L’urbanisme au service des citoyens. Entretien avec Marik Fetouh, adjoint au maire de Bordeaux

Marik Fetouh

  1. En quoi est-ce que la transformation urbaine de Bordeaux consiste ? Quels sont le but et les priorités de cette transformation ?

Lorsqu’ Alain Juppé, alors premier ministre, est arrivé à Bordeaux en 1995, il s’était fixé comme objectif de réveiller “la belle endormie” comme Bordeaux était surnomée à l’époque. Pour renforcer son attractivité, il a complétement refaçonné la ville avec notamment la réhabilitation du centre historique, qui a abouti au classement au Patrimoine mondial de l’UNESCO en 2007. Avec 1 million de visiteurs, 10 000 nouveaux habitants et 11 000 emplois créés dans la métropole tous les ans, Bordeaux est aujourd’hui devenue une des villes les plus attractives de France.

Réconcilier les bordelais avec leur fleuve

Pendant très longtemps, les quais sont restés désaffectés, l’activité du port devenant très faible et ayant été transféré plus en aval du fleuve au Verdon. Les hangars étaient à l’abandon. Certains ont été rasés et remplacés par des jardins, d’autres transformés en espace d’exposition ou en magasin, faisant des quais aujourd’hui un espace de promenade très agréable et de détente. Le tourisme fluvial et de croisière s’y développent avec intensité.

Réhabiliter les quartiers les plus pauvres

Outre la rive droite, de nombreux quartiers, les plus en difficulté, ont bénéficié de programmes de rénovation urbaine, facilités par l’arrivée du tramway. Le programme le plus emblématique est celui du quartier de la gare, nommé Euratlantique, qui a été labellisé projet d’intérêt national.

Lutter contre l’étalement urbain et développer l’offre de logements

Pour lutter contre ces deux phénomènes, les politiques d’urbanisme menées depuis 20 ans visent à densifier et à augmenter l’offre. Au total, 9 000 logements sont livrés chaque année dans la métropole bordelaise. Sur la ville de Bordeaux des programmes ambitieux permettront de proposer 14 000 logements, dont 30% de logement social, dans les prochains mois.

Une ville verte

Afin de favoriser les déplacements doux et à pied, les places à Bordeaux sont restées assez minérales à l’occasion de leur rénovation. L’artificialisation des sols qui en découle, et l’absence de végétation sur certaines d’entre elles ne font qu’accentuer la chaleur ressentie en période de canicule par exemple. Pour lutter contre ce phénomène, le nouveau Maire de Bordeaux Nicolas Florian a décidé de planter 3 000 arbres par an dans la ville.

  1. Quel rôle les citoyens ont-ils joué dans le projet de transformation urbaine ?

La parole des habitant-e-s inspire désormais l’aménagement des espaces publics. Ces derniers font entendre leurs voix à travers les instances consultatives comme les conseils de quartier, en plus des consultations publiques obligatoires. L’aménagement du territoire prend en compte leurs demandes qui sont intégrées dans les différents projets.

Un premier budget participatif a été lancé par la Mairie de Bordeaux cette année. Plus de 13 000 Bordelais ont voté pour les projets de développement durable qu’ils souhaitent voir apparaître dans leur quartier. Sur 407 projets déposés, 41 viennent d’être désignés lauréats. Une enveloppe de 2,5 millions et demi d’euros d’investissement est prévue pour financer ces 41 projets. Ils seront réalisés dans les deux années à venir.

  1. Pensez-vous que le développement de la ville a entraîné l’amélioration de la sécurité et de la perception de sécurité de la citoyenneté ?

 Bordeaux est considéré, à juste titre, comme l’une des villes les moins dangereuses de France. En effet, elle se situe à la neuvième place des onze circonscriptions de police de plus de 200 000 habitants, avec un taux de 72 délits pour 1 000 habitants. De plus, la délinquance est en baisse régulière depuis 15 ans. En revanche, la mairie s’inquiète de “l’explosion des incivilités”, notamment celles liées aux trafics de drogue dans quelques quartiers de la ville.

 Afin de sécuriser les passants la Mairie de Bordeaux a intensifié l’éclairage de tous les lieux de vie et de passages la nuit (places, quais, ruelles…). De plus, la ville dispose de caméras installées au coin des rues, sous les toits, ainsi qu’aux endroits stratégiques. Pour ce faire, Bordeaux compte 105 caméras réparties dans toute la ville.

Enfin, ce niveau de délits particulièrement bas s’explique peut-être aussi par l’aménagement urbain qui a permis, à travers le tramway qui se situe en surface et qui relie tous les quartiers en difficulté au centre ville en moins de 15 minutes, de donner un réel sentiment d’appartenance à la ville de tous ses habitants.

  1. Comment l’urbanisme peut-il contribuer à améliorer la coexistence et l’intégration des différents groupes ?

 La connexion de la rive droite à la rive gauche, par le tramway et les différents ponts, a permis d’ouvrir le centre ville historique à une partie de la ville excentrée par le passé. De plus, la commune est devenue plus dynamique et plus homogène en créant des nouveaux lieux de vie.

Depuis 10 ans, le Programme National de Rénovation Urbaine mobilise acteurs publics et privés, élus, services de l’Etat, partenaires sociaux, organismes HLM, habitants pour requalifier plus de 500 quartiers partout en France, là où les conditions de vie étaient particulièrement difficiles. Sur Bordeaux, deux quartiers sont concernés sur la rive droite (La Benauge) et au nord de la ville (Les Aubiers).

De plus, trois agences françaises d’architecture ont reçu le prix Mies van der Rohe de l’Union européenne, pour la transformation de 530 logements sociaux dans le quartier Grand Parc à Bordeaux. Pour éviter la destruction des barres d’immeubles, les agences d’architecture Lacaton et Vassal, Frédéric Druot et Christophe Hutin ont agrandi l’ensemble. Avec cette technique de rénovation, tous les appartements ont gagné en surface et en luminosité. Réhabiliter plutôt que détruire c’est quatre fois moins coûteux.

_____

Aquest apunt en català / Esta entrada en español / This post in English

El urbanismo al servicio de la ciudadania. Entrevista a Marik Fetouh, teniente de alcalde de Burdeos

Marik Fetouh

  1. ¿En qué consiste la transformación urbana de Burdeos? ¿Cuáles son el objetivo y las prioridades de esta transformación?

Cuando Alain Juppé, entonces primer ministro, llegó a Burdeos en 1995, se fijó como objetivo despertar a “la bella durmiente”, como se denominaba Burdeos en aquel tiempo. Para reforzar su atractivo, reconfiguró la ciudad sobre todo con la rehabilitación del centro histórico, lo que ha llevado a su clasificación como Patrimonio Mundial de la UNESCO en 2007. Con 1 millón de visitantes, 10.000 nuevos habitantes y 11.000 puestos de trabajo creados en la ciudad cada año, Burdeos se ha convertido hoy en una de las ciudades más atractivas de Francia.

Reconciliar a los habitantes de Burdeos con su río

Durante mucho tiempo, los muelles se dejaron de utilizar, la actividad del puerto era muy débil y se trasladó río abajo, hacia el Verdon. Los hangares estaban abandonados. Algunos se destruyeron y se reemplazaron por jardines, otros se transformaron en espacios de exposición o en establecimientos, de forma que los muelles son hoy un espacio muy agradable de paseo y distensión. El turismo fluvial y de crucero se han desarrollado con intensidad.

Rehabilitar los barrios más pobres

Además de la orilla derecha, muchos barrios, los que tenían más dificultades, se han beneficiado de programas de renovación urbana, facilitados por la llegada del tranvía. El programa más emblemático es el del barrio de la estación, denominado Euratlantique, que ha sido considerado proyecto de interés nacional.

Luchar contra la aglomeración urbana y desarrollar la oferta de alojamientos

Para luchar contra estos dos fenómenos, las políticas de urbanismo realizadas en los últimos 20 años tienen como objetivo densificar y aumentar la oferta. En total, cada año se entregan 9.000 viviendas en la metrópolis de Burdeos. En la ciudad de Burdeos unos ambiciosos programas proporcionarán 14.000 viviendas, entre los cuales un 30% de vivienda social, en los próximos meses.

Una ciudad verde

Para favorecer los desplazamientos agradables y a pie, los espacios en Burdeos se han mantenido naturales en el momento de su renovación. Los suelos artificiales y la ausencia de vegetación no hacen más que acentuar el calor que se siente en momentos de ola de calor, por ejemplo. Para luchar contra este fenómeno, el nuevo alcalde de Burdeos, Nicolas Florian, ha decidido plantar 3.000 árboles al año en la ciudad.

  1. ¿Qué papel desempeñan los ciudadanos en el proyecto de transformación urbana?

La opinión de los habitantes inspira desde hace un tiempo el desarrollo de los espacios públicos. Estos hacen sentir su voz mediante órganos de asesoramiento como por ejemplo los consejos de barrio, además de consultas públicas obligatorias. La opinión de los habitantes ahora inspira el desarrollo de los espacios públicos. La planificación del espacio tiene en cuenta sus demandas, que se integran en los diferentes proyectos.

Este año, el Ayuntamiento de Burdeos ha lanzado un primer presupuesto participativo. Más de 13.000 personas de Burdeos han votado a favor de los proyectos de desarrollo sostenible que quieren ver aparecer en su barrio. De los 407 proyectos presentados, 41 se acaban de proponer. Se prevé una inversión de 2,5 millones de euros para financiar estos 41 proyectos. Se realizarán en los próximos dos años.

  1. ¿Piensa que el desarrollo de la ciudad ha comportado la mejora de la seguridad y de la percepción de seguridad de la ciudadanía?

 Burdeos se considera una de las ciudades menos peligrosas de Francia. De hecho, ocupa el noveno lugar entre los once distritos policiales con más de 200.000 habitantes, con una tasa de 72 delitos por cada 1.000 habitantes. Además, la delincuencia baja de manera regular desde hace 15 años. Aun así, el Ayuntamiento está preocupado por “la explosión de actos incívicos”, sobre todo aquellos vinculados al tráfico de drogas en algunos barrios de la ciudad.

Para tranquilizar a los peatones, el Ayuntamiento de Burdeos ha intensificado el alumbrado de todos los lugares de paso por la noche (plazas, andenes, callejones…). Además, la ciudad dispone de cámaras instaladas en las esquinas de las calles, en los tejados, así como en los puntos estratégicos. Burdeos tiene 105 cámaras repartidas por toda la ciudad.

Finalmente, este nivel de criminalidad especialmente bajo se puede explicar también por el desarrollo urbanístico que ha permitido, a través del tranvía que se sitúa en superficie, conectar todos los barrios con problemas con el centro de la ciudad en menos de 15 minutos, dando un sentimiento real de pertenencia a la ciudad a todos sus habitantes.

  ¿Cómo el urbanismo puede contribuir a mejorar la coexistencia y la integración de los diferentes grupos?

 La conexión de la orilla derecha con la orilla izquierda, por el tranvía y los diferentes puentes, ha permitido abrir el centro histórico de la ciudad a una parte de la ciudad periférica en el pasado. Además, el municipio se ha vuelto más dinámico y más homogéneo y se han creado nuevos lugares donde vivir.

Desde hace 10 años, el Programa Nacional de Renovación Urbana moviliza a actores públicos y privados, cargos electos, servicios estatales, organismos sociales, organismos HLM y habitantes para recalificar más de 500 barrios en toda Francia en los que las condiciones de vida eran particularmente difíciles. En Burdeos, hay dos distritos en la orilla derecha (La Benauge) y al norte de la ciudad (Les Aubiers).

Además, tres agencias francesas de arquitectura han recibido el premio Mies van der Rohe de la Unión Europea por la transformación de 530 viviendas sociales en el barrio Grand Parc, en Burdeos. Para evitar la destrucción de los bloques en construcción, las agencias de arquitectura Lacaton et Vassal, Frédéric Druot et Christophe Hutin han ampliado el conjunto. Con esta técnica de renovación, todos los pisos han ganado en superficie y en luminosidad. Rehabilitar en lugar de destruir es cuatro veces menos costoso.

_____

Aquest apunt en català / This post in English / Post en français

Otto M. J. Adang : « Dans la gestion de l’ordre public, l’interaction et la communication sont deux outils tactiques importants »

Le professeur Otto M.J. Adang (1956) est un spécialiste des sciences comportementales. Il est maître de conférences en gestion de l’ordre public et des dangers à l’école de police néerlandaise depuis 2004. Otto Adang s’intéresse à l’agression, la réconciliation et le comportement collectif dans le cadre du maintien de l’ordre public. Depuis 1998, il gère un programme de recherche sur la gestion de la violence et des risques en situation de conflit, qu’il a lui-même mis en place et qui se concentre sur les interactions entre la police et les civils.

Aujourd’hui, le professeur Adang a plusieurs responsabilités. Il est le responsable du département de gestion de l’ordre public et le directeur de la maîtrise en sciences policières de l’école de police des Pays-Bas. Depuis le 1er avril 2016, il est également professeur de sécurité et comportement collectif à la faculté de sciences sociales et comportementales de l’Université de Groningue (Pays-Bas). Depuis 2018, il est un professeur invité du centre de recherches policières de Canterbury.

Selon vous, quels ont été les changements les plus importants en matière de gestion de l’ordre public au cours de ces 10 dernières années en Europe ?

Le changement le plus important que j’ai observé en matière de maintien de l’ordre public dans la dernière décennie en Europe a été le passage d’une approche unilatérale axée sur le maintien de l’ordre, avec une utilisation indifférenciée d’armes à létalité réduite en situation de faible risque, à une approche de gestion de l’ordre public plus moderne et plus flexible axée sur la promotion de l’ordre, en définissant des limites et des frontières de façon ferme mais amicale.

Bien sûr, les pays n’ont pas tous appliqué ce changement, mais de plus en plus de « bonnes pratiques » peuvent être observées dans la gestion des événements publics.

Qu’est-ce qu’une bonne pratique ? Une bonne pratique consiste à éviter toute friction non nécessaire et à faciliter au maximum les intentions et les activités légitimes des participants. La surveillance et l’observation d’un évènement en temps réel sont des mesures importantes pour identifier d’éventuels problèmes et y répondre dès qu’ils surviennent. Il s’agit notamment de communiquer avec les participants et de les informer afin de comprendre ce qui les affecte, d’éviter tout malentendu concernant les mesures qui sont prises et de se conformer aux exigences.

En accord avec la question précédente et avec les derniers développements, vers quoi nous dirigeons-nous ? Quelles seront selon vous les prochaines étapes à suivre ?

Plusieurs tendances générales peuvent être observées en Europe de l’Ouest. La plupart proviennent d’un intérêt grandissant pour l’incorporation des connaissances scientifiques actuelles au maintien de l’ordre lors d’évènements publics.

Pour ne mentionner que certaines des tendances les plus importantes, on observe notamment une augmentation de la flexibilité de la police dans son ensemble, ainsi que des différentes unités, qui peuvent passer d’une approche à l’autre et aller et venir facilement.  Pour gagner en flexibilité, des changements au niveau des tactiques et des stratégies de réaction et de prévention sont nécessaires. Par exemple, en général, davantage d’attention est accordée à la collecte de preuves pour améliorer la « qualité » des arrestations et accroître les possibilités de succès des poursuites, et une approche centrée sur l’auteur des faits est préférée à une approche collective avec des détentions massives. On constate toutefois également un recours accru à une approche stratégique ferme mais amicale qui encourage un comportement pacifique et une approche progressive, différenciée et basée sur l’information qui augmente les capacités de la police en matière de dialogue, de communication et d’interventions discrètes et ciblées à un stade précoce. En Suède, on parle de Special Police Tactics (ou SPT, littéralement « tactiques policières spéciales »), Berlin a développé la politique de la main tendue, et le Royaume-Uni se vante du modèle britannique. De plus en plus d’« unités de dialogue » prennent forme. Par exemple, au sein des équipes de lutte contre les conflits en Allemagne, de la police de dialogue en Suède et des unités de renseignement avancé au Royaume-Uni (bien que ces dernières aient progressivement assumé un rôle différent).

Il existe également une tendance générale à accorder davantage d’attention aux débriefings après des évènements « problématiques », à identifier de bonnes pratiques et à échanger des enseignements entre forces.

Enfin, on constate un consensus général en ce qui concerne l’importance des renseignements sur les auteurs « connus » des faits. Il existe toutefois une insatisfaction générale quant à la qualité des renseignements, et il est également reconnu que les renseignements sur les auteurs « connus » des faits sont insuffisants et ne peuvent pas remplacer la compréhension de la sensibilité et de la dynamique de la foule dans un contexte donné. Les tendances internationales reflètent une prise de conscience croissante des mécanismes à l’origine de la violence collective, ainsi que des mesures les plus efficaces.

En tenant compte de votre expérience académique et internationale, quelles sont, selon vous, les meilleures pratiques/approches policières pour maintenir la paix sociale ?

Les services de renseignement sont considérés comme très importants pour identifier les groupes de fauteurs de troubles connus à la recherche d’affrontements. Pour qu’ils soient conscients des risques, les mesures qui seront prises s’ils transgressent ces limites doivent être bien claires pour eux (et pour les autres). En apprenant à les connaître, les autorités seront en mesure de les faire sortir de l’anonymat. Dans la mesure du possible, il est préférable d’éviter de prendre des mesures qui créent ou mettent en avant une situation de confrontation. L’interaction et la communication sont deux outils tactiques importants en ce sens. Lorsqu’il y a violence, une bonne pratique est d’agir rapidement, plutôt que d’attendre que la situation dégénère et devienne hors de contrôle, et de le faire de façon précise et ciblée, c’est-à-dire en visant spécifiquement les personnes qui transgressent les limites, qu’il s’agisse de hooligans ou de militants employant des tactiques de black bloc. Il est également reconnu que la nature opportuniste d’une grande partie de la violence collective limite l’utilité des renseignements. En effet, lorsque la violence dégénère, le nombre d’options disponibles s’épuise rapidement. En raison de ces incertitudes, la mise en œuvre de plusieurs scénarios hypothétiques est considérée comme essentielle.

Enfin, avez-vous détecté une mauvaise pratique qui mérite d’être signalée en matière de gestion de l’ordre public en Europe de l’Ouest ?  Si oui, à quels facteurs attribueriez-vous cette mauvaise pratique ?

Des tendances claires peuvent être observées d’un pays à l’autre en ce qui concerne le maintien de l’ordre lors d’événements publics.

Lorsqu’un besoin de changement se fait sentir, il ne s’agit pas nécessairement de changements de législation ou de nouveaux pouvoirs. Il s’agit plutôt d’un besoin de mieux comprendre et utiliser la législation existante.

Il est également important de garder à l’esprit que l’introduction de nouvelles armes n’est généralement pas la priorité. Il existe d’autres besoins. Les armes dites innovantes et à létalité réduite ne le sont en fait pas du tout, parce qu’il s’agit essentiellement de technologies existantes qui ne sont pas encore suffisamment développées pour être utilisées à des fins opérationnelles, et parce qu’elles sont intrinsèquement liées à des approches dépassées en matière de maintien de l’ordre.

Enfin, en ce qui concerne les équipements, nous devons passer à des équipements qui améliorent la protection individuelle des agents de police, la communication avec et entre les agents de police, les possibilités de communication avec les participants lors d’événements rassemblant des foules, les possibilités de collecte d’informations ou de preuves et la flexibilité.

_____

Aquest apunt en català / Esta entrada en español / This post in English

 

Otto M. J. Adang: “En la gestión del orden público, interactuar y comunicar son herramientas tácticas importantes”

El profesor Otto M. J. Adang (1956) es científico conductual. Da clases de Gestión del Orden Público y el Peligro en la Academia de Policía de los Países Bajos desde el año 2004. A Adang le interesan la agresión, la reconciliación y el comportamiento colectivo en relación con el orden público. Desde el año 1998 ha sido jefe de investigación del programa de Gestión de la Violencia y el Peligro en situaciones conflictivas, que creó  él mismo y que estudia la interacción entre la policía y los ciudadanos.

Actualmente, el profesor Adang tiene varias responsabilidades. Además de ser catedrático en Gestión del Orden Público, es decano académico en el máster de Control Policial de la Academia de Policía. Desde el 1 de abril de 2016, también es profesor, por nombramiento especial, de Seguridad y Comportamiento Colectivo en la Facultad de Ciencias Sociales y del Comportamiento de la Universidad de Groningen. Y desde el año 2018 es profesor visitante en el Centro de Investigación Policial de Canterbury.

En su opinión, ¿cuáles son los cambios más importantes en la gestión del orden público en los últimos 10 años en Europa?

El cambio más importante que he visto en las últimas décadas con respecto a la policía y el orden público en Europa es el cambio en el control de los disturbios desde una perspectiva unilateral, con el énfasis puesto en la desorganización policial y un umbral bajo con respecto al uso indiferenciado de armas no letales, hacia un enfoque más moderno y flexible de la gestión del orden público, en la que se pone el énfasis en establecer límites que promuevan el orden de una manera amistosa y firme.

Es cierto que no todos los países han mostrado este cambio, pero cada vez veo cómo se identifican “mejores prácticas” de gestión en acontecimientos públicos.

En realidad, ¿qué es una buena práctica? Una buena práctica es evitar fricciones innecesarias y facilitar las actividades e intenciones legítimas de los participantes en la medida de lo posible. Monitorizar y observar un acontecimiento en tiempo real se considera importante para identificar problemas potenciales y ocuparse de ellos desde los estadios iniciales. Eso implica comunicarse con los participantes e informarlos para que sepan qué les afecta, evitar malentendidos sobre las medidas que se adopten y conseguir alterar su comportamiento.

En línea con la pregunta anterior y teniendo en cuenta los últimos acontecimientos, ¿hacia dónde vamos? ¿Cuáles serán, en su opinión, los pasos siguientes?

Podríamos señalar varias tendencias generales en los países occidentales, muchas de las cuales provienen de un interés creciente por incorporar la visión científica actual al control policial de los acontecimientos públicos.

Para mencionar solo algunos de los ejemplos más importantes, encontramos una flexibilidad creciente que permite a la policía, como un todo o en las diferentes unidades, cambiar fácil y ágilmente entre los diferentes enfoques. En este sentido, ganar flexibilidad significa hacer cambios en las tácticas y estrategias con respecto a la reacción o la prevención. Por ejemplo, hay un patrón general basado en prestar más atención a recoger pruebas para incrementar la “calidad” de las detenciones y mejorar las posibilidades de éxito de los procesos judiciales, así como preferir un enfoque centrado en el autor antes que un enfoque colectivo con detenciones o confinamientos masivos. No obstante, también encontramos un uso más profundo del enfoque estratégico amistoso y firme en relación con facilitar un comportamiento pacífico y un enfoque graduado, diferenciado e informativo que incrementa la capacidad de diálogo, de comunicación y de intervenciones sencillas de la policía en los estadios iniciales. En Suecia, el debate se centra en tácticas policiales especiales; Berlín ha desarrollado la estrategia de la “mano tendida” y el Reino Unido se vanagloria del modelo británico. Cada vez se crean más unidades de diálogo: por ejemplo, los grupos anticonflicto de Alemania, la unidad de diálogo de la policía sueca o los equipos de inteligencia avanzada del Reino Unido (aunque estos últimos han adquirido gradualmente un papel diferente).

También hay una tendencia general a prestar más atención a los briefings después de acontecimientos problemáticos, a identificar buenas prácticas e intercambiar puntos de aprendizaje entre fuerzas policiales.

Finalmente, con respecto a la inteligencia, existe consenso sobre la importancia de la información sobre los autores “conocidos”. Sin embargo, también hay una insatisfacción general hacia la calidad de la información y el reconocimiento de que esta información sobre los autores “conocidos” es insuficiente y no puede sustituir a la comprensión de sensibilidades y dinámicas de las multitudes en un contexto determinado. Las tendencias internacionales reflejan una conciencia creciente sobre los mecanismos que desencadenan la violencia colectiva, así como qué medidas son más efectivas.

Teniendo en cuenta su experiencia internacional y académica, ¿cuáles cree que son las mejores prácticas/enfoques policiales para mantener la paz social?

La inteligencia se percibe como un medio importante para identificar a grupos de alborotadores que buscan la confrontación. Por su percepción del riesgo, deberían tener claro (ellos mismos, así como el resto de la gente) qué medidas efectivas se pondrán en marcha en caso de que traspasen los límites. Si se consigue conocerlos, se reduce el anonimato ante las autoridades. Es una buena práctica evitar en lo posible tomar medidas que creen o enfaticen situaciones de “nosotros contra ellos”. En este sentido, interactuar y comunicar son herramientas tácticas importantes. Cuando sí se dan situaciones violentas, se considera una buena práctica actuar a tiempo, en vez de esperar a que la situación escale y se descontrole, y hacerlo de manera centrada y dirigida, especialmente hacia aquellas personas que estén transgrediendo los límites, sean vándalos o activistas con tácticas black block. Por otra parte, se reconoce que la naturaleza oportunista de mucha de la violencia colectiva pone un límite a la utilidad de la inteligencia: una vez escala la violencia, el número de opciones disponibles se agota rápidamente. A causa de las incertidumbres que afectan, se consideran esenciales los preparativos que respondan a una variedad de escenarios hipotéticos.

Y, finalmente, con respecto a la gestión del orden público, ¿ha detectado alguna mala praxis en Europa occidental digna de mención?  ¿A qué factores atribuiría esta mala práctica?

Se pueden discernir algunas tendencias claras en los diferentes países en relación con el control policial de acontecimientos públicos.

Aunque se dice que es necesario un cambio, este cambio no radica en la legislación ni en nuevos poderes, sino en entender y utilizar mejor la legislación existente.

También necesitamos tener presente que el desarrollo de nuevas armas no acostumbra a ser prioritario. Hay otras necesidades que se denominan armas no letales innovadoras. De hecho, estas armas no son innovadoras, ya que básicamente representan tecnología ya existente que no se ha desarrollado lo suficiente para ser operativa, y además están intrínsecamente ligadas a conceptos de control de disturbios totalmente obsoletos.

Finalmente, con respecto al equipamiento, necesitemos cambiar hacia un equipamiento que proteja mejor a los agentes de policía, mejore las comunicaciones entre agentes, mejore las posibilidades de comunicación con los participantes de acontecimientos masivos, mejore las posibilidades de recogida de información y pruebas y ayude a incrementar la flexibilidad.

_____

Aquest apunt en català / This post in English / Post en français

Otto M. J. Adang: “En la gestió de l’ordre públic, interactuar i comunicar són eines tàctiques importants”

El professor Otto M. J. Adang (1956) és científic conductual. Fa classes de Gestió de l’Ordre Públic i el Perill a l’Acadèmia de Policia dels Països Baixos des de l’any 2004. A Adang li interessen l’agressió, la reconciliació i el comportament col·lectiu en relació amb l’ordre públic. Des de l’any 1998 ha estat el cap de recerca del programa de Gestió de la Violència i el Perill en situacions conflictives, que va crear ell mateix i que estudia la interacció entre la policia i els ciutadans.

Avui en dia, el professor Adang té diverses responsabilitats. A més de ser catedràtic en Gestió de l’Ordre Públic, és degà acadèmic en el màster de Control Policial de l’Acadèmia de Policia. Des de l’1 d’abril de 2016, també és professor, per nomenament especial, de Seguretat i Comportament Col·lectiu a la Facultat de Ciències Socials i del Comportament de la Universitat de Groningen. I des de l’any 2018 és professor visitant al Centre de Recerca Policial de Canterbury.

En la seva opinió, quins són els canvis més importants en la gestió de l’ordre públic en els últims 10 anys a Europa?

El canvi més important que he vist en les últimes dècades pel que fa a la policia i l’ordre públic a Europa és el canvi en el control dels aldarulls des d’una perspectiva unilateral, amb l’èmfasi posat en controlar els disturbis i un llindar baix pel que fa a l’ús indiferenciat d’armes no letals, cap a un enfocament més modern i flexible de la gestió de l’ordre públic, en què es posa l’èmfasi en establir límits que promoguin l’ordre d’una manera amistosa i ferma.

És cert que no tots els països han mostrat aquest canvi, però cada vegada veig com s’identifiquen més “bones pràctiques” de gestió en esdeveniments públics.

En realitat, què és una bona pràctica? Una bona pràctica és evitar friccions innecessàries i facilitar les activitats i intencions legítimes dels participants en la mesura del possible. Monitorar i observar un esdeveniment en temps real es considera important per identificar problemes potencials i ocupar-se’n des dels estadis inicials. Això implica comunicar-se amb els participants i informar-los perquè sàpiguen què els afecta, evitar malentesos sobre les mesures que s’adoptin i aconseguir alterar-ne el comportament.

En línia amb la pregunta anterior i tenint en compte els últims esdeveniments, cap a on anem? Quins seran, en la seva opinió, els passos següents?

Podríem assenyalar diverses tendències generals en els països occidentals, moltes de les quals provenen d’un interès creixent per incorporar la visió científica actual al control policial dels esdeveniments públics.

Per esmentar només alguns dels exemples més importants, trobem una flexibilitat creixent que permet a la policia, com un tot o en les diferents unitats, canviar fàcilment i àgilment entre els diferents enfocaments. En aquest sentit, guanyar flexibilitat significa fer canvis en les tàctiques i estratègies pel que fa a la reacció o la prevenció. Per exemple, hi ha un patró general basat en parar més atenció a recollir proves per incrementar la “qualitat” de les detencions i millorar les possibilitats d’èxit dels processos judicials, així com preferir un enfocament centrat en l’autor abans que un enfocament col·lectiu amb detencions o confinaments massius. No obstant això, també trobem un ús més profund de l’enfocament estratègic amistós i ferm pel que fa a facilitar un comportament pacífic i un enfocament graduat, diferenciat i informatiu que incrementa la capacitat de diàleg, de comunicació i d’intervencions senzilles de la policia en els estadis inicials. A Suècia, el debat se centra en tàctiques policials especials; Berlín ha desenvolupat l’estratègia de la “mà estesa” i el Regne Unit es vanagloria del model britànic. Cada cop es creen més unitats de diàleg: per exemple, els grups anticonflicte d’Alemanya, la unitat de diàleg de la policia sueca o els equips d’intel·ligència avançada del Regne Unit (tot i que aquests últims han adquirit gradualment un paper diferent).

També hi ha una tendència general a parar més atenció als brífings després d’esdeveniments problemàtics, a identificar bones pràctiques i intercanviar punts d’aprenentatge entre forces policials.

Finalment, pel que fa a la intel·ligència, existeix consens sobre la importància de la informació sobre els autors “coneguts”. Tot i això, també hi ha una insatisfacció general envers la qualitat de la informació i el reconeixement que aquesta informació sobre els autors “coneguts” és insuficient i no pot substituir la comprensió de sensibilitats i dinàmiques de les multituds en un context determinat. Les tendències internacionals reflecteixen una consciència creixent sobre els mecanismes que desencadenen la violència col·lectiva, així com quines mesures són més efectives.

Tenint en compte la seva experiència internacional i acadèmica, quines creu que són les millors pràctiques/enfocaments policials per mantenir la pau social?

La intel·ligència es percep com un mitjà important per identificar grups d’esvalotadors que busquen la confrontació. Per la seva percepció del risc, haurien de tenir clar (ells mateixos, així com la resta de la gent) quines mesures efectives es posaran en marxa en cas que traspassin els límits. Si s’aconsegueix conèixer-los, se’n redueix l’anonimat davant les autoritats. És una bona pràctica evitar tant com sigui possible prendre mesures que creïn o emfatitzin situacions de “nosaltres contra ells”. En aquest sentit, interactuar i comunicar són eines tàctiques importants. Quan sí que es donen situacions violentes, es considera una bona pràctica actuar a temps, en comptes d’esperar que la situació escali i es descontroli, i fer-ho de manera centrada i dirigida, especialment cap a aquelles persones que estiguin transgredint els límits, siguin vàndals o activistes amb tàctiques black block. D’altra banda, es reconeix que la naturalesa oportunista de molta de la violència col·lectiva posa un límit a la utilitat de la intel·ligència: un cop escala la violència, el nombre d’opcions disponibles s’esgota ràpidament. A causa de les incerteses que hi afecten, es consideren essencials els preparatius que responguin a una varietat d’escenaris hipotètics.

I, finalment, pel que fa a la gestió de l’ordre públic, ha detectat cap mala praxi a Europa occidental digna de menció?  A quins factors atribuiria aquesta mala pràctica?

Es poden discernir algunes tendències clares als diferents països en relació amb el control policial d’esdeveniments públics.

Tot i que se sent que és necessari un canvi, aquest canvi no rau en la legislació ni en nous poders, sinó en entendre i utilitzar millor la legislació existent.

També necessitem tenir present que el desenvolupament de noves armes no acostuma a ser prioritari. Hi ha altres necessitats que anomenem armes no letals innovadores. De fet, aquestes armes no són pas innovadores, ja que bàsicament representen tecnologia ja existent que no s’ha desenvolupat prou per ser operativa, i a més estan intrínsecament lligades a conceptes de control d’aldarulls totalment obsolets.

Finalment, pel que fa a l’equipament, necessitem canviar cap a un equipament que protegeixi millor els agents de policia, millori les comunicacions entre agents, millori les possibilitats de comunicació amb els participants d’esdeveniments massius, millori les possibilitats de recollida d’informació i proves i ajudi a incrementar la flexibilitat.

_____

Esta entrada en español / This post in English / Post en français

Otto M. J. Adang: “In the management of public order, interacting and communicating are important tactical tools”

Prof. Otto M.J. Adang (1956) is a behavioural scientist. He has been a lecturer in Public Order & Hazard Management at the Police Academy since 2004. Adang is interested in aggression, reconciliation and collective behaviour in relation to public order enforcement. Since 1998, he has led the Violence and Hazard Management research program in conflict situations, which he set up, aimed at the interaction between police and civilians.

Nowadays Prof. Adang holds several responsibilities.. He is chair in Public order Management and Academic Dean MSc Policing at the Police Academy of the Netherlands. Since 1 April 2016, he is also professor by special appointment of Security and collective behaviour at the Faculty of Behavioural and Social Sciences at the University of Groningen. And since 2018 he is a visiting professor at the Canterbury  Center of Policing research.

Which have been, in your opinion, the most important changes in public order management the last 10 years in Europe?

The most important change I have seen in the last decades in public order policing in Europe is the development from a one-sided focus on riot control, where the emphasis is on policing disorder, with a low threshold for the undifferentiated use of less-than-lethal weapons, to a more modern and flexible public order management approach where the emphasis is on promoting order setting limits and boundaries in a friendly and firm way.

Admittedly, not all countries have shown this change, but I see how more and more “good practices” in the management of public events are identified.

Actually, what is a good practice? It is good practice to avoid unnecessary frictions and to facilitate the legitimate activities and intentions of participants as far as possible. Monitoring and observing an event in real time is considered important to identify potential problems and to deal with them from an early stage onwards. This involves communicating with participants and informing them to learn what affects them, to avoid misunderstandings about measures being taken and to gain compliance.

In line with the aforementioned question and regarding the last developments, were we are going now? Which will be, in your opinion, the next steps to do?

We could point out several general trends in western countries. Most of them came from an increasing interest to incorporate current scientific understanding into the policing of public events.

Just to mention the some of the most important trends, we find an increasing flexibility where the police, as a whole, or different units can switch easily between different approaches and can easily move about.  In that sense, gaining in flexibility means make changes in their tactics and strategies in terms of reaction or prevention. For instance, there is a general pattern in giving more attention to evidence gathering to increase the “quality” of arrests and to enhance possibilities for successful prosecution and to prefer a perpetrator-focused approach over a collective approach with mass detentions or containments. Nonetheless, we also find a deeper use of a friendly and firm strategic approach centered upon the facilitation of peaceful behaviour and a graded, differentiated and information led approach which increases police capability for dialogue, communication and low-key, targeted interventions at an early stage. In Sweden the talk is about Special Police Tactics, Berlin developed the strategy of the outstretched hand and the UK prides itself on the British model. “Dialogue units” are formed increasingly. For instance, in Germany’s anti-conflict teams, Sweden’s dialogue police, forward intelligence units in the UK, although these latter have gradually taken on a different role).

There is also a general trend to lend more attention to debriefings after “problematic” events, the identification of good practices and the exchange of learning points between forces.

And finally, as regards the intelligence is concerned, there is general agreement about the importance of intelligence about “known” perpetrators. Yet, there is also general dissatisfaction with the quality of the intelligence and a recognition of the fact that intelligence on “known” perpetrators is insufficient and cannot replace an understanding of sensitivities and crowd dynamics in a given context. The international trends reflect an increasing awareness of the mechanisms which trigger collective violence and which measures are more effective than others.

Taking into account your international and academic experience, which do you think are the best police practices/approach to keep the social peace?

Intelligence is seen as a very important means to identify groups of known troublemakers looking for confrontations. For their risk-perception, it should be clear to them (and others) which effective measures will be taken if they transgress these limits. By getting to know them, their anonymity to authorities is reduced. It is good practice to avoid taking measures that create or emphasize an us vs. them situation as much as possible. Interacting and communicating are important tactical tools in this respect. When violence does occur, it is considered good practice to act in a timely fashion rather than wait for situations to escalate and get out of hand and to do this in a focused and targeted way, aimed specifically at those individuals transgressing limits, be they hooligans or activists employing black-block tactics. On the other hand it is recognized that the opportunistic nature of much of collective violence puts a limit on the usefulness of intelligence: once violence escalates, the number of available options runs out quickly. Because of the uncertainties involved, preparations involving a variety of “what-if scenarios” are considered essential.

And finally, regarding public order management, have you detected any bad praxis in Western Europe that deserves to be pointed out?  To what factors would you attribute this malpractice?

Some clear trends can be discerned across countries in relation to the policing of public events.

Where a need for change is felt, this is not for changes in legislation or new powers. Instead, there is a need for a better understanding and use of existing legislation.

Also, we need bear in mind that new weaponry is usually not the first priority. There are other needs so-called innovative less-than-lethal weapons are not innovative at all, because they essentially represent already existing technology that is not yet developed sufficiently to be used operationally, and because they are intrinsically linked to outdated concepts of riot control.

And finally, with regard to equipment, we need to shift towards an equipment for a better personal protection of police officers, equipment to improve communication with and between police officers, equipment to improve possibilities for communication with participants at crowd events, equipment to improve possibilities for information or evidence gathering, or equipment that helps to increase flexibility.

_____

Aquest apunt en català / Esta entrada en español / Post en français

 

 

 

L’indice de la criminalité organisée en Afrique

L’indice de la criminalité organisée de l’ENACT permet une mesure pluridimensionnelle du crime organisé et de son impact.

Les outils de mesure de la portée et de l’échelle du crime organisé en Afrique sont limités. Une meilleure base de preuves est nécessaire afin que les États et leurs principaux agents puissent contrôler, analyser, établir des priorités et aborder efficacement la menace que représente le crime organisé de façon systématique et durable.

Lancé en septembre 2019, l’indice de la criminalité organisée se base sur une analyse qui identifie la disponibilité, la qualité et la pertinence des données continentales et des données prioritaires.

L’indice est une plateforme interactive sur le site web de l’ENACT. Il est complété par un rapport annuel visant à sensibiliser les responsables politiques.

Pour évaluer la vulnérabilité globale d’un État face au crime organisé, le modèle, qui compte trois sous-indices, est conçu pour mesurer trois catégories d’informations :

La présence et l’ampleur de la menace, dans le contexte de 12 types de crime organisé

Le risque de crime organisé

La capacité de l’État et la volonté politique de répondre aux menaces de crime organisé

La juxtaposition de ces trois catégories est analysée afin d’attribuer une note globale à chacun des États d’Afrique, indiquant ainsi le niveau de vulnérabilité de chaque État face aux menaces de crime organisé.

Modèles de vulnérabilité

Présence : le premier des trois sous-indices se concentre sur la présence de crime organisé. Plus précisément, il s’agit d’une d’étude longitudinale dont l’objectif est de montrer l’évolution du crime organisé et son état actuel, qui peut apporter des informations sur son évolution future.

Les informations dérivées de l’indice de la criminalité organisée pour chaque État d’Afrique se présentent sous la forme d’une « fleur » dans laquelle une note est attribuée à chaque type de délit, et qui peut être utilisée pour représenter les tendances sur le long terme.

Risque : les groupes de criminalité organisée exploitent les institutions étatiques faibles ou défectueuses, les frontières poreuses et les lacunes au niveau du bien-être social et des économies locales pour maintenir et développer leurs opérations. Pour mesurer le risque que représente le crime organisé pour un État, ce deuxième sous-indice tient compte de plusieurs domaines : l’économie de l’État, sa géographie et ses ressources naturelles, sa cohésion sociale et ses conflits, et son commerce à l’international.

Réponse : le troisième sous-indice consiste à mesurer la capacité et la volonté politique de chaque État en évaluant son engagement dans la lutte contre le crime organisé, s’il dispose des cadres juridiques, politiques et stratégiques appropriés, et s’il obtient des résultats réels. Il évalue les mesures prises par l’État pour lutter contre le crime organisé, en considérant sa capacité et sa volonté comme essentielles pour mettre en œuvre de véritables politiques stratégiques.

L’un des éléments qui composent l’indice de la criminalité organisée est le tableau de bord des données, qui permet de comparer deux indicateurs généraux : la présence et l’impact du crime organisé.

Présence : le tableau de bord rassemble les données de 12 types de délits individuels à partir de l’indice de la criminalité organisée. Il permet aux utilisateurs de voir l’échelle des différents sous-ensembles de délits dans chaque catégorie. Par exemple, la catégorie « Délits maritimes » peut comprendre la « piraterie » et la « pêche illicite, non déclarée et non réglementée ».

Impact : le tableau de bord fournit des indicateurs sensibles à la délinquance pour évaluer les corrélations entre cinq domaines d’impact : sécurité et violence, économie, développement social, environnement, et gouvernement et démocratie. Chaque domaine d’impact se compose d’une série d’éléments pour lesquels un utilisateur peut choisir un type de délit afin de voir son impact sur le domaine sélectionné. Par exemple, le « trafic d’êtres humains » est associé à la « violence conjugale », et le « terrorisme » au domaine d’impact « sécurité et violence ».

https://enactafrica.org/organised-crime-index

_____

Aquest apunt en català / Esta entrada en español / This post in English

Índex de criminalitat organitzada a l’Àfrica

L’índex del crim organitzat ENACT proporciona una mesura multidimensional del crim organitzat i el seu impacte.

Les eines per mesurar l’abast i el nivell del crim organitzat a l’Àfrica són limitades. És necessària una millor base de proves perquè els estats i els agents clau controlin, analitzin, prioritzin i abordin amb efectivitat l’amenaça presentada pel crim organitzat de manera sistemàtica i sostenible.

Llançat el setembre de 2019, l’índex de crim organitzat s’obté mitjançant una avaluació de base que identifica la disponibilitat, la qualitat i la rellevància de les dades continentals, així com les dades prioritàries.

L’índex és una plataforma interactiva al lloc web ENACT. Es complementa amb un informe anual, que serveix per intentar sensibilitzar els responsables polítics.

A l’hora de valorar la vulnerabilitat global d’un estat davant el crim organitzat, el model, que consta de tres subíndexs, està dissenyat per mesurar tres categories d’informació:
• La presència i l’amplitud de l’amenaça, com a component de 12 tipus de crim organitzat.
• Risc del crim organitzat.
• Capacitat de l’estat i voluntat política per respondre a les amenaces de crim organitzat.
La juxtaposició entre aquestes tres categories s’analitza per desenvolupar una puntuació acumulativa per a cada estat africà, cosa que indica la vulnerabilitat de l’estat davant les amenaces de crim organitzat.

Models de vulnerabilitat

Presència: el primer dels tres índexs compostos es concentra en la presència del crim organitzat. En particular, aquest índex serveix d’estudi longitudinal amb l’objectiu de mostrar com ha evolucionat el crim organitzat i el seu estat actual, que eventualment pot proporcionar informació sobre l’evolució futura.

La informació derivada de l’índex de criminalitat organitzada per a cada estat africà es mostra en una “flor” que combina puntuacions per a cada tipus de delicte, i que es pot utilitzar per representar tendències amb el pas del temps.

Risc: els grups de criminalitat organitzada exploten institucions estatals dèbils o disfuncionals, fronteres poroses i desavantatges en el benestar social i les economies polítiques locals per continuar i ampliar les seves operacions. Per mesurar el risc d’un estat per al crim organitzat, el segon component té en compte diverses àrees, a saber, l’economia d’un estat, geografia, física i recursos naturals, cohesió social i conflicte, així com comerç global.

Resposta: com a tercer índex, cal mesurar la capacitat i la voluntat política de l’estat, a partir de la consciència que els estats demostren en la lluita contra el crim organitzat, tant si tenen marcs legals, polítics i estratègics adequats per abordar el crim organitzat com si estan aconseguint resultats reals. Aquest índex valora les accions estatals per combatre el crim organitzat, assenyalant aquesta capacitat i els seus precursors per a la realització de polítiques estratègiques reals.

Un dels components de l’índex de criminalitat organitzada inclou el Tauler de dades, que proporciona una comparació de dues mètriques generals, la presència i l’impacte del crim organitzat.

Presència: el Tauler extreu dades de 12 tipus de delictes individuals a partir de l’índex de criminalitat organitzada. Permet als usuaris veure l’escala de subconjunts del delicte en un tipus de delicte particular; per exemple, “Delictes marítims” pot incloure subconjunts com “pirateria” i “pesca il·legal, no regulada i no reportada”.

Impacte: el Tauler proporciona indicadors sensibles de la delinqüència per avaluar les correlacions de cinc àrees d’impacte: seguretat i violència, econòmica, desenvolupament social, medi ambient, i governança i democràcia. Cadascuna d’aquestes àrees d’impacte està formada per una sèrie de components en els quals un usuari pot triar un tipus de delicte i veure el seu impacte a l’àrea seleccionada. Per exemple, es pot veure el “contraban humà” ja que es correlaciona amb la “violència de gènere”, o components del “terrorisme” de la zona d’impacte de “seguretat i violència”.

https://enactafrica.org/organised-crime-index

_____

Esta entrada en español / This post in English / Post en français

Índice de criminalidad organizada en África

El índice del crimen organizado ENACT proporciona una medida multidimensional del crimen organizado y su impacto.

Las herramientas para medir el alcance y el nivel del crimen organizado en África son limitadas. Es necesaria una mejor base de pruebas para que los estados y los agentes clave controlen, analicen, prioricen y aborden con efectividad la amenaza presentada por el crimen organizado de manera sistemática y sostenible.

Lanzado en septiembre de 2019, el índice de crimen organizado se obtiene mediante una evaluación de base que identifica la disponibilidad, la calidad y la relevancia de los datos continentales, así como los datos prioritarios.

El índice es una plataforma interactiva en el sitio web ENACT. Se complementa con un informe anual, que sirve para intentar sensibilizar a los responsables políticos.

A la hora de valorar la vulnerabilidad global de un estado ante el crimen organizado, el modelo, que consta de tres subíndices, está diseñado para medir tres categorías de información:
• La presencia y la amplitud de la amenaza, como componente de 12 tipos de crimen organizado.
• Riesgo del crimen organizado.
• Capacidad del estado y voluntad política para responder a las amenazas de crimen organizado.
La yuxtaposición entre estas tres categorías se analiza para desarrollar una puntuación acumulativa para cada estado africano, cosa que indica la vulnerabilidad del estado ante las amenazas de crimen organizado.

Modelos de vulnerabilidad

Presencia: el primero de los tres índices compuestos se concentra en la presencia del crimen organizado. En particular, este índice sirve de estudio longitudinal con el objetivo de mostrar cómo ha evolucionado el crimen organizado y su estado actual, que eventualmente puede proporcionar información sobre la evolución futura.

La información derivada del índice de criminalidad organizada para cada estado africano se muestra en una “flor” que combina puntuaciones para cada tipo de delito, y que se puede utilizar para representar tendencias con el paso del tiempo.

Riesgo: los grupos de criminalidad organizada explotan instituciones estatales débiles o disfuncionales, fronteras porosas y desventajas en el bienestar social y las economías políticas locales para continuar y ampliar sus operaciones. Para medir el riesgo de un estado para el crimen organizado, el segundo componente tiene en cuenta varias áreas, a saber, la economía de un estado, geografía, física y recursos naturales, cohesión social y conflicto, así como comercio global.

Respuesta: como tercer índice, hay que medir la capacidad y la voluntad política del estado, a partir de la conciencia que los estados demuestran en la lucha contra el crimen organizado, tanto si tienen marcos legales, políticos y estratégicos adecuados para abordar el crimen organizado como si están consiguiendo resultados reales. Este índice valora las acciones estatales para combatir el crimen organizado, señalando esta capacidad y sus precursores para la realización de políticas estratégicas reales.

Uno de los componentes del índice de criminalidad organizada incluye el Tablero de datos, que proporciona una comparación de dos métricas generales, la presencia y el impacto del crimen organizado.

Presencia: el Tablero extrae datos de 12 tipos de delitos individuales a partir del índice de criminalidad organizada. Permite a los usuarios ver la escala de subconjuntos del delito en un tipo de delito particular; por ejemplo, “Delitos marítimos” puede incluir subconjuntos como “piratería” y “pesca ilegal, no regulada y no reportada”.

Impacto: el Tablero proporciona indicadores sensibles de la delincuencia para evaluar las correlaciones de cinco áreas de impacto: seguridad y violencia, económica, desarrollo social, medio ambiente, y gobernanza y democracia. Cada una de estas áreas de impacto está formada por una serie de componentes en los que un usuario puede escoger un tipo de delito y ver su impacto en el área seleccionada. Por ejemplo, se puede ver el “contrabando humano” ya que se correlaciona con la “violencia de género”, o componentes del “terrorismo” de la zona de impacto de “seguridad y violencia”.

https://enactafrica.org/organised-crime-index

_____

Aquest apunt en català / This post in English / Post en français

The Organised Crime Index for Africa

The ENACT Organised Crime Index provides a multidimensional assessment of organised crime and its impact.

Tools for measuring the scope and scale of organised crime in Africa are limited. An improved evidence base is needed so that states and key agents can effectively monitor, analyse, prioritise, and address the threat presented by organised crime systematically and sustainably.

Launched in September 2019, the Organised Crime Index is informed by a baseline assessment that identifies the availability, quality, and relevance of continental data, as well as priority data.

The Index is an interactive platform on the ENACT website. It’s complemented by an annual report intended to sensitise policy-makers.

For evaluating a state’s overall vulnerability to organised crime, the model, which has three sub-indices, is designed to measure three categories of information:
The presence and magnitude of the threat, as a component of 12 types of organised crime
Risk of organised crime
State capacity and political will to respond to organised crime threats.

The juxtaposition between these three categories is analysed to arrive at a cumulative score for each African state, indicating that state’s vulnerability to organised crime threats.

Vulnerability models

Presence: the first of the three component indices concentrates on the presence of organised crime. Specifically, this index serves as a longitudinal study that aims to show how organised crime has evolved to reach its current status, which may eventually provide insights into its future evolution.

Information from the Organised Crime Index for each African state is depicted in a “flower” that combines the scores for each type of crime. These scores can be used to illustrate trends over time.

Risk: Organised Crime gangs exploit week or dysfunctional state institutions, porous borders, and disadvantages in social welfare and local political economies to continue and expand their operations. To measure a state’s risk of organised crime, the second component considers various factors, namely a state’s economy, physical geography, natural resources, social cohesion and conflict, as well as its global trade.

Response: As a third index, state capacity and political will are measured based on the awareness that a state demonstrates in the fight against organised crime. This includes whether they have appropriate legal, political, and strategic frameworks in place to deal with organised crime, as well as whether they are actually achieving results. This index assesses a state’s actions in combating organised crime, noting this capacity and its precursors for the implementation of actual strategic policies.

One component of the Organised Crime Index includes the Data Dashboard, which provides a comparison of two of the broad metrics: the presence and the impact of organised crime.

Presence:  The dashboard compiles data from 12 individual crime types from the Organised Crime Index. It allows users to see the scale of crime subsets for each particular type of crime. For example, “Maritime crimes”, could include subsets like “piracy” and “illegal, unregulated, or unreported fishing activities”.

Impact: The Dashboard provides crime-sensitive indicators to assess the correlations between the five impact areas: security and violence; economy; social development; environment; and governance and democracy. Each of these impact areas is comprised of a series of components to which the user can add a particular crime type and see its impact in the selected area. For example, the correlation between “human trafficking” and the “gender-based violence” or “terrorism” components of the “security and violence” impact area can be seen.

https://enactafrica.org/organised-crime-index

_____

Aquest apunt en català / Esta entrada en español / Post en français