Comment améliorer les interventions policières avec les personnes handicapées

La réponse de la police aux incidents ou aux situations impliquant des personnes handicapées, que ce soit en tant que victimes, auteurs ou témoins est une question sensible qui a généré des dysfonctionnements dans le monde entier. En Australie, la Commission royale sur la violence, les abus, la négligence et l’exploitation des personnes handicapées a publié en octobre 2021 un rapport de recherche sur cette question, préparé par des chercheurs de l’Université de Nouvelle-Galles du Sud à Sydney.

Les recherches visaient, entre autres objectifs, à fournir des preuves de ce type d’action en Australie et de situations à risque qui en découlent, ainsi que des améliorations possibles de la réponse initiale aux situations d’urgence impliquant des personnes handicapées.

Outre un examen des publications universitaires (en Australie et dans le contexte international), les recherches ont permis de recueillir des données sur les politiques et les pratiques de la police, d’analyser et d’étudier des cas concrets afin de comprendre les expériences des personnes handicapées, d’identifier les principaux défis et le moment des réponses de la police, et de consulter des représentants des personnes handicapées et des officiers de police afin d’examiner les expériences et les points de vue des deux parties.

En ce qui concerne les connaissances académiques existantes, il convient de noter que la plupart des recherches se sont concentrées sur des expériences où des personnes souffrant d’un handicap mental ou d’un désavantage social complexe ont été criminalisées. De plus, la plupart des publications concluent que les réponses de la police aux personnes handicapées sont souvent profondément inadéquates. L’une des principales lacunes qu’ils constatent est la capacité à recueillir des données fiables sur les personnes handicapées dans les bases de données de la police australienne.

En ce qui concerne les expériences de la police, elles ont été regroupées en neuf domaines d’analyse :

  • existence d’un plan d’action ou similaire pour les personnes handicapées ;
  • collecte de données sur les personnes handicapées ;
  • existence d’interlocuteurs ou de personnes de liaison ;
  • mécanismes consultatifs ;
  • direction de l’entreprise ;
  • informations accessibles ;
  • formation ;
  • procédures opérationnelles, et
  • autres expériences.

Les résultats montrent une grande différence dans la manière dont les huit districts de police gèrent ces situations, une seule (Victoria) ayant une expérience dans les neuf domaines, tandis qu’une autre (le Territoire du Nord) n’en avait aucune.

De même, les entretiens avec les représentants des personnes handicapées ont notamment confirmé une cohérence avec les conclusions de la littérature académique. Outre les facteurs liés aux handicaps des personnes, ils soulignent également l’influence d’autres facteurs, comme la situation socio-économique, la culture, la pauvreté, le désavantage, la discrimination, le racisme et le sexisme. Ces entretiens, tout en montrant de nombreux exemples de pratiques médiocres ou préjudiciables, ont également fourni des exemples de bonnes pratiques. La principale conclusion de l’étude, comme mentionné ci-dessus, est que « les réponses de la police aux personnes handicapées sont, en général, inadéquates, nuisent souvent au bien-être des personnes handicapées et peuvent avoir un impact négatif et significatif sur leurs droits en matière de justice ». Deux facteurs concomitants ressortent comme des causes qui pourraient contribuer à résoudre ce problème. D’une part, on constate une augmentation des cas où la police est utilisée pour répondre à des problèmes sociaux, même si ce n’est pas la réponse la plus appropriée. D’autre part, on observe une réduction budgétaire dans les services sociaux adéquats pour fournir cette réponse.

Enfin, quelques pistes d’amélioration sont proposées dans deux domaines, celui des politiques (dans la collecte et l’analyse des données, dans la réponse aux personnes handicapées qui ont été victimes de la criminalité et de réponses inefficaces de la part de la police, entre autres) et celui des pratiques concrètes (comme l’élaboration de directives ou de procédures pour les agents de première ligne, ou le développement d’un cadre politique pour la police, ou l’obligation d’avoir des intermédiaires dans les relations avec les personnes handicapées).

Vous pouvez consulter le rapport sur le site Web de la Commission, où, en plus de la version complète, une version « facile à lire » est également disponible, contenant un résumé avec des images pour expliquer les idées du document.

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Enquête sur la sécurité publique en Catalogne : 10 notes

Au cours des mois de novembre et décembre 2020, le travail de terrain a été réalisé pour l’Enquête de sécurité publique de Catalogne (ESPC) correspondant à l’édition de cette année. Au total, 7 900 interviews ont été effectuées auprès de la population catalane de 16 ans et plus, sur la base d’un échantillon stratifié en neuf zones territoriales (neuf circonscriptions de police) et établissant des quotas selon le sexe et l’âge. Voici une compilation des principaux indicateurs et conclusions.

  1. On constate une légère augmentation du pourcentage de personnes ayant subi au moins un événement considéré comme un crime (+1,8). Ce taux de victimisation diminue (-3,6) si l’on élimine les tromperies, fraudes et escroqueries.
  2. Le coefficient de multivictimisation, c’est-à-dire le nombre moyen d’événements subis par chaque victime, est légèrement inférieur à celui de l’édition précédente (1,7 en 2017 et 1,5 en 2020).
  3. Barcelone est la circonscription de police ayant le taux de victimisation le plus élevé (34,1 %), viennent ensuite Camp de Tarragone (27,7 %), Région métropolitaine nord (27,5 %) et Gérone (26,9 %). Les circonscriptions de police qui enregistrent les plus fortes hausses sont Camp de Tarragone (+4,2), Gérone (+3,9), Comarques centrales (+3,1) et Région métropolitaine nord (+3). Les circonscriptions de police qui connaissent la plus forte baisse de la victimisation sont les Terres de l’Ebre (-2,8) et le Ponent (-2,6).
  4. La victimisation par domaine montre une augmentation significative des tromperies, fraudes et escroqueries (+6,1). 13,8 % des personnes interrogées ont été victimes d’au moins une escroquerie, fraude ou tromperie. Les autres domaines sont stables ou en diminution, comme les crimes de proximité contre les biens, les personnes ou les véhicules, probablement en raison des effets des mois de confinement sur les événements rapportés.
  5. 32,5 % des événements enregistrés sont des tromperies, fraudes et escroqueries, 14,6 points de plus que lors de l’édition 2017. Les méfaits liés aux véhicules perdent 4 points et représentent 25,1 % du total.
  6. 66,3 % des tromperies, fraudes et escroqueries ont été commis en ligne, 14,1 % en personne et 12,9 % par téléphone.
  7. La victimisation est répartie de manière égale entre les hommes et les femmes (27,9 % et 27,3 %, respectivement) ; les femmes sont légèrement plus victimisées dans les groupes d’âge plus jeunes (16 à 25 ans et 26 à 40 ans) et les hommes dans les groupes d’âge plus avancé (41 à 64 ans et 65 ans et plus).
  8. Diminution de 4,6 points du taux de plaintes. 26 % des actes considérés comme criminels ont été signalés par la signature d’un document à la police ou au tribunal. Les secondes résidences et domiciles sont les domaines qui présentent le taux de plaintes le plus élevé (52,1 % et 46 %, respectivement) et les tromperies, fraudes et escroqueries, le taux le plus faible (16,8 %).
  9. L’évaluation du niveau de sécurité de la municipalité est en moyenne de 6,8 sur 10, en légère baisse par rapport à 2017 (7,2). Les hommes et les femmes obtiennent des moyennes très similaires. Toutefois, lorsqu’on demande aux personnes interrogées si elles ont cessé de faire certaines activités par crainte d’être victimes de la criminalité, parmi les réponses positives (environ 32 %), 42,2 % correspondent à celles des femmes et 21,3 % à celles des hommes.
  10. L’évaluation des forces de police (PG-ME et police locale) revient aux valeurs de 2015 après une édition, en 2017, très conditionnée par les attentats du 17 août et les événements du 1er octobre. La PG-ME et la police locale obtiennent respectivement 7,3 et 6,9 sur 10.

Vous pouvez consulter la présentation des résultats en utilisant le lien suivant Enquête sur la sécurité publique en Catalogne 2020.

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IOCTA 2021 : le nouveau rapport sur les dernières cybermenaces

L’accélération de la numérisation associée à la pandémie de COVID-19 a considérablement influencé le développement d’un certain nombre de cybermenaces, comme l’explique la nouvelle édition de l’évaluation de la menace que représente la criminalité organisée sur l’internet d’Europol.

Les criminels n’ont pas tardé à profiter des circonstances actuelles pour accroître leurs profits, étendant leurs tentacules dans divers domaines et exposant les vulnérabilités, par le biais de connexions à des systèmes, des hôpitaux ou des individus.

Alors que les groupes de logiciels de détournement ou ransomware ont profité de la généralisation du télétravail, les fraudeurs ont abusé de la peur du COVID-19 et de la recherche infructueuse de soins en ligne pour escroquer les victimes ou accéder à leurs comptes bancaires.

L’augmentation des achats en ligne en général a attiré davantage de criminels. Les enfants passant beaucoup plus de temps en ligne, notamment en confinement, la production et la diffusion de matériel explicite autogénéré a considérablement augmenté. Les infrastructures grises, notamment les services offrant un chiffrement de bout en bout, les VPN et les cryptomonnaies continuent de faciliter et de faire proliférer un large éventail d’activités criminelles. Cela a posé des défis importants pour les enquêtes sur les activités criminelles et la protection des victimes de la criminalité.

Outre l’intensification des efforts pour faire face à ces menaces du point de vue de l’application de la loi, il est essentiel d’ajouter une autre couche de protection en termes de cybersécurité. La mise en œuvre de mesures, telles que l’authentification multifacteur et la gestion des vulnérabilités, est extrêmement importante afin de diminuer l’exposition potentielle aux cybermenaces. La sensibilisation et la prévention sont des éléments clés pour réduire l’efficacité des cyberattaques et autres activités criminelles cybernétiques.

Les principales menaces actuelles sont les suivantes :

  • Les programmes d’affiliation de ransomware permettent à un plus grand groupe de criminels d’attaquer les grandes entreprises et les institutions publiques et les menacent avec des méthodes d’extorsion à plusieurs niveaux, comme les attaques DDoS.
  • Les logiciels malveillants mobiles évoluent et les criminels tentent de contourner les mesures de sécurité supplémentaires, telles que l’authentification à deux facteurs.
  • Les achats sur Internet ont entraîné une forte augmentation de la fraude en ligne.
  • Le matériel explicite autogénéré est une préoccupation croissante, car il est également distribué à des fins lucratives.
  • Les criminels continuent de duper les services légitimes tels que les VPN, les services de communication chiffrée et les cryptomonnaies.

Les groupes de logiciels malveillants ont utilisé la pandémie à leur avantage pour lancer des attaques plus sophistiquées et ciblées. Bien que le ransomware distribué à grande échelle semble être en déclin, les groupes cybercriminels optent pour des attaques manuelles bien orchestrées contre de grandes entreprises et des institutions gouvernementales.

La pandémie a également facilité la progression d’autres menaces, qui tentaient déjà de pénétrer le cyberespace de manière significative. Les logiciels malveillants mobiles, et plus particulièrement les chevaux de Troie bancaires, ont également été dotés de capacités permettant d’intercepter les messages textuels sur les dispositifs Android, compromettant ainsi les protocoles de sécurité d’authentification à deux facteurs.La production de matériel autogénéré constitue une menace majeure, et il s’agit d’une tendance alarmante, à laquelle même les jeunes enfants sont exposés. Attirés par des criminels utilisant de fausses identités sur les plateformes de jeux et les médias sociaux, de plus en plus d’enfants tombent dans le piège de la production et du partage de matériel explicite. L’enregistrement à l’insu des victimes et la diffusion ultérieure de matériel sexuel en direct constituent une autre menace inquiétante, appelée « capping ». Les réseaux peer-to-peer, un moyen d’échange de pair à pair, reste, avec le dark Web, un canal clé pour l’échange de matériel pédopornographique.

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Europol: le marché de la cocaïne devient de plus en plus violent

La diversification croissante de l’approvisionnement en cocaïne à la source a entraîné une augmentation de la violence, selon le dernier rapport sur la cocaïne d’Europol-UNODC.

Le trafic de cocaïne en Europe aujourd’hui serait principalement caractérisé par un degré de violence plus élevé, ainsi qu’un marché plus diversifié et plus concurrentiel. Ce rapport décrit la nouvelle dynamique du marché de la cocaïne et conclut qu’il représente clairement une menace pour la sécurité européenne et mondiale.

Le rapport a été publié dans le cadre du programme de travail CRIMJUST, Renforcer la coopération en matière de justice pénale le long des routes de la drogue, au titre du Programme des flux illicites globaux de l’UE.

La fragmentation du paysage criminel dans les pays sources a créé de nouvelles opportunités pour les réseaux criminels européens de recevoir un approvisionnement direct en cocaïne, supprimant ainsi les intermédiaires. Cette nouvelle concurrence sur le marché a conduit à une augmentation de l’offre de cocaïne et, par conséquent, à une violence accrue, une tendance mentionnée dans l’évaluation de la menace que représente la grande criminalité organisée dans l’Union européenne en 2021 d’Europol. Par exemple, les réseaux criminels des Balkans occidentaux ont établi des contacts directs avec les producteurs et ont acquis une place prépondérante dans l’approvisionnement en gros de la cocaïne.

Le rapport souligne l’importance de l’intervention à la source, car ce marché est fortement tributaire de la chaîne d’approvisionnement. Le fait de renforcer la coopération et d’intensifier l’échange d’informations entre les autorités policières améliorerait l’efficacité des enquêtes et la détection des cargaisons.

Le rapport insiste sur l’importance des enquêtes sur le blanchiment d’argent pour retracer les profits illégaux et la confiscation des produits illicites liés aux activités criminelles. Ces enquêtes financières sont au cœur de la lutte contre le trafic de cocaïne et permettent de s’assurer que les activités criminelles ne génèrent pas de profits.

Julia Viedma, cheffe de service du Centre opérationnel et d’analyse d’Europol, considère le trafic de cocaïne comme l’un des principaux problèmes de sécurité auxquels l’UE est actuellement confrontée. Près de 40 % des groupes criminels actifs en Europe sont impliqués dans le trafic de drogue, et le trafic de cocaïne génère des profits criminels de plusieurs millions d’euros. Une meilleure compréhension des défis auxquels fait face la police permettra de lutter plus efficacement contre la menace violente que les réseaux de trafic de cocaïne représentent pour les citoyens.

Chloé Carpentier, cheffe de la section de recherche sur les drogues de l’UNODC, a souligné que la dynamique actuelle de diversification et de prolifération des canaux d’approvisionnement en cocaïne, des acteurs criminels et des modalités risque de s’accentuer si rien n’est fait.

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Une épidémie d’homicides en Amérique centrale

Au cours des dernières décennies, l’histoire de l’Amérique centrale a été marquée par la violence, au point d’atteindre l’un des taux d’homicide et de criminalité les plus élevés au monde. Selon le dernier rapport sur les homicides publié par l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC), l’Amérique, avec seulement 13 % de la population mondiale, a enregistré 42 % de toutes les victimes du monde.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime que, lorsque le taux d’homicides pour 100 000 habitants dans un pays est supérieur à 10, on observe une véritable épidémie d’homicides. À l’exception du Costa Rica et du Nicaragua, le reste des nations d’Amérique centrale dépasse ce classement, en particulier les trois du pays connus sous le nom de triangle du Nord (El Salvador, Honduras et Guatemala), le taux au Salvador étant particulièrement élevé, soit un taux de 62,1 pour 100 000 habitants en 2017, bien que les derniers mois le taux ait diminué à 30, suivi du Honduras, avec un taux de 41,7 pour 100 000 habitants.

Ces pays sont passés de la violence politique à l’époque des guerres civiles des années 1980 à la violence d’après-guerre, aujourd’hui une violence à caractère social, marquée par l’émergence de nouveaux acteurs dangereux, tels que les maras et le crime organisé. Il s’agit de délinquants et de criminels dont les finalités ne sont pas idéologiques ou politiques, mais de particuliers ou de groupes, des finalités surtout économiques, dans le cas du crime organisé, et identitaires et sociales dans le cas des maras. Cette nouvelle criminalité s’est propagée comme une maladie dans toute cette région jusqu’à ce qu’elle devienne l’une des régions les plus dangereuses du monde. Elle est à l’origine de nombreux déplacements internes (71 500 personnes au Salvador entre 2006 et 2016, et 174 000 personnes au Honduras entre 2004 et 2014) et externes survenus au cours de la dernière décennie, de la part d’une population qui a souvent pour seule issue la fuite.

La violence affecte incontestablement les trois pays du triangle du Nord, bien que tous ne souffrent pas des mêmes problèmes, car il y a des nuances. Le Guatemala a une économie croissante et le pays est moins touché par le phénomène des maras, bien que le crime organisé y soit plus présent, son état est plus faible, il y a davantage de corruption entre la classe politique, et l’armée et la police sont des entités pénétrées par le crime. Le Honduras est très durement touché par les maras et par le crime organisé, et la police et l’armée sont également des entités pénétrées par le crime.

La République du Salvador a moins de problèmes politiques et présente peu de pénétration criminelle dans les institutions de sécurité, mais c’est au contraire le pays le plus gravement affecté par le problème des maras et celui qui a le plus de difficultés en matière de développement économique.

En Amérique centrale, les maras existaient déjà avant les guerres civiles, mais le phénomène en tant que tel est né dans les années 1980 à Los Angeles (États-Unis), une ville alors connue comme le berceau des gangs qui est devenue par la suite la destination préférée de nombreuses familles du triangle du Nord qui fuyaient la guerre et les menaces de groupes paramilitaires.

Compte tenu de la situation dans les pays du triangle du Nord, il n’est pas étonnant que leurs habitants se voient dans la nécessité de les abandonner et de chercher refuge sous d’autres horizons. Selon une enquête de l’Université d’Amérique centrale du Salvador en 2019, 63,8 % des Salvadoriens souhaiteraient quitter le pays, et une enquête du réseau jésuite au Honduras, datant également de 2019, indique le même résultat pour 42 % des Honduriens.

Enfin, étant donné que de nombreux membres de gangs souhaiteraient abandonner les maras mais ne voient pas d’autre avenir possible, il serait nécessaire d’envisager et de soutenir des projets de réinsertion.

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Le rapport sur les risques mondiaux 2021 du Forum économique mondial

En 2020, la menace d’une pandémie mondiale s’est concrétisée. Selon plusieurs enquêtes menées par des gouvernements et des entreprises, tous les domaines de la société ont subi des dommages très graves et d’une grande ampleur.

C’est dans ce contexte que paraît le rapport sur les risques mondiaux 2021 du Forum économique mondial, la 16e édition de ce rapport. L’analyse se concentre sur les risques et les conséquences d’une aggravation des inégalités et de la fragmentation sociale. Dans certains cas, des disparités en matière d’efficacité sanitaire, de technologie ou d’opportunités de travail sont nées directement de la dynamique créée par la pandémie. Dans d’autres cas, les divisions sociales déjà présentes se sont accentuées et ont considérablement affaibli les réseaux de sécurité et les structures économiques.

Il convient de réduire les disparités actuelles, en fonction des actions menées à la suite de la pandémie de COVID-19, afin de reconstruire un avenir inclusif et accessible. Les divisions sociales et l’inaction concernant les inégalités économiques pourraient aggraver le changement climatique, une menace qui pèse toujours sur la planète.

On constate également une fragmentation sociale croissante, qui se manifeste par des risques persistants ou émergents, l’augmentation du chômage, le creusement du fossé numérique et une désillusion accrue chez les jeunes. Cela peut avoir de graves conséquences étant donné que la conjoncture économique est mauvaise et qu’il existe des risques environnementaux, géopolitiques et technologiques.

Le coût humain et économique immédiat de la pandémie de COVID-19 est très lourd. Elle menace d’anéantir les progrès accomplis ces dernières années en matière de réduction de la pauvreté et des inégalités et, à long terme, de fragiliser la cohésion sociale et la coopération mondiale. Les interactions et les mutations brutales des marchés pourraient entraîner des conséquences désastreuses et des pertes d’opportunités pour une grande partie de la population mondiale. Le malaise social, la fragmentation politique et les tensions géopolitiques auront un impact sur l’efficacité de notre réponse aux autres menaces clés de la décennie à venir : les cyberattaques, les armes de destruction massive et, surtout, le changement climatique.

Le rapport sur les risques mondiaux 2021 contient les résultats de la dernière enquête sur la perception des risques mondiaux, suivis de l’analyse de la croissance économique et sociale, des divisions industrielles, de leurs interconnexions et de leurs implications pour notre capacité à répondre aux principaux risques mondiaux qui requièrent une cohésion sociale et une coopération mondiale.

Le rapport se termine par des propositions d’amélioration, de résilience, élaborées à partir des leçons de la pandémie et de l’analyse des risques historiques.

Parmi les risques à plus forte probabilité pour les dix années à venir figurent les conditions météorologiques extrêmes, l’échec de l’action pour le climat et les dommages environnementaux occasionnés par l’homme, ainsi que les inégalités numériques et l’échec de la cybersécurité.

Parmi les risques à plus fort impact pour la prochaine décennie, le rapport liste les maladies infectieuses (avec la Chine au premier rang), suivies de l’échec de l’action pour le climat et d’autres risques environnementaux, ainsi que des armes de destruction massive, des crises de subsistance et des crises de dette.

Le rapport mentionne également les crises de l’emploi et des moyens de subsistance, la désillusion généralisée chez les jeunes, les inégalités numériques, la stagnation économique, les dommages environnementaux occasionnés par l’homme, l’affaiblissement de la cohésion sociale et les attaques terroristes.

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Le Costa Rica et la sécurité en Amérique centrale

Le Costa Rica est situé géographiquement en Amérique centrale. Il est bordé au nord par le Nicaragua, au sud par le Panama, à l’est par la mer des Caraïbes et à l’ouest par l’océan Pacifique. Son étendue territoriale est de 51 060 kilomètres carrés. Au 1er janvier 2019, sa population était d’un peu plus de 5 millions d’habitants.

Le taux d’homicides volontaires au Costa Rica pour 100 000 habitants maintient la tendance à la baisse depuis 2017 et atteint un taux de 11,2 à la fin de 2019, le plus bas de la période, et plus bas que la moyenne de l’Amérique latine, qui est de 20,1.

Le taux de morts violentes en 2018 était de 11,7 pour 100 000 habitants, soit environ la moitié de celui de l’Amérique latine. En 2018, il y a eu 586 morts violentes, 16 de moins qu’en 2017. Cette réduction est la première au cours des 6 dernières années, puisque depuis 2012, les morts violentes au Costa Rica avaient une tendance à la hausse.

91 % des victimes de mort violente en 2018 étaient des hommes. Cependant, le taux de morts violentes chez les femmes a augmenté de 0,3 point par rapport à 2017. Les principales victimes de mort violente sont les jeunes hommes âgés de 18 à 30 ans. Sur le total des victimes, 41 % étaient des hommes de cette tranche d’âge.

C’est dans les provinces de San José et Limón que le plus grand nombre de morts violentes s’est produit. Une mort violente sur deux dans le pays a été commise dans ces deux provinces.

En 2018, 504 viols et sévices sexuels ont été signalés. Ces délits représentent une réduction plus importante par rapport à 2017, avec une baisse de 5 %.

Environ 9 plaintes sur 10 ont été déposées par des femmes, les principales victimes étant âgées de 15 à 17 ans. Le taux de viols dans ce groupe de femmes est 4 fois plus élevé que dans les autres tranches d’âge.

Les délits contre la propriété sont les faits les plus signalés au Costa Rica. Le principal délit contre la propriété est le vol, avec un total de 18 489 enregistrements en 2018, soit 31 % du total.

Dans le cas des vols, la plupart ont été commis contre des personnes. Cependant, les vols dans les habitations et les véhicules représentent un pourcentage plus élevé que les attaques. Enfin, les cambriolages visaient principalement des habitations, et ensuite les vols de véhicules.

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La lutte contre le trafic d’êtres humains à l’ère du numérique

Les technologies modernes de la communication (Internet, les réseaux sociaux et les applications mobiles) ont eu un impact significatif sur la manière dont les groupes de crime organisé participent au trafic d’êtres humains à l’échelle internationale. C’est ce qu’explique le récent rapport d’Europol d’octobre 2020 sur les défis de la lutte contre le trafic d’êtres humains à l’ère du numérique.

Les technologies élargissent les possibilités de trafic des délinquants dans divers types d’exploitation : exploitation sexuelle ou par le travail, prélèvement d’organes, adoption illégale d’enfants, ou encore mariage forcé.

Pour les trafiquants, l’utilisation des technologies comporte de nombreux avantages. Elles permettent un plus grand anonymat, une communication en temps réel, mais chiffrée, le contact avec un plus grand nombre de personnes (victimes et clients), une forte mobilité géographique et le contrôle des victimes à distance. Les trafiquants utilisent aujourd’hui les technologies à chaque étape de l’exploitation sexuelle. Ils s’en servent pour embrigader leurs victimes, pour en faire la promotion, et même pour leur faire du chantage à base de photos et de vidéos et en contrôlant leurs mouvements à chaque instant. La gestion financière des activités criminelles est également souvent effectuée en ligne.

Le rapport d’Europol souligne que l’utilisation des technologies modernes implique que les trafiquants n’ont plus besoin d’être à proximité de leurs victimes pour les contrôler. Avant l’ère du numérique, les trafiquants contrôlaient leurs victimes par la violence et en restreignant leurs mouvements par la force. Aujourd’hui, ils les contrôlent par diverses formes de chantage (par exemple en menaçant de partager des photos et des vidéos d’actes sexuels en ligne), ainsi que par des moyens virtuels de restriction de mouvements et de surveillance en temps réel (par exemple, par GPS, par les caméras vidéo intégrées aux smartphones et par des applications de partage de localisation).

L’utilisation des technologies modernes a également influencé la structure traditionnelle des réseaux de trafic et la répartition des tâches dans ces réseaux. Les criminels assument des rôles centraux à l’aide d’Internet, en particulier dans les réseaux de trafic impliqués dans l’exploitation sexuelle.

Le contexte économique actuel, fortement impacté par la crise de COVID-19, pourrait avoir de dangereuses conséquences dans le domaine du trafic d’êtres humains. De plus en plus d’individus risquent de se trouver en situation de détresse économique, susceptibles d’accepter n’importe quelle opportunité de travail, ce qui ne ferait que multiplier les options des délinquants. Dans le même temps, la demande de main-d’œuvre bon marché est en hausse, ce qui peut constituer un facteur d’attraction et entraîner une augmentation potentielle du trafic d’êtres humains au sein de l’Union européenne.

Selon le document d’Europol, dans les années à venir, il sera crucial de définir d’un commun accord des cadres juridiques et techniques à mettre en œuvre pour lutter efficacement contre le trafic d’êtres humains à l’ère du numérique.

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L’insécurité est considérée comme le principal problème au Salvador

Au Salvador, jusqu’en 2009, la population considérait que le principal problème du pays était sa situation économique. Depuis 2009, la criminalité et l’insécurité qui en découle sont considérées comme les principaux problèmes. Ces données sont issues du Portail de transparence de la police nationale civile du Salvador, de l’Institut d’opinion publique de l’Université d’Amérique centrale José Simeón Cañas (IUDOP/UCA) et de l’organisme de sondage Latinobarómetro.

Malgré les réductions ponctuelles du nombre de morts violentes depuis 2010, il reste nettement plus élevé que les chiffres enregistrés en Amérique latine. En 2018, la plupart des victimes de mort violente étaient des hommes (88,4 %), et 44,3 % des victimes étaient âgées de 18 à 29 ans.

De manière générale, entre 2017 et 2018, on observe une baisse de 6 % de l’ensemble des crimes et délits, mais pas des morts violentes. Les délits ayant le plus augmenté sont les vols de véhicule avec violences (+19,4 %) et les vols de véhicule sans violence (+9,0 %), suivis des enlèvements (+6,7 %). Le nombre d’homicides commis au volant d’une voiture et de morts dans des accidents de la route a également augmenté (+5,5 %). Par ailleurs, on observe une diminution des vols de véhicule de transport de marchandises avec violences et sans violence (-16,7 %), des vols avec violences (-13,6 %) et des vols sans violence (-12 %).

En ce qui concerne les victimes, selon les chiffres recueillis pour la période 2001-2018, 2 Salvadoriens sur 10 ont été victimes de crime ou délit. Cependant, on observe un taux sensiblement plus faible en 2018, 16,5 %, soit le taux plus bas depuis 2005.

Il convient également de noter qu’en 2017, 78,1 % des victimes n’ont pas porté plainte auprès des autorités compétentes. Ce pourcentage s’élevait à 80,5 % en 2018. Cela signifie que seules 2 infractions sur 10 ont été enregistrées par la police nationale civile ou les tribunaux. En outre, en 2018, 35,4 % des personnes interrogées seulement ont affirmé avoir confiance en la police nationale civile.

Par ailleurs, le pourcentage de personnes ayant déclaré avoir peur de marcher seules à proximité de leur domicile a légèrement diminué entre 2017 et 2018. Ce pourcentage a surtout baissé chez les femmes, avec une diminution de 3,1 % en 2018 par rapport à 2017. Cependant, on constate une augmentation de 184,5 % du nombre de féminicides en 2018 par rapport à 2013, année pendant laquelle ce crime a commencé à être érigé en infraction, avec la loi complète spéciale pour une vie sans violence pour les femmes (LEIV).

Il convient de noter qu’en 2015, le féminicide a été identifié comme la cause de 59,4 % des morts violentes de femmes. Ce pourcentage a atteint 75,9 % en 2017 et 81,9 % en 2018. Cela pourrait être lié à la création d’un type d’infraction correspondant à ces actes de violence et aux possibilités accrues de les dénoncer comme féminicides.

En ce qui concerne les prisons, entre 2010 et 2016, la surpopulation carcérale est passée de 202 % à 378 %. Le Salvador a l’un des taux d’emprisonnement les plus élevés du continent latino-américain, avec 609 personnes incarcérées pour 100 000 habitants en 2018. La même année, le chiffre moyen en Amérique latine était 376 personnes incarcérées pour 100 000 habitants et, dans le monde, 145 personnes incarcérées pour 100 000 habitants.

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Le radicalisme d’extrême droite se propage aux services de sécurité allemands

Un rapport du service fédéral de renseignement allemand recense plus de 1400 cas dans lesquels des soldats, des policiers ou des agents de renseignement étaient suspectés de pouvoir commettre des actes extrémistes.

Le rapport est une première tentative de documentation de l’étendue de l’infiltration de l’extrême droite au sein des services de sécurité. Il est publié au moment où les cas d’extrémisme détectés parmi les forces de police et les forces armées se multiplient.

Des dizaines de policiers ont été suspendus pour avoir rejoint des groupes de discussion d’extrême droite et partagé de la propagande néo-nazie. En juin de cette année, le ministre de la Défense a dissous tout un groupe de forces spéciales en Allemagne après qu’un sergent-major a été trouvé en possession d’explosifs, d’une mitrailleuse et de souvenirs SS.

Le ministre de l’Intérieur allemand, Horst Seehofer, a insisté sur le fait qu’il n’existait aucun problème structurel, puisque la grande majorité des membres des services de sécurité est fidèle à la constitution allemande. Il estime que le nombre de cas est faible et que les membres des agences de sécurité allemandes sont dans leur grande majorité (plus de 99 %) « fortement attachés à la Constitution ».

Ce rapport de 98 pages, qui couvre une période débutant en janvier 2017, explique que le nombre réel d’extrémistes est certainement plus élevé que celui rapporté, et avertit que des agents hautement qualifiés et radicalisés, même en nombre relativement restreint, représentent une menace considérable pour l’État et pour la société. Identifier les extrémistes reste une priorité pour les services de sécurité, selon le rapport.

Pendant des années, les politiciens allemands et les directeurs des services de sécurité ont rejeté toute allégation d’infiltration de l’extrême droite dans les services de sécurité, ne reconnaissant que des cas individuels. Mais le nombre de cas a continué d’augmenter depuis que les données du rapport ont été collectées.

Le mois dernier, le directeur de l’agence de contre-espionnage militaire, Christof Gramm, a été démis de ses fonctions car l’organisme de surveillance avait failli plusieurs fois à sa mission de détection et de contrôle de l’extrémisme au sein des forces armées.

Thomas Haldenwang, le directeur du renseignement national à l’agence fondée après la Seconde Guerre mondiale, connue sous le nom d’Office fédéral pour la protection de la Constitution, a averti que l’extrémisme et le terrorisme d’extrême droite représentaient actuellement le plus grand risque pour la démocratie allemande.

Au cours des 15 derniers mois, l’Allemagne a connu trois attaques terroristes mortelles perpétrées par des radicaux d’extrême droite : un homme politique local a été abattu sur son porche, une synagogue a été attaquée et neuf personnes d’origine étrangère ont été abattues.

Au mois de septembre, l’État de Rhénanie-du-Nord-Westphalie a suspendu 29 policiers soupçonnés de partager des images de Hitler et de la propagande néo-nazie violente sur des groupes de discussion en ligne. La semaine dernière, on a découvert qu’un autre groupe, cette fois-ci constitué d’agents des services de renseignement chargés de surveiller le radicalisme d’extrême droite, partageait des vidéos xénophobes et anti-islamiques.

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