Existe-t-il des accords entre le Gouvernement salvadorien et les « Maras » ?

Il y a quelques jours, le journal salvadorien El Faro a rapporté que le déclin profond de la violence homicide au Salvador, fruit du gouvernement du président Nayib Bukele et son mérite principal en un peu plus d’un an au pouvoir, a été remis en question par une enquête journalistique qui l’attribue à un pacte conclu avec le gang « Mara Salvatrucha (MS13) ».

Les médias ont publié un rapport, citant des documents officiels et des déclarations d’un chef du gang, indiquant que le gouvernement est en négociations avec le MS13 depuis juin 2020 et que le pacte comprendrait des faveurs électorales pour les élections de 2021.

Les recherches du journal El Faro signalent que les négociations entre le gouvernement et les « Maras » comprennent le soutien politique de ces groupes au gouvernement établi en échange de la promesse d’abroger les lois et d’affaiblir le régime de sécurité maximale dans les prisons, si en février prochain le parti Nuevas Ideas, du président Nayib Bukele, prend le contrôle de l’Assemblée législative aux élections en choisissant les 84 députés et 262 gouvernements locaux.

Pendant ce temps, les données de la police entre le 1er janvier et le 2 septembre de cette année n’ont recensé que 829 homicides, ce qui représente une réduction d’environ 56 % par rapport aux 1871 morts violentes dans la même période de l’année 2019.

Si cette tendance se poursuit, El Salvador clôturerait 2020 avec environ 1200 homicides, à savoir un taux de 18 homicides pour 100 000 habitants, soit le taux le plus bas depuis 1994.

La nouveauté de ce dialogue avec les « Maras », déclarés groupes terroristes par la Cour suprême d’El Salvador, est que les voix qui dénoncent ces liens sont de plus crédibles au fur et à mesure que les preuves se consolident, causant des préoccupations au sein du Département d’État et du Congrès des États-Unis.

Malgré ces enquêtes journalistiques, le président salvadorien, Nayib Bukele, a récusé que son gouvernement ait conclu un pacte avec le gang « Mara Salvatrucha (MS13) » afin de réduire le nombre de meurtres en échange d’avantages criminels. M. Bukele a fait remarquer que ceux qui les accusaient de violer les droits de l’Homme des terroristes disent maintenant qu’on leur accorde des privilèges.

Le Président a rappelé les événements d’avril dernier, lorsque les « Maras » ont fait monter la moyenne quotidienne des homicides pendant quelques jours. À ce moment-là, le gouvernement salvadorien a ordonné aux prisons de détenir des membres des « Maras » 24 heures, de barricader les portes à barreaux avec des plaques métalliques afin d’empêcher la communication par signes, et de mélanger les membres des gangs dans leurs cellules sans tenir compte de leurs rivalités.

Pourtant, selon le journal El Faro, la décision de mélanger différents membres de gangs dans les prisons a été annulée à la suite de réunions entre des fonctionnaires et des responsables de structures criminelles. Le gouvernement nie ces affirmations.

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Davantage de cyberattaques pendant les six premiers mois de 2020 que pendant toute l’année 2019

Les profonds changements résultant de la pandémie de COVID-19, à savoir la hausse du télétravail et l’augmentation de l’activité des logiciels de rançon, ou ransomware, ont été les deux principaux moteurs de la montée des cyberattaques.

Une étude de l’entreprise CrowdStrike sur l’activité récente de leurs clients en matière de menaces sur les réseaux a montré davantage de tentatives d’intrusion au cours des six premiers mois de cette année qu’au cours de toute l’année 2019.

L’équipe chargée d’enquêter sur les menaces de ce fournisseur de sécurité informatique a bloqué environ 41 000 intrusions possibles entre le 1er janvier et le 30 juin de cette année, contre 35 000 pour l’ensemble de l’année dernière. Les intrusions survenues au cours des six premiers mois de 2020, durant desquelles un cybercriminel se livre activement à des activités malveillantes, ont été 154 % supérieures au nombre de menaces similaires observées par les enquêteurs de CrowdStrike en 2019.

Comme il fallait s’y attendre, l’une des causes les plus importantes de l’augmentation des menaces a été l’adoption rapide du télétravail en réponse à la pandémie de COVID-19. Cela a considérablement élargi la surface d’attaque dans de nombreuses organisations, un espace que les cybercriminels ont rapidement essayé d’exploiter.

Un autre facteur de déclenchement a été la disponibilité croissante des offres de ransomware en tant que service (RaaS) et l’augmentation des utilisateurs ayant des capacités d’attaque de réseau. Il y a eu une hausse notable des attaques de logiciel de rançon, qui ont également impliqué le vol de données sensibles et les tentatives ultérieures d’extorsion de fonds aux victimes en menaçant de rendre les données publiques.

Malgré toute l’attention que les groupes de cybermenaces et d’espionnage ont récemment suscitée, l’immense majorité des attaques réelles que CrowdStrike a bloquées au cours des six premiers mois de cette année avaient une motivation financière. En fait, 82 % des attaques détectées par les enquêteurs appartenaient à la catégorie criminalité électronique, contre 69 % en 2019.

Comme c’est le cas depuis un certain temps, les organisations des secteurs de la finance, de la technologie et des télécommunications se sont mobilisées et protégées plus que les organisations dans la plupart des autres secteurs. En outre, CrowdStrike a observé une montée spectaculaire de l’activité d’intrusion impliquant des entreprises manufacturières.

En effet, au cours du premier semestre de 2020, l’industrie manufacturière a été le deuxième secteur le plus souvent ciblé après le secteur technologique. D’après l’entreprise, la nature critique de la plupart des opérations de fabrication et la propriété intellectuelle ainsi que d’autres données détenues par les fabricants du secteur en font une cible de choix pour les attaquants ayant une motivation financière et d’autres cybercriminels.

Les autres secteurs qui ont connu une croissance de l’activité cybercriminelle étaient ceux de la santé, de l’alimentation et des boissons ainsi que les établissements d’enseignement.

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INTERPOL met en garde contre la menace croissante que représente la cybercriminalité

369.-baixaEn raison de la pandémie de COVID-19, la cybercriminalité augmente à un rythme alarmant et, selon un nouveau rapport d’INTERPOL, devrait accélérer encore davantage.

Le document explique comment les cybercriminels tirent parti du recours croissant aux technologies numériques, nécessaires ces derniers mois. Par exemple, de nombreuses organisations se sont tournées vers le télétravail. Pour cela, elles ont déployé des systèmes et des réseaux à distance, ce qui n’est pas toujours entièrement sûr.

En se basant sur les informations fournies par les différents pays membres, INTERPOL a conclu que pendant la pandémie, il y a eu une augmentation considérable du nombre de domaines malveillants (22 %), de logiciels malveillants et de vols de données (malware, ransomware) (36 %) et d’arnaques par hameçonnage (ou « phishing ») (59 %).

Les malfaiteurs ont revu leurs arnaques en ligne et par hameçonnage habituelles de façon à profiter de la crise du COVID-19, en exploitant les craintes de leurs victimes en ce qui concerne leurs finances et leur santé.

Le rapport a également révélé que la cible des cybercriminels n’était plus tellement les particuliers et les petites entreprises, mais plutôt les grandes entreprises, les gouvernements et les infrastructures essentielles, qui peuvent leur rapporter beaucoup plus.

Selon INTERPOL, les cybercriminels développent et mènent leurs attaques à un rythme alarmant, en tirant parti de la peur et de l’incertitude causées par la situation sociale et économique instable due au COVID-19. La dépendance croissante à Internet dans le monde entier crée également de nouvelles opportunités, nombre d’entreprises et de particuliers ne vérifiant pas si leurs mesures de cybersécurité sont à jour.

L’étude met également en avant la probabilité d’une augmentation de la cybercriminalité dans un avenir proche, principalement en raison des vulnérabilités liées au télétravail, de la focalisation continue sur les arnaques en ligne avec un dénominateur commun, le COVID-19, et lorsqu’il y aura un vaccin, d’une augmentation des cas de phishing liés aux produits médicaux.

Ainsi, comme l’explique le rapport d’INTERPOL, la pandémie de COVID-19 offre énormément d’opportunités aux criminels. En effet, de nombreuses organisations peuvent être exposées à un risque élevé d’attaques de ransomware pour avoir ouvert des solutions d’accès à distance, telles que des VPN.

Il est possible que ces points d’accès à distance ne soient pas configurés correctement ni suffisamment sécurisés, car les ordinateurs connectés à distance peuvent ne pas disposer des dernières innovations. De plus, pour faire du télétravail, les employés peuvent avoir dû utiliser leurs ordinateurs personnels, ce qui pose des problèmes de sécurité supplémentaires.

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Le ransomware, l’autre pandémie

368.-baixaAlors que le monde entier subit les ravages de la pandémie de COVID-19, un autre virus, celui-ci de nature informatique, est à l’origine de nombreux autres problèmes. Bien que ce virus informatique existe depuis des années, ses conséquences ont augmenté de façon alarmante ces derniers mois. Les plus graves touchent des activités et des organisations essentielles telles que les hôpitaux, les entreprises ou les gouvernements.

Le nom de ce virus est le « ransomware », ou rançonlogiciel. Pour y faire face et aider les victimes à lutter contre les hackers, il y a No More Ransom. No More Ransom est le premier partenariat public-privé de ce type qui aide les victimes du ransomware à récupérer leurs données chiffrées sans avoir à payer de rançon aux cyberdélinquants. No More Ransom travaille en collaboration avec des partenaires tels qu’Europol, Politie, Kaspersky et McAfee.

La boîte à outils de décryptage No More Ransom a accueilli plus de 4,2 millions de visiteurs de 188 pays depuis son lancement et a mis fin à environ 632 millions de dollars de demandes de rançon. Un montant qui se serait autrement retrouvé dans les poches de criminels.

Grâce aux contributions de ses 163 partenaires, le portail a ajouté 28 outils au cours de la dernière année et peut désormais déchiffrer 140 types d’infections par ransomware. Le portail est disponible en 36 langues.

Pour l’utiliser, il vous suffit de vous rendre sur le site web nomoreransom.org et de suivre les étapes indiquées par Crypto Sheriff pour vous aider à identifier le type de ransomware dont votre appareil est infecté. Si une solution est disponible, un lien vous sera fourni pour télécharger gratuitement l’outil de décryptage. No More Ransom a fait beaucoup de chemin pour aider les personnes touchées par le ransomware, mais il en existe de nombreux types qui n’ont pas encore été neutralisés.

Comme dans le cas de la pandémie de coronavirus, la prévention est le meilleur remède. Il existe quelques mesures préventives pour vous protéger contre le ransomware :

  • Enregistrez toujours une copie de vos fichiers les plus importants n’importe où ailleurs : dans le cloud, sur un disque dur externe, sur une carte mémoire ou sur un autre ordinateur.
  • Utilisez un logiciel antivirus fiable et à jour.
  • Ne téléchargez pas de logiciels à partir de sources suspectes.
  • N’ouvrez pas les pièces jointes d’e-mails provenant de sources inconnues, même si elles semblent importantes et crédibles.
  • Et si vous êtes victime d’un ransomware, ne payez jamais la rançon.

Une solution innovante est désormais nécessaire pour les types de ransomware qui ne sont pas encore inclus dans le portail, afin d’aider les victimes à récupérer leurs fichiers sans avoir à payer les criminels.

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L’activité des délinquants sexuels augmente pendant la pandémie de COVID-19

366.-baixaDepuis le début de la pandémie de COVID-19, on observe une augmentation des échanges de contenus sexuels de nature criminelle : abus d’enfants en ligne, contrainte sexuelle ou encore extorsion de mineurs.

Dans la transition du monde réel au monde virtuel, les mineurs ne sont pas en reste : appels vidéo avec des amis ou des membres de la famille, interaction sur les réseaux sociaux, jeux en ligne, utilisation du Web comme environnement éducatif et scolaire, etc. Ainsi, plus ces réseaux sont utilisés, plus il y a de délinquants présents sur le Web et plus l’échange de contenus risque d’augmenter s’ils trouvent de nouvelles victimes. Souvent, ils exploitent des contenus produits par les victimes elles-mêmes, sans qu’elles soient conscientes de cette exploitation, ce qui constitue une menace considérable pour la sécurité des mineurs.

Dans la conjoncture actuelle, les délinquants sexuels ont trouvé une fabuleuse occasion d’accéder à un groupe plus large de victimes potentielles. Le rapport publié il y a quelques semaines par Europol analyse l’augmentation des échanges en ligne d’images d’exploitation sexuelle d’enfants, mais il fournit aussi des outils pour faire face à cette grave menace pour la sécurité des enfants.

Il convient de mentionner que l’échange de contenus pédopornographiques n’est généralement pas motivé par un bénéfice économique présumé, bien qu’il existe des modalités rémunérées, comme les abus en direct à distance. Comme les délinquants ne peuvent pas voyager en raison des restrictions liées aux coronavirus, le streaming en temps réel leur permet de regarder à la demande des actes d’exploitation sexuelle de mineurs.

Le ralentissement économique lié à la pandémie de COVID-19 pourrait contribuer à une augmentation des contenus pédopornographiques produits dans les communautés vulnérables dans le but d’obtenir des bénéfices économiques. La nature des contenus pédopornographiques peut également être dissimulée derrière des publicités qui rapportent des bénéfices économiques aux délinquants, qui utilisent par exemple la formule du « coût par clic ».

La société, y compris la police, doit faire des efforts pour éduquer les mineurs et éviter à tout prix qu’ils deviennent des victimes. La meilleure arme contre les prédateurs sexuels est d’éduquer les enfants pour prévenir la criminalité. Les préjudices portés aux victimes de ces crimes sont graves, et ils se répètent à chaque partage d’une image ou d’une vidéo de ces victimes.

Europol surveille cette menace et apporte un soutien continu aux États membres et aux services de police pour identifier les délinquants et les victimes. Par exemple, la campagne européenne #SayNo vise à sensibiliser les mineurs aux dangers qu’ils courent lorsqu’ils partagent des contenus explicites sur le Web.

Dans la même optique, Europol a coordonné une enquête en Italie à laquelle ont participé plus de 200 enquêteurs. Le ministère public de Turin a dirigé l’opération en juin 2020 en utilisant les données envoyées par Europol.

L’enquête a conduit à l’arrestation de trois personnes et à la saisie de milliers de fichiers. Au cours de cette enquête, les services de police ont découvert que l’un des suspects avait déjà été arrêté pour abus sexuels sur mineurs. Le sommaire mentionne l’existence d’images et de vidéos de violences sexuelles dont les victimes étaient principalement des bébés, des enfants de 6 ans et des préadolescents.

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Le Salvador poursuit sa lutte incertaine contre les gangs

362.- baixaEn pleine pandémie de COVID-19, les images de milliers de membres de gangs entassés par le gouvernement du Salvador ont fait le tour du monde.

Le pays continue sa lutte contre les membres des gangs, en particulier ceux de la Mara Salvatrucha et la 18. Selon Osiris Luna, vice-ministre de la Sécurité et directeur général du système pénitentiaire, l’État a décidé de mélanger différents groupes d’organisations criminelles en détention dans les mêmes cellules afin de frapper un grand coup sur les gangs.

Depuis une vingtaine d’années, les gouvernements successifs utilisent le lieu commun de la prison pour démontrer qu’ils combattent fermement le phénomène des gangs. Il ne faut pas oublier que, selon les estimations officielles, il existe environ 60 000 membres actifs de gangs dans un pays qui compte moins de 7 millions d’habitants.

De plus, en 2018, selon les informations des centres pénitentiaires, 44 % de la population carcérale était membre d’un gang, soit 17 400 personnes sur un total de 39 300 personnes incarcérées.

La différence est qu’auparavant, le système pénitentiaire permettait une ségrégation totale entre les membres des différents gangs, avec des prisons exclusives assignées à chaque gang.

Cette initiative, considérée par les gangs comme une victoire contre le système, a servi à contenir pendant des années les chiffres d’émeutes et de meurtres à l’intérieur des prisons, mais a consolidé le pouvoir et la structure interne de ces organisations criminelles.

Le gouvernement précédent a pris les premières décisions pour changer cette situation en 2016, mais c’est sous le gouvernement de Nayib Bukele que les transformations se sont accélérées.

Les conséquences que ces politiques pénitentiaires peuvent entraîner sont imprévisibles. Il faut également retenir que les gangs comme la Mara Salvatrucha ou MS-13 sont formés d’un conglomérat de programmes et de cliques avec une certaine autonomie opérationnelle et, même s’il existe un commandement général, ces derniers ne suivent pas toujours les mêmes ordres. De ce fait, il y a eu des conflits sanglants entre les membres d’un même gang. Aujourd’hui, parler de la MS-13 au Salvador en tant qu’entité homogène n’est plus très précis.

L’autre gang principal se nomme le Barrio 18. Il a également connu des conflits internes au milieu de la dernière décennie et a divisé son groupe en deux camps : les Sureños et les Revolucionarios.

D’autres gangs mineurs tels que La Mirada, Locos 13 ou la Mao-Mao compteraient actuellement environ 300 membres actifs incarcérés.

On distingue également le front de ceux que l’on appelle les retraités, d’anciens membres de gangs, qui ont généralement quitté la MS-13 ou la 18, surtout à la suite de problèmes internes.

Ils ne sont pas considérés comme un gang mais, à ce stade, plus de 3 000 d’entre eux sont en prison. De plus, depuis 2004, ils se sont vu attribuer un centre pénitentiaire exclusif dans ville de Sonsonate.

https://www.eluniversal.com.mx/mundo/el-salvador-polemica-por-fotos-de-pandillas-hacinadas

https://elpais.com/elpais/2020/04/28/eps/1588078228_9303.html

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Femmes et crime organisé en Amérique latine

358.- baixaLe crime organisé est l’un des principaux défis auxquels l’Amérique latine est confrontée. C’est ainsi que l’exprime l’étude Mujeres y crimen organizado en América Latina: más que víctimas o victimarias (« Femmes et crime organisé en Amérique latine : plus que des victimes ou des bourreaux ») de l’Observatorio Colombiano de Crimen Organizado.

En effet, les niveaux élevés de violence dans la région sont particulièrement alarmants. Depuis les années 90, l’ouverture des économies, la faiblesse institutionnelle des États et d’autres facteurs sociaux tels que la pauvreté et les inégalités ont favorisé la croissance d’activités transnationales telles que le trafic de drogue, le trafic d’armes et le trafic de migrants. De cette manière, l’Amérique latine est devenue la région du monde où les actes criminels se sont le plus développés.

Les hommes ont toujours dominé le secteur des activités illégales, ces dernières étant généralement considérées comme « une affaire d’hommes ». La participation des femmes au crime organisé n’a été que très peu analysée dans les études universitaires et le débat public.

En raison du manque d’informations et de chiffres, la recherche sur ce sujet est limitée, même si elle a considérablement augmenté au cours de la dernière décennie. L’invisibilité relative des femmes dans les débats sur le crime organisé est également due au fait qu’elles sont généralement vues comme une annexe de leurs partenaires masculins au sein des structures criminelles, par exemple en tant qu’amantes ou objets sexuels. Les stéréotypes selon lesquels les femmes sont dépendantes et faibles renforcent l’idée qu’elles ne peuvent pas prendre de décisions indépendantes en matière d’activités illégales.

La participation des femmes aux structures du crime organisé n’est pas uniforme. Les différents rôles joués par les femmes dans les activités criminelles permettent de distinguer différents types de participation qui forment un éventail : de subordonnées et victimes à protagonistes, leaders et bourreaux dans certains cas.

Malgré le manque de preuves empiriques systématiques concernant la participation des femmes au crime organisé, cette recherche permet de formuler quelques recommandations pour la prévention et la prise en charge des populations touchées :

  • renforcer les systèmes d’informations statistiques sur le crime organisé et la participation des femmes à différentes activités criminelles en tant que victimes et bourreaux ;
  • élaborer des stratégies de différenciation qui montrent la nature propre de la participation des femmes à l’économie du crime organisé ;
  • comprendre les facteurs qui poussent les femmes à participer à des activités illégales à des fins préventives ;
  • créer des cartes illustrant les différents rôles des femmes dans le crime organisé, y compris d’autres activités illégales telles que la contrebande et l’extorsion ;
  • promouvoir l’émancipation des femmes au moyen d’initiatives collectives qui visent à donner des opportunités aux femmes les plus susceptibles de tomber dans le crime organisé ;
  • renforcer les synergies de travail entre les gouvernements locaux, régionaux et nationaux des pays d’Amérique latine afin de fournir une assistance aux victimes du crime organisé;
  • encourager les autorités de police et de justice d’Amérique latine à adopter une approche sexospécifique dans leurs enquêtes ;
  • renforcer les liens entre les institutions sociales, économiques et éducatives afin d’encourager les femmes spécialisées dans la logistique à passer de l’illégalité à la légalité.

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Faites bien attention à la carte SIM de votre téléphone portable !

357.- baixaComment les délinquants volent-ils des milliers d’euros en s’attaquant à des numéros de téléphone ? Votre téléphone portable perd son signal et ne sonne plus lorsque l’on vous appelle. Vous essayez de vous connecter à votre compte bancaire mais le mot de passe ne fonctionne pas. Malheureusement, vous êtes victime d’une arnaque à la carte SIM et votre numéro de téléphone est désormais contrôlé par un délinquant.

Lors d’une arnaque à la carte SIM, le fraudeur se fait passer pour sa victime et demande une nouvelle carte SIM à son opérateur de façon à recevoir tous les appels entrants et SMS envoyés au numéro de téléphone de la victime, y compris les mots de passe qui lui permettent d’accéder à son compte bancaire.

L’arnaqueur peut effectuer des transactions en utilisant des méthodes telles que des logiciels malveillants, et lorsque la banque envoie un mot de passe par SMS, le fraudeur le reçoit et autorise la transaction.

Plusieurs polices de l’Union européenne (Autriche, Espagne et Roumanie) ont mené des opérations avec ce dénominateur commun, considéré par les autorités comme une menace croissante. En Espagne, un groupe de 12 individus de nationalité italienne, roumaine, colombienne et espagnole qui avaient réussi à voler 137 000 € sur les comptes bancaires de plusieurs victimes ont été arrêtés en coordination avec Europol et le Centre européen de lutte contre la cybercriminalité (EC3).

Leur mode opératoire n’est pas très complexe, mais s’est avéré efficace. Les délinquants ont obtenu les mots de passe des comptes bancaires en ligne de leurs victimes en utilisant des méthodes de piratage telles que des chevaux de Troie bancaires ou d’autres types de logiciels malveillants.

Si vous ne voulez pas être la prochaine victime, voici quelques conseils :

  • maintenez les logiciels de tous vos appareils à jour ;
  • ne cliquez pas sur les liens et ne téléchargez pas les pièces jointes d’e-mails que vous n’attendiez pas ;
  • ne répondez pas aux e-mails suspects;
  • limitez la quantité de données à caractère personnel que vous partagez en ligne ;
  • utilisez l’authentification à deux facteurs pour accéder à vos services en ligne plutôt que de vous envoyer un code d’authentification par SMS ;
  • si possible, n’associez pas votre numéro de téléphone à des comptes en ligne délicats ;
  • configurez votre code PIN afin de limiter l’accès à votre carte SIM et ne partagez ce code PIN avec personne d’autre.

Si votre téléphone perd son signal soudainement, sans raison apparente :

  • informez votre fournisseur de services de votre situation ;
  • si vous remarquez des transactions suspectes sur votre compte bancaire, contactez votre banque ;
  • changez immédiatement tous les mots de passe de vos comptes en ligne ;
  • gardez toutes les preuves au cas où vous auriez à contacter la police.

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Comment les délinquants profitent-ils de la pandémie de COVID-19

352.- baixaEuropol a publié il y a quelques semaines un rapport sur les activités criminelles qui tirent profit de la pandémie de COVID-19.

La crise actuelle, une première dans l’histoire de l’Union européenne, a conduit les États membres à prendre différentes mesures de quarantaine, y compris des restrictions de voyage et de la vie publique, afin de ralentir la propagation de l’épidémie. L’objectif étant de soutenir les systèmes de santé publique, de préserver l’économie et de garantir l’ordre et la sécurité publics.

L’UE a identifié les facteurs qui, dans le cadre de la pandémie de COVID-19, ont entraîné des changements en matière de délinquance et de terrorisme, ce qui a eu un impact direct sur la sécurité intérieure de l’UE :

  • la demande élevée de certains produits, équipements de protection et produits pharmaceutiques ;
  • la diminution de la mobilité et du flux de personnes en provenance de l’UE et vers l’UE ;
  • les restrictions de la vie publique, qui ont fait que certaines activités criminelles sont devenues moins visibles et sont désormais menées à domicile ou en ligne ;
  • les citoyens restent chez eux et font de plus en plus de télétravail, en s’appuyant sur des solutions numériques ;
  • l’augmentation de l’anxiété et de la peur, qui peut générer une certaine vulnérabilité ;
  • la diminution de l’offre de certains produits illicites dans l’UE.

En plus d’être un grave problème de santé, la pandémie de COVID-19 présente un risque important en matière de cybersécurité. En effet, les criminels ont très vite profité de la propagation du virus en abusant de la demande croissante d’informations et de biens.

Ils ont utilisé la crise de COVID-19 pour mener des attaques d’ingénierie sociale, notamment des e-mails de phishing via des campagnes de spam, mais aussi des arnaques plus ciblées, telles que la compromission de la messagerie professionnelle (BEC).

La liste de cyberattaques contre des organisations et des individus est longue. Les campagnes de phishing, qui tirent profit de ce problème de santé mondial en distribuant des logiciels malveillants et des logiciels rançonneurs via des liens et des pièces jointes, en font partie.

Selon des sources policières, la recherche de matériel d’abus sexuels d’enfants en ligne a également augmenté. En particulier parce que les enfants sont moins surveillés et plus exposés en ligne en raison du confinement.

Les conséquences économiques pour les citoyens, les entreprises et les organismes publics risquent d’augmenter dans les mois à venir. Les délinquants ont également adapté les arnaques à l’investissement afin d’entraîner des investissements spéculatifs dans des actions liées à la crise de COVID-19, en promettant des bénéfices importants à leurs victimes.

Il est fort probable que les délinquants adaptent leurs mécanismes de fraude afin de tirer profit de la période postpandémique. Une fois de plus, les principales victimes seront les personnes âgées. Les escrocs se feront passer pour des fonctionnaires, des travailleurs sociaux ou des agents sanitaires offrant des tests de détection du COVID-19 afin d’entrer dans les domiciles de leurs victimes et de leur voler des objets de valeur.

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Le virus de la cybercriminalité

351. green-hoodie-thumbnailLes cyberdélinquants sont nombreux à tenter d’exploiter la pandémie de COVID-19 au moyen de différents types d’arnaques et d’attaques. Le nombre de victimes potentielles restant chez elles et utilisant des services en ligne dans l’Union européenne étant plus élevé que jamais, les cyberdélinquants disposent de nombreux moyens d’exploiter les opportunités et les vulnérabilités émergentes.

En avril 2020, Europol a publié le document Catching the virus cybercrime, qui dresse une liste des principales menaces de la cyberdélinquance :

  • l’impact de la pandémie de COVID-19 sur la cybercriminalité a été très visible et marquant par rapport à d’autres activités criminelles ;
  • les cybercriminels actifs ont su s’adapter rapidement afin de tirer profit de l’anxiété et de la peur de leurs victimes ;
  • des campagnes de phishing et de ransomware sont menées à bien afin d’exploiter la crise actuelle, et il est prévu que leur portée et leur ampleur continuent d’augmenter;
  • les activités liées à la distribution de matériel d’exploitation sexuelle d’enfants en ligne augmentent, selon un certain nombre d’indicateurs. Le Darknet continue d’héberger différentes plateformes, telles que des marketplaces et des boutiques en ligne, pour distribuer des biens et des services illicites ;
  • après une première fluctuation des ventes sur le Darknet au début de la crise en Europe, la situation s’est stabilisée en mars 2020 ;
  • les vendeurs tentent d’innover en offrant des produits liés à la pandémie de COVID-19 ;
  • la dynamique de l’offre et de la demande pour certains produits pourra être affectée ;
  • les distributeurs du Web surfacique font face à des pénuries de produits ;
  • les organisations criminelles cherchent à exploiter cette crise de santé publique pour leur propre profit ou pour faire avancer leurs intérêts géopolitiques ;
  • les fausses informations concernant l’épidémie de COVID-19 continuent de se propager dans le monde entier, ce qui peut avoir des conséquences néfastes sur la santé publique et la communication pendant la crise.

Les logiciels rançonneurs ont été la plus grande menace cybercriminelle de ces dernières années. La crise actuelle pourrait bien changer cette dynamique. En effet, la pandémie peut multiplier les effets néfastes d’une attaque réussie contre certaines institutions, ce qui renforce le besoin d’une cyber-résilience efficace.

Il est prévu que le nombre de tentatives de phishing tirant profit de cette crise continue d’augmenter et que de plus en plus de cyberdélinquants inexpérimentés seront en mesure de déployer un ransomware-as-a-service. Mais ces campagnes n’aboutiront pas toutes à des attaques réussies, en raison du manque d’expérience et de compétences techniques des délinquants.

Les délinquants tenteront probablement également d’exploiter les enfants confinés les plus vulnérables sur le plan émotionnel à travers le grooming, la coercition sexuelle et l’extorsion.

Les enfants ayant accès à Internet sans surveillance seront de plus en plus susceptibles d’être exposés à des délinquants par le biais d’activités en ligne telles que des jeux, des groupes de discussion, des tentatives de phishing par e-mail, un contact non sollicité sur les réseaux sociaux, etc.

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