150 personnes arrêtées et 26 millions d’euros saisis lors d’une opération de police ciblant le dark Web

Dans le cadre d’une opération internationale coordonnée à laquelle ont participé neuf pays, les forces de police à travers le monde ont arrêté 150 personnes impliquées dans l’achat et la vente de biens illicites sur le dark Web.

Cette opération a permis de saisir 26,7 millions d’euros (31 millions de dollars) en espèces et en monnaies virtuelles, ainsi que 45 armes à feu et 234 kg de drogue. Les drogues saisies incluaient 152 kg d’amphétamines, 27 kg d’opioïdes et plus de 25 000 pilules d’ecstasy.

Europol et Eurojust ont dirigé la collaboration de cette opération, appelée Dark HuntTOR, avec une série d’actions différentes, mais complémentaires menées en Australie, en Bulgarie, en France, en Allemagne, en Italie, aux Pays-Bas, en Suisse, au Royaume-Uni et aux États-Unis.

L’opération Dark HuntTOR a été créée à la suite du retrait, plus tôt cette année, de DarkMarket, le plus grand marché illégal du monde sur le dark Web. Les autorités allemandes ont alors arrêté l’opérateur présumé du marché et saisi l’infrastructure criminelle, fournissant aux enquêteurs du monde entier de nombreuses preuves. Depuis lors, le Centre européen de lutte contre la cybercriminalité (EC3) d’Europol a recueilli des informations pour identifier les principales cibles.

Cela a permis l’arrestation, en Europe et aux États-Unis, de 150 vendeurs et acheteurs impliqués dans des dizaines de milliers de ventes de biens illicites. Europol considérait certains de ces suspects comme des cibles de haute importance.

Ces arrestations ont eu lieu aux États-Unis (65), en Allemagne (47), au Royaume-Uni (24), en Italie (4), aux Pays-Bas (4), en France (3), en Suisse (2) et en Bulgarie (1). Plusieurs enquêtes sont encore en cours afin d’identifier d’autres criminels utilisant des comptes sur le dark Web.

Dans le cadre de cette opération, les autorités italiennes ont également fermé les marchés du dark Web DeepSea et Berlusconi, qui totalisaient à eux seuls plus de 100 000 annonces concernant des produits illégaux. Elles ont arrêté quatre administrateurs et saisi 3,6 millions d’euros en cryptomonnaies.

L’EC3 d’Europol a facilité l’échange d’informations dans le cadre de la Force d’action anticybercriminalité européenne (J-CAT) hébergée au siège d’Europol à La Haye, aux Pays-Bas.

Pour le directeur exécutif adjoint des opérations d’Europol, Jean-Philippe Lecouffe, l’objectif d’opérations telles que Dark HuntTOR est de faire savoir aux criminels actifs sur le dark Web que les forces de l’ordre disposent de moyens et de partenariats à l’échelle mondiale qui leur permettent de les démasquer et les tenir responsables de leurs activités illégales, y compris sur cette partie du Web.

Les achats sur le dark Web comportent des risques :

  • Les acheteurs risquent d’obtenir des produits qui ne correspondent pas à ce qu’ils recherchaient : des opioïdes qui contenaient du fentanyl, par exemple, ont provoqué un certain nombre d’overdoses mortelles. Il n’y a pas non plus de garantie d’obtenir les produits ou services achetés : les escrocs sont tapis dans l’ombre du dark Web.
  • Les appareils risquent d’être exposés à toute une série de logiciels malveillants prêts à saccager les données des acheteurs.
  • Il existe de véritables risques de poursuites, car l’utilisation du dark Web pour des activités illégales est une infraction punissable qui peut mener à une peine d’emprisonnement dans plusieurs pays.

Vous envisagez d’acheter des produits illégaux de manière anonyme sur le dark Web ?

Réfléchissez-y à deux fois. Le dark Web n’est plus aussi obscur que le voudraient certains criminels. Les forces de l’ordre ont pris l’habitude de travailler sur cet espace et savent créer de nombreuses techniques différentes pour identifier les acheteurs et les vendeurs de biens illicites.

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Des centaines d’infractions détectées dans le cadre d’une opération mondiale de lutte contre la pollution marine

En mars de cette année, 300 services de police de 67 pays ont uni leurs forces contre la pollution marine lors de la troisième opération mondiale 30 jours en mer. INTERPOL a coordonné les actions mondiales, tandis qu’Europol et Frontex ont coordonné la partie européenne de l’opération dans le cadre du plan d’action EMPACT sur les délits environnementaux.

Les différentes actions ont permis d’identifier de nombreux délits, tels que le trafic de déchets ou le déversement illégal, et d’enquêter sur des milliers de suspects dans le monde.

L’action en première ligne a fait suite à une collecte et une analyse de renseignements qui ont duré cinq mois et qui ont donné aux participants des moyens d’identifier les zones les plus touchées et les cibles à viser.

Les actions simultanées ont abouti aux conclusions suivantes :

  • 34 000 inspections en mer et sur les voies navigables intérieures, dans les zones côtières et les ports ;
  • 1600 infractions en matière de pollution marine détectées en tout ;
  • 500 actes illégaux de pollution commis en mer, notamment le déversement de pétrole, le démantèlement illégal de navires et des émissions de soufre par certains navires ;
  • 1000 infractions en matière de pollution dans les zones côtières et les rivières, y compris le déversement illégal de polluants ;
  • 130 affaires de trafic de déchets.

Le large éventail de bases de données d’INTERPOL, ainsi que ses capacités d’analyse, ont permis aux pays de faire le lien entre des infractions en matière de pollution et d’autres infractions graves : fraude, corruption, évasion fiscale, blanchiment d’argent, piraterie et pêche illégale.

Les criminels dans différents domaines, par exemple dans le domaine environnemental, n’ont pas tardé à exploiter les vulnérabilités croissantes dues à la réattribution de nombreuses ressources de maintien de l’ordre à des questions liées à la pandémie. Les inspections ont mis au jour différentes formes de criminalité, certaines étant caractéristiques de la pollution marine, comme le déversement provenant des navires ou le trafic de déchets par voie maritime, et d’autres s’étant développées au milieu de la pandémie. Ces dernières étaient, entre autres, liées à des articles jetables de protection contre la COVID-19, tels que des masques et des gants, avec 13 affaires concernant des déchets médicaux découvertes à la suite de l’opération.

Un important réseau criminel de trafic de déchets plastiques entre l’Europe et l’Asie a été détecté, ce qui a mené à une coopération entre les autorités des deux régions. Elles ont empêché le transfert illégal de milliers de tonnes de déchets vers l’Asie et ont arrêté 22 suspects à ce jour. Les déchets auraient probablement été déversés sur les côtes asiatiques, polluant les sols et générant des quantités considérables de débris marins.

Plusieurs pays d’Europe, d’Asie et d’Afrique ont signalé des transferts illégaux de déchets métalliques contaminés ou mélangés avec d’autres types de déchets, faussement déclarés comme de la ferraille. Dans le cadre d’une affaire, les garde-côtes italiens ont saisi 11 000 tonnes de débris métalliques mélangés à du plastique, du caoutchouc, de l’huile minérale et d’autres polluants, et ont empêché leur expédition vers la Turquie, la Namibie ou encore les Philippines. La Croatie a également signalé des affaires de transferts illégaux de déchets depuis l’Europe.

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Équateur : de nouveaux affrontements font plus de cent morts dans une prison de Guayaquil

Au moins 116 personnes ont été tuées et 80 blessées (tous des détenus) dans une prison de Guayaquil à la suite d’affrontements entre des gangs rivaux, un événement considéré comme la troisième émeute de l’année 2021 dans ce centre pénitentiaire. Les trois fois, il s’agissait d’une querelle entre gangs criminels ayant pour but de prendre le contrôle d’un pavillon de la prison.

La première émeute avait eu lieu en février et s’était soldée par 79 victimes décédées, et la seconde en juillet par 22 morts. Cette troisième émeute a eu les pires conséquences.

Le centre de détention numéro 1 de Guayaquil, en Équateur, a été le théâtre d’affrontements au cours desquels des grenades et tous types d’armes ont été utilisés. Les autorités ont déclaré l’état d’urgence national dans tout le système pénitentiaire.

Elles ont également réactivé les protocoles de sécurité dans toutes les prisons du pays en raison de la possibilité de nouveaux affrontements. Après un retour à la normale de la vie pénitentiaire, les agents ont découvert des cadavres avec des impacts de balles, d’autres mutilés ou décapités, avec des membres coupés et les effets des grenades sur les pavillons de la prison.

Des centaines de proches des détenus sont venus au centre pénitentiaire en l’absence d’informations officielles.

Des organisations de défense des prisonniers telles que Human Rights Watch ont demandé au gouvernement équatorien de mener une enquête et d’identifier les responsables de la violence dans les prisons.

En parallèle, elles soulignent également la surpopulation carcérale comme un facteur majeur pour expliquer ces niveaux de violence. Elles considèrent que toutes les prisons équatoriennes dépassent largement leur capacité et ne permettent pas de vivre dans des conditions décentes.

D’autres organisations de défense des droits des détenus, comme Alianza contra las Prisiones, estiment que des événements aussi graves ne se produisent pas sans de lourds antécédents, dans lesquels l’État lui-même a un degré élevé de participation et de responsabilité.

Toutefois, elles ajoutent qu’il existe une corruption importante parmi les agents pénitentiaires et demandent que l’on s’interroge sérieusement sur l’origine des armes utilisées lors de ces événements sanglants.

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Les meurtres aux États-Unis ont augmenté de 30 % en 2020

Au cours de l’année 2020, les États-Unis ont connu la plus forte hausse du nombre de meurtres depuis le début du registre national américain en 1960, selon les données compilées par le FBI dans son rapport annuel sur la criminalité.

La plus forte variation annuelle enregistrée auparavant avait été une augmentation de 12,7 % en 1968. Toutefois, le taux national (meurtres pour 100 000 habitants) reste encore inférieur d’environ un tiers au taux du début des années 1990.

Selon les données du FBI, les chiffres montrent environ 5 000 homicides de plus l’année dernière qu’en 2019, sur un total de 21 500 (il s’agit néanmoins d’un chiffre inférieur à celui de la période particulièrement violente du début des années 1990).

Les raisons de cette augmentation ne seront peut-être jamais totalement connues, mais les analystes ont pointé du doigt de nombreux facteurs contributifs possibles, notamment les divers facteurs de stress liés à la pandémie, la montée en puissance de la méfiance entre la police et le public suite au meurtre de George Floyd, le décrochage de la police en réponse aux critiques ou l’augmentation du port d’armes à feu dans la rue.

Environ 77 % des meurtres dénoncés en 2020 ont été commis avec une arme à feu, le quota le plus élevé jamais enregistré, soient 10 points de plus que les 67 % d’il y a dix ans.

Le changement en ce qui concerne les meurtres est généralisé : il s’agit d’un phénomène national, et non régional. Les meurtres ont augmenté de plus de 35 % dans les villes de plus de 250 000 habitants. Ce taux a également augmenté de plus de 40 % dans les villes de 100 000 à 250 000 habitants, et d’environ 25 % dans les villes de moins de 25 000 habitants.

Même avec l’augmentation des meurtres et la hausse d’environ 5 % des crimes violents, les nouvelles données montrent que, globalement, les crimes graves ont diminué de 4 à 5 % en 2020.

Le meurtre, bien qu’il ait un coût social plus élevé, constitue une petite partie des crimes graves selon la définition du FBI. Une partie de la réduction de la criminalité générale était clairement liée à la pandémie. Sept infractions d’atteinte aux biens sur dix sont des vols, et il est difficile de commettre un vol à l’étalage lorsque les magasins sont fermés. Mais la criminalité générale était déjà en déclin bien avant la pandémie : 2020 a été la 18e année consécutive de baisse de la criminalité générale.

Les preuves de l’emploi des agents de police ont également été un facteur déterminant. Une enquête menée auprès de 200 services de police a révélé une importante augmentation des mises à la retraite entre avril 2020 et avril 2021.

Les grands services de police étaient beaucoup plus susceptibles que les petits de signaler une diminution du nombre d’effectifs. Newark et la ville de New York ont enregistré certaines des plus fortes baisses en pourcentage, New York chutant de plus de 2 500 agents de 2019 à 2020.

Les données sur la criminalité dans les grandes villes suggèrent que le meurtre continue d’augmenter en 2021 par rapport à 2020 bien que cette augmentation ne soit pas considérable. La compilation des données de 87 villes ayant des données accessibles au public montre jusqu’à présent une augmentation des meurtres de 9,9 % par rapport aux mêmes critères en 2020.

Certaines villes comme Portland, Oregon et Las Vegas connaissent de fortes hausses par rapport à l’année dernière. D’autres grandes villes comme Chicago ou New York connaissent des chiffres similaires après une croissance significative en 2020. Certaines ville comme Saint Louis (qui avait le taux de meurtre le plus élevé de la nation en 2020) indiquent des diminutions majeures.

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Stabilité des chiffres aux crimes violents motivés par la haine aux États-Unis

Le taux de crimes haineux violents aux États-Unis en 2019 (1 crime haineux pour 1 000 personnes âgées de 12 ans et plus) ne différait pas de façon significative du taux de 2005 (0,8 acte illicite pour 1 000), selon la publication du Bureau of Justice Statistics sur la base des données rapportées par les victimes dans le cadre de l’étude nationale sur la criminalité (NCVS). Au cours de la période de quinze ans allant de 2005 à 2019, le taux de victimisation des crimes haineux violents a fluctué entre 0,6 et 1,1 pour 1 000.

En moyenne, les résidents des États-Unis ont été victimes d’environ 246 900 crimes de haine par an entre les années 2005 et 2019. Le nombre de crimes de haine a varié de 173 600 à 305 390 au cours de cette période. De même, le nombre de victimisations totales, violentes et de crime de haine patrimoniale n’a pas changé considérablement entre 2005 et 2019.

Dans l’ensemble, les victimisations liées aux crimes haineux ont représenté 1,6 % de toutes les victimisations non mortelles en 2019, contre 0,9 % en 2005. Les victimes ont indiqué que quasi deux tiers (62 %) des crimes haineux commis pendant cette période étaient des agressions simples.

Au cours de la période de cinq ans étudiée, on estime que 59 % des victimisations découlant de crimes haineux violents dénoncés étaient motivés par des préjugés sur la race, l’appartenance ethnique ou l’origine nationale. Il s’agit de la motivation la plus fréquemment signalée pour les crimes haineux violents. Dans près d’un quart des cas des victimisations de ce type, les victimes pensent avoir été ciblées en raison de préjugés contre leur sexe (24 %), contre des personnes ou des groupes auxquels elles étaient associées (23 %) ou contre leur orientation sexuelle (20 %). En outre, on estime qu’environ un crime violent sur dix était motivé par un préjugé contre le handicap de la victime (11 %) ou sa religion (9 %).

Entre 2010 et 2019, le nombre de crimes motivés par la haine enregistrés par les forces de l’ordre a augmenté de 10 % (passant de 6 628 à 7 314 incidents), selon le Programme de statistiques sur les crimes de haine (HCSP) du FBI. Par comparaison, le volume total des crimes enregistrés par les forces de sécurité (y compris les incidents motivés par la haine et les incendies criminels) a diminué de 22 % au cours de cette période de dix ans.

Les chiffres enregistrés par les forces de l’ordre et ceux déclarés par les victimes diffèrent parce que les données de la NCVS et celles du HCSP ont été collectées par des méthodes différentes et que souvent les victimes ne se sont pas présentées à la police. Le HCSP et la NCVS sont les principales sources de données annuelles sur les crimes haineux aux États-Unis et utilisent la définition établie par la Loi sur les statistiques relatives aux crimes inspirés par la haine (Hate Crime Statistics Act) de 1990.

Comme pour la motivation des crimes de haine dénoncés dans la NCVS, la majorité de la pratique (environ 54 %) concernant les crimes de haine enregistrés par les forces de l’ordre de 2010 à 2019 représentait un préjugé racial, ethnique ou d’ascendance. 49 % de ces incidents étaient motivés par un préjugé anti-noir ou anti-afro-américain. Au cours de cette même période, les forces de l’ordre ont enregistré une augmentation du nombre de victimes de crimes haineux contre les Noirs/Afro-américains (de 2 201 à 2 391 victimes), les Asiatiques (de 136 à 215) et les individus d’origine arabe (de 48 à 126).

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No More Ransom empêche 1 milliard d’euros de tomber aux mains de criminels

Jusqu’à présent, le site Web No More Ransom, qui fournit plusieurs déchiffreurs de rançongiciels (ou ransomware), a aidé plus de 6 millions de victimes à récupérer leurs fichiers et a permis d’éviter que près d’1 milliard d’euros ne tombe aux mains de cybercriminels, selon un communiqué récent.

Lancé il y a cinq ans, le site No More Ransom continue d’exister grâce à la coopération entre le Centre européen de lutte contre la cybercriminalité et plusieurs entreprises de cybersécurité, telles que Kaspersky, McAfee, Barracuda ou AWS. Son but est d’éviter que les victimes n’envoient de l’argent qui contribuerait à alimenter d’autres attaques de ransomware, selon Europol.

No More Ransom recueille des déchiffreurs pour permettre aux victimes de rançongiciel de récupérer leurs données sans avoir à payer et pour empêcher les attaquants de gagner de l’argent. C’est pourquoi le site recommande fortement de ne pas payer de rançon, car cela ne garantit en aucun cas l’obtention de la clé de déchiffrement nécessaire.

Le groupe oriente les victimes vers son outil Crypto Sheriff. Les victimes peuvent y saisir l’URL ou l’adresse bitcoin fournie par l’attaquant pour le paiement de la rançon. L’outil effectue une recherche dans la base de données No More Ransom, qui comportait quatre déchiffreurs en 2016, et se compose à présent d’une liste de 121 outils permettant de déchiffrer 152 familles de rançongiciels. Selon le groupe, l’outil est également gratuit et disponible en 37 langues.

Si aucun déchiffreur n’est disponible pour l’infection par un rançongiciel donné, il est conseillé de continuer à consulter la liste de temps à autre, car No More Ransom ajoute régulièrement de nouveaux outils de déverrouillage.

Selon Europol, les copies de sauvegarde régulières restent le meilleur moyen de protéger les données d’une attaque de rançongiciel. En outre, Europol recommande aux utilisateurs de faire attention aux liens sur lesquels ils cliquent et de mettre à jour leur logiciel de sécurité.

Par ailleurs, les victimes sont de plus en plus réticentes à payer les rançons. Une enquête de Threatpost du mois de juin a révélé que 80 % des personnes interrogées touchées par une attaque de rançongiciel ont refusé de payer sans avoir aucune garantie de recevoir un déchiffreur.

No More Ransom est une réponse à l’augmentation du nombre de cyberentreprises, qui semblent injecter de grandes sommes d’argent dans l’écosystème des rançongiciels. Selon un rapport du mois de juin de Cyber Claims Insurance, au cours du premier semestre de 2020, 41 % du total des réclamations en matière de cybersécurité étaient liées à des attaques.

En plus de financer une entreprise criminelle, le fait de payer une rançon à un acteur faisant l’objet de sanctions de la part de l’État pourrait constituer une violation aux yeux du ministère des Finances des États-Unis, qui a ajouté plusieurs groupes utilisant des rançongiciels à sa liste de sanctions en octobre 2020.

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Europol réévalue la menace terroriste des organisations djihadistes

Europol a publié la troisième édition du rapport annuel sur la propagande djihadiste en ligne, qui porte sur les éléments de propagande les plus marquants de l’année 2020.

Le rapport, centré sur l’État islamique et Al-Qaïda, ainsi que sur leurs branches, aborde la trajectoire de ces groupes et la manière dont ils ont réagi aux dynamiques changeantes pour tenter de faire face aux revers.

Préparée par l’Unité de référence Internet de l’Union européenne (ayant pour sigle en anglais EU IRU) du Centre européen de la lutte contre le terrorisme, cette évaluation des menaces repose sur des sources primaires, y compris les publications, vidéos et discours audio de ces groupes que l’EU IRU a recueillis en 2020.

Le rapport montre que l’année 2020 s’est avérée critique dans l’évolution de l’État islamique et d’Al-Qaïda. Les deux groupes terroristes djihadistes ont subi des coups durs et ont dû s’adapter aux réalités changeantes pour survivre et rester pertinents. Le risque que la propagande djihadiste en ligne mène à des actes de violence reste élevé, car les deux groupes continuent d’appeler à des attaques par des acteurs isolés n’ayant aucun lien tangible avec eux. Les principales conclusions sont les suivantes :

État islamique (EI)

  • Sous une nouvelle direction, l’EI affiche une montée de l’insurrection dans ses noyaux traditionnels et une portée globale continue.
  • Un an après la défaite militaire de l’EI, les capacités de production médiatique du groupe restent limitées, affectées par la perte d’infrastructures et de personnel. Par conséquent, la réduction de la propagande officielle de l’EI s’est poursuivie en 2020.
  • Le groupe se concentre actuellement sur sa tentative de résurgence en Irak et l’accroissement de sa présence internationale par le renforcement de son réseau mondial d’affiliés.

Al-Qaïda (AQ)

  • Tout au long de l’année 2020, AQ a résisté à une série de coups durs et a perdu plusieurs dirigeants d’envergure.
  • AQ continue de tirer parti des événements actuels pour promouvoir ses tendances idéologiques, présentées comme « moins extrêmes » que celles de l’EI.
  • Bien que les événements semblent indiquer une baisse de ses compétences sur le terrain, Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA) cherche à réaffirmer ses capacités à monter des opérations extérieures.

Unité de référence Internet de l’Union européenne

L’EU IRU d’Europol détecte et étudie des contenus malveillants sur Internet et sur les réseaux sociaux. Le travail de l’EU IRU produit des connaissances stratégiques sur le terrorisme djihadiste et fournit également des informations à utiliser dans le cadre d’enquêtes pénales.

Cette unité est composée d’une équipe de plus de quarante experts avec des connaissances et des compétences diverses, parmi lesquels des experts en terrorisme d’inspiration religieuse, des développeurs de technologies de l’information et de la communication, ou encore des policiers spécialisés dans la lutte contre le terrorisme.

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Au Salvador, une enquête du bureau du procureur confirmerait que le gouvernement a négocié avec les maras

Selon le journal salvadorien El Faro, le procureur Raúl Melara a créé un groupe chargé d’enquêter sur les différents fonctionnaires du gouvernement actuel et des gouvernements précédents, et sur leur implication dans des dialogues avec les maras, des gangs de crime organisé. Au cours de cette enquête, des dizaines de preuves, telles que des fichiers audio, des photos et des témoignages, ont été recueillies. Cependant, elles n’ont pas été révélées, en raison de la destitution du procureur Melara et de son équipe.

Le déclin historique des homicides violents au Salvador serait dû à un pacte secret entre le gouvernement de Nayib Bukele et les trois gangs qui contrôlent le pays : Mara Salvatrucha, Barrio 18 Revolucionarios et Barrio 18 Sureños. L’amélioration des conditions de vie dans les prisons et les avantages accordés aux membres de maras en liberté seraient autant de preuves que le président a été en contact avec les dirigeants des maras.

Le bureau du procureur a baptisé l’affaire « la cathédrale ». Il a saisi de nombreux documents officiels de centres pénitentiaires et a relevé plusieurs prisons, ainsi que les bureaux centraux de la direction générale des centres pénitentiaires (DGCP), où il a été découvert que les dirigeants de maras incarcérés dans des centres de sécurité maximale avaient reçu des visites non réglementaires de fonctionnaires gouvernementaux.

Lors de ces visites de fonctionnaires, le directeur des centres pénitentiaires, Osiris Luna, a autorisé des individus cagoulés à entrer dans les prisons pour se réunir avec les dirigeants des trois maras, ignorant tous les protocoles d’entrée légaux, y compris leur inscription au registre et même la vérification de leur identité.

Le bureau du procureur a conclu que ces mystérieux individus cagoulés étaient principalement des fonctionnaires de l’actuelle direction de la reconstruction du tissu social, menée par Carlos Marroquín, et des dirigeants de maras en liberté entrant pour transmettre des informations aux dirigeants incarcérés et recevoir leurs instructions.

Les enquêtes ont permis de connaître la liste des réclamations que les gangs avaient adressées au gouvernement pour maintenir l’accord en vigueur. Il s’agirait d’une liste de 20 points, parmi lesquels la cessation des opérations de masse de l’armée et de la police à leur encontre et de la persécution aveugle des membres de maras uniquement parce qu’ils sont tatoués. Les gangs ont également demandé des financements pour les microentreprises et du travail pour leurs membres, des visites de membres de la famille dans les prisons et des modifications du régime de sécurité maximale, entre autres.

Depuis son arrivée au pouvoir, le président Nayib Bukele s’enorgueillit d’une réduction de la violence à des niveaux jamais vus ces dernières années. Les autorités n’ont signalé aucun homicide le 8 août et le gouvernement a attribué ce succès à son plan de contrôle territorial. Il y a six ans seulement, le pays d’Amérique centrale enregistrait 147 homicides pendant les cinq premiers jours d’août, avec cinq policiers parmi les victimes. Cette année, au cours de la même période, cinq homicides ont eu lieu.

Mara Salvatrucha et Barrio 18, avec ses deux factions, les Sureños et les Revolucionarios, sont les grands groupes criminels du Salvador. Les autorités estiment qu’il y a environ 60 000 membres actifs de maras qui opèrent dans 94 % des municipalités du pays, dont 18 000 sont incarcérés.

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Europol : 23 personnes arrêtées pour fraude par e-mail commercial lié à la COVID-19

Dans le cadre d’une action coordonnée par Europol, les autorités roumaines, néerlandaises et irlandaises ont découvert un système de fraude sophistiqué qui utilisait des e-mails et la fraude aux paiements anticipés.

Le 10 août de cette année, 23 suspects ont été arrêtés lors d’une série d’opérations menées simultanément aux Pays-Bas, en Roumanie et en Irlande. Au total, 34 logements ont été enregistrés. On pense que ces criminels ont escroqué des entreprises d’au moins 20 pays pour environ un million d’euros.

La fraude était dirigée par un groupe de crime organisé qui, avant la pandémie de COVID-19, proposait déjà illégalement la vente en ligne d’autres produits fictifs, tels que des granulés de bois. L’année dernière, les criminels ont changé leur mode opératoire et ont commencé à proposer des matériaux de protection après le déclenchement de la pandémie.

Ce groupe criminel, composé de ressortissants de différents pays africains résidant en Europe, a créé de fausses adresses e-mail et pages Web similaires à celles d’entreprises de vente en gros légitimes. En se faisant passer pour ces entreprises, ces criminels auraient poussé les victimes, principalement des entreprises européennes et asiatiques, à passer commande et à effectuer des paiements anticipés sous prétexte que cela était nécessaire à l’envoi de marchandises.

Cependant, les livraisons de marchandises n’ont jamais eu lieu et l’argent récolté a été blanchi via des comptes bancaires roumains contrôlés par les criminels, avant d’être retiré aux guichets automatiques.

Europol a soutenu cette enquête, depuis sa création en 2017, avec les actions suivantes :

  • réunir les enquêteurs nationaux de toutes les parties qui ont collaboré étroitement avec le Centre européen de lutte contre la cybercriminalité (EC3) d’Europol pour se préparer à la journée de l’opération ;
  • fournir une analyse et un développement continu pour soutenir les enquêteurs sur le terrain ;
  • déployer deux de ses experts en cybercriminalité pour les opérations aux Pays-Bas afin de soutenir les autorités néerlandaises en procédant à une vérification croisée des informations en temps réel collectées au cours de l’opération et en obtenant des preuves pertinentes.

Eurojust a coordonné la coopération judiciaire au regard des enquêtes et a soutenu la mise en œuvre de divers instruments de coopération judiciaire.

Cette action a été menée dans le cadre de la plateforme pluridisciplinaire européenne contre les menaces criminelles (EMPACT).

Les autorités policières suivantes ont participé à cette action :

  • Roumanie : police nationale (Poliția Română) ;
  • Pays-Bas : police nationale (Politie) ;
  • Irlande : police nationale (An Garda Síochána) ;
  • Europol : Centre européen de lutte contre la cybercriminalité (EC3).

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Opération Pandora : plus de 56 400 biens culturels saisis et 67 personnes arrêtées

Avec plus de 56 400 biens culturels saisis, l’édition 2020 de l’opération Pandora contre le trafic illicite de biens culturels est celle qui a eu le plus de succès jusqu’à présent, en dépit des contraintes liées à la pandémie de COVID-19. Les biens saisis comprennent des vestiges archéologiques, des pièces de monnaie, des instruments de musique, des tableaux, des meubles, ou encore des sculptures.

Les autorités douanières et policières de 31 pays ont participé à l’opération Pandora V entre le 1er juin et le 31 octobre 2020.

Plusieurs aéroports, ports, points de passage frontaliers, ainsi que des maisons de vente aux enchères, des musées et des logements privés ont été soumis à des dizaines de milliers de contrôles lors de la phase opérationnelle. Ces contrôles ont mené à l’ouverture de plus de 300 enquêtes et à l’arrestation de 67 personnes.

Étant donné l’envergure mondiale du trafic illicite de biens culturels, des unités de coordination opérationnelle travaillant 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 ont été créées par Europol, d’une part, et par l’Organisation mondiale des douanes (OMD) et INTERPOL, d’autre part. Cela a permis de favoriser le partage d’informations, de diffuser des avertissements et des alertes, et de procéder à des vérifications dans différentes bases de données nationales et internationales.

En Espagne, c’est la garde civile qui a dirigé cette opération, avec le soutien d’Europol, d’INTERPOL et de l’OMD en matière de coordination internationale. Pandora V a été menée dans le cadre de la plateforme pluridisciplinaire européenne contre les menaces criminelles (EMPACT).

Opération Pandora V : données opérationnelles marquantes

  • À la suite d’une seule enquête menée par les douanes françaises, 27 300 vestiges archéologiques ont été saisis en tout. Le suspect arrêté encourt maintenant une peine de prison, ainsi qu’une amende de plusieurs centaines de milliers d’euros.
  • La police suédoise a découvert, dans le cadre d’une vente aux enchères en ligne, un article d’art populaire, volé en Suède en 2019, ainsi que deux chandeliers du XVIIe siècle, volés dans une église suédoise il y a 8 ans.
  • En ce qui concerne l’Italie, le corps des carabiniers a déclaré avoir saisi plus de 2700 biens culturels, d’une valeur totale de 1 155 000 euros : céramiques, vestiges archéologiques, œuvres d’art, livres, etc.
  • La police grecque a procédé à 34 arrestations. Elle a aussi trouvé 6757 antiquités, y compris des objets en céramique et en marbre, ainsi que 6452 pièces de monnaie, dont 5333 ont été récupérées au cours d’une seule enquête. De plus, deux citoyens grecs qui avaient tenté de vendre 6 antiquités en marbre et en argile pour la somme de 150 000 euros ont été arrêtés.
  • Au total, 50 détecteurs de métaux ont été saisis, dont 6 directement sur des sites archéologiques.

En plus de diriger en partie cette opération, Europol a joué un rôle capital dans sa mise en œuvre. En effet, l’agence a facilité l’échange d’informations et a fourni son soutien analytique et opérationnel. L’OMD, quant à elle, a permis à un groupe spécial d’utilisateurs d’accéder à sa plateforme de communication, CENComm, ce qui a également favorisé l’échange de renseignements entre les différentes agences.

Enfin, en leur permettant de partager facilement des informations via son système de communication sécurisé, INTERPOL a rapproché les pays des Balkans et du reste de l’Europe ayant participé à l’opération. Toute l’opération a bénéficié de la supervision d’un expert, qui vérifiait les recherches concernant les œuvres d’art volées effectuées dans la base de données d’INTERPOL pour localiser et identifier les objets volés.

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