Le Chili présente le plan Calle Segura qui intensifie les contrôles préventifs d’identité

Le président du Chili, Sebastian Piñera, a présenté au Congrès national le plan Calle Segura (sécurité dans la rue) destiné à prévenir les crimes dans les espaces publics des villes, qui intensifie le contrôle préventif d’identité et autorise son application dès l’âge de quatorze ans.

La mise en œuvre de ce plan est justifiée, entre autre, par le fait que la première préoccupation des Chiliens est la criminalité et le trafic de drogue et qu’il faut les combattre.

Dans le cadre du plan #CalleSegura, il a été développé un vaste programme de sécurité publique, comprenant la modernisation des carabiniers et du PDI, le déploiement supplémentaire dans les rues de plus de 3 000 carabiniers, un important investissement en technologie (caméras, drones…) et la loi dite Ley Antiportonazos.

Cette loi doit permettre aux carabiniers d’effectuer plus facilement des contrôles dans les rues, y compris, si nécessaire, la fouille des vêtements, sacs à dos et autres accessoires, ce qui permettrait, selon cette loi, de pallier la criminalité de manière plus efficace. Cela concernera aussi les jeunes de plus de quatorze ans puisque, d’après les statistiques de la police chilienne, 20 à 30% des crimes violents – vols avec violence, guet-apens, etc. – sont commis par les jeunes.

Malgré le faible taux de plaintes pour conduites inappropriées des carabiniers dans ces procédures, la loi prévoit aussi des mesures pour éviter les abus et les discriminations. Il faut dire que cette loi a suscité de nombreux commentaires mettant en question la légitimité et l’utilité d’une telle mesure.

Un des aspects les plus controversés de la nouvelle loi est le fait que, sous le couvert d’un grand plan qui prévoit la dissuasion des conduites criminelles, on espère que la technologie – caméras, drones, portails lecteurs de plaques d’immatriculation… – aidera à contrôler les crimes perpétrés dans les rues.

À ce propos, l’expérience comparée et la criminologie urbaine expliquent les limites que présente ce type d’initiatives, non seulement en matière de perception de l’insécurité mais aussi en ce qui concerne la réduction des crimes dans l’espace urbain. Par conséquent, miser sur une politique gouvernementale ne reposant que sur l’investissement technologique peut s’avérer insuffisant.

Certaines voix ont alerté les défenseurs du plan Calle Segura que le contrôle du crime n’implique pas que la surveillance des rues et le contrôle technologique de l’environnement mais aussi une planification adéquate et équilibrée des espaces publics et des villes.

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Vers un futur sans crimes ?

De l’avis de beaucoup, le désistement du crime est un processus plus qu’un fait accompli. Le projet que soutient la RAND Corporation a donné lieu à un questionnaire facile à utiliser par les organismes qui travaillent sur les criminels afin de constater des résultats intermédiaires : des indicateurs de changements positifs pouvant indiquer la progression vers un avenir hors de la criminalité.

Les investigations montrent que, notamment pour les criminels à problèmes sociaux et personnels profondément enracinés, le désistement du crime n’est pas un événement ponctuel. Il s’agit souvent d’un processus à long terme de changement fondamental de l’identité même du criminel, de ses valeurs et de son style de vie, impliquant des périodes d’abstention qui offrent une transgression interrompue par les rechutes.

L’efficacité des services aux criminels est normalement évaluée sur la base du taux de récidive. Toutefois, ces résultats se mesurent mieux sur de longues périodes de temps et requièrent un accès à des données fiables sur les convictions ou autres mesures d’infraction. Cela n’est pas faisable sur de nombreuses interventions, à court terme, pour les criminels livrés par des organisations sans avoir suffisamment de temps et de ressources pour mener à bien une analyse de récidive. De plus, certaines interventions, tels que programmes artistiques en prison ou tutorats, ont pour but de soutenir le processus de désistement et non pas de le mener directement vers la fin de la criminalité.

Cette étude avait pour but d’identifier et développer un outil de mesure pour des résultats intermédiaires. Il s’agirait de changements dans les aptitudes et la pensée, associés directement ou indirectement aux réductions de la récidive, ce qui pourrait indiquer qu’un criminel opère des changements positifs vers un avenir hors de la criminalité sans en être encore sorti. Par exemple, les résultats intermédiaires peuvent inclure de meilleures aptitudes à la résolution de problèmes, une meilleure gestion du temps et un accroissement de la résilience.

Le projet visait à développer un outil de mesure pour les organismes offrant des programmes de tutorat et d’art pour les criminels. Notamment les organisations volontaires et du secteur communautaire.

painting creative artLe projet s’appuyait sur une collaboration et une coopération importantes avec une série d’organisations prestataires offrant des programmes et activités d’art pour criminels. Moyennant un processus itératif de recherches bibliographiques, consultations, tests de validité et analyse, l’équipe de recherche a produit un questionnaire théoriquement renseigné de 29 articles, appelé Instrument de mesure de résultats intermédiaires (IOMI). Aux côté de l’IOMI, les chercheurs ont aussi développé un outil de coût, un document d’orientation et un outil de saisie de données.

L’instrument de mesure IOMI et tout le matériel qui compose le kit d’outils offrent un pack facile à utiliser, que les fournisseurs d’activités d’art et tuteurs peuvent mettre à profit (probablement, aux côtés de beaucoup d’autres types d’intervention) pour évaluer l’impact de leur propre travail de manière relativement rapide et directe.

L’IOMI n’est pas un instrument totalement validé, mais les tests préliminaires ont montré de forts indices quant à la validité de l’instrument, sa consistance interne, sa stabilité et son potentiel à refléter le changement grâce à la plupart des résultats intermédiaires qu’il mesure.

L’IOMI est théoriquement renseigné et soutenu par des révisions minutieuses d’indices et par une intense consultation auprès des fournisseurs de programmes de tutorat et d’art.

https://www.rand.org/randeurope/research/projects/reduce-reoffending.html

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Freiner le trafic illégal de mercure et d’or en Afrique de l’Ouest

En août 2017, la Convention de Minamata sur l’utilisation du mercure est entrée en vigueur. Le mercure est un élément qui cause de sérieuses préoccupations à l’échelle mondiale et, notamment, dans une quinzaine d’États d’Afrique de l’Ouest. Par cette convention, les États ont décidé de réduire, voire d’éliminer si possible, l’utilisation du mercure et de ses dérivés, ainsi que leurs émissions provoquées, surtout, par l’activité minière. Le processus d’extraction de l’or dans ces pays à recours à des techniques très simples et peu onéreuses. Le mercure est souvent utilisé pour séparer le métal précieux du minerai et, en général, les individus qui manipulent cet élément s’exposent à de graves problèmes de santé tels qu’intoxications et brûlures. L’Afrique de l’Ouest est l’une des régions les plus riches en dépôts aurifères et le mercure joue un rôle essentiel dans l’orpaillage car 2 à 3 millions de mineurs artisanaux l’utilisent pour extraire de l’or dont la vente représente de gros revenus pour les économies de ces pays. La plupart des États de l’Afrique de l’Ouest ont signé et ratifié la convention.

Curbing Illicit Mercury and Gold Flows in West AfricaUne étude publiée par la Global Iniciative against transnational organized crime souligne que l’utilisation du mercure et ses émissions ont des conséquences négatives pour les pays africains concernés. Presque tout le mercure est exporté de l’Afrique de l’Ouest. Bien qu’une grande partie du produit soit importée de manière légale, le commerce de mercure illicite, non enregistré et clandestin est important et croissant. Pour prendre un exemple, certains ressortissants du Burkina Faso sont tenus pour responsables de la plus grosse partie du commerce illégal de mercure de la région, et des pays comme la Côte-D’ivoire, le Ghana ou le Sénégal en sont les principaux consommateurs. Les chiffres sur les importations de mercure sont au-dessous des estimations sur sa consommation réelle. Autrement dit, une bonne partie des flux de mercure sont illicites. Par ailleurs, l’approvisionnement en mercure permet de garantir les flux d’or. De ce fait, les chaînes d’approvisionnement à la fois en or et en mercure créent un cercle vicieux, très difficile à rompre.

Les pays de l’ECOWAS (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) soulignent la nécessité d’inclure différentes institutions ainsi que des acteurs gouvernementaux pour débattre des mesures visant à coordonner les flux de mercure et combattre les flux illégaux. Le Togo, par exemple, signale la nécessité d’améliorer la coopération entre pays. L’étude de la Global Iniciative propose les recommandations suivantes :

  • Améliorer la connaissance sur les flux de mercure.
  • Standardiser des cadres régulateurs spécifiques du mercure.
  • Encourager les mineurs qui extraient de l’or sans utiliser de mercure.
  • Centrer les efforts régionaux sur les hubs des lignes d’approvisionnement.
  • Harmoniser les régimes d’exportation d’or.
  • Renforcer la supervision régulatrice des importations d’or sur les hubs de destination finale.

Liens utiles :

http://globalinitiative.net/gold_mercury_ecowas/

https://www.verite.org/wp-content/uploads/2018/01/SSA-Verite-Commodity-Report-Gold.pdf

https://ige.org/archivos/IGE/mercurio_en_la_Mineria_de_Au.pdf

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Réconcilier les États-Unis et l’Union européenne en matière de défense : l’objectif de l’IESUE à Bruxelles

La volonté croissante des plus hauts représentants de l’Union européenne et ses États membres de renforcer l’autosuffisance de l’Europe en matière de défense, voire de créer une armée européenne, a suscité des préoccupations aux États-Unis, jusqu’ici le principal partenaire des pays européens en matière militaire et de défense. L’initiative, soutenue surtout par la chancelière allemande, Angela Merkel, et le président français, Emmanuel Macron, a été perçue par le gouvernement de Donald Trump comme une menace pour l’OTAN. Une réaction plutôt contradictoire si l’on considère que l’actuel président des États-Unis a reproché, à plusieurs reprises, aux pays de l’Union européenne leur contribution insuffisante au budget de défense commune et la dépendance excessive de ces derniers à l’égard de l’OTAN.

Face à la réaction américaine, l’Europe a démenti que l’éventuelle armée de l’Union soit une alternative à l’OTAN et a ajouté que les deux forces seraient complémentaires. Afin de partager des opinions et des initiatives sur la réactivation de la défense commune de l’Union européenne et lever les malentendus avec son partenaire transatlantique, ainsi que traiter d’autres sujets affectant la sécurité mondiale, l’Institut d’études de sécurité de l’UE, l’Institut néerlandais des relations internationales (Institut Cligendael) et le Centre pour la nouvelle sécurité américaine ont organisé une table ronde à Bruxelles le 3 octobre dernier. L’objectif était de débattre et établir des stratégies communes face à certains événements récents qui ont un impact sur la sécurité mondiale et notamment sur les relations transatlantiques, tels que le rôle de l’Union européenne dans les négociations sur la dénucléarisation entre la Corée du Nord et les États-Unis et la position de la Turquie dans l’OTAN.

Les intervenants des États-Unis et des pays européens ont tous été d’accord sur le fait qu’il fallait continuer à travailler dans la même direction pour affronter les menaces à l’ordre international fixé et établi.

Lors de la première table ronde, consacrée au débat sur le futur des relations transatlantiques en matière de défense, les intervenants européens ont fait remarquer que la mission de l’Union de devenir plus autonome ne devait en aucun cas être interprétée comme une volonté d’isolement et d’éloignement par rapport aux États-Unis. Les intervenants nord-américains ont adopté, quant à eux, une position plutôt critique face aux déclarations de leur président et ont souligné les efforts réalisés par l’UE mais, en revanche, ils se sont montrés quelque peu préoccupés par le fait que ces efforts ne finissent par l’éloigner de Washington. Tous les intervenants, d’un côté comme de l’autre, ont finalement conclu qu’il fallait mieux définir les rôles complémentaires de l’Union européenne et de l’OTAN.

Le deuxième débat portait sur une revendication concernant la contribution élevée de l’Union européenne au budget de l’OTAN, qui va au-delà des 2% du PIB établis. Outre cet apport direct, il a été signalé que les sanctions dont font l’objet certains pays voisins du continent ont un coût économique plus élevé pour l’Union que pour les États-Unis. Plusieurs intervenants ont déploré que la vision de Donald Trump d’une Europe ennemie plutôt que d’une Europe alliée ne devienne un obstacle à la coopération entre les deux parties car l’intention du président américain semblait être d’éroder et d’affaiblir l’UE.

Au cours du déjeuner, le dialogue s’est penché sur la dénucléarisation de la Corée du Nord et le rôle que devait y jouer l’Union européenne. À priori, l’idée était que Pyongyang accepterait de s’asseoir à la table de négociation au côté de l’UE, étant donné la vision neutre que le pays asiatique nourrit à son égard, et il a été déclaré que l’UE n’envisageait pas de mécanismes d’action autres que la négociation et les moyens pacifiques. De plus, l’Union européenne pourrait aider la Corée du Nord à entamer une hypothétique ouverture économique. Toutefois, certains intervenants se sont montrés plutôt sceptiques quant à la possibilité réelle de dénucléarisation du pays dirigé par Kim Jong-un.

Enfin, la dernière table ronde a abordé la question de la relation compliquée de l’Union européenne et des États-Unis avec la Turquie. Il a été souligné que les principaux motifs d’éloignement entre Trump et Erdogan ont à voir avec la réaction tardive du gouvernement américain à la tentative de coup d’État en 2016 et avec l’arrestation ultérieure du pasteur américain Andrew Brunson, mais aussi avec le soutien apporté en Syrie par les États-Unis aux Unités de protection du peuple kurde (YPG) que la Turquie considère ennemies. L’acquisition d’armement russe par la Turquie ne joue pas non plus en faveur de l’entente entre Washington et Ankara. Malgré tout, les intervenants européens ont avancé qu’on ne pouvait pas perdre la Turquie comme allié stratégique pour diverses raisons géopolitiques.

Au terme de cette rencontre, il semble que ni les uns ni les autres ne voient un quelconque intérêt à l’éloignement entre les deux parties dans la lutte contre les menaces à la sécurité mondiale puisqu’un tel scénario ne ferait qu’affaiblir aussi bien l’Europe que les USA.

https://www.iss.europa.eu/content/weathering-storm-transatlantic-security-insecure-times

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Le livret à points du citoyen, une réalité en Chine

china chinese city forbidden kingdom
Le gouvernement chinois développe un système de « crédit social » permettant de noter les citoyens selon leur comportement et le degré de fiabilité, en les récompensant ou les pénalisant suivant leurs agissements. Il est prévu que ce programme, présenté comme un mécanisme pour garantir la sécurité nationale et la stabilité sociale, soit pleinement opérationnel en 2020.

Toutefois, les premières ébauches commencent déjà à apparaître. Parmi celles-ci, soulignons l’interdiction d’acheter des billets d’avion ou de train aux personnes qui ont perdu des points pour avoir fumé dans des wagons, utilisé des billets périmés ou diffusé des fake news et notamment aux individus associés à des attaques terroristes ou contre la sécurité aéroportuaire.

Entre autres agissements qui pourront entraîner une perte de points, citons la publication de posts politiques online sans autorisation, le fait de contredire la narrative officielle du gouvernement, commettre des infractions au volant ou passer trop de temps sur les jeux vidéo. En revanche, d’autres comportements, dont la participation à des œuvres de charité ou le don de sang, permettent d’augmenter la ponctuation et, de ce fait, améliorer la position de l’intéressé.

Cette position déterminera des aspects fondamentaux tels que la possibilité d’être admis dans certaines écoles (pour les intéressés ou leurs enfants), s’enregistrer dans des hôtels, exercer des fonctions publiques ou louer un appartement. Les individus frappés d’une mauvaise « ponctuation citoyenne » auront plus de difficultés à y accéder, de même qu’ils auront plus de mal à obtenir des visas pour voyager à l’étranger. Par contre, les citoyens qui auront une bonne ponctuation bénéficieront de réductions sur la facture énergétique, d’un accès à internet plus rapide ou de meilleures conditions pour l’obtention d’un prêt bancaire.

La méthode exacte qui sera utilisée pour déterminer ces ponctuations est tenue secrète mais on suppose qu’elle sera basée sur l’intelligence artificielle et le big data, ce qui permettra de créer des profils pour tous les citoyens en s’appuyant sur le type d’achats effectués, les mouvements financiers, les contacts personnels et professionnels, l’usage des réseaux sociaux ou les interactions avec des organismes officiels. Bien que les autorités chinoises avancent que ce système doit permettre de contrôler le degré de civisme et réduire le taux de criminalité, en améliorant ainsi la sécurité publique, un nombre significatif d’organisations, dont Human Rights Watch ou Amnistie Internationale, alertent du danger que cela entraîne pour les droits et les libertés civiles, notamment pour ce qui est du droit à la confidentialité, à la protection des données et à la liberté d’expression. Une situation particulièrement préoccupante si l’on considère que le degré de liberté sur internet en Chine, d’après Freedom House, est le pire de la planète.

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L’Afrique du Sud essaie de lutter contre les hauts niveaux endémiques de violence

Le coût de la violence sur l’économie sud-africaine est l’un des plus élevés au monde. Le pays est en 126ème position sur 163 au classement des pays selon l’indice de paix globale. Cet indice montre que le coût de la violence en Afrique du Sud représente 19% du PIB, le 16ème plus élevé au monde (34 160 rands par habitant et par an).

L’Afrique du Sud se distingue sur cinq grands aspects liés à la violence : le nombre de crimes violents, le nombre de manifestations violentes, le nombre d’assassinats, la facilité d’accès aux armes et le degré élevé de la perception d’insécurité. C’est le 10ème pays aux résultats les plus mauvais concernant la réduction générale de la violence et le 19ème en termes de sécurité en général.


Les données fournies par les services de police d’Afrique du Sud (SAPS) ainsi que les données issues des enquêtes de victimisation (VOCS) démontrent que les niveaux de violence restent élevés avec des variations non significatives. Sur la période budgétaire d’avril 2015 à mars 2016, il a été recensé 18 673 assassinats et 18 127 tentatives. De même, la police a recensé 259 165 cas liés au trafic de drogues.

Le problème de fond est que les longues années de l’apartheid, avec une violence institutionnalisée, ont fait de celle-ci un élément très présent dans la société, utilisé en toute normalité pour résoudre une quelconque situation.

Le Plan de développement national se veut améliorer les conditions de la violence suivant l’objectif fixé pour 2030. Ce plan préconise la construction de communautés sûres en considérant la sécurité comme un droit basique de l’homme. Le plan contemple la sécurité physique et la dimension sociale, notamment l’emploi, l’éducation et la santé, et il prétend mettre fin à la culture de la violence en en faisant un aspect très résiduel et méprisable.

La dimension communautaire est au centre du plan et les gouvernements locaux y assument donc un rôle important puisque ce sont les administrations les plus proches des habitants, qui occupent donc une position centrale dans la coordination et l’intégration des politiques pour créer des communautés sûres.

Des Forums de sécurité de la communauté (CSF) sont créés à l’échelle locale. C’est au sein de cet organe que seront menées à bien la coordination, la surveillance et l’intégration des initiatives de prévention de la communauté. Le but est de garantir l’accès à des services de qualité et créer des communautés de citoyennes et citoyens sûrs. Ces stratégies sont implantées en coordination avec les différentes agences des administrations locales et nationales.

L’amélioration du développement économique en toute équité provoquera, selon le plan, la transformation économique, la création d’emploi et l’amélioration de l’éducation et de la santé en favorisant la cohésion sociale. Et tout cela jouera positivement sur l’insécurité en générant davantage de sécurité.

Le but final est qu’en 2030, les habitants d’Afrique du Sud se sentent sûrs et ne craignent plus d’être victimes d’un crime. Cette sécurité devra être présente à l’école, au travail et dans les espaces de rencontre de la communauté.

Lien utile :

What is the situation in South Africa?

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PROJET EJECT : crimes avec armes à feu, expulsion à Jackson, Mississippi

Grâce à l’implantation du projet EJECT dans la ville nord-américaine de Jackson, Mississippi, les individus interpellés pour détention illégale d’armes ou impliqués dans une quelconque activité criminelle où il y a présence d’armes seront expulsés du territoire et purgeront leur peine ailleurs.

En décembre 2017, le procureur du district sud-est du Mississippi a présenté le projet « EJECT » (expulsion) pour la ville de Jackson. Ce projet a pour but de lutter contre les crimes violents dans la ville et contemple, à titre de mesure vedette, l’expulsion du territoire des individus impliqués dans des infractions liées à l’usage d’armes.

De même, les individus qui seront interpellés pour possession illégale d’armes ou impliqués dans une quelconque activité criminelle où il y a présence d’armes n’auront aucune possibilité de liberté sous caution et seront expulsés du territoire.

Une douzaine d’agents, issus de la police d’État et de la police fédérale, aideront le département de police de Jackson dans cette initiative, qui se présente donc comme un projet de collaboration et de coopération entre différents niveaux du système judiciaire correctionnel des États-Unis.

Les responsables du programme font une déclaration en ces termes : « si vous violez notre loi et terrorisez nos habitants, vous serez expulsé de notre communauté et purgerez votre peine loin de Jackson ».

Le programme a déjà ses détracteurs parmi la population, les criminologues et les représentants politiques de tous bords. Le maire de Jackson lui-même prend ses distances à l’égard du projet dans ses plans municipaux.

La critique soutient qu’il y a, en arrière-fond du projet, une atteinte aux individus sous une apparente vocation de protection de la population, car il ignore leurs droits constitutionnels en supprimant la liberté sous caution ou en expulsant les accusés hors du Mississippi avec les problèmes que cela signifie pour les familles.

Liens :

https://www.justice.gov/usao-sdms/pr/us-attorney-s-office-law-enforcement-partners-and-community-leaders-introduce-project-1

https://thecrimereport.org/2018/04/03/tough-love-for-mississippi-gun-offenders-an-out-of-state-prison-term/

https://www.clarionledger.com/story/news/local/2018/04/16/45-arrested-jackson-anti-gang-operation/520132002/

http://www.wafb.com/story/37968680/project-eject-several-arrests-made-last-week

http://www.jacksonfreepress.com/news/2018/jan/17/opinion-project-eject-war-jackson/

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Une réponse conjointe aux atteintes à la propriété intellectuelle

CopyrightLe 19 septembre 2017 s’est tenue la première conférence d’Europol sur les atteintes à la propriété intellectuelle dans la ville d’Anvers (Belgique).

Un total de 400 juristes, experts en sécurité et représentants de différents secteurs industriels de plus de 42 pays ont assisté à l’ouverture de cette conférence. Les organisateurs ont indiqué que le but de la conférence était de revoir les nouvelles tendances criminelles et de proposer des stratégies d’application de la loi et de bonnes pratiques pour tout ce qui touche aux atteintes à la propriété intellectuelle, au moyen d’études de cas opérationnels et de perspectives industrielles.

Selon une étude réalisée par l’Office de la propriété intellectuelle de l’Union européenne (EUIPO), le viol du droit de propriété intellectuelle est un phénomène très répandu et qui ne fait qu’augmenter. Le commerce international de produits de contrefaçon représente 2,5% du commerce mondial, soit 388 milliards d’euros.1 À titre d’exemple, cela équivaut au PIB de la République d’Autriche. L’impact du piratage est considérable dans l’Union européenne ou il représente 5% des importations des États membres, soit 85 milliards d’euros.2

En raison du bénéfice potentiel et du risque relativement faible d’éventuelles conséquences judiciaires, les processus de piratage vont continuer à se développer et seront de plus en plus sophistiqués. C’est la raison pour laquelle la conférence a réuni des membres de différents secteurs, environnements et pays afin de générer de nouvelles connaissances et développer des mesures tangibles pour lutter contre le piratage à l’échelle mondiale.

Indépendamment des futures lignes d’action d’Europol dans ce domaine, il est important d’expliquer les conséquences de ce type de criminalité et de souligner les mesures et actions qui ont été mises en place jusqu’ici par l’Agence européenne pour la combattre.

La principale conséquence de ces atteintes à la propriété intellectuelle réside en une baisse du chiffre d’affaires des entreprises affectées. Les effets socioéconomiques négatifs associés aux entreprises qui subissent ce type de criminalité se traduisent par la perte d’emploi et donc de moyens de subsistance de milliers de personnes. On constate par ailleurs d’autres dommages collatéraux comme, par exemple, le fait que les produits de contrefaçon sont fabriqués au mépris des normes de sécurité de l’UE, ce qui entraîne un risque pour les consommateurs. Les revenus des États membres se voient également affectés par la contrefaçon et le piratage, ce qui peut se répercuter sur l’innovation et l’investissement, freiner la croissance économique et réduire la création de richesses.3

En 2016, afin de renforcer la lutte contre la contrefaçon et le piratage en ligne, Europol et l’Office de la propriété intellectuelle de l’Union européenne (EUIPO) se sont alliés pour créer la coalition coordonnée contre les atteintes à la propriété intellectuelle (IPC3), qui opère au sein d’Europol.

À titre d’exemple pour ce qui est des coûts sociaux liés aux atteintes à la propriété intellectuelle, la contrefaçon de vêtements dans l’UE se chiffre à 43,3 milliards d’euros de pertes pour les entreprises du secteur, ce qui se traduit par une perte de 8,1 milliards sur les revenus des États et par la disparition de 518 281 postes de travail.4

1 Europol (2017). EXPERTS GATHER TO COLLECTIVELY RESPOND TO INTELLECTUAL PROPERTY CRIME. [online] Available at: https://www.europol.europa.eu/newsroom/news/experts-gather-to-collectively-respond-to-intellectual-property-crime [Accessed 20 Sep. 2017].

2 OECD/EUIPO (2016). Trade in Counterfeit and Pirated Goods: Mapping the Economic Impact. [online] Paris: OECD Publishing, p.5. Available at: https://euipo.europa.eu/tunnel-web/secure/webdav/guest/document_library/observatory/documents/Mapping_the_ Economic_Impact_study/Mapping_the_Economic_Impact_en.pdf [Accessed 20 Sep. 2017].

3 Europol. (2017). Intellectual property crime. [online] Available at: https://www.europol.europa.eu/crime-areas-and-trends/crime-areas/intellectual-property-crime [Accessed 6 Oct. 2017].

4 Europol. (2017). Intellectual property crime. [online] Available at: https://www.europol.europa.eu/crime-areas-and-trends/crime-areas/intellectual-property-crime [Accessed 6 Oct. 2017].

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Des rencontres de la sécurité en France

Depuis 2013 se tiennent sur tout le territoire français[1] des rencontres permettant le dialogue entre les citoyens et les services qui viellent à leur sécurité. La police, la gendarmerie, les pompiers, la préfecture, les associations de protection civile et de sécurité routière ainsi que tous les acteurs impliqués dans la sécurité présentent leur profession, le matériel qu’ils utilisent, les techniques de travail et les aptitudes requises des candidats aux concours d’entrée.

Ces journées mobilisent près de 300 000 personnes et sont une excellente initiative pour l’échange d’information mais aussi pour sensibiliser le public à l’égard de la sécurité et notamment celle de leur proche environnement. Elles offrent l’opportunité de mieux comprendre la mission des services de sécurité et de découvrir ces professions. Parallèlement, cela permet d’aider le public à mieux prévenir les dangers de la vie quotidienne (délinquance, accidents de la route ou domestiques, etc.) et à améliorer leur réaction face à des situations exceptionnelles.

Cette année, le public aura assisté à différentes démonstrations telles qu’exercices coordonnées entre plusieurs services, désincarcération de personnes prisonnières dans des véhicules accidentés, interventions de sauvetage…

À titre d’exemple, le programme de cette année[2] dans la commune d’Aube[3] a compté, entre autres, avec la participation de plusieurs acteurs tels que la Direction départementale de la sécurité publique, la préfecture, la gendarmerie, la Croix-Rouge, la Croix-Blanche ou encore l’Association départementale de la protection civile, en proposant des activités de prévention en sécurité routière parmi les élèves et le troisième âge, des démonstrations de premiers secours ou encore la présentation de matériel et de véhicules. Les activités se sont déroulées dans différents endroits : écoles, espace public, salles de conférence, gendarmerie ou caserne de pompiers.

Les rencontres de sécurité s’avèrent être une pratique très intéressante car elles favorisent, d’une part, la création d’une « communauté de sécurité » où interagissent différents acteurs et, d’autre part, la connaissance et la collaboration mutuelle. Les bienfaits de ces bonnes pratiques sont indéniables.

Liens utiles :

https://www.interieur.gouv.fr/Actualites/L-actu-du-Ministere/Rencontres-de-la-securite-2017

http://aube.gouv.fr/Actualites/Rencontres-de-la-securite-2017#

[1]La France métropolitaine et les territoires d’outremer.

[2] À consulter sur http://aube.gouv.fr/content/download/14744/101259/file/Programme-Rencontres%20de%20la%20sécurité%20%202017.pdf

[3] Commune située au nord-est de la France, dans le département de la Moselle et la région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine.

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Le projet Margin analyse les perceptions de l’insécurité dans cinq pays et régions européennes

Le projet Margin[1], financé par la Commission européenne dans le cadre du programme de recherche Horizon 2020, a permis de développer la collaboration entre administrations et universités publiques du Royaume-Uni, de Catalogne, de France, de Hongrie et d’Italie.

Le but du projet, mené à bien entre mai 2015 et avril 2017, est d’analyser les perceptions de l’insécurité en Europe en fonction des individus, des groupes auxquels ils appartiennent et des quartiers où ils résident. Par ailleurs, il doit permettre de fournir aux acteurs publics et aux citoyens des outils d’analyse et de politiques publiques fiables pour contribuer à l’étude et à la réduction des perceptions de l’insécurité.

La systématisation de l’information collectée au cours des enquêtes réalisés sur ces territoires permet d’avoir une approche sur des aspects tels que les perceptions et les comportements liés à l’insécurité mais aussi en ce qui concerne l’information relative aux préoccupations sur la sécurité.

Perceptions et comportements liés à l’insécurité

Les enquêtes de victimisation mesurent de nombreuses perceptions liées à l’insécurité. Dans une moindre mesure, certaines analysent les comportements qui en résultent tels que conduites de protection ou d’évitement. Ces aspects sont conceptualisés de façon semblable dans les enquêtes mais la manière de formuler les questions peut varier significativement selon le pays.

Les enquêtes incluent des questions sur les perceptions de la sécurité ou de l’insécurité mais avec certaines différences : les enquêtes catalane et française inscrivent la question dans le domicile, le quartier, le village ou la ville ; les enquêtes en Angleterre et au Pays de Galles, en Hongrie et en Italie interrogent sur des aspects spécifiques tels que « rentrer seul chez soi le soir ». Toutes mesurent l’intensité du sentiment sauf l’enquête française qui en quantifie la fréquence.

Contrairement aux autres, l’enquête pilote du projet appliquée expérimentalement en Italie mesure la peur de l’illicite : la réaction émotionnelle à un moment précis, son intensité et sa fréquence à court et à long terme. Avec l’enquête anglaise, elles mesurent l’impact de la peur sur la vie quotidienne. Toutes les enquêtes abordent l’impact psychologique de la victimisation : l’enquête catalane à partir d’une question ouverte ; en Angleterre et au Pays de Galles, à partir d’une liste détaillée de questions.

La plupart des enquêtes abordent les comportements d’autoprotection adoptés après une victimisation. Normalement, il s’agit de conduites d’évitement : renoncer à sortir de chez soi ou éviter certains environnements ou certaines personnes.

Préoccupations liées à la sécurité

Les perceptions de la sécurité s’expliquent non seulement par les expériences de victimisation mais aussi à partir d’autres paramètres tels que l’environnement socio-économique ou moyennant certaines impressions et opinions. Les enquêtes de victimisation tentent de mesurer ces préoccupations sur la sécurité en évaluant la délinquance, les services de police et de justice, la collecte des perceptions de la sécurité des individus interrogés dans le quartier de résidence et les préoccupations à caractère social.

Dans le cadre du projet Margin, il a été élaboré un outil important consistant en un guide de bonnes pratiques dont le but est d’offrir des critères sur l’utilisation conjointe de plusieurs instruments et indicateurs en vue d’établir une diagnose de la sécurité. Notamment une série de méthodologies et stratégies contemplées au chapitre cinq. Ce guide préconise, d’une part, l’utilisation conjointe de données quantitatives et qualitatives, issues des services de police et des enquêtes ou prélevées dans d’autres domaines (social, économique) ; il propose aussi une nouvelle enquête, au concept participatif, visant à étudier les déterminants sociaux de l’insécurité perçue. D’autre part, il contemple des critères permettant d’échafauder, à partir du diagnostic, des politiques et des stratégies de sécurité ; finalement, il offre aussi des outils de mesure et des stratégies d’une certaine importance pour la sécurité.[2]

Liens utiles :

http://mossos.gencat.cat/ca/detalls/Article/MARGIN

http://www.ub.edu/web/ub/ca/menu_eines/noticies/2016/11/038.html

https://inhesj.fr/sites/default/files/ondrp_files/publications/pdf/ga_45.pdf

http://marginproject.eu/wp-content/uploads/2017/04/Agenda-of-best-practices.pdf

[1]http://marginproject.eu/

[2]http://marginproject.eu/wp-content/uploads/2017/04/Agenda-of-best-practices.pdf

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