Europol: le marché de la cocaïne devient de plus en plus violent

La diversification croissante de l’approvisionnement en cocaïne à la source a entraîné une augmentation de la violence, selon le dernier rapport sur la cocaïne d’Europol-UNODC.

Le trafic de cocaïne en Europe aujourd’hui serait principalement caractérisé par un degré de violence plus élevé, ainsi qu’un marché plus diversifié et plus concurrentiel. Ce rapport décrit la nouvelle dynamique du marché de la cocaïne et conclut qu’il représente clairement une menace pour la sécurité européenne et mondiale.

Le rapport a été publié dans le cadre du programme de travail CRIMJUST, Renforcer la coopération en matière de justice pénale le long des routes de la drogue, au titre du Programme des flux illicites globaux de l’UE.

La fragmentation du paysage criminel dans les pays sources a créé de nouvelles opportunités pour les réseaux criminels européens de recevoir un approvisionnement direct en cocaïne, supprimant ainsi les intermédiaires. Cette nouvelle concurrence sur le marché a conduit à une augmentation de l’offre de cocaïne et, par conséquent, à une violence accrue, une tendance mentionnée dans l’évaluation de la menace que représente la grande criminalité organisée dans l’Union européenne en 2021 d’Europol. Par exemple, les réseaux criminels des Balkans occidentaux ont établi des contacts directs avec les producteurs et ont acquis une place prépondérante dans l’approvisionnement en gros de la cocaïne.

Le rapport souligne l’importance de l’intervention à la source, car ce marché est fortement tributaire de la chaîne d’approvisionnement. Le fait de renforcer la coopération et d’intensifier l’échange d’informations entre les autorités policières améliorerait l’efficacité des enquêtes et la détection des cargaisons.

Le rapport insiste sur l’importance des enquêtes sur le blanchiment d’argent pour retracer les profits illégaux et la confiscation des produits illicites liés aux activités criminelles. Ces enquêtes financières sont au cœur de la lutte contre le trafic de cocaïne et permettent de s’assurer que les activités criminelles ne génèrent pas de profits.

Julia Viedma, cheffe de service du Centre opérationnel et d’analyse d’Europol, considère le trafic de cocaïne comme l’un des principaux problèmes de sécurité auxquels l’UE est actuellement confrontée. Près de 40 % des groupes criminels actifs en Europe sont impliqués dans le trafic de drogue, et le trafic de cocaïne génère des profits criminels de plusieurs millions d’euros. Une meilleure compréhension des défis auxquels fait face la police permettra de lutter plus efficacement contre la menace violente que les réseaux de trafic de cocaïne représentent pour les citoyens.

Chloé Carpentier, cheffe de la section de recherche sur les drogues de l’UNODC, a souligné que la dynamique actuelle de diversification et de prolifération des canaux d’approvisionnement en cocaïne, des acteurs criminels et des modalités risque de s’accentuer si rien n’est fait.

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Une épidémie d’homicides en Amérique centrale

Au cours des dernières décennies, l’histoire de l’Amérique centrale a été marquée par la violence, au point d’atteindre l’un des taux d’homicide et de criminalité les plus élevés au monde. Selon le dernier rapport sur les homicides publié par l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC), l’Amérique, avec seulement 13 % de la population mondiale, a enregistré 42 % de toutes les victimes du monde.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime que, lorsque le taux d’homicides pour 100 000 habitants dans un pays est supérieur à 10, on observe une véritable épidémie d’homicides. À l’exception du Costa Rica et du Nicaragua, le reste des nations d’Amérique centrale dépasse ce classement, en particulier les trois du pays connus sous le nom de triangle du Nord (El Salvador, Honduras et Guatemala), le taux au Salvador étant particulièrement élevé, soit un taux de 62,1 pour 100 000 habitants en 2017, bien que les derniers mois le taux ait diminué à 30, suivi du Honduras, avec un taux de 41,7 pour 100 000 habitants.

Ces pays sont passés de la violence politique à l’époque des guerres civiles des années 1980 à la violence d’après-guerre, aujourd’hui une violence à caractère social, marquée par l’émergence de nouveaux acteurs dangereux, tels que les maras et le crime organisé. Il s’agit de délinquants et de criminels dont les finalités ne sont pas idéologiques ou politiques, mais de particuliers ou de groupes, des finalités surtout économiques, dans le cas du crime organisé, et identitaires et sociales dans le cas des maras. Cette nouvelle criminalité s’est propagée comme une maladie dans toute cette région jusqu’à ce qu’elle devienne l’une des régions les plus dangereuses du monde. Elle est à l’origine de nombreux déplacements internes (71 500 personnes au Salvador entre 2006 et 2016, et 174 000 personnes au Honduras entre 2004 et 2014) et externes survenus au cours de la dernière décennie, de la part d’une population qui a souvent pour seule issue la fuite.

La violence affecte incontestablement les trois pays du triangle du Nord, bien que tous ne souffrent pas des mêmes problèmes, car il y a des nuances. Le Guatemala a une économie croissante et le pays est moins touché par le phénomène des maras, bien que le crime organisé y soit plus présent, son état est plus faible, il y a davantage de corruption entre la classe politique, et l’armée et la police sont des entités pénétrées par le crime. Le Honduras est très durement touché par les maras et par le crime organisé, et la police et l’armée sont également des entités pénétrées par le crime.

La République du Salvador a moins de problèmes politiques et présente peu de pénétration criminelle dans les institutions de sécurité, mais c’est au contraire le pays le plus gravement affecté par le problème des maras et celui qui a le plus de difficultés en matière de développement économique.

En Amérique centrale, les maras existaient déjà avant les guerres civiles, mais le phénomène en tant que tel est né dans les années 1980 à Los Angeles (États-Unis), une ville alors connue comme le berceau des gangs qui est devenue par la suite la destination préférée de nombreuses familles du triangle du Nord qui fuyaient la guerre et les menaces de groupes paramilitaires.

Compte tenu de la situation dans les pays du triangle du Nord, il n’est pas étonnant que leurs habitants se voient dans la nécessité de les abandonner et de chercher refuge sous d’autres horizons. Selon une enquête de l’Université d’Amérique centrale du Salvador en 2019, 63,8 % des Salvadoriens souhaiteraient quitter le pays, et une enquête du réseau jésuite au Honduras, datant également de 2019, indique le même résultat pour 42 % des Honduriens.

Enfin, étant donné que de nombreux membres de gangs souhaiteraient abandonner les maras mais ne voient pas d’autre avenir possible, il serait nécessaire d’envisager et de soutenir des projets de réinsertion.

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Le rapport sur les risques mondiaux 2021 du Forum économique mondial

En 2020, la menace d’une pandémie mondiale s’est concrétisée. Selon plusieurs enquêtes menées par des gouvernements et des entreprises, tous les domaines de la société ont subi des dommages très graves et d’une grande ampleur.

C’est dans ce contexte que paraît le rapport sur les risques mondiaux 2021 du Forum économique mondial, la 16e édition de ce rapport. L’analyse se concentre sur les risques et les conséquences d’une aggravation des inégalités et de la fragmentation sociale. Dans certains cas, des disparités en matière d’efficacité sanitaire, de technologie ou d’opportunités de travail sont nées directement de la dynamique créée par la pandémie. Dans d’autres cas, les divisions sociales déjà présentes se sont accentuées et ont considérablement affaibli les réseaux de sécurité et les structures économiques.

Il convient de réduire les disparités actuelles, en fonction des actions menées à la suite de la pandémie de COVID-19, afin de reconstruire un avenir inclusif et accessible. Les divisions sociales et l’inaction concernant les inégalités économiques pourraient aggraver le changement climatique, une menace qui pèse toujours sur la planète.

On constate également une fragmentation sociale croissante, qui se manifeste par des risques persistants ou émergents, l’augmentation du chômage, le creusement du fossé numérique et une désillusion accrue chez les jeunes. Cela peut avoir de graves conséquences étant donné que la conjoncture économique est mauvaise et qu’il existe des risques environnementaux, géopolitiques et technologiques.

Le coût humain et économique immédiat de la pandémie de COVID-19 est très lourd. Elle menace d’anéantir les progrès accomplis ces dernières années en matière de réduction de la pauvreté et des inégalités et, à long terme, de fragiliser la cohésion sociale et la coopération mondiale. Les interactions et les mutations brutales des marchés pourraient entraîner des conséquences désastreuses et des pertes d’opportunités pour une grande partie de la population mondiale. Le malaise social, la fragmentation politique et les tensions géopolitiques auront un impact sur l’efficacité de notre réponse aux autres menaces clés de la décennie à venir : les cyberattaques, les armes de destruction massive et, surtout, le changement climatique.

Le rapport sur les risques mondiaux 2021 contient les résultats de la dernière enquête sur la perception des risques mondiaux, suivis de l’analyse de la croissance économique et sociale, des divisions industrielles, de leurs interconnexions et de leurs implications pour notre capacité à répondre aux principaux risques mondiaux qui requièrent une cohésion sociale et une coopération mondiale.

Le rapport se termine par des propositions d’amélioration, de résilience, élaborées à partir des leçons de la pandémie et de l’analyse des risques historiques.

Parmi les risques à plus forte probabilité pour les dix années à venir figurent les conditions météorologiques extrêmes, l’échec de l’action pour le climat et les dommages environnementaux occasionnés par l’homme, ainsi que les inégalités numériques et l’échec de la cybersécurité.

Parmi les risques à plus fort impact pour la prochaine décennie, le rapport liste les maladies infectieuses (avec la Chine au premier rang), suivies de l’échec de l’action pour le climat et d’autres risques environnementaux, ainsi que des armes de destruction massive, des crises de subsistance et des crises de dette.

Le rapport mentionne également les crises de l’emploi et des moyens de subsistance, la désillusion généralisée chez les jeunes, les inégalités numériques, la stagnation économique, les dommages environnementaux occasionnés par l’homme, l’affaiblissement de la cohésion sociale et les attaques terroristes.

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Le Costa Rica et la sécurité en Amérique centrale

Le Costa Rica est situé géographiquement en Amérique centrale. Il est bordé au nord par le Nicaragua, au sud par le Panama, à l’est par la mer des Caraïbes et à l’ouest par l’océan Pacifique. Son étendue territoriale est de 51 060 kilomètres carrés. Au 1er janvier 2019, sa population était d’un peu plus de 5 millions d’habitants.

Le taux d’homicides volontaires au Costa Rica pour 100 000 habitants maintient la tendance à la baisse depuis 2017 et atteint un taux de 11,2 à la fin de 2019, le plus bas de la période, et plus bas que la moyenne de l’Amérique latine, qui est de 20,1.

Le taux de morts violentes en 2018 était de 11,7 pour 100 000 habitants, soit environ la moitié de celui de l’Amérique latine. En 2018, il y a eu 586 morts violentes, 16 de moins qu’en 2017. Cette réduction est la première au cours des 6 dernières années, puisque depuis 2012, les morts violentes au Costa Rica avaient une tendance à la hausse.

91 % des victimes de mort violente en 2018 étaient des hommes. Cependant, le taux de morts violentes chez les femmes a augmenté de 0,3 point par rapport à 2017. Les principales victimes de mort violente sont les jeunes hommes âgés de 18 à 30 ans. Sur le total des victimes, 41 % étaient des hommes de cette tranche d’âge.

C’est dans les provinces de San José et Limón que le plus grand nombre de morts violentes s’est produit. Une mort violente sur deux dans le pays a été commise dans ces deux provinces.

En 2018, 504 viols et sévices sexuels ont été signalés. Ces délits représentent une réduction plus importante par rapport à 2017, avec une baisse de 5 %.

Environ 9 plaintes sur 10 ont été déposées par des femmes, les principales victimes étant âgées de 15 à 17 ans. Le taux de viols dans ce groupe de femmes est 4 fois plus élevé que dans les autres tranches d’âge.

Les délits contre la propriété sont les faits les plus signalés au Costa Rica. Le principal délit contre la propriété est le vol, avec un total de 18 489 enregistrements en 2018, soit 31 % du total.

Dans le cas des vols, la plupart ont été commis contre des personnes. Cependant, les vols dans les habitations et les véhicules représentent un pourcentage plus élevé que les attaques. Enfin, les cambriolages visaient principalement des habitations, et ensuite les vols de véhicules.

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La lutte contre le trafic d’êtres humains à l’ère du numérique

Les technologies modernes de la communication (Internet, les réseaux sociaux et les applications mobiles) ont eu un impact significatif sur la manière dont les groupes de crime organisé participent au trafic d’êtres humains à l’échelle internationale. C’est ce qu’explique le récent rapport d’Europol d’octobre 2020 sur les défis de la lutte contre le trafic d’êtres humains à l’ère du numérique.

Les technologies élargissent les possibilités de trafic des délinquants dans divers types d’exploitation : exploitation sexuelle ou par le travail, prélèvement d’organes, adoption illégale d’enfants, ou encore mariage forcé.

Pour les trafiquants, l’utilisation des technologies comporte de nombreux avantages. Elles permettent un plus grand anonymat, une communication en temps réel, mais chiffrée, le contact avec un plus grand nombre de personnes (victimes et clients), une forte mobilité géographique et le contrôle des victimes à distance. Les trafiquants utilisent aujourd’hui les technologies à chaque étape de l’exploitation sexuelle. Ils s’en servent pour embrigader leurs victimes, pour en faire la promotion, et même pour leur faire du chantage à base de photos et de vidéos et en contrôlant leurs mouvements à chaque instant. La gestion financière des activités criminelles est également souvent effectuée en ligne.

Le rapport d’Europol souligne que l’utilisation des technologies modernes implique que les trafiquants n’ont plus besoin d’être à proximité de leurs victimes pour les contrôler. Avant l’ère du numérique, les trafiquants contrôlaient leurs victimes par la violence et en restreignant leurs mouvements par la force. Aujourd’hui, ils les contrôlent par diverses formes de chantage (par exemple en menaçant de partager des photos et des vidéos d’actes sexuels en ligne), ainsi que par des moyens virtuels de restriction de mouvements et de surveillance en temps réel (par exemple, par GPS, par les caméras vidéo intégrées aux smartphones et par des applications de partage de localisation).

L’utilisation des technologies modernes a également influencé la structure traditionnelle des réseaux de trafic et la répartition des tâches dans ces réseaux. Les criminels assument des rôles centraux à l’aide d’Internet, en particulier dans les réseaux de trafic impliqués dans l’exploitation sexuelle.

Le contexte économique actuel, fortement impacté par la crise de COVID-19, pourrait avoir de dangereuses conséquences dans le domaine du trafic d’êtres humains. De plus en plus d’individus risquent de se trouver en situation de détresse économique, susceptibles d’accepter n’importe quelle opportunité de travail, ce qui ne ferait que multiplier les options des délinquants. Dans le même temps, la demande de main-d’œuvre bon marché est en hausse, ce qui peut constituer un facteur d’attraction et entraîner une augmentation potentielle du trafic d’êtres humains au sein de l’Union européenne.

Selon le document d’Europol, dans les années à venir, il sera crucial de définir d’un commun accord des cadres juridiques et techniques à mettre en œuvre pour lutter efficacement contre le trafic d’êtres humains à l’ère du numérique.

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L’insécurité est considérée comme le principal problème au Salvador

Au Salvador, jusqu’en 2009, la population considérait que le principal problème du pays était sa situation économique. Depuis 2009, la criminalité et l’insécurité qui en découle sont considérées comme les principaux problèmes. Ces données sont issues du Portail de transparence de la police nationale civile du Salvador, de l’Institut d’opinion publique de l’Université d’Amérique centrale José Simeón Cañas (IUDOP/UCA) et de l’organisme de sondage Latinobarómetro.

Malgré les réductions ponctuelles du nombre de morts violentes depuis 2010, il reste nettement plus élevé que les chiffres enregistrés en Amérique latine. En 2018, la plupart des victimes de mort violente étaient des hommes (88,4 %), et 44,3 % des victimes étaient âgées de 18 à 29 ans.

De manière générale, entre 2017 et 2018, on observe une baisse de 6 % de l’ensemble des crimes et délits, mais pas des morts violentes. Les délits ayant le plus augmenté sont les vols de véhicule avec violences (+19,4 %) et les vols de véhicule sans violence (+9,0 %), suivis des enlèvements (+6,7 %). Le nombre d’homicides commis au volant d’une voiture et de morts dans des accidents de la route a également augmenté (+5,5 %). Par ailleurs, on observe une diminution des vols de véhicule de transport de marchandises avec violences et sans violence (-16,7 %), des vols avec violences (-13,6 %) et des vols sans violence (-12 %).

En ce qui concerne les victimes, selon les chiffres recueillis pour la période 2001-2018, 2 Salvadoriens sur 10 ont été victimes de crime ou délit. Cependant, on observe un taux sensiblement plus faible en 2018, 16,5 %, soit le taux plus bas depuis 2005.

Il convient également de noter qu’en 2017, 78,1 % des victimes n’ont pas porté plainte auprès des autorités compétentes. Ce pourcentage s’élevait à 80,5 % en 2018. Cela signifie que seules 2 infractions sur 10 ont été enregistrées par la police nationale civile ou les tribunaux. En outre, en 2018, 35,4 % des personnes interrogées seulement ont affirmé avoir confiance en la police nationale civile.

Par ailleurs, le pourcentage de personnes ayant déclaré avoir peur de marcher seules à proximité de leur domicile a légèrement diminué entre 2017 et 2018. Ce pourcentage a surtout baissé chez les femmes, avec une diminution de 3,1 % en 2018 par rapport à 2017. Cependant, on constate une augmentation de 184,5 % du nombre de féminicides en 2018 par rapport à 2013, année pendant laquelle ce crime a commencé à être érigé en infraction, avec la loi complète spéciale pour une vie sans violence pour les femmes (LEIV).

Il convient de noter qu’en 2015, le féminicide a été identifié comme la cause de 59,4 % des morts violentes de femmes. Ce pourcentage a atteint 75,9 % en 2017 et 81,9 % en 2018. Cela pourrait être lié à la création d’un type d’infraction correspondant à ces actes de violence et aux possibilités accrues de les dénoncer comme féminicides.

En ce qui concerne les prisons, entre 2010 et 2016, la surpopulation carcérale est passée de 202 % à 378 %. Le Salvador a l’un des taux d’emprisonnement les plus élevés du continent latino-américain, avec 609 personnes incarcérées pour 100 000 habitants en 2018. La même année, le chiffre moyen en Amérique latine était 376 personnes incarcérées pour 100 000 habitants et, dans le monde, 145 personnes incarcérées pour 100 000 habitants.

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Le radicalisme d’extrême droite se propage aux services de sécurité allemands

Un rapport du service fédéral de renseignement allemand recense plus de 1400 cas dans lesquels des soldats, des policiers ou des agents de renseignement étaient suspectés de pouvoir commettre des actes extrémistes.

Le rapport est une première tentative de documentation de l’étendue de l’infiltration de l’extrême droite au sein des services de sécurité. Il est publié au moment où les cas d’extrémisme détectés parmi les forces de police et les forces armées se multiplient.

Des dizaines de policiers ont été suspendus pour avoir rejoint des groupes de discussion d’extrême droite et partagé de la propagande néo-nazie. En juin de cette année, le ministre de la Défense a dissous tout un groupe de forces spéciales en Allemagne après qu’un sergent-major a été trouvé en possession d’explosifs, d’une mitrailleuse et de souvenirs SS.

Le ministre de l’Intérieur allemand, Horst Seehofer, a insisté sur le fait qu’il n’existait aucun problème structurel, puisque la grande majorité des membres des services de sécurité est fidèle à la constitution allemande. Il estime que le nombre de cas est faible et que les membres des agences de sécurité allemandes sont dans leur grande majorité (plus de 99 %) « fortement attachés à la Constitution ».

Ce rapport de 98 pages, qui couvre une période débutant en janvier 2017, explique que le nombre réel d’extrémistes est certainement plus élevé que celui rapporté, et avertit que des agents hautement qualifiés et radicalisés, même en nombre relativement restreint, représentent une menace considérable pour l’État et pour la société. Identifier les extrémistes reste une priorité pour les services de sécurité, selon le rapport.

Pendant des années, les politiciens allemands et les directeurs des services de sécurité ont rejeté toute allégation d’infiltration de l’extrême droite dans les services de sécurité, ne reconnaissant que des cas individuels. Mais le nombre de cas a continué d’augmenter depuis que les données du rapport ont été collectées.

Le mois dernier, le directeur de l’agence de contre-espionnage militaire, Christof Gramm, a été démis de ses fonctions car l’organisme de surveillance avait failli plusieurs fois à sa mission de détection et de contrôle de l’extrémisme au sein des forces armées.

Thomas Haldenwang, le directeur du renseignement national à l’agence fondée après la Seconde Guerre mondiale, connue sous le nom d’Office fédéral pour la protection de la Constitution, a averti que l’extrémisme et le terrorisme d’extrême droite représentaient actuellement le plus grand risque pour la démocratie allemande.

Au cours des 15 derniers mois, l’Allemagne a connu trois attaques terroristes mortelles perpétrées par des radicaux d’extrême droite : un homme politique local a été abattu sur son porche, une synagogue a été attaquée et neuf personnes d’origine étrangère ont été abattues.

Au mois de septembre, l’État de Rhénanie-du-Nord-Westphalie a suspendu 29 policiers soupçonnés de partager des images de Hitler et de la propagande néo-nazie violente sur des groupes de discussion en ligne. La semaine dernière, on a découvert qu’un autre groupe, cette fois-ci constitué d’agents des services de renseignement chargés de surveiller le radicalisme d’extrême droite, partageait des vidéos xénophobes et anti-islamiques.

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Amélioration des données concernant la sécurité publique en République dominicaine

L’étude des données sur la sécurité publique a été réalisée avec les chiffres officiels de l’Observatoire de la sécurité publique de la République dominicaine et des onze institutions qui le composent.

Le taux d’homicides volontaires pour 100 000 habitants maintient une forte tendance à la baisse, avec un taux de 9,9 à la fin de la période 2019, le plus bas des dix dernières années, si l’on prend en compte le fait qu’il était de 21,9 en 2011. Ainsi, les homicides volontaires ont été réduits de 60 % entre 2011 et 2019.

En ce qui concerne les homicides ayant pour victime une femme, leur nombre a diminué, passant de 233 en 2011 à 145 en 2019, mais leur pourcentage a augmenté, passant de 9,3 % en 2011 à 14,1 % en 2019.

Il est important de souligner le caractère saisonnier des homicides, puisque la quasi-totalité se produit pendant les mois d’été ou en décembre, et, de plus, les deux tiers des homicides volontaires ont lieu dans le cadre de la cohabitation : disputes, bagarres, violence familiale, etc.

Quant à la répartition par âge et sexe, la plus grande part des victimes, 42 %, étaient des jeunes âgés de 20 à 34 ans, et 86 % étaient des hommes.

L’étude rend également compte de l’utilisation d’armes à feu, qui sont responsables d’une grande partie des homicides volontaires. L’utilisation de ces armes a diminué au cours des dernières années, passant de 67 % en 2015 à 49 % en 2018. Il en va de même pour les blessures par balle, qui sont passées de 2542 en 2017 à 2145 en 2018.

Les chiffres s’améliorent également en ce qui concerne les morts causées par des accidents de la route, qui sont historiquement la principale cause de mort violente dans le pays. Ainsi, il y a eu 1588 morts en 2018 et 1418 en 2019. Plusieurs études concluent que les week-ends sont les moments les plus sujets aux accidents mortels, de même que le créneau horaire compris entre 18 h 00 et 23 h 59, ces périodes regroupant 28 % des cas. Enfin, il convient de noter que les motos sont impliquées dans 68 % des accidents mortels.

Par ailleurs, 6145 véhicules à moteur ont été déclarés volés en 2018. C’est l’un des rares indicateurs à augmenter d’année en année, puisque 5455 véhicules volés avaient été signalés en 2016, et 5970 en 2017.

L’étude fait également état des suicides, car il s’agit de l’un des rares indicateurs à augmenter quantitativement. La République dominicaine est passée de 557 suicides en 2014 à 571 en 2016 et 648 en 2018, avec un taux de 7,0 cas pour 100 000 habitants. Dans 84 % des cas, il s’agissait d’hommes.

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Situation et tendances en matière de terrorisme dans l’Union européenne 2020

Europol a publié le rapport TE-SAT 2020, qui présente une vision globale des incidents et des évolutions en matière de terrorisme dans l’Union européenne en 2019.

Les attaques terroristes dans l’Union ont fait dix morts et 27 blessés. Il s’agissait d’attentats djihadistes, sauf en ce qui concerne l’un des blessés, victime d’une attaque terroriste d’extrême droite. En plus de ces attaques terroristes, l’Allemagne a signalé deux attaques extrémistes violentes considérables qui ont fait trois morts et plusieurs blessés. En dehors du territoire de l’Union européenne, 17 civils d’États membres ont été tués dans un attentat terroriste au Sri Lanka, le 21 avril 2019.

En 2019, 1 004 personnes soupçonnées de délits liés au terrorisme ont été arrêtées dans 19 États membres de l’Union européenne, dans des pays comme la Belgique, la France, l’Italie, l’Espagne et le Royaume-Uni, qui ont enregistré les chiffres les plus élevés. Le nombre total de détenus a légèrement diminué pour la deuxième année consécutive, mais les chiffres montrent que le terrorisme reste géographiquement répandu dans toute l’Union.

Les États membres de l’Union européenne ont indiqué que les personnes emprisonnées pour des délits de nature terroriste, mais aussi les détenus qui se radicalisent en prison, représentent une menace, à la fois pendant leur incarcération et après leur libération. C’est ce qu’illustrent l’attaque inachevée du 5 mars dans une prison française et l’attaque déjouée du 23 juillet contre des gardiens de prison, en France également, ainsi que l’attaque du 29 novembre à Londres par un prisonnier récemment libéré, toutes survenues en 2019. La France a déclaré que plus de 500 terroristes condamnés sont incarcérés dans les prisons françaises, ainsi que 900 individus radicalisés. Entre mi-2018 et fin 2019, quatre attentats en tout ont été déjoués dans les prisons françaises.

Le nombre total d’incidents liés au djihadisme dans l’Union européenne a légèrement diminué (21 en 2019 et 24 en 2018), mais ces incidents touchent une zone qui reste géographiquement étendue. Huit États membres ont subi des attaques terroristes djihadistes achevées, ratées ​​ou déjouées, soit le même nombre qu’en 2018.

Comme les années précédentes, les attaques identifiées comme ethnonationalistes représentaient la plus grande part des attaques terroristes (57 sur 119). Leur nombre a diminué par rapport à 2018 (83).

En 2019, près de la moitié des attentats inspirés par le djihadisme impliquaient l’utilisation d’explosifs. L’objectif principal des terroristes était d’attenter à la vie de civils dans des lieux à forte fréquentation. Tous les attentats djihadistes ont échoué ou ont été déjoués par les autorités.

Dans l’Union européenne, peu d’éléments laissent à penser qu’il existe un lien systématique entre la délinquance et le terrorisme. Les criminels et les terroristes vivent dans certaines zones marginalisées, au sein de la même famille ou dans la même prison, ce qui rend possible le contact ou la coopération fondée sur des transactions. Il convient cependant de noter que les criminels se méfient des individus suspectés d’actes terroristes, car ils attirent l’attention sur leurs activités. Les criminels expérimentés font, en revanche, d’intéressantes recrues pour les groupes terroristes.

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La pandémie de COVID-19 a accru la cybercriminalité

Au mois d’octobre, Europol a publié le rapport de 2020 sur la cybercriminalité, qui présente les dernières tendances et l’impact actuel de la cybercriminalité dans l’Union européenne et le reste du monde.

La pandémie de COVID-19, qui a affecté les quatre coins du monde, nous a forcés à repenser nos sociétés, à réinventer notre mode de vie et notre façon de travailler. Pendant cette immobilisation, nous nous sommes tournés vers Internet pour conserver une impression de normalité, en faisant nos achats, en travaillant ou en apprenant en ligne, à une échelle inédite. Les cybercriminels en ont profité dans plusieurs domaines de délinquance.

Le phishing reste une véritable menace. Les criminels utilisent des méthodes innovantes pour lancer des attaques de plus grand volume et plus élaborées. Ils ont rapidement commencé à exploiter la pandémie pour s’en prendre aux plus vulnérables. Le phishing, les escroqueries en ligne et la diffusion de fausses nouvelles sont devenues des stratégies idéales pour les cybercriminels, qui cherchent également à vendre certains articles en ligne en prétendant qu’ils permettent de prévenir ou de soigner la COVID-19.

Le chiffrage est une caractéristique décisive d’un nombre croissant de services et d’outils. Pour les forces de l’ordre, pouvoir accéder aux données pertinentes et les collecter pour les enquêtes pénales représente un défi considérable.

Les attaques de logiciel de rançon (ransomware) sont maintenant plus élaborées ; elles sont lancées sur des organisations publiques ou privées, après une enquête préalable sur les victimes. Bien que la pandémie de COVID-19 ait provoqué une augmentation de la cybercriminalité, les attaques de logiciel de rançon ciblaient déjà le secteur sanitaire bien avant cette crise. En outre, les criminels ont inclus une autre étape à leurs attaques de logiciel de rançon : ils menacent de mettre aux enchères les données obtenues, incitant d’autant plus les victimes à payer la rançon.

Au cours des dernières années, on a observé une certaine stabilité en ce qui concerne les principales menaces liées à l’exploitation en ligne d’actes de maltraitance d’enfants. Malgré tout, on note une augmentation considérable du nombre de supports pédopornographiques détectés en ligne au plus fort de la crise de COVID-19. Les criminels ont recours à divers outils pour dissimuler ces actes, comme les réseaux P2P et les applications de communication chiffrée.

La diffusion en direct d’abus faits aux enfants a encore augmenté, notamment pendant la crise de COVID-19, lorsque les restrictions de mobilité empêchaient les délinquants d’abuser physiquement des enfants. Dans certains cas, ils utilisent des applications d’appel vidéo avec système de paiement intégré, ce qui constitue une difficulté majeure pour les forces de l’ordre, car le contenu n’est pas enregistré.

L’échange de cartes SIM, qui permet aux criminels de prendre le contrôle de comptes liés à une carte, est l’une des nouvelles tendances de cette année. Le fraudeur échange la carte SIM de la victime avec l’une des siennes, afin d’intercepter les mots de passe à usage unique utilisés lors de processus d’authentification.

Pendant l’année 2019 et au début de l’année 2020, on a observé une forte volatilité sur le dark Web. Le cycle de vie des marchés du dark Web s’est raccourci, et aucun marché ne s’est clairement établi comme marché dominant au cours de l’année écoulée. Si Tor reste l’infrastructure la plus utilisée, les criminels ont commencé à vendre leurs produits illégaux sur d’autres plateformes de marché décentralisées qui permettent une plus grande confidentialité. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un phénomène nouveau, ces plateformes ont pris de plus en plus d’importance au cours de l’année écoulée.

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