Le Conseil approuve la stratégie européenne antidrogue 2021-2025

Au mois de décembre, le Conseil de l’Union européenne a approuvé la stratégie qui établit le cadre et les priorités de la politique antidrogue de l’Union pour la période 2021-2025. Cette stratégie vise à assurer un niveau élevé en matière de promotion de la santé, de stabilité sociale et de sécurité, et à contribuer à la sensibilisation. Sur la base de cette stratégie, le Conseil élaborera un plan d’action définissant des mesures concrètes pour atteindre ces objectifs.

Avec cette stratégie, l’Union européenne et ses États membres réaffirment leur engagement en faveur d’une approche globale, fondée sur des données probantes et dans laquelle il existe un équilibre entre la réduction de l’offre et de la demande de drogues, avec, au centre, la protection des droits de l’homme.

Afin de réduire l’approvisionnement en drogues, la stratégie cible tous les aspects du marché des drogues illicites. Elle inclut la prévention, la dissuasion et l’obstruction de la criminalité liée aux drogues, notamment du crime organisé, par la coopération judiciaire et policière, le renseignement, l’interdiction et la saisie des actifs criminels, les enquêtes, et la gestion des frontières.

Ce domaine prioritaire occupe une place encore plus importante que dans la stratégie 2013-2020, afin de répondre aux défis des marchés européens de la drogue. Ils sont caractérisés par la grande disponibilité de divers types de drogues, une augmentation des saisies, un recours accru à la violence et des profits énormes. On remarque également l’utilisation de plateformes de réseaux sociaux, d’applications, d’Internet et du dark net pour le trafic de drogues illicites. Ces caractéristiques n’ont pas disparu pendant la crise de COVID-19, bien au contraire.

Les politiques de réduction de la demande en matière de drogue consistent en une série de mesures qui se renforcent mutuellement. Elles concernent la prévention, la détection et l’intervention précoces, le conseil, le traitement, la réhabilitation, la réinsertion sociale, ainsi que le rétablissement. Cette action doit être adaptée au contexte social local et aux besoins de la population cible, être fondée sur des preuves scientifiques, mais aussi être sûre et efficace. Elle doit être développée grâce à la collaboration étroite de différents services sociaux et de santé. La crise de COVID-19 a mis en évidence la nécessité d’assurer la continuité de ces actions.

Un nouveau chapitre a été ajouté pour traiter des dommages liés aux drogues. Il comprend des mesures et des politiques visant à prévenir ou à réduire les risques et les dommages éventuels pour la santé des consommateurs, la société et les établissements pénitentiaires. Il couvre des questions telles que la réduction de la prévalence et de l’incidence des maladies infectieuses liées aux drogues, la prévention des overdoses et des décès dus aux drogues, et la présentation d’alternatives aux sanctions coercitives.

La stratégie identifie également trois domaines transversaux de soutien aux politiques, détaillés ci-dessous :

  • Coopération internationale : asseoir le rôle de l’Union européenne en tant qu’intermédiaire mondial pour une politique antidrogue centrée sur les personnes et les droits de l’homme en coopérant avec des pays tiers, des régions tierces et des organisations internationales, mais aussi renforcer l’engagement en faveur de politiques antidrogue axées sur le développement de mesures alternatives.
  • Recherche, innovation et prévision : permettre une meilleure préparation aux défis à venir en fournissant à l’Union européenne et aux États membres les capacités de recherche et de prévision nécessaires pour faire face aux défis liés aux drogues de manière plus agile et proactive.
  • Coordination, gouvernance et mise en œuvre : assurer une mise en œuvre optimale de la stratégie, y compris de l’action clé de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (EMCDDA) et d’Europol, en impliquant la société civile et en fournissant des ressources adéquates à l’échelle européenne et nationale.

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Le plan d’action de l’Union européenne contre le racisme 2020-2025

La discrimination fondée sur l’origine ethnique est interdite dans l’Union européenne. La communication de la Commission européenne au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions datant de septembre 2020 étudie ce sujet pour la période 2020-2025.

Le document explique que la discrimination persiste dans notre société et que, par conséquent, être contre le racisme ne suffit pas, il convient de s’y opposer activement. Il montre que le racisme nuit à la société de différentes manières. Sous sa forme la plus directe, le racisme a pour résultat la discrimination de nombreuses personnes en Europe, ce qui affecte leur dignité humaine, leurs opportunités dans la vie, leur prospérité, leur bien-être et leur sécurité personnelle.

La communication souligne que l’Union européenne est fondée sur la diversité et favorise une société de pluralisme, de tolérance et de non-discrimination.

L’Agence des droits fondamentaux de l’Union a mené une série d’enquêtes indiquant qu’il existe des niveaux élevés de discrimination au sein de l’Union européenne. Ces enquêtes indiquent les domaines de la vie dans lesquels la discrimination se fait le plus ressentir. Les données des enquêtes montrent que le facteur de l’origine ethnique influe sur les probabilités d’arrestation par la police. 14 % des personnes participant au sondage ont répondu avoir été arrêtées par la police l’année précédente, et 40 % de ces personnes ont eu l’impression d’être arrêtées en raison de leur appartenance ethnique ou de leur statut d’immigrant.

L’enquête a également permis de constater que, souvent, la violence et le harcèlement motivés par la haine ne sont pas signalés. 64 % des personnes d’ascendance africaine qui ont été victimes de violence raciste ne l’ont pas signalé à la police, ni à aucune autre organisation ou aucun autre service.

La Commission procédera à une évaluation globale du cadre juridique en vigueur afin de déterminer comment sa mise en œuvre peut être améliorée, s’il continue de répondre à son objectif et s’il y a des lacunes à combler.

La décision-cadre concernant la lutte contre le racisme et la xénophobie au moyen du droit pénal vise à rendre les manifestations graves de racisme et de xénophobie passibles de sanctions pénales effectives, proportionnelles et dissuasives dans toute l’Union européenne.

La Commission :

– fournira des informations sur la mise en œuvre de la directive sur l’égalité raciale en 2021 ;

– présentera en 2022 toute la législation nécessaire pour remédier aux déficiences et renforcer le rôle et l’indépendance des organismes en faveur de l’égalité ;

– veillera à la transposition et à la mise en œuvre correctes de la décision-cadre sur la lutte contre le racisme et la xénophobie dans toute l’Union européenne.

La Commission invite les États membres à :

– veiller à ce que la législation de l’Union européenne soit pleinement transposée et appliquée correctement dans les États membres ;

– parvenir rapidement à un accord sur la proposition de la Commission de 2008 pour mettre en œuvre le principe de l’égalité de traitement entre les personnes, sans distinction de religion ou de convictions, de handicap, d’âge ou d’orientation sexuelle.

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La violence diminue au Salvador

342.- comando-elite-1-e1461189843981Le dénommé « Plan de contrôle territorial » est, selon le gouvernement salvadorien, la raison pour laquelle le pays est passé d’être l’un des pays les plus violents au monde à ce que le mois de janvier 2020 devienne le mois le moins meurtrier depuis la guerre civile.

Le président du pays, Nayib Bukele, est convaincu que son plan finira par recevoir le feu vert économique en tant que seul moyen de garantir que le nombre de meurtres continue de diminuer. De nombreux analystes excluent toutefois que cette réduction historique de la violence soit due à une stratégie en matière de sécurité qui, selon eux, n’apporterait rien de nouveau à ce que les gouvernements précédents avaient fait.

Cependant, les chiffres officiels sont clairs et indiquent une diminution significative du nombre d’homicides au Salvador, où le taux de meurtres pour 100 000 habitants est passé de 51 en 2018 à 35,8 en 2019. Cette courbe descendante n’a cessé de s’accentuer depuis l’arrivée de Bukele à la présidence et l’annonce de son plan de sécurité en juin 2019. Depuis juillet, le nombre d’homicides mensuel a toujours été inférieur à 200 victimes. Le record a été atteint en janvier, avec 119 homicides au total et une moyenne quotidienne de 3,8 homicides, soit 60 % de moins qu’en janvier 2018.

Plusieurs analystes associent la diminution de la violence à des facteurs indépendants de la politique du gouvernement. Ils considèrent qu’il est plus probable que les gangs aient décidé de cesser de commettre des meurtres pour éviter les affrontements avec les forces de l’ordre et garder le contrôle sur leurs territoires, notamment afin de pouvoir continuer à mener leurs activités d’extorsion. D’autres chercheurs considèrent la diminution du nombre d’homicides comme un mirage, le résultat d’un geste de bonne volonté de la part des gangs envers le nouveau président. De cette manière, le jour où les gangs voudront adresser un message contraire au président Bukele, les chiffres augmenteront afin de provoquer ou de demander une concession, comme cela s’est déjà produit par le passé.

Le « Plan de contrôle territorial » est une initiative divisée en sept phases, dont deux ont déjà été mises en œuvre. La phase 1 a mobilisé des centaines de policiers et de militaires dans les rues. Les prévisions de la phase 2 comprennent la reconstruction du tissu social et l’autonomisation des jeunes. La phase 3 attend l’approbation d’un prêt de 109 millions de dollars de la part de la Banque centraméricaine d’intégration économique, qui vise à améliorer l’équipement des forces de l’ordre. Les phases 4 à 7 n’ont pas encore été rendues publiques.

Le gouvernement considère qu’il est essentiel que les forces de l’ordre déployées restent dans les zones les plus conflictuelles de manière continue. Par le passé, elles restaient présentes pendant 72 heures maximum et, lorsqu’elles se retiraient, les structures criminelles reprenaient leur cours.

Il convient de prendre en compte que l’un des principaux défis de cette stratégie est sa viabilité financière. Le gouvernement s’est également engagé à faire participer les citoyens afin de garantir que les indicateurs les plus récents se maintiennent.

La répression et la lutte contre les forces de l’ordre ont une limite et, à moins que la société ne soit activement impliquée, les résultats ne seront pas durables. Pour certains analystes, le renforcement des projets de réforme sociale et de promotion de l’emploi permettrait de réduire les taux d’homicides, et pas uniquement les poursuites criminelles.

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Le gouvernement du Salvador met en œuvre des stratégies concrètes contre les gangs

339.- Mara_Salvatrucha_MS13Le président du Salvador, Nayib Bukele, a annoncé la mise en application de stratégies concrètes visant à réduire la violence dans le pays. En effet, le taux d’homicide du Salvador fait partie des plus élevés au monde, avec 50,3 meurtres pour 100 000 habitants en 2018.

Le gouvernement, qui avait critiqué les politiques antérieures comme un « acharnement » contre les gangs, a annoncé de nouveaux paradigmes de lutte contre la criminalité, qui est considérée comme un problème social résultant du manque d’opportunités et de la pauvreté. Mais pour le moment, il n’a pas été question de politiques de prévention ou de réinsertion, mais d’attaquer les gangs dans deux environnements considérés comme clés par le gouvernement actuel : les prisons et le centre des grandes villes.

La première chose que le gouvernement souhaite faire est de s’attaquer aux finances des gangs. L’objectif est d’empêcher les gangs d’avoir des revenus et, par conséquent, d’empêcher leur financement. Il semblerait que les gangs financent près de 80 % de leurs opérations grâce à l’extorsion. En parallèle, le gouvernement veut empêcher le blanchiment d’argent auprès des entreprises qui facilitent leurs opérations.

Une deuxième initiative serait de récupérer le centre des grandes villes, où les gangs mèneraient la plupart de leurs activités d’extorsion. Selon des sources gouvernementales, les initiatives antérieures axées sur les petites collectivités rurales étaient inefficaces.

Pour récupérer ces centres historiques, le gouvernement prévoit de déployer des caméras de sécurité et d’augmenter la présence des forces de l’ordre, qui recevraient un investissement de 15 millions de dollars visant à améliorer leurs conditions de travail.

La troisième initiative de lutte contre les gangs consisterait à couper la communication avec les prisons, d’où proviendrait 80 % de la coordination des homicides et des activités d’extorsion. De cette manière, les communications en provenance de ces centres pourraient être avortées. Pour cela, il est également prévu que le personnel pénitentiaire soit renouvelé afin d’éviter la corruption et l’extorsion au sein des prisons.

Le plan de sécurité mis en œuvre par le gouvernement salvadorien ne prévoit aucun dialogue avec les gangs. En effet, il a été souligné qu’un gouvernement ne devrait pas dialoguer avec des « groupes criminels ».

Selon certains experts en la matière, les politiques exclusives « d’acharnement » ne peuvent pas fonctionner sans un plan qui analyse les racines socioéconomiques de la violence dans le pays. Ils considèrent l’incarcération de milliers de membres de gangs inutile, car ces derniers font déjà partie du tissu social du Salvador.

Mais les dirigeants politiques considèrent que la criminalité est la principale préoccupation de la population et veulent se montrer implacables afin de répondre aux attentes des Salvadoriens. Les analystes politiques ouvrent toutefois la voie à une stratégie double : commencer le mandat par une politique de lutte contre le crime visiblement plus dure, attendre la réaction des gangs et promouvoir une sorte de proposition alternative plus tard.

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L’Organisation des États américains (OEA) soutiendra le Honduras dans le cadre des réformes de son système pénitentiaire

338.- 42025187020_31480db52d_bLe gouvernement du Honduras et le Secrétaire général de l’Organisation des États américains (OEA) se sont mis d’accord sur une stratégie pénitentiaire visant à renforcer les capacités de l’Institut national pénitentiaire (INP) du Honduras.

La stratégie s’étendra sur une période de 9 mois et devra comprendre des services axés sur les droits de l’homme de la part de l’INP.

L’accord consiste en une restructuration du système pénitentiaire à l’aide de politiques d’intégration, ce qui contribuera à la réinsertion sociale des personnes privées de liberté au Honduras.

L’OEA considère que pour bâtir des sociétés sans violence ni crime organisé, les lieux de privation de liberté doivent éduquer et offrir la possibilité de réhabiliter et de réintégrer les personnes qui ont commis des délits.

Une grande partie de la population incarcérée retrouvera à un moment donné sa liberté et doit donc se préparer à réintégrer la société.

La stratégie sur laquelle l’OEA et le Honduras travailleront pendant une période de 9 mois devra comprendre des services axés sur les droits de l’homme de la part du système de surveillance des personnes privées de liberté.

L’OEA a annoncé que les principaux domaines d’action de l’accord seraient les suivants :

– L’amélioration de l’administration et de la gestion des infrastructures du système pénitentiaire

– La sécurité, le contrôle et la vie à l’intérieur de la prison

– La réhabilitation et la réinsertion intégrale

– L’assistance post-carcérale

– La transparence et la responsabilité

L’accord a été signé dans le cadre de la quatrième Réunion des autorités responsables des politiques pénitentiaires et carcérales des Amériques.

Il convient de rappeler que, selon les chiffres officiels du Honduras, il y a eu 3996 homicides en 2019, soit 7,1 % de plus qu’en 2018, année lors de laquelle 3732 crimes ont été enregistrés.

Le rapport souligne également que 80 % des victimes d’homicide du pays sont des personnes économiquement actives âgées de 18 à 50 ans, et qu’environ 6,5 % ont moins de 18 ans.

La violence causée par le crime organisé et le trafic de drogue est l’un des principaux problèmes du pays, qui fait partie des pays utilisés pour le passage de la drogue d’Amérique du Sud aux États-Unis.

Le gouvernement tient pour responsables les gangs Mara Salvatrucha (MS13) et Barrio 18 de la plupart des homicides enregistrés en raison de disputes territoriales liées au trafic de drogue et à l’extorsion de fonds.

En ce qui concerne les féminicides, le crime organisé est responsable de 70 % des décès violents de femmes au Honduras, où 271 femmes ont été tuées en 2019.Plus de 90 % de ces meurtres sont restés impunis. Les 30 % de décès de femmes restants ont été causés par leurs partenaires ou ex-partenaires. Un pays de 9,2 millions d’habitants où une femme est tuée toutes les 18 heures.

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Le nombre de personnes incarcérées aux Pays-Bas chute

328 PRESONSLes Pays-Bas ont fermé 23 prisons en cinq ans et présentent le troisième taux d’incarcération le plus bas d’Europe, avec 54,4 détenus pour 100 000 habitants. Les prisons ont été reconverties en centres d’accueil pour l’asile temporaire, en résidences ou en hôtels.

Le système judiciaire néerlandais diminue la population carcérale, en partie grâce à des programmes de réhabilitation pour les personnes souffrant de problèmes de santé mentale.

Il existe des profils de personnes sous traitement psychiatrique qui bénéficient d’une tendance qui se développe aux Pays-Bas. Il s’agit d’un moyen d’éviter l’incarcération si cela n’est pas strictement nécessaire. L’un des éléments clés de cette tendance est un programme de soins communautaires concluant pour les personnes atteintes de troubles psychiatriques.

Le programme a deux objectifs : éviter un nouveau crime et atténuer les symptômes psychiatriques et les problèmes sociaux qui en résultent. Il s’agit souvent de personnes traumatisées, vulnérables à la psychose, souffrant d’autisme ou atteintes de graves troubles de l’apprentissage, qui sont souvent accompagnés de graves troubles de la personnalité, d’addictions et de problèmes financiers, de logement ou de liens familiaux.

Selon le Centre de recherche et de documentation du ministère de la Justice des Pays-Bas (WODC), le nombre de condamnations prononcées dans le pays est passé de 42 000 en 2008 à 31 000 en 2018. Il faut ajouter à ce chiffre une diminution de deux tiers des condamnations de jeunes et une baisse de 40 % des crimes enregistrés au cours de la même période, avec 785 000 délits en 2018. En parallèle, les condamnations en dehors du système judiciaire, telles que les amendes ou le recours à la médiation, en seraient un autre facteur.

De plus, il existe un programme de réadaptation psychologique appelé TBS. Il fait partie du système de justice pénale pour les personnes qui ne peuvent pas assumer la responsabilité de leurs actes ou qui ne le font que partiellement.

Les bénéficiaires du TBS doivent avoir commis un crime sanctionné d’une peine minimale de 4 ans de prison et présenter un risque de récidive important. Le programme se concentre sur leur réinsertion. Si cela semble impossible ou si le détenu ne coopère pas, ce dernier pourra être transféré dans une prison de haute sécurité.

Le système de justice pénale estime que si l’incarcération peut à première vue sembler la méthode la plus logique et la plus efficace pour améliorer la sécurité, celle-ci ne fait que contribuer à créer des criminels plus dangereux. Il considère qu’il existe des méthodes moins agressives pouvant fournir des résultats plus durables et plus positifs dans le cadre de la réinsertion des personnes qui commettent des délits.

Il souligne également que les prisons imposent un mode de vie institutionnalisé et très contrôlé qui n’a rien à voir avec le monde réel. De plus, les jeunes vivent généralement leurs expériences les plus négatives en prison.

Le fait de ne plus considérer l’incarcération comme la solution standard contre la délinquance peut permettre de rechercher des mesures préventives plus efficaces.

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Équateur : le plan Más Seguridad, à la recherche d’une stratégie commune

Le plan Más Seguridad, qui avait été interrompu il y a 11 ans, reprend son cours. Le 15 août dernier, un accord interinstitutionnel a été signé entre les principales institutions concernées.

La réunion organisée par Cynthia Viteri, maire de Guayaquil, a rassemblé les plus hauts représentants de la Police nationale, du Service intégré ECU911, de la Corporation nationale des télécommunications (CNT EP), de la Corporation pour la sécurité des citoyens de Guayaquil (CSCG), de la Police métropolitaine, de la brigade des pompiers de Guayaquil, de l’Autorité municipale de la circulation (ATM), des forces armées et de la Direction municipale de la justice et de la surveillance.

La reprise de ce programme de sécurité est orchestrée par le ministère de l’Intérieur, le procureur général de l’État et le secteur privé. L’objectif de cette conjoncture interinstitutionnelle est de permettre aux organismes d’intervention en matière de sécurité des citoyens, d’ordre public et d’autres actions de servir l’intérêt commun, de promouvoir une culture de prévention et de participation citoyenne et de mener à bien un contrôle et un suivi des politiques, avec des évaluations et des rapports périodiques.

La ville de Guayaquil a offert ses ressources, son matériel et ses équipes dans le but d’améliorer la sécurité. 8 millions de dollars américains seront investis dans l’acquisition de 120 caméras de surveillance. L’une des stratégies consiste à unir les 1 100 caméras de la CSCG et les 500 caméras du Service intégré ECU911 du gouvernement.

Le gouvernement a également prévu d’investir dans 600 boutons de panique dans le cadre du plan Amiga ya no estás sola, ainsi que dans 600 caméras d’intervention (bodycam), dont 500 seront remises aux agents métropolitains et 100 à la police du tourisme. Un nouveau centre d’appel et des caméras utilisant une technologie de reconnaissance faciale feront également partie des améliorations.

Le ministère de l’Intérieur a déclaré qu’il s’agissait d’un plan d’action pour lutter contre la violence, le trafic de drogue, l’exploitation minière illégale, la pornographie infantile, les féminicides, la détention d’armes, etc. L’année dernière en Équateur, le nombre de décès dans le domaine de la vie en société a été supérieur à celui de la criminalité.

Le plan prévoit un impact majeur dans les zones qui affichent le plus grand nombre d’agressions, comme c’est le cas des quartiers Modelo et 9 de octubre, qui sont également ceux où l’activité commerciale de Guayaquil est au plus haut.

Selon les statistiques du ministère de l’Intérieur, ce quartier d’affaires du centre-ville est celui où les vols sont les plus fréquents. De janvier à mai 2019, 284 cas ont été signalés, soit une augmentation de 10,08 % par rapport à la même période en 2018.

Le plan Más Seguridad comprend l’intégration de groupes de travail où entrepreneurs, journalistes, universitaires, représentants politiques et autres débattront et proposeront des solutions pour améliorer la sécurité.

Les groupes de travail rédigeront leurs initiatives sur la manière d’améliorer les services de sécurité et de justice pour un traitement approprié des informations sur les délits, un service complet aux victimes et une coexistence pacifique.

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Les États-Unis et le Salvador signent un accord en matière de sécurité et d’immigration

El Salvador - USALes États-Unis et le Salvador ont signé une charte de coopération en matière de sécurité et d’immigration, dans laquelle le Salvador s’engage à améliorer ses contrôles aux frontières et à transmettre des informations sur le crime organisé aux autorités nord-américaines.

Le secrétaire à la Sécurité intérieure des États-Unis, Kevin McAleenan, et la ministre des Affaires étrangères du Salvador, Alexandra Hill, ont conclu cet accord à l’issue d’une réunion lors de laquelle ont été abordés des sujets tels que les gangs de jeunes, les flux migratoires et le développement économique.

L’amélioration des contrôles aux frontières salvadoriennes vise non seulement à diminuer les flux migratoires clandestins, mais aussi à lutter contre les gangs de jeunes et le trafic illégal de mineurs.

L’accord signé souligne également le fait que les États-Unis s’engagent à collaborer avec le Salvador dans la lutte contre les gangs de jeunes et le crime dans son ensemble : trafic d’êtres humains, traite des personnes, vente d’organes, enlèvements, vente d’esclaves, etc.

Le Salvador s’engage à partager avec les États-Unis des informations biométriques sur les mouvements suspects se produisant au niveau de ses frontières terrestres et aériennes en temps réel. Il peut par exemple s’agir de personnes essayant d’entrer dans le pays avec de faux papiers, ou encore de personnes recherchées par la justice d’autres pays, souvent en raison de crimes liés au trafic de drogue.

Les États-Unis ont quant à eux reconnu les efforts et l’efficacité des autorités salvadoriennes dans la lutte contre les flux migratoires clandestins. La partie nord-américaine a expliqué qu’elle apportera son soutien au Salvador à différents niveaux, notamment en aidant la police à améliorer sa capacité d’adaptation et en facilitant l’accès à un visa de travail aux Salvadoriens.

Les représentants nord-américains ont toutefois souligné que la signature de cet accord n’implique pas que le Salvador soit devenu un pays tiers sûr, comme le Mexique et le Guatemala.

Pour conclure, M. McAleenan a déclaré que des réunions avec des représentants du secteur privé seraient organisées, et qu’il serait intéressant de parler des tarifs douaniers dans le but d’attirer davantage d’investissements étrangers.

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Alerte maximum dans les prisons du Salvador

Le président du Salvador, Nayib Bukele, a ordonné début juillet d’instaurer l’état d’extrême urgence, pour une durée indéterminée, dans les prisons du pays comme moyen de pression pour que les bandes ou pandillas cessent de commettre des assassinats.

Soulignons que certains membres présumés de la Mara Salvatrucha (MS13) ont assassiné un autre policier. Parallèlement, fin juin, des membres de la MS13 ont pris d’assaut un autobus transportant une quarantaine de personnes qu’ils ont dépouillées et ont violé deux femmes.


La mort de ce dernier policier porte à 23 le nombre d’agents de la Police nationale civile assassinés en 2019, auxquels viennent s’ajouter les assassinats de 12 militaires et deux fonctionnaires de prison, tous aux mains des pandillas.

Ainsi donc, une des mesures que prévoit l’état d’urgence est de maintenir les internes dans leur cellule 24 heures sur 24. De plus, il a été opéré un transfert de plus de mille membres de bandes dans des prisons plus sûres, provenant d’un complexe pénitentiaire exclusif pour membres de la bande Barrio 18, ce qui met fin à la décision de placer dans des prisons différentes les membres des bandes rivales Barrio 18 et MS13, qui était justement motivée par cette rivalité. On casse ainsi le modèle de prison réservée à une seule bande qui, à la longue, finit par imposer ses propres règles.

Parallèlement, le gouvernement a obligé les entreprises téléphoniques qui opèrent dans le pays à couper le signal téléphonique dans toutes les prisons pour faire cesser les communications avec les membres de gangs qui se trouvent à l’extérieur et reçoivent des ordres.

Grâce à ces transferts de prisonniers, on espère neutraliser les ordres des caïds sur leurs territoires et déjouer ainsi d’éventuels attentats.

Une autre mesure que demande le président est l’approbation d’un budget de 30 millions de dollars pour financer les plans de sécurité visant à lutter contre les bandes. L’approbation de ce budget viendrait, le cas échéant, à la suite de la première étape d’un plan de récupération des territoires contrôlés par les bandes dans 16 communes, y compris la capitale, dont le but était d’éroder les finances de ces groupes criminels.

Par ailleurs, il a été annoncé l’envoi des forces spéciales de la police et des forces armées pour poursuivre les membres de gang.

Le Salvador est un des pays les plus violents au monde au regard des taux d’homicides pour 100 000 habitants, avec des chiffres qui ont atteint ces dernières années des pics de 103 morts attribués essentiellement aux agissements des pandillas.

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Le Chili présente le plan Calle Segura qui intensifie les contrôles préventifs d’identité

Le président du Chili, Sebastian Piñera, a présenté au Congrès national le plan Calle Segura (sécurité dans la rue) destiné à prévenir les crimes dans les espaces publics des villes, qui intensifie le contrôle préventif d’identité et autorise son application dès l’âge de quatorze ans.

La mise en œuvre de ce plan est justifiée, entre autre, par le fait que la première préoccupation des Chiliens est la criminalité et le trafic de drogue et qu’il faut les combattre.

Dans le cadre du plan #CalleSegura, il a été développé un vaste programme de sécurité publique, comprenant la modernisation des carabiniers et du PDI, le déploiement supplémentaire dans les rues de plus de 3 000 carabiniers, un important investissement en technologie (caméras, drones…) et la loi dite Ley Antiportonazos.

Cette loi doit permettre aux carabiniers d’effectuer plus facilement des contrôles dans les rues, y compris, si nécessaire, la fouille des vêtements, sacs à dos et autres accessoires, ce qui permettrait, selon cette loi, de pallier la criminalité de manière plus efficace. Cela concernera aussi les jeunes de plus de quatorze ans puisque, d’après les statistiques de la police chilienne, 20 à 30% des crimes violents – vols avec violence, guet-apens, etc. – sont commis par les jeunes.

Malgré le faible taux de plaintes pour conduites inappropriées des carabiniers dans ces procédures, la loi prévoit aussi des mesures pour éviter les abus et les discriminations. Il faut dire que cette loi a suscité de nombreux commentaires mettant en question la légitimité et l’utilité d’une telle mesure.

Un des aspects les plus controversés de la nouvelle loi est le fait que, sous le couvert d’un grand plan qui prévoit la dissuasion des conduites criminelles, on espère que la technologie – caméras, drones, portails lecteurs de plaques d’immatriculation… – aidera à contrôler les crimes perpétrés dans les rues.

À ce propos, l’expérience comparée et la criminologie urbaine expliquent les limites que présente ce type d’initiatives, non seulement en matière de perception de l’insécurité mais aussi en ce qui concerne la réduction des crimes dans l’espace urbain. Par conséquent, miser sur une politique gouvernementale ne reposant que sur l’investissement technologique peut s’avérer insuffisant.

Certaines voix ont alerté les défenseurs du plan Calle Segura que le contrôle du crime n’implique pas que la surveillance des rues et le contrôle technologique de l’environnement mais aussi une planification adéquate et équilibrée des espaces publics et des villes.

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