Les tribunaux de surveillance intensive : une nouvelle stratégie pour réduire la récidive au Royaume-Uni

Le Gouvernement britannique a annoncé une extension importante des tribunaux de surveillance intensive (Intensive Supervision Courts), un modèle inspiré d’expériences menées aux États-Unis, notamment dans l’État du Texas. L’objectif principal est de réduire la récidive chez les délinquants habituellement auteurs d’infractions de faible gravité grâce à un système combinant un contrôle judiciaire particulièrement étroit avec des programmes de réinsertion et d’accompagnement social.

Pour promouvoir cette initiative, le ministère de la Justice consacrera 9 millions de livres à l’extension du dispositif, dont le nombre de tribunaux passera de cinq à onze sites répartis sur l’ensemble du pays. Cette mesure ciblera en priorité les personnes ayant un long passé de petite délinquance, les femmes ainsi que les auteurs d’infractions souffrant d’addictions ou confrontés à d’autres difficultés compromettant leur réinsertion.

Contrairement au modèle judiciaire traditionnel, ces tribunaux instaurent une relation suivie entre le juge et la personne condamnée. Chaque participant comparaît régulièrement devant le même juge, qui contrôle le respect des obligations imposées, évalue l’évolution de sa situation et peut adapter les mesures en fonction des résultats obtenus. Ce suivi continu vise à renforcer la prise de responsabilité des intéressés et à garantir le respect effectif des engagements pris.

Les participants sont tenus d’assister aux audiences, de suivre des programmes de traitement des addictions, de participer à des actions de réhabilitation et de respecter toute autre obligation fixée par le tribunal. Tout manquement entraîne des conséquences immédiates, telles qu’un renforcement des mesures de contrôle, l’imposition d’un dispositif de surveillance électronique ou, dans les cas les plus graves, une incarcération pour non-respect des conditions de la condamnation.

Le Gouvernement justifie cette approche en soulignant que de nombreux délinquants récidivistes souffrent de troubles de la santé mentale, d’addictions, de traumatismes ou de situations de grande précarité, autant de facteurs qui favorisent la répétition des actes délictueux. Pour cette raison, il estime que le recours exclusif à l’emprisonnement ne permet souvent pas de traiter les causes profondes de la délinquance et risque d’entretenir un cycle permanent de récidive.

Les données fournies par le Ministère indiquent que les tribunaux spécialisés dans la résolution des problèmes, mis en place dans plusieurs pays, ont permis de réduire d’environ un tiers le nombre de nouvelles arrestations par rapport aux systèmes judiciaires classiques. Le Ministère met également en avant l’expérience du Texas, où cette approche est associée à une diminution significative de la population carcérale ainsi qu’à une baisse de 29 % des taux de criminalité.

Les premiers résultats des projets pilotes menés à Birmingham, Bristol, Liverpool et Teesside sont également jugés encourageants. Selon l’évaluation officielle, environ deux tiers des participants ont respecté l’intégralité des obligations imposées par le tribunal. Parmi les délinquants souffrant d’une forte dépendance aux drogues, les tests toxicologiques se sont révélés négatifs dans près de deux tiers des cas. De plus, les professionnels des services de probation et les équipes de prise en charge ont par ailleurs constaté une diminution de la consommation de drogues et d’alcool, ainsi qu’une amélioration de la prise en charge des troubles de la santé mentale.

Du point de vue de la sécurité publique, cette initiative marque un véritable changement de paradigme. L’objectif n’est plus seulement de sanctionner le délit, mais de réduire le risque de récidive. Si les facteurs de risque peuvent être maîtrisés grâce à un suivi étroit et à une prise en charge adaptée, il devient possible de réduire le nombre de victimes, d’alléger la pression sur le système pénitentiaire et d’optimiser les ressources consacrées à la lutte contre la délinquance.

Ce modèle permet également de réserver les places en détention aux délinquants les plus dangereux, tandis que les auteurs d’infractions présentant un risque faible font l’objet d’un contrôle intensif au sein de la communauté. Parallèlement, le Gouvernement britannique a annoncé une augmentation pouvant atteindre 700 millions de livres dans le financement des services de probation d’ici à 2028-2029, le recrutement d’au moins 1 300 nouveaux agents de probation ainsi qu’un déploiement sans précédent des dispositifs de surveillance électronique, notamment au moyen de bracelets GPS et de systèmes de contrôle de l’alcool.

Dans l’ensemble, cette réforme reflète une tendance de plus en plus présente dans les politiques de sécurité contemporaines : combiner la fermeté dans l’application des peines avec des interventions visant à traiter les causes de la récidive. Bien qu’il soit nécessaire d’évaluer les résultats à long terme, l’expérience internationale laisse penser que ce type de tribunal peut contribuer à renforcer à la fois la sécurité publique et l’efficacité du système de justice pénale.

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Intensive Supervision Courts: a new strategy to reduce recidivism in the United Kingdom

The UK Government has announced a significant expansion of the Intensive Supervision Courts, a model inspired by initiatives developed in the United States, particularly in the state of Texas. The main objective is to reduce recidivism among low-level habitual offenders through a system that combines very strict judicial oversight with rehabilitation and social support programmes.

To promote this initiative, the Ministry of Justice will allocate £9 million to expand the number of these courts, which will increase from five to eleven locations across the country. The measure will focus especially on individuals with a long history of minor offences, women, and offenders with addiction problems or other factors that hinder their reintegration.

Unlike the traditional judicial model, these courts establish a continuous relationship between the judge and the offender. Each participant appears periodically before the same judge, who supervises compliance with the imposed conditions, evaluates the evolution of the case, and can adapt the measures according to the results obtained. This ongoing supervision aims to strengthen personal accountability and ensure that the commitments made are effectively fulfilled.

Participants must attend court sessions, follow addiction treatment programmes, engage in rehabilitation activities, and comply with any other conditions set by the court. Non-compliance entails immediate consequences, such as an increase in control measures, the imposition of electronic monitoring devices, or, in the most serious cases, imprisonment for violating the conditions of the sentence.

The government defends this strategy by arguing that many repeat offenders have mental health problems, addictions, personal traumas, or social vulnerability situations that directly contribute to their ability to commit crimes repeatedly. For this reason, it is believed that acting solely with prison sentences often does not address the causes that lead to criminal behaviour and may promote a continuous cycle of recidivism.

The data provided by the Ministry indicates that the problem-solving court models implemented in several countries have managed to reduce new arrests by approximately one third compared to traditional systems. The experience of Texas is also highlighted, where this approach is associated with a significant decrease in the prison population and a 29% reduction in crime rates.

The initial results of the pilot projects developed in Birmingham, Bristol, Liverpool and Teesside have also been positively evaluated. According to the official assessment, approximately two-thirds of the participants fully met the conditions imposed by the court. Among offenders with severe drug addiction issues, toxicology tests were negative in nearly two-thirds of cases. In addition,

probation service professionals and treatment teams have observed a decrease in drug and alcohol consumption, as well as improved attention to mental health issues.

From a public safety perspective, this initiative represents a paradigm shift. The goal is no longer solely to punish the crime, but to reduce the risk of the offender reoffending. If risk factors can be controlled through close supervision and appropriate treatment, it is possible to decrease the number of victims, reduce the pressure on the prison system, and optimise the resources allocated to the fight against crime.

This model also allows for reserving prison spaces for the most dangerous criminals, while lower-risk offenders are subjected to intensive monitoring within the community. Alongside this, the UK Government has announced an increase of up to £700 million in funding for probation services until 2028-2029, the addition of at least 1,300 new supervision officers and an unprecedented expansion of electronic monitoring systems through GPS devices and alcohol controls.

Overall, this reform reflects an increasingly prevalent trend in modern security policies: combining firmness in the enforcement of sentences with interventions aimed at addressing the causes of recidivism. Although it will be necessary to assess the long-term results, international experience suggests that this type of court can contribute to improving both citizen security and the efficiency of the criminal justice system.

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Los tribunales de supervisión intensiva: una nueva estrategia para reducir la reincidencia en el Reino Unido

El gobierno del Reino Unido ha anunciado una ampliación importante de los Tribunales de Supervisión Intensiva (Intensive Supervision Courts), un modelo inspirado en experiencias desarrolladas en los Estados Unidos, especialmente en el estado de Tejas. El objetivo principal es reducir la reincidencia entre los delincuentes habituales de baja gravedad mediante un sistema que combina un control judicial muy estricto con programas de rehabilitación y apoyo social.

Para impulsar esta iniciativa, el Ministerio de Justicia destinará 9 millones de libras a ampliar el número de sedes de estos tribunales, que pasarán de cinco a once, repartidas por el país. La medida se centrará especialmente en personas con un largo historial de delitos menores, mujeres e infractores con problemas de adicciones u otros factores que dificultan su reinserción.

A diferencia del modelo judicial tradicional, estos tribunales establecen una relación continuada entre juez y e infractores. Cada participante comparece periódicamente ante el mismo juez, que supervisa el cumplimiento de las condiciones impuestas, evalúa la evolución del caso y puede adaptar las medidas según los resultados obtenidos. Esta supervisión continuada pretende reforzar la responsabilidad personal y garantizar que los compromisos adquiridos se cumplan de manera efectiva.

Los participantes tienen que asistir obligatoriamente a las sesiones judiciales, seguir programas de tratamiento contra las adicciones, participar en actividades de rehabilitación y cumplir cualquier otra condición que establezca el tribunal. El incumplimiento comporta consecuencias inmediatas, como un incremento de las medidas de control, la imposición de dispositivos de monitorización electrónica o, en los casos más graves, el ingreso en prisión por haber vulnerado las condiciones de la sentencia.

El gobierno británico defiende esta estrategia argumentando que muchos de los delincuentes reincidentes tienen problemas de salud mental, adicciones, traumas personales o situaciones de vulnerabilidad social que contribuyen directamente a la comisión reiterada de delitos. Por este motivo, considera que actuar únicamente con penas de prisión a menudo no resuelve las causas que originan la conducta delictiva y puede favorecer un ciclo continuo de reincidencia.

Los datos que aporta el Ministerio indican que los tribunales de resolución de problemas implantados en varios países han conseguido reducir aproximadamente en un tercio las nuevas detenciones respecto a los sistemas tradicionales. También se destaca la experiencia de Tejas, donde este enfoque se asocia con una disminución significativa de la población penitenciaria y una reducción del 29 % de los índices de criminalidad.

Los primeros resultados de los proyectos piloto desarrollados en Birmingham, Bristol, Liverpool y Teesside también se valoran positivamente. Según la evaluación oficial, aproximadamente dos tercios de los participantes cumplieron íntegramente las

condiciones impuestas por el tribunal. Entre los infractores con problemas graves de drogodependencia, los controles toxicológicos dieron resultados negativos en cerca de dos terceras partes de los casos. Además, los profesionales de los servicios de libertad vigilada y los equipos de tratamiento han observado una disminución del consumo de drogas y alcohol, así como una mejor atención de los problemas de salud mental.

Desde una perspectiva de seguridad pública, esta iniciativa representa un cambio de paradigma. El objetivo ya no es únicamente sancionar el delito, sino reducir el riesgo de que los infractores vuelvan a delinquir. Si los factores de riesgo se pueden controlar mediante una supervisión estrecha y un tratamiento adecuado, es posible disminuir el número de víctimas, reducir la presión sobre el sistema penitenciario y optimizar los recursos destinados a la lucha contra la delincuencia.

Este modelo también permite reservar las plazas penitenciarias para los delincuentes más peligrosos, mientras que los infractores de menor riesgo se someten a un control intensivo dentro de la comunidad. Paralelamente, el gobierno británico ha anunciado un incremento de hasta 700 millones de libras en la financiación de los servicios de libertad vigilada hasta el 2028–2029, la incorporación de al menos 1.300 nuevos agentes de supervisión y una ampliación sin precedentes de los sistemas de monitorización electrónica mediante dispositivos GPS y controles de alcoholemia.

En conjunto, esta reforma refleja una tendencia cada vez más presente en las políticas de seguridad modernas: combinar la firmeza en el cumplimiento de las condenas con intervenciones orientadas a abordar las causas de la reincidencia. Aunque será necesario evaluar los resultados a largo plazo, la experiencia internacional sugiere que este tipo de tribunales pueden contribuir a mejorar la seguridad ciudadana y la eficiencia del sistema de justicia penal.

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Els tribunals de supervisió intensiva: una nova estratègia per reduir la reincidència al Regne Unit

El govern del Regne Unit ha anunciat una ampliació important dels Tribunals de Supervisió Intensiva (Intensive Supervision Courts), un model inspirat en experiències desenvolupades als Estats Units, especialment a l’estat de Texas. L’objectiu principal és reduir la reincidència entre els delinqüents habituals de baixa gravetat mitjançant un sistema que combina un control judicial molt estricte amb programes de rehabilitació i suport social.

Per impulsar aquesta iniciativa, el Ministeri de Justícia destinarà 9 milions de lliures a ampliar el nombre de seus d’aquests tribunals, que passaran de cinc a onze, repartides pel país. La mesura se centrarà especialment en persones amb un llarg historial de delictes menors, dones i infractors amb problemes d’addiccions o altres factors que en dificulten la reinserció.

A diferència del model judicial tradicional, aquests tribunals estableixen una relació continuada entre el jutge i els infractors. Cada participant compareix periòdicament davant del mateix jutge, que supervisa el compliment de les condicions imposades, avalua l’evolució del cas i pot adaptar les mesures segons els resultats obtinguts. Aquesta supervisió continuada pretén reforçar la responsabilitat personal i garantir que els compromisos adquirits es compleixin de manera efectiva.

Els participants han d’assistir obligatòriament a les sessions judicials, seguir programes de tractament contra les addiccions, participar en activitats de rehabilitació i complir qualsevol altra condició que estableixi el tribunal. L’incompliment comporta conseqüències immediates, com ara un increment de les mesures de control, la imposició de dispositius de monitoratge electrònic o, en els casos més greus, l’ingrés a presó per haver vulnerat les condicions de la sentència.

El govern britànic defensa aquesta estratègia argumentant que molts dels delinqüents reincidents tenen problemes de salut mental, addiccions, traumes personals o situacions de vulnerabilitat social que contribueixen directament a la comissió reiterada de delictes. Per aquest motiu, considera que actuar únicament amb penes de presó sovint no resol les causes que originen la conducta delictiva i pot afavorir un cicle continu de reincidència.

Les dades que aporta el Ministeri indiquen que els tribunals de resolució de problemes implantats en diversos països han aconseguit reduir aproximadament en un terç les noves detencions respecte dels sistemes tradicionals. També es destaca l’experiència de Texas, on aquest enfocament s’associa amb una disminució significativa de la població penitenciària i una reducció del 29 % dels índexs de criminalitat.

Els primers resultats dels projectes pilot desenvolupats a Birmingham, Bristol, Liverpool i Teesside també es valoren positivament. Segons l’avaluació oficial, aproximadament dos terços dels participants van complir íntegrament les condicions imposades pel tribunal. Entre els infractors amb problemes greus de drogodependència, els controls toxicològics van donar resultats negatius en prop de dues terceres parts dels casos. A més, els professionals dels serveis de llibertat vigilada i els equips de tractament han observat una disminució del consum de drogues i alcohol, així com una millor atenció dels problemes de salut mental.

Des d’una perspectiva de seguretat pública, aquesta iniciativa representa un canvi de paradigma. L’objectiu ja no és únicament sancionar el delicte, sinó reduir el risc que els infractors tornin a delinquir. Si els factors de risc es poden controlar mitjançant una supervisió estreta i un tractament adequat, és possible disminuir el nombre de víctimes, reduir la pressió sobre el sistema penitenciari i optimitzar els recursos destinats a la lluita contra la delinqüència.

Aquest model també permet reservar les places penitenciàries per als delinqüents més perillosos, mentre que els infractors de menys risc se sotmeten a un control intensiu dins de la comunitat. Paral·lelament, el govern britànic ha anunciat un increment de fins a 700 milions de lliures en el finançament dels serveis de llibertat vigilada fins al 2028–2029, la incorporació d’almenys 1.300 nous agents de supervisió i una ampliació sense precedents dels sistemes de monitoratge electrònic mitjançant dispositius GPS i controls d’alcoholèmia.

En conjunt, aquesta reforma reflecteix una tendència cada vegada més present en les polítiques de seguretat modernes: combinar la fermesa en el compliment de les condemnes amb intervencions orientades a abordar les causes de la reincidència. Tot i que serà necessari avaluar-ne els resultats a llarg termini, l’experiència internacional suggereix que aquest tipus de tribunals poden contribuir a millorar la seguretat ciutadana i l’eficiència del sistema de justícia penal.

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L’opportunisme criminel : comment les réseaux de criminalité organisée évoluent au sein de l’Union européenne

Le dernier rapport d’Europol, « Décoder les réseaux criminels les plus menaçants de l’UE : Numéro 2 – Le modèle de l’opportunisme criminel », publié en juin 2026, dresse un état des lieux actualisé de la criminalité organisée dans l’Union européenne mettant en lumière une réalité de plus en plus manifeste : les organisations criminelles ne se contentent pas de résister à la pression policière, elles évoluent en permanence en tirant parti des opportunités offertes par les environnements numérique, financier et géopolitique.

L’une des données les plus marquantes est que 76 % des 821 réseaux criminels à haut risque recensés par Europol en 2024 ne figurent plus aujourd’hui parmi les plus dangereux. Ce résultat est le fruit de nombreuses opérations coordonnées entre les forces de police européennes, basées sur le renseignement criminel, les enquêtes financières et la coopération internationale. Dans de nombreux cas, les organisations ont été démantelées, tandis que dans d’autres, elles se sont fragmentées, ont modifié leur structure ou ont perdu une partie de leurs capacités opérationnelles.

Ces résultats encourageants masquent toutefois une réalité plus préoccupante. Le rapport identifie 198 réseaux criminels toujours actifs qui comptent parmi les plus solides, les plus hiérarchisés et les plus difficiles à neutraliser. De plus, durant cette même période, 533 nouveaux réseaux sont apparus, illustrant l’extraordinaire capacité d’adaptation de la criminalité organisée. Lorsqu’une organisation disparaît, d’autres émergent rapidement pour occuper l’espace laissé vacant.

Europol souligne que ces réseaux n’agissent pas de manière isolée. Ils s’inscrivent dans un véritable écosystème criminel, où différents groupes coopèrent, partagent des ressources, des services spécialisés, des compétences et des contacts. Cette forte interconnexion renforce leur résilience et leur permet de réagir rapidement à toute action policière.

Le rapport met aussi en évidence la transformation technologique de la criminalité organisée. Les organisations criminelles ont de plus en plus recours aux plateformes numériques, aux applications de communication chiffrée, aux services en ligne et aux outils fondés sur l’intelligence artificielle pour étendre leurs activités, attirer des victimes, automatiser les processus et réduire le risque de détection. Ce phénomène démontre que la numérisation représente une opportunité tant pour la société que pour les criminels.

Sur le plan économique, les réseaux criminels exploitent les failles des systèmes financiers pour dissimuler les revenus issus de leurs activités illicites. L’utilisation de cryptomonnaies, de techniques sophistiquées de blanchiment de capitaux et d’entreprises en apparence légitimes facilite les transferts de fonds

entre pays ainsi que le réinvestissement des profits dans de nouvelles activités criminelles. Cette professionnalisation rend les enquêtes de plus en plus complexes et impose une coopération étroite entre les services de police, les autorités judiciaires et les organismes financiers.

Selon Europol, les réseaux analysés regroupent plus de 400 000 membres de 118 nationalités différentes et exercent des activités criminelles très diverses. Parmi les plus répandues figurent le trafic de drogues, la cybercriminalité, la traite des êtres humains, la fraude financière, l’exploitation de la main-d’œuvre et d’autres formes de criminalité grave, souvent à dimension internationale.

Les responsables d’Europol estiment que les résultats obtenus jusqu’à présent démontrent l’efficacité de la coopération policière européenne, mais rappellent que la lutte contre la criminalité organisée ne peut se limiter à l’arrestation des délinquants. Elle exige une réponse globale associant les administrations publiques, le secteur privé, les entreprises technologiques, les institutions financières et les citoyens. La prévention, l’échange d’informations et l’innovation constituent des éléments essentiels pour réduire les opportunités dont profitent ces organisations.

Une autre constatation pertinente est que les groupes criminels font preuve d’un opportunisme remarquable. Toute crise économique, tout conflit international, toute avancée technologique ou toute évolution réglementaire peut devenir une nouvelle source de commerce illicite. Cette capacité d’adaptation oblige les autorités à anticiper les risques, à renforcer le renseignement stratégique et à investir dans de nouveaux outils d’analyse et d’investigation.

En définitive, le rapport d’Europol transmet un double message. D’une part, il confirme que la coopération internationale et les enquêtes coordonnées produisent des résultats concrets et permettent de démanteler un grand nombre des réseaux criminels les plus dangereux. D’autre part, il alerte sur la rapidité avec laquelle la criminalité organisée se réinvente en exploitant les opportunités offertes par la transformation numérique, la mondialisation et la complexité croissante des systèmes financiers.

Pour le secteur de la sécurité, ce rapport constitue une référence incontournable. Au-delà des chiffres, il montre que l’avenir de la lutte contre la criminalité organisée reposera sur la capacité à associer technologie, coopération internationale, renseignement criminel et mobilisation active de l’ensemble des acteurs de la société. C’est à cette condition qu’il sera possible de réduire la résilience des réseaux criminels et de mieux protéger les citoyens ainsi que les institutions européennes.

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Criminal opportunism: how organised crime networks are evolving in the European Union

Europol’s latest report, «Decoding the EU’s most threatening criminal networks – Issue 2 – The blueprint of criminal opportunism», published in June 2026, provides an updated overview of the state of organised crime in the European Union and highlights an increasingly evident reality: criminal organisations not only survive police pressure but constantly evolve by taking advantage of any opportunity offered by today’s digital, financial, and geopolitical society.

One of the most notable data points is that 76% of the 821 high-risk criminal networks identified by Europol in 2024 are no longer considered among the most dangerous. This result is the consequence of numerous coordinated operations among European police forces, based on police intelligence, financial investigations, and international cooperation. In many cases, organisations have been dismantled, while in others they have fragmented, changed their structure, or lost operational capacity.

However, these positive data conceal a troubling reality. The report identifies 198 criminal networks that remain active and that, in many cases, are the most established, hierarchical, and difficult to dismantle. Moreover, during this same period, 533 new networks have emerged, which demonstrates the great adaptability of organised crime. When an organisation disappears, other organisations often emerge to quickly fill its space.

Europol highlights that these networks do not operate in isolation. They are part of a genuine criminal ecosystem, in which different groups cooperate and share resources, specialised services, knowledge, and contacts. This interconnection provides them with great resilience and allows them to react quickly to any police action.

The report also emphasises the technological transformation of organised crime. Criminal organisations are increasingly using digital platforms, encrypted communication applications, internet services, and artificial intelligence-based tools to expand their activities, attract victims, automate processes, and reduce the risk of being detected. This phenomenon demonstrates that digitalisation represents an opportunity for both society and criminals.

In the economic sphere, criminal networks exploit vulnerabilities in financial systems to conceal profits obtained illegally. The use of cryptocurrencies, sophisticated money laundering techniques , and seemingly legitimate businesses facilitates the movement of money between countries and the reinvestment of profits into new criminal activities. This professionalisation makes investigations increasingly complex and requires close collaboration between police units, judicial authorities, and financial institutions.

According to Europol, the analysed networks group more than 400,000 members from 118 different nationalities and engage in a wide range of activities. Among the most common are drug trafficking, cybercrime, human trafficking, financial fraud, labour exploitation, and other forms of serious crime that often have an international dimension.

Europol officials insist that the results obtained so far demonstrate the effectiveness of European police cooperation, but they also warn that the fight against organised crime cannot be limited to the arrest of criminals. A comprehensive response involving public administrations, the private sector, technology companies, financial institutions, and citizens is necessary. Prevention, the exchange of information, and innovation are essential elements for reducing the opportunities that these organisations exploit.

Another relevant conclusion is that criminal groups are extraordinarily opportunistic. Any economic crisis, international conflict, technological advance, or regulatory change can become a new source of illicit business. This capacity for adaptation compels authorities to anticipate risks, strengthen strategic intelligence, and invest in new analytical and research tools.

In short, the Europol report conveys a dual message. On one hand, it confirms that international cooperation and coordinated investigations yield tangible results and allow for the dismantling of many of the most dangerous criminal networks. On the other hand, it warns that organised crime continues to reinvent itself rapidly, taking advantage of the opportunities offered by digital transformation, globalisation, and the complexity of financial systems.

For the security sector, this report is an essential reference. Beyond the figures, it highlights that the future of the fight against organised crime will depend on the ability to combine technology, international cooperation, police intelligence, and active involvement from all social actors. Only in this way will it be possible to reduce the resilience of criminal networks and more effectively protect the security of citizens and European institutions.

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El oportunismo criminal: como evolucionan las redes del crimen organizado en la Unión Europea

El último informe de la Europol, “Decoding the EU’s Most Threatening Criminal Networks: Issue 2 – The Blueprint of Criminal Opportunism”, publicado el mes de junio de 2026, ofrece una radiografía actualizada sobre el estado del crimen organizado en la Unión Europea y pone de manifiesto una realidad cada vez más evidente: las organizaciones criminales no solo sobreviven a la presión policial, sino que evolucionan constantemente y aprovechan cualquier oportunidad que les ofrece la sociedad digital, financiera y geopolítica actual.

Uno de los datos más destacados es que el 76 % de las 821 redes criminales de alto riesgo identificadas por la Europol en 2024 ya no se consideran entre las más peligrosas. Este resultado es consecuencia de numerosas operaciones coordinadas entre los cuerpos policiales europeos, basadas en inteligencia policial, investigaciones financieras y cooperación internacional. En muchos casos, las organizaciones han sido desmanteladas, mientras que en otros se han fragmentado, han cambiado de estructura o han perdido la capacidad operativa.

Sin embargo, estos datos positivos esconden una realidad preocupante. El informe identifica 198 redes criminales que continúan activas y que, en muchos casos, son las más consolidadas, jerárquicas y difíciles de desarticular. Además, durante este mismo periodo han aparecido 533 redes nuevas, lo que evidencia la gran capacidad de adaptación del crimen organizado. Cuando una organización desaparece, a menudo emergen otras que ocupan rápidamente su espacio.

La Europol destaca que estas redes no funcionan de manera aislada. Forman parte de un auténtico ecosistema criminal, en el que diferentes grupos cooperan, comparten recursos, servicios especializados, conocimientos y contactos. Esta interconexión les proporciona una gran resiliencia y les permite reaccionar rápidamente ante cualquier acción policial.

El informe también pone énfasis en la transformación tecnológica del crimen organizado. Las organizaciones criminales utilizan cada vez más plataformas digitales, aplicaciones de comunicación cifradas, servicios de internet y herramientas basadas en inteligencia artificial para ampliar sus actividades, captar víctimas, automatizar procesos y reducir el riesgo de ser detectadas. Este fenómeno demuestra que la digitalización representa una oportunidad tanto para la sociedad como para los delincuentes.

En el ámbito económico, las redes criminales aprovechan las vulnerabilidades de los sistemas financieros para ocultar sus beneficios obtenidos ilícitamente. El uso de criptomonedas, técnicas sofisticadas de blanqueo de capitales y empresas aparentemente legítimas facilita el movimiento de dinero entre países y la reinversión de los beneficios en nuevas actividades delictivas. Esta profesionalización hace que las investigaciones sean cada vez más complejas y requieran una estrecha colaboración entre unidades policiales, autoridades judiciales y organismos financieros.

Según la Europol, las redes analizadas agrupan a más de 400.000 miembros de 118 nacionalidades diferentes y desarrollan actividades muy diversas. Entre las más habituales destacan el tráfico de drogas, la ciberdelincuencia, el tráfico de seres humanos, el fraude financiero, la explotación laboral y otras formas de criminalidad grave que a menudo tienen una dimensión internacional.

Los responsables de la Europol insisten en que los resultados obtenidos hasta ahora demuestran la eficacia de la cooperación policial europea, pero también advierten que la lucha contra el crimen organizado no se puede limitar a la detención de delincuentes. Es necesaria una respuesta integral que implique las administraciones públicas, el sector privado, las empresas tecnológicas, las entidades financieras y la ciudadanía. La prevención, el intercambio de información y la innovación son elementos esenciales para reducir las oportunidades que estas organizaciones aprovechan.

Otra de las conclusiones relevantes es que los grupos criminales son extraordinariamente oportunistas. Cualquier crisis económica, conflicto internacional, avance tecnológico o cambio normativo puede convertirse en una nueva fuente de negocio ilícito. Esta capacidad de adaptación obliga a las autoridades a anticiparse a los riesgos, reforzar la inteligencia estratégica e invertir en nuevas herramientas de análisis e investigación.

En definitiva, el informe de la Europol transmite un doble mensaje. Por una parte, confirma que la cooperación internacional y las investigaciones coordinadas dan resultados tangibles y permiten desarticular muchas de las redes criminales más peligrosas. De la otra, alerta de que el crimen organizado sigue reinventándose con gran rapidez y aprovecha las oportunidades que ofrecen la transformación digital, la globalización y la complejidad de los sistemas financieros.

Para el sector de la seguridad, este informe constituye una referencia imprescindible. Más allá de las cifras, pone de manifiesto que el futuro de la lucha contra el crimen organizado dependerá de la capacidad de combinar tecnología, cooperación internacional, inteligencia policial y una implicación activa de todos los actores sociales. Solo así será posible reducir la resiliencia de las redes criminales y proteger de manera eficaz la seguridad de los ciudadanos y de las instituciones europeas.

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L’oportunisme criminal: com evolucionen les xarxes del crim organitzat a la Unió Europea

L’últim informe de l’Europol, “Decoding the EU’s Most Threatening Criminal Networks: Issue 2 – The Blueprint of Criminal Opportunism”, publicat el mes de juny de 2026, ofereix una radiografia actualitzada sobre l’estat del crim organitzat a la Unió Europea i posa de manifest una realitat cada vegada més evident: les organitzacions criminals no només sobreviuen a la pressió policial, sinó que evolucionen constantment i aprofiten qualsevol oportunitat que els ofereix la societat digital, financera i geopolítica actual.

Una de les dades més destacades és que el 76 % de les 821 xarxes criminals d’alt risc identificades per l’Europol el 2024 ja no es consideren entre les més perilloses. Aquest resultat és conseqüència de nombroses operacions coordinades entre els cossos policials europeus, basades en intel·ligència policial, investigacions financeres i cooperació internacional. En molts casos, les organitzacions han estat desmantellades, mentre que en d’altres s’han fragmentat, han canviat d’estructura o han perdut la capacitat operativa.

Tanmateix, aquestes dades positives amaguen una realitat preocupant. L’informe identifica 198 xarxes criminals que continuen actives i que, en molts casos, són les més consolidades, jeràrquiques i difícils de desarticular. A més, durant aquest mateix període han aparegut 533 xarxes noves, fet que evidencia la gran capacitat d’adaptació del crim organitzat. Quan una organització desapareix, sovint n’emergeixen d’altres que ocupen ràpidament el seu espai.

L’Europol destaca que aquestes xarxes no funcionen de manera aïllada. Formen part d’un autèntic ecosistema criminal, en què diferents grups cooperen, comparteixen recursos, serveis especialitzats, coneixements i contactes. Aquesta interconnexió els proporciona una gran resiliència i els permet reaccionar ràpidament davant qualsevol acció policial.

L’informe també posa èmfasi en la transformació tecnològica del crim organitzat. Les organitzacions criminals utilitzen cada vegada més plataformes digitals, aplicacions de comunicació xifrades, serveis d’internet i eines basades en intel·ligència artificial per ampliar les seves activitats, captar víctimes, automatitzar processos i reduir el risc de ser detectades. Aquest fenomen demostra que la digitalització representa una oportunitat tant per a la societat com per als delinqüents.

En l’àmbit econòmic, les xarxes criminals aprofiten les vulnerabilitats dels sistemes financers per ocultar els beneficis obtinguts il·lícitament. L’ús de criptomonedes, tècniques sofisticades de blanqueig de capitals i empreses aparentment legítimes facilita el moviment de diners entre països i la reinversió dels beneficis en noves activitats delictives. Aquesta professionalització fa que les investigacions siguin cada vegada més complexes i requereixin una estreta col·laboració entre unitats policials, autoritats judicials i organismes financers.

Segons l’Europol, les xarxes analitzades agrupen més de 400.000 membres de 118 nacionalitats diferents i desenvolupen activitats molt diverses. Entre les més habituals destaquen el tràfic de drogues, la ciberdelinqüència, el tràfic d’éssers humans, el frau financer, l’explotació laboral i altres formes de criminalitat greu que sovint tenen una dimensió internacional.

Els responsables de l’Europol insisteixen que els resultats obtinguts fins ara demostren l’eficàcia de la cooperació policial europea, però també adverteixen que la lluita contra el crim organitzat no es pot limitar a la detenció de delinqüents. Cal una resposta integral que impliqui les administracions públiques, el sector privat, les empreses tecnològiques, les entitats financeres i la ciutadania. La prevenció, l’intercanvi d’informació i la innovació són elements essencials per reduir les oportunitats que aquestes organitzacions aprofiten.

Una altra de les conclusions rellevants és que els grups criminals són extraordinàriament oportunistes. Qualsevol crisi econòmica, conflicte internacional, avenç tecnològic o canvi normatiu pot convertir-se en una nova font de negoci il·lícit. Aquesta capacitat d’adaptació obliga les autoritats a anticipar-se als riscos, reforçar la intel·ligència estratègica i invertir en noves eines d’anàlisi i investigació.

En definitiva, l’informe de l’Europol transmet un doble missatge. D’una banda, confirma que la cooperació internacional i les investigacions coordinades donen resultats tangibles i permeten desarticular moltes de les xarxes criminals més perilloses. De l’altra, alerta que el crim organitzat continua reinventant-se amb gran rapidesa i aprofita les oportunitats que ofereixen la transformació digital, la globalització i la complexitat dels sistemes financers.

Per al sector de la seguretat, aquest informe constitueix una referència imprescindible. Més enllà de les xifres, posa de manifest que el futur de la lluita contra el crim organitzat dependrà de la capacitat de combinar tecnologia, cooperació internacional, intel·ligència policial i una implicació activa de tots els actors socials. Només així serà possible reduir la resiliència de les xarxes criminals i protegir de manera eficaç la seguretat dels ciutadans i de les institucions europees.

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L’augmentation des SUV et des pickups : un défi croissant pour la sécurité des piétons aux États-Unis

Au cours d’une grande partie du XXe siècle et des premières années du XXIe siècle, les routes des États-Unis sont devenues progressivement plus sûres pour les piétons. Cette tendance s’est toutefois inversée aux alentours de 2009. Depuis lors, le nombre de piétons tués dans des accidents de la route a augmenté d’environ 75 %, une évolution qui suscite de vives inquiétudes parmi les chercheurs spécialisés en sécurité routière et les administrations publiques.

Plusieurs facteurs ont été avancés pour expliquer cette hausse, notamment la distraction liée à l’utilisation des téléphones portables, la conduite sous l’emprise de l’alcool ou encore l’augmentation globale du trafic. Cependant, une enquête basée sur des registres fédéraux et des données de l’industrie automobile met en évidence un élément souvent négligé : la croissance constante de la taille des véhicules, en particulier des SUV et des pickups.

Selon cette analyse, les véhicules actuels sont nettement plus imposants et plus hauts qu’il y a une vingtaine d’années. Ce changement ne relève pas uniquement de considérations esthétiques ou de confort : il a également des conséquences directes sur la sécurité des piétons. Les chercheurs estiment qu’entre 200 et 400 décès annuels pourraient être liés à cette augmentation des dimensions des véhicules. Dans l’ensemble, cela représenterait environ 10 % de la hausse récente de la mortalité des piétons.

Les experts avancent deux principales raisons pour expliquer pourquoi les grands véhicules sont plus dangereux. La première concerne la hauteur du capot. Sur les voitures classiques, un choc se produit généralement au niveau des jambes, ce qui projette souvent le corps du piéton sur le capot. Les SUV et les pickups, en revanche, sont dotés d’un capot beaucoup plus haut, qui percute directement le torse, voire la tête du piéton. Ce type d’impact entraîne des blessures beaucoup plus graves et accroît le risque que la victime soit entraînée sous le véhicule ou écrasée par ses roues.

La seconde cause concerne la réduction de la visibilité. Avec l’augmentation de la taille des véhicules, leurs angles morts se sont également élargis. Des essais réalisés à l’aide de scanners tridimensionnels sur plusieurs modèles très populaires en Amérique du Nord montrent que les zones échappant à la vision directe du conducteur sont aujourd’hui bien plus importantes que sur les modèles équivalents des années 1990 ou du début des années 2000. Cette évolution complique la détection des piétons, en particulier des enfants, des personnes de petite taille ou de toute personne se trouvant à proximité immédiate du véhicule.

Plusieurs cas réels décrits dans l’étude illustrent les conséquences de cette problématique. Dans certains accidents mortels, les conducteurs ont affirmé ne pas avoir vu la victime avant l’impact. Les reconstitutions ont ensuite montré

que certains éléments de la structure du véhicule, tels que le capot surélevé, les rétroviseurs ou les montants latéraux, avaient considérablement limité leur champ de vision.

Les constructeurs automobiles font valoir que les nouveaux systèmes d’aide à la conduite permettent de compenser ces limitations. Des technologies telles que le freinage automatique d’urgence ou la détection des piétons sont conçues pour réduire le risque de collision. Néanmoins, plusieurs études montrent que ces systèmes ne sont pas infaillibles dans toutes les situations. Des facteurs tels que des conditions météorologiques défavorables, des ombres, des vitesses élevées ou la présence d’enfants peuvent diminuer leur efficacité.

Au-delà des aspects techniques, l’expansion des SUV et des pickups s’explique également par des facteurs économiques et culturels. Ces véhicules génèrent des marges bénéficiaires particulièrement élevées pour les constructeurs, qui ont progressivement réduit la production de berlines et d’autres voitures particulières classiques. Parallèlement, les campagnes publicitaires ont associé les grands véhicules à des valeurs telles que la sécurité, le prestige, la puissance ou la réussite personnelle. Ce message a largement contribué à renforcer l’idée qu’un véhicule plus imposant constitue un meilleur choix pour de nombreuses familles.

Les spécialistes de la sécurité routière soulignent que la taille des véhicules n’est pas la seule explication à l’augmentation du nombre de piétons décédés. L’aménagement urbain, la vitesse de circulation, la distraction des conducteurs et de nombreux autres facteurs restent déterminants. Toutefois, les preuves s’accumulent pour montrer que la tendance vers des véhicules toujours plus hauts et plus volumineux accroît les risques pour les usagers les plus vulnérables de la voie publique.

En conclusion, la croissance des SUV et des pickups pose un défi majeur de sécurité routière. Malgré les progrès technologiques, la combinaison de capots plus hauts et d’angles morts plus importants augmente la gravité des accidents et complique la détection des piétons. Ce phénomène met en évidence la nécessité de poursuivre les recherches et de mettre en œuvre des mesures permettant de mieux protéger les usagers les plus vulnérables, tout en conciliant la sécurité des occupants des véhicules avec celle des piétons.

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The increase in SUVs and pickups: a growing challenge for pedestrian safety in the U.S.

For much of the 20th century and the early years of the 21st century, U.S. roads gradually became safer for pedestrians. However, this trend reversed around the year 2009. Since then, the number of pedestrians killed in traffic accidents has increased by approximately 75%, a development that has concerned the researchers responsible for road safety and public administrations.

Various factors have been identified as possible causes of this increase, such as distraction caused by mobile phones, drug-impaired driving, or the general increase in traffic. However, an investigation based on federal records and automotive industry data points to an element that has often gone unnoticed: the steady growth in the size of vehicles, especially SUVs and pickups.

According to this analysis, current vehicles are considerably larger and taller than they were two decades ago. This change is not just an aesthetic or comfort issue, but it has direct implications for pedestrian safety. Researchers estimate that between 200 and 400 annual deaths could be related to this increase in dimensions. Overall, this would represent approximately 10% of the recent increase in fatalities among pedestrians.

Experts identify two main reasons that explain why large vehicles are more dangerous. The former is the height of the hood. In traditional cars, an impact usually occurs in the leg area, often causing the body to be projected onto the vehicle. In contrast, SUVs and pickups have much higher hoods, which strike directly at the torso or even the head of the pedestrian. This type of impact significantly increases the severity of injuries and raises the risk of the person being dragged or ending up under the vehicle’s wheels.

The second cause is the reduction of visibility. As vehicles have grown, so have their blind spots. Tests conducted with three-dimensional scanners on some of the most popular models in the North American market show that areas with no direct visibility for the driver are now much larger than in equivalent models from the 1990s or early 2000s. This makes it difficult to detect the presence of pedestrians, especially children, short individuals, or users who are very close to the vehicle.

Several real cases described in the study illustrate the consequences of this issue. In some fatal accidents, drivers claimed not to have seen the victim before the impact. Subsequent reconstructions concluded that structural elements of the vehicle, such as the raised hood, the mirrors, or the side pillars, had significantly limited the field of view.

Automakers argue that new driver assistance systems can compensate for these limitations. Technologies such as automatic emergency braking or pedestrian detection are designed to reduce the risk of collisions. However,

different studies have shown that these systems do not work perfectly in all situations. Factors such as adverse weather, shadows, high speeds, or the presence of children can reduce their effectiveness.

Beyond technical issues, the expansion of SUVs and pickups also responds to economic and cultural reasons. These vehicles generate very high profit margins for manufacturers, who have progressively reduced the production of saloons and other conventional passenger cars. In parallel, advertising campaigns have associated large vehicles with concepts such as safety, prestige, strength, or personal success. This message has contributed to consolidating the perception that a larger vehicle is a better option for many families.

Road safety specialists insist that the size of vehicles is not the only cause of the increase in pedestrian deaths. Urban design, traffic speed, driver distraction, and other factors remain determinants. However, there is increasing evidence that the trend towards taller and bulkier vehicles has increased the risk for the most vulnerable road users.

In conclusion, the growth of SUVs and pickups poses a significant road safety challenge. Despite technological advancements, the combination of higher hoods and larger blind spots increases the severity of accidents and hinders the detection of pedestrians. This phenomenon highlights the need to continue researching and developing measures that better protect the most vulnerable users, balancing the safety of vehicle occupants with that of pedestrians.

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