L’Union européenne lance un nouveau plan d’action sur la cybersécurité et l’intelligence artificielle

La Commission européenne a présenté un nouveau plan d’action sur la cybersécurité et l’intelligence artificielle visant à préparer l’Europe aux nouveaux défis posés par les modèles avancés d’IA. Ces technologies offrent de grandes opportunités pour renforcer la défense numérique, mais peuvent également être utilisées par des acteurs malveillants pour automatiser des attaques, détecter des vulnérabilités ou accroître la vitesse et la sophistication des cyberincidents.

Le plan vise à coordonner les efforts des États membres, de l’industrie et des organismes européens pour garantir que l’IA est développée et utilisée de manière sécurisée, renforçant ainsi la protection des infrastructures numériques et des services essentiels.

L’intelligence artificielle transforme le monde de la cybersécurité. D’une part, elle permet d’identifier des vulnérabilités, d’analyser d’importants volumes de données, de détecter des comportements anormaux et de répondre plus rapidement à une attaque. D’autre part, les cybercriminels peuvent également tirer parti de ces mêmes capacités pour automatiser des campagnes d’attaque, créer des logiciels malveillants plus sophistiqués ou affiner les techniques de phishing et d’ingénierie sociale.

Consciente de ce phénomène, la Commission européenne mise sur une stratégie qui combine réglementation, innovation et coopération afin de réduire les risques associés aux systèmes d’IA les plus avancés.

L’une des principales mesures consiste à renforcer l’évaluation des modèles avancés avant leur mise en œuvre sur le marché européen. Conformément au Règlement européen sur l’intelligence artificielle, ces systèmes devront être soumis à des processus d’évaluation des risques et des mesures de mitigation correspondantes.

Pour soutenir cette tâche, la Commission créera une capacité européenne spécifique d’évaluation en matière de cybersécurité, qui devrait être opérationnelle d’ici 2027. Cette infrastructure fournira des connaissances techniques indépendantes sur les capacités et les risques des modèles d’IA les plus avancés.

Le plan prévoit également de faciliter l’accès des administrations publiques et des entreprises européennes aux systèmes d’intelligence artificielle les plus avancés, avec des garanties de sécurité et de transparence.

Pour ce faire, la Commission travaillera en étroite collaboration avec l’Agence de l’Union européenne pour la cybersécurité (ENISA) afin de définir un modèle

européen d’accès structuré à ces technologies, favorisant un usage responsable dans le domaine de la cybersécurité.

Une autre initiative à souligner est la création d’une plateforme sécurisée de tests développée par l’ENISA et le Centre commun de recherche de la Commission européenne. Cette plateforme permettra d’expérimenter avec des outils basés sur l’IA dans des environnements simulés, réduisant ainsi les risques avant de déployer ces outils dans des environnements réels.

Les secteurs considérés comme critiques – tels que le secteur financier, l’énergie, la santé, le transport ou les administrations publiques – pourront valider de nouvelles technologies et acquérir de l’expérience dans l’utilisation sécurisée de l’intelligence artificielle.

Le plan reconnaît également l’importance des logiciels open source au sein de l’écosystème européen. L’ENISA encouragera des initiatives pour favoriser la collaboration entre les administrations, les entreprises et les communautés de développeurs, en élaborant des guides de bonnes pratiques et en promouvant des campagnes pour renforcer la sécurité des projets de code open source les plus critiques.

Le plan d’action a également une dimension stratégique claire. La Commission lancera le « Grand Défi de l’Union européenne sur l’IA pour la cybersécurité », une initiative visant à stimuler l’innovation par la collaboration entre entreprises, centres de recherche et institutions.

Parallèlement, l’Europe continuera d’investir dans des infrastructures propres à l’intelligence artificielle, telles que les usines d’IA et les futures gigafactories, ainsi que dans des instruments financiers permettant d’accroître la capacité technologique européenne et de réduire la dépendance aux technologies développées en dehors de l’Union.

Ce nouveau plan d’action complète le cadre réglementaire européen déjà existant. Le Règlement sur l’intelligence artificielle établit des obligations spécifiques pour les modèles avancés ; le Règlement sur la cybersécurité exigera que les produits numériques intègrent la sécurité dès leur conception ; la directive NIS2 renforce la protection des secteurs essentiels, et le Règlement DORA améliore la résilience numérique du secteur financier.

Dans l’ensemble, ces initiatives constituent une stratégie européenne visant à garantir que l’innovation en intelligence artificielle sera accompagnée de niveaux élevés de sécurité et de confiance.

L’intelligence artificielle marquera l’avenir de la cybersécurité. Elle peut devenir l’un des meilleurs outils pour détecter les menaces, automatiser la défense et protéger les infrastructures critiques, mais elle offre également de nouvelles opportunités aux attaquants.

Avec ce plan d’action, l’Union européenne s’engage en faveur de l’innovation responsable, anticipe les risques et renforce son autonomie

technologique. Pour les entreprises, les administrations et les professionnels de la sécurité, le message est clair : intégrer l’IA dans les stratégies de cybersécurité n’est plus une option d’avenir, mais une nécessité pour faire face à un paysage de menaces de plus en plus complexe.

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Le secteur de l’hôtellerie renforce la sécurité pour prévenir la violence à l’égard des femmes et des filles

Le Gouvernement du Royaume-Uni et les principaux représentants du secteur de l’hôtellerie, du tourisme et des loisirs nocturnes ont entamé une nouvelle phase de collaboration visant à renforcer la sécurité des clients et des salariés, en particulier dans la prévention de la violence à l’égard des femmes et des filles. Cette initiative souligne le rôle essentiel que peuvent jouer les hôtels, les hébergements touristiques, les bars, les restaurants et les établissements de loisirs en tant qu’espaces sûrs et premiers maillons de détection des situations à risque.

Lors d’une réunion tenue à Downing Street avec des représentants du gouvernement, des entreprises et des entités spécialisées, il a été convenu de déployer de nouvelles mesures pour améliorer les protocoles de sécurité existants et établir un cadre de collaboration permanent entre les administrations publiques et le secteur privé. L’objectif est de réduire les possibilités d’action des agresseurs, tant à l’intérieur qu’aux abords des établissements, tout en dotant les professionnels des outils nécessaires pour identifier et gérer les situations de vulnérabilité.

L’une des principales nouveautés concerne la mise à jour du protocole de sécurité destiné à la clientèle, élaboré par UKHospitality, l’organisation représentative du secteur. Actuellement en consultation, ce document intégrera des recommandations portant sur des aspects particulièrement sensibles, tels que les procédures d’accès aux chambres d’hôtel, la protection de la vie privée des clients, la gestion des clés et des cartes d’accès, ainsi que les responsabilités du personnel en cas d’incidents.

Le nouveau protocole renforcera également la formation des salariés afin qu’ils soient en mesure de détecter les signes de risque, d’identifier les victimes potentielles de violences ou d’exploitation et d’intervenir selon des procédures claires et coordonnées. Cette formation sera complétée par l’accompagnement d’organisations spécialisées, qui conseilleront les entreprises sur l’identification, le signalement et la prise en charge des situations de maltraitance.

Cette approche met en évidence un aspect de plus en plus important de la sécurité des entreprises : la prévention. La sécurité dans le secteur de l’hôtellerie ne se limite plus uniquement au contrôle d’accès, à la vidéoprotection ou à la réponse aux urgences, mais intègre une dimension humaine basée sur la détection précoce, la protection des personnes vulnérables et la coordination avec les services publics et les entités sociales.

L’initiative vise également à consolider et à pérenniser plusieurs programmes qui ont déjà fait leurs preuves au Royaume-Uni. Parmi eux figurent « Ask Angela », qui permet aux personnes se sentant menacées dans un établissement de demander de l’aide de manière discrète ; « Best Bar None »,

qui favorise des normes élevées en matière de sécurité et de qualité ; « Pubwatch », qui encourage la coopération entre les établissements et les forces de police afin de prévenir les incidents ; et « Purple Flag », un dispositif de certification récompensant les villes proposant une offre nocturne sûre et bien encadrée.

Les données qui motivent cette initiative sont préoccupantes. Selon les chiffres officiels du Royaume-Uni, au cours de l’année achevée en mars 2025, environ 5,1 millions de personnes ont été victimes de violences domestiques, d’agressions sexuelles ou de harcèlement, un chiffre qui représente plus de 10 % de la population adulte. Face à ce constat, le Gouvernement britannique a fait de la lutte contre les violences à l’égard des femmes et des filles l’une de ses priorités. Il prévoit d’y consacrer un investissement de 550 millions de livres sur les trois prochaines années destiné à renforcer l’accompagnement des victimes, avec pour objectif de réduire de moitié ce type de violences d’ici dix ans.

L’implication du secteur touristique revêt une importance particulière, car il constitue un pilier majeur de l’économie britannique et emploie plus d’un million de personnes, dont une forte proportion de femmes. Les hôtels, les hébergements touristiques et les établissements de restauration occupent ainsi une position stratégique, tant pour prévenir les situations à risque que pour apporter une réponse rapide et efficace lorsqu’un cas potentiel de violence est détecté.

Du point de vue des professionnels de la sécurité, cette initiative illustre l’importance d’une approche globale dédiée à la protection des personnes. L’association de protocoles opérationnels, d’une formation spécialisée, d’une coordination institutionnelle et de la sensibilisation du personnel contribue à créer des environnements plus sûrs et plus résilients. Au-delà des dispositifs technologiques, la culture de la prévention et la capacité d’intervention des équipes deviennent des leviers essentiels pour réduire les risques et protéger les victimes.

En définitive, cette collaboration entre l’administration publique, le secteur privé et les organisations spécialisées marque une étape importante vers un modèle de sécurité plus préventif, plus participatif et davantage centré sur les personnes. L’expérience britannique pourrait servir de référence pour d’autres pays ainsi que pour les professionnels de la sécurité souhaitant intégrer de nouvelles stratégies de prévention dans les lieux accueillant un public nombreux.

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Réduction des violences à l’arme blanche au Royaume-Uni : mesures, résultats et défis

Le gouvernement britannique a annoncé une baisse significative des violences à l’arme blanche, soulignant que les homicides de ce type ont diminué de 27 % sur la même période durant laquelle plus de 63 000 armes blanches ont été retirées de la circulation. Cette évolution s’inscrit dans une stratégie plus large visant à lutter contre la criminalité violente et à renforcer la sécurité publique, en particulier dans les zones urbaines touchées par la délinquance juvénile.

Le retrait de ces armes s’est opéré par différents canaux. D’une part, les programmes de remise volontaire ont permis de récupérer près de 58 000 armes blanches, offrant aux citoyens la possibilité de s’en défaire sans poursuites judiciaires. D’autre part, les autorités aux frontières ont saisi plusieurs milliers d’armes supplémentaires, tandis que la police a intensifié ses opérations contre les réseaux criminels, notamment dans le cadre du « County Lines Programme », axé sur le trafic de drogue et l’exploitation des jeunes.

Au-delà de la baisse des homicides, d’autres indicateurs témoignent d’une tendance à la diminution : les vols à l’arme blanche ont reculé de 10 % et les hospitalisations liées à des agressions au couteau de 11 %. Ces résultats suggèrent un effet positif des mesures mises en œuvre, même si leur interprétation appelle à la prudence afin de déterminer s’il s’agit d’une tendance durable.

L’un des piliers de la nouvelle stratégie gouvernementale, intitulée « Protecting Lives, Building Hope », repose sur la prévention. À l’horizon de dix ans, l’objectif est de réduire de moitié les délits impliquant des armes blanches, non seulement par l’application de la loi, mais aussi en s’attaquant aux causes sociales sous-jacentes. Cela passe notamment par des programmes d’accompagnement des jeunes à risque, des investissements dans l’éducation et des initiatives communautaires destinées à prévenir l’entrée des adolescents dans la délinquance.

Sur le plan législatif, des mesures plus strictes ont été adoptées pour limiter l’accès aux armes dangereuses. Parmi elles figure l’interdiction de certains types de couteaux, tels que les « zombie knives », ainsi que de nouvelles règles encadrant leur vente en ligne. Dans ce cadre, la loi dite « Ronan’s Law » instaure un système de vérification de l’âge en deux étapes pour l’achat d’armes blanches sur Internet, au moment de la commande comme lors de la livraison. Elle impose également aux vendeurs de signaler les achats en grande quantité susceptibles d’éveiller des soupçons.

Cette législation porte le nom d’un jeune homme tué avec une arme acquise en ligne, un drame qui a mis en lumière les lacunes du contrôle de ces ventes. L’engagement de sa famille a joué un rôle déterminant dans l’accélération des réformes destinées à prévenir de telles tragédies.

Parallèlement, le gouvernement a créé une nouveau délit : la détention d’une arme blanche avec l’intention de commettre des violences, y compris dans un cadre privé. Cette disposition élargit les pouvoirs des forces de l’ordre en leur permettant d’intervenir en amont, avant qu’un acte violent ne soit commis, tout en suscitant des débats sur l’équilibre entre sécurité et droits civils.

Malgré ces avancées, plusieurs experts rappellent que le lien entre la diminution du nombre d’armes en circulation et la baisse des violences n’est pas nécessairement direct. D’autres facteurs, tels que les conditions socio-économiques, les politiques éducatives ou l’évolution des modes opératoires criminels, peuvent également influencer ces résultats. En outre, certaines des armes saisies ne sont pas toujours liées à des activités délictueuses, ce qui complique l’évaluation précise de l’impact des mesures.

En définitive, la baisse des homicides à l’arme blanche au Royaume-Uni constitue une avancée notable en matière de sécurité. Elle ne peut cependant pas être attribuée à un facteur unique. La stratégie adoptée combine action policière, réformes législatives et initiatives de prévention, profilant une approche globale susceptible d’inspirer d’autres pays. Le défi demeure néanmoins de s’attaquer aux causes profondes de la violence afin d’en assurer une réduction durable.

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Stratégies fondées sur des données pour combattre les crimes à l’arme blanche

Le gouvernement du Royaume-Uni a annoncé un nouveau paquet de mesures visant à lutter contre les délits impliquant des armes blanches, en ciblant plus particulièrement les zones où ce type de criminalité est récurrent. Selon les données officielles, la majorité des incidents liés aux couteaux se concentrent dans un nombre très limité de rues et de secteurs spécifiques, ce qui a conduit à l’adoption d’une stratégie très ciblée et fondée sur les données.

L’une des principales nouveautés est l’investissement de plus de 26 millions de livres dans le cadre du Knife Crime Concentrations Fund. Ce fonds sera attribué à 27 forces de police en Angleterre et au pays de Galles, responsables d’environ 90 % des cas de criminalité à l’arme blanche. L’objectif est d’intensifier la présence policière et les dispositifs de surveillance dans les points les plus sensibles afin de prévenir les délits et d’interpeller plus efficacement les auteurs.

Pour rendre cette approche opérationnelle, le ministère de l’Intérieur a développé une nouvelle technologie de cartographie permettant d’identifier les « points chauds » de criminalité avec une très grande précision, jusqu’à des zones de seulement 0,1 km². Cette approche de microgéographie permet non seulement de déterminer où les délits se produisent, mais aussi à quels moments de la journée ils sont les plus probables. Les forces de sécurité peuvent ainsi déployer leurs ressources de manière plus efficace et stratégique.

Parmi les mesures mises en œuvre dans ces zones figurent le renforcement des patrouilles policières, l’installation de nouvelles caméras de vidéosurveillance (CCTV), l’utilisation de technologies de reconnaissance faciale en temps réel et la mise en place de portiques de détection d’armes blanches. Cet ensemble d’actions vise à la fois à jouer un rôle dissuasif et à faciliter l’identification et l’arrestation des personnes impliquées dans des activités criminelles.

Ce plan s’inscrit dans une stratégie plus large du gouvernement britannique, présentée sous le titre « Protecting Lives, Building Hope », qui vise à réduire de moitié la criminalité liée aux armes blanches sur une période de dix ans. Au-delà des mesures policières, le programme met fortement l’accent sur la prévention, notamment auprès des jeunes, considérés comme un public clé tant du point de vue du risque de victimisation que de l’implication dans ces crimes.

Dans cette optique, la création de 50 centres appelés « Young Futures Hubs » est prévue avant la fin de la législature, dans les zones les plus touchées. Ces centres offriront un accompagnement global aux jeunes, incluant des services éducatifs, sociaux et d’orientation, afin de réduire les facteurs de risque liés à la violence. Parallèlement, 50 « Young Futures Panels » seront déployés : des équipes pluridisciplinaires chargées d’identifier précocement les mineurs vulnérables et de leur proposer un soutien coordonné.

Le gouvernement continuera également de financer des programmes existants, tels que les Violence Reduction Units, avec plus de 66 millions de livres d’investissement, ainsi que des initiatives éducatives comme le programme Safety In & Around Schools Partnership, qui sera déployé dans 250 établissements situés en zones à risque. Ce dispositif propose des formations spécifiques visant à renforcer la sécurité des élèves, notamment lors de leurs trajets scolaires.

D’autres mesures comprennent le renforcement de la lutte contre la diffusion d’armes en ligne, avec un financement destiné au Knife Crime Coordination Centre, ainsi que des investissements dans le programme County Lines, qui tend à combattre les réseaux de trafic de drogue souvent liés à la violence à l’arme blanche. Des ressources sont également allouées au programme Turnaround du ministère de la Justice, qui accompagne les jeunes qui risquent d’entrer dans le système judiciaire.

Des experts et représentants d’organisations sociales ont salué cette approche fondée sur les données et les interventions localisées. Ils soulignent que la criminalité à l’arme blanche ne se limite pas aux victimes directes, mais engendre également un climat de peur qui affecte profondément le quotidien des jeunes et la cohésion des communautés. Ils estiment donc essentiel d’agir sur les causes structurelles et pas uniquement sur les conséquences.

Dans l’ensemble, cette stratégie combine technologies, action policière intensive et interventions sociales afin de réduire la violence, améliorer la sécurité publique et offrir de réelles perspectives aux jeunes à risque. Si les premiers indicateurs montrent une légère baisse des cas, le défi reste de consolider cette tendance sur le long terme et de garantir un impact durable des mesures mises en place.

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Un changement de paradigme en matière de sécurité : investir dans les causes de la criminalité féminine

Le Gouvernement du Royaume-Uni a annoncé un investissement de 31,6 millions de livres destiné à réduire la récidive chez les femmes au sein du système de justice pénale. Plus qu’une simple augmentation budgétaire, cette initiative représente un changement de paradigme dans la manière de comprendre la sécurité publique : passer d’un modèle axé sur la punition à une approche basée sur la prévention et l’intervention sur les causes structurelles de la criminalité.

Pendant des années, les systèmes pénaux ont répondu à la criminalité par des mesures punitives telles que l’emprisonnement. Cependant, dans le cas des femmes, les données montrent que cette stratégie s’avère souvent inefficace. Une proportion très élevée de femmes qui entrent en contact avec le système pénal ont des histoires de vulnérabilité profonde : plus des deux tiers ont subi des violences conjugales, beaucoup présentent des addictions et une grande partie a souffert de lésions cérébrales ou de problèmes de santé mentale. Ces circonstances soulignent une réalité claire : dans de nombreux cas, la criminalité féminine est le résultat de traumatismes, d’exclusion sociale et d’un manque de soutien institutionnel.

Dans ce contexte, le nouveau programme de financement vise à renforcer les services communautaires spécialisés qui travaillent directement avec ces femmes. L’objectif est de leur fournir un soutien complet dans des domaines clés tels que le traitement des addictions, l’accès au logement, l’insertion professionnelle et la protection contre les relations abusives. Ce type d’intervention vise non seulement à améliorer la vie des femmes concernées, mais constitue également un outil de sécurité efficace : réduire la récidive permet de limiter le nombre de délits et, par conséquent, le nombre de victimes.

Du point de vue de la sécurité publique, cette stratégie présente un avantage fondamental : elle agit avant que le problème ne devienne chronique. Les politiques traditionnelles interviennent souvent trop tard, lorsque le délit a déjà été commis et que les dommages sont irréversibles. En revanche, les programmes de soutien communautaire cherchent à interrompre le cycle de la criminalité à son origine en abordant des facteurs de risque tels que l’exclusion économique, la dépendance aux drogues et le manque d’environnement sûr. Cette approche préventive est particulièrement pertinente si l’on tient compte du coût économique de la récidive, estimé à environ 18 000 millions de livres par an pour le contribuable.

Un autre élément clé de la réforme est la promotion d’alternatives à la prison. Bien que la détention reste nécessaire pour les délits les plus graves, il est estimé qu’elle devrait être le dernier recours dans la plupart des cas. En ce sens, le rapport du Women’s Justice Board souligne que les mesures communautaires sont souvent plus efficaces pour réduire la récidive et faciliter la réinsertion sociale. Cette idée a été matérialisée par l’extension des tribunaux de supervision intensive (Intensive Supervision Courts), qui combinent contrôle judiciaire et obligation de participer à des programmes de traitement et de soutien.

Ces tribunaux reposent sur un modèle hybride qui combine contrôle et réinsertion. Les participantes doivent comparaître régulièrement devant un juge qui supervise leurs progrès et veille au respect des conditions établies. Elles reçoivent également un soutien pour aborder des problèmes sous-jacents tels que l’addiction ou le traumatisme. Les résultats observés dans d’autres pays indiquent une réduction considérable de la récidive, avec des baisses d’environ un tiers des arrestations pour de nouveaux délits par rapport aux modèles traditionnels basés sur la prison.

Du point de vue de la sécurité, cette approche contribue également à renforcer la cohésion sociale. En effet, en plus de ses victimes directes, la criminalité affecte les communautés au sens large, générant de l’insécurité et affaiblissant les liens sociaux. En aidant les femmes à sortir de ce cycle, ces politiques contribuent non seulement à réduire la criminalité, mais aussi à stabiliser les familles et les environnements communautaires, sachant que beaucoup de ces femmes sont aussi des mères.

Mais ce modèle pose également des défis. Son efficacité dépend en grande partie de la qualité des services disponibles, de leur coordination et d’un financement durable. De plus, un changement culturel doit être opéré au sein du système de justice pénale, qui doit adopter une vision davantage axée sur la réinsertion que sur la punition. Sans ces éléments, il existe un risque que ces initiatives n’obtiennent pas les résultats escomptés.

Pour conclure, l’investissement annoncé par le Gouvernement du Royaume-Uni reflète une évolution significative des politiques de sécurité. Plutôt que de se concentrer exclusivement sur la répression de la criminalité, il vise à agir sur ses causes profondes, en intervenant auprès des femmes, un groupe particulièrement vulnérable. Si elle est mise en œuvre correctement, cette approche peut avoir un double bénéfice : améliorer la vie des personnes concernées et construire des sociétés plus sûres et résilientes.

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Nouveau service de conseil juridique pour les victimes de viol au Royaume-Uni

Le gouvernement britannique a annoncé une série de réformes majeures visant à améliorer la réponse du système judiciaire aux affaires de viol et à renforcer la protection des victimes. Parmi les mesures figurent la création d’un nouveau service national de conseillers juridiques indépendants pour les victimes de viol et l’extension des principes de l’Opération Soteria aux salles d’audience. Ces initiatives s’inscrivent dans un plan plus large destiné à rendre le système de justice pénale plus équitable, plus rapide et davantage centré sur les victimes, tout en intensifiant la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles.

L’une des principales nouveautés est le lancement d’un service national de conseillers juridiques indépendants (Independent Legal Advisers, ILA), qui offrira un accompagnement juridique spécialisé aux victimes de viol tout au long de la procédure pénale. Ce service, qui sera déployé d’ici la fin de l’année, bénéficiera dans un premier temps d’un financement de six millions de livres sur deux ans. L’objectif est de garantir aux victimes l’accès à des conseils juridiques indépendants dans les phases les plus complexes des enquêtes et des procès.

Les conseillers juridiques indépendants aideront les victimes à comprendre leurs droits au sein du système judiciaire et les assisteront lorsque les autorités demanderont l’accès à des informations personnelles sensibles. Il peut s’agir, par exemple, de dossiers médicaux, de notes issues d’un suivi psychologique ou encore de données provenant de téléphones portables. Dans de nombreux cas, ces demandes peuvent être perçues comme intrusives ou disproportionnées ; les conseillers juridiques pourront alors les contester lorsqu’elles ne seront pas strictement nécessaires à l’enquête. Cette mesure vise à réduire le sentiment, souvent exprimé par les victimes, que le système pénal examine davantage leur vie privée que le comportement de l’agresseur présumé.

Parallèlement, le gouvernement étendra les principes de l’Opération Soteria à la phase judiciaire des affaires de viol. Lancée en 2021, cette initiative avait déjà modifié la manière dont la police et les procureurs enquêtent sur ces crimes. Son approche consiste à analyser prioritairement le comportement et les schémas d’action du suspect, plutôt que de concentrer l’attention principale sur la victime. Concrètement, cela implique de privilégier les preuves liées au suspect et de limiter l’accès aux dossiers personnels de la victime aux seuls cas où ceux-ci présentent une valeur probante claire.

Avec cette nouvelle extension, le gouvernement souhaite s’assurer que cette même approche est maintenue lorsque les affaires arrivent devant les tribunaux. C’est pourquoi une experte universitaire a été chargée d’examiner si, pendant les procès, les pratiques judiciaires continuent de soumettre les victimes à un examen excessif. L’objectif de cette étude pilote est d’identifier d’éventuelles améliorations dans la formation des juges et des procureurs, ainsi que dans les orientations et bonnes pratiques judiciaires, afin de garantir que les procès se concentrent principalement sur les actes du suspect.

Selon le gouvernement britannique, ces réformes s’inscrivent également dans un effort plus large visant à moderniser le système judiciaire et à réduire les retards dans la résolution des affaires. Des données récemment publiées indiquent que, même avec des investissements et des gains d’efficacité, l’arriéré des affaires devant la Cour de la Couronne (Crown Court) pourrait atteindre 133 000 dossiers d’ici 2035. Cependant, l’ensemble des réformes structurelles prévues par le gouvernement pourrait ramener ce chiffre à environ 49 000 affaires sur la même période, évitant ainsi que des milliers de victimes aient à attendre des années pour obtenir justice.

Parmi les réformes incluses dans le projet de loi judiciaire figure la création de nouvelles « Swift Courts », des juridictions destinées à traiter des affaires passibles de peines allant jusqu’à trois ans d’emprisonnement, jugées par un seul magistrat. Le gouvernement propose également d’augmenter les pouvoirs de condamnation des magistrats jusqu’à 18 mois de prison, afin de libérer des ressources à la Cour de la Couronne pour qu’elle puisse se concentrer sur les crimes les plus graves. Malgré ces réformes, les procès devant jury resteront en place pour les crimes les plus graves, y compris le viol, le meurtre ou les blessures corporelles graves.

Enfin, le gouvernement a souligné que ces mesures font partie d’une stratégie plus large visant à réduire de moitié les violences faites aux femmes et aux filles au cours de la prochaine décennie. Dans ce cadre, plus d’un milliard de livres d’investissements ont été annoncés, dont 550 millions destinés aux services d’aide aux victimes et près de 500 millions consacrés à des solutions d’hébergement sécurisé pour les personnes fuyant des situations d’abus.

Dans leur ensemble, ces réformes visent à transformer la manière dont le système de justice pénale traite les affaires de viol. L’objectif central est de garantir aux victimes un soutien adéquat, de rendre les procédures judiciaires moins traumatisantes et de faire porter l’attention des enquêtes et des procès principalement sur le comportement des agresseurs présumés. Cette orientation entend renforcer la confiance des victimes dans le système judiciaire et améliorer leur capacité à obtenir justice.

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Le crime au couteau en recul : le Royaume-Uni commence à voir les résultats de son Plan for Change

La baisse significative des vols au couteau en Angleterre et au Pays de Galles marque un tournant dans la lutte contre ce type de criminalité. Les dernières données montrent une réduction de 10 % dans les zones les plus touchées, grâce à un plan gouvernemental ambitieux et à de nouvelles mesures de prévention.

Les vols au couteau – l’une des formes de criminalité qui suscite le plus d’inquiétude dans la société – ont commencé à diminuer dans toute l’Angleterre et au pays de Galles. Cette baisse intervient après la mise en œuvre du « Plan for Change », une stratégie du gouvernement britannique visant l’objectif ambitieux de réduire de moitié les crimes au couteau en dix ans.

Un groupe de travail spécialisé, constitué en octobre 2024, a permis d’inverser la tendance à la hausse observée entre juillet 2023 et juin 2024. Ce groupe comprend sept forces de police des régions les plus touchées : Metropolitan Police, West Midlands et Greater Manchester.

Une baisse significative des vols au couteau a été observée entre juin 2024 et août 2025 :

  • West Midlands : -30 % (771 cas en moins)
  • Police des transports britannique : -26 % (107 crimes en moins)
  • Avon et Somerset : -14 %
  • South Yorkshire : -8 %
  • West Yorkshire : -7 %
  • Metropolitan Police : -5 % (484 cas en moins)
  • Greater Manchester : -3 %

Les forces de police ont mis en œuvre des stratégies comme affecter des patrouilles aux points sensibles, utiliser des drones, des agents en civil et des portiques détecteurs de couteaux. Les services de renseignement de la police ont également été améliorés afin d’identifier les criminels potentiels avant qu’ils ne passent à l’acte.

En outre, le ministère de l’Intérieur a introduit un ensemble de mesures législatives. Il s’agit notamment de l’interdiction des épées « ninja » (par la loi Ronan, suite au cas de Ronan Kanda, un jeune homme tué avec ce type d’arme) et de l’obligation de vérification de l’âge pour la vente de couteaux en ligne.

Avec un budget initial de 2 millions de livres sterling, le gouvernement a lancé les Young Futures Hubs, des centres de soutien pour les jeunes à risque. En 2025, 8 centres seront opérationnels dans les zones à haut risque, l’objectif étant d’atteindre 50 centres au cours des quatre prochaines années.

Patrick Green, directeur de Ben Kinsella Trust, estime que la répression des vols au couteau ne vise pas seulement à réduire la criminalité, mais aussi à briser l’idée que le port d’une arme est nécessaire pour se protéger.

Sarah Jones, ministre chargée de la police et de la prévention de la criminalité, a souligné l’importance de maintenir la pression. Elle considère qu’il reste encore beaucoup à faire, mais qu’une baisse soutenue commence à être observée pour la première fois depuis quatre ans.

Le chemin est encore long, mais les premiers chiffres indiquent que le changement est possible grâce à une action coordonnée, à l’investissement dans les jeunes et à une tolérance zéro envers les armes.

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Le Royaume-Uni mise sur de nouveaux tribunaux pour réduire la récidive criminelle

Les communautés touchées par les récidivistes verront leur protection renforcée par l’extension d’un nouveau modèle de tribunaux spécialisés, prévus pour réduire la petite criminalité et enrayer la récidive à la source.

Ces Intensive Supervision Courts (Tribunaux de supervision intensive) inspirés des tribunaux de résolution des problèmes aux États-Unis, notamment au Texas, combinent un contrôle judiciaire strict avec un soutien personnalisé pour les délinquants souffrant de problèmes tels que la toxicomanie ou autres traumatismes.

Les délinquants qui commettent des infractions tels que le vol à l’étalage tout en affrontant des problèmes personnels devront suivre des traitements, comparaître régulièrement devant le juge et respecter des conditions strictes. En cas de non-respect de ces règles, ils risquent de se retrouver en prison.

Ce modèle, qui fait partie du « Plan for Change » du gouvernement britannique, vise à transformer la réponse à la petite criminalité, en libérant le système pénitentiaire et en se concentrant sur une réinsertion réelle.

La toxicomanie et l’alcoolisme alimentent une grande partie de la criminalité. La criminalité ne sera pas réduite tant que les récidivistes ne seront pas confrontés à leur comportement, selon Lord Timpson, ministre chargé des Prisons, de la Libération conditionnelle et de la Probation.

Des résultats prometteurs

Les quatre premiers programmes pilotes à Birmingham, Bristol, Liverpool et Teesside ont supervisé plus de 200 délinquants. Selon une évaluation récente :

  • 2 tests de dépistage de drogues sur 3 se sont révélés négatifs.
  • Seuls 23 % des participants ont été sanctionnés pour mauvais comportement.
  • La consommation de substances psychoactives a diminué.
  • Un plus grand nombre de participants souffrant de problèmes de santé mentale ont pu profiter d’un traitement approprié.

Ces données indiquent une réduction significative de la récidive, comme cela a déjà été observé dans d’autres pays utilisant des modèles similaires, avec une baisse de la récidive allant jusqu’à 33 %.

L’expansion de ces tribunaux fait suite à un investissement record de 700 millions de livres sterling dans le service de probation, soit une augmentation de 45 % du budget, et répond aux recommandations de l’Independent Sentencing Review, dirigé par l’ancien ministre de la Justice, David Gauke.

Lors d’une visite au Texas, D. Gauke et l’actuel Lord Chancellor ont pu constater que l’extension des tribunaux de résolution de problèmes avait entraîné une réduction de 25 % des infractions liées à la drogue ainsi qu’une diminution de la population carcérale.

Une perspective du secteur social

Pavan Dhaliwal, directeur de l’ONG Revolving Doors, qui s’efforce de briser le cycle de la criminalité, s’est félicité de cette expansion. Ces tribunaux offrent une réelle opportunité de répondre aux besoins sanitaires et sociaux non satisfaits qui enferment les personnes dans la récidive.

Avec cette nouvelle approche, le Royaume-Uni s’engage à mettre en place un système pénal qui ne se contente pas de punir, mais qui responsabilise, réhabilite et restaure. L’extension des Tribunaux de supervision intensive s’inscrit dans une stratégie plus large visant à rendre les rues plus sûres, réduire la charge des prisons et offrir une véritable seconde chance à ceux qui souhaitent changer.

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Le Conseil européen adopte des conclusions pour une Union plus cybersécurisée et résiliente

Le Conseil a adopté des conclusions sur l’avenir de la cybersécurité dans le but de fournir des orientations et de définir des principes pour la mise en place d’une UE plus cybersécurisée et résiliente.

Ces dernières années, les menaces de cybersécurité ont considérablement augmenté en termes de niveau, de complexité et d’ampleur. Cette évolution s’est produite parallèlement à une augmentation significative des tensions géopolitiques mondiales.

La cybersécurité s’exerce à de multiples niveaux, avec un accent particulier sur la sécurité des entreprises, des gouvernements et des citoyens. Tout le monde mérite une connexion internet sécurisée et la tranquillité d’esprit que procure son utilisation. Tout le monde mérite de se sentir en sécurité, que ce soit en ligne ou hors ligne. Pour les institutions de l’UE, il est nécessaire de construire un monde numérique solide et résilient grâce à des mesures proactives et à la coopération internationale.

Le Conseil a défini les principes à développer dans les mois à venir pour construire une Union plus cybersécurisée et résiliente. La mise en œuvre, l’adoption de normes harmonisées, la certification, la sécurité de la chaîne d’approvisionnement, la coopération avec le secteur privé, le soutien aux PME et un financement adéquat doivent faire partie des principales priorités du futur.

Les conclusions du Conseil rappellent qu’il est important de se concentrer sur la mise en œuvre, de renforcer la coordination et la collaboration et d’éviter la fragmentation des normes de cybersécurité dans la législation sectorielle. Elles appellent également à clarifier davantage les rôles et les responsabilités dans le domaine cybernétique, à renforcer la coopération dans la lutte contre la cybercriminalité et à travailler sur un plan révisé de gestion des crises cybernétiques. Elles mettent également l’accent sur le soutien aux petites et moyennes entreprises et sur la nécessité de relever les défis posés par les nouvelles technologies.

Les institutions européennes encouragent une approche multipartite, y compris la coopération avec le secteur privé et le monde universitaire, pour combler le déficit de compétences. Soulignant l’importance d’attirer des capitaux privés, les conclusions du Conseil insistent sur la nécessité d’un financement adéquat.

La dimension extérieure est également soulignée, rappelant qu’une politique internationale active serait nécessaire pour renforcer la coopération avec les pays tiers, en particulier dans le contexte transatlantique, afin de contribuer à un écosystème international fort. Compte tenu de l’évolution et de l’aggravation de la menace, le Conseil invite enfin la Commission européenne et le Haut Représentant à proposer une stratégie en matière de cybersécurité.

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L’Union européenne veut lutter plus efficacement contre la criminalité transfrontière

La présidence belge du Conseil et les négociateurs du Parlement européen sont parvenus à un accord sur une proposition de règlement de l’UE relative à la transmission des procédures pénales.

Cette réglementation fixe les conditions dans lesquelles une procédure pénale engagée dans un État membre peut être transférée à un autre État membre. Ceci sera essentiel pour garantir que le pays le mieux placé puisse enquêter ou engager des poursuites sur une infraction pénale et pour éviter des procédures parallèles inutiles (concernant le même suspect) dans différents États membres de l’UE. Ainsi, la législation contribuera à lutter plus efficacement contre la criminalité transfrontière.

Une lutte efficace contre la criminalité implique également que les pays de l’UE coopèrent pour que les enquêtes criminelles soient menées dans le pays le mieux placé pour rendre la justice.

Les règles sur lesquelles le Conseil et le Parlement européen se sont mis d’accord devraient également améliorer le respect des droits fondamentaux de la personne suspecte ou poursuivie dans le cadre de la transmission des procédures pénales d’un pays à l’autre.

En outre, le règlement devrait contribuer à prévenir l’impunité dans les cas de refus d’entrée d’une personne dans un autre État membre sur la base d’un mandat d’arrêt européen. La transmission des règles de procédure (dans le pays où se trouve la personne accusée) permettra de garantir que la personne sera toujours traduite en justice.

Ainsi, à l’avenir, les autorités d’un pays décideront de demander la transmission d’une procédure (vers un autre État membre) sur la base d’une liste de critères communs. Ces critères sont les suivants :

• l’infraction a été commise sur le territoire de l’État membre auquel la procédure doit être transférée ou la plupart des effets de l’infraction ou une partie importante du préjudice se sont produits dans cet État membre ;

• une ou plusieurs personnes suspectes ou poursuivies sont des ressortissants ou des résidents de cet État membre ;

• une ou plusieurs personnes suspectes ou poursuivies sont présentes dans l’État membre vers lequel la procédure doit être transmise ;

• la plupart des éléments de preuve pertinents pour l’enquête ou la plupart des témoins pertinents se trouvent ou résident dans cet État membre ;

• une procédure pénale est en cours contre la personne suspecte ou poursuivie pour les mêmes faits ou d’autres faits dans l’État membre qui sera responsable de la procédure.

Le règlement prévoit également des obligations concernant les droits des personnes suspectes et des personnes accusées, ainsi que des victimes, lorsqu’il s’agit de décider d’un transfert.

Les personnes suspectes ainsi que celles poursuivies et les victimes ont droit à un recours juridique effectif contre la décision d’un pays d’accepter la transmission d’une procédure pénale. Elles peuvent exercer ce droit dans le pays où la procédure pénale est transférée.

Un délai est prévu pour l’introduction d’un recours juridictionnel, ne dépassant pas 15 jours à compter de la date de réception de la décision acceptant la transmission de la procédure pénale. La décision finale sur le recours en justice sera prise sans retard injustifié et, si possible, dans un délai de 60 jours.

Étant donné l’augmentation de la criminalité transfrontière, la justice pénale au sein de l’UE a été de plus en plus confrontée à des situations où plusieurs États membres sont compétents pour poursuivre la même affaire. Cela est particulièrement vrai en ce qui concerne les crimes commis par des groupes criminels organisés. Les règles relatives à la transmission des procédures pénales contribueront à clarifier quel est l’État membre le mieux placé pour mener les procédures pénales.

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