Le nombre de consommateurs de drogue augmentera de 150 % en Afrique subsaharienne

355.- baixaLa nouvelle enquête de l’ENACT [1] est à ce jour la plus complète jamais menée sur le trafic de drogue, les modes de consommation et les politiques en matière de drogue en Afrique.

Selon les études de l’ENACT sur la criminalité transnationale organisée, les politiques inefficaces en matière de drogue, nourries par la corruption et le crime organisé, ne font qu’aggraver une crise de la drogue en plein développement en Afrique.

La consommation de drogues illicites en Afrique, y compris l’usage non médical d’opioïdes délivrés sur ordonnance, représente une menace pour le développement et, d’après les prévisions, deviendra bientôt un problème urgent de santé publique.

L’Afrique subsaharienne connaîtra la plus forte augmentation au monde du nombre de consommateurs de drogue au cours des 30 prochaines années, et sa part dans la consommation mondiale de drogue sera multipliée par deux.

Les prisons sont surpeuplées et beaucoup parmi les jeunes générations se voient condamnés pour des délits de faible gravité. Les marchés continentaux de la drogue continuent de se développer, même si les cultures illicites sont détruites, les laboratoires de drogue démantelés et les cargaisons de drogue confisquées.

La drogue est devenue une source de revenus pour les organisations terroristes et les groupes de crime organisé, mais les forces de police africaines n’ont pas les capacités institutionnelles, technologiques et financières suffisantes pour freiner de manière significative le développement des marchés du trafic de drogue.

Les chercheurs estiment que le nombre de consommateurs de drogue en Afrique subsaharienne augmentera de près de 150 % au cours des trois prochaines décennies. On prévoit que d’ici à 2050, 14 millions d’Africains en plus consommeront des drogues illicites, pour un total de 23 millions de consommateurs en Afrique subsaharienne.

Le rôle de plaque tournante mondiale du trafic de drogues illicites de l’Afrique de l’Ouest s’est intensifié, en particulier pour la cocaïne, et une économie illégale s’y est développée autour de la production et de la distribution de méthamphétamine.

Le phénomène des drogues dures en Afrique contribue à l’augmentation de la production mondiale de cocaïne et d’héroïne, au point d’atteindre des niveaux qui, selon le Rapport mondial sur les drogues de 2018, sont les plus hauts jamais enregistrés. Parmi les autres moteurs de la croissance du commerce et de la consommation de drogue, on trouve l’urbanisation croissante, le développement des infrastructures et des voies de transport, une population jeune en rapide augmentation, ainsi qu’une situation sociale et économique difficile pour des millions de personnes.

Les chercheurs ont fait plusieurs recommandations aux responsables des politiques de l’Union africaine. Une réponse efficace à cette crise dans le contexte africain doit comporter des efforts de réduction de la production, du trafic de drogue et de la demande, mais aussi une plus grande prise en charge médicale pour le traitement et la guérison des consommateurs de drogue.

Toutes les régions doivent renforcer les mécanismes transfrontaliers mis en œuvre par la législation afin de freiner l’offre et la production de drogues illicites, en ciblant les trafiquants plutôt que les consommateurs. Le détournement d’opioïdes pharmaceutiques des circuits légaux doit également être endigué.

[1] L’ENACT est financé par l’Union européenne. Le projet vise à réunir des connaissances et des compétences pour améliorer la réponse de l’Afrique à la criminalité transnationale organisée. Il analyse la manière dont la criminalité organisée affecte la stabilité, la gouvernance, l’État de droit et le développement en Afrique, et s’efforce d’en atténuer les effets. L’ENACT est formé par l’Institut d’études de sécurité et INTERPOL, dans le cadre de l’Initiative mondiale contre le crime transnational organisé.

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59 % de la production mondiale d’armes a lieu aux États-Unis

ARMES PRODUCCIOLes ventes d’armes des 100 plus grandes entreprises du secteur (sans compter les entreprises chinoises) ont atteint 420 milliards de dollars en 2018, soit une augmentation de 4,6 % par rapport à l’année précédente. Il s’agit des nouvelles données publiées par le Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI).

Selon la base de données du SIPRI, les ventes d’armes des 100 plus grandes entreprises du secteur ont augmenté de 47 % depuis 2002. Il convient de noter que les entreprises chinoises ne sont pas incluses dans la base de données de SIPRI, car le manque d’informations ne permet pas une estimation fiable.

Pour la première fois depuis 2002, les cinq plus grandes entreprises d’armement au monde ont leur siège aux États-Unis. Le total des ventes de toutes les entreprises nord-américaines a atteint 246 milliards de dollars, soit 59 % de toutes les ventes d’armes des 100 plus grandes entreprises du secteur. Un chiffre qui représente une augmentation de 7,2 % par rapport à 2017.

Les ventes d’armes russes, quant à elles, sont restées stables. Le total des ventes d’armes des dix premières entreprises russes qui apparaissaient dans le top 100 de 2018 s’élevait à 36,2 milliards de dollars. Une légère diminution de 0,4 % par rapport à 2017.

Le SIPRI a également constaté une augmentation des ventes d’armes des entreprises françaises, mais une diminution de celles des entreprises britanniques et allemandes. Le total des ventes d’armes des 27 entreprises européennes du top 100 a légèrement augmenté en 2018, atteignant 102 milliards de dollars. Les ventes des entreprises du secteur dont le siège se trouve au Royaume-Uni ont baissé de 4,8 %, mais s’élèvent toujours à 35,1 milliards de dollars, l’un des plus gros chiffres d’Europe.

Le total des ventes d’armes des entreprises françaises du top 100 a été le deuxième le plus élevé d’Europe, avec 23,2 milliards de dollars. Les ventes totales combinées des quatre entreprises de production d’armes allemandes figurant dans ce classement ont diminué de 3,8 %.

Sur les 100 principaux producteurs d’armes de l’année 2018, 80 étaient basés aux États-Unis, en Europe et en Russie. Sur les 20 restants : 6 au Japon, 3 en Israël, en Inde et en Corée du Sud, 2 en Turquie et 1 en Australie, au Canada et à Singapour.

Les ventes combinées des six entreprises japonaises sont restées relativement stables en 2018. En effet, elles représentaient 2,4 % du total du top 100, soit 9,9 milliards de dollars.

La base de données sur les transferts d’armes du SIPRI a été créée en 1989. Elle ne contenait alors aucune donnée sur les entreprises des pays de l’Europe de l’Est, y compris l’Union soviétique. La version actuelle contient des données datant de l’année 2002, y compris celles des entreprises russes. Les entreprises chinoises ne sont pas incluses, car il n’y a pas de données disponibles à partir desquelles il serait possible de faire des estimations raisonnables ou cohérentes sur les ventes d’armes depuis 2002.

Il convient de préciser que l’expression « les ventes d’armes » fait référence à la vente de biens et de services militaires à des clients militaires nationaux et étrangers.

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Les inégalités raciales et ethniques dans le système judiciaire américain diminuent

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L’étude, menée par William J. Sabol, ex-directeur du United States Bureau of Justice Statistics et criminologue de l’Andrew Young School of Policy Studies de l’université de Géorgie, n’analyse pas les raisons de la diminution des inégalités raciales.

L’étude commandée par le Council on Criminal Justice a révélé que les inégalités raciales et ethniques chez les personnes incarcérées et en liberté conditionnelle aux États-Unis ont diminué entre 2000 et 2016, l’année la plus récente pour laquelle il existe des données fédérales et d’État combinées.

Bien que les Afro-Américains soient toujours le plus grand groupe d’individus dans le système judiciaire américain, les disparités entre les Noirs et les Blancs ont considérablement diminué au cours des deux dernières décennies.

Une diminution qui a eu lieu dans toutes les catégories de délits graves, la baisse la plus importante étant celle des délits liés à la drogue, pour lesquels le taux d’incarcération des Afro-Américains est passé de 15 fois à moins de 5 fois celui des Blancs dans la dernière décennie et demie.

Les disparités entre Hispaniques et Blancs ont diminué de manière similaire, la baisse la plus importante s’étant produite chez les individus en liberté conditionnelle : de 3,3 fois le taux des Blancs en 2000 à 1,4 fois en 2014.

Le nombre d’Afro-Américains arrêtés pour des délits liés à la drogue est passé de 2 177 pour 100 000 habitants en 2000 à 1 274 pour 100 000 habitants en 2016, soit une baisse d’environ 41 %. Il convient de noter que certains États ont commencé à alléger les arrestations pour détention de marijuana en réponse à la croissance du mouvement pro-légalisation.

Bien que les disparités raciales restent un problème critique dans le système, ces nouveaux chiffres représentent un changement significatif. Au cours des 40 dernières années, le taux d’incarcération de la population noire a toujours été entre six et huit fois supérieur à celui des Blancs.

La réduction de cet écart a été particulièrement notable chez les individus incarcérés. En effet, le nombre d’adultes noirs incarcérés a diminué de 10 % entre 2000 et 2016, passant de 589 499 à 527 675. Une période lors de laquelle l’écart entre les Noirs et les Blancs incarcérés a diminué de 42 %.

Le nombre de Blancs dans les prisons d’État a augmenté de 18,6 % au cours de la même période, passant de 452 232 à 536 183.

Les auteurs de l’étude ont également constaté une diminution similaire, bien que mineure, des disparités raciales au sein de la population carcérale fédérale. En effet, elle est passée de 8,4 à sept détenus noirs pour un détenu blanc entre 2001 et 2017. Le taux de la population hispanique est passé de 7,3 à 4,6 pour un détenu blanc au cours de la même période.

La diminution des disparités raciales est encore plus prononcée chez les femmes noires que chez les hommes noirs. En 2000, il y avait six femmes afro-américaines pour chaque femme blanche dans le système judiciaire américain. En 2016, ce chiffre est passé à deux femmes afro-américaines pour chaque femme blanche entre les barreaux.

Le nombre de femmes noires dans les prisons d’État a diminué de moitié au cours de cette période, tandis que le nombre de femmes blanches y est passé de 25 000 à 60 000.

Selon l’étude, la réduction considérable de l’écart entre le taux d’incarcération des femmes noires et celui des femmes blanches a été motivée par une baisse significative du nombre de femmes noires incarcérées pour des délits liés à la drogue, ainsi que par l’augmentation du nombre de femmes blanches incarcérées pour des délits liés à la drogue et la violence.

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Les Européens dépensent quelque 30 billions d’euros par an sur le marché de détail des drogues

DROGUES EUROPOLCette dépense fait du marché des drogues une source de revenus très importante pour les groupes de crime organisé de l’Union Européenne. Ce chiffre est tiré du rapport d’Europol 2019 EU Drug Markets Report, publié par l’agence des drogues de l’UE (EMCDDA) et Europol. Environ deux cinquièmes de ce total, soit 39 %, sont destinés au cannabis, 31 % à la cocaïne, 25 % à l’héroïne et 5 % aux amphétamines et à l’ecstasy (MDMA).

Le rapport étudie les tendances de la chaîne d’approvisionnement, de la production et du trafic de drogues à la distribution et aux canaux de vente. Il expose les répercussions importantes que le marché des drogues a sur la santé et la sécurité, indiquant qu’une approche holistique serait vitale pour mettre en œuvre des politiques de contrôle effectives en la matière.

Les dernières données montrent que la disponibilité globale des drogues en Europe demeure très élevée et que les consommateurs ont accès à une grande variété de produits d’une pureté et d’une puissance élevées, à des prix constants, voire en baisse. Une des questions transversales importantes que pose le rapport est l’impact environnemental de la production de stupéfiants, y compris la déforestation et le déversement de résidus chimiques, qui peuvent comporter des dommages écologiques, des risques en matière de sécurité et des coûts de nettoyage élevés.

Le rapport souligne l’importance croissante de l’Europe, comme cible mais aussi région productrice de drogues, et il montre que la violence et la corruption, constatées de longue date dans les pays producteurs de drogues traditionnels, sont de plus en plus évidents dans l’UE. Parmi les larges conséquences du marché des drogues que présente l’analyse, citons ses impacts négatifs sur la société, par exemple la violence des bandes, les homicides liés au phénomène et la tension exercée sur les institutions publiques.

Sont également évoqués les liens du marché des drogues avec une activité criminelle accrue, par exemple le trafic d’êtres humains, le terrorisme, ainsi que ses répercussions sur l’économie légale, notamment le blanchiment d’argent associé au commerce des stupéfiants, ce dont pâtissent les entreprises légales.

Le rapport s’inquiète de la diversification du trafic de drogues par les voies maritimes et de l’usage de l’aviation en général (jets privés, drones) à des fins criminelles. Le recours aux services postaux et aux messageries pour transporter des drogues s’étend également à grande vitesse, au rythme, croissant en Europe, des achats en ligne et de la circulation de plus grands volumes de marchandises.

Les marchés de surfaces web et Darknet, ainsi que les réseaux sociaux, les services de messagerie et les applications mobiles offrent des voies pour la vente de drogues en ligne. Bien que les marchés du Darknet conservent une capacité de résistance, des boutiques de vendeurs en ligne et des marchés à l’intention de nationalités spécifiques et de groupes linguistiques apparaissent également. Les armes à feu illégales, les téléphones intelligents chiffrés et les documents frauduleux sont autant d’outils criminels clés utilisés de plus en plus fréquemment par les trafiquants de drogues.

Le rapport analyse en profondeur les marchés des principales drogues consommées en Europe :

  • Cannabis: c’est le marché de drogues le plus vaste d’Europe, avec quelque 25 millions de consommateurs (de15 à 64 ans) l’année dernière. Le rapport précise que bien que l’herbe et la résine de cannabis dominent encore, les produits dérivés sont de plus en plus diversifiés en Europe.
  • Héroïne et autres opiacés: risques graves pour la santé et problèmes précurseurs. L’usage des opiacés occasionne encore la plus grande partie des dommages, décès compris, associés à la consommation de drogues au sein de l’UE.
  • Cocaïne: production record et marchés en expansion. Il s’agit du deuxième stupéfiant illicite le plus consommé dans l’UE, avec une valeur sur le marché de détail estimée à 9,1 milliards d’euros.
  • Amphétamine, méta-amphétamine et MDMA: production à grande échelle en Europe pour la consommation interne et l’exportation : tout cela représente autour de 5 % du marché total des stupéfiants dans l’UE, avec une valeur estimée sur le marché de détail d’au moins un milliard d’euros pour les amphétamines et la méta-amphétamine et d’un demi-million d’euros pour la MDMA.
  • Nouvelles substances psychoactives: moins de nouvelles détections, mais des substances puissantes qui représentent de graves menaces pour la santé. Il s’agit de substances diverses qui ne sont pas soumises aux contrôles internationaux des drogues.

Sur un marché sans cesse plus complexe, adaptatif et dynamique, le rapport souligne que les politiques et les réponses de l’UE doivent également être souples, adaptatives et unies.

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Les chiffres noirs de la délinquance en Argentine

Policia_Metropolitana_-_Buenos_Aires_-_ArgentinaTous les pays déploient de gros efforts pour comprendre les tendances de l’activité délictueuse et les formes qu’elle adopte. La principale source d’informations relatives aux violences et aux délits sur lesquelles se basent les politiques publiques de sécurité sont les plaintes des citoyens. Cependant, en Argentine, la confiance à accorder à de telles statistiques est largement questionnée.

Ceci est dû au fait que seule une petite partie des délits commis est connue des autorités et enregistrée par celles-ci. Pour différentes raisons, on le sait, les délits n’entrent pas tous dans les statistiques de criminalité.

Aussi regroupe-t-on sous l’intitulé « Chiffres noirs » de la délinquance, tous les délits commis qui, pour une raison ou une autre, ne sont pas enregistrés par les autorités. Ces dernières sont donc loin d’offrir un panorama complet des agissements délictueux. Le problème est particulièrement grave dans les pays faiblement développés, qui sont aussi ceux où les taux de plaintes sont les plus bas.

S’il existe des chiffres noirs associés à chaque type de délit et à chaque contexte, on peut affirmer qu’en moyenne près de 70 % ne font pas l’objet d’une plainte. Ce rapport peut atteindre 90 % dans le cas de certains délits, notamment ceux à prévalence élevée comme les atteintes à la propriété, les actes de violence fondés sur le genre, les actes de violence domestique, et ceux liés à la corruption et au trafic de stupéfiants.

En Argentine, 62,6 % des délits ne font l’objet d’aucune plainte. Ceci a des conséquences sur la conception des politiques publiques de prévention et de contrôle de la délinquance. D’où l’importance qu’acquiert la réalisation d’enquêtes auprès des victimes.

Quand on analyse les taux de non-dénonciation par type de délits, on constate un rapport très net entre le type de délit et le niveau des chiffres noirs. Alors que dans les cas de vols de voiture, les chiffres noirs sont inférieurs à 20 %, ils atteignent plus de 50 % pour le reste des délits.

Les raisons de porter plainte ont à voir avec l’espérance que le délinquant soit puni, le dommage réparé ou les biens dérobés récupérés.

La principale raison pour laquelle les gens ne portent pas plainte est leur manque de confiance envers la capacité des autorités à résoudre le problème (34,6 %) ; ensuite, les gens préfèrent résoudre le problème par leurs propres moyens (24,6 %), ils accordent peu d’importance à ce qui s’est passé (20,5 %), au manque de preuves (14,7 %), aux craintes de représailles ou à la honte (5,5 %). 6,4 % des personnes consultées disent ne pas avoir porté plainte par ignorance de la procédure ou difficulté à l’exécuter.

Compte tenu de ce qui précède, on comprend que les victimes de vol de biens de valeur –comme les véhicules– soient plus promptes à entamer des actions formelles pour en obtenir la restitution ou les récupérer. En outre, si elles ont une assurance, la plainte est une condition obligatoire pour récupérer l’objet dérobé.

Les victimes de délits considérés comme moins graves ou associés à une moindre probabilité de réparation du dommage – vol personnel – ou qui, pour différents motifs, ne sont généralement pas signalés aux autorités – menaces, subornation, attouchements sexuels, etc. – sont moins enclines à porter plainte.

Moins de la moitié (46,6 %) des personnes portant plainte se disent satisfaites ou très satisfaites de la manière dont les autorités compétentes ont recueilli leur plainte.

http://www.seguridadciudadana.org.ar/

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Premier sondage sur la convivialité et la sécurité des citoyens en Colombie

ColombiaLe sondage sur la convivialité et la sécurité des citoyens en Colombie contient des informations sur les personnes âgées de 15 ans ou plus qui ont subi un préjudice à la suite de délits, tels que des vols, bagarres ou extorsions. De plus, l’enquête porte sur le sentiment de sécurité des personnes.

Pour la première fois, la Colombie effectue un sondage des victimes avec une couverture nationale et une évaluation de la proportion des victimes dans les zones rurales, avec l’année 2018 comme période de référence.

Le département administratif national de la statistique de Colombie (DANE) a présenté les résultats du Sondage sur la convivialité et la sécurité des citoyens, à la suite d’une collecte d’informations menée auprès d’un échantillon représentatif de 128 998 personnes âgées de 15 ans ou plus, résidents habituels de 39 712 ménages.

Selon les résultats du Sondage sur la convivialité et la sécurité des citoyens, au cours de l’année 2018, à l’échelle nationale, 15,6 % des personnes âgées de 15 ans ou plus ont été victimes d’au moins un délit.

En 2018, la proportion de victimes en Colombie était plus élevée chez les hommes de 15 ans ou plus (16,9 %) que chez les femmes dans la même tranche d’âge (14,3 %).

Il est important de noter qu’en 2018, en Colombie, 71,3 % des personnes âgées de 15 ans ou plus victimes d’un délit ne l’ont pas signalé aux autorités compétentes.

Parmi les 3 % des ménages colombiens qui ont déclaré avoir été victimes d’un vol à domicile en 2018, 68,4 % vivaient dans une maison, tandis que 29,8 % vivaient dans un appartement.

Il convient également de noter que 7,3 % des personnes âgées de 15 ans ou plus ont été victimes d’un vol. 41,8 % de ces victimes étaient âgées de 15 à 29 ans. Sur le nombre total d’hommes âgés de 15 ans ou plus, 7,6 % ont déclaré avoir été victimes d’un vol en 2018, tandis que 7 % des femmes ont déclaré avoir été victimes de ce délit.

34,5 % des vols se sont produits entre 12 h et 18 h et l’objet personnel le plus volé est le téléphone mobile, à hauteur de 75,9 %.

Dans l’ensemble de la Colombie, 22,9 % des personnes âgées de 15 ans ou plus ont déclaré posséder au moins un véhicule (une voiture, une motocyclette, un vélo ou un véhicule agricole). 8,7 % de ces propriétaires ont indiqué s’être fait voler leur véhicule, ou bien une pièce ou un accessoire de celui-ci. 62,5 % des victimes ont signalé le vol d’une pièce ou d’un accessoire et 37,5 %, du véhicule complet. Dans 38,4 % des cas, le vol de véhicule s’est produit entre 12 h et 18 h.

1,5 % des personnes âgées de 15 ans ou plus ont déclaré avoir été impliquées dans des bagarres avec violence physique. Parmi ces dernières, on trouve 54,4 % de jeunes âgés de 15 à 29 ans. 2 % du nombre total d’hommes se sont vus impliqués dans une bagarre, tandis que chez les femmes, ce pourcentage s’élève à 1,1 %.

2,2 % des personnes âgées de 15 ans ou plus ont déclaré avoir été victimes d’extorsion ou de tentative d’extorsion en 2018 en Colombie. 92,2 % des victimes ont été contactées par téléphone par l’extorqueur et 43,4 % ont déclaré qu’elles étaient menacées d’atteinte à leur intégrité physique.

En Colombie, en ce qui concerne le sentiment de sécurité ou d’insécurité dans les différents lieux publics chez les personnes âgées de 15 ans ou plus, on constate que la voie publique est l’espace dans lequel les personnes déclarent se sentir le moins en sécurité, avec 48 %, suivie des transports en commun, avec 42,9 %.

Sur la question du sentiment de sécurité urbaine par ville (en général, le fait de se sentir en sécurité ou non dans sa propre ville), il ressort que Bogotá et Carthagène sont les deux villes où les résidents déclarent ressentir le plus d’insécurité, à hauteur de 84 % et 73,9 %, respectivement.

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La cyberdélinquance est de plus en plus ambitieuse

Le rapport sur la criminalité d’Europol de 2019 offre des informations sur les menaces émergentes et sur les principales nouveautés, comme par exemple le fait que la cybercriminalité continue de se développer et qu’elle est de plus en plus ambitieuse. En effet, elle s’oriente désormais vers des objectifs plus grands et plus rentables, ainsi que vers les nouvelles technologies. Les données sont la clé de la cyberdélinquance, tant du point de vue de la criminalité comme de celui de la recherche.

Phénomènes de cybercriminalité transversale
1. Les données sont au centre des scènes de crime. Les cyberdélinquants ciblent les données, ce pourquoi la confidentialité des données et la prise de conscience des consommateurs sont fondamentales pour les organisations.

  1. La criminalité informatique se développe et est de plus en plus ambitieuse. En effet, elle s’oriente désormais vers des objectifs plus grands et plus rentables.

Principales tendances du rapport sur la cybercriminalité de 2019
1. Le ransomware reste la principale menace de cyberdélinquance en 2019.

  1. Attaques par déni de service : si un ransomware est utilisé pour bloquer l’accès d’une organisation à ses propres données, cela peut devenir une menace.
  2. Surcharge de données pour lutter contre le matériel d’exploitation sexuelle des enfants : la quantité de matériel détecté en ligne par la police et le secteur privé ne cesse d’augmenter. Une augmentation qui implique un effort considérable au niveau des ressources des chercheurs. L’un des développements à craindre est l’exploitation sexuelle de mineurs en ligne. Le deepfake est une technique qui consiste à superposer des images ou des vidéos sur une autre vidéo.
  3. Le matériel explicite généré automatiquement est de plus en plus courant, notamment en raison de l’augmentation du nombre de mineurs ayant accès à des smartphones de haute qualité.
  4. Villes intelligentes: les attaques de ransomware les plus visibles en 2019 ont touché les gouvernements, en particulier les États-Unis.
  5. La police réagit de plus en plus souvent aux attaques d’infrastructures cruciales.
  6. Le darknet est de plus en plus fragmenté. Certains groupes de crime organisé fragmentent également leurs activités en plusieurs services et marchés en ligne, ce qui représente un nouveau défi pour les chercheurs.
  7. Marchés de blockchain: en plus d’échapper aux autorités, les développeurs criminels sont également motivés par le besoin de renforcer la relation de confiance avec leur base de clients, à la fois en termes d’anonymat et de réduction du risque d’arnaques.
  8. Engagement par courrier électronique commercial : les données sont de nouveau au centre de l’attention en ce qui concerne l’engagement par e-mail commercial, une priorité communiquée à la fois par les États membres et par le secteur privé. Si ce type de délit n’est pas nouveau, il évolue très rapidement. Il s’agit d’une arnaque qui profite de la façon dont les entreprises exercent leurs activités, en tirant parti des structures d’entreprises séparées et des lacunes internes au niveau des processus de vérification des paiements.
  9. Protocole de réponse d’urgence de l’UE : la réponse coordonnée aux cyberattaques à grande échelle est toujours un défi important pour une coopération internationale efficace dans l’écosystème de la cybersécurité.

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Le fentanyl, plus mortel que l’héroïne

Le nombre de décès liés aux opioïdes synthétiques aux États-Unis est passé d’environ 3 000 en 2013 à plus de 30 000 en 2018. En effet, les opioïdes synthétiques tels que le fentanyl sont actuellement impliqués dans deux fois plus de décès que l’héroïne.

Un livre [1] montrant une évaluation systématique du passé, du présent et du possible futur des opioïdes synthétiques vient d’être présenté aux États-Unis. Il se base sur l’analyse de données secondaires, des revues de littérature, des études de cas internationales et des interviews d’informateurs clés. Son objectif est de fournir aux décideurs, aux chercheurs, aux médias et au public des connaissances qui leur permettront de mieux comprendre le problème des opioïdes synthétiques et d’apprendre à y répondre.

Principales conclusions

Le fentanyl et les autres opioïdes synthétiques dominent certains marchés régionaux de la drogue au Canada et à l’Est des États-Unis.

Des facteurs liés à l’offre, plus que l’augmentation de la demande, expliquent la diffusion du fentanyl. Ils comprennent la diffusion en ligne de méthodes de synthèse plus efficaces, le commerce électronique anonyme, etc.

Sur certains marchés, le fentanyl remplace entièrement l’héroïne, plutôt que de seulement la frelater ou la compléter.

La diffusion des opioïdes synthétiques se base sur les décisions des fournisseurs, et non pas sur la demande des utilisateurs.

Les problèmes qui existent actuellement dans certaines régions du Canada sont aussi graves qu’à l’Est des États-Unis, malgré d’importantes différences au niveau de la politique en matière de drogue et de la prestation des services de santé publics et des services sociaux.

La propagation du fentanyl est rapide et persistante de façon épisodique.

Il est possible que les problèmes liés aux opioïdes synthétiques s’aggravent.

Le problème des opioïdes synthétiques aux États-Unis n’a pas encore une portée véritablement nationale. En effet, pour le moment, certaines régions à l’ouest du Mississipi ne sont pas autant affectées.

Recommandations

Il est indispensable de mettre en place des mesures pour éviter que les opioïdes synthétiques touchent les régions du pays qui n’ont encore été affectées que modérément.

Les responsables politiques doivent innover dans les régions et secteurs dans lesquels les opioïdes synthétiques sont produits. Il faudrait sérieusement envisager de nouvelles approches pour répondre à la crise actuelle (par exemple, interrompre les transactions en ligne, superviser les lieux de consommation et mettre en place de nouvelles modalités de traitement, comme le traitement assisté par héroïne ou encore l’analyse du contenu des médicaments). Il s’agit d’une démarche nécessaire en raison de la nature et de l’échelle du défi posé par les opioïdes synthétiques qui, sous leurs formes et selon leurs méthodes de distribution actuelles, représentent une solution de sortie des crises précédentes. En effet, la résolution de cette crise pourrait demander des approches ou des technologies qui n’existent pas encore.
Les gouvernements ont la seule responsabilité de financer la collecte de données et le suivi de la consommation et des marchés de la drogue.  La crise du VIH/SIDA a généré de grands investissements dans de nouvelles données et de nouveaux systèmes de contrôle, comme le système national de surveillance du comportement du VIH. Le nombre de décès liés aux opioïdes est similaire à celui du pic de l’épidémie du VIH/SIDA, mais il n’y a encore eu aucun investissement comparable pour améliorer les systèmes de contrôle dans ce secteur.

[1] The future of Fentanyl and Other Synthetic Opioids, Bryce Pardo, Jirka Taylor, Jonathan P. Caulkins, Beau Kilmer, Peter Reuter & Bradley D. Stein.

https://www.rand.org/pubs/research_reports/RR3117.html

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Un allemand sur quatre est victime de délits sur Internet

L’Office fédéral allemand de la sécurité des technologies de l’information (https://www.bsi.bund.de/DE/Home/home_node.html) a publié les résultats d’un sondage en ligne mené au mois d’avril 2019 auprès de 2 000 personnes âgées de 16 à 69 ans[1]. Parmi les personnes interrogées, 24 % déclarent avoir été victimes d’un délit sur Internet, et 29 % considèrent le risque d’être victime d’un délit « digital » comme « très élevé » ou « élevé ».

Plus précisément, 36 % disent avoir été victimes d’une fraude en achetant en ligne, 28 % de hameçonnage, 26 % d’un virus ou d’un cheval de Troie, 18 % d’une usurpation d’identité, 13 % d’un logiciel extorqueur et 13 % de cyberharcèlement, et certaines personnes interrogées ont même déclaré avoir été victimes de plusieurs types de délits.

Pourtant, 61 % d’entre elles ont indiqué qu’elles utilisaient déjà un antivirus, 58 % des mots de passe sécurisés et 52 % un pare-feu. En outre, 36 % des personnes interrogées ont déclaré qu’elles installaient toutes les mises à jour logicielles immédiatement, 32 % qu’elles modifiaient leur mot de passe régulièrement et 19 % qu’elles communiquaient par e-mail de façon cryptée (plusieurs réponses étaient possibles). En conséquence, 73 % affirment rechercher des informations en matière de sécurité sur Internet. Pour cela, 24 % consultent le site de l’Office fédéral allemand de la sécurité des technologies de l’information, et 47 % ceux de la police. Seulement 34 % affirment ne jamais avoir entendu parler de ces sites web.

Les tranches d’âge qui déposent le plus de réclamations sont celles des 60-69 ans (41 %) et des 50-59 ans (40 %). Les 16-29 ans et les 30-39 ans sont celles qui en déposent le moins (23 %). Les tranches d’âge qui s’informent le plus sur Internet sont également celles des 50-59 ans (38 % de façon régulière et 40 % en cas de problème) et des 60-69 ans (37 % et 38 %). Le sujet le plus recherché sur Internet est celui des banques en ligne (62 % des personnes interrogées). Bien que la plupart des personnes interrogées aient déjà entendu parler de mesures de prévention, seule une minorité les prend en compte et les consulte régulièrement (9 %).

Parmi les personnes qui ont déjà été des victimes « du numérique », les mesures de protection les plus fréquentes sont la mise à jour du pare-feu (50 %), l’amélioration de la sécurité des mots de passe (44 %) et la mise à jour de l’antivirus (40 %).

[1] Voir https://www.bsi.bund.de/SharedDocs/Downloads/DE/BSI/Digitalbarometer/Digitalbarometer-ProPK-BSI_2019.pdf?__blob=publicationFile&v=3

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Extorsion, violence et crime organisé en Amérique Latine

Selon une étude récente [1], l’extorsion est le deuxième délit le plus préjudiciable pour l’État de droit des pays d’Amérique latine, après les homicides. L’extorsion est non seulement devenue la principale source de revenus des maras, des gangs de jeunes et des groupes de crime organisé, mais au vu du nombre croissant de décès violents qui en résultent, il s’agit également de la principale menace pour la sécurité.

Par exemple, 24 % des habitants du Salvador disent avoir déjà été victimes d’extorsion, et au Guatemala, le nombre de plaintes déposées pour extorsion a augmenté de 55 % entre 2013 et 2018.

Au cours de ces dernières années, certains pays ont renforcé leurs efforts pour lutter contre les délits d’extorsion. Les solutions testées comprennent le durcissement des peines, les programmes de prévention spécialisés et le recours à des forces de police spéciales ou à des lignes téléphoniques exclusives pour la prise en charge des victimes. Une autre mesure qui gagne en popularité est le blocage des signaux des téléphones portables dans les prisons, car dans certains pays, jusqu’à 70 % des extorsions sont organisées depuis des prisons.

Les conséquences pour la population et l’économie sont dévastatrices. La même étude formule une série de recommandations pour prévenir et contrôler l’extorsion :

  • Promouvoir la modernisation de la police et encourager la réinsertion sociale des détenus, et améliorer le système policier et judiciaire dans le but de garantir la sécurité des citoyens.
  • Favoriser les partenariats public-privé, comme celui qui existe actuellement entre le secteur du sucre et la Police nationale du Salvador. De cette manière, la police a pu accéder à des équipes de mobilité et de communication.
  • Destiner plus de ressources aux technologies de contrôle de l’extorsion. Par exemple, au Mexique, il existe une application qui permet de détecter les appels provenant d’établissements pénitentiaires.
  • Approfondir les échanges régionaux autour des bonnes pratiques en matière de contrôle de l’extorsion pour mettre en œuvre des programmes et des répliques rapides.
  • Consolider les mécanismes de contrôle pour les cas d’extorsion impliquant des employés de la fonction publique. En particulier les cas dans lesquels les fonctionnaires demandent de l’argent aux citoyens dans le cadre de certaines démarches administratives.
  • Générer des alternatives professionnelles attrayantes pour les membres de gangs de jeunes. Par exemple, des centres communautaires organisant des activités pour prévenir le recrutement de jeunes dans les quartiers à haut risque.
  • Sensibiliser à ne pas utiliser d’argent en liquide dans les petits commerces et les commerces moyens. Au Guatemala, la majeure partie des fonds issus de l’extorsion ont été recueillis dans des magasins, des bus, des taxis ou des bars.
  • Promouvoir la participation des victimes d’extorsion à la procédure pénale, en leur offrant toutes les garanties de protection nécessaires pour augmenter le nombre de plaintes et de condamnations.

[1] Una Cultura Criminal: Extorsión en Centroamérica (Une culture du crime : l’extorsion en Amérique centrale).

www.blogs.iadb.org

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