La cyberdélinquance est de plus en plus ambitieuse

Le rapport sur la criminalité d’Europol de 2019 offre des informations sur les menaces émergentes et sur les principales nouveautés, comme par exemple le fait que la cybercriminalité continue de se développer et qu’elle est de plus en plus ambitieuse. En effet, elle s’oriente désormais vers des objectifs plus grands et plus rentables, ainsi que vers les nouvelles technologies. Les données sont la clé de la cyberdélinquance, tant du point de vue de la criminalité comme de celui de la recherche.

Phénomènes de cybercriminalité transversale
1. Les données sont au centre des scènes de crime. Les cyberdélinquants ciblent les données, ce pourquoi la confidentialité des données et la prise de conscience des consommateurs sont fondamentales pour les organisations.

  1. La criminalité informatique se développe et est de plus en plus ambitieuse. En effet, elle s’oriente désormais vers des objectifs plus grands et plus rentables.

Principales tendances du rapport sur la cybercriminalité de 2019
1. Le ransomware reste la principale menace de cyberdélinquance en 2019.

  1. Attaques par déni de service : si un ransomware est utilisé pour bloquer l’accès d’une organisation à ses propres données, cela peut devenir une menace.
  2. Surcharge de données pour lutter contre le matériel d’exploitation sexuelle des enfants : la quantité de matériel détecté en ligne par la police et le secteur privé ne cesse d’augmenter. Une augmentation qui implique un effort considérable au niveau des ressources des chercheurs. L’un des développements à craindre est l’exploitation sexuelle de mineurs en ligne. Le deepfake est une technique qui consiste à superposer des images ou des vidéos sur une autre vidéo.
  3. Le matériel explicite généré automatiquement est de plus en plus courant, notamment en raison de l’augmentation du nombre de mineurs ayant accès à des smartphones de haute qualité.
  4. Villes intelligentes: les attaques de ransomware les plus visibles en 2019 ont touché les gouvernements, en particulier les États-Unis.
  5. La police réagit de plus en plus souvent aux attaques d’infrastructures cruciales.
  6. Le darknet est de plus en plus fragmenté. Certains groupes de crime organisé fragmentent également leurs activités en plusieurs services et marchés en ligne, ce qui représente un nouveau défi pour les chercheurs.
  7. Marchés de blockchain: en plus d’échapper aux autorités, les développeurs criminels sont également motivés par le besoin de renforcer la relation de confiance avec leur base de clients, à la fois en termes d’anonymat et de réduction du risque d’arnaques.
  8. Engagement par courrier électronique commercial : les données sont de nouveau au centre de l’attention en ce qui concerne l’engagement par e-mail commercial, une priorité communiquée à la fois par les États membres et par le secteur privé. Si ce type de délit n’est pas nouveau, il évolue très rapidement. Il s’agit d’une arnaque qui profite de la façon dont les entreprises exercent leurs activités, en tirant parti des structures d’entreprises séparées et des lacunes internes au niveau des processus de vérification des paiements.
  9. Protocole de réponse d’urgence de l’UE : la réponse coordonnée aux cyberattaques à grande échelle est toujours un défi important pour une coopération internationale efficace dans l’écosystème de la cybersécurité.

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Le fentanyl, plus mortel que l’héroïne

Le nombre de décès liés aux opioïdes synthétiques aux États-Unis est passé d’environ 3 000 en 2013 à plus de 30 000 en 2018. En effet, les opioïdes synthétiques tels que le fentanyl sont actuellement impliqués dans deux fois plus de décès que l’héroïne.

Un livre [1] montrant une évaluation systématique du passé, du présent et du possible futur des opioïdes synthétiques vient d’être présenté aux États-Unis. Il se base sur l’analyse de données secondaires, des revues de littérature, des études de cas internationales et des interviews d’informateurs clés. Son objectif est de fournir aux décideurs, aux chercheurs, aux médias et au public des connaissances qui leur permettront de mieux comprendre le problème des opioïdes synthétiques et d’apprendre à y répondre.

Principales conclusions

Le fentanyl et les autres opioïdes synthétiques dominent certains marchés régionaux de la drogue au Canada et à l’Est des États-Unis.

Des facteurs liés à l’offre, plus que l’augmentation de la demande, expliquent la diffusion du fentanyl. Ils comprennent la diffusion en ligne de méthodes de synthèse plus efficaces, le commerce électronique anonyme, etc.

Sur certains marchés, le fentanyl remplace entièrement l’héroïne, plutôt que de seulement la frelater ou la compléter.

La diffusion des opioïdes synthétiques se base sur les décisions des fournisseurs, et non pas sur la demande des utilisateurs.

Les problèmes qui existent actuellement dans certaines régions du Canada sont aussi graves qu’à l’Est des États-Unis, malgré d’importantes différences au niveau de la politique en matière de drogue et de la prestation des services de santé publics et des services sociaux.

La propagation du fentanyl est rapide et persistante de façon épisodique.

Il est possible que les problèmes liés aux opioïdes synthétiques s’aggravent.

Le problème des opioïdes synthétiques aux États-Unis n’a pas encore une portée véritablement nationale. En effet, pour le moment, certaines régions à l’ouest du Mississipi ne sont pas autant affectées.

Recommandations

Il est indispensable de mettre en place des mesures pour éviter que les opioïdes synthétiques touchent les régions du pays qui n’ont encore été affectées que modérément.

Les responsables politiques doivent innover dans les régions et secteurs dans lesquels les opioïdes synthétiques sont produits. Il faudrait sérieusement envisager de nouvelles approches pour répondre à la crise actuelle (par exemple, interrompre les transactions en ligne, superviser les lieux de consommation et mettre en place de nouvelles modalités de traitement, comme le traitement assisté par héroïne ou encore l’analyse du contenu des médicaments). Il s’agit d’une démarche nécessaire en raison de la nature et de l’échelle du défi posé par les opioïdes synthétiques qui, sous leurs formes et selon leurs méthodes de distribution actuelles, représentent une solution de sortie des crises précédentes. En effet, la résolution de cette crise pourrait demander des approches ou des technologies qui n’existent pas encore.
Les gouvernements ont la seule responsabilité de financer la collecte de données et le suivi de la consommation et des marchés de la drogue.  La crise du VIH/SIDA a généré de grands investissements dans de nouvelles données et de nouveaux systèmes de contrôle, comme le système national de surveillance du comportement du VIH. Le nombre de décès liés aux opioïdes est similaire à celui du pic de l’épidémie du VIH/SIDA, mais il n’y a encore eu aucun investissement comparable pour améliorer les systèmes de contrôle dans ce secteur.

[1] The future of Fentanyl and Other Synthetic Opioids, Bryce Pardo, Jirka Taylor, Jonathan P. Caulkins, Beau Kilmer, Peter Reuter & Bradley D. Stein.

https://www.rand.org/pubs/research_reports/RR3117.html

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Un allemand sur quatre est victime de délits sur Internet

L’Office fédéral allemand de la sécurité des technologies de l’information (https://www.bsi.bund.de/DE/Home/home_node.html) a publié les résultats d’un sondage en ligne mené au mois d’avril 2019 auprès de 2 000 personnes âgées de 16 à 69 ans[1]. Parmi les personnes interrogées, 24 % déclarent avoir été victimes d’un délit sur Internet, et 29 % considèrent le risque d’être victime d’un délit « digital » comme « très élevé » ou « élevé ».

Plus précisément, 36 % disent avoir été victimes d’une fraude en achetant en ligne, 28 % de hameçonnage, 26 % d’un virus ou d’un cheval de Troie, 18 % d’une usurpation d’identité, 13 % d’un logiciel extorqueur et 13 % de cyberharcèlement, et certaines personnes interrogées ont même déclaré avoir été victimes de plusieurs types de délits.

Pourtant, 61 % d’entre elles ont indiqué qu’elles utilisaient déjà un antivirus, 58 % des mots de passe sécurisés et 52 % un pare-feu. En outre, 36 % des personnes interrogées ont déclaré qu’elles installaient toutes les mises à jour logicielles immédiatement, 32 % qu’elles modifiaient leur mot de passe régulièrement et 19 % qu’elles communiquaient par e-mail de façon cryptée (plusieurs réponses étaient possibles). En conséquence, 73 % affirment rechercher des informations en matière de sécurité sur Internet. Pour cela, 24 % consultent le site de l’Office fédéral allemand de la sécurité des technologies de l’information, et 47 % ceux de la police. Seulement 34 % affirment ne jamais avoir entendu parler de ces sites web.

Les tranches d’âge qui déposent le plus de réclamations sont celles des 60-69 ans (41 %) et des 50-59 ans (40 %). Les 16-29 ans et les 30-39 ans sont celles qui en déposent le moins (23 %). Les tranches d’âge qui s’informent le plus sur Internet sont également celles des 50-59 ans (38 % de façon régulière et 40 % en cas de problème) et des 60-69 ans (37 % et 38 %). Le sujet le plus recherché sur Internet est celui des banques en ligne (62 % des personnes interrogées). Bien que la plupart des personnes interrogées aient déjà entendu parler de mesures de prévention, seule une minorité les prend en compte et les consulte régulièrement (9 %).

Parmi les personnes qui ont déjà été des victimes « du numérique », les mesures de protection les plus fréquentes sont la mise à jour du pare-feu (50 %), l’amélioration de la sécurité des mots de passe (44 %) et la mise à jour de l’antivirus (40 %).

[1] Voir https://www.bsi.bund.de/SharedDocs/Downloads/DE/BSI/Digitalbarometer/Digitalbarometer-ProPK-BSI_2019.pdf?__blob=publicationFile&v=3

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Extorsion, violence et crime organisé en Amérique Latine

Selon une étude récente [1], l’extorsion est le deuxième délit le plus préjudiciable pour l’État de droit des pays d’Amérique latine, après les homicides. L’extorsion est non seulement devenue la principale source de revenus des maras, des gangs de jeunes et des groupes de crime organisé, mais au vu du nombre croissant de décès violents qui en résultent, il s’agit également de la principale menace pour la sécurité.

Par exemple, 24 % des habitants du Salvador disent avoir déjà été victimes d’extorsion, et au Guatemala, le nombre de plaintes déposées pour extorsion a augmenté de 55 % entre 2013 et 2018.

Au cours de ces dernières années, certains pays ont renforcé leurs efforts pour lutter contre les délits d’extorsion. Les solutions testées comprennent le durcissement des peines, les programmes de prévention spécialisés et le recours à des forces de police spéciales ou à des lignes téléphoniques exclusives pour la prise en charge des victimes. Une autre mesure qui gagne en popularité est le blocage des signaux des téléphones portables dans les prisons, car dans certains pays, jusqu’à 70 % des extorsions sont organisées depuis des prisons.

Les conséquences pour la population et l’économie sont dévastatrices. La même étude formule une série de recommandations pour prévenir et contrôler l’extorsion :

  • Promouvoir la modernisation de la police et encourager la réinsertion sociale des détenus, et améliorer le système policier et judiciaire dans le but de garantir la sécurité des citoyens.
  • Favoriser les partenariats public-privé, comme celui qui existe actuellement entre le secteur du sucre et la Police nationale du Salvador. De cette manière, la police a pu accéder à des équipes de mobilité et de communication.
  • Destiner plus de ressources aux technologies de contrôle de l’extorsion. Par exemple, au Mexique, il existe une application qui permet de détecter les appels provenant d’établissements pénitentiaires.
  • Approfondir les échanges régionaux autour des bonnes pratiques en matière de contrôle de l’extorsion pour mettre en œuvre des programmes et des répliques rapides.
  • Consolider les mécanismes de contrôle pour les cas d’extorsion impliquant des employés de la fonction publique. En particulier les cas dans lesquels les fonctionnaires demandent de l’argent aux citoyens dans le cadre de certaines démarches administratives.
  • Générer des alternatives professionnelles attrayantes pour les membres de gangs de jeunes. Par exemple, des centres communautaires organisant des activités pour prévenir le recrutement de jeunes dans les quartiers à haut risque.
  • Sensibiliser à ne pas utiliser d’argent en liquide dans les petits commerces et les commerces moyens. Au Guatemala, la majeure partie des fonds issus de l’extorsion ont été recueillis dans des magasins, des bus, des taxis ou des bars.
  • Promouvoir la participation des victimes d’extorsion à la procédure pénale, en leur offrant toutes les garanties de protection nécessaires pour augmenter le nombre de plaintes et de condamnations.

[1] Una Cultura Criminal: Extorsión en Centroamérica (Une culture du crime : l’extorsion en Amérique centrale).

www.blogs.iadb.org

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Disparité de répartition des homicides dans le monde

L’étude globale d’ONUDC[1] sur les homicides montre que le nombre d’homicides est en augmentation constante, même si les taux baissent comparé à la croissance supérieure de la population. En 1990, 362 000 cas d’homicide ont été détectés contre 463 821 en 2017. L’étude aborde les homicides volontaires illégaux qui se sont produits dans le monde jusqu’en 2017.

Si nous analysons les données par continent, selon les chiffres de 2017, le continent américain concentre 37 % des homicides pour seulement 13 % de la population mondiale. Le taux global de 17,2 pour cent mille signifie un record absolu depuis 1990, date à laquelle on dispose de données fiables. Venezuela, Salvador, Honduras, Guatemala, Mexique, Colombie et brésil sont les pays qui enregistrent les plus hauts taux.

Le deuxième continent de la liste est l’Afrique avec un taux de 13 pour cent mille, toutefois la prudence est de mise quant aux données qui ne sont pas complètement fiables. En dehors des Amériques, seule l’Afrique du Sud s’approche des taux les plus hauts. L’Europe a enregistré une baisse de 68 % depuis 2002 et de 38 % depuis 1990, se situant à 22 009, un taux de 3 pour cent mille, devant l’Océanie (2,8 pour cent mille) et l’Asie (2,3 pour cent mille)[2]

La plupart des homicides (54 %) sont commis avec des armes à feu (majoritairement en Amérique, excepté au Canada, et dans les Balkans), 22 % avec des armes blanches et 24 % avec d’autres moyens.

Les auteurs des homicides sont majoritairement des hommes (90 %). En termes de condamnations pénales, seulement 6 % des condamnés pour homicides sont des femmes. En Europe, le chiffre atteint 9 % contre 7 % sur le continent américain, 6 % en Asie et 5 % en Afrique. Les victimes sont majoritairement des hommes (81 %), parmi lesquels la tranche d’âge des 15-29 ans est la plus touchée (principalement par la réalité américaine), alors qu’en Europe la tranche d’âge des 30-44 ans est la plus affectée. Les femmes sont victimes de leurs conjoints (34 %), d’autres membres de la famille (24 %) et dans 42 % des cas de personnes externes à leur entourage familial. C’est-à-dire que l’entourage le plus intime et familial est le plus dangereux pour elles. Si l’on réduit les homicides à la violence conjugale, les femmes en sont victimes dans 82 % des cas. Autre donnée non négligeable, plus le nombre d’homicides est élevé, plus le pourcentage d’hommes qui en sont victimes est grand.

Le rapport souligne des contextes qui peuvent faciliter la violence et donc l’augmentation des homicides. En même temps, il rompt avec les stéréotypes traditionnels dans ce domaine. Plus concrètement, il mentionne :

  • Le développement socioéconomique (ou le manque de développement) explique les niveaux d’homicides en Europe et en Asie, mais ce n’est pas aussi vrai pour l’Amérique et l’Asie où la délinquance organisée, l’instabilité politique et la disponibilité des armes à feu sont des facteurs importants. Malgré tout, la délinquance organisée (et le trafic de drogues) n’explique pas toujours les hauts taux d’homicides.
  • L’inégalité des salaires et de la répartition de la richesse. Les pays ayant des indices plus élevés d’inégalité économique sont ceux qui présentent un plus grand nombre d’homicides.
  • Les investissements à long terme et les politiques éducatives sont associés à une réduction des taux d’homicides.
  • Améliorer l’état de droit est essentiel pour réduire les taux d’homicides.
  • La croissance urbaine ne semble pas générer, à elle seule, une augmentation des homicides.
  • La police peut être aussi bien source de violence que victime.
  • Les émigrants se font majoritairement tuer par d’autres émigrants.
  • Dans certains pays (Chili, Salvador, Argentine, Panama, Honduras, Botswana ou Monténégro) les prisons sont les lieux où l’on relève le plus grand risque d’homicide.

[1] Voir https://www.unodc.org/documents/data-and-analysis/gsh/Booklet1.pdf

[2] L’Asie a un taux d’homicides qui équivaut à quatre fois le nombre d’homicides en Europe (104 456), soit plus de six fois sa population.

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Les atteintes à caractère raciste, xénophobe ou antireligieux en France en 2018

Depuis vingt-cinq ans, la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) en France remet au gouvernement un rapport sur l’état du racisme, de l’antisémitisme et de la xénophobie dans le pays. Le rapport est dressé à partir de sources diverses, dont certaines sont officielles, comme les données enregistrées par le ministère de l’Intérieur et le ministère de la Justice ou encore l’Enquête de sécurité, et d’autres sont des données fournies par des associations et des enquêteurs internationaux. Le rapport sur l’année dernière a été présenté en avril.

En 2018, les services de police et de gendarmerie nationales ont enregistré 5 170 infractions commises en raison de l’ethnie, de la nation, d’une prétendue race ou de la religion. Ce chiffre affiche une baisse de ce type d’actes pour la troisième année consécutive (entre 2015 et 2016, il baisse de 20%, entre 2016 et 2017, de 11% et entre 2017 et 2018, de 4%). Toutefois, les infractions délictuelles les plus graves ont augmenté.

Les données montrent une grande disparité territoriale, plus de 60% des victimes de ce type d’infractions recensées par les forces de police l’ont été en région parisienne (29%) ou dans une grande agglomération urbaine de plus de 200 000 habitants (33%).

Concernant les victimes, en 2018, les forces de police ont enregistré 4 840 victimes d’infractions « à caractère raciste », dont 57% sont des hommes. La tranche d’âge de la plupart des victimes est de 25 à 54 ans (plus de 70%) et 20% sont de nationalité étrangère, dont 15% issues d’un pays africain.

Par ailleurs, soulignons que les données issues des enregistrements des forces de police ne constituent qu’une petite partie des infractions délictuelles « à caractère raciste » qui se produisent réellement car toutes les victimes ne portent pas plainte. C’est pourquoi les données de l’enquête de victimisation « Cadre de vie et de sécurité » sont aussi prises en compte. D’après cette enquête, sur la période 2012-2017, seules 1 victime d’injures « racistes » sur 50 et 1 victime de menaces ou violences physiques « racistes » sur 6 ont déclaré avoir porté plainte auprès de la police. Toujours d’après cette même enquête, en 2017 en France, 1,1 million d’individus de 14 ans ou plus (1 personne sur 45) ont été victimes d’au moins une atteinte « à caractère raciste ».

L’enquête montre aussi une fréquence plus élevée par rapport à d’autres types d’atteintes délictuelles commises en groupe et sur l’espace public ou ouvert au public.

Le rapport contemple aussi l’indice longitudinal de tolérance (ILT), créé en 2008 par le professeur Vincent Tiberj. Il s’agit d’un indicateur qui synthétise les réponses à une série de questions portant sur le racisme ou le rejet de l’autre ; un indice proche de 100 signifie un haut niveau de tolérance et, inversement, un faible tolérance. En 2018, l’indice de tolérance était de 67, soit 2 points de plus qu’en 2017. Cette évolution n’est pas ponctuelle mais suit la tendance à la hausse des dernières années, compte tenu qu’entre 2013 et 2018, l’indice a progressé de 13 points, une variation exceptionnelle et très remarquable dans un contexte où la menace terroriste et la question de l’accueil des réfugiés ont été au centre du débat public.

Liens utiles

https://www.cncdh.fr/sites/default/files/les_essentiels_-_rapport_racisme_2016_1.pdf

https://www.interieur.gouv.fr/Interstats/Actualites/Les-atteintes-a-caractere-raciste-xenophobe-ou-antireligieux-en-2018-Interstats-Analyse-N-20

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Plus grande complexité dans la menace terroriste en 2018

Le phénomène terroriste est resté en 2018 une grande menace contre la sécurité de l’Union européenne. C’est là ce qui ressort du dernier rapport publiée par Europol – Europol’s 2019 EU Terrorism Situation and Trend Report (TE-SAT) – qui estime que le niveau de menace terroriste n’a pas diminué mais est devenu plus complexe.

Au total, les attentats terroristes ont fait treize morts et quelques dizaines de blessés. Ces chiffres, comparés à 2017, montrent que le nombre d’attentats et de victimes a baissé significativement bien que le nombre de groupes terroristes poursuivis et détenus dans l’UE ait, quant à lui, augmenté.

Le rapport de tendances de l’UE sur la situation et l’évolution du terrorisme en 2018 est un document sollicité par le Parlement européen, qui offre une vision concise de la nature de la menace terroriste à laquelle s’affronte l’UE.

Parmi les principales tendances que relève le document, soulignons ceci :

–       Tous les attentats terroristes ont été de nature djihadiste, commis par des individus isolés et contre des civils.

–       Les problèmes de santé mentale de certains auteurs ont contribué à la complexité du phénomène. Les attentats djihadistes ont été perpétrés à l’aide d’armes à feu ou d’armes peu sophistiquées, faciles à se procurer, telles que des couteaux.

–       Le niveau de menace terroriste dans toute l’UE reste élevé, entre autres raisons, au regard du nombre significatif d’attentats déjoués et des 16 groupes terroristes djihadistes détenus.

–       Trois groupes terroristes interceptés par la police en 2018 cumulaient des tentatives de production et/ou usage d’explosifs et matières chimiques ou biologiques. On a aussi détecté une augmentation de l’emploi de mélanges pyrotechniques pour produire des engins explosifs.

–       Recrudescence généralisée de la propagande et des menaces terroristes NBC.

–       Alors que les mineurs sont essentiellement des victimes, les États membres de l’UE craignent qu’ils ne soient exposés à l’endoctrinement et la formation et, par conséquent, devenir une menace potentielle.

–       On craint aussi que les individus ayant un casier judiciaire ou purgeant une peine d’emprisonnement ne soient vulnérables face à l’endoctrinement et puissent participer à des activités terroristes.

–       Les États membres de l’UE pensent que la diminution du contrôle territorial de l’État islamique pourrait être remplacée par un redoublement des efforts d’Al-Qaïda pour récupérer son pouvoir et son influence.

–       Tandis que la propagande en ligne restait technologiquement avancée et que les pirates informatiques semblent avoir des connaissances sur les outils de communication chiffrés, les capacités et les techniques de cyberattaque des groupes étaient rudimentaires.

–       En 2018, aucun des groupes terroristes n’a démontré avoir les capacités suffisantes pour mener à bien des cyberattaques effectives.

–       Le rapport offre aussi une vision générale de la situation terroriste hors de l’UE, y compris dans des zones de conflit telles que l’Afghanistan, l’Irak, la Lybie ou la Syrie.

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Points chauds du crime organisé à l’ouest des Balkans

Un rapport publié au mois de mai 2019 par The Global initiative Against Transnational Organised Crime, observatoire civil pour la lutte contre le crime organisé dans le sud de l’Europe[1], analyse de manière assez exhaustive la réalité de la criminalité organisée à l’ouest de Balkans et tente de détecter ses clusters ou points chauds.

Le rapport part du principe qu’il y a trois facteurs fondamentaux qui favorisent ce type criminalité :

  1. La vulnérabilité économique. Très élevée dans la région, avec des groupes de population au taux de chômage supérieur à 50%.
  2. Systèmes politiques faibles ou fractionnés et isolés. La succession des conflits meurtriers qui ont déchiré la région a fait que le réseau institutionnel créée (parfois imposé) avec le soutien de la communauté internationale n’a ni la force ni l’autorité nécessaires pour garantir un État de droit aux niveaux acceptables. Par ailleurs, les différents organigrammes institutionnels communiquent peu (ou ne collaborent pas) entre eux. Les polices de l’Union des républiques de Bosnie-Herzégovine, les institutions serbes kosovares ou albanaises kosovares et, très nettement, les institutions serbes et kosovares en sont de bons exemples. Il en résulte l’absence de pouvoirs forts et consolidés sur de vastes étendues de territoire. Ces deux facteurs conjugués facilitent donc l’interaction entre monde des affaires, criminalité et pouvoir politique.
  3. La situation géographique. Cette situation doit être considérée sous deux aspects :
    • D’abord, il y a les structures routières et autres liaisons. Les villes situées aux croisements d’autoroutes ou de routes importantes ainsi que les nœuds ferroviaires permettent une circulation plus fluide et aisée des produits faisant l’objet des activités du crime organisé.
    • D’autre part, il y a la proximité ou l’éloignement de zones qui recèlent des produits traditionnellement prisées par les activités de la criminalité internationale. Ainsi, la région se trouve sur la route de l’héroïne entre l’Afghanistan et l’Europe de l’Ouest et constitue une excellente porte d’entrée dans l’espace européen pour les populations fuyant la misère et les guerres en Afrique et au Moyen-Orient ainsi que pour les armes que ces conflits mettent sur le marché.

Sur la base de ces facteurs, le rapport finit par pointer du doigt certaines villes et régions qui non seulement ont de grandes probabilités de devenir des points chauds du crime organisé mais dont l’observatoire a pu constater qu’elles le sont réellement dans la pratique.

Les lieux précis identifiés dans le rapport sont, entre autres :

  • Subotica (Serbie) : trafic de drogues et de tabac (et, avant la construction du mur par la Hongrie, trafic d’êtres humains également).
  • Vršac (Serbie) : trafic de tabac et d’héroïne.
  • Tuzla (Bosnie-Herzégovine) : trafic de personnes, bétail, bois, drogues, voitures, devises et contrefaçons de vêtements de marque.
  • Région de Trebinje (Bosnie-Herzégovine) : trafic de drogues, tabac et personnes.
  • Rožaje et alentours (Monténégro) : drogues, personnes, tabac, médicaments et armes.
  • Kula (entre le Kosovo et le Monténégro) : tabac et drogues.
  • Durrës (Albanie) : c’est le port le plus grand du pays et le principal port d’entrée de marchandises provenant d’Amérique latine. D’où son rôle majeur dans l’importation de cocaïne issue de Colombie.
  • Vlorë (Albanie) : deuxième port du pays, porte de sortie pour le cannabis produit dans le pays et pour de nombreux criminels qui se déplacent vers l’Italie et l’Espagne.
  • Les ports de Bar, Budva et Kotor (Monténégro) : ces ports sont très connus comme porte d’entrée de la cocaïne mais il s’y produit aussi de la contrebande de tabac, entre autres. Ils ont connu récemment une guerre sanglante entre bandes de narcotrafiquants, qui a causé de nombreuses victimes.
  • Sarajevo et alentours (Bosnie-Herzégovine) : importante activité de vol et trafic de véhicules. Inefficacité manifeste de la police à interpeler les auteurs de ces crimes.
  • Priština (Kosovo) : trafic de drogues et falsification organisée de titres de propriété publique.
  • Skopje (Macédoine) : nœud crucial pour le trafic de drogues à la fois nord-sud et est-ouest.

Le rapport conclut en affirmant que cette région est victime de sa propre situation démographique ainsi que de l’instabilité politique et économique. Les auteurs du rapport semblent toutefois détecter parmi la population une certaine lassitude de la corruption et du crime organisé qui a déjà provoqué des manifestations publiques assez virulentes.

[1] Vid. https://globalinitiative.net/wp-content/uploads/2019/05/Hotspots-Report-English-13Jun1110-Web.pdf

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Harcèlement scolaire : premier pas vers une conduite antisociale adulte

Début 2019 a été publiée l’étude Bullying, une porte ouverte au comportement antisocial adulte de Pedro García Sanmartín. Cette étude considère que le déclin des valeurs sociales et une éducation déficitaire à l’égard des enfants deviennent des facteurs de risque de harcèlement scolaire, ce qui signifierait une porte ouverte aux comportements antisociaux chez les adolescents et les adultes.

Hélas, l’étude constate qu’il se produit une augmentation du nombre de cas de harcèlement scolaire (bullying) ou cyberharcèlement ainsi que du nombre d’enfants de plus en plus jeunes qui souffrent de troubles tels que dépression, anxiété et menant parfois au suicide. De plus, elle détecte d’autres problématiques associées à l’école, dont l’échec scolaire ou les mauvaises notes…, ainsi que d’autres conduites antisociales telles que consommation précoce d’alcool ou de drogues, actes de vandalisme et vols.

L’étude s’étend aussi sur l’époque que nous vivons et estime que la procrastination, de même que la volonté d’obtenir de façon immédiate ce que l’on désire sans penser aux conséquences futures, produisent des enfants dépourvus d’aptitudes sociales pour affronter les problèmes auxquels ils devront faire face à l’avenir.

Une des conséquences importantes des vécus de l’enfance, qui perdureront à la maturité et affecteront le développement personnel, est l’effet Pygmalion, en ce sens que les discrédits et étiquettes acquis pendant l’enfance resteront gravés dans la personnalité en provoquant chez certains une faible estime de soi, un manque d’assurance ou autres troubles cognitifs.

L’auteur considère que le harcèlement scolaire est un problème multifactoriel mais aussi un phénomène que tout le monde, à différents niveaux, a contribué à créer et que, de ce fait, c’est toute la société qui doit s’engager à son éradication. D’autant plus que c’est souvent là le premier pas vers de futures conduites déviantes.

Les causes du bullying sont aussi multifactorielles. Le manque d’aptitudes et de valeurs sociales normalisées fait que ces enfants cherchent refuge dans des comportements antisociaux qu’ils considèrent justifiés et que viennent renforcer les témoins qui, probablement, souffrent aussi d’un déficit de certaines valeurs sociales essentielles et peut-être d’un manque d’assurance.

Entre autres conclusions auxquelles aboutit cette étude, soulignons :

  • La nécessité de réclamer un changement du système éducatif, en améliorant la dotation de ressources et les outils des services associés à l’éducation ainsi qu’aux services d’assistance.
  • L’importance de l’éducation : enseignants et parents doivent assumer la responsabilité d’aider les enfants à découvrir leurs aptitudes cachées, les extérioriser et les afficher pour acquérir assurance, estime et connaissance de soi et pouvoir ainsi affronter à l’avenir les problèmes auxquels ils seront confrontés.
  • L’auteur souligne qu’il faut changer les habitudes intergénérationnelles éducatives anciennes, qui n’aident pas au développement actuel des enfants. Étant donné que nous vivons dans un monde complexe, il faut inculquer des valeurs telles que tolérance, respect, égalité, justice et solidarité.

En Catalogne, d’après les résultats de l’enquête sur la violence scolaire de 2016, environ 40% des élèves ont été victimes de maltraitance de la part de leurs camarades. Dont 24% ont subi plus d’une atteinte au cours de cette même année et 10,4% ont souffert de harcèlement scolaire, c’est-à-dire qu’ils ont subi des actes préjudiciables une ou plusieurs fois par semaine.

Parmi toutes les victimes de bullying, 40% l’ont été par cyberharcèlement, le pourcentage de filles victimes étant ici beaucoup plus élevé par rapport aux garçons (25,4% contre 15%).

http://www.fepsu.es/file/BULLYING.pdf

http://interior.gencat.cat/ca/el_departament/publicacions/seguretat/estudis_i_enquestes/

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Situation des drogues en Europe en 2019

D’après le rapport européen sur les drogues 2019 : tendances et évolutions, l’Europe a connu de profonds changements pour ce qui est des défis que constituent les drogues, notamment l’apparition de davantage de substances non contrôlées.

Des changements significatifs ont aussi été constatés sur le marché des drogues et leur consommation. Le commerce est dominé par les substances végétales importées en Europe qui, du coup, est devenue un marché où les drogues synthétiques et leur production sur le continent se sont décuplées.

ESTIMACIONES DEL CONSUMO DE DROGAS EN LA UNIÓN EUROPEA

Les principaux aspects du rapport à souligner sont les suivants :

  • La mondialisation et les progrès technologiques ont reconfiguré les questions stratégiques que les responsables politiques doivent envisager.
  • Actuellement, le nombre de personnes qui ont recours pour la première fois à un traitement contre l’addiction à l’héroïne est bas par rapport aux chiffres historiques, les taux de consommation par voie parentérale ont chuté et le nombre annuel de nouveaux cas de VIH attribués à la consommation de drogues par voie parentérale a baissé d’environ 40% sur les dix dernières années.
  • L’épidémie d’opioïdes qui sévit aujourd’hui aux États-Unis et au Canada s’explique par la consommation d’opioïdes synthétiques, notamment les dérivés du fentanyl. L’Europe n’a pas été touchée jusqu’ici mais cela reste un motif de préoccupation.
  • Certains indices montrent que la disponibilité croissante de cocaïne génère une hausse des coûts de santé. Depuis 2014, le nombre de consommateurs entamant un traitement par suite de problèmes liés à la cocaïne, bien que relativement bas, a augmenté de plus de 35%.
  • Les données actuelles sur la cocaïne en Europe révèlent qu’aussi bien le nombre de saisies que les quantités saisies atteignent des maximums historiques. La cocaïne entre en Europe par de multiples voies et moyens, mais on constate l’augmentation du trafic de gros volumes dans les grands ports au moyen de containers.
  • La production de drogues synthétiques en Europe, bien que difficile à contrôler, semble être à la hausse, en se diversifiant et en devenant plus innovatrice. C’est ce qu’indiquent les dernières données en montrant une augmentation des saisies de produits chimiques précurseurs.
  • Ces dernières années, de nouvelles formes de cannabis ont été développées grâce aux progrès des techniques de culture, d’extraction et de production. Les types de plantes établies aussi bien en Europe qu’au Maroc – origine d’une bonne partie de la résine de cannabis consommée en Europe – ont commencé à être substitués par des plantes hybrides et de diverses variétés qui produisent un cannabis plus fort.
  • En 2018, le système d’alerte de l’UE sur les nouvelles substances psychoactives a reçu des notifications de nouvelles substances à raison d’une par semaine. 2018 en a recensé un total de 55, un chiffre similaire à celui de 2017.
  • En 2017, les forces de police et de sécurité ont réalisé pas moins de 1,1 million de saisies de substances illégales. Les trois pays où le nombre de saisies était le plus élevé étaient l’Espagne, le Royaume-Uni et la France qui, ensemble, représentaient deux tiers du total des saisies dans l’Union européenne.
  • L’héroïne est l’opioïde le plus consommé sur le marché de la drogue en Europe. L’héroïne entre en Europe par quatre routes principales : la route des Balkans et la route méridionale, qui sont les plus importantes, ainsi qu’une ramification de la route méridionale qui passe par la Syrie et l’Irak et enfin la route septentrionale.
  • Il s’est produit une certaine résurgence de la MDMA dont la production se concentre aux Pays-Bas et en Belgique.

http://www.emcdda.europa.eu/system/files/publications/11364/20191724_TDAT19001ESN_PDF.pdf

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