Des cartels de la drogue mexicains actifs dans l’Union européenne

Les cartels mexicains fournissent une expertise en matière de drogues sur le territoire de l’UE. En particulier, dans le cas de la cocaïne et des méthamphétamines, cela pourrait entraîner une augmentation de la violence et l’émergence du fentanyl comme menaces potentielles futures.

Europol et la Drug Enforcement Administration (DEA) des États-Unis ont publié en décembre 2022 dernier un rapport d’analyse conjoint qui indiquerait que les groupes criminels mexicains ont collaboré avec les réseaux criminels de l’UE pour stimuler le trafic de méthamphétamine et de cocaïne de l’Amérique du Sud vers l’Union européenne.

Cette nouvelle forme de collaboration criminelle s’étend également à la production de chlorhydrate de cocaïne et de méthamphétamine. Bien qu’il n’existe à ce jour aucune preuve de l’existence d’un marché du fentanyl dans l’UE, la découverte d’installations de production et l’intervention de la substance dans l’Union suscitent des inquiétudes quant à l’émergence éventuelle d’un marché du fentanyl.

C’est la première fois que les autorités policières européennes et américaines élaborent un document commun dans le cadre de la lutte contre le trafic de drogue mondial. Le rapport, intitulé Complexités et commodités dans le commerce international de la drogue : l’implication des acteurs criminels mexicains dans le marché européen de la drogue, est le résultat d’un échange continu d’informations opérationnelles et stratégiques entre les analystes et la police des deux côtés de l’Atlantique.

La dernière évaluation de la menace que représente la criminalité grave et organisée dans l’UE a montré que les réseaux criminels sont de plus en plus internationaux et spécialisés, 65 % des groupes criminels actifs comprenant des membres de différentes nationalités. La présence d’acteurs criminels mexicains collaborant avec des acteurs européens sur le marché européen de la drogue suit également cette tendance.

Le rapport conjoint examine la manière dont les réseaux criminels impliqués coopèrent entre eux, notamment en faisant appel à des acteurs spécialisés à différents stades de leurs opérations. Les différents acteurs comprennent des facilitateurs tels que des chimistes de laboratoire, des envoyés, des intermédiaires et des prestataires de services de blanchiment d’argent. Les forces de l’ordre ont arrêté des spécialistes de laboratoire mexicains, également appelés cocineros, qui occupaient des postes de production en Europe. Ces acteurs sont particulièrement importants en raison de leurs connaissances uniques sur la façon d’améliorer le rendement du produit final et d’obtenir des cristaux de méthamphétamine plus gros et plus rentables.

Le rapport indique également que les cartels mexicains coopèrent avec des réseaux criminels basés dans l’UE pour le trafic de méthamphétamine et de cocaïne dans les ports européens en vue de leur distribution ou de leur transit vers des marchés encore plus lucratifs en Asie et en Océanie. L’utilisation d’envois dissimulés, tels que la cocaïne cachée dans des blocs de béton thermique cellulaire, ou les plans visant à établir des itinéraires de contrebande de cocaïne depuis la Colombie vers les aéroports du sud de l’Italie avec des jets privés, souligne la nature en constante évolution de ces activités criminelles. Les fonctionnaires corrompus des secteurs public et privé jouent le rôle de facilitateurs et contribuent à augmenter les chances de réussite du trafic de drogue vers l’Europe.

Sur le sol américain, les cartels mexicains ont l’habitude d’établir des plaques tournantes du trafic de drogue et de solides associations criminelles, et de recourir à la violence pour prendre le contrôle du territoire où ils mènent leurs activités. Une présence accrue des cartels mexicains dans l’UE pourrait également entraîner une augmentation de leurs profits et de ceux de leurs collaborateurs criminels, ainsi qu’un accroissement de la violence en Europe.

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Une action européenne contre les médicaments contrefaits et les substances dopantes pour une valeur de plus de 40 millions d’euros

Europol a coordonné pendant six mois en 2022 la troisième édition de l’Opération Shield, une initiative mondiale de lutte contre le trafic de médicaments contrefaits et de substances dopantes. Plus de 10,5 millions de médicaments ont été saisis, 349 suspects ont été arrêtés ou signalés aux autorités judiciaires et 10 laboratoires clandestins de fabrication de médicaments ont été fermés.

L’opération a impliqué les autorités douanières et policières de 28 pays (19 États membres de l’UE et 9 autres pays). L’Office européen de lutte antifraude (OLAF) a coordonné les agences douanières, tandis que l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO) a apporté son soutien financier. Frontex, l’Agence mondiale antidopage (AMA), l’Organisation mondiale des douanes (OMD) et les agences nationales de sécurité du médicament et des produits de santé ont soutenu l’opération.

Au cours de l’opération, les forces de l’ordre ont démantelé 59 groupes criminels et arrêté ou signalé 349 suspects aux autorités judiciaires. En parallèle, les autorités ont saisi des quantités considérables de médicaments contrefaits, de produits et substances dopants, de produits et compléments alimentaires sportifs illégaux, ainsi que des vaccins anti-COVID, des produits sanitaires et des dispositifs médicaux contrefaits. Les substances dopantes et les médicaments contre les dysfonctionnements érectiles figuraient parmi les articles les plus saisis. Pour renforcer la prévention et la sensibilisation, certains états participants ont lancé des campagnes antidopage et effectué des contrôles antidopage.

Le bilan final de l’Opération Shield est le suivant : saisies d’une valeur de plus de 40 millions d’euros, plus de 10,5 millions d’unités de médicaments et de substances dopantes confisquées, saisie de plus d’un million de tests COVID contrefaits, 195 enquêtes menées, 349 suspects arrêtés ou signalés aux autorités judiciaires, 59 groupes criminels organisés recherchés, 10 laboratoires clandestins fermés, 588 sites Web surveillés, 89 sites Web fermés, plus de 218 000 envois contrôlés, plus de 74 000 envois saisis, 3 526 contrôles de dopage effectués lors de compétitions (39 positifs) et enfin, 3 245 contrôles de dopage effectués hors compétition (9 positifs).

Au cours de l’opération, de nombreux cas de trafic de médicaments à grande échelle ont été découverts, ce qui confirme que ce trafic peut être aussi lucratif, voire davantage, que le trafic de drogue. Alors que ces crimes génèrent d’énormes profits illicites pour les trafiquants et les contrefacteurs, les finances publiques et les systèmes de protection sociale de certains États membres subissent des coûts financiers très élevés. Le coût pour la santé publique est également important, que ce soit pour le traitement des comportements addictifs ou pour les conséquences des overdoses ou des pénuries.

Bien que les réseaux criminels continuent d’exploiter les opportunités offertes par la pandémie de COVID-19, le trafic de médicaments et d’équipements de protection a connu une baisse significative en raison de la grande attention portée au phénomène et de la surveillance intense des forces de l’ordre. Les gouvernements qui proposent des vaccins gratuits ont contribué à créer une situation défavorable pour les criminels qui cherchent à alimenter un marché illégal. Dans certains cas, plusieurs tentatives de fraude des agences nationales responsables de fournir les médicaments et les dispositifs de protection ont pu être détectées et déjouées.

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Début des négociations en Europe sur la directive relative à la criminalité environnementale

Le Conseil de l’Union européenne a ouvert une période de négociations avec le Parlement européen au sujet de la directive sur la criminalité environnementale dans le but d’obtenir un instrument juridique visant à renforcer la protection de l’environnement.

La proposition vise à améliorer les enquêtes et les poursuites dans le domaine de la criminalité environnementale avec une meilleure définition de cette criminalité et l’ajout de nouvelles typologies. Elle harmonise également les niveaux de sanctions pour les personnes physiques et, pour la première fois, également pour les personnes morales.

Si le droit pénal européen compte actuellement neuf types d’infractions, les négociations définissent 20 infractions, élargissant et détaillant le champ des comportements interdits qui portent atteinte à l’environnement. Parmi les nouveaux délits, citons le recyclage illégal de composants de navires polluants, les infractions graves à la législation sur les produits chimiques et le trafic de bois, qui est la principale cause de déforestation dans certaines régions du monde.

Pour les personnes physiques qui commettent l’un des actes visés par la présente proposition, les sanctions suivantes sont prévues :

  • pour les infractions commises intentionnellement et ayant entraîné la mort d’une personne, une peine minimale de dix ans d’emprisonnement ;
  • pour les infractions commises au moins par négligence grave causant la mort d’une personne, une peine minimale de cinq ans ;
  • pour toutes les autres infractions intentionnelles visées par la législation, une peine minimale de trois ans d’emprisonnement.

Dans le cas des personnes morales, le texte prévoit les sanctions suivantes :

  • pour les infractions les plus graves, une amende maximale d’au moins 5 % du chiffre d’affaires total au niveau de la personne morale, ou de 40 millions d’euros ;
  • pour toutes les autres infractions, une amende maximale d’au moins 3 % du chiffre d’affaires mondial total de la personne morale, ou de 24 millions d’euros.

Des mesures complémentaires peuvent également être prises, telles que l’obligation pour le contrevenant de restaurer l’environnement ou de compenser les dommages, son exclusion de l’accès aux financements publics ou le retrait de ses permis ou autorisations.

De plus, le texte intègre la nécessité d’assurer la formation des personnes travaillant dans le domaine de la détection, des enquêtes ou des poursuites dans le domaine de la criminalité environnementale, et de doter ces services de ressources suffisantes.

Il contient également des dispositions sur l’aide et l’assistance aux personnes qui signalent des infractions environnementales, aux défenseurs de l’environnement et aux personnes touchées par les infractions environnementales.

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Criminalité en Angleterre et au Pays de Galles selon les données collectées jusqu’en juin 2022 : hausse des infractions sexuelles et de l’utilisation d’armes blanches

Ces dernières années, la pandémie de COVID-19 et les restrictions gouvernementales sur les interactions sociales ont considérablement affecté les tendances dans le domaine de la criminalité.

De toutes les données étudiées, les données collectées sur l’Angleterre et le Pays de Galles concernent une période neuf mois, allant d’octobre 2021 à juin 2022. Ces chiffres montrent une baisse de 8 % de l’ensemble de la criminalité par rapport aux chiffres de 2020. Selon ces estimations, plus de 9,4 millions de crimes et délits ont été commis à l’encontre de personnes de plus de 16 ans. Le nombre de vols a notamment diminué de 19 %.

Si le nombre de délits de fraude a considérablement augmenté pendant la pandémie, tout indique qu’il diminue lentement pour atteindre des niveaux inférieurs à ceux de la pandémie.

Les données sur les délits enregistrés par la police donnent une idée des délits de moindre volume mais plus dangereux que l’enquête ne couvre pas ou ne saisit pas bien. Ainsi, les chiffres de la police indiquent une diminution de 23 % des vols, de 10 % des crimes impliquant une arme à feu et de 5 % des homicides. Cependant, il est encore trop tôt pour savoir si ces chiffres annoncent un changement dans les tendances à long terme.

Les infractions sexuelles enregistrées par la police ont augmenté de 21 % par rapport à l’année précédant la pandémie, ces infractions ayant considérablement diminué pendant la période de restriction des contacts sociaux. Cette hausse amène le nombre d’infractions sexuelles à 196 889, le chiffre annuel le plus élevé jamais enregistré en Angleterre et au Pays de Galles. Parmi toutes les infractions sexuelles enregistrées par la police jusqu’en juin 2022, 36 % (70 600) étaient des viols. Il s’agit d’un bond d’environ 20 % par rapport aux 59 046 viols enregistrés sur la période finissant en mars 2020. Les autres infractions sexuelles ont également connu une hausse, passant au nombre de 126 289.

Quant aux homicides, ils ont diminué de 5 %, avec 716 cas sur la période finissant en mars 2020, contre 679 cas sur les mois ciblés par la collecte terminée en 2022. Dans 38 % de ces 679 cas, l’arme du crime était une arme blanche.

L’augmentation de 8 % des infractions impliquant un couteau ou un objet tranchant est notamment liée à des chiffres accrus dans les zones de trois organisations policières en particulier : la Metropolitan Police (de 10 605 infractions à 11 232), la West Midlands Police (de 3 299 infractions à 4 958) et la Greater Manchester Police (de 3 297 infractions à 3 563). En phase avec ces données, la police en Angleterre et au Pays de Galles a signalé une hausse de 9 % des cas de possession d’arme blanche, passant de 23 242 cas sur la période finissant en mars 2020 à 25 287 cas sur la période finissant en juin 2022. Ces chiffres plus élevés pourraient être liés à l’intensification des efforts policiers en matière de prévention des agressions à l’arme blanche.

Sur la période prenant fin en juin 2022, la police a enregistré 5 976 infractions impliquant une arme à feu. Cela représente une diminution de 10 % par rapport à la période de 2020.

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Attention aux escroqueries pendant cette période d’achats en ligne intensive !

Une opération coordonnée contre la fraude liée au commerce électronique a conduit à l’arrestation de 59 fraudeurs présumés et à l’activation de nouvelles pistes d’enquête dans toute l’Europe, dans le cadre de l’action eCommerce 2022 (eComm 2022).

L’opération, d’une durée d’un mois (du 1er au 31 octobre 2022), a impliqué 19 pays qui luttent contre les réseaux criminels qui utilisent les informations de cartes de crédit volées pour commander des articles de grande valeur dans des boutiques en ligne.

L’action a été coordonnée par le Centre européen de lutte contre la cybercriminalité (EC3) d’Europol et le Merchant Risk Council, et a reçu l’aide directe des commerçants, des entreprises de logistique, des banques et des systèmes de cartes de paiement.

Bien que les paiements en ligne soient généralement très sûrs, notamment grâce aux méthodes d’authentification sécurisée des clients largement mises en œuvre en Europe, les criminels modifient continuellement leurs techniques pour trouver de nouveaux moyens de dérober de l’argent.

Les conclusions de l’étude eComm 2022 ont permis d’identifier les principales menaces pour le secteur du commerce électronique :

Fraude par hameçonnage, vishing et smishing : les numéros de carte de crédit volés sont souvent obtenus par des attaques de phishing/vishing/smishing par lesquelles des criminels contactent des personnes par téléphone, par SMS, par des applications de messagerie ou par courrier électronique et tentent de les convaincre de communiquer les informations de leur carte de crédit. Parfois, ces attaques promettent une récompense, ou alors elles se font passer pour une entreprise ou une agence gouvernementale de confiance.

Fraude par prise de contrôle du compte : cette fraude se produit lorsqu’un criminel obtient l’accès au compte d’un utilisateur dans une boutique de commerce en ligne. Cette escroquerie peut se faire par le biais de diverses méthodes, comme l’achat de mots de passe, de codes de sécurité ou d’informations personnelles volés sur le dark Web ou la mise en œuvre réussie d’un système d’hameçonnage contre un client particulier. Une fois l’accès au compte d’un utilisateur obtenu, les criminels peuvent se livrer à des activités frauduleuses. Par exemple, ils peuvent modifier les détails du compte d’un utilisateur, effectuer des achats dans des boutiques e-commerce, retirer des fonds et même accéder à d’autres comptes de cet utilisateur.

Fraude par triangulation : ce type d’arnaque se produit lorsque des criminels en ligne mettent en place un faux site Web ou une réplique et attirent ainsi les acheteurs avec des produits bon marché. Parfois, ces faux sites Web peuvent apparaître dans des publicités ou être envoyés à l’adresse e-mail d’un utilisateur le dirigeant ainsi vers le site Web via une tentative d’hameçonnage. Le problème est que ces articles n’existent pas réellement ou, bien sûr, ne sont jamais expédiés.

Par le biais d’une campagne de sensibilisation, les forces de l’ordre européennes ont fait équipe avec Europol et le Merchant Risk Council pour partager des conseils pratiques sur la façon d’échapper à ces criminels qui tentent de duper les achats en ligne.

Cette campagne vise à aider les nouveaux commerçants à ouvrir leur première boutique en ligne en réduisant les risques de cyberattaques et à promouvoir les méthodes sécurisées d’achat en ligne, pour un e-commerce plus sûr.

Les pays et membres participants partagent la campagne sur leurs réseaux sociaux avec le hashtag #SellSafe pour permettre aux commerçants de mieux comprendre les risques de fraude liés à l’e-commerce.

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Les passeurs de migrants utilisent des avions privés pour mener leurs activités

Avec le soutien d’Eurojust et d’Europol, les autorités judiciaires et policières d’Autriche, de Belgique, d’Allemagne, de France, d’Italie et des États-Unis ont démantelé un réseau criminel impliqué dans des opérations de trafic de migrants, fraude aux documents et blanchiment d’argent.

Des avions privés décollaient de Turquie avec à leur bord des migrants, principalement des Irakiens et des Iraniens d’origine kurde, équipés d’un faux passeport diplomatique. Mais ces vols n’arrivaient jamais à leur destination officielle, généralement dans les Caraïbes. Lors d’escales dans divers aéroports européens, notamment en Autriche, en France et en Allemagne, les migrants étaient expulsés de l’avion et leur faux passeport était confisqué. Les migrants devaient alors présenter une demande d’asile. Les suspects faisaient payer jusqu’à 20 000 euros par personne transportée.

Selon les enquêtes policières, au moins cinq opérations de trafic ont eu lieu entre octobre et décembre 2020 dans cinq pays européens différents. De plus, d’autres opérations de trafic étaient prévues.

Outre le trafic de migrants et la falsification de documents d’identité, le groupe criminel est également soupçonné d’émission de faux chèques et d’escroquerie de compagnies aériennes dans le but d’assembler sa propre flotte. Les suspects auraient également escroqué des hôtels en omettant de payer plusieurs factures.

La journée d’intervention de la police du 13 septembre 2022 a donné lieu à :

  • 5 arrestations (2 en Belgique et 3 en Italie) ;
  • 7 fouilles de domiciles (1 en Belgique et 6 en Italie) ;
  • la saisie de 2 avions, de 80 000 euros, d’une voiture haut de gamme, de matériel électronique et de matériel de falsification de documents d’identité (comme des imprimantes à cartes, des tampons, des hologrammes et des cartes en plastique blanc) ;
  • le gel de 173 000 euros en Italie.

Eurojust a soutenu les autorités impliquées dans la mise en place et le financement d’une équipe commune d’enquête (ECE) en juin 2021. Eurojust a également organisé quatre réunions de coordination visant à faciliter la coopération judiciaire et à soutenir les efforts d’enquête coordonnés.

Europol, pour sa part, a priorisé l’affaire à un stade précoce et y a affecté un analyste et un spécialiste pour soutenir les enquêtes nationales afin d’identifier les membres du réseau criminel et de le démanteler.

Ainsi, Europol a facilité l’échange d’informations opérationnelles et fourni un soutien analytique et financier. Le jour de l’intervention, Europol a activé un poste de commandement virtuel pour faciliter l’échange d’informations en temps réel. L’organisation a également déployé trois analystes, un en Belgique et deux en Italie, pour recouper les informations opérationnelles avec ses bases de données afin de fournir de nouvelles pistes d’enquête aux autorités policières nationales impliquées.

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La guerre inexorable du Salvador contre les maras continue

Depuis près de cinq mois, le gouvernement du Salvador, dirigé par Nayib Bukele, mène d’importantes opérations policières et militaires qui ont déjà conduit à l’arrestation d’environ 50 000 personnes soupçonnées d’appartenir à une mara.

Ce sont des chiffres extraordinaires pour un pays de moins de 6,5 millions d’habitants. Cependant, si l’on tient compte des niveaux de violence au Salvador, avec une centaine de meurtres par mois, et du nombre de criminels associés aux maras, ces chiffres ne paraissent plus si élevés. On estime qu’il y a plus de 100 000 membres actifs de maras, dont la majorité sont rattachés à Mara Salvatrucha et, dans une moindre mesure, à Barrio 18. Il s’agirait des deux principaux groupes criminels du pays, nés dans les années 1980, dans le sillage de la guerre civile et de l’exode de milliers de réfugiés vers les États-Unis.

Ces opérations ont suscité des réactions de la part du bureau du médiateur des droits de l’homme du Salvador et des organisations civiles. Ils estiment que le mystère qui entoure cette croisade antiviolence cache des arrestations arbitraires et des abus de pouvoir. Ils supposent, par conséquent, que certaines des personnes emprisonnées sont innocentes des crimes dont elles sont accusées.

Début septembre, on dénombrait plus de 3 000 plaintes pour torture et détention injustifiée, ainsi que le décès de 56 prisonniers, sur lequel le gouvernement a gardé le plus grand secret. Amnesty International considère également que de graves violations des droits de l’homme ont eu lieu et qu’une responsabilité pénale internationale pourrait s’appliquer.

Mais rien de tout cela ne semble préoccuper le gouvernement de Nayib Bukele. L’Assemblée législative du Salvador a approuvé en mars la mise en place de l’état d’urgence et la suspension des garanties constitutionnelles pour une durée d’un mois, mais ces mesures sont encore en vigueur à l’heure actuelle.

Le gouvernement part du principe qu’environ 1 % des arrestations pourraient être des erreurs. Et tout le monde ne porte pas de tatouage de mara sur la peau. Cependant, le mouvement des travailleurs de la police nationale du pays dénonce également l’existence de quotas imposés par certains responsables de commandement des forces de l’ordre afin d’obtenir des congés ou d’éviter les réprimandes. Par exemple, si un commissariat est tenu d’arrêter six membres de maras et qu’il n’a pu en capturer que quatre, il ajoute deux personnes arrêtées pour un autre crime, qu’il s’agisse d’une agression ou d’un vol.

L’état d’urgence a été imposé fin mars, après un week-end particulièrement meurtrier, avec 87 victimes en tout. Selon la police, elles avaient été choisies au hasard par les tireurs ou se tenaient dans la ligne de mire des armes à feu.

Nayib Bukele a décidé de tuer cette situation dans l’œuf. L’état d’urgence permet à la police de prolonger les détentions au-delà de 72 heures, de laisser les détenus dans le flou sur leur date de libération, de surveiller leurs communications privées et de suspendre leur droit à l’aide juridictionnelle de l’État. En outre, le Salvador a durci le code pénal avec l’approbation du Parlement : un membre de mara âgé de 18 ans ou plus peut risquer jusqu’à 45 ans de prison.

En mars, le pays connaissait déjà un grave problème de surpopulation carcérale, avec 36 000 prisonniers en détention. Ils sont aujourd’hui deux fois plus nombreux. La surpopulation dans les prisons est invivable et n’est pas logistiquement gérable.

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États-Unis : la baisse du nombre d’arrestations de mineurs pour crime violent continue

Le nombre de jeunes âgés de 0 à 17 ans arrêtés par la police aux États-Unis pour avoir commis un crime violent, tel qu’un meurtre, un homicide involontaire, ou encore un vol avec violence, continue à baisser depuis 2000. Au cours de l’année 2020, le nombre d’arrestations de jeunes pour crime violent a atteint son plus faible niveau, avec des chiffres 78 % plus bas que lors du pic de 1994, et deux fois plus bas que les chiffres obtenus dix ans plus tôt.

Les hommes représentaient 80 % de l’ensemble des jeunes arrêtés pour crime violent en 2020. Ils représentaient une proportion plus grande encore parmi les jeunes arrêtés pour meurtre (92 %) et pour vol (88 %).

Plus de la moitié (55 %) des jeunes arrêtés pour crime violent étaient âgés de 16 ou 17 ans. Cette tranche d’âge correspondait même à 76 % des arrestations pour meurtre parmi les jeunes.

Les jeunes blancs représentaient près de la moitié (49 %) de tous les jeunes arrêtés et 57 % des jeunes arrêtés pour agression grave.

On estime que 424 300 arrestations de mineurs ont eu lieu en 2020, soit 38 % de moins qu’en de 2019 et la moitié du nombre d’arrestations enregistrées 5 ans plus tôt.

En 2020, les arrestations de mineurs correspondaient à 7 % de toutes les arrestations pour crime violent, contre 14 % en 2019.

Les 18-24 ans représentaient 19 % de toutes les arrestations et 21 % des arrestations pour crime violent en 2020.

Bien que les arrestations de jeunes pour vol et agression soient en baisse, les arrestations pour meurtre sont en hausse, alors que ce chiffre était faible en 2012. Toutefois, le nombre d’arrestations pour crime violent impliquant des jeunes a diminué de 56 % entre 2010 et 2020. La baisse la plus faible a été enregistrée au chapitre des arrestations pour vol, qui affichent une diminution de 24 %, tandis que chez les adultes, cette baisse a été de 5 %. De plus, si les arrestations pour agression grave ont augmenté d’environ 1 % chez les adultes, elles ont chuté de 29 % chez les mineurs.

Toutefois, il est important de garder à l’esprit que la pandémie de COVID-19 a commencé en 2020. Il convient également de souligner qu’une seule infraction peut conduire à l’arrestation de plusieurs personnes. Ce dernier point peut avoir affecté les politiques, les procédures et la méthode de collecte de données, car il est relativement courant qu’un seul crime mène à de multiples arrestations.

En outre, les ordres de confinement et les fermetures d’écoles ont probablement empêché l’augmentation des comportements délinquants chez les jeunes. Ainsi, les chiffres des arrestations de 2020 ne doivent pas être analysés hors contexte et ne devraient pas attirer l’attention des autorités répressives.

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Victime d’une attaque de ransomware ? 136 outils gratuits pour récupérer vos fichiers sur No More Ransom

Six ans après la naissance de l’initiative No More Ransom, plus de 10 millions de personnes ont déjà téléchargé ses outils de déchiffrement.

Au cours des dernières années, les attaques de ransomware se sont multipliées et sont devenues de plus en plus graves. Dans la presse, les gros titres portent souvent sur les demandes de rançon, qui atteignent à présent des montants auparavant impensables. Les chiffres sont préoccupants, mais vous n’êtes pas sans défense face à ces tentatives d’extorsion et les hautes technologies qu’elles emploient. L’initiative No More Ransom propose plus de 136 outils de déchiffrement gratuits pour sauver vos fichiers pris en otage.

À l’occasion de son sixième anniversaire, cette initiative fournit des clés pour débloquer les fichiers chiffrés, ainsi que des conseils pour éviter d’être infecté par les rançongiciels.

Lancé par Europol, la police nationale néerlandaise (Politie) et des entreprises de sécurité informatique, le portail No More Ransom proposait initialement quatre outils pour débloquer différents types de ransomware et n’était disponible qu’en anglais.

No More Ransom propose maintenant 136 outils gratuits pour 165 variantes de ransomware, dont GandCrab, REvil/Sodinokibi, Maze/Egregor/Sekhmet et bien d’autres. Plus de 188 partenaires des secteurs public et privé ont rejoint le programme, fournissant régulièrement de nouveaux outils de déchiffrement pour les dernières variantes de logiciel malveillant.

Jusqu’à présent, le dispositif a permis à plus de 1,5 million de personnes de déchiffrer leurs appareils sans avoir à payer leurs attaquants. Le portail est disponible en 37 langues pour mieux aider les victimes de ransomware à travers le monde.

Mais une prévention rigoureuse est la meilleure manière de se protéger des rançongiciels. Voici les recommandations à suivre :

• Faites régulièrement des copies de sauvegarde des données stockées sur vos appareils électroniques.

• Faites attention aux liens sur lesquels vous cliquez. Demandez-vous où ils vous mèneront.

N’ouvrez pas les pièces jointes d’e-mails provenant d’expéditeurs inconnus, même s’ils paraissent crédibles et importants.

• Assurez-vous que votre logiciel de sécurité et votre système d’exploitation sont à jour.

• Protégez vos comptes d’utilisateur à l’aide de la vérification en deux étapes (2FA).

• Évitez au possible d’exporter de grandes quantités de données d’entreprise vers des portails externes d’échange de fichiers.

• Si vous êtes victimes d’un ransomware, ne payez pas ! Signalez l’attaque et consultez les outils de déchiffrement de No More Ransom.

Vous trouverez plus d’informations et de conseils en matière de prévention sur http://www.nomoreransom.org.

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Les extrémistes et l’utilisation des réseaux sociaux aux États-Unis

Une manière de mieux préparer les organismes du système judiciaire à prévenir et répondre à la violence extrémiste aux États-Unis est d’isoler et comparer les habitudes de deux types d’extrémistes différents sur les réseaux sociaux.

Les premiers résultats de la recherche, parrainée par l’Institut national pour la Justice (INJ) montrent que les individus aux États-Unis ayant commis des crimes de haine avec ou sans violence et d’autres formes de crimes extrémistes étaient influencés par les réseaux sociaux.

L’une des principales conclusions de cette étude est que les extrémistes peuvent refléter la population générale dans leur utilisation des diverses plateformes de réseaux sociaux, notamment en ce qui concerne leur dépendance à Facebook. Même si la taille de l’échantillon de cette étude est relativement faible et que moins de 20 % de celui-ci a déclaré utiliser ce réseau social, il s’est avéré que l’utilisation de Facebook était nettement supérieure à celle de toute autre plateforme de réseau social.

Le Consortium national pour l’étude du terrorisme et des réponses au terrorisme (START) a réalisé une étude sur l’utilisation des réseaux sociaux, dans le cadre d’une enquête plus large, qui a puisé des informations dans deux grandes bases de données nationales sur les événements et les extrémistes :

ECDB. Base de données sur les crimes extrémistes : L’ECDB est une base de données permettant de retracer les attaques violentes, les homicides et les crimes financiers commis par des extrémistes aux États-Unis. Les attaques qui y sont répertoriées comprennent les attentats à la bombe, les fusillades ou autres attaques violentes ayant entraîné au moins un décès. Elle suit principalement, mais pas exclusivement, les extrémistes de gauche, les extrémistes de droite et les djihadistes.

PIRUS. Profils de radicalisation individuelle aux États-Unis : PIRUS est une base de données d’individus aux États-Unis qui ont été radicalisés au point de commettre une activité criminelle, violente ou non, ou de s’associer avec une organisation extrémiste étrangère ou nationale, dans les deux cas motivés par une idéologie. Cette base de données comprend des personnes habituellement considérées comme auteurs de crimes haineux, c’est-à-dire d’actes violents ou de menaces spontanées à l’encontre d’une autre personne sur la base de son identité de genre, de sa race, de son origine ethnique, de son appartenance religieuse ou de son orientation sexuelle. La base de données PIRUS contient des informations anonymes.

La recherche a examiné 2 100 cas dans l’ECDB et 1 500 cas dans PIRUS. Parmi ceux-ci, 454 individus de la base de données PIRUS coïncidaient avec des individus identifiés dans l’ECDB.

Dans une partie d’étude portant sur l’utilisation des réseaux sociaux par les extrémistes, les chercheurs ont recherché sur diverses plateformes de réseaux sociaux des données reflétant l’utilisation d’une plateforme spécifique par des individus trouvés sur PIRUS ou ECDB et associés à un acte de violence.

L’étude s’est concentrée sur les cas survenus après 2007. Selon le rapport des chercheurs, cette période a vu une augmentation significative de l’utilisation de Facebook, Twitter et autres plateformes de réseaux sociaux.

Les résultats de cette partie de recherche sur les réseaux sociaux suggèrent que les modes d’utilisation des différentes plateformes varient selon les groupes idéologiques et peuvent représenter l’utilisation de ces dernières dans la population générale. Les différences peuvent aussi indiquer les intérêts divergents des individus vis-à-vis des groupes. Le rapport de recherche a souligné la nécessité de réaliser davantage de recherches sur l’utilisation et la quantité de messages sur les réseaux sociaux exprimant des croyances idéologiques au sein des programmes idéologiques radicaux et entre ces derniers.

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