Quand la violence devient une identité : les nouvelles tendances du terrorisme en Europe

Le dernier Rapport sur la situation et les tendances du terrorisme dans l’Union européenne (rapport UE TE-SAT) 2026 d’Europol dresse un tableau en transformation de la menace terroriste dans l’Union européenne. Malgré le fait que le terrorisme djihadiste reste la principale préoccupation des autorités, le document insiste sur un changement profond : la radicalisation ne dépend plus uniquement des grandes organisations terroristes ni d’une adhésion idéologique solide. De plus en plus, la violence devient un moyen de construire sa propre identité, d’obtenir une reconnaissance et de trouver un sentiment d’appartenance au sein de communautés numériques.

Ce phénomène rend les menaces beaucoup plus fragmentées, imprévisibles et difficiles à identifier avant qu’elles ne se matérialisent.

Internet est devenu le principal espace où se déroulent les processus de radicalisation. Les réseaux sociaux, les plateformes de messagerie chiffrée, les jeux vidéo en ligne et d’autres communautés numériques fonctionnent comme des écosystèmes où la propagande, le recrutement et la préparation d’actions violentes se renforcent mutuellement.

Contrairement au passé, de nombreuses personnes n’ont pas besoin d’établir un contact direct avec une organisation terroriste pour se radicaliser. Beaucoup peuvent consommer des contenus extrémistes, interagir avec d’autres utilisateurs et adopter des récits violents de manière complètement autonome. Ce processus facilite l’émergence d’acteurs solitaires ou de petits groupes auto-organisés, beaucoup plus difficiles à détecter par les services de sécurité.

Selon Europol, cette décentralisation représente l’un des principaux défis actuels pour les forces de police européennes.

Malgré ces changements, le terrorisme djihadiste reste au centre du paysage européen. En 2025, 24 des 45 attentats terroristes comptabilisés dans l’Union européenne ont été enregistrés, tandis que 347 des 486 arrestations liées au terrorisme étaient liées au djihadisme.

Cependant, la plupart des recherches ne sont pas liées à des attentats réussis, mais à des activités de propagande, de soutien logistique et de processus de radicalisation. Cela reflète une stratégie policière de plus en plus axée sur la prévention des attaques avant qu’elles ne se produisent.

Les groupes djihadistes ont également modifié leur manière d’agir. Au lieu de planifier de grandes opérations coordonnées, ils incitent souvent des individus à agir de leur propre chef après avoir été influencés par la propagande diffusée sur Internet.

L’une des conclusions les plus marquantes du rapport est que, dans certains cas, l’idéologie cesse d’être l’élément principal qui motive les agresseurs. De nombreux individus combinent des références provenant du djihadisme, de l’extrême droite, de l’accélérationnisme, du nihilisme, de la misogynie ou de diverses théories du complot sans suivre de manière cohérente aucune doctrine concrète.

Dans ces environnements numériques, la violence peut devenir un objectif en soi. Commettre des actes extrêmes procure notoriété, reconnaissance et statut au sein de certaines communautés virtuelles, où la visibilité et la capacité à générer un impact deviennent des formes de capital social.

Cette combinaison de motivations personnelles, de problèmes psychologiques, de frustrations, de quête d’identité et de discours extrémistes rend les catégories traditionnelles utilisées par les chercheurs de moins en moins utiles.

Le rapport alerte également sur l’augmentation de la participation des mineurs à des activités liées au terrorisme. Au cours de l’année 2025, 130 des suspects arrêtés avaient 18 ans ou moins, et le plus jeune cas concernait un mineur de seulement 12 ans.

Beaucoup de ces adolescents ne montrent pas une connaissance approfondie des idéologies extrémistes, mais consomment un mélange de contenus violents trouvés sur Internet. Cela transforme de nombreux jeunes à la fois en victimes de manipulation et en auteurs potentiels d’actes violents.

Pour cette raison, Europol soutient que la réponse ne peut être exclusivement policière, mais doit également inclure des mesures de prévention, d’éducation, de protection des mineurs et de détection précoce des processus de radicalisation.

Le document indique également une collaboration croissante entre les réseaux criminels et les acteurs extrémistes. Le blanchiment d’argent, le trafic d’armes, la fraude en ligne ou l’utilisation de services criminels disponibles sur Internet sont des ressources partagées qui facilitent l’activité terroriste.

Parallèlement, Europol met en garde contre les « acteurs hybrides », qui exploitent ces réseaux dans le but de générer une déstabilisation sociale de manière soutenue, au-delà de la perpétration d’un attentat isolé.

Les données de 2025 reflètent cette réalité : 45 attaques terroristes ont été recensées dans dix États membres de l’Union européenne (22 menées à bien, 20 déjouées et 3 échouées), avec 486 personnes arrêtées pour des crimes liés au terrorisme.

La principale conclusion du rapport est que l’Europe fait face à une nouvelle étape dans l’évolution du terrorisme. Les organisations traditionnelles continuent d’exister, mais partagent le devant de la scène avec des acteurs beaucoup plus décentralisés, influencés par des communautés numériques et des motivations personnelles changeantes.

Ce phénomène oblige les autorités à adapter leurs systèmes d’analyse et de prévention. Il ne suffit plus d’identifier une idéologie concrète : il est nécessaire de comprendre comment les environnements numériques, le besoin d’appartenance et la quête de reconnaissance peuvent transformer la violence en une forme d’identité pour certains individus.

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État de la sécurité des citoyens en Bulgarie

La sécurité des citoyens en Bulgarie est globalement considérée comme satisfaisante et comparable à celle des autres États membres de l’Union européenne, même si le pays reste confronté à certains défis liés à la délinquance contre les biens, à la corruption et à la criminalité organisée. Ces dernières années, les autorités bulgares ont mis en œuvre diverses mesures pour renforcer la sécurité publique, moderniser les forces de police et accroître la coopération avec d’autres États européens.

La majorité des délits enregistrés dans le pays concerne les cambriolages, les vols, les atteintes aux biens et les fraudes économiques. Les crimes violents, tels que les homicides ou les vols à main armée, ont une incidence relativement faible par rapport à d’autres pays européens. Selon les données récentes du ministère de l’Intérieur, le nombre total de délits recensés a diminué au cours des dernières années, tandis que le taux d’élucidation des affaires par la police a légèrement progressé, traduisant une amélioration de l’efficacité des services de sécurité.

Les principales villes, en particulier Sofia, Plovdiv, Varna et Bourgas, concentrent une part importante de la criminalité ordinaire. Les vols à la tire, les vols de portefeuilles et les escroqueries visant les touristes sont les incidents les plus courants, en particulier dans les zones très fréquentées, les gares et les destinations touristiques pendant la haute saison. Pour cette raison, les autorités recommandent surveiller ses effets personnels et d’éviter d’exhiber des objets de valeur dans les espaces publics.

La lutte contre la corruption et la criminalité organisée reste l’un des principaux défis auxquels la Bulgarie est confrontée. Malgré les progrès accomplis depuis l’adhésion du pays à l’Union européenne en 2007, plusieurs organisations internationales estiment que des réseaux criminels restent actifs dans des domaines tels que le trafic de drogues, la contrebande, le blanchiment de capitaux et la corruption administrative. Ces activités affectent surtout le domaine économique et institutionnel plutôt que la sécurité quotidienne de la population.

En ce qui concerne le ressenti de la population, la Bulgarie affiche un niveau de sécurité perçu relativement élevé. Plusieurs enquêtes montrent que la majorité des habitants se sentent en sécurité lorsqu’ils se déplacent seuls en journée, même si le sentiment d’insécurité augmente légèrement pendant la nuit. Les principales préoccupations des citoyens concernent davantage la corruption, les atteintes aux biens et le trafic de drogues que les violences physiques.

Les institutions bulgares coopèrent étroitement avec des organismes européens tels qu’Europol et Frontex afin de lutter contre la criminalité transfrontalière, une priorité renforcée par la position géographique stratégique du pays, à la jonction entre l’Europe et l’Asie. Cette coopération est

particulièrement importante dans la lutte contre la traite des êtres humains, la contrebande et l’immigration irrégulière.

Sur le plan statistique, la Bulgarie dispose d’un système officiel de collecte de données sur la criminalité, les personnes mises en cause et les condamnations, administré par l’Institut national de la statistique. Ces données permettent de suivre l’évolution des différentes formes de délinquance et servent de fondement à l’élaboration des politiques publiques de prévention et de sécurité.

En conclusion, la Bulgarie offre un niveau de sécurité des citoyens globalement satisfaisant, tant pour ses habitants que pour les visiteurs. Si des problèmes structurels liés à la corruption et à la criminalité organisée subsistent, la criminalité violente reste relativement faible et les autorités poursuivent le renforcement des dispositifs de prévention, d’enquête et de coopération internationale. Pour les touristes comme pour les résidents, les principaux risques restent les vols opportunistes et les escroqueries occasionnelles, auxquels il est possible de se prémunir en adoptant des mesures de vigilance élémentaires.

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L’augmentation des SUV et des pickups : un défi croissant pour la sécurité des piétons aux États-Unis

Au cours d’une grande partie du XXe siècle et des premières années du XXIe siècle, les routes des États-Unis sont devenues progressivement plus sûres pour les piétons. Cette tendance s’est toutefois inversée aux alentours de 2009. Depuis lors, le nombre de piétons tués dans des accidents de la route a augmenté d’environ 75 %, une évolution qui suscite de vives inquiétudes parmi les chercheurs spécialisés en sécurité routière et les administrations publiques.

Plusieurs facteurs ont été avancés pour expliquer cette hausse, notamment la distraction liée à l’utilisation des téléphones portables, la conduite sous l’emprise de l’alcool ou encore l’augmentation globale du trafic. Cependant, une enquête basée sur des registres fédéraux et des données de l’industrie automobile met en évidence un élément souvent négligé : la croissance constante de la taille des véhicules, en particulier des SUV et des pickups.

Selon cette analyse, les véhicules actuels sont nettement plus imposants et plus hauts qu’il y a une vingtaine d’années. Ce changement ne relève pas uniquement de considérations esthétiques ou de confort : il a également des conséquences directes sur la sécurité des piétons. Les chercheurs estiment qu’entre 200 et 400 décès annuels pourraient être liés à cette augmentation des dimensions des véhicules. Dans l’ensemble, cela représenterait environ 10 % de la hausse récente de la mortalité des piétons.

Les experts avancent deux principales raisons pour expliquer pourquoi les grands véhicules sont plus dangereux. La première concerne la hauteur du capot. Sur les voitures classiques, un choc se produit généralement au niveau des jambes, ce qui projette souvent le corps du piéton sur le capot. Les SUV et les pickups, en revanche, sont dotés d’un capot beaucoup plus haut, qui percute directement le torse, voire la tête du piéton. Ce type d’impact entraîne des blessures beaucoup plus graves et accroît le risque que la victime soit entraînée sous le véhicule ou écrasée par ses roues.

La seconde cause concerne la réduction de la visibilité. Avec l’augmentation de la taille des véhicules, leurs angles morts se sont également élargis. Des essais réalisés à l’aide de scanners tridimensionnels sur plusieurs modèles très populaires en Amérique du Nord montrent que les zones échappant à la vision directe du conducteur sont aujourd’hui bien plus importantes que sur les modèles équivalents des années 1990 ou du début des années 2000. Cette évolution complique la détection des piétons, en particulier des enfants, des personnes de petite taille ou de toute personne se trouvant à proximité immédiate du véhicule.

Plusieurs cas réels décrits dans l’étude illustrent les conséquences de cette problématique. Dans certains accidents mortels, les conducteurs ont affirmé ne pas avoir vu la victime avant l’impact. Les reconstitutions ont ensuite montré

que certains éléments de la structure du véhicule, tels que le capot surélevé, les rétroviseurs ou les montants latéraux, avaient considérablement limité leur champ de vision.

Les constructeurs automobiles font valoir que les nouveaux systèmes d’aide à la conduite permettent de compenser ces limitations. Des technologies telles que le freinage automatique d’urgence ou la détection des piétons sont conçues pour réduire le risque de collision. Néanmoins, plusieurs études montrent que ces systèmes ne sont pas infaillibles dans toutes les situations. Des facteurs tels que des conditions météorologiques défavorables, des ombres, des vitesses élevées ou la présence d’enfants peuvent diminuer leur efficacité.

Au-delà des aspects techniques, l’expansion des SUV et des pickups s’explique également par des facteurs économiques et culturels. Ces véhicules génèrent des marges bénéficiaires particulièrement élevées pour les constructeurs, qui ont progressivement réduit la production de berlines et d’autres voitures particulières classiques. Parallèlement, les campagnes publicitaires ont associé les grands véhicules à des valeurs telles que la sécurité, le prestige, la puissance ou la réussite personnelle. Ce message a largement contribué à renforcer l’idée qu’un véhicule plus imposant constitue un meilleur choix pour de nombreuses familles.

Les spécialistes de la sécurité routière soulignent que la taille des véhicules n’est pas la seule explication à l’augmentation du nombre de piétons décédés. L’aménagement urbain, la vitesse de circulation, la distraction des conducteurs et de nombreux autres facteurs restent déterminants. Toutefois, les preuves s’accumulent pour montrer que la tendance vers des véhicules toujours plus hauts et plus volumineux accroît les risques pour les usagers les plus vulnérables de la voie publique.

En conclusion, la croissance des SUV et des pickups pose un défi majeur de sécurité routière. Malgré les progrès technologiques, la combinaison de capots plus hauts et d’angles morts plus importants augmente la gravité des accidents et complique la détection des piétons. Ce phénomène met en évidence la nécessité de poursuivre les recherches et de mettre en œuvre des mesures permettant de mieux protéger les usagers les plus vulnérables, tout en conciliant la sécurité des occupants des véhicules avec celle des piétons.

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Le marché des drogues en Europe : de nouveaux défis pour la sécurité et la santé publique

Le Rapport européen sur les drogues 2026 met en lumière une réalité de plus en plus complexe pour les responsables de la sécurité, les administrations publiques et les professionnels de la santé. Malgré les efforts déployés au cours des dernières décennies, la disponibilité des drogues illicites reste élevée dans toute l’Europe, tandis que l’apparition constante de nouvelles substances et l’évolution des marchés criminels génèrent de nouveaux risques et défis.

Une des principales conclusions du rapport est la consolidation d’un marché de drogues extrêmement diversifié. Le cannabis reste la substance illégale la plus consommée, suivi de la cocaïne, qui maintient des niveaux de disponibilité élevés dans de nombreux pays européens. Parallèlement, les stimulants de synthèse, tels que les amphétamines, la méthamphétamine et les cathinones de synthèse, gagnent en importance et élargissent l’offre accessible aux consommateurs.

D’un point de vue sécuritaire, ce scénario accroît la complexité des missions confiées aux forces de police et aux organismes chargés de la lutte contre le trafic de drogues. Les réseaux criminels ont démontré une grande capacité d’adaptation, tirant parti des nouvelles technologies, des routes commerciales mondiales et des canaux numériques pour faciliter la distribution de substances illégales. La production de drogues de synthèse sur le territoire européen continue également de représenter une préoccupation majeure, notamment en raison de la facilité avec laquelle les formules chimiques peuvent être modifiées afin de contourner les contrôles légaux.

Un autre élément marquant est l’augmentation des nouvelles substances psychoactives. Chaque année, de nouveaux composés chimiques apparaissent sur le marché à un rythme supérieur à la capacité de réaction réglementaire de nombreux États. Ce phénomène complique l’identification des risques associés à la consommation et augmente l’incertitude tant pour les services d’urgence que pour les systèmes de santé. Parmi ces substances figurent notamment les cannabinoïdes de synthèse, les cathinones de synthèse et les nouveaux opioïdes de synthèse, dont certains présentent une puissance nettement supérieure à celle des drogues traditionnelles.

Le rapport met par ailleurs en garde contre l’évolution du marché des opioïdes. Bien que l’héroïne reste la principale substance de ce groupe, la présence croissante d’opioïdes de synthèse à forte puissance représente une menace émergente. L’expérience observée dans d’autres régions du monde montre que ces substances peuvent entraîner une augmentation soudaine des overdoses et des décès liés à la consommation de drogues lorsqu’elles ne sont pas détectées et contrôlées de manière adéquate.

En ce qui concerne les impacts sociaux et sanitaires, la consommation de drogues par injection continue d’engendrer une charge disproportionnée

de dommages, notamment sous la forme d’infections transmissibles, d’hospitalisations et d’une mortalité accrue. Bien que ce mode de consommation ait globalement reculé au cours des dernières années, le maintien de programmes de prévention, de traitement et de réduction des dommages reste essentiel.

Face à cette situation, la sécurité ne peut pas être abordée exclusivement sous un angle répressif. Les politiques les plus efficaces associent la lutte contre la criminalité organisée à des mesures de prévention, d’éducation, de traitement et de réduction des dommages. La coordination entre les organismes policiers, les autorités sanitaires, les institutions européennes et les services sociaux est indispensable pour anticiper les nouvelles menaces et limiter les conséquences liées à la consommation de drogues.

En conclusion, le Rapport européen sur les drogues 2026 confirme que l’Europe est confrontée à un contexte en constante évolution. La diversification des substances disponibles, l’apparition constante de nouveaux composés de synthèse et la capacité d’adaptation des réseaux criminels exigent une réponse globale fondée sur le renseignement, la coopération internationale et la protection de la santé publique. Seule une stratégie équilibrée permettra de relever efficacement les défis de sécurité posés par le phénomène des drogues au cours des prochaines années.

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Évolution de la sécurité au Portugal : une stabilité confrontée à de nouveaux défis

Le Portugal est toujours considéré comme l’un des pays les plus sûrs d’Europe, aussi bien selon les statistiques officielles que d’après les principaux indices internationaux de sécurité. Cependant, l’évolution récente de la criminalité révèle une réalité plus complexe : bien que la délinquance globale reste relativement stable, certains phénomènes spécifiques – tels que la cybercriminalité, les agressions sexuelles ou la criminalité juvénile – ont augmenté et suscitent des inquiétudes parmi les autorités et les citoyens.

Selon Relatório Anual de Seguranza Interna (RASI), le Portugal a enregistré en 2024 une baisse générale de la criminalité de 4,6 %, avec 354 878 de signalements, mais les crimes violents et graves ont augmenté de 2,6 %. Cette contradiction apparente confirme une tendance observée dans d’autres pays européens : la délinquance traditionnelle recule, tandis que progressent des formes de criminalité à fort impact social et médiatique.

Le vol reste le délit le plus fréquent, notamment dans les grandes agglomérations et les zones touristiques comme Lisbonne, Porto ou l’Algarve. Parallèlement, les autorités constatent une hausse significative des vols de véhicules, des braquages de commerces ainsi que des escroqueries liées à la location immobilière et aux plateformes numériques.

L’un des points de vigilance majeurs pour les forces de sécurité portugaises concerne l’augmentation des délits sexuels. Le nombre de viols enregistrés en 2024 a progressé d’environ 10 % par rapport à l’année précédente, atteignant son niveau le plus élevé de la dernière décennie. Bien que les autorités attribuent en partie cette hausse à une plus grande propension des victimes à porter plainte, le phénomène reflète également une pression sociale croissante sur les mécanismes de prévention et de protection.

La délinquance juvénile constitue un autre sujet sensible. Le RASI 2024 a recensé plus de 2 000 affaires impliquant des mineurs âgés de 12 à 16 ans, soit une augmentation supérieure à 12 %. Les incidents en milieu scolaire et les épisodes de violences collectives ont également progressé, en particulier dans les zones métropolitaines. Ce phénomène a ouvert un débat politique et sociétal concernant l’intégration, l’exclusion sociale et la capacité préventive du système éducatif.

À l’inverse, certains indicateurs structurels restent positifs. Les homicides maintiennent un niveau faible comparé à la moyenne européenne, avec un taux inférieur à 1 homicide pour 100 000 habitants. De même, les violences domestiques diminuent depuis trois années consécutives selon les données officielles, bien qu’elles figurent encore parmi les délits les plus signalés du pays.

La cybercriminalité représente sans doute le défi le plus stratégique à long terme. Les fraudes numériques, le phishing, l’usurpation d’identité et les cyberattaques connaissent une progression continue depuis la pandémie. Cette évolution oblige les forces de police portugaises à renforcer les unités technologiques et à investir davantage dans le renseignement numérique et la coopération internationale.

Autre enjeu majeur : le sentiment d’insécurité des citoyens. Plusieurs débats politiques et sociaux au Portugal mettent en évidence un décalage entre les données objectives et la perception du public. Sur les réseaux sociaux et les forums numériques, les inquiétudes liées à l’immigration, à la radicalisation ou à la présence de groupes violents se multiplient, même si les statistiques officielles ne montrent pas de dégradation généralisée de la sécurité.

Les autorités portugaises insistent sur le fait que le pays « reste globalement sûr », tout en reconnaissant l’existence d’indicateurs nécessitant une vigilance permanente et une adaptation constante. Dans ce contexte, le Portugal fait face à une situation comparable à celle d’autres sociétés européennes : moins de criminalité conventionnelle, mais une complexité accrue des menaces liées au numérique, à la cohésion sociale et à la sécurité urbaine.

Pour le secteur de la sécurité privée et de la protection des citoyens, cette évolution implique de nouveaux besoins : une spécialisation technologique renforcée, une meilleure capacité d’analyse préventive et une coordination accrue entre forces de police, administrations et entreprises de sécurité. L’avenir de la sécurité au Portugal dépendra autant de la réponse policière que de la capacité d’anticipation face à des risques de plus en plus hybrides et changeants.

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Intelligence artificielle et sécurité informatique

La cybersécurité entre dans une nouvelle étape marquée par l’irruption massive de l’intelligence artificielle dans les opérations offensives et défensives. Pendant des décennies, le secteur a fonctionné selon des règles relativement stables : la découverte de vulnérabilités était un processus lent, le développement d’exploits exigeait du temps et des compétences spécialisées, et les entreprises disposaient d’une marge suffisante pour corriger les failles avant qu’elles ne soient exploitées à grande échelle. Ce modèle évolue désormais rapidement.

Un rapport récent de Google montre à quel point l’IA est en train de transformer le paysage de la cybersécurité. Selon ce document, un acteur criminel a, pour la première fois, été identifié en train d’utiliser l’intelligence artificielle pour exploiter une vulnérabilité zero-day capable de contourner des systèmes d’authentification à double facteur dans un outil populaire d’administration web. L’enjeu n’est pas seulement cette attaque concrète, mais le fait que l’IA est désormais utilisée de manière pratique et industrialisée pour accélérer des processus offensifs qui nécessitaient auparavant des semaines, voire des mois de travail humain.

Le rapport souligne également la montée en puissance de l’usage de l’IA par des groupes liés à la Chine et à la Corée du Nord. Ces organisations utilisent déjà des modèles avancés pour localiser les vulnérabilités, générer des exploits et automatiser les tâches de reconnaissance sur des objectifs potentiels. Parallèlement, des outils et des logiciels malveillants semi-autonomes capables d’exécuter des processus complets avec une intervention humaine minimale commencent à apparaître. Des plateformes comme OpenClaw Github illustrent cette nouvelle tendance vers des systèmes capables d’orchestrer et d’automatiser des opérations offensives complexes.

Cette évolution entraîne une accélération radicale du cycle de la cybersécurité. Jusqu’ici, après la découverte d’une vulnérabilité critique, les attaquants avaient besoin de temps pour la comprendre, développer un exploit fonctionnel et l’adapter à des environnements réels. Désormais, l’IA peut réduire ce processus à quelques heures, voire quelques minutes. Cela réduit considérablement la marge de manœuvre dont disposaient traditionnellement les éditeurs et les équipes de sécurité pour déployer des correctifs et des mesures de protection.

Le changement affecte particulièrement le modèle classique de « divulgation responsable » des vulnérabilités. Ce système octroyait aux fabricants une période d’environ 90 jours avant de rendre publique une vulnérabilité découverte par les chercheurs. Le modèle partait du principe que la découverte de failles était difficile et que les attaquants mettraient du temps à développer des outils d’exploitation. Ces hypothèses sont aujourd’hui obsolètes.

Plusieurs experts en sécurité, parmi lesquels le vulgarisateur Himanshu Anand, estiment que l’intelligence artificielle a totalement bouleversé ces délais. Selon cette vision, il n’est plus possible de supposer qu’un chercheur soit le seul à avoir identifié une faille de sécurité, car plusieurs systèmes automatisés peuvent découvrir simultanément la même vulnérabilité. Il n’est pas non plus réaliste de penser que les attaquants auront besoin de plusieurs semaines pour développer des exploits après la publication d’un correctif. Les modèles actuels sont capables de générer des preuves de concept et d’adapter un code malveillant pratiquement en temps réel.

Cette nouvelle réalité impose donc une réponse beaucoup plus rapide. Les vulnérabilités critiques deviennent des priorités absolues dès leur identification. Les entreprises ne peuvent plus attendre le prochain cycle de développement ou le sprint suivant pour appliquer des correctifs. Les équipes de sécurité ont besoin d’une surveillance constante, d’une capacité de réaction immédiate et d’outils automatisés capables de détecter et de corriger les menaces en temps réel.

Ce scénario transforme également la manière de développer des logiciels. Il sera de plus en plus difficile d’imaginer de grandes applications ou infrastructures déployées sans révisions approfondies réalisées par des systèmes avancés d’intelligence artificielle. Ce qui était encore perçu il y a un an comme une limite – les faux positifs et les « hallucinations » des grands modèles de langage – évolue rapidement vers le problème inverse : des outils suffisamment performants pour détecter des vulnérabilités qui échappaient jusque-là aux équipes humaines.

La conséquence est l’émergence d’une véritable course aux armements numériques. Attaquants comme défenseurs s’appuient désormais sur des IA toujours plus sophistiquées pour obtenir un avantage. Les organisations souhaitant maintenir un haut niveau de protection devront investir dans des agents avancés, des plateformes d’analyse automatisée et des systèmes de détection fondés sur l’intelligence artificielle. Cette évolution impliquera des coûts importants et renforcera encore la dépendance technologique vis-à-vis des grandes plateformes d’IA.

En définitive, la cybersécurité entre dans une phase de transformation accélérée. L’intelligence artificielle n’est plus seulement un outil auxiliaire, mais devient le centre d’un nouveau modèle de défense et d’attaque numérique. Le débat est ainsi passé très rapidement de la question de savoir si l’IA était suffisamment fiable à celle de reconnaître qu’elle est désormais assez puissante pour bouleverser complètement les règles traditionnelles de la sécurité informatique.

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Situation complexe dans les établissements pénitentiaires en France

Les prisons françaises traversent une phase de forte tension structurelle, qui suscite des inquiétudes tant chez les autorités que parmi les experts en sécurité. Le principal problème réside dans une surpopulation chronique. Selon les données du ministère de la Justice français, au début de 2025, il y avait plus de 79 000 personnes incarcérées, un chiffre qui a continué de grimper au cours de l’année pour dépasser les 84 000 détenus, tandis que la capacité officielle du système pénitentiaire reste nettement inférieure. Cette différence provoque des densités pénitentiaires supérieures à 130 % dans de nombreux établissements, en particulier dans les maisons d’arrêt, qui accueillent des personnes en détention provisoire ainsi que des personnes condamnées à de courtes peines.

Cette surpopulation a des conséquences directes sur la sécurité intérieure. Dans de nombreuses prisons françaises, il est courant que deux ou trois détenus partagent des cellules conçues pour une seule personne, et il existe encore des cas de prisonniers contraints de dormir sur des matelas par terre. Ce contexte accroît les tensions, complique le travail des surveillants et favorise l’émergence de réseaux criminels au sein des établissements pénitentiaires. Les syndicats pénitentiaires dénoncent depuis des années le manque de personnel, l’augmentation des agressions et une dégradation générale des conditions de travail.

Sur le plan politique, le débat sur la sécurité pénitentiaire s’est intensifié à la suite de plusieurs incidents violents. En 2025, plusieurs prisons françaises ont été visées par des attaques extérieures impliquant des cocktails Molotov, des véhicules incendiés, et même des tirs d’armes automatiques contre des installations pénitentiaires. Ces événements ont ravivé les inquiétudes quant à la capacité des groupes criminels à intimider l’État et ont renforcé le discours du gouvernement en faveur d’un durcissement des politiques pénitentiaires.

Autre facteur sensible : la radicalisation islamiste au sein des prisons. La France considère les établissements pénitentiaires comme les principaux espaces de recrutement et d’endoctrinement jihadiste. Après les attentats terroristes des dernières années, l’administration pénitentiaire a mis en place des unités spécialisées de suivi des détenus radicalisés ainsi que des dispositifs de surveillance renforcée. Cependant, plusieurs experts signalent que la surpopulation et le manque de ressources rendent difficile la séparation effective entre les détenus radicalisés et le reste de la population carcérale. Cela transforme certaines prisons en espaces de diffusion de discours extrémistes et de consolidation de réseaux criminels.

La récidive constitue également un problème central. De nombreux spécialistes critiquent un système pénitentiaire français encore trop centré sur la sanction et insuffisamment orienté vers la réinsertion. Le manque d’activités de formation, la dégradation psychologique des détenus et les difficultés d’insertion professionnelle à la sortie de prison contribuent à maintenir des taux de récidive élevés, notamment chez les jeunes issus de la délinquance urbaine et du trafic de drogues.

Face à cette situation, le gouvernement français privilégie essentiellement une augmentation des capacités carcérales par la construction de nouveaux établissements, dont des prisons de haute sécurité. Le président Emmanuel Macron a défendu le renforcement du système pénitentiaire afin de mieux contrôler la criminalité organisée et la violence urbaine. Cependant, plusieurs organisations de défense des droits humains ainsi que des acteurs du monde judiciaire estiment que la construction de nouvelles prisons ne résoudra pas le problème de fond sans une réduction du recours à la détention provisoire et le développement d’alternatives pénales plus efficaces.

En résumé, le système pénitentiaire français fait face à une combinaison de surpopulation, tensions sociales, radicalisation et insécurité interne qui en fait l’un des principaux défis de sécurité publique du pays. La situation reflète les difficultés de la France à concilier fermeté pénale, lutte contre la criminalité et respect des droits humains dans un contexte de pression politique croissante sur les politiques de sécurité.

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IOCTA 2026 d’Europol : nouvelles menaces et sophistication croissante de la cybercriminalité

Europol a publié l’édition 2026 de l’Internet Organised Crime Threat Assessment (IOCTA), l’un des rapports de référence sur l’évolution de la cybercriminalité en Europe. Le document, intitulé How encryption, proxies, and AI are expanding cybercrime, analyse comment les technologies émergentes – en particulier l’intelligence artificielle, le chiffrement de bout en bout et les cryptomonnaies – transforment le paysage des menaces numériques.

Le rapport met en évidence une cybercriminalité toujours plus sophistiquée, décentralisée et professionnalisée. Selon Europol, les groupes criminels exploitent rapidement chaque avancée technologique pour consolider leurs opérations, compliquer les enquêtes et élargir la portée de leurs attaques. Cette situation contraint les forces de sécurité ainsi que les organisations publiques et privées à renforcer leurs capacités techniques et la coopération internationale.

L’un des principaux enseignements de l’IOCTA 2026 concerne le rôle du dark web devenu une infrastructure essentielle du cybercrime. Malgré les opérations policières menées ces dernières années, les marchés illégaux et les forums criminels continuent de faire preuve d’une forte résilience. Lorsqu’une plateforme est démantelée, des alternatives plus fragmentées, spécialisées et sécurisées apparaissent rapidement. De plus, la combinaison de services anonymisés et de plateformes avec un chiffrement de bout en bout est en train de brouiller la frontière entre le web superficiel et le dark web, compliquant davantage le travail des enquêteurs.

Les cryptomonnaies restent un élément clé de l’écosystème criminel numérique. Le rapport souligne notamment l’utilisation croissante des « privacy coins » (monnaies de confidentialité) ainsi que des plateformes d’échange offshore pour blanchir l’argent issu de ransomware et d’autres activités illicites. Ces outils rendent la traçabilité des transactions extrêmement difficile et constituent un défi majeur pour les autorités. Europol alerte également sur l’implication indirecte grandissante de mineurs et de jeunes adultes dans des activités de blanchiment liées aux cryptomonnaies, souvent sans pleine conscience des conséquences juridiques.

L’intelligence artificielle émerge comme l’un des principaux accélérateurs de la fraude en ligne. Les cybercriminels utilisent des outils d’IA générative pour créer des messages plus crédibles, personnaliser les techniques d’ingénierie sociale et automatiser des campagnes frauduleuses à grande échelle. Ces technologies permettent de produire des e-mails, des SMS ou de faux contenus avec un niveau de réalisme particulièrement élevé. À cela s’ajoutent des techniques telles que le caller ID spoofing, qui permet de falsifier l’identité des appels téléphoniques, et les SIM farms, capables d’envoyer des milliers de messages et de communications simultanées.

En matière de cyberattaques, le ransomware reste l’une des principales menaces. L’IOCTA 2026 souligne que de nombreuses variantes et groupes actifs ont été détectés en 2025, dont plusieurs ont évolué vers des modèles de double extorsion : non seulement ils chiffrent les informations des victimes, mais ils menacent également de publier les données volées si la rançon n’est pas payée. Cette stratégie accroît la pression sur les entreprises et les institutions publiques et fait de la protection des données un enjeu critique de sécurité.

Le rapport met également en garde contre les liens croissants entre acteurs criminels et menaces hybrides soutenues par des États. Certains groupes de cybercriminalité agissent comme intermédiaires ou proxies (relais) dans des opérations de déstabilisation politique ou d’espionnage. Cette convergence entre criminalité organisée et intérêts géopolitiques ouvre un nouveau front de risques pour les infrastructures critiques, les administrations publiques et les grandes entreprises technologiques.

Un autre des points les plus préoccupants est l’augmentation de l’exploitation sexuelle des enfants en ligne. Europol signale une augmentation des cas d’extorsion sexuelle, ainsi que de la commercialisation de contenus d’abus sexuels sur des enfants à des fins lucratives. Le développement de contenus synthétiques générés par intelligence artificielle suscite également de nouvelles difficultés techniques et juridiques pour identifier les victimes et poursuivre les responsables. Les plateformes de messagerie cryptée sont devenues des espaces privilégiés pour ce type d’activités criminelles.

Dans ce contexte, le rapport mentionne en particulier The Com, un réseau de communautés criminelles en ligne lié à des activités extrêmement violentes. Selon Europol, ces environnements combinent l’exploitation sexuelle des enfants, l’extorsion, les cyberattaques et d’autres formes de violence grave, configurant des écosystèmes criminels particulièrement dangereux et difficiles à infiltrer.

Enfin, l’IOCTA 2026 souligne la nécessité d’une réponse coordonnée entre les gouvernements, les forces de police, les entreprises technologiques et les organismes internationaux. Europol insiste sur le fait que la lutte contre la cybercriminalité nécessitera des capacités techniques renforcées, une réglementation adaptée aux nouveaux défis numériques et une coopération mondiale beaucoup plus étroite. Le rapport s’impose ainsi comme un guide stratégique incontournable pour comprendre l’évolution des menaces numériques et anticiper un environnement toujours plus complexe et hostile.

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Deux nouvelles études révèlent la façon dont l’intelligence artificielle peut être utilisée pour favoriser la violence sexiste et les abus sexuels

La chercheuse Clare McGlynn, experte en violence à l’égard des femmes et des filles, alerte que la dernière génération de chatbots d’intelligence artificielle donne lieu à de nouvelles formes d’abus à une échelle et avec une intensité préoccupantes. Bien qu’il existait déjà un lien entre la technologie et la violence sexiste, notamment avec les deepfakes sexuels et la violence par les images, McGlynn considère que les chatbots représentent un changement qualitatif. Sa recherche documente la façon dont ces outils, souvent accessibles gratuitement, permettent de simuler des scénarios de viol, d’inceste et d’abus sexuels sur des enfants, ainsi que d’autres formes de violence sexiste.

Comme l’indique Patricia Clarke sur observer.co.uk, ce rapport coïncide avec une enquête de l’Internet Watch Foundation (IWF), qui dénonce une croissance rapide des contenus pédopornographiques générés par l’IA. Les données sont particulièrement alarmantes : en 2025, des milliers de vidéos générées par l’IA ont été identifiées, une augmentation exponentielle par rapport à l’année précédente. De plus, une fraction importante de ce contenu est considérée comme extrêmement grave. Dans ce type de contenu, la grande majorité des victimes sont des filles, ce qui met en évidence une claire disparité de genre dans les préjudices subis.

Les rapports coïncident sur le fait que le problème n’est pas seulement l’utilisation abusive de la technologie, mais aussi la façon dont les plateformes sont conçues. Lorsque les entreprises donnent la priorité à la croissance et à l’acquisition d’utilisateurs au détriment de la sécurité, elles créent des environnements qui facilitent les abus. Les modèles d’IA open source sont un facteur de risque important, car n’importe qui peut les télécharger, les modifier et supprimer leurs sauvegardes. Cette accessibilité a été saluée dans des forums du dark web, certains utilisateurs voyant l’IA comme un outil qui leur permet de matérialiser des fantasmes illégaux avec un haut degré de réalisme.

L’un des domaines les plus préoccupants est celui des applications de jeu de rôle et de compagnons, dans lesquelles les chatbots agissent comme des interlocuteurs fictifs. Des plateformes comptant des millions d’utilisateurs permettent de créer des personnages pouvant représenter des situations abusives ou sexualisées, y compris impliquant des mineurs. Le manque de contrôle efficace sur ces contenus et la facilité avec laquelle il est possible d’y accéder amplifient les risques, en particulier pour les jeunes.

McGlynn appelle ce phénomène la « violence simulée par chatbot » et souligne qu’il s’agit d’un problème encore peu visible dans la recherche académique. Malgré l’abondance d’études sur la sécurité de l’IA, les analyses axées sur le genre restent insuffisantes. Cette invisibilité peut contribuer à perpétuer des risques systémiques au fur et à mesure que la technologie évolue.

En ce qui concerne la réglementation, les experts estiment que la réponse actuelle est insuffisante et fragmentée. Certaines mesures, comme la restriction de l’accès à certaines applications, ou même leur interdiction dans certains pays, sont considérées comme limitées, car elles ne s’attaquent pas au problème structurel : la façon dont les plateformes sont conçues. Dans ce contexte, McGlynn propose que le « déploiement dangereux de chatbots d’IA » soit considéré comme un délit afin de responsabiliser les entreprises qui ne mettent pas en place des mesures adéquates de prévention des dommages.

Selon l’IWF, la sécurité dès la conception, qui comprend des tests avant le lancement et des mécanismes d’audit indépendants, doit devenir la norme. Des mouvements se produisent également dans le domaine politique : au Royaume-Uni, la Chambre des lords a proposé d’introduire des responsabilités pénales pour les fournisseurs de chatbots jugés non sécurisés, et il existe une possibilité que ces services soient inclus dans la loi sur la sécurité en ligne. Les critiques soulignent toutefois qu’il manque encore un organisme de réglementation spécifique et des obligations claires pour garantir la sécurité avant que les produits n’atteignent le public.

Pour conclure, les rapports mettent en avant une tension croissante entre l’innovation technologique et la protection des droits fondamentaux. Sans interventions plus fermes, il existe un risque que l’IA reflète, voire amplifie les formes de violence existantes, en particulier à l’égard des femmes et des filles. Pour les professionnels de la sécurité, cela implique le besoin d’adopter une approche proactive axée sur la prévention, la responsabilité et la conception éthique des technologies émergentes.

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Évolution de la criminalité aux États-Unis en 2024 : une tendance à la baisse

L’année 2024 a confirmé une tendance positive en matière de sécurité aux États-Unis, avec une diminution généralisée tant des crimes violents que les atteintes aux biens. Selon les données officielles basées sur les incidents enregistrés par les forces de sécurité, la criminalité montre une baisse significative par rapport à l’année 2023, consolidant une amélioration qui touche pratiquement toutes les catégories analysées.

En ce qui concerne les crimes violents – qui incluent les homicides, les viols, les vols avec violence et les agressions aggravées – le taux global s’est établi à 370,8 incidents pour 100 000 habitants, ce qui représente une réduction de 6 % par rapport à l’année précédente. Cette diminution n’est pas homogène, mais elle est généralisée : toutes les typologies de crimes violents ont connu une baisse.

La plus marquée concerne les homicides, en recul de 16 %, avec un taux ramené à 5,1 pour 100 000 habitants. Un indicateur particulièrement scruté, en raison de son poids symbolique et médiatique. Les vols avec violence reculent de 9 %, les viols de 6 %, et les agressions aggravées de 5 %, ces dernières restant néanmoins les plus fréquentes parmi les crimes violents.

Même dynamique du côté des atteintes aux biens. Cambriolages, vols et vols de véhicules sont tous en baisse. Le taux global a diminué de 9 %, passant de 2 019,7 à 1 835,1 incidents pour 100 000 habitants. Parmi ceux-ci, la chute la plus spectaculaire (19 %) concerne le vol de véhicules, suivie des vols et des cambriolages, qui montrent également une évolution à la baisse.

Ces données reflètent non seulement une réduction du nombre de délits, mais aussi de la victimisation, c’est-à-dire du nombre de personnes affectées. Le nombre de personnes touchées par des crimes violents diminue, avec un taux de 376,9 victimes pour 100 000 habitants, tandis que les atteintes aux biens enregistrent, elles, une baisse de 12 %. Une évolution qui se traduit concrètement par une amélioration du sentiment de sécurité.

Des disparités importantes persistent toutefois selon les territoires. Certains états, comme le Nouveau-Mexique, affichent des niveaux de criminalité nettement supérieurs à la moyenne nationale, tant pour les crimes violents que pour les atteintes aux biens. En revanche, d’autres états comme le Maine ou l’Idaho enregistrent des niveaux considérablement plus bas. Au total, 14 états dépassent la moyenne nationale pour les crimes violents, et 16 pour les atteintes aux biens, révélant des inégalités régionales persistantes.

Les données mettent également en évidence une baisse de la victimisation dans plusieurs groupes démographiques, notamment parmi les populations blanches, noires et asiatiques. Néanmoins, aucune évolution significative n’est observée chez les populations hispaniques ou amérindiennes, ce qui souligne la nécessité de politiques de sécurité plus ciblées.

Dans l’ensemble, les résultats de 2024 suggèrent une évolution favorable de la criminalité aux États-Unis, avec des baisses constantes dans presque tous les indicateurs principaux. Cependant, la persistance des différences territoriales et démographiques indique qu’il reste encore des défis importants à relever. D’un point de vue de la sécurité, ces données renforcent l’importance de maintenir et d’adapter les stratégies de prévention et de réponse, en mettant particulièrement l’accent sur les zones et les groupes les plus vulnérables.

En définitive, l’année 2024 peut être considérée comme une année d’amélioration en matière de sécurité publique, mais aussi comme un rappel que la lutte contre la criminalité nécessite une vigilance constante et une analyse approfondie afin de garantir que les progrès soient durables et équitables.

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