Les autorités du monde entier poursuivent le plus grand site web de location de DDoS

Sous la coordination d’Europol et du Joint Action Taskforce (J-CAT), avec le soutien de la police hollandaise et de l’Agence nationale britannique, une série d’actions sont mises en œuvre dans le monde entier pour détecter les attaques aux utilisateurs par déni de service (DDoS). Il semble que webstresser.org a été le plus grand marché au monde où contracter des services DDoS, en collaborant au lancement de plus de 4 millions d’attaques pour un prix de 15 € par mois seulement.

Alors que certains centrent spécifiquement leurs actions contre les utilisateurs de webstresser.org, les agences de police du monde entier ont intensifié leurs activités contre les utilisateurs des services de DDoS en général. À ce propos, le FBI a saisi, le 15 décembre dernier, d’autre sites web de location de DDoS, y compris le relativement connu Downthem et Quantum Stresser. De même, la police roumaine a pris des mesures contre les administrateurs de deux plateformes DDoS de moindre portée et a mis à profit la preuve numérique, y compris les informations sur les utilisateurs.

La tendance excessive à la location de DDoS est une question urgente, essentiellement du fait de l’accès aisé qu’elle offre aujourd’hui. Pour un prix nominal modique, tout individu peu qualifié est à même de lancer des attaques DDoS sur un simple clic, en supprimant toutes sorte de sites web et de réseaux. Les dommages causés aux victimes peuvent être considérables, cela peut bloquer économiquement des entreprises et priver les utilisateurs des services essentiels qu’offrent les banques, institutions gouvernementales et forces de police.

Forts d’un anonymat perçu, beaucoup de jeunes férus de nouvelles technologies se livrent à cette infraction apparemment légère, en ignorant les conséquences que de telles activités en ligne peuvent entraîner. La cybercriminalité n’est pas un crime sans victimes et elle est prise très au sérieux par la police. Les effets secondaires qu’une enquête criminelle pourrait avoir sur la vie de ces adolescents peuvent s’avérer graves, voire déboucher sur une peine d’emprisonnement dans certains pays.

L’impact des attaques par DDoS s’est traduit récemment par la condamnation au Royaume-Uni d’un hacker âgé de 30 ans à presque trois ans de prison, après avoir été jugé coupable de se livrer à des attaques contre un leader politique. En novembre 2016, les DDoS s’en sont pris à l’accès à Internet avec une attaque qui a causé des dommages chiffrés à des millions de livres. Aux Pays-Bas, la police et le bureau du procureur ont lancé un projet appelé Hack_Right, destiné à traiter avec de jeunes délinquants pour éviter la commission de crimes plus graves.

Les aptitudes dans la codification, le jeu, la programmation d’ordinateurs, la sécurité cybernétique et tout autre aspect lié aux TIC connaissent une grande demande et il y a beaucoup de degrés et d’opportunités disponibles pour les utiliser avec prudence.

Ces actions sont développées dans le cadre d’EMPACT. En 2010, l’Union européenne a créé un cycle de politiques de quatre ans pour garantir une plus grande continuité dans la lutte contre le crime organisé à l’échelle internationale. En 2017, le Conseil de l’UE a décidé de poursuivre le cycle de politiques de l’UE sur la période 2018-2021. Le but est d’aborder les menaces les plus graves que représente le crime organisé international au sein de l’UE. Pour ce faire, il faut améliorer et renforcer la coopération entre les services pertinents des États membres de l’UE, les institutions et autres organismes, ainsi que les pays et organisations non communautaires, y compris le secteur privé lorsqu’il est utile.

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La coordination en matière de sécurité environnementale mondialement renforcée

Interpol et les pays membres collaborent, en tant qu’organisateurs et participants, dans diverses activités comme, par exemple, soutenir certaines opérations ou enquêtes dans le but d’améliorer la sécurité environnementale aux quatre coins du monde.

Il existe plusieurs projets visant à aider les polices d’un peu partout lors de leurs enquêtes dans ce domaine, moyennant des activités de formation, un soutien opérationnel, l’échange de renseignements et l’analyse d’informations sur la criminalité.

Fish capture

Les crimes contre l’environnement prennent des formes très diverses :

  • Atteintes aux espèces sauvages : Interpol participe aux interventions spécifiques des forces de l’ordre, telles que l’opération Thunderbird, qui sont conçues pour intensifier l’effet des mesures de durabilité et de préservation de la faune et de la flore.
  • Pêche illégale : des activités opérationnelles et des enquêtes sont coordonnées à l’échelle mondiale et régionale, mais dans une volonté particulière d’apporter un soutien aux pays en développement dans les cas entraînant des crimes connexes.
  • Crimes forestiers : formation et soutien opérationnel aux organismes chargés d’appliquer la loi dans des pays importateurs ou exportateurs de bois. Le but est d’améliorer la réponse des pays membres face aux criminels qui se livrent à l’abattage illégal et à la déforestation, ainsi qu’à la fraude fiscale, à la corruption, au faux en écritures et au blanchiment d’argent.
  • Pollution et crimes connexes : Interpol souligne l’opération « 30 jours d’action », lancée à l’été 2017 et ciblant les décharges illégales et le commerce illicite de déchets dangereux. Des informations ont été communiquées concernant 483 individus et 264 entreprises accusés de crimes et infractions liés au traitement de déchets et 1,5 millions de tonnes de déchets illégaux ont été détectées.

Interpol fait partie du Consortium international de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages (ICCWC), dont la vocation est de renforcer les systèmes de justice pénale et apporter un soutien coordonné à l’échelle régionale, nationale et internationale pour combattre la criminalité liée aux espèces sauvages et les crimes forestiers.

Parallèlement, Interpol peut apporter une assistance technique et aux investigations menées dans des cas spécifiques, grâce à des équipes de soutien aux enquêtes. Ces équipes sont composées d’agents des forces de l’ordre et d’analystes ayant des connaissances spécialisées dans le domaine médico-légal, analytique et technique et des compétences  en matière criminelle.

L’agence organise aussi des réunions de recherche et analyse de cas permettant aux enquêteurs de différents pays et régions de traiter de cas transnationaux d’intérêt commun ou d’échanger des informations.

Finalement, ce qu’on appelle les groupes NEST – Groupes nationaux spécialisés en sécurité environnementale – sont des équipes multidisciplinaires d’experts issus de divers organismes nationaux, dont la police, les services des douanes, les ministères chargés de l’environnement et les ministères publics.

L’analyse des informations criminelles facilite le processus de prise de décisions des enquêteurs, cadres et autres interlocuteurs des forces de l’ordre et garantit une approche de l’activité policière basée sur les renseignements stratégiques.

Notes associées :

https://notesdeseguretat.blog.gencat.cat/2018/12/19/premiere-operation-mondiale-contre-la-pollution-marine/

https://notesdeseguretat.blog.gencat.cat/2017/09/06/interpol-renforce-la-lutte-contre-la-criminalite-environnementale/

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Les taux d’insécurité urbaine grimpent à nouveau au Brésil

Le Brésil a battu son record d’homicides en 2017 : 63 880 personnes assassinées, soit 175 morts d’individus par jour et 3% de plus que l’année précédente, d’après les données du Forum brésilien pour la sécurité publique. Qu’est-ce qui provoque cette tendance ? Le crime organisé est certes un facteur clé qui vient l’amplifier.

favelaLe taux d’assassinats au Brésil s’est accru au fur et à mesure que s’implantaient dans le pays les cartels de la drogue les plus puissants au monde : Colombie, Pérou et Bolivie. Le Brésil est un grand consommateur de cocaïne et de crack ; c’est aussi un pays de transit pour le transport de la drogue destinée à l’Europe et à l’Asie.

Un rapport publié par l’Institut international d’études stratégiques souligne les défis que signifie le crime organisé en vue de garantir une sécurité urbaine efficace dans toutes les villes du monde, mais surtout dans les favelas du Brésil comme Maré à Rio de Janeiro, l’une des plus importantes avec un total de 130 000 habitants. D’après Patrícia Vianna, coordinatrice de l’ONG Redes, le nombre de civils armés a augmenté ces derniers 4 ans.

Sur ces 4 années, la sécurité publique de l’État de Rio a empiré, alors que le pays traverse une crise économique et institutionnelle qui affecte les politiques publiques. L’administration de la ville de Rio a mené à bien une « stratégie pacificatrice » consistant en une série d’interventions militaires impliquant la police militaire et la présence permanente de l’unité pacificatrice de la police. Entre 2008 et 2012, cette stratégie a plutôt bien fonctionné, à tel point que la Banque mondiale l’a considérée comme la meilleure stratégie internationale. Mais en février 2018, le gouvernement fédéral s’est interposé et a cédé temporairement le contrôle des institutions de sécurité de Rio aux forces armées fédérales.

Maré, quartier surpeuplé et profondément appauvri, a été utilisé comme un laboratoire pour l’intervention militaire. Entre 2014 et 2015, environ 2 500 soldats patrouillaient dans le secteur ; durant ces années-là, les taux d’homicides ont fortement diminué (de 21 à 5 pour 100 000 habitants) d’après le ministère de la Défense. Toutefois, le défaut de cette stratégie est qu’elle n’a abouti à aucune solution. « La stratégie pacificatrice » était simplement une solution à court terme, dans le cadre de laquelle les causes principales du problème n’étaient pas abordées. Lorsque les forces militaires ont quitté le terrain, Maré est redevenu une zone contrôlée par les factions criminelles.

La situation dans cette favela de Rio n’est pas un problème isolé que l’on constate seulement au Brésil. Au fur et à mesure que la population urbaine croît dans certaines villes de pays en voie de développement, dans des régions comme l’Asie ou l’Afrique, ces dernières peuvent se voir confrontées aux mêmes situations qu’à Rio.

Liens utiles :

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Dernières tendances du trafic de stupéfiants en Europe

Les 6 et 7 décembre 2018, 125 délégués des États membres de l’UE et des pays tiers et autres représentants de 11 organisations internationales se sont réunis au siège d’Europol pour la deuxième conférence annuelle « Drogues en Europe : une réponse énergique de la Loi ». Les délégués ont débattu sur les dernières tendances du trafic de stupéfiants et ont établi des réponses législatives pour protéger les citoyens contre les menaces que constituent les drogues illégales.

Le nombre de groupes de crime organisé et la vente de drogues illégales sont en augmentation. Près de 35% des 5 000 organisations criminelles qui sévissent dans l’UE à l’échelle internationale participent à la production, au trafic ou à la distribution des substances illégales. Les organisations criminelles impliquées dans la vente de drogues sont hautement polyvalentes. Environ 65% d’entre elles sont simultanément mêlées à des activités criminelles telles que le commerce de biens contrefaits, le blanchiment d’argent, la traite des êtres humains et le trafic de migrants. Les drogues illicites constituent le marché criminel le plus important au sein de l’UE et on estime qu’il génère dans les 24 milliards d’euros chaque année.

À l’issue de la conférence, les délégués ont approuvé les conclusions suivantes :

  • Le nombre de groupes de crime organisé est en augmentation, de même que la vente de drogues illicites. Ces phénomènes constituent une menace pour la sécurité et la santé publique de l’Union européenne et ses États membres qui doivent garantir les ressources adéquates pour les combattre.
  • La vente de drogues illicites est un catalyseur pour le crime organisé le plus actif. C’est l’aspect le plus lucratif de ses activités génératrices de profits qui sont aussi liées à la violence, la corruption, le blanchiment d’argent, l’exploitation d’êtres humains, le trafic d’armes à feu et autres crimes graves. Une réponse coordonnée de l’UE et ses États membres est nécessaire face à cette croissance des organisations criminelles et du trafic de stupéfiants.
  • Les groupes de crime organisé qui présentent le risque le plus élevé sont de plus en plus transnationaux. Ils réalisent des activités transfrontalières à la fois dans et hors de l’Union européenne. Les autorités policières des États membres de l’UE doivent améliorer l’échange d’informations, la coopération opérationnelle et la coordination d’activités.
  • Les organisations criminelles les plus puissantes deviennent de plus en plus polyvalentes. Leurs activités illégales évoluent très rapidement. Outre les enquêtes portant sur les activités et marchés illégaux, les forces de police devraient centrer leurs actions opérationnelles sur les individus et les groupes qui constituent le risque le plus élevé de menaces de crimes graves et organisés dans l’UE.
  • Les enquêtes sur le trafic transfrontalier de stupéfiants et le crime organisé exigent la disponibilité ponctuelle, entre autres choses, d’une technologie de pointe.
  • Compte tenu que le crime organisé affecte tous les aspects de la société, il faut souligner l’importance du développement et de l’implantation d’une législation mondiale sur la récupération d’actifs pour combattre efficacement ce type de situation.
  • Afin d’affronter les défis que représente cette croissance du trafic de drogues et du crime organisé, il a été créé un réseau européen (non officiel) par les chefs des services organisés centraux et d’investigations sur les crimes liés aux drogues en vue d’améliorer la coopération à la fois sur le plan tactique et stratégique, planifier des actions communes et cibler une approche holistique.

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Première opération mondiale contre la pollution marine

Sous le nom de code 30 jours en mer, cette opération d’une durée d’un mois (1er – 31 octobre 2018), impliquant quelques 276 services de police et organismes environnementaux de 58 pays, a permis de détecter plus de 500 crimes et cas graves de pollution dans le monde entier : déversements illégaux de pétrole et déchets de navires, bris et naufrages volontaires de navires, violations de la réglementation, pollution de fleuves et déversements de déchets terrestres en mer.

Sous la direction d’un réseau mondial de 122 coordinateurs nationaux, l’opération 30 jours en mer a mobilisé des agences environnementales, maritimes et frontalières, des forces de police et services de douane et autres autorités portuaires. Plus de 5 200 inspections ont été effectuées et ont donné lieu à 185 enquêtes avec interpellations et mises en examen prévues.

En termes de pollution graves, soulignons les cas suivants :

  • Pollution des eaux côtières philippines où les communautés locales collectent des crustacés et où les enfants s’amusent.
  • En Allemagne, un navire a déversé 600 litres d’huile de palme en mer.
  • Au Ghana, des gallons d’huile résiduelle étaient vendus illégalement dans de grandes bouteilles en bord de mer.
  • Les autorités ont empêché un désastre environnemental en Albanie, en protégeant les eaux autour d’un réservoir qui sombrait, contenant 500 litres de pétrole.
  • De même, la menace de pollution résultant de la collision de deux navires en eaux territoriales françaises a été contenue grâce à l’action préventive pendant l’opération.

Par ailleurs, les nouvelles technologies, notamment l’utilisation d’images satellite (en Argentine et en Suède), la surveillance aérienne (Au Canada et en Italie), les drones (Au Nigéria, en Indonésie et au Pakistan) et les caméras à vision nocturne, ont permis aux autorités de détecter certaines infractions. Dans une évolution vers la prévention, les technologies de surveillance visuelle utilisées au Qatar et en Norvège ont donnée lieu à l’obligation de remplir plus strictement les réglementations.

Le groupe de travail pour la lutte contre les crimes de pollution d’INTERPOL a lancé l’Opération 30 jours en mer en réponse à un appel pour renforcer l’action de la loi internationale contre la criminalité environnementale émergente en intervenant fermement dans ce domaine.

Coordonné par le Programme de sécurité environnementale d’INTERPOL, en étroite collaborations avec Europol, l’opération 30 jours en mer a été développée moyennant une série d’actions de coopération sur le plan opérationnel, notamment :

  • Planification tactique conjointe entre pays (p. ex. : Canada – USA, Indonésie – Timor oriental) ;
  • Déploiement mondial de forces de police, et notamment la coopération annuelle entre les agences nationales d’Afrique du Sud visant les crimes de pollution en mer.
  • Enquêtes bilatérales (p. ex. : Pays-Bas – Afrique du Sud, Allemagne, Belgique).
  • Sensibilisation à l’égard du crime de pollution.

L’opération 30 jours en mer a été relayée par une campagne de sensibilisation en collaboration avec l’environnement de l’ONU pour illustrer l’impact de la pollution marine sur le développement économique et la sécurité humaine et environnementale.

Les hashtags #PollutionCrime et #CleanSeas sur Twitter permettent d’observer les initiatives liées à la lutte contre le crime de pollution marine dans le cadre de l’opération 30 jours en mer.

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Produits pharmaceutiques illicites en ligne : risques inutiles, profits criminels


Avec l’opération Pangea XI d’Interpol, qui s’est tenue sur une semaine en octobre dernier, les autorités de police, douanières et de santé de 116 pays ont ciblé la vente en ligne illicite de médicaments et produits médicaux, ce qui a entraîné 859 arrestations et la saisie de produits pharmaceutiques potentiellement dangereux pour un montant de 14 millions de dollars.

Parmi les produits à risque saisis au cours de cette opération se trouvaient, entre autres, de faux médicaments contre le cancer, des cachets antidouleur contrefaits et des seringues inutilisables. Près d’un million d’emballages ont été inspectés et 500 tonnes de produits pharmaceutiques illicites ont été saisies dans le monde.

Ceux-ci comprenaient des anti-inflammatoires, des analgésiques, des pilules contre la dysfonction érectile, des hypnotiques et des sédatifs, des stéroïdes anabolisants, des pilules amincissantes et des médicaments pour traiter le VIH, la maladie de Parkinson et le diabète. Par ailleurs, plus de 110 000 dispositifs médicaux, dont des seringues, des lentilles de contact, des appareils auditifs et des instruments chirurgicaux, ont été saisis.

Les criminels ont également tenté d’éviter la détection de médicaments illicites moyennant le faux étiquetage des envois comme étant des produits originaux. Par exemple, plus de 4 millions de comprimés d’ibuprofène non étiquetés ont été saisis en Argentine après avoir été déclarés comme échantillons et, au Royaume-Uni, environ 150 000 somnifères puissants ont été récupérés dans des envois étiquetés comme vêtements, literie ou nourriture.

Les dispositifs médicaux contrefaits confisqués au cours de l’opération comprenaient 737 instruments de chirurgie cardiaque périmés, introduits par la Macédoine.

L’opération s’est soldée par la fermeture de 3 671 liens Web, y compris des sites Web, des pages de médias sociaux et des marchés en ligne.

L’opération a également alerté sur les éventuels dangers liés à l’achat de produits pharmaceutiques en ligne par le biais de vidéos, de brochures, d’expositions et de conférences dans les hôpitaux et les établissements scolaires.

Interpol a coordonné l’opération avec le soutien de l’Organisation mondiale des douanes (WCO), du Forum permanent pour le crime pharmaceutique international (PFIPC), du Groupe de travail des responsables de la lutte contre la drogue (WGEO), d’Europol, de l’Institut de sécurité pharmaceutique (PSI), ainsi que de Twitter, de Facebook et de sociétés de cartes de paiement.

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Trafic d’enfants : victimes et criminels

Le 18 octobre dernier, à l’occasion de la Journée européenne de lutte contre la traite des êtres humains, un nouveau rapport d’Europol a été présenté concernant le trafic d’enfants, avec une mise à jour des renseignements relatifs à cette pratique criminelle.

Pour la première fois dans ce domaine, le rapport offre une vision approfondie des caractéristiques des réseaux criminels qui se livrent à l’un des crimes les plus odieux : l’abus d’enfant vulnérables. Pour les besoins du rapport, il a été utilisé le renseignement opérationnel à partir de quelques 600 contributions ayant impliqué des victimes de trafic de mineurs, qui ont été communiquées à Europol par les États membres entre 2015 et 2017.

En Europe, des milliers d’enfants font encore l’objet de trafic et d’exploitation, générant des profits au bénéfice des réseaux criminels, et représentent plus de 20% de l’ensemble des victimes de ce type de trafic selon l’UNICEF. Europol reçoit de plus en plus d’informations sur des réseaux de trafiquants qui opèrent à travers les États membres en abusant de la vulnérabilité des enfants pour les exploiter sexuellement ou au travail. D’autres groupes criminels mettent leurs victimes dans la rue pour mendier, les obligent à commettre toute sorte d’infractions ou les vendent à travers des réseaux d’adoption illégale.

Voici certaines des conclusions du rapport de situation sur les réseaux criminels associés au trafic et à l’exploitation des enfants dans l’Union européenne :

  • Un des aspects les plus alarmants de cette pratique est le rôle des familles qui, dans certains cas, exercent directement le trafic et l’exploitation de leurs propres enfants. Europol reçoit des rapports périodiques sur des enfants vendus aux réseaux criminels par leur famille.
  • Les femmes jouent souvent un rôle clé dans le trafic et l’exploitation des enfants, beaucoup plus que dans les réseaux criminels où ce sont elles les victimes de la traite d’êtres humains.
  • La plupart des cas rapportés à Europol impliquent des réseaux qui acheminent leurs victimes mineures, non communautaires, depuis leur pays d’origine vers le lieu d’exploitation, souvent avec la collaboration de réseaux de contrebande. Le trafic d’enfants à travers les frontières extérieures et dans les États membres entraîne généralement l’utilisation de documents de voyage falsifiés.
  • Le produit de ces activités criminelles est essentiellement redirigé vers le pays d’origine du trafiquant, par petites sommes en utilisant les services de transfert d’argent, ou bien au moyen de passeurs illégaux ou de mules lorsqu’il s’agit de sommes plus importantes.
  • Le trafic d’enfants s’opère depuis le monde entier vers l’UE. La plupart des réseaux non communautaires de traite d’êtres humains ont informé Europol que des groupes de crime organisé y participaient. Par exemple, depuis le Nigéria, les jeunes femmes étaient trompées ou forcées pour être exploitées sexuellement en Europe.
  • Les enfants en migration ou autres mineurs non accompagnés sont davantage exposés au risque de trafic et d’exploitation. Bien que l’ampleur du trafic d’enfants non accompagnés reste méconnue, on s’attend à une augmentation dans le futur.

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Coordination et renseignement sont nécessaires pour lutter contre la traite d’êtres humains et le trafic de migrants

Des experts mondiaux issus de 70 pays se sont réunis en septembre dernier à Abuja, au Nigéria, pour établir un front commun dans la lutte contre les groupes internationaux complexes responsables de la traite d’êtres humains et du trafic de migrants.

La 6ème Conférence mondiale d’Interpol sur la lutte contre le trafic de personnes a été menée à bien en coopération avec l’Agence nationale nigérienne contre la traite des êtres humains, la police et le Service nigérian de l’immigration.

Avec plus de 500 spécialistes des services de police, des secteurs public et privé et d’organisations non gouvernementales et internationales, l’événement a servi à établir des points de vue au niveau mondial sur :

  • les menaces potentielles et les tendances actuelles
  • les flux financiers que génèrent les infractions
  • le rôle essentiel des partenariats intersectoriels
  • les moyens d’éluder les obstacles à l’action pénale
  • l’utilisation de la technologie et des données dans les enquêtes

Les groupes qui se livrent à la traite d’êtres humains et au trafic de migrants sont souvent associés à d’autres formes de criminalité, notamment le blanchiment d’argent, la fraude aux documents sécurisés, le trafic de stupéfiants, le cybercrime et le terrorisme.

Les réseaux de crime organisé ont adopté la technologie et utilisent Internet et les médias sociaux pour attirer des clients potentiels et annoncer leurs services. Ils sont, essentiellement, vendeurs de leurs services à des personnes vulnérables.

Au cours de l’année dernière, les opérations Épervier, Libertad et Sawiyan, dirigées par Interpol, ont permis de porter secours à près de 1 000 victimes du trafic de migrants et de la traite d’êtres humains. Grâce à une approche coordonnée impliquant la formation et la collaboration préopérationnelles des forces de police nationales, les ONG et les services sociaux, ces opérations ont donné lieu à une capacité d’enquête policière à long terme et à une prise en charge adaptée des personnes secourues.

En tant que plateforme mondiale et neutre d’échange d’information de police, Interpol offre aux policiers un accès en temps réel à des bases de données criminelles contenant des millions d’enregistrements sur des documents d’identité, renseignements biométriques et personnes recherchées. Ses notifications peuvent également être utilisées pour alerter les pays membres  concernant des fugitifs, des modes opératoires ou des personnes disparues.

Au début de cette année, le Groupe de travail mondial d’Interpol sur la traite d’êtres humains a reçu le soutien des ministres de la Sécurité du G7. Ce groupe de travail est la colonne vertébrale de plusieurs initiatives qui offrent un soutien aux enquêtes et proposent des analyses criminelles, des formations et des ateliers régionaux dans les pays membres d’Interpol.

La Conférence mondiale d’Abuja a été suivie de réunions du Groupe d’experts d’Interpol sur le trafic d’êtres humains et du Réseau opérationnel spécialisé d’Interpol pour la lutte contre le trafic illégal de migrants. Ces groupes opérationnels jouent un rôle essentiel dans la création de réseaux qui partagent des renseignements spécifiques sur les menaces, tendances, itinéraires et modes opératoires.

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Le trafic de stupéfiants reste une des principales sources de financement du terrorisme

Pour l’occident, l’une des principales menaces du monde actuel, en termes de sécurité, n’est autre que le terrorisme, un phénomène planétaire qui ne peut pas être contrôlé à l’échelle nationale seulement, mais qui requiert la coopération des gouvernements et des forces de sécurité des différents pays affectés. Le trafic de stupéfiants, autre grande menace, requiert lui aussi un degré élevé de collaboration pour établir des politiques et une législation communes.

Ces deux menaces sont très étroitement liées. Le trafic de stupéfiants a toujours été une des principales sources de financement pour les groupes armés rebelles et les groupes terroristes. C’est ce que confirme la récente étude World Atlas of Illicit Flows (2018), résultant de la collaboration entre Interpol, la RHIPTO et la Global Initiative against Transnational Organized Crime. Comme le constate l’étude, 4% du total des flux illégaux finissent entre les mains d’organisations terroristes.

D’après le document, bien que les crimes contre l’environnement (trafic de charbon et de pétrole, exploitation minière illégale, exploitation forestière illégale et trafic d’animaux) constituent aujourd’hui la première source de financement des groupes terroristes (38% du total), le trafic de stupéfiants reste la source principale si l’on considère chacun des crimes environnementaux comme une activité indépendante. On estime que les revenus des sept principaux groupes terroristes et des groupes rebelles de la République démocratique du Congo sont d’environ 1,16 milliards de dollars, dont 28% (330 millions de dollars) proviennent d’activités associées aux stupéfiants. Les deux organisations qui, habituellement, ont bénéficié le plus du trafic de drogue sont les talibans, avec la culture de l’opium et le trafic d’héroïne, et les FARC avec la cocaïne.

Pour ce qui est des talibans, qui opèrent en Afghanistan, la culture de l’opium a été traditionnellement une source importante de financement. D’après les données actuelles, cela leur rapporte annuellement entre 75 et 95 millions de dollars, dont 22,9 millions de dollars, approximativement, proviennent des activités associées à la culture de l’opium d’où est extraite la morphine à partir de laquelle on obtient l’héroïne. L’héroïne produite en Afghanistan représente environ trois quarts de la production totale et sert à approvisionner l’ensemble du marché mondial. En Europe, le marché de l’héroïne est le deuxième marché de stupéfiants le plus important en termes de mouvements d’argent, environ 6,8 milliards d’euros par an.

À leurs débuts, les Forces armées révolutionnaires de Colombie, connues comme les FARC, considéraient la culture de drogues (cocaïne et cannabis) comme une activité contrerévolutionnaire. Toutefois, en 1981, par crainte de se mettre à dos les paysans locaux et compte tenu de l’évidente augmentation de financement que le trafic de stupéfiants pourrait signifier, leur politique va changer et ils finiront par contrôler 70% des zones de production de cocaïne, devenant ainsi l’acteur principal du trafic de drogues dans le pays. D’après InSight Crime, fondation se consacrant à l’étude du crime organisé aux Caraïbes et en Amérique latine, les FARC détenaient, en 2015-2016, des biens pour une valeur de 580 millions de dollars, dont une grande part (267 millions de dollars) provenait d’activités liées aux drogues et à l’exploitation minière illégale. Bien qu’en 2017 des accords de paix aient été entamés entre le gouvernement et les FARC, certains de leurs membres les ont rejetés et se sont organisés en groupes dissidents. L’un d’eux, appelé Bloc Est (ou Oriental), a pris le contrôle d’une bonne partie du trafic de cocaïne dans le pays.

D’après la World Atlas, depuis 2015, on constate une croissance de l’utilisation de deux drogues par les membres de l’État islamique : le tramadol et la phényléthylamine. Le premier est un opioïde à fonction analgésique et la deuxième un psychostimulant. Ces drogues se trouvent surtout en Syrie et en Irak mais elles sont aussi présentes dans la région transsaharienne (Mali, Niger, Nigéria, Tchad et Lybie). C’est l’État islamique qui se charge du trafic et de la vente de ces deux substances, que ce soit auprès de leurs combattants ou d’individus étrangers à leur cause.

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Plusieurs façons d’être victime de la cybercriminalité

Le cinquième rapport annuel d’Europol sur la menace de la criminalité organisée (IOCTA) offre une vision unique de l’application de la loi sur les menaces émergentes et les développements clé dans le domaine de la cybercriminalité au cours de l’année dernière. Mais il offre davantage car il décrit les menaces futures et fournit des recommandations aux autorités policières européennes pour faire face à ces défis de manière adéquate.

Les cybercriminels adoptent de nouvelles techniques créatives pour tromper leurs victimes et sont constamment à la recherche de méthodes pour éviter d’être détectés par la police. Parmi les méthodes les plus utilisées par les cybercriminels, soulignons les suivantes :

  1. Les logiciels rançonneurs (ransomware) : les criminels passent d’attaques aléatoires à des entreprises ou à des individus qui présentent des avantages potentiels plus importants.
  2. Les logiciels malveillants (malware) mobiles peuvent se développer à mesure que les utilisateurs passent des services bancaires en ligne aux services mobiles.
  3. Les cyberattaques sont devenues plus difficiles à détecter. Les attaques utilisant des logiciels malveillants sans fil sont devenues une composante standard de l’industrie du crime.
  4. La législation du Règlement général sur la protection des données exige que les infractions soient signalées dans les 72 heures. Les criminels peuvent essayer d’extorquer des organisations violées.
  5. Le motif caché derrière les intrusions dans un réseau est l’acquisition illégale de données à diverses fins, y compris l’hameçonnage ou la fraude de paiement.
  6. Les attaques DDoS continuent à se développer et les outils servant à les lancer sont facilement disponibles en tant que service, ce qui permet à des individus non qualifiés de lancer des attaques DDoS significatives.
  7. Il est prévu une croissance continue du volume d’attaques d’ingénierie sociale, mais en tant que composante clé de cyberattaques plus complexes. Dans le futur, les fraudeurs ouest-africains joueront vraisemblablement un rôle plus important au sein de l’UE puisque l’Afrique continue d’avoir la plus forte croissance de l’utilisation d’Internet au niveau mondial.
  8. Les cyberattaques qui, historiquement, ciblaient les instruments financiers traditionnels visent maintenant des entreprises et utilisateurs de crypto-monnaies.
  9. L’augmentation des demandes d’extorsion et de rançongiciel dans ces devises illustrera ce changement.
  10. L’exploitation sexuelle des enfants en ligne reste l’aspect le plus inquiétant de la cybercriminalité, avec des volumes de données inimaginables il y a dix ans, en partie à cause du nombre croissant de jeunes enfants ayant accès à des dispositifs connectés à Internet et aux réseaux sociaux.
  11. Cela conduit à une explosion de matériel auto-généré.
  12. Les délinquants cherchent continuellement de nouveaux moyens d’éviter que les forces de l’ordre ne les détectent, y compris des outils d’anonymisation et de cryptage, des applications de communication quotidienne avec chiffrement de bout en bout, des plateformes de réseaux sociaux ou même la chaîne de blocage de Bitcoin. La plupart des informations se trouvent toujours sur Internet, mais certaines des données les plus extrêmes se trouvent sur des services cachés accessibles uniquement sur le Darknet.
  13. La diffusion en direct d’abus sexuels sur des enfants reste un crime particulièrement complexe à enquêter et va probablement augmenter à l’avenir.
  14. La copie frauduleuse de cartes bancaires (skimming) continue d’avoir du succès dans la mesure où des bandes magnétiques de cartes sont toujours utilisées.
  15. La fraude en matière de télécommunications est une tendance ancienne mais croissante, qui implique des paiements non monétaires.

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