Marseille en état de psychose : narcotrafic et violence extrême

Marseille connaît une escalade de violence liée au trafic de drogue qui a engendré ce que les autorités, les professionnels du droit et les acteurs communautaires décrivent comme une psychose collective : un état de peur constant, un traumatisme social et une perception de perte de contrôle de l’État sur certaines parties du territoire urbain. L’élément le plus alarmant de cette crise est la montée des meurtres sur des mineurs et le rôle croissant des adolescents, y compris des enfants, tant comme victimes que comme acteurs forcés au sein des réseaux criminels.

L’affaire qui a récemment secoué l’opinion publique est le meurtre d’Adel, un garçon de 15 ans, abattu d’une balle en pleine tête puis calciné sur une plage de la ville. Son corps a été découvert par d’autres enfants qui se rendaient à l’école, un épisode qui symbolise à quel point la violence s’est normalisée et est devenue publique, visible et apparemment arbitraire.

Selon des données du ministère de la Justice français, le nombre de mineurs impliqués dans le trafic de drogue s’est multiplié par quatre au cours des huit dernières années. À Marseille, le narcotrafic a évolué vers un modèle fragmenté mais très compétitif, où une organisation dominante (ladite DZ Mafia) opère selon une structure de type franchise, avec de nombreux points de vente gérés par de jeunes recrues, souvent par le biais des réseaux sociaux.

Ce nouvel écosystème criminel se caractérise par :

  • Disparition des codes traditionnels de la criminalité organisée (ne pas attaquer de jour, ne pas exposer les corps, ne pas impliquer de mineurs) ;
  • Violence extrême et démonstrative, y compris des exécutions publiques, des corps brûlés et la diffusion de vidéos sur les réseaux ;
  • Recrutement massif de mineurs, dont beaucoup sont des migrants ou des adolescents vulnérables, souvent soumis à des coercitions, des dettes fictives et à la violence physique.

Des acteurs locaux décrivent une situation d’anarchie criminelle, où la logique de la peur a remplacé toute hiérarchie stable. Les jeunes, exposés quotidiennement à des morts violentes, ont perdu à la fois la peur de tuer et la peur de mourir.

Le meurtre de Mehdi Kessaci, un agent de police stagiaire de 20 ans, sans liens avec le trafic de drogue, a marqué un tournant. Sa mort serait un message intimidateur adressé à son frère, Amine Kessaci, activiste antidrogue et figure montante de la scène politique locale. Cette affaire renforce la perception selon laquelle ni les acteurs institutionnels ni leurs proches ne sont à l’abri des gangs.

Des avocats, des journalistes et des militants ont commencé à réduire ou à abandonner leur activité, ou à l’exercer sous protection policière par crainte de représailles. Certains professionnels du droit affirment ouvertement que l’État de droit est devenu subordonné au pouvoir des gangs dans certains quartiers.

Face à cette situation, les autorités ont intensifié les opérations policières à travers ce qu’elles qualifient de bombardements de sécurité : interventions massives et répétées dans les zones à forte criminalité, avec des unités anti‑émeutes, la fermeture de points de vente et des arrestations constantes.

Ces chiffres montrent une activité significative :

  • Plus de 40 points de vente récemment démantelés ;
  • 42 millions d’euros d’avoirs criminels saisis en un an ;
  • Une estimation de jusqu’à 20 000 personnes impliquées directement ou indirectement dans le trafic de drogue à Marseille ;
  • Un marché national du narcotrafic évalué à 7 milliards d’euros par an.

Cependant, même des responsables policiers et des procureurs reconnaissent que de nombreux détenus sont des jeunes exploités, certains retenus contre leur volonté, et que la répression ne freine pas le flux constant de nouvelles recrues.

L’un des éléments les plus préoccupants est l’utilisation ouverte de TikTok et d’autres réseaux sociaux pour annoncer la vente de drogues et recruter des mineurs avec des « offres d’emploi » apparemment légitimes. Ces offres promettent des revenus élevés (200-500 € par jour), mais la réalité est souvent celle de l’esclavage moderne, avec violence, abus sexuels et menaces contre les familles.

La crise a rouvert un débat politique intense. Les secteurs d’extrême droite réclament l’état d’urgence, plus de pouvoir pour la police et des restrictions migratoires sévères, attribuant le problème à l’immigration massive et à l’échec de l’intégration. D’autres voix – avocats, experts et journalistes – rejettent cette interprétation et mettent en garde contre l’utilisation de la peur comme outil politique. Ils soutiennent que la violence est le résultat de décennies d’abandon social, de pauvreté structurelle, de corruption et de politiques publiques défaillantes, et que la répression policière ne traite que les symptômes, pas les causes.

Marseille illustre une crise de sécurité hybride, où crime organisé, exclusion sociale, numérisation de la criminalité et affaiblissement de la confiance institutionnelle convergent. La psychose qui s’étend dans la ville n’est pas seulement la peur de la violence, mais aussi la sensation que l’ordre social est en train de s’éroder et que les solutions traditionnelles ne suffisent plus.

Pour les experts en sécurité, le cas de Marseille soulève une question essentielle : comment retrouver le contrôle sans alimenter une spirale de répression qui finirait par aggraver le problème à résoudre.

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24 laboratoires industriels démantelés dans le cadre de la plus grande opération de lutte contre les drogues de synthèse de l’histoire

Une action policière de grande envergure, menée dans le cadre de l’opération Fabryka, coordonnée par Europol, a permis de démanteler un réseau criminel opérant dans toute l’Union européenne. Des efforts coordonnés ont été entrepris en Pologne, ainsi qu’en Belgique, en Allemagne et aux Pays-Bas. Ces actions visaient un réseau soupçonné d’importer de grandes quantités de précurseurs utilisés dans la production de drogues de synthèse dans des laboratoires de plusieurs pays.

Le réseau participait également à des activités de blanchiment d’argent afin de promouvoir ses opérations illicites. Au cours de l’enquête, les autorités policières ont déterminé que le réseau pourrait avoir importé plus de 1 000 tonnes de précurseurs, soit suffisamment pour produire plus de 300 tonnes de drogues de synthèse, telles que la MDMA, l’amphétamine et la cathinone.

On estime que ces activités illégales génèrent des milliards de profits criminels pour les réseaux criminels impliqués. Les actifs criminels sont injectés dans l’économie légale, ce qui crée des risques importants de distorsion du marché, de concurrence déloyale et d’infiltration systématique d’entreprises légitimes par le crime organisé.

L’enquête a débuté en 2024 sur la base de renseignements partagés par la police polonaise, plus précisément par l’unité de lutte contre les crimes liés à la drogue du siège de la police provinciale de Wrocław. Les informations fournies par les agents de police de Basse-Silésie ont joué un rôle déterminant dans le lancement de l’affaire et ont facilité la coopération internationale ultérieure au sein du groupe de travail. Entre février 2025 et janvier 2026, plus de 20 journées d’action ont été menées contre des groupes criminels connectés, leurs installations de production et leurs sites de stockage dans toute l’Europe. L’opération s’est conclue par une journée d’action coordonnée contre le réseau de grossistes présumé responsable de l’importation et de la distribution de précurseurs chimiques.

Ce réseau était responsable de l’importation, du reconditionnement et de la distribution de précurseurs utilisés dans la production de drogues de synthèse. Les produits chimiques, en provenance de Chine et d’Inde, sont entrés dans l’UE par plusieurs pays et ont été transportés en Pologne pour y être reconditionnés, puis distribués à des laboratoires illégaux dans l’ensemble de l’UE. Depuis le début de l’enquête en 2024, Europol a soutenu des journées d’action ciblant différentes cellules du réseau, ainsi que des groupes connectés et impliqués dans la production de drogues de synthèse en laboratoire.

Les résultats cumulés de toutes les journées d’action (de février 2025 à janvier 2026) comprennent plus de :

• 20 journées d’action : 85 arrestations ; 100 perquisitions ; ainsi que : 50 points de livraison identifiés ; 24 laboratoires industriels démantelés ; 16 sites de stockage découverts ; de multiples saisies :

  • Environ 500 000 € en espèces ;
  • 3 559 kilogrammes et 982 litres de drogues (dont de la 4-CMC, de la cathinone, de la MDMA et de l’huile d’amphétamine) ;
  • Plus de 120 000 litres de déchets chimiques toxiques ;
  • 1 000 tonnes de précurseurs (produits chimiques utilisés dans la production de drogues de synthèse).

La structure opérationnelle de ce réseau criminel était complexe, avec sept sociétés légales en Pologne facilitant les activités d’importation et de distribution, et une coordination de haut niveau reliant les différents groupes criminels dans les pays de l’UE.

Dans certains cas, les cellules criminelles elles-mêmes, opérant au sein d’un réseau plus large, géraient à la fois la logistique de l’approvisionnement en précurseurs ainsi que la coordination de la production dans les laboratoires clandestins. Le principal réseau criminel visé par cette enquête est essentiellement composé de ressortissants polonais, avec la participation de quelques ressortissants belges et néerlandais opérant au sein de groupes interconnectés.

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Pression internationale sur les grandes routes d’approvisionnement en cocaïne vers l’Europe

Les autorités policières européennes et sud-américaines continuent d’intensifier leurs efforts pour démanteler les principaux réseaux criminels responsables du trafic de cocaïne vers l’Europe. Trois opérations récentes, coordonnées avec le soutien d’Europol, mettent en évidence à la fois la complexité des routes utilisées par le crime organisé et l’importance croissante de la coopération internationale pour y faire face. Ces actions ont affecté des réseaux ayant des connexions avec la Colombie, le Brésil et la Grèce, et ont permis d’intervenir à toutes les étapes de la chaîne criminelle : depuis l’origine de la drogue jusqu’à sa réception sur le continent européen.

La première enquête s’est centrée sur un réseau dirigé par un citoyen néerlandais qui avait un contact direct avec des trafiquants de haut niveau en Colombie. L’individu, âgé de 56 ans, résidait à Ibiza mais voyageait fréquemment aux Pays-Bas et dans d’autres pays européens. Selon les autorités, il coordonnait l’entrée de grands chargements de cocaïne en Europe avec le soutien actif de ses deux fils.

L’affaire a été mise en lumière grâce aux informations obtenues à partir de la plateforme cryptée Sky ECC, un outil largement utilisé par les organisations criminelles et qui a joué un rôle clé dans de nombreuses enquêtes européennes. À partir de ces données, la police néerlandaise a déployé des opérations de surveillance, d’analyse de renseignements et d’écoutes téléphoniques qui ont permis d’identifier des tentatives en cours de coordination de nouveaux envois.

Le réseau était lié à six cargaisons de cocaïne interceptées au Royaume-Uni, en Espagne et aux Pays-Bas. Le 2 décembre 2025, le principal suspect a été arrêté à Ibiza, tandis que ses fils, âgés de 31 et 23 ans, ont été arrêtés à La Haye et à Haarlem.

Opération brésilienne de trafic maritime à grande échelle

La deuxième opération a visé une organisation criminelle brésilienne spécialisée dans le transport maritime de cocaïne à grande échelle en Europe. Le groupe était chargé d’acquérir des embarcations, de former des équipages et de modifier des navires de pêche pour dissimuler la drogue.

Les itinéraires utilisés comprenaient des points de départ sur la côte brésilienne et une étape intermédiaire en Afrique de l’Ouest, avant le transfert final vers les eaux européennes.

Un moment clé de l’enquête a eu lieu en novembre 2024, lorsque les autorités portugaises, en collaboration avec la police fédérale brésilienne et les autorités du Cap-Vert, ont intercepté un bateau de pêche battant pavillon brésilien au large du Cap-Vert. À bord, il y avait 1,6 tonne de cocaïne, et six membres de l’équipage ont été arrêtés.

Par la suite, en septembre 2025, les forces de sécurité ont démantelé la branche européenne du réseau, avec 37 arrestations en Espagne, y compris le responsable de l’infrastructure logistique. Enfin, le 11 décembre 2025, une opération coordonnée au Brésil a abouti à huit nouvelles arrestations, dont deux cibles de haute importance, et à la saisie de biens d’une valeur de plus de 1,5 million d’euros.

Réseau criminel grec et transferts en haute mer

La troisième opération a ciblé un réseau criminel grec qui utilisait la méthode de transfert en haute mer pour le trafic de cocaïne. Le groupe avait déployé un bateau de pêche qui était parti de Grèce, avait suivi une route passant par l’Afrique de l’Ouest et avait traversé l’Atlantique pour récupérer une cargaison en provenance d’Amérique latine.

Le 14 décembre 2025, les autorités ont arrêté dix suspects : cinq membres d’équipage en mer et cinq individus en Grèce, dont une cible de haute importance.

Rôle clé d’Europol et de la coopération internationale

Dans les deux cas, Europol a agi comme le pivot central de la coopération internationale, facilitant l’échange d’informations, fournissant un soutien analytique et coordonnant des réunions opérationnelles entre les pays impliqués. D’autres organismes majeurs tels que Frontex et le MAOC-(N) ont également participé, notamment aux opérations maritimes.

Ces actions s’inscrivent dans la stratégie plus large de l’Union européenne contre la criminalité organisée, articulée à travers la plateforme EMPACT. Les cas démontrent que seule une coopération soutenue, multiniveau et transnationale permet d’attaquer de manière efficace les structures qui soutiennent le trafic de cocaïne vers l’Europe.

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Tank : dans la tête de l’un des hackers les plus recherchés au monde

Pendant plus de quinze ans, Vyacheslav Penchukov, connu dans le monde numérique sous le nom de Tank , a été l’une des figures les plus énigmatiques et les plus recherchées de la cybercriminalité internationale. Charismatique, imprévisible et étonnamment sociable, Penchukov ne s’est pas distingué par des capacités techniques exceptionnelles, mais par une aptitude innée à gagner la confiance et à construire des réseaux de collaborateurs. Depuis la prison d’Englewood, dans le Colorado, où il purge deux peines de neuf ans, il a accordé sa première interview exhaustive, révélant des détails inédits sur les opérations, les alliances et l’état d’esprit des cybergangs qui ont semé le chaos dans le monde entier pendant deux décennies.

L’histoire de Penchukov commence loin des montagnes rocheuses qui entourent Englewood. À Donetsk (Ukraine), il s’est lancé dans le piratage dès l’adolescence pour pouvoir tricher dans les jeux vidéo tels que FIFA 99 ou Counter-Strike. Cet apprentissage informel l’a finalement conduit à la tête de Jabber Zeus, un groupe qui, à la fin des années 2000, a utilisé le complexe malware Zeus  pour infiltrer les comptes bancaires d’entreprises, de municipalités et d’ONG. En l’espace de trois mois seulement, plus de 600 victimes britanniques ont perdu plus de 4 millions de livres sterling.

Tank avait alors vingt-cinq ans et partageait son temps entre des voitures allemandes de luxe, des soirées derrière les platines et un bureau clandestin où, avec son équipe, il dérobait de l’argent pendant six à sept heures par jour. À l’époque, explique-t-il, la cybercriminalité était de l’argent facile : des banques non protégées, une police surchargée et un monde numérique non préparé.

Mais la fête a pris fin lorsque le FBI a intercepté ses conversations sur Jabber et découvert son identité à partir d’un détail banal : la naissance de sa fille. Une opération internationale, baptisée Trident Breach, s’est soldée par de multiples arrestations, mais Tank a pris la fuite grâce à un avertissement reçu à temps et à la vitesse de son Audi S8 équipée d’un moteur Lamborghini. Après s’être fait discret pendant quelque temps, il a tenté de se ranger en reprenant la gestion d’une entreprise de charbon. Cependant, les pots-de-vin constants versés par les fonctionnaires ukrainiens et l’impact de la guerre dans le Donbass l’ont poussé à replonger dans la criminalité.

En 2018, Penchukov est revenu en force, désormais plongé dans l’écosystème du ransomware, une activité bien plus lucrative que le braquage bancaire traditionnel. Il a fait partie de groupes bien connus tels que Maze, Egregor, Conti ou IcedID, spécialisés dans l’infection des systèmes d’entreprise, l’extorsion de fonds à des sociétés et même à des hôpitaux. Selon lui, les bénéfices pouvaient atteindre 200 000 dollars par mois, même si des rumeurs circulaient au sein des forums criminels au sujet de rançons atteignant des millions.

La communauté hacker, explique-t-il, fonctionne selon une véritable mentalité de troupeau : lorsqu’un groupe décroche un butin exceptionnel, des centaines d’imitateurs lancent aussitôt des attaques similaires, sans jamais s’interroger sur leurs conséquences humaines. Pour beaucoup de ces cybercriminels, les victimes ne sont que des chiffres et les dégâts, de simples dossiers que les assurances finiront par régler.

L’un des aspects les plus sensibles de son témoignage est sa confirmation, énoncée avec une étonnante désinvolture, que plusieurs groupes de ransomware entretenaient des contacts réguliers avec les services de sécurité russes, y compris le FSB. Cette hypothèse avait déjà été relevée par de nombreuses agences occidentales, mais Tank décrit ces connexions comme une pratique courante.

Il évoque également son ancienne relation avec Maksim Yakubets, le chef présumé d’Evil Corpo, qui fait l’objet d’une prime de 5 millions de dollars. Ils étaient amis et traînaient souvent ensemble à Moscou. Yakubets, apparemment obsédé par l’étalage de sa richesse, était entouré de gardes du corps. Mais, lorsque Yakubets a été arrêté en 2019, la communauté des cybercriminels lui a tourné le dos. Penchukov affirme qu’il s’est lui-même tenu à l’écart, par crainte d’être associé à lui.

La capture de Penchukov en 2022 a eu des allures de scène de film : une opération en Suisse, des tireurs d’élite postés sur les toits, des agents cagoulés et ses enfants, témoins involontaires de l’intervention. Il continue de penser que l’opération était excessive, mais les milliers de victimes qui ont perdu leurs économies, leur emploi ou leur stabilité ne seraient probablement pas d’accord.

À Englewood, Tank passe ses journées à étudier les langues, à faire du sport et à obtenir son diplôme d’études secondaires. Dans la dernière partie de sa confession, il admet que sa ruine est venue de ses propres collaborateurs avec lesquels il avait partagé fortune et risques. Dans la cybercriminalité, dit-il, on ne peut pas avoir d’amis. Tout le monde se méfie de tout le monde et beaucoup, lorsqu’ils sont arrêtés, deviennent des informateurs. La paranoïa est la seule constante de la vie criminelle.

Aujourd’hui, alors qu’il attend une éventuelle réduction de peine et qu’il doit restituer 54 millions de dollars, Tank regarde en arrière avec un mélange de fierté, de nostalgie et de justification. Il parle du passé sur un ton presque romantique, comme d’une aventure lointaine. Mais les traces de son héritage – entreprises ruinées, hôpitaux paralysés, familles touchées – perdurent.

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Le monde à la croisée des chemins : comment les économies illicites menacent l’ordre mondial

Le monde est à un moment décisif. Les économies illicites – du trafic de drogues à la cybercriminalité en passant par la contrefaçon – se développent et s’adaptent à une vitesse qui met au défi les gouvernements, les institutions et les communautés. Loin d’être un phénomène marginal, la criminalité organisée est devenue une force qui érode la démocratie, met en péril la souveraineté des États et menace la paix et la sécurité internationales.

Dans ce contexte, l’Indice mondial du crime organisé est devenu bien plus qu’un simple outil de mesure : c’est désormais un miroir qui reflète les tendances profondes au sein des États et du système international. Sa troisième édition nous permet, pour la première fois, de suivre l’évolution de ces phénomènes sur cinq ans.

Les données de l’édition de cette année révèlent des changements majeurs dans l’économie criminelle mondiale. L’un d’eux est la progression fulgurante des drogues de synthèse et de la cocaïne, qui dominent de plus en plus les marchés. Cette croissance est le fait d’acteurs criminels capables de s’adapter rapidement :

  • aux goûts changeants des consommateurs ;
  • aux avancées technologiques de la production ;
  • et à des réseaux de trafic plus interconnectés que jamais.

L’Indice détecte une augmentation accélérée des formes non violentes de criminalité, telles que :

  • les délits financiers ;
  • la fraude et les escroqueries numériques ;
  • les infractions liées à la cybercriminalité.

Ces activités, de plus en plus intégrées dans les systèmes financiers et numériques transnationaux, n’ont pas besoin de violence pour causer d’énormes dégâts. Les entreprises, les gouvernements et les citoyens finissent par en payer le prix.

Un autre exemple est la contrefaçon, qui progresse partout, alimentée par l’inflation, la précarité de l’emploi et les tensions commerciales. Lorsque les revenus baissent, la demande de produits de contrefaçon tend à augmenter.

L’Indice révèle également que les acteurs criminels liés à l’État restent les plus répandus. Toutefois, ce sont les acteurs étrangers qui connaissent la croissance globale la plus marquée. Cela confirme que le crime organisé est plus mobile, flexible et transnational que jamais.

En outre, le secteur privé – volontairement ou par négligence – joue un rôle croissant en tant que facilitateur du crime, en particulier dans des domaines tels que la logistique, la finance et la technologie.

Bien que de nombreux marchés criminels soient en expansion, les indices de résilience des États sont restés stables. Un exemple frappant en est la coopération internationale : traditionnellement un point fort, mais désormais affaiblie par un système mondial plus polarisé et le recul du multilatéralisme.

C’est un signe alarmant, surtout à l’occasion du 25e anniversaire de la Convention des Nations unies contre la criminalité transnationale organisée.

Malgré ce tableau complexe, les données offrent également un message d’espoir. L’Indice démontre que le renforcement des éléments clés de la résilience peut :

  • réduire l’influence des acteurs criminels ;
  • transformer des communautés entières ;
  • et orienter les sociétés vers des trajectoires plus positives.

L’Indice n’est pas seulement un diagnostic : c’est un outil pour trouver des solutions. Il met en évidence les vulnérabilités, mais montre également des voies de réforme, de renforcement institutionnel et d’autonomisation de la société civile.

En fin de compte, l’Indice fournit une base de données partagée aux gouvernements, aux décideurs politiques, aux ONG et aux acteurs internationaux pour transformer les connaissances en politiques et l’urgence en action. À l’heure où le crime organisé progresse plus rapidement que jamais, cette vision globale et comparative est essentielle pour guider les décisions futures.

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Europol appelle à une action coordonnée contre le spoofing téléphonique

Le spoofing téléphonique est un type d’escroquerie qui consiste à falsifier les informations affichées sur les téléphones des victimes, en faisant passer les numéros des fraudeurs pour des numéros connus ou dignes de confiance. Cette pratique cause des préjudices financiers et sociaux considérables, avec une perte estimée à 850 millions d’euros par an dans le monde.

Europol appelle à une action européenne coordonnée pour lutter contre le spoofing téléphonique, technique de plus en plus utilisée pour la fraude en ligne et les attaques d’ingénierie sociale.

Les appels téléphoniques et les SMS restent le principal point d’entrée de ces attaques, représentant environ 64 % des cas signalés. En dissimulant leur véritable identité et leur localisation, les fraudeurs incitent leurs victimes à leur révéler des informations personnelles, à leur transférer des fonds ou à leur donner accès à des appareils et à des comptes, ce qui les rend extrêmement difficiles à trouver et à poursuivre en justice.

Le spoofing téléphonique est de plus en plus utilisé par des réseaux criminels organisés opérant dans plusieurs juridictions. Les fraudeurs se font passer pour des banques, des agences gouvernementales ou même des membres de la famille de leurs victimes pour gagner leur confiance. Certains l’utilisent pour ce que l’on appelle le « swatting », une pratique qui consiste à lancer de faux appels d’urgence à partir de l’adresse de la victime, ce qui déclenche des interventions d’urgence à grande échelle.

La recherche montre l’émergence d’un nouveau modèle commercial, le«spoofing en tant que service », qui fournit des outils prêts à l’emploi pour usurper l’identité d’entités de confiance telles que les forces de l’ordre ou les institutions financières. Opérant depuis l’étranger, ces réseaux exploitent les vides juridiques pour échapper à la détection et aux poursuites.

Aujourd’hui, le spoofing téléphonique est facile à commettre, mais difficile à détecter : un déséquilibre qui ne peut pas durer. Europol préconise des mesures qui rendent plus coûteuses et techniquement plus complexes les tentatives des fraudeurs de se cacher derrière de fausses identités, tout en permettant aux enquêteurs d’agir rapidement à l’échelle internationale.

Une enquête menée par Europol dans 23 pays a révélé que la mise en œuvre de mesures contre le spoofing téléphonique posait d’importants défis. Cela signifie qu’une population totale d’environ 400 millions de personnes reste exposée à ce genre d’attaques.

Les forces de l’ordre ont souligné que les principaux obstacles étaient la coopération limitée avec les opérateurs de télécommunications, la fragmentation des réglementations et le manque d’outils techniques permettant d’identifier et de bloquer les appels frauduleux.

Europol et ses partenaires ont identifié trois priorités :

Normes techniques harmonisées : développer des mécanismes à l’échelle de l’UE pour tracer les appels frauduleux, vérifier l’identité des appelants et bloquer les appels suspects.

Amélioration de la collaboration transfrontalière : renforcer la coopération entre les forces de l’ordre, les organismes de réglementation et les entreprises afin de partager efficacement les informations et les preuves.

Convergence réglementaire : harmoniser les normes nationales pour permettre un suivi légal des appels, clarifier les cas d’utilisation légitimes du masquage de l’identité de l’appelant et promouvoir des outils de lutte contre la fraude éprouvée.

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Vingt membres de gang s’échappent d’une prison de haute sécurité au Guatemala et déclenchent une crise nationale

L’évasion insolite de 20 détenus liés au redoutable gang Barrio 18 a mis le Guatemala en état d’alerte. L’évasion, qui s’est déroulée de manière progressive et discrète, a provoqué une crise de sécurité, des purges dans le système pénitentiaire et une pression internationale.

Les faits se sont déroulés dans la prison de Fraijanes II, un établissement de haute sécurité situé à la périphérie de Guatemala City, spécialement conçu pour accueillir les membres de gangs. Bien que les évasions se soient produites sur plusieurs semaines, elles n’ont été rendues publiques qu’après un certain temps.

La situation était d’autant plus complexe qu’elle survenait peu de temps après que les États-Unis eurent qualifié le gang Barrio 18 d’organisation terroriste étrangère, l’assimilant aux cartels de la drogue et aux groupes violents internationaux.

Seul un des fugitifs a été repris : Byron Fajardo Revolorio, alias Black Demon, condamné à 180 ans de prison. Le gouvernement guatémaltèque a mobilisé jusqu’à 45 000 policiers et demandé l’aide d’Interpol et des pays voisins, en particulier le Mexique, pour retrouver les criminels.

La réaction des États-Unis ne s’est pas fait attendre : leur ambassade au Guatemala a qualifié les faits de totalement inacceptables et a exigé une réponse ferme. La collaboration bilatérale porte déjà sur la technologie de reconnaissance faciale, la formation des agents pénitentiaires et même des projets de construction d’une nouvelle prison de haute sécurité avec le soutien du Corps des ingénieurs de l’armée américaine.

Le ministre de l’Intérieur, Francisco Jiménez, n’a pas fui ses responsabilités. Il s’agit d’une défaillance très grave du système pénitentiaire. Les autorités admettent que les contrôles internes étaient minimes, qu’il n’existait pas de technologie permettant de vérifier l’identité des détenus et qu’il est possible qu’il y ait eu des complicités internes ou des pots-de-vin.

La direction du système pénitentiaire a été démise de ses fonctions, y compris son responsable, Luis Alfonso Godínez, et les directeurs de prison devront se soumettre à des tests polygraphiques pour détecter les liens avec les gangs criminels.

Barrio 18 : une menace active à l’intérieur des prisons

Barrio 18, souvent comparé au MS-13, maintient une forte présence au Guatemala avec quelque 12 000 membres, dont 3 000 sont incarcérés. Nombre de leurs dirigeants ont continué à opérer depuis les prisons, une pratique courante dans les pays d’Amérique latine où la corruption facilite l’introduction de téléphones portables et d’autres moyens de communication illégaux.

Un acteur clé de ce scénario est Aldo Dupie Ochoa, surnommé El Lobo, supposé caporal du gang Barrio 18. Son transfert récent dans une autre prison a provoqué des altercations dans plusieurs prisons, jusqu’à ce qu’un juge ordonne son retour à Fraijanes II, ce qui, selon de nombreux analystes, pourrait avoir précipité l’évasion collective.

Cette crise met en évidence les graves lacunes du système pénitentiaire guatémaltèque et la complexité de la lutte contre les gangs comme Barrio 18. Sous l’effet conjugué de la corruption interne, d’une technologie insuffisante et d’une pression internationale croissante, le Guatemala est confronté à un défi majeur : rétablir le contrôle et empêcher ces organisations terroristes d’opérer en toute impunité à l’intérieur de ses frontières.

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Le harcèlement sexuel dans les trains augmente d’un tiers en dix ans au Royaume-Uni

Les signalements d’infractions sexuelles et de harcèlement dans les trains britanniques ont augmenté de plus de 37 % depuis 2015, selon des données recueillies par la BBC dans le cadre d’une demande d’informations auprès de la police britannique des transports (BTP). Rien que l’année dernière, 2 661 incidents ont été enregistrés en Angleterre, en Écosse et au Pays de Galles, un chiffre qui montre la persistance d’un problème croissant en matière de sécurité dans les transports publics.

Parmi les cas signalés, un sur dix concernait des mineurs, certains âgés de moins de 13 ans. Au total, plus de 22 000 infractions sexuelles liées au réseau ferroviaire britannique ont été signalées au cours des dix dernières années.

Les autorités indiquent qu’une partie de l’augmentation du nombre de signalements peut être liée à une plus grande sensibilisation de la société  et à une meilleure disposition des victimes à porter plainte. Le gouvernement britannique a souligné que l’augmentation des cas signalés n’implique pas nécessairement une hausse réelle de la criminalité, mais peut refléter le fait que davantage de personnes se sentent capables de témoigner de ce qu’elles ont subi.

Toutefois, la police britannique des transports reconnaît que la situation est préoccupante et que les incidents restent sous-déclarés. Selon les autorités, de nombreuses victimes hésitent encore à porter plainte par peur, par honte ou par manque de confiance dans le système.

Pour lutter contre ce phénomène, les patrouilles de police – y compris les agents en civil – ont été renforcées dans les trains et les gares. Ces équipes sont spécialement formées pour détecter les comportements suspects, tels que les personnes cherchant à se placer à proximité de femmes voyageant seules ou apparemment vulnérables.

Les données montrent une nette augmentation des cas impliquant des mineurs : les infractions sexuelles signalées impliquant des victimes de moins de 18 ans ont triplé au cours de la dernière décennie, passant de 146 en 2015 à 443 en 2025. Au total, plus de 2 900 cas sur dix ans concernent des enfants ou des adolescents.

La BTP avertit que cette tendance s’explique en partie par les nouvelles techniques d’enquête et la présence d’agents infiltrés, mais souligne qu’il est nécessaire de continuer à encourager les signalements et l’éducation à la prévention.

Le cas du conducteur de train Nicholas McMurray, condamné à sept ans de prison pour avoir agressé sexuellement une passagère de 18 ans, a été l’un des plus médiatisés. L’homme, un employé de la Great Western Railway, a été arrêté immédiatement après la plainte et inscrit à vie sur le registre des délinquants sexuels. L’entreprise l’a immédiatement licencié et a réitéré sa tolérance zéro à l’égard d’un tel comportement.

Pour sa part, le gouvernement britannique a annoncé un investissement de 17 millions de livres sterling pour améliorer la vidéosurveillance dans les gares et faciliter l’identification des suspects. Les autorités espèrent que cette mesure contribuera à accélérer les enquêtes et à réduire l’impunité des délinquants.

La police encourage les victimes et les témoins à signaler immédiatement tout incident, même s’il semble mineur. Les passagers peuvent envoyer un SMS au 61016 avec les détails de l’incident, le lieu et l’heure.

Le Rail Delivery Group, un organisme représentant les entreprises ferroviaires, partage cette position et assure que toutes les plaintes seront traitées avec le plus grand sérieux.

Malgré des campagnes de sensibilisation et une surveillance accrue, les données montrent que les transports publics restent un espace où de nombreuses femmes et de nombreux mineurs ne se sentent pas en sécurité. Les experts en matière de sécurité et d’égalité de genres insistent sur la nécessité de combiner les mesures policières avec l’éducation, la sensibilisation et la formation des travailleurs du secteur des transports, ainsi que de promouvoir un changement social rejetant toute forme de harcèlement.

Si le nombre de signalements peut refléter une confiance accrue dans le système, la réalité est que des milliers de passagers et de mineurs continuent d’être exposés à l’intimidation et à la violence sexuelle. La lutte pour que chaque voyage soit sûr et respectueux reste actuellement un défi majeur pour les transports publics au Royaume-Uni.

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Une erreur, une entreprise détruite : la cyberattaque qui a fait sombrer 158 ans d’histoire

Un mot de passe peu sécurisé. Il n’en fallait pas plus pour qu’un groupe de pirates informatiques détruise une entreprise britannique vieille de 158 ans et mette 700 personnes au chômage.

L’entreprise de transport KNP, basée dans le Northamptonshire, est un exemple tragique de la façon dont les cyberattaques peuvent faire tomber des entreprises, même celles qui sont déjà bien établies. Cette affaire révèle une réalité inquiétante : des milliers d’entreprises au Royaume-Uni sont victimes de logiciels malveillants (ransomware), l’une des menaces les plus importantes de la cybercriminalité aujourd’hui.

En 2023, KNP gérait une flotte de 500 camions sous le nom de Knights of Old. Malgré le respect des normes de sécurité informatique et une assurance contre les cyberattaques, l’entreprise a été victime d’un groupe appelé Akira.

Comme l’explique Richard Bilton pour BBC Panorama, les hackers ont accédé au système en devinant le mot de passe d’un employé. Une fois à l’intérieur, ils ont crypté toutes les données et verrouillé les systèmes internes, laissant l’entreprise complètement paralysée.

Bien qu’aucun chiffre n’ait été précisé, une société spécialisée dans la négociation de rançons a estimé que la demande pouvait atteindre 5 millions de livres sterling. KNP n’a pas été en mesure de payer. Toutes les données ont été perdues. L’entreprise a fait faillite.

Richard Horne, directeur général du National Cyber Security Centre (NCSC), prévient qu’une réponse urgente est nécessaire et que les entreprises doivent prendre des mesures sérieuses pour protéger leurs systèmes et leurs activités.

Le NCSC, qui fait partie du GCHQ, l’agence de renseignement britannique, reçoit chaque jour des rapports faisant état d’une cyberattaque majeure. Leurs équipes tentent de détecter et d’arrêter les hackers avant qu’ils ne déploient un ransomware, mais la tâche est ardue.

Selon le gouvernement britannique, 19 000 attaques de ransomware ont eu lieu l’année dernière. La demande moyenne est d’environ 4 millions de livres sterling, et environ un tiers des entreprises finissent par payer.

Ce type d’ingénierie sociale a été utilisé dans le cas de l’attaque contre Marks & Spencer, où les attaquants ont accédé aux systèmes par manipulations téléphoniques.

Selon les experts, de nombreux nouveaux hackers commencent dans le monde du jeu et finissent par utiliser leurs compétences dans la cybercriminalité. Un ransomware peut facilement s’acheter sur le dark web et constitue un moyen rapide d’obtenir de grosses sommes d’argent avec peu de risque d’être arrêtés.

Le gouvernement propose maintenant d’interdire aux entités publiques de payer des rançons et d’obliger les entreprises privées à notifier toute attaque et à obtenir l’autorisation d’effectuer des paiements.

Après avoir perdu son entreprise, Paul Abbott, directeur de KNP, a commencé à donner des conférences de sensibilisation : les entreprises doivent démontrer qu’elles disposent de systèmes à jour, un peu comme un cyber-MOT (l’équivalent du contrôle technique pour la sécurité numérique).

Le consultant Paul Cashmore, qui a conseillé KNP après l’attaque, reconnaît qu’il s’agit de crime organisé : « Trop peu de mesures sont prises pour arrêter les auteurs de ces crimes et c’est dévastateur ».

Conclusion

L’affaire KNP est un avertissement pour toutes les entreprises : rien qu’un mot de passe peu sécurisé peut avoir des conséquences désastreuses. Dans un environnement de plus en plus numérisé, la cybersécurité n’est pas une option, c’est une nécessité absolue.

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Les enfants sont exposés au risque d’usurpation d’identité et de fraude

Selon une étude de l’université de Southampton, les enfants britanniques risquent davantage d’être victimes de harcèlement, de cyberharcèlement et de voir leur identité usurpée plus tard si leurs parents publient leurs photos en ligne.

Le « sharenting », qui consiste à documenter les moments particuliers d’un enfant sur les réseaux sociaux, est devenu une pratique courante. Mais les experts mettent en garde que cela pourrait entraîner un danger inattendu, car cette habitude augmente le risque que les enfants deviennent des victimes de la cybercriminalité.

Dans une publication de la BBC, la journaliste Shiona McCallum avertit que partager largement sur les réseaux sociaux des photos et des vidéos de mineurs met en danger leur sécurité, leur vie privée et leur bien-être.

Les chercheurs ont interrogé plus de 1 000 parents au Royaume-Uni et ont ensuite mené des entretiens de suivi. Ils ont constaté que 45 % des parents interrogés publiaient activement des photos de leurs enfants en ligne, tandis qu’un sur six de ceux-ci déclarait que cette exposition avait eu des conséquences négatives pour son enfant.

En outre, la divulgation de détails tels que la date d’anniversaire, l’adresse, le nom des animaux domestiques, etc. pourrait augmenter le risque d’usurpation d’identité par la suite.

Lorsque les parents partagent fièrement des photos et des informations sur leurs enfants sur les réseaux sociaux, ils les exposent sans le savoir à des dangers en ligne (cyberharcèlement) et dans le monde réel, non seulement aujourd’hui, mais aussi dans un avenir proche.

Le sharenting est une atteinte à la vie privée qui fait depuis longtemps l’objet de controverses. L’une des préoccupations est que les parents, les soignants, les proches et les écoles ignorent largement que les fonctions de confidentialité des réseaux sociaux peuvent être ignorées pour certaines actions. Cette étude montre que les parents surestiment la protection offerte par les paramètres de confidentialité.

Les criminels sont connus pour s’aventurer dans les zones les plus sombres d’Internet, où ils pensent pouvoir utiliser l’intelligence artificielle pour créer des images sexuelles et dénudées de n’importe quel enfant à partir de quelques photos ou vidéos ordinaires. Ces images peuvent être si réalistes qu’il est impossible de les distinguer de la réalité.

Les chercheurs avertissent que l’intelligence artificielle présente toute une série de nouveaux dangers, notamment le risque d’extorsion sexuelle, si les images sont utilisées pour menacer ou faire chanter un enfant.

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