact des politiques menées à bien en Catalogne. Le rapport, divisé en deux parties, aborde plusieurs domaines, depuis l’aménagement du territoire, l’économie et le travail jusqu’à la santé, la culture et l’éducation, et traite aussi de la sécurité et la justice. Cette dernière section se distingue du rapport de l’année précédente par un changement d’objectif : alors qu’en 2017 l’accent était mis sur l’analyse de l’environnement judiciaire, en 2018 c’est la sécurité qui est priorisée et notamment les violences sexistes qui se produisent dans des contextes de loisirs.

Sur une échelle de 0 à 10 (0 = pas du tout sûr et 10 = très sûr), les enquêtés évaluent le niveau de sécurité en Catalogne selon une moyenne de 6,48 ; toutefois, une majorité de 23,3% donne une note de 8, ce qui signifie que le pays est considéré comme plutôt sûr.

Le trafic de stupéfiants est le phénomène considéré comme le principal problème pour la cohabitation et la sécurité publique. Sur une échelle de 0 à 10, où 0 signifie « aucun problème » et 10 « un problème très important », le trafic de drogues obtient une moyenne de 7,82, devant d’autres phénomènes qui, vraisemblablement, ont un impact plus direct sur le public comme, par exemple, les vols ou la violence. De plus, une majorité de 30,2% des enquêtés qualifie la menace de « problème très important », alors que seul 1,1% la qualifie d’« aucun problème ».

Cette problématique passe donc avant d’autres phénomènes qui sont aussi considérés comme une menace à la cohabitation et à la sécurité publique, dont la violence sexiste qui obtient une moyenne de 7,62, et les incivilités (saleté, bruit, etc.), notées 7,42. Au-dessous de 7, on a, par ordre décroissant, l’insécurité publique, dont les vols et agressions (6,92), le racisme et la xénophobie (6,82) et la maltraitance des personnes âgées (6,77). Le terrorisme, avec une note moyenne de 6,25, est considéré comme la problématique la moins importante.

Comme il a été dit, la violence sexiste est l’une des principales préoccupations, aussi bien pour le public que pour les institutions. Dans cette édition, l’Òmnibus cible les agressions et les violences sexistes dans les lieux de loisirs nocturnes où, d’après l’enquête de violence sexiste en Catalogne (EVCM) publiée par le département de l’Intérieur de la Generalitat de Catalunya en juillet dernier, se produisent la majorité des agressions sexistes et qui se situent devant les espaces publics et les transports publics.

Sur une échelle de 0 à 5, où 0 est « jamais » et 5 est « très souvent », 5,2% des individus considèrent que des viols ou tentatives de viol se produisent « très souvent » dans les lieux de loisirs nocturnes, tandis qu’une majorité de 27% croit qu’ils s’y produisent « parfois ». Le pourcentage correspondant à « très souvent » augmente progressivement à mesure que le type d’agression s’allège. Ainsi, presque 30% de la population pense que dans les lieux de loisirs nocturnes se produisent « très souvent » des commentaires (agressifs) à connotation sexuelle, avec 17,8% pour les attitudes gênantes à connotation sexuelle, 9,8% pour les attouchements sans violence et 4,9% pour les attouchements avec violence. En général, la population considère que, dans les lieux de loisirs nocturnes, les différentes formes de violences sexistes se produisent « parfois » ou « souvent ». Finalement, les résultats du CEO concernant la violence sexiste montrent que 12% des femmes en Catalogne ont « très peur », sur une échelle de 0 à 10, de marcher seules dans la rue par crainte de subir une agression sexuelle.

Pour finir, les résultats de l’enquête indiquent que le téléphone d’urgence 112 est évalué positivement par ceux qui l’ont utilisé pour une raison quelconque, essentiellement par suite d’une urgence médicale (40,3%) ou d’un accident de la route (17,2%). 53,6% des usagers évaluent les secours apportés comme « très bien », tandis que seuls 3,2% les évaluent comme « très mauvais ».

Vous pouvez consulter les résultats complets de l’Òmnibus de la Generalitat de Catalunya 2018 en cliquant sur le lien suivant :

http://upceo.ceo.gencat.cat/wsceop/6948/Taules%20estad%C3%ADstiques%20-913.pdf

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La traite des êtres humains augmente dans des contextes de conflit armé et l’exploitation sexuelle en est la principale finalité

Global report on trafficking in persons 2018En décembre dernier, il a été publié le Rapport mondial sur la traite des personnes 2018, élaboré par l’Office des Nations unis contre la drogue et le crime (UNODC). Le rapport analyse les dynamiques du trafic de personnes et son évolution ces dernières années et met l’accent sur le lien entre la traite des être humains et les conflits armés. En effet, c’est dans le contexte de conflits armés que cette pratique s’intensifie ; les groupes armés impliqués dans le conflit en sont les principaux instigateurs en vue de financer leur activité guerrière, mais aussi les groupes de crime organisé ou autres individus.

L’étude est divisée en deux parties : la première offre une vision générale de ce qu’est le trafic des personnes, des principales pratiques, des flux, du profil des victimes et des dynamiques mondiales ; et la deuxième examine en détail les informations par région. Le rapport peut se résumer essentiellement par les conclusions suivantes :

La capacité de détecter et de renseigner le nombre de victimes a augmenté dans la plupart des pays, de même que le nombre de condamnations. Ce changement est surtout dû au fait que, ces dernières années, la législation relative au trafic a été modifiée : les efforts pour détecter ce type de crime ont été renforcés, de même que la coopération entres les pays, et davantage de ressources ont été destinées à la protection des victimes et des groupes les plus vulnérables. Alors qu’en 2009, seuls 26 pays disposaient d’une institution chargée de recenser les cas de trafic de personnes, en 2018, ce nombre est passé à 65. La collecte précise de données est indispensable pour planifier une bonne stratégie de lutte contre cette criminalité.

D’autre part, il y a encore des territoires où les trafiquants bénéficient d’une grande impunité. En Asie et en Afrique, il y a notamment des pays où ces mécanismes de collecte de données ne sont pas bien implantés et où le nombre officiel de cas de trafic de personnes est relativement bas. Toutefois, d’autres régions disposant de mécanismes plus fiables détectent, quant à elles, des cas de traite des êtres humains provenant de ces mêmes pays, ce qui indique que les chiffres ne sont pas représentatifs de la réalité.

Pour ce qui est de la portée géographique du trafic de personnes, le rapport souligne que, dans les pays les moins développés, la plupart des cas de traite des personnes recensés sont à caractère national : les victimes sont des citoyennes du pays même. En revanche, dans les pays de l’Europe occidentale et du Moyen-Orient, les victimes viennent de régions lointaines, alors que le pourcentage de victimes nationales dans ces régions est peu significatif.

Les femmes adultes sont les principales victimes du trafic. 49% du total des victimes sont des femmes et 23% sont des jeunes filles, un chiffre qui est en hausse. Les hommes en sont les victimes dans 21% des cas et les jeunes garçons dans 7% des cas. Toutefois, cette tendance n’est pas uniforme et varie suivant la région. En Amérique et aux Antilles, les jeunes filles sont les principales victimes, tandis qu’en Asie centrale, le pourcentage de victimes mineures est très bas, les hommes et les femmes étant victimes du trafic dans un pourcentage semblable.

La variation de genre et d’âge est surtout liée à la finalité du trafic. À l’échelle mondiale, l’exploitation sexuelle est la principale finalité de la traite des personnes, suivie du travail forcé. D’autres formes d’exploitation détectées dans certaines régions, bien que dans une moindre mesure, sont : le mariage forcé dans certains pays de l’Asie du Sud-Est, l’adoption illégale en Amérique centrale et du Sud, le prélèvement d’organes en Afrique du Nord et en Europe centre-orientale et le trafic d’enfants pour leur exploitation sous forme de mendicité et pour la production pornographique.

Finalement, comme il a déjà été souligné, l’étude constate l’incidence des conflits armés sur le trafic des être humains. La pénurie de ressources pour combattre la criminalité, la fragilité de l’État de droit et le désespoir des gens de ne pas avoir accès aux ressources de base offrent un contexte idéal aux trafiquants au développement de leurs activités. Très souvent, dans les zones de conflit, les groupes armés se livrent au trafic des personnes à des fins lucratives pour financer leurs activités. La traite des êtres humains augmente non seulement dans les régions touchées par le conflit mais aussi dans les pays voisins, notamment dans les camps de réfugiés.

Le trafic des êtres humains est une des activités criminelles les plus présentes à l’échelle internationale et l’une des plus juteuses. C’est la raison pour laquelle la lutte contre ce type de criminalité constitue un grand défi pour la sécurité mondiale. Malgré les progrès de ces dernières années, il reste beaucoup de travail à faire, surtout dans certaines régions d’Afrique et d’Asie.

Vous pouvez consulter l’intégralité du rapport au lien suivant :

https://www.unodc.org/documents/data-and-analysis/glotip/2018/GLOTiP_2018_BOOK_web_embargoed.pdf

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États-Unis : une personne meurt toutes les trois minutes à cause de la violence

D’après les centres de contrôle et de prévention des maladies du département de la Santé et Services humains des USA (Centers for Disease Control and Prevention (CDC) from the US Department of Health and Human Services), chaque année, 214 000 individus meurent des suites de blessures provoquées par des actes de violence, soit 1 personne toutes les 3 minutes. Toutefois, chaque année, des millions de personnes survivent à la violence mais doivent faire face à des problèmes psychiques, physiques et financiers. En 2013, il s’est produit 30,8 millions de lésions corporelles ; en 2015, le chiffre était d’environ 30,4 millions et, en conséquence de celles-ci, 2,8 millions de personnes ont été hospitalisées et 27,6 millions ont été traitées dans des salles d’urgence. En 2016, 32 millions de personnes ont été blessées. Il faut souligner ici que les blessures ont un coût financier relativement élevé aux USA, qui a atteint, en 2013, le montant de 671 milliards de dollars.

Si l’on ventile le total des lésions, on constate que, selon des données de 2016, le classement est le suivant :

Blessures involontaires :

  • Plus de 33 700 personnes meurent dans des accidents de la route.
  • Plus de 14 800 personnes meurent d’une overdose d’opioïdes sur prescription.
  • 2 791 000 personnes âgées sont traitées chaque année dans des salles d’urgence pour des blessures dues à des chutes.
  • 325 000 enfants sont traités dans des salles d’urgence pour une commotion cérébrale causée dans le sport.

Violence physique :

  • 1 enfant sur 7 est victime d’abus ou d’abandon.
  • Chaque minute, il y a 20 victimes de violence physique de la part du conjoint.
  • 1 femme sur 2 subira la violence sexuelle au cours de sa vie.
  • 1 homme sur 5 subira la violence sexuelle au cours de sa vie.

Quelles mesures seraient-elles nécessaires pour minimiser ces chiffres ? Les CDC travaillent depuis plus de 20 ans sur des programmes de prévention des blessures et de la violence physique. Ces centres sont considérés comme la principale autorité aux USA pour leur prévention. Leur 4 compétences sont notamment :

  1. Identifier et surveiller les problèmes grâce à des données de dernière génération.
  2. Faire des recherches et établir quelles tâches sont nécessaires à la prévention.
  3. Soutenir des programmes nationaux sur la prévention.
  4. Travailler avec le personnel de santé, les services de santé, les législateurs et le public pour développer des solutions pour la prévention.

Par ailleurs, les centres publient une série de conseils visant à améliorer la prévention des blessures et de la violence physique dans les différents domaines :

  • Concernant les accidents de la route, il faudrait plus de campagnes sur l’utilisation des ceintures de sécurité, de sièges pour enfants et d’élévateurs.
  • Utiliser plus d’informations pour la prescription de médicaments.
  • Pour éviter des lésions aux jeunes dans le sport, il faudrait encourager une culture de la sécurité, où ils puissent communiquer leurs malaises et leurs symptômes, et offrir des ressources aux entraîneurs et aux parents.
  • Garantir aux enfants des environnements et des relations sûres et stables.
  • Pour éviter les chutes aux personnes âgées, il faudrait appliquer une routine de prévention de la part des services de santé : suivi de patients, traitement et conseil.
  • Finalement, afin de réduire la violence sexuelle, il faudrait encourager des relations plus respectueuses, renforcer la figure de la femme et de la jeune fille et créer des environnements sûrs pour tout le monde.

Liens utiles :

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Un enfant sur quatre risque d’être victime d’une catastrophe

La Bündnis Entwicklung Hilft et l’Institut de droit international pour la paix et les conflits armés (IFHV) ont publié le Rapport mondial des risques.

Cette année, les organisations se centrent sur la protection des enfants,  un groupe généralement vulnérable, et de leurs droits. D’après le rapport, 1 enfant sur quatre dans le monde vit dans un pays sujet aux catastrophes. C’est la raison pour laquelle, entre autres, le rapport lance un appel pour améliorer et protéger les droits des enfants, surtout en situation de risque.

Les enfants constituent un groupe souvent affecté à cause des crises et des catastrophes. Pour prévenir et réduire leur impact sur ces derniers et leurs familles, il faut établir des mesures de préparation et de coopération bien adaptées à la situation vécue. Afin de les garantir, les États devraient remplir leur devoir et ratifier la Convention des droits de l’enfant adoptée par les Nations unies en 1989.

Le rapport souligne le rôle important de l’éducation en temps de crise. Après une situation d’urgence, les institutions éducatives doivent créer un espace de protection où l’enfant puisse poursuivre son développement. L’école doit être un outil pour protéger l’enfant contre les abus (viol, exploitation…) et les maladies. L’absence de protection, à la longue, risque de générer un impact négatif sur la société : manque d’opportunités, pauvreté… En outre, l’école est un espace de sensibilisation servant à « comprendre » la catastrophe et à apprendre à la gérer émotionnellement, par exemple, en cas de perte d’un parent. Pour cela, il faut introduire des programmes éducationnels dont le but principal est de réintégrer les enfants dans le système éducatif de l’État aussi vite que possible, moyennant la détection et la guérison des traumatismes provoqués par la catastrophe.

Un autre point important est l’implication des enfants dans des projets et formations portant sur la préparation aux catastrophes, pour connaître leur vision de la situation et pouvoir développer une stratégie mieux appropriée et plus efficiente. Cela pourrait s’appliquer au Bangladesh où l’intervention du gouvernement n’est pas très efficace. La zone nord du pays subit régulièrement de grosses inondations, un phénomène qui détruit les habitations et les champs de culture. Pour tenter de trouver une solution au problème, trois ONG se sont regroupées pour mener à bien un projet de préparation aux catastrophes. Il s’agissait de former les professeurs d’école et les enfants et développer un plan d’urgence scolaire. En même temps, les écoles recevaient du matériel tel que parapluies, imperméables, lanternes… Pour l’heure, ces stratégies s’avèrent utiles, mais une meilleure coordination avec le gouvernement est nécessaire.

Certaines des recommandations visant à renforcer le rôle des enfants dans la gestion des catastrophes et autres crises seraient, selon la Bündnis Entwicklung Hilft :

  • Établir et prioriser les besoins des enfants en temps de crise.
  • Intégrer les enfants dans des projets de préparation et d’intervention face aux risques causés par les catastrophes. Prendre en compte leur perception des risques, leurs besoins, les idées et les solutions qu’ils proposent.
  • Les maternelles et les écoles sont des acteurs clé dans le soutien des enfants et leur famille durant les catastrophes. Une aide financière et des spécialistes dans le domaine éducatif sont nécessaires.
  • Des mesures spéciales pour secourir les enfants rapidement dans les lieux à haut risque. Souligner l’importance des centres de protection pour enfants.
  • Une aide internationale dans l’évacuation immédiate des enfants.

Liens utiles :

https://reliefweb.int/report/world/world-risk-report-2018-focus-child-protection-and-childrens-rights

https://entwicklung-hilft.de/

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Le rôle du crime organisé dans les conflits contemporains

Depuis le début de la première décennie du XXIe siècle, les liens entre les conflits armés et le crime organisé sont plus évidents. Ce dernier est présent à tous les stades des conflits armés contemporains, en fait augmenter la violence et en complique la résolution. Plusieurs business criminels constituent une source de financement considérable pour les groupes armés impliqués dans des conflits, dont la plupart sont des groupes non étatiques. Les entreprises criminelles qui contribuent au financement des groupes armés reposent sur les différentes activités liées à l’exploitation de ressources naturelles, au trafic de stupéfiants, au trafic de biens culturels et à la traite des êtres humains, entre autres.

Organized crime and its role in contemporary conflictEn septembre 2018, la plateforme Global Initiative against Transnational Crime, dont le siège est à Genève, a publié une étude analysant cette relation entre le crime organisé et les conflits actuels. Celle-ci indique qu’en général, les missions pacificatrices et les déploiements lancés par le Conseil de sécurité des Nations unies non seulement n’ont pas pris en compte le rôle que joue le trafic de biens et services illégaux dans un conflit armé mais ont aussi, dans certains cas, contribué involontairement à la prolifération d’entreprises illicites à travers la coopération avec des groupes criminels, en acceptant, en échange de la paix, leur participation et leur influence dans les nouveaux gouvernements et structures institutionnelles émergentes du conflit, avec pour résultat une hausse de la demande de produits et des activités illicites.

Le document souligne l’importance de cibler les dynamiques et les intérêts qu’il y a derrière ces business criminels au moment de planifier des stratégies de pacification, ainsi que l’importance de la réinsertion des combattants dans la société civile pour éviter que ces individus ne restent liés à des activités criminelles et, de ce fait, assurer la stabilité. À ce jour, deux missions des Nations unies sont déployées, qui ciblent les dynamiques du crime organisé et son rôle dans le conflit armé en question : la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) et la Mission des Nations unies en République démocratique du Congo (MONUSCO). Ces deux missions ont conforté l’idée que les liens entre les conflits dans ces pays, et toute la région en général, avec le crime organisé sont évidents.

Malgré ce besoin manifeste, le consensus pour intégrer des stratégies visant à combattre la criminalité lors des actions de pacification de la part des Nations unis s’est avéré limité, en grande part à cause du manque de coordination entre les forces pacificatrices et de justice pénale de l’ONU. La nécessité d’approbation des actions de l’ONU de la part des gouvernements des pays où elles doivent être déployées en complique davantage l’implantation et la bonne coordination. Très souvent, ces actions visent à empêcher les groupes violents d’accéder aux ressources naturelles qui pourraient être exploitées illégalement, en omettant que, dans certains cas, ce sont les acteurs politiques les plus importants qui contrôlent le trafic de produits et services illégaux.

L’étude évoque une augmentation du nombre de résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies à propos du crime organisé. Entre la période comprise entre 2012 et 2017, plus de 60% des résolutions concernaient les organisations criminelles, un chiffre presque deux fois plus élevé si on le compare au nombre de résolutions portant sur des questions de terrorisme. Ainsi, bien que le terrorisme soit considéré comme l’une des principales menaces à la sécurité mondiale, pour ne pas dire la principale, le crime organisé a un plus fort impact. Pour prendre un exemple quantitatif, en 2015 il y a eu 328 morts associés au terrorisme, alors que les activités criminelles en ont causé 256 500.

Le document établit par ailleurs que certains conflits sont liés à une pratique criminelle bien déterminée, comme c’est le cas en Somalie avec la piraterie ou en Lybie avec le trafic d’être humains et de migrants mais, dans la plupart des conflits, on trouve des dynamiques de plusieurs activités criminelles, comme en Afghanistan, au Soudan et au Soudan du Sud ou encore dans le Sahel, au Mali, en République démocratique du Congo, etc. Ce qui est clair, c’est que le crime organisé (trafic d’armes, de drogues, kidnappings, criminalité financière, trafic d’êtres humains et de faune sauvage) est devenu une composante extrêmement importante de tous les conflits actuels et la violence émanant de ces activités illégales est liée en grande partie à la confrontation pour le contrôle des principaux réservoirs de ressources et des routes empruntées par les trafics les plus juteux.

Les dynamiques de ces activités sont différentes dans chaque contexte mais, en règle générale, l’absence d’institutions efficaces favorise le développement d’entreprises criminelles en tant qu’activités économiques clé. Par ailleurs, ces activités se diversifient de plus en plus.

Les premières étapes que propose le rapport pour réduire l’éventualité que les opérations de paix ne contribuent à l’apparition d’activités criminelles sont :

  • Augmentation de la dotation en ressources des services chargés d’analyser les marchés criminels et les liens de ces derniers avec les conflits armés.
  • Analyse de la position économique, politique et sociale des acteurs qui contrôlent les ressources naturelles et les routes de trafic, et de leurs motivations financières.
  • Analyse des dynamiques de ces marchés.
  • Prise de contrôle de points stratégiques clé tels que les réservoirs de ressources naturelles de la République démocratique du Congo, les mines d’or de la République centrafricaine et les ports sur les côtes de la Lybie.
  • Établissement d’un mécanisme des Nations unies comparable à la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations unies pour lutter contre le crime organisé.

Vous pouvez consulter l’intégralité du rapport au lien suivant : https://globalinitiative.net/wp-content/uploads/2018/09/TGIATOC-UNSC-Policy-Note-1962-web.pdf

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Indice de perception de la corruption

En début d’année, Transparency International a publié son rapport annuel sur l’indice de perception de la corruption par pays, basé sur l’opinion des citoyens et des différents spécialistes, collectifs et organisations internationales. Chaque pays est évalué sur une échelle de 0 à 100, où 0 est la perception de la corruption maximale et 100 la minimale. Le rapport de 2017 s’est avéré peu surprenant : les niveaux de perception de la corruption ont été très semblables à ceux des années précédentes, avec très peu d’amélioration. Deux-tiers des 180 pays analysés ont une note inférieure à 50, la moyenne globale étant de 43.

La Nouvelle-Zélande, avec une note de 89, est en tête du classement, après avoir occupé la deuxième place pendant plusieurs années derrière le Danemark. Cette fois-ci, c’est toutefois un pays du Pacifique qui prend la première place. Parmi les dix premiers, on trouve une fois encore les mêmes pays dans l’ordre suivant : la Finlande, la Norvège, la Suisse, Singapour, la Suède, le Canada, le Luxembourg et les Pays-Bas.

D’autre part, en queue de classement, le pays où la perception de la corruption est la plus haute est la Somalie, avec une note qui n’arrive pas à 10, suivie du Soudan du Sud, de la Syrie, de l’Afghanistan, du Yémen, du Soudan, de la Lybie, de la Guinée-Bissau, de la Guinée équatoriale et de la Corée du Nord.

Si on analyse les résultats à l’échelle régionale, la différence entre les territoires obtenant la note la plus haute (l’Europe de l’Ouest) et la note la plus basse (l’Afrique subsaharienne) est de 35 points. La seule région qui obtient une note de plus de 50 est l’Europe de l’Ouest avec une moyenne de 66 points. Toutes les autres restent au-dessous.

Asie-Pacifique

La moyenne régionale est de 44 points, avec de grands écarts entre les pays. Cette région du globe abrite deux pays qui sont dans le top 10 : la Nouvelle-Zélande, première au classement avec une note de 89, et Singapour (84), mais aussi l’Afghanistan, qui ne totalise que 15 points et occupe la quatrième position en queue de classement, et la Corée du Nord (17 points et dixième position en queue de classement).

Afrique subsaharienne

C’est la région qui obtient la note la plus basse (31), avec seulement cinq pays obtenant une note supérieure à 50 et cinq autres dans le top 10 en queue de classement : la Somalie, le Soudan du Sud, le Soudan, la Guinée-Bissau et la Guinée équatoriale. En tête du classement régional se trouve le Botswana, avec 61 points, qui bat l’Espagne et l’Italie.

Moyen-Orient et Afrique du Nord

Avec une note moyenne de 38, la plupart des pays de la région sont au-dessous de 50. La région se caractérise par un fort contrôle social et de nombreuses atteintes à la liberté d’expression. Les Émirats arabes unis sont le pays où la perception de la corruption est la plus basse (71), tandis que la Lybie, le Yémen et la Syrie se trouvent dans les 10 pays au monde où elle est la plus élevée.

Amérique

La moyenne de la région est de 44 points, mais celle-ci est peu représentative car, comme dans la région Asie-Pacifique, il y a un grand écart entre le pays à la perception maximale et le pays à la perception minimale. Le Canada, huitième pays au monde à la perception de la corruption la plus basse, est en tête du classement régional avec 89 points, et le Venezuela est en queue de classement avec à peine 18 points, ce qui le place à la onzième position mondiale en queue de classement.

Europe de l’Ouest

L’Europe de l’Ouest, avec 7 pays dans le top 10 mondial des pays où la perception de la corruption est la plus basse, obtient la meilleure moyenne avec 66 points. Le Danemark, avec 88 points et seulement devancé par la Nouvelle-Zélande, est en tête de la région. Bien que tous les pays obtiennent plus de la moyenne et soient « admis »,  l’attention se porte sur l’Italie et l’Espagne, les deux pays où la perception de la corruption dans la région est la plus haute, avec 50 et 57 points respectivement.

Europe de l’Est et Asie centrale

Ce territoire obtient la deuxième moyenne régionale la plus basse (34), juste devant l’Afrique subsaharienne et avec un seul pays, la Géorgie, qui, avec 56 points, dépasse la note de 50. Les structures politiques des pays de cette région subissent encore l’influence des guerres et processus de désintégration de l’Union soviétique et de l’ex-Yougoslavie. Le Turkménistan est en queue de classement avec une note de 19.

L’Espagne, avec 57 points, est en 42ème position au classement général, à égalité avec la République tchèque, Chypre et la République dominicaine, et avant-dernière au classement régional, devant l’Italie seulement. Elle se situe 14 points au-dessus de la moyenne mondiale mais 9 points au-dessous de la moyenne en Europe de l’Ouest.

Intégralité du document :

https://www.transparency.org/news/feature/corruption_perceptions_index_2017#regional

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Changement climatique : la menace oubliée ?

patrick-hendry-534166-unsplash2017 a été l’année la plus chaude de l’histoire, marquée par de fortes pluies, la sècheresse, des vents violents et autres phénomènes atmosphériques extrêmes. Face à cette situation, certains critiques et académiciens avertissent les dirigeants politiques que les progrès vers un futur plus durable s’avèrent très lent. Il est à noter que certaines parties du globe subissent déjà les conséquences dévastatrices du changement climatique. D’après Oxfam, entre 2008 et 2016, une moyenne de 21,8 millions d’individus s’est déplacée vers d’autres régions pour fuir les conditions climatiques qui s’étaient progressivement dégradées. Généralement, les populations les plus affectées sont issues de pays à faibles revenus, où elles présentent un risque d’être déplacées cinq fois supérieur par rapport aux populations qui vivent dans des pays aux revenus plus élevés.

Tandis que la communauté internationale débattait sur la manière d’implanter l’Accord de Paris (2015) lors de la conférence des Nations unies (COP23) à Bonn, Trump a annoncé le retrait des États-Unis en tant qu’acteur dans la lutte internationale contre le changement climatique. Le président a promis de réduire les émissions de gaz qui, dans le pays, représentaient 20% des émissions totales dans le monde, mais sa sortie de l’accord a signifié une absence d’engagement pour réduire les niveaux de pollution. L’administration Trump a décidé que le changement climatique n’était plus une menace à traiter dans son programme national de sécurité. Fort heureusement, la majorité des acteurs et membres de la communauté internationale, un total de 197 signataires, ont continué à défendre l’initiative.

Une étude montre la corrélation positive entre le changement climatique et la recrudescence de conflits. Le changement climatique affecte les systèmes économiques, politiques et de sécurité à l’échelle mondiale : il les déstabilise et génère une compétition constante pour les ressources naturelles. Ce phénomène est considéré comme une menace pour les États dont la capacité à le combattre est limitée. Par exemple, l’énergie provenant de la combustion fossile non seulement accélère le changement climatique mais a aussi un effet immédiat : la pollution de l’air est la première cause de mort parmi toutes les formes de pollution existantes et a fait presque 6,5 millions de victimes en 2015. La pollution tue 15 fois plus de personnes que la guerre et autres formes de conflit violent, d’après le rapport annuel de la Munich Security Conference. N’oublions pas que plus de 20 pays, dont la France, le Royaume-Uni, le Canada et le Mexique, se sont engagés à une élimination progressive de l’énergie au charbon qui constitue un puissant accélérateur du changement climatique, mais jusqu’ici aucun résultat suffisamment satisfaisant n’a été constaté. La production d’énergie nécessaire devrait augmenté de 30% en 2040, soit l’équivalent de l’Inde ou de la Chine en termes de production actuelle d’énergie.

Liens utiles :

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