Équateur : le plan Más Seguridad, à la recherche d’une stratégie commune

Le plan Más Seguridad, qui avait été interrompu il y a 11 ans, reprend son cours. Le 15 août dernier, un accord interinstitutionnel a été signé entre les principales institutions concernées.

La réunion organisée par Cynthia Viteri, maire de Guayaquil, a rassemblé les plus hauts représentants de la Police nationale, du Service intégré ECU911, de la Corporation nationale des télécommunications (CNT EP), de la Corporation pour la sécurité des citoyens de Guayaquil (CSCG), de la Police métropolitaine, de la brigade des pompiers de Guayaquil, de l’Autorité municipale de la circulation (ATM), des forces armées et de la Direction municipale de la justice et de la surveillance.

La reprise de ce programme de sécurité est orchestrée par le ministère de l’Intérieur, le procureur général de l’État et le secteur privé. L’objectif de cette conjoncture interinstitutionnelle est de permettre aux organismes d’intervention en matière de sécurité des citoyens, d’ordre public et d’autres actions de servir l’intérêt commun, de promouvoir une culture de prévention et de participation citoyenne et de mener à bien un contrôle et un suivi des politiques, avec des évaluations et des rapports périodiques.

La ville de Guayaquil a offert ses ressources, son matériel et ses équipes dans le but d’améliorer la sécurité. 8 millions de dollars américains seront investis dans l’acquisition de 120 caméras de surveillance. L’une des stratégies consiste à unir les 1 100 caméras de la CSCG et les 500 caméras du Service intégré ECU911 du gouvernement.

Le gouvernement a également prévu d’investir dans 600 boutons de panique dans le cadre du plan Amiga ya no estás sola, ainsi que dans 600 caméras d’intervention (bodycam), dont 500 seront remises aux agents métropolitains et 100 à la police du tourisme. Un nouveau centre d’appel et des caméras utilisant une technologie de reconnaissance faciale feront également partie des améliorations.

Le ministère de l’Intérieur a déclaré qu’il s’agissait d’un plan d’action pour lutter contre la violence, le trafic de drogue, l’exploitation minière illégale, la pornographie infantile, les féminicides, la détention d’armes, etc. L’année dernière en Équateur, le nombre de décès dans le domaine de la vie en société a été supérieur à celui de la criminalité.

Le plan prévoit un impact majeur dans les zones qui affichent le plus grand nombre d’agressions, comme c’est le cas des quartiers Modelo et 9 de octubre, qui sont également ceux où l’activité commerciale de Guayaquil est au plus haut.

Selon les statistiques du ministère de l’Intérieur, ce quartier d’affaires du centre-ville est celui où les vols sont les plus fréquents. De janvier à mai 2019, 284 cas ont été signalés, soit une augmentation de 10,08 % par rapport à la même période en 2018.

Le plan Más Seguridad comprend l’intégration de groupes de travail où entrepreneurs, journalistes, universitaires, représentants politiques et autres débattront et proposeront des solutions pour améliorer la sécurité.

Les groupes de travail rédigeront leurs initiatives sur la manière d’améliorer les services de sécurité et de justice pour un traitement approprié des informations sur les délits, un service complet aux victimes et une coexistence pacifique.

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Les États-Unis et le Salvador signent un accord en matière de sécurité et d’immigration

El Salvador - USALes États-Unis et le Salvador ont signé une charte de coopération en matière de sécurité et d’immigration, dans laquelle le Salvador s’engage à améliorer ses contrôles aux frontières et à transmettre des informations sur le crime organisé aux autorités nord-américaines.

Le secrétaire à la Sécurité intérieure des États-Unis, Kevin McAleenan, et la ministre des Affaires étrangères du Salvador, Alexandra Hill, ont conclu cet accord à l’issue d’une réunion lors de laquelle ont été abordés des sujets tels que les gangs de jeunes, les flux migratoires et le développement économique.

L’amélioration des contrôles aux frontières salvadoriennes vise non seulement à diminuer les flux migratoires clandestins, mais aussi à lutter contre les gangs de jeunes et le trafic illégal de mineurs.

L’accord signé souligne également le fait que les États-Unis s’engagent à collaborer avec le Salvador dans la lutte contre les gangs de jeunes et le crime dans son ensemble : trafic d’êtres humains, traite des personnes, vente d’organes, enlèvements, vente d’esclaves, etc.

Le Salvador s’engage à partager avec les États-Unis des informations biométriques sur les mouvements suspects se produisant au niveau de ses frontières terrestres et aériennes en temps réel. Il peut par exemple s’agir de personnes essayant d’entrer dans le pays avec de faux papiers, ou encore de personnes recherchées par la justice d’autres pays, souvent en raison de crimes liés au trafic de drogue.

Les États-Unis ont quant à eux reconnu les efforts et l’efficacité des autorités salvadoriennes dans la lutte contre les flux migratoires clandestins. La partie nord-américaine a expliqué qu’elle apportera son soutien au Salvador à différents niveaux, notamment en aidant la police à améliorer sa capacité d’adaptation et en facilitant l’accès à un visa de travail aux Salvadoriens.

Les représentants nord-américains ont toutefois souligné que la signature de cet accord n’implique pas que le Salvador soit devenu un pays tiers sûr, comme le Mexique et le Guatemala.

Pour conclure, M. McAleenan a déclaré que des réunions avec des représentants du secteur privé seraient organisées, et qu’il serait intéressant de parler des tarifs douaniers dans le but d’attirer davantage d’investissements étrangers.

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Alerte maximum dans les prisons du Salvador

Le président du Salvador, Nayib Bukele, a ordonné début juillet d’instaurer l’état d’extrême urgence, pour une durée indéterminée, dans les prisons du pays comme moyen de pression pour que les bandes ou pandillas cessent de commettre des assassinats.

Soulignons que certains membres présumés de la Mara Salvatrucha (MS13) ont assassiné un autre policier. Parallèlement, fin juin, des membres de la MS13 ont pris d’assaut un autobus transportant une quarantaine de personnes qu’ils ont dépouillées et ont violé deux femmes.


La mort de ce dernier policier porte à 23 le nombre d’agents de la Police nationale civile assassinés en 2019, auxquels viennent s’ajouter les assassinats de 12 militaires et deux fonctionnaires de prison, tous aux mains des pandillas.

Ainsi donc, une des mesures que prévoit l’état d’urgence est de maintenir les internes dans leur cellule 24 heures sur 24. De plus, il a été opéré un transfert de plus de mille membres de bandes dans des prisons plus sûres, provenant d’un complexe pénitentiaire exclusif pour membres de la bande Barrio 18, ce qui met fin à la décision de placer dans des prisons différentes les membres des bandes rivales Barrio 18 et MS13, qui était justement motivée par cette rivalité. On casse ainsi le modèle de prison réservée à une seule bande qui, à la longue, finit par imposer ses propres règles.

Parallèlement, le gouvernement a obligé les entreprises téléphoniques qui opèrent dans le pays à couper le signal téléphonique dans toutes les prisons pour faire cesser les communications avec les membres de gangs qui se trouvent à l’extérieur et reçoivent des ordres.

Grâce à ces transferts de prisonniers, on espère neutraliser les ordres des caïds sur leurs territoires et déjouer ainsi d’éventuels attentats.

Une autre mesure que demande le président est l’approbation d’un budget de 30 millions de dollars pour financer les plans de sécurité visant à lutter contre les bandes. L’approbation de ce budget viendrait, le cas échéant, à la suite de la première étape d’un plan de récupération des territoires contrôlés par les bandes dans 16 communes, y compris la capitale, dont le but était d’éroder les finances de ces groupes criminels.

Par ailleurs, il a été annoncé l’envoi des forces spéciales de la police et des forces armées pour poursuivre les membres de gang.

Le Salvador est un des pays les plus violents au monde au regard des taux d’homicides pour 100 000 habitants, avec des chiffres qui ont atteint ces dernières années des pics de 103 morts attribués essentiellement aux agissements des pandillas.

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Le Chili présente le plan Calle Segura qui intensifie les contrôles préventifs d’identité

Le président du Chili, Sebastian Piñera, a présenté au Congrès national le plan Calle Segura (sécurité dans la rue) destiné à prévenir les crimes dans les espaces publics des villes, qui intensifie le contrôle préventif d’identité et autorise son application dès l’âge de quatorze ans.

La mise en œuvre de ce plan est justifiée, entre autre, par le fait que la première préoccupation des Chiliens est la criminalité et le trafic de drogue et qu’il faut les combattre.

Dans le cadre du plan #CalleSegura, il a été développé un vaste programme de sécurité publique, comprenant la modernisation des carabiniers et du PDI, le déploiement supplémentaire dans les rues de plus de 3 000 carabiniers, un important investissement en technologie (caméras, drones…) et la loi dite Ley Antiportonazos.

Cette loi doit permettre aux carabiniers d’effectuer plus facilement des contrôles dans les rues, y compris, si nécessaire, la fouille des vêtements, sacs à dos et autres accessoires, ce qui permettrait, selon cette loi, de pallier la criminalité de manière plus efficace. Cela concernera aussi les jeunes de plus de quatorze ans puisque, d’après les statistiques de la police chilienne, 20 à 30% des crimes violents – vols avec violence, guet-apens, etc. – sont commis par les jeunes.

Malgré le faible taux de plaintes pour conduites inappropriées des carabiniers dans ces procédures, la loi prévoit aussi des mesures pour éviter les abus et les discriminations. Il faut dire que cette loi a suscité de nombreux commentaires mettant en question la légitimité et l’utilité d’une telle mesure.

Un des aspects les plus controversés de la nouvelle loi est le fait que, sous le couvert d’un grand plan qui prévoit la dissuasion des conduites criminelles, on espère que la technologie – caméras, drones, portails lecteurs de plaques d’immatriculation… – aidera à contrôler les crimes perpétrés dans les rues.

À ce propos, l’expérience comparée et la criminologie urbaine expliquent les limites que présente ce type d’initiatives, non seulement en matière de perception de l’insécurité mais aussi en ce qui concerne la réduction des crimes dans l’espace urbain. Par conséquent, miser sur une politique gouvernementale ne reposant que sur l’investissement technologique peut s’avérer insuffisant.

Certaines voix ont alerté les défenseurs du plan Calle Segura que le contrôle du crime n’implique pas que la surveillance des rues et le contrôle technologique de l’environnement mais aussi une planification adéquate et équilibrée des espaces publics et des villes.

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Vers un futur sans crimes ?

De l’avis de beaucoup, le désistement du crime est un processus plus qu’un fait accompli. Le projet que soutient la RAND Corporation a donné lieu à un questionnaire facile à utiliser par les organismes qui travaillent sur les criminels afin de constater des résultats intermédiaires : des indicateurs de changements positifs pouvant indiquer la progression vers un avenir hors de la criminalité.

Les investigations montrent que, notamment pour les criminels à problèmes sociaux et personnels profondément enracinés, le désistement du crime n’est pas un événement ponctuel. Il s’agit souvent d’un processus à long terme de changement fondamental de l’identité même du criminel, de ses valeurs et de son style de vie, impliquant des périodes d’abstention qui offrent une transgression interrompue par les rechutes.

L’efficacité des services aux criminels est normalement évaluée sur la base du taux de récidive. Toutefois, ces résultats se mesurent mieux sur de longues périodes de temps et requièrent un accès à des données fiables sur les convictions ou autres mesures d’infraction. Cela n’est pas faisable sur de nombreuses interventions, à court terme, pour les criminels livrés par des organisations sans avoir suffisamment de temps et de ressources pour mener à bien une analyse de récidive. De plus, certaines interventions, tels que programmes artistiques en prison ou tutorats, ont pour but de soutenir le processus de désistement et non pas de le mener directement vers la fin de la criminalité.

Cette étude avait pour but d’identifier et développer un outil de mesure pour des résultats intermédiaires. Il s’agirait de changements dans les aptitudes et la pensée, associés directement ou indirectement aux réductions de la récidive, ce qui pourrait indiquer qu’un criminel opère des changements positifs vers un avenir hors de la criminalité sans en être encore sorti. Par exemple, les résultats intermédiaires peuvent inclure de meilleures aptitudes à la résolution de problèmes, une meilleure gestion du temps et un accroissement de la résilience.

Le projet visait à développer un outil de mesure pour les organismes offrant des programmes de tutorat et d’art pour les criminels. Notamment les organisations volontaires et du secteur communautaire.

painting creative artLe projet s’appuyait sur une collaboration et une coopération importantes avec une série d’organisations prestataires offrant des programmes et activités d’art pour criminels. Moyennant un processus itératif de recherches bibliographiques, consultations, tests de validité et analyse, l’équipe de recherche a produit un questionnaire théoriquement renseigné de 29 articles, appelé Instrument de mesure de résultats intermédiaires (IOMI). Aux côté de l’IOMI, les chercheurs ont aussi développé un outil de coût, un document d’orientation et un outil de saisie de données.

L’instrument de mesure IOMI et tout le matériel qui compose le kit d’outils offrent un pack facile à utiliser, que les fournisseurs d’activités d’art et tuteurs peuvent mettre à profit (probablement, aux côtés de beaucoup d’autres types d’intervention) pour évaluer l’impact de leur propre travail de manière relativement rapide et directe.

L’IOMI n’est pas un instrument totalement validé, mais les tests préliminaires ont montré de forts indices quant à la validité de l’instrument, sa consistance interne, sa stabilité et son potentiel à refléter le changement grâce à la plupart des résultats intermédiaires qu’il mesure.

L’IOMI est théoriquement renseigné et soutenu par des révisions minutieuses d’indices et par une intense consultation auprès des fournisseurs de programmes de tutorat et d’art.

https://www.rand.org/randeurope/research/projects/reduce-reoffending.html

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Freiner le trafic illégal de mercure et d’or en Afrique de l’Ouest

En août 2017, la Convention de Minamata sur l’utilisation du mercure est entrée en vigueur. Le mercure est un élément qui cause de sérieuses préoccupations à l’échelle mondiale et, notamment, dans une quinzaine d’États d’Afrique de l’Ouest. Par cette convention, les États ont décidé de réduire, voire d’éliminer si possible, l’utilisation du mercure et de ses dérivés, ainsi que leurs émissions provoquées, surtout, par l’activité minière. Le processus d’extraction de l’or dans ces pays à recours à des techniques très simples et peu onéreuses. Le mercure est souvent utilisé pour séparer le métal précieux du minerai et, en général, les individus qui manipulent cet élément s’exposent à de graves problèmes de santé tels qu’intoxications et brûlures. L’Afrique de l’Ouest est l’une des régions les plus riches en dépôts aurifères et le mercure joue un rôle essentiel dans l’orpaillage car 2 à 3 millions de mineurs artisanaux l’utilisent pour extraire de l’or dont la vente représente de gros revenus pour les économies de ces pays. La plupart des États de l’Afrique de l’Ouest ont signé et ratifié la convention.

Curbing Illicit Mercury and Gold Flows in West AfricaUne étude publiée par la Global Iniciative against transnational organized crime souligne que l’utilisation du mercure et ses émissions ont des conséquences négatives pour les pays africains concernés. Presque tout le mercure est exporté de l’Afrique de l’Ouest. Bien qu’une grande partie du produit soit importée de manière légale, le commerce de mercure illicite, non enregistré et clandestin est important et croissant. Pour prendre un exemple, certains ressortissants du Burkina Faso sont tenus pour responsables de la plus grosse partie du commerce illégal de mercure de la région, et des pays comme la Côte-D’ivoire, le Ghana ou le Sénégal en sont les principaux consommateurs. Les chiffres sur les importations de mercure sont au-dessous des estimations sur sa consommation réelle. Autrement dit, une bonne partie des flux de mercure sont illicites. Par ailleurs, l’approvisionnement en mercure permet de garantir les flux d’or. De ce fait, les chaînes d’approvisionnement à la fois en or et en mercure créent un cercle vicieux, très difficile à rompre.

Les pays de l’ECOWAS (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) soulignent la nécessité d’inclure différentes institutions ainsi que des acteurs gouvernementaux pour débattre des mesures visant à coordonner les flux de mercure et combattre les flux illégaux. Le Togo, par exemple, signale la nécessité d’améliorer la coopération entre pays. L’étude de la Global Iniciative propose les recommandations suivantes :

  • Améliorer la connaissance sur les flux de mercure.
  • Standardiser des cadres régulateurs spécifiques du mercure.
  • Encourager les mineurs qui extraient de l’or sans utiliser de mercure.
  • Centrer les efforts régionaux sur les hubs des lignes d’approvisionnement.
  • Harmoniser les régimes d’exportation d’or.
  • Renforcer la supervision régulatrice des importations d’or sur les hubs de destination finale.

Liens utiles :

http://globalinitiative.net/gold_mercury_ecowas/

https://www.verite.org/wp-content/uploads/2018/01/SSA-Verite-Commodity-Report-Gold.pdf

https://ige.org/archivos/IGE/mercurio_en_la_Mineria_de_Au.pdf

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Réconcilier les États-Unis et l’Union européenne en matière de défense : l’objectif de l’IESUE à Bruxelles

La volonté croissante des plus hauts représentants de l’Union européenne et ses États membres de renforcer l’autosuffisance de l’Europe en matière de défense, voire de créer une armée européenne, a suscité des préoccupations aux États-Unis, jusqu’ici le principal partenaire des pays européens en matière militaire et de défense. L’initiative, soutenue surtout par la chancelière allemande, Angela Merkel, et le président français, Emmanuel Macron, a été perçue par le gouvernement de Donald Trump comme une menace pour l’OTAN. Une réaction plutôt contradictoire si l’on considère que l’actuel président des États-Unis a reproché, à plusieurs reprises, aux pays de l’Union européenne leur contribution insuffisante au budget de défense commune et la dépendance excessive de ces derniers à l’égard de l’OTAN.

Face à la réaction américaine, l’Europe a démenti que l’éventuelle armée de l’Union soit une alternative à l’OTAN et a ajouté que les deux forces seraient complémentaires. Afin de partager des opinions et des initiatives sur la réactivation de la défense commune de l’Union européenne et lever les malentendus avec son partenaire transatlantique, ainsi que traiter d’autres sujets affectant la sécurité mondiale, l’Institut d’études de sécurité de l’UE, l’Institut néerlandais des relations internationales (Institut Cligendael) et le Centre pour la nouvelle sécurité américaine ont organisé une table ronde à Bruxelles le 3 octobre dernier. L’objectif était de débattre et établir des stratégies communes face à certains événements récents qui ont un impact sur la sécurité mondiale et notamment sur les relations transatlantiques, tels que le rôle de l’Union européenne dans les négociations sur la dénucléarisation entre la Corée du Nord et les États-Unis et la position de la Turquie dans l’OTAN.

Les intervenants des États-Unis et des pays européens ont tous été d’accord sur le fait qu’il fallait continuer à travailler dans la même direction pour affronter les menaces à l’ordre international fixé et établi.

Lors de la première table ronde, consacrée au débat sur le futur des relations transatlantiques en matière de défense, les intervenants européens ont fait remarquer que la mission de l’Union de devenir plus autonome ne devait en aucun cas être interprétée comme une volonté d’isolement et d’éloignement par rapport aux États-Unis. Les intervenants nord-américains ont adopté, quant à eux, une position plutôt critique face aux déclarations de leur président et ont souligné les efforts réalisés par l’UE mais, en revanche, ils se sont montrés quelque peu préoccupés par le fait que ces efforts ne finissent par l’éloigner de Washington. Tous les intervenants, d’un côté comme de l’autre, ont finalement conclu qu’il fallait mieux définir les rôles complémentaires de l’Union européenne et de l’OTAN.

Le deuxième débat portait sur une revendication concernant la contribution élevée de l’Union européenne au budget de l’OTAN, qui va au-delà des 2% du PIB établis. Outre cet apport direct, il a été signalé que les sanctions dont font l’objet certains pays voisins du continent ont un coût économique plus élevé pour l’Union que pour les États-Unis. Plusieurs intervenants ont déploré que la vision de Donald Trump d’une Europe ennemie plutôt que d’une Europe alliée ne devienne un obstacle à la coopération entre les deux parties car l’intention du président américain semblait être d’éroder et d’affaiblir l’UE.

Au cours du déjeuner, le dialogue s’est penché sur la dénucléarisation de la Corée du Nord et le rôle que devait y jouer l’Union européenne. À priori, l’idée était que Pyongyang accepterait de s’asseoir à la table de négociation au côté de l’UE, étant donné la vision neutre que le pays asiatique nourrit à son égard, et il a été déclaré que l’UE n’envisageait pas de mécanismes d’action autres que la négociation et les moyens pacifiques. De plus, l’Union européenne pourrait aider la Corée du Nord à entamer une hypothétique ouverture économique. Toutefois, certains intervenants se sont montrés plutôt sceptiques quant à la possibilité réelle de dénucléarisation du pays dirigé par Kim Jong-un.

Enfin, la dernière table ronde a abordé la question de la relation compliquée de l’Union européenne et des États-Unis avec la Turquie. Il a été souligné que les principaux motifs d’éloignement entre Trump et Erdogan ont à voir avec la réaction tardive du gouvernement américain à la tentative de coup d’État en 2016 et avec l’arrestation ultérieure du pasteur américain Andrew Brunson, mais aussi avec le soutien apporté en Syrie par les États-Unis aux Unités de protection du peuple kurde (YPG) que la Turquie considère ennemies. L’acquisition d’armement russe par la Turquie ne joue pas non plus en faveur de l’entente entre Washington et Ankara. Malgré tout, les intervenants européens ont avancé qu’on ne pouvait pas perdre la Turquie comme allié stratégique pour diverses raisons géopolitiques.

Au terme de cette rencontre, il semble que ni les uns ni les autres ne voient un quelconque intérêt à l’éloignement entre les deux parties dans la lutte contre les menaces à la sécurité mondiale puisqu’un tel scénario ne ferait qu’affaiblir aussi bien l’Europe que les USA.

https://www.iss.europa.eu/content/weathering-storm-transatlantic-security-insecure-times

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Le livret à points du citoyen, une réalité en Chine

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Le gouvernement chinois développe un système de « crédit social » permettant de noter les citoyens selon leur comportement et le degré de fiabilité, en les récompensant ou les pénalisant suivant leurs agissements. Il est prévu que ce programme, présenté comme un mécanisme pour garantir la sécurité nationale et la stabilité sociale, soit pleinement opérationnel en 2020.

Toutefois, les premières ébauches commencent déjà à apparaître. Parmi celles-ci, soulignons l’interdiction d’acheter des billets d’avion ou de train aux personnes qui ont perdu des points pour avoir fumé dans des wagons, utilisé des billets périmés ou diffusé des fake news et notamment aux individus associés à des attaques terroristes ou contre la sécurité aéroportuaire.

Entre autres agissements qui pourront entraîner une perte de points, citons la publication de posts politiques online sans autorisation, le fait de contredire la narrative officielle du gouvernement, commettre des infractions au volant ou passer trop de temps sur les jeux vidéo. En revanche, d’autres comportements, dont la participation à des œuvres de charité ou le don de sang, permettent d’augmenter la ponctuation et, de ce fait, améliorer la position de l’intéressé.

Cette position déterminera des aspects fondamentaux tels que la possibilité d’être admis dans certaines écoles (pour les intéressés ou leurs enfants), s’enregistrer dans des hôtels, exercer des fonctions publiques ou louer un appartement. Les individus frappés d’une mauvaise « ponctuation citoyenne » auront plus de difficultés à y accéder, de même qu’ils auront plus de mal à obtenir des visas pour voyager à l’étranger. Par contre, les citoyens qui auront une bonne ponctuation bénéficieront de réductions sur la facture énergétique, d’un accès à internet plus rapide ou de meilleures conditions pour l’obtention d’un prêt bancaire.

La méthode exacte qui sera utilisée pour déterminer ces ponctuations est tenue secrète mais on suppose qu’elle sera basée sur l’intelligence artificielle et le big data, ce qui permettra de créer des profils pour tous les citoyens en s’appuyant sur le type d’achats effectués, les mouvements financiers, les contacts personnels et professionnels, l’usage des réseaux sociaux ou les interactions avec des organismes officiels. Bien que les autorités chinoises avancent que ce système doit permettre de contrôler le degré de civisme et réduire le taux de criminalité, en améliorant ainsi la sécurité publique, un nombre significatif d’organisations, dont Human Rights Watch ou Amnistie Internationale, alertent du danger que cela entraîne pour les droits et les libertés civiles, notamment pour ce qui est du droit à la confidentialité, à la protection des données et à la liberté d’expression. Une situation particulièrement préoccupante si l’on considère que le degré de liberté sur internet en Chine, d’après Freedom House, est le pire de la planète.

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L’Afrique du Sud essaie de lutter contre les hauts niveaux endémiques de violence

Le coût de la violence sur l’économie sud-africaine est l’un des plus élevés au monde. Le pays est en 126ème position sur 163 au classement des pays selon l’indice de paix globale. Cet indice montre que le coût de la violence en Afrique du Sud représente 19% du PIB, le 16ème plus élevé au monde (34 160 rands par habitant et par an).

L’Afrique du Sud se distingue sur cinq grands aspects liés à la violence : le nombre de crimes violents, le nombre de manifestations violentes, le nombre d’assassinats, la facilité d’accès aux armes et le degré élevé de la perception d’insécurité. C’est le 10ème pays aux résultats les plus mauvais concernant la réduction générale de la violence et le 19ème en termes de sécurité en général.


Les données fournies par les services de police d’Afrique du Sud (SAPS) ainsi que les données issues des enquêtes de victimisation (VOCS) démontrent que les niveaux de violence restent élevés avec des variations non significatives. Sur la période budgétaire d’avril 2015 à mars 2016, il a été recensé 18 673 assassinats et 18 127 tentatives. De même, la police a recensé 259 165 cas liés au trafic de drogues.

Le problème de fond est que les longues années de l’apartheid, avec une violence institutionnalisée, ont fait de celle-ci un élément très présent dans la société, utilisé en toute normalité pour résoudre une quelconque situation.

Le Plan de développement national se veut améliorer les conditions de la violence suivant l’objectif fixé pour 2030. Ce plan préconise la construction de communautés sûres en considérant la sécurité comme un droit basique de l’homme. Le plan contemple la sécurité physique et la dimension sociale, notamment l’emploi, l’éducation et la santé, et il prétend mettre fin à la culture de la violence en en faisant un aspect très résiduel et méprisable.

La dimension communautaire est au centre du plan et les gouvernements locaux y assument donc un rôle important puisque ce sont les administrations les plus proches des habitants, qui occupent donc une position centrale dans la coordination et l’intégration des politiques pour créer des communautés sûres.

Des Forums de sécurité de la communauté (CSF) sont créés à l’échelle locale. C’est au sein de cet organe que seront menées à bien la coordination, la surveillance et l’intégration des initiatives de prévention de la communauté. Le but est de garantir l’accès à des services de qualité et créer des communautés de citoyennes et citoyens sûrs. Ces stratégies sont implantées en coordination avec les différentes agences des administrations locales et nationales.

L’amélioration du développement économique en toute équité provoquera, selon le plan, la transformation économique, la création d’emploi et l’amélioration de l’éducation et de la santé en favorisant la cohésion sociale. Et tout cela jouera positivement sur l’insécurité en générant davantage de sécurité.

Le but final est qu’en 2030, les habitants d’Afrique du Sud se sentent sûrs et ne craignent plus d’être victimes d’un crime. Cette sécurité devra être présente à l’école, au travail et dans les espaces de rencontre de la communauté.

Lien utile :

What is the situation in South Africa?

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PROJET EJECT : crimes avec armes à feu, expulsion à Jackson, Mississippi

Grâce à l’implantation du projet EJECT dans la ville nord-américaine de Jackson, Mississippi, les individus interpellés pour détention illégale d’armes ou impliqués dans une quelconque activité criminelle où il y a présence d’armes seront expulsés du territoire et purgeront leur peine ailleurs.

En décembre 2017, le procureur du district sud-est du Mississippi a présenté le projet « EJECT » (expulsion) pour la ville de Jackson. Ce projet a pour but de lutter contre les crimes violents dans la ville et contemple, à titre de mesure vedette, l’expulsion du territoire des individus impliqués dans des infractions liées à l’usage d’armes.

De même, les individus qui seront interpellés pour possession illégale d’armes ou impliqués dans une quelconque activité criminelle où il y a présence d’armes n’auront aucune possibilité de liberté sous caution et seront expulsés du territoire.

Une douzaine d’agents, issus de la police d’État et de la police fédérale, aideront le département de police de Jackson dans cette initiative, qui se présente donc comme un projet de collaboration et de coopération entre différents niveaux du système judiciaire correctionnel des États-Unis.

Les responsables du programme font une déclaration en ces termes : « si vous violez notre loi et terrorisez nos habitants, vous serez expulsé de notre communauté et purgerez votre peine loin de Jackson ».

Le programme a déjà ses détracteurs parmi la population, les criminologues et les représentants politiques de tous bords. Le maire de Jackson lui-même prend ses distances à l’égard du projet dans ses plans municipaux.

La critique soutient qu’il y a, en arrière-fond du projet, une atteinte aux individus sous une apparente vocation de protection de la population, car il ignore leurs droits constitutionnels en supprimant la liberté sous caution ou en expulsant les accusés hors du Mississippi avec les problèmes que cela signifie pour les familles.

Liens :

https://www.justice.gov/usao-sdms/pr/us-attorney-s-office-law-enforcement-partners-and-community-leaders-introduce-project-1

https://thecrimereport.org/2018/04/03/tough-love-for-mississippi-gun-offenders-an-out-of-state-prison-term/

https://www.clarionledger.com/story/news/local/2018/04/16/45-arrested-jackson-anti-gang-operation/520132002/

http://www.wafb.com/story/37968680/project-eject-several-arrests-made-last-week

http://www.jacksonfreepress.com/news/2018/jan/17/opinion-project-eject-war-jackson/

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