L’Enquête nationale sur les victimes de la criminalité (NCVS) et le Système national de déclaration des incidents (NIBRS) gérés par le FBI ont permis de dresser un tableau complémentaire de la criminalité en 2022, selon les recherches menées par les spécialistes du Bureau américain des statistiques judiciaires (BJS), Rachel E. Morgan et Erica L. Smith.

L’enquête ainsi que le registre de la police mesurent tous deux un ensemble similaire, mais pas identique, de délits, ce qui entraîne des différences d’estimations entre les deux sources de données. La NCVS interroge les personnes âgées de 12 ans et plus sur les crimes qu’elles ont pu subir, qu’elles les aient signalés ou non à la police. Pour sa part, le NIBRS recueille des données sur les crimes enregistrés par les différents organismes chargés des procédures, et ces résultats sont pondérés pour corriger d’éventuels rapports incomplets. La combinaison de ces deux formats permet d’obtenir une cartographie complète de la criminalité aux États-Unis.
Le rapport présenté par Rachel E. Morgan et Erica L. Smith décrit les similitudes et les différences entre les deux formes de collecte de données et compare les années 2021 et 2022.
Selon la NCVS, le taux total de victimisation violente en 2022 était de 23,5 pour 100 000 personnes âgées de 12 ans et plus, un chiffre nettement supérieur à celui de l’année précédente (16,5).
Quant au taux de victimisation des ménages pour 2022, il était de 101,9 pour 100 000 logements, ce qui est également supérieur au taux de 90,3 pour 2021.
Les crimes violents ont augmenté de près de deux points entre 2021 et 2022 : de 2,9 victimisations pour 1 000 personnes en 2021 à 4,7 l’année suivante. Au cours de la même période, le taux des délits contre la propriété signalés à la police a également augmenté, passant de 27,8 à 32,4 signalements pour 1 000 ménages.
À cet égard, il convient de noter que les estimations globales de la criminalité provenant de ces deux sources tendent à évoluer de manière similaire au fil du temps. Toutefois, les estimations de NIBRS et de NCVS pour une année donnée peuvent différer, car les deux collectes de données utilisent des méthodes différentes pour mesurer un ensemble de crimes qui se chevauchent, mais qui ne sont pas identiques.
Par exemple, en croisant les données des deux domaines étudiés, il faut prendre en compte de nombreuses questions, sans pour autant tomber dans des erreurs ou des comparaisons malheureuses. Le NIBRS inclut les meurtres, les homicides involontaires et les cambriolages de locaux commerciaux, trois délits exclus dans l’enquête NCVS.
De même, en ce qui concerne les crimes de nature sexuelle, les définitions de viol et d’agression sexuelle dans l’enquête et dans le registre de la police diffèrent légèrement. Alors que le NIBRS considère le viol comme une relation sexuelle d’une personne sans le consentement de la victime, y compris les cas où la victime est incapable de donner son consentement en raison de son âge ou d’une incapacité physique ou mentale temporaire ou permanente, l’enquête NCVS inclut dans cette typologie un large éventail de victimisations autres que le viol, la tentative ou la menace de viol. Selon la NCVS, il s’agit là d’agressions sexuelles avec ou sans recours à la force, c’est-à-dire incluant les attouchements ou les attouchements sans le consentement de la victime.
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