Les escroqueries téléphoniques augmentent

Au fur et mesure que la société évolue, la dépendance à la technologie des télécommunications augmente. Les cybercriminels mettent à profit l’utilisation massive des dispositifs électroniques et cherchent sans cesse de nouvelles manières d’exploiter les vulnérabilités et d’accéder aux données. La coopération et l’échange d’informations entre services de police et secteur privé sont donc devenus un élément essentiel dans la lutte contre ce type de criminalité.

Un exemple de cette collaboration est le rapport Cyber-Telecom Crime 2019, publié conjointement par Europol et Trend Micro, qui offre une vision générale de la manière dont fonctionne l’escroquerie téléphonique et sert de guide technique aux groupes d’intérêt de l’industrie des télécommunications.

Ce rapport souligne que la fraude aux télécommunications est devenue une alternative à faible risque au crime financier traditionnel. Son coût réduit, doublé de la grande disponibilité de dispositifs de piratage informatique, font que ce type d’escroquerie se développe rapidement. On estime le coût de cette fraude dans le monde des télécommunications à 29 milliards d’euros par an.

Le but principal des criminels est d’accéder aux comptes de clients ou de sociétés où des sommes à payer peuvent être générées en faveur de l’escroc. Les méthodes les plus courantes peuvent se diviser en deux catégories allant de la simple fraude aux escroqueries hautement sophistiquées :

– Le vishing – combinaison des mots voice et phishing – est une sorte d’hameçonnage par téléphone où les escrocs amènent les victimes à divulguer leurs informations personnelles, bancaires ou de sécurité ou les forcent à leur virer de l’argent.

– Le wangiri – terme japonais signifiant « sonne et coupe » – est une fraude par téléphone où les escrocs amènent les victimes à rappeler des numéros surtaxés. L’escroc configure un système pouvant appeler un grand nombre de numéros de téléphone aléatoires. Chaque appel sonne puis coupe en laissant une notification d’appel en absence sur le téléphone du destinataire. Souvent, les usagers, lorsqu’ils constatent l’appel en absence, le croient légitime et rappellent le numéro surtaxé.

– La fraude internationale aux virements a été jusqu’ici le schéma d’escroquerie le plus préjudiciable. Il s’agit de transférer la valeur monétaire d’un opérateur vers un autre en s’appuyant sur la confiance entre opérateurs de télécommunication. Les escrocs attendent que les enregistrements expirent avant d’exécuter d’autres étapes de blanchiment d’argent.

Le groupe de travail Europol EC3 CyTel, créé en 2018, rassemble plus de 70 experts de la police et partenaires mondiaux de l’industrie des télécommunications dans le but de partager des informations, des connaissances, des expériences et des techniques nécessaires pour combattre ce type de fraude.

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L’Union européenne se prépare à d’éventuelles cyberattaques à grande échelle

Désormais, il n’est plus impensable qu’une cyberattaque de grande envergure ait des répercussions graves sur le monde physique en paralysant tout un secteur ou certains aspects de la société. Pour se préparer aux principales attaques cybernétiques transfrontalières, le Conseil a adopté un Protocole de réponse aux urgences de l’Union européenne. Le protocole donne un rôle central au Centre européen de lutte contre la cybercriminalité (EC3) et fait partie du Plan de l’UE pour la réaction coordonnée aux incidents et crises de cybersécurité majeurs.

Ce protocole sert d’outil pour venir en aide aux autorités policières de l’UE en vue d’une réaction immédiate aux principales cyberattaques transfrontalières, moyennant une évaluation rapide, le partage sûr et pertinent d’informations cruciales et la coordination efficace des aspects internationaux de leurs investigations.

En 2017, les cyberattaques sans précédent de WannaCry et NotPetya ont montré clairement à quel point les réponses mises en œuvre par suite des incidents et la capacité de réaction étaient insuffisantes en vue d’aborder de manière efficace le mode opératoire cybercriminel qui évolue très rapidement.

Le Protocole de réponse aux urgences de l’Union européenne définit les procédures, les rôles et les responsabilités des acteurs clé au sein de l’UE et au-delà : canaux de communication sûrs et points de contact 24 heures sur 24 pour l’échange d’informations cruciales ainsi que la coordination générale.

Le protocole va plus loin en complétant les actuels mécanismes de gestion de crise de l’UE par la rationalisation d’activités transnationales et en facilitant la collaboration avec les acteurs européens et internationaux pertinents, et cela en utilisant la totalité des ressources d’Europol. De plus, il facilite la collaboration avec la communauté de sécurité du réseau et de l’information et les partenaires du secteur privé concernés.

Le protocole ne couvre que les événements de sécurité cybernétique de nature criminelle et suspecte et non pas les incidents ou les crises causés par un désastre naturel, une erreur humaine ou une défaillance du système. Ainsi donc, afin de déterminer le caractère criminel de l’attaque, il est essentiel que les premières réactions appliquent toutes les mesures nécessaires pour préserver les preuves électroniques qui pourraient être détectées sur les systèmes informatiques affectés par l’attaque, primordiales dans toute enquête pénale ou procédure judiciaire.

Tout comme l’Agence de l’UE pour la coopération policière, Europol a l’obligation de soutenir les efforts des États membres pour détecter la cybercriminalité à grande échelle, présumée de nature pénale, enquêter sur celle-ci, l’interrompre et dissuader les cybercriminels, et cela de manière efficace.

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Europol coordonne une opération contre le trafic international illicite de médicaments

MedicamentsUne opération menée par les autorités répressives, sanitaires et douanières de 16 pays européens s’est soldée par la saisie de plus de 13 millions de doses de médicaments d’une valeur marchande de plus de 165 millions d’euros.

Ces saisies ont eu lieu dans le cadre de l’opération MISMED 2 contre le trafic illicite de médicaments dans toute l’Europe, coordonnée par Europol.

Dirigée par la Gendarmerie nationale française et les douanes finlandaises (Tulli), avec le soutien actif de la Coalition Europol contre la criminalité liée à la propriété intellectuelle (IPC3), MISMED 2 a donné lieu à 435 interpellations et à la saisie d’articles pour une valeur d’environ 168 millions d’euros, dont 13 millions d’unités et 1,8 tonne de médicaments. 24 groupes de crime organisé ont été démantelés et des avoirs criminels d’un montant de 3,2 millions d’euros ont été récupérés.

Ces actions communes se sont déroulées sur sept mois (avril-octobre 2018).

Depuis le début de cette opération l’année dernière, le nombre de pays à participer à MISMED a considérablement augmenté, ce qui reflète l’engagement croissant des États pour affronter cette menace. Ainsi, 7 nouveaux pays (Belgique, Bulgarie, Chypre, Lituanie, Portugal, Serbie et Ukraine) ont rejoint les neuf premiers États membres participants (Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Roumanie, Espagne et Royaume-Uni).

L’abus de certains médicaments est un problème grave et croissant qu’il faut aborder au niveau européen. Les groupes de crime organisé ciblent de plus en plus cette activité criminelle car elle offre des profits très élevés à ses auteurs et les risques sont relativement faibles en ce qui concerne la détection et les sanctions pénales associées.

Les dernières enquêtes ont révélé que le trafic couvrait non seulement des médicaments opioïdes, mais aussi des produits pharmaceutiques utilisés pour le traitement de maladies graves telles que le cancer et les maladies cardiaques, ainsi que des drogues qui améliorent la performance et l’image. Le nombre de produits falsifiés qui sont commercialisés augmente également comme le montre le nombre de médicaments saisis lors de l’édition 2018 de MISMED, soit plus de la moitié des 13 millions d’unités saisies.

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Coopération transfrontalière contre le trafic international de stupéfiants

Le Bureau d’enquête central de la police nationale de Pologne, avec l’aide des polices hollandaise et allemande, a identifié et fermé un important fournisseur de produits chimiques destinés à fabriquer des drogues synthétiques aux Pays-Bas.

L’opération transfrontalière, qui a mis en jeu la coopération entre forces de police, a permis de saisir des tonnes de substances chimiques, d’interpeler certains membres d’un centre de production de médicaments et de fermer des laboratoires de fabrication de produits pharmaceutiques. Plus de 300 agents de police ont participé à cette journée d’action conjointe, planifiée avec le soutien d’Europol.

Dès le début des investigations, Europol a aidé l’Allemagne, les Pays-Bas et la Pologne dans leurs enquêtes en leur fournissant un appui analytique et spécialisé et en organisant des réunions opérationnelles.

La police des Pays-Bas a réalisé des perquisitions dans 17 lieux différents, à l’issue desquelles elle a interpelé sept suspects et démantelé les équipements de trois laboratoires. Ont également été saisis : plus de 100 kg de cristaux MDMA, une douzaine de litres de MDMA base, 1 000 litres de BMK et 30 litres de PMK (précurseurs d’amphétamines), 67 tonnes de différentes substances chimiques non programmées, 4 armes prêtes à faire feu et de nombreux véhicules volés.

En Pologne, la police a interpelé huit suspects et saisi 17 tonnes de produits chimiques et 4 kg de pâte d’amphétamine. De même, en Allemagne, ont été saisies 7 tonnes de substances chimiques destinées à la fabrication de médicaments synthétiques. Certains des téléphones codés utilisés par les trafiquants ont aussi été saisis pour poursuivre l’enquête sans écarter de nouvelles interpellations.

La police polonaise collectait des informations sur les narcotrafiquants depuis 2016. L’enquête a fait apparaître que les trafiquants transportaient, jusqu’à trois par semaine, environ deux tonnes de produits chimiques de Pologne vers plusieurs adresses dans le sud des Pays-Bas, où avait lieu la fabrication illicite de drogues synthétiques.

Les suspects ont obtenu légalement certains produits chimiques, tels qu’hydroxyde de sodium, acide formique, phosphore et acétone, en Pologne. Il s’agit de substances qui peuvent être utilisées pour la production illicite d’amphétamines, de MDMA et de méthamphétamine. Ils ont ensuite acquis d’autres substances chimiques et les ont stockées en Allemagne.

En avril 2018, après une longue enquête et après avoir rassemblé suffisamment de preuves contre ce groupe de crime organisé qui opérait essentiellement aux Pays-Bas, en Pologne et (dans une moindre mesure) en Allemagne, l’opération de police conjointe a été mise en œuvre. Les polices hollandaises, allemandes et polonaises ont effectué des perquisitions simultanées aux lieux identifiés et procédé à l’interpellation des narcotrafiquants dans leur pays respectif.

Europol a apporté un soutien direct en démantelant un des laboratoires illégaux découverts aux Pays-Bas et un appui analytique avec un bureau mobile en Pologne.

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Opération internationale contre la vente de contrefaçons sur Internet

Dans le cadre d’une opération internationale, la coalition coordonnée contre les atteintes à la propriété intellectuelle d’Europol (IPC3) a saisi 33 654 noms de domaine qui vendaient des articles contrefaits ou piratés en ligne.

Ces sites web distribuaient toute sorte d’articles : produits pharmaceutiques et appareils électroniques contrefaits, films, programmes de télévision, CD de musique et logiciels piratés et autres contrefaçons. L’opération internationale conjointe incluait aussi le Centre de coordination des droits de propriété intellectuelle des États-Unis et les forces de police de 26 pays, y compris d’États membres de l’UE et de pays tiers, le tout coordonné par INTERPOL.

  • Les pays de l’UE et au-delà ont travaillé ensemble pour saisir des domaines qui vendaient des produits falsifiés.
  • Douze suspects ont été interpelés et des comptes pour une valeur de plus d’1 million d’euros ont été saisis.
  • La dernière édition de l’opération iOS, qui en est à sa neuvième année, a été la plus couronnée de succès.

L’opération iOS vient à la suite d’une opération conjointe mondiale récurrente, mise en œuvre en 2014 et qui, dès lors, s’est intensifiée significativement année après année.

La neuvième édition de cette opération d’envergure mondiale s’est vue renforcée en 2018 par davantage d’associations de lutte contre la contrefaçon, de représentants de propriétaires et de responsables de la police qui y ont participé pour faciliter la coopération internationale et aider les pays impliqués dans cette initiative. L’iOS IX a ainsi connu une augmentation significative de ses résultats par rapport à l’édition précédente au cours de laquelle avaient été saisis 20 520 noms de domaine qui commercialisaient en ligne des marchandises illégales de manière frauduleuse.

C’est là le résultat de l’approche mondiale d’Europol visant à faire d’Internet un espace plus sûr pour les consommateurs et à encourager davantage de pays et partenaires du secteur privé à participer à cette opération et à fournir des références.

Outre les noms de domaine saisis, les fonctionnaires de police ont aussi interpelé 12 suspects, bloqué les dispositifs opérationnels, identifié et gelé plus d’1 million d’euros sur plusieurs comptes bancaires et plateformes de paiement en ligne et une banque de devises virtuelles utilisée par les groupes de crime organisé.

Europol, en coopération avec l’Office de la propriété intellectuelle de l’Union européenne (EUIPO), poursuit ses efforts en collaborant avec succès à de nombreuses enquêtes hautement prioritaires, liées à la criminalité sur Internet, en offrant une formation portant sur les investigations en ligne et en organisant des conférences sur les atteintes à la propriété intellectuelle.

Pour sensibiliser sans cesse contre cette menace croissante, l’IPC3 d’Europol a lancé la campagne Do not F *** (ake) Up visant à informer les usagers des risques sur les achats de contrefaçons en ligne et à donner des conseils directs pour les aider à identifier les sites web illicites vendeurs d’articles contrefaits ainsi que d’autres moyens utilisés par les contrefacteurs tels que faux comptes de médias sociaux et fausses applications.

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Des dizaines d’interpellations lors d’une nouvelle opération coordonnée contre le blanchiment d’argent

Moyennant la collaboration d’Europol, Eurojust et la Fédération bancaire européenne (EBF), les forces de police de plus de 20 États ont interpelé quelque 170 individus dans le cadre d’une opération coordonnée de lutte contre le blanchiment d’argent, baptisée EMMA – Action européenne contre les passeurs d’argent –. Ce dispositif, mené à bien au cours du dernier trimestre 2018, ciblait les passeurs d’argent qui aident les criminels à « blanchir l’argent sale » par millions.

Parmi les résultats de l’EMMA 2018, soulignons les chiffres suivants :

  • Plus de 1 500 passeurs d’argent identifiés lors de l’opération mondiale contre le blanchiment de capitaux.
  • 168 interpelés et 140 organisateurs de passeurs d’argent identifiés.

Plus de 300 banques, 20 associations bancaires et autres établissements financiers y ont collaboré en communiquant un total de 26 376 opérations de passeurs frauduleux, ce qui a évité au total la perte de plus 36 millions d’euros, d’où l’importance d’une réponse rapide et coordonnée entre police et secteur bancaire.

Les passeurs d’argent sont des individus qui, parfois à leur insu, sont recrutés par des organisations criminelles comme agents de blanchiment pour masquer l’origine de l’argent du crime. Appâtés par une promesse d’argent facile, les passeurs transfèrent des capitaux illicites entre des comptes, souvent situés dans des États différents, au nom d’autres individus, et offrent généralement une partie des fonds qui passent par leurs propres comptes.

Les individus les plus susceptibles de commettre ce type de délits seraient des nouveaux arrivants, chômeurs ou personnes en difficulté financière mais les recruteurs de passeurs d’argent visent de plus en plus les étudiants nécessiteux.

Les passeurs sont recrutés de différentes manières bien que, dernièrement, les criminels utilisent de plus en plus les réseaux sociaux pour chercher de nouveaux complices moyennant de fausses offres d’emploi.

Au premier abord, cela peut sembler un moyen rapide et facile de gagner de l’argent, car un simple clic suffit à transférer des fonds d’un compte à une autre, mais permettre qu’un groupe criminel utilise le compte bancaire d’une autre personne peut entraîner de graves conséquences légales.

Pour divulguer ce type de fraude, il a été lancé dans toute l’Europe la campagne de sensibilisation #DontBeAMule au cours du dernier trimestre 2018.

Offrant du matériel d’information, disponible au téléchargement dans 25 langues, la campagne avait pour but d’instruire le public sur les procédés utilisés par ces criminels, sur la manière de se protéger et sur la marche à suivre à l’égard des victimes.

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Les autorités du monde entier poursuivent le plus grand site web de location de DDoS

Sous la coordination d’Europol et du Joint Action Taskforce (J-CAT), avec le soutien de la police hollandaise et de l’Agence nationale britannique, une série d’actions sont mises en œuvre dans le monde entier pour détecter les attaques aux utilisateurs par déni de service (DDoS). Il semble que webstresser.org a été le plus grand marché au monde où contracter des services DDoS, en collaborant au lancement de plus de 4 millions d’attaques pour un prix de 15 € par mois seulement.

Alors que certains centrent spécifiquement leurs actions contre les utilisateurs de webstresser.org, les agences de police du monde entier ont intensifié leurs activités contre les utilisateurs des services de DDoS en général. À ce propos, le FBI a saisi, le 15 décembre dernier, d’autre sites web de location de DDoS, y compris le relativement connu Downthem et Quantum Stresser. De même, la police roumaine a pris des mesures contre les administrateurs de deux plateformes DDoS de moindre portée et a mis à profit la preuve numérique, y compris les informations sur les utilisateurs.

La tendance excessive à la location de DDoS est une question urgente, essentiellement du fait de l’accès aisé qu’elle offre aujourd’hui. Pour un prix nominal modique, tout individu peu qualifié est à même de lancer des attaques DDoS sur un simple clic, en supprimant toutes sorte de sites web et de réseaux. Les dommages causés aux victimes peuvent être considérables, cela peut bloquer économiquement des entreprises et priver les utilisateurs des services essentiels qu’offrent les banques, institutions gouvernementales et forces de police.

Forts d’un anonymat perçu, beaucoup de jeunes férus de nouvelles technologies se livrent à cette infraction apparemment légère, en ignorant les conséquences que de telles activités en ligne peuvent entraîner. La cybercriminalité n’est pas un crime sans victimes et elle est prise très au sérieux par la police. Les effets secondaires qu’une enquête criminelle pourrait avoir sur la vie de ces adolescents peuvent s’avérer graves, voire déboucher sur une peine d’emprisonnement dans certains pays.

L’impact des attaques par DDoS s’est traduit récemment par la condamnation au Royaume-Uni d’un hacker âgé de 30 ans à presque trois ans de prison, après avoir été jugé coupable de se livrer à des attaques contre un leader politique. En novembre 2016, les DDoS s’en sont pris à l’accès à Internet avec une attaque qui a causé des dommages chiffrés à des millions de livres. Aux Pays-Bas, la police et le bureau du procureur ont lancé un projet appelé Hack_Right, destiné à traiter avec de jeunes délinquants pour éviter la commission de crimes plus graves.

Les aptitudes dans la codification, le jeu, la programmation d’ordinateurs, la sécurité cybernétique et tout autre aspect lié aux TIC connaissent une grande demande et il y a beaucoup de degrés et d’opportunités disponibles pour les utiliser avec prudence.

Ces actions sont développées dans le cadre d’EMPACT. En 2010, l’Union européenne a créé un cycle de politiques de quatre ans pour garantir une plus grande continuité dans la lutte contre le crime organisé à l’échelle internationale. En 2017, le Conseil de l’UE a décidé de poursuivre le cycle de politiques de l’UE sur la période 2018-2021. Le but est d’aborder les menaces les plus graves que représente le crime organisé international au sein de l’UE. Pour ce faire, il faut améliorer et renforcer la coopération entre les services pertinents des États membres de l’UE, les institutions et autres organismes, ainsi que les pays et organisations non communautaires, y compris le secteur privé lorsqu’il est utile.

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La coordination en matière de sécurité environnementale mondialement renforcée

Interpol et les pays membres collaborent, en tant qu’organisateurs et participants, dans diverses activités comme, par exemple, soutenir certaines opérations ou enquêtes dans le but d’améliorer la sécurité environnementale aux quatre coins du monde.

Il existe plusieurs projets visant à aider les polices d’un peu partout lors de leurs enquêtes dans ce domaine, moyennant des activités de formation, un soutien opérationnel, l’échange de renseignements et l’analyse d’informations sur la criminalité.

Fish capture

Les crimes contre l’environnement prennent des formes très diverses :

  • Atteintes aux espèces sauvages : Interpol participe aux interventions spécifiques des forces de l’ordre, telles que l’opération Thunderbird, qui sont conçues pour intensifier l’effet des mesures de durabilité et de préservation de la faune et de la flore.
  • Pêche illégale : des activités opérationnelles et des enquêtes sont coordonnées à l’échelle mondiale et régionale, mais dans une volonté particulière d’apporter un soutien aux pays en développement dans les cas entraînant des crimes connexes.
  • Crimes forestiers : formation et soutien opérationnel aux organismes chargés d’appliquer la loi dans des pays importateurs ou exportateurs de bois. Le but est d’améliorer la réponse des pays membres face aux criminels qui se livrent à l’abattage illégal et à la déforestation, ainsi qu’à la fraude fiscale, à la corruption, au faux en écritures et au blanchiment d’argent.
  • Pollution et crimes connexes : Interpol souligne l’opération « 30 jours d’action », lancée à l’été 2017 et ciblant les décharges illégales et le commerce illicite de déchets dangereux. Des informations ont été communiquées concernant 483 individus et 264 entreprises accusés de crimes et infractions liés au traitement de déchets et 1,5 millions de tonnes de déchets illégaux ont été détectées.

Interpol fait partie du Consortium international de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages (ICCWC), dont la vocation est de renforcer les systèmes de justice pénale et apporter un soutien coordonné à l’échelle régionale, nationale et internationale pour combattre la criminalité liée aux espèces sauvages et les crimes forestiers.

Parallèlement, Interpol peut apporter une assistance technique et aux investigations menées dans des cas spécifiques, grâce à des équipes de soutien aux enquêtes. Ces équipes sont composées d’agents des forces de l’ordre et d’analystes ayant des connaissances spécialisées dans le domaine médico-légal, analytique et technique et des compétences  en matière criminelle.

L’agence organise aussi des réunions de recherche et analyse de cas permettant aux enquêteurs de différents pays et régions de traiter de cas transnationaux d’intérêt commun ou d’échanger des informations.

Finalement, ce qu’on appelle les groupes NEST – Groupes nationaux spécialisés en sécurité environnementale – sont des équipes multidisciplinaires d’experts issus de divers organismes nationaux, dont la police, les services des douanes, les ministères chargés de l’environnement et les ministères publics.

L’analyse des informations criminelles facilite le processus de prise de décisions des enquêteurs, cadres et autres interlocuteurs des forces de l’ordre et garantit une approche de l’activité policière basée sur les renseignements stratégiques.

Notes associées :

https://notesdeseguretat.blog.gencat.cat/2018/12/19/premiere-operation-mondiale-contre-la-pollution-marine/

https://notesdeseguretat.blog.gencat.cat/2017/09/06/interpol-renforce-la-lutte-contre-la-criminalite-environnementale/

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Les taux d’insécurité urbaine grimpent à nouveau au Brésil

Le Brésil a battu son record d’homicides en 2017 : 63 880 personnes assassinées, soit 175 morts d’individus par jour et 3% de plus que l’année précédente, d’après les données du Forum brésilien pour la sécurité publique. Qu’est-ce qui provoque cette tendance ? Le crime organisé est certes un facteur clé qui vient l’amplifier.

favelaLe taux d’assassinats au Brésil s’est accru au fur et à mesure que s’implantaient dans le pays les cartels de la drogue les plus puissants au monde : Colombie, Pérou et Bolivie. Le Brésil est un grand consommateur de cocaïne et de crack ; c’est aussi un pays de transit pour le transport de la drogue destinée à l’Europe et à l’Asie.

Un rapport publié par l’Institut international d’études stratégiques souligne les défis que signifie le crime organisé en vue de garantir une sécurité urbaine efficace dans toutes les villes du monde, mais surtout dans les favelas du Brésil comme Maré à Rio de Janeiro, l’une des plus importantes avec un total de 130 000 habitants. D’après Patrícia Vianna, coordinatrice de l’ONG Redes, le nombre de civils armés a augmenté ces derniers 4 ans.

Sur ces 4 années, la sécurité publique de l’État de Rio a empiré, alors que le pays traverse une crise économique et institutionnelle qui affecte les politiques publiques. L’administration de la ville de Rio a mené à bien une « stratégie pacificatrice » consistant en une série d’interventions militaires impliquant la police militaire et la présence permanente de l’unité pacificatrice de la police. Entre 2008 et 2012, cette stratégie a plutôt bien fonctionné, à tel point que la Banque mondiale l’a considérée comme la meilleure stratégie internationale. Mais en février 2018, le gouvernement fédéral s’est interposé et a cédé temporairement le contrôle des institutions de sécurité de Rio aux forces armées fédérales.

Maré, quartier surpeuplé et profondément appauvri, a été utilisé comme un laboratoire pour l’intervention militaire. Entre 2014 et 2015, environ 2 500 soldats patrouillaient dans le secteur ; durant ces années-là, les taux d’homicides ont fortement diminué (de 21 à 5 pour 100 000 habitants) d’après le ministère de la Défense. Toutefois, le défaut de cette stratégie est qu’elle n’a abouti à aucune solution. « La stratégie pacificatrice » était simplement une solution à court terme, dans le cadre de laquelle les causes principales du problème n’étaient pas abordées. Lorsque les forces militaires ont quitté le terrain, Maré est redevenu une zone contrôlée par les factions criminelles.

La situation dans cette favela de Rio n’est pas un problème isolé que l’on constate seulement au Brésil. Au fur et à mesure que la population urbaine croît dans certaines villes de pays en voie de développement, dans des régions comme l’Asie ou l’Afrique, ces dernières peuvent se voir confrontées aux mêmes situations qu’à Rio.

Liens utiles :

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Dernières tendances du trafic de stupéfiants en Europe

Les 6 et 7 décembre 2018, 125 délégués des États membres de l’UE et des pays tiers et autres représentants de 11 organisations internationales se sont réunis au siège d’Europol pour la deuxième conférence annuelle « Drogues en Europe : une réponse énergique de la Loi ». Les délégués ont débattu sur les dernières tendances du trafic de stupéfiants et ont établi des réponses législatives pour protéger les citoyens contre les menaces que constituent les drogues illégales.

Le nombre de groupes de crime organisé et la vente de drogues illégales sont en augmentation. Près de 35% des 5 000 organisations criminelles qui sévissent dans l’UE à l’échelle internationale participent à la production, au trafic ou à la distribution des substances illégales. Les organisations criminelles impliquées dans la vente de drogues sont hautement polyvalentes. Environ 65% d’entre elles sont simultanément mêlées à des activités criminelles telles que le commerce de biens contrefaits, le blanchiment d’argent, la traite des êtres humains et le trafic de migrants. Les drogues illicites constituent le marché criminel le plus important au sein de l’UE et on estime qu’il génère dans les 24 milliards d’euros chaque année.

À l’issue de la conférence, les délégués ont approuvé les conclusions suivantes :

  • Le nombre de groupes de crime organisé est en augmentation, de même que la vente de drogues illicites. Ces phénomènes constituent une menace pour la sécurité et la santé publique de l’Union européenne et ses États membres qui doivent garantir les ressources adéquates pour les combattre.
  • La vente de drogues illicites est un catalyseur pour le crime organisé le plus actif. C’est l’aspect le plus lucratif de ses activités génératrices de profits qui sont aussi liées à la violence, la corruption, le blanchiment d’argent, l’exploitation d’êtres humains, le trafic d’armes à feu et autres crimes graves. Une réponse coordonnée de l’UE et ses États membres est nécessaire face à cette croissance des organisations criminelles et du trafic de stupéfiants.
  • Les groupes de crime organisé qui présentent le risque le plus élevé sont de plus en plus transnationaux. Ils réalisent des activités transfrontalières à la fois dans et hors de l’Union européenne. Les autorités policières des États membres de l’UE doivent améliorer l’échange d’informations, la coopération opérationnelle et la coordination d’activités.
  • Les organisations criminelles les plus puissantes deviennent de plus en plus polyvalentes. Leurs activités illégales évoluent très rapidement. Outre les enquêtes portant sur les activités et marchés illégaux, les forces de police devraient centrer leurs actions opérationnelles sur les individus et les groupes qui constituent le risque le plus élevé de menaces de crimes graves et organisés dans l’UE.
  • Les enquêtes sur le trafic transfrontalier de stupéfiants et le crime organisé exigent la disponibilité ponctuelle, entre autres choses, d’une technologie de pointe.
  • Compte tenu que le crime organisé affecte tous les aspects de la société, il faut souligner l’importance du développement et de l’implantation d’une législation mondiale sur la récupération d’actifs pour combattre efficacement ce type de situation.
  • Afin d’affronter les défis que représente cette croissance du trafic de drogues et du crime organisé, il a été créé un réseau européen (non officiel) par les chefs des services organisés centraux et d’investigations sur les crimes liés aux drogues en vue d’améliorer la coopération à la fois sur le plan tactique et stratégique, planifier des actions communes et cibler une approche holistique.

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