Les victimes de cyberdélinquance ont perdu 3,5 milliards de dollars en 2019 aux États-Unis

337.- cybercrimeL’Internet Crime Complaint Center (IC3) du FBI a publié son rapport sur les délits qui se sont produits sur Internet en 2019 aux États-Unis. Le rapport révèle que la cyberdélinquance a atteint une valeur de 3,5 milliards de dollars, comme le démontrent les 467 361 plaintes déposées l’année dernière.

L’IC3 déclare avoir reçu 4 883 231 plaintes depuis sa création en mai 2000, avec une moyenne d’environ 340 000 plaintes par an et plus de 1 200 plaintes par jour au cours des cinq dernières années.

L’organisme estime à 10,5 milliards de dollars les pertes enregistrées par les victimes de cyberdélinquance au cours des cinq dernières années, à savoir entre 2015 et 2019.

Le rapport conclut que les plaintes les plus courantes concernaient des cas de phishing ou de stratagèmes similaires, de non-paiement ou de non-livraison et d’extorsion.

Les arnaques qui ont coûté le plus d’argent à leurs victimes étaient la compromission de la messagerie professionnelle, la fraude sentimentale et l’usurpation ou l’imitation du compte d’un individu ou d’un vendeur connu de la victime pour recueillir des informations personnelles ou financières.

L’IC3 a également rapporté que son équipe de recouvrement des avoirs (Recovery Asset Team, RAT), créée en février 2018, a aidé certaines victimes de cybercriminalité à récupérer leurs fonds perdus à la suite de différents types de délits sur Internet.

L’équipe RAT, qui a été créée en tant qu’équipe autonome en 2018, a achevé sa première année d’activité en 2019. En un an, elle a permis aux victimes de récupérer plus de 300 millions de dollars perdus à la suite d’arnaques en ligne, atteignant un taux de retour des pertes signalées de 79 %.

Selon le rapport, ces arnaques comprennent souvent un délit ou l’imitation d’une adresse e-mail légitime. Par exemple, un individu reçoit un message qui semble provenir de l’un des dirigeants de son entreprise ou d’une autre entreprise avec laquelle il est en contact.

L’expéditeur de l’e-mail lui demande un paiement, un virement bancaire ou un achat par carte qui semble à première vue légitime, mais son argent est en réalité directement remis à un délinquant.

En 2019, l’IC3 a observé un très grand nombre de détournements de salaires par compromission de la messagerie professionnelle. Les fraudeurs demandent aux ressources humaines ou au service de paie d’une entreprise de mettre à jour leurs informations de paiement par e-mail en se faisant passer pour des employés de l’entreprise.

En 2019 également, l’IC3 a reçu 13 633 plaintes pour arnaque au faux support technique de la part de victimes résidant dans 48 pays. Les pertes enregistrées s’élevaient à plus de 54 millions de dollars, soit une augmentation de 40 % par rapport à 2018.

Selon l’IC3, la grande majorité des victimes ayant déposé plainte pour arnaque au faux support technique avaient plus de 60 ans.

En 2019, l’IC3 a également reçu 2047 plaintes liées à des attaques de ransomware, avec des pertes s’élevant à plus de 8,9 millions de dollars.

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Le nombre de victimes du terrorisme continue de diminuer, mais l’extrême droite et les talibans gagnent du terrain

335.- Alpini_ISAFL’Institute for Economics & Peace a récemment publié son Global Terrorism Index (données allant jusqu’à l’année 2018). La diminution du nombre de victimes mortelles du terrorisme depuis 2014 (sommet historique) a été confirmée, avec 52 % de victimes en moins. Plus précisément, en 2018, le nombre de victimes mortelles a diminué de 15,2 %, avec un total de 15 952. Entre 1970 et 2017, environ 170 000 victimes d’attentats terroristes ont été recensées. En revanche, le nombre de pays ayant enregistré au moins une victime mortelle a légèrement augmenté, atteignant 71 (deux de plus que l’année précédente).

Cette diminution d’échelle mondiale est principalement due aux défaites de l’État islamique (EIIL), qui est passé de 70 000 soldats en Irak et en Syrie en 2014 à seulement 18 000 en 2018. Et cela a entraîné une réduction de 63 % des attentats et de 69 % des décès. Les bombardements de l’aviation américaine contre des militants shebabs (Somalie) ont également contribué à cette diminution. En revanche, malgré le succès rencontré dans la lutte contre Boko Haram, le Nigéria est toujours le troisième pays au monde en nombre d’incidents terroristes, avec un total de 8 567 en 2018, et une augmentation de plus de cent décès pour cette raison par rapport à l’année précédente. L’activité des extrémistes peuls semble en avoir été la cause.

La région qui compte le plus grand nombre de décès est l’Asie du Sud. L’Afghanistan arrive en tête de course avec 9 603 attaques et 7 379 décès en 2018 (soit une augmentation de 59 %). La plupart de ces décès sont dus à l’activité croissante des groupes talibans, qui a largement compensé la diminution des victimes mortelles de l’EIIL. L’Irak chute à la deuxième place, le recul de l’EIIL ayant considérablement fait diminuer le nombre de décès dans le pays.

En Europe, pour la deuxième année consécutive, le nombre de décès est en baisse, passant de plus de 200 en 2017 à seulement 62 en 2018. Le nombre d’incidents terroristes a également diminué de 40 %, avec un total de 245, le chiffre le plus bas depuis 2014.

L’autre information importante de ce rapport est la confirmation de la croissance du terrorisme d’extrême droite depuis 2014. Bien que l’ampleur des attentats terroristes d’extrême droite ne soit pas encore comparable à ceux causés par d’autres types de groupes terroristes, en Amérique du Nord, en Europe occidentale et en Océanie, le nombre d’attentats terroristes d’extrême droite a augmenté de 320 % au cours des cinq dernières années. En 2018, le nombre de victimes de ces attaques était de 26 (contre 11 l’année précédente). En 2019, au mois de septembre, il y avait déjà eu 77 victimes mortelles. La courbe ascendante est donc considérable et très inquiétante. Les auteurs les plus courants (plus de 60 %) de ce type d’attentat sont généralement des individus sans affiliation à un groupe spécifique.

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Les délits liés à Facebook augmentent de 19 % au Royaume-Uni

333.- Facebook UKLe gouvernement britannique prévoit d’étendre ses activités de police aux réseaux sociaux en créant un nouveau code de conduite.

En vertu de la loi, les entreprises de médias sociaux devront protéger les enfants en les empêchant de voir des contenus pouvant porter atteinte à leur santé physique ou mentale ou à leur bien-être.

Le non-respect de ce code approuvé par le gouvernement est susceptible d’entraîner des amendes et/ou des pénalités qui pourraient faire perdre plusieurs millions de livres aux entreprises concernées. Le code de conduite actuel a été créé en 2017 et mis à jour en avril 2019.

Le nouveau code, plus strict, est annoncé à un moment où les statistiques obtenues par la police britannique révèlent une augmentation alarmante du nombre de délits liés à Facebook signalés.

Les données obtenues par 20 forces de police différentes au Royaume-Uni dans le cadre d’une demande d’accès à l’information indiquent que, pendant l’exercice fiscal 2019-2020, le nombre de délits liés à Facebook signalés à la police a été de 32 451. Par rapport à la même période en 2017-2018, ce total montre une augmentation de 19 % de ces délits.

Selon les chiffres officiels de la police, le nombre total de délits liés à Facebook s’élève à 55 643. Les données partagées dans le cadre de la demande d’accès à l’information ont révélé que la police du Leicestershire est celle qui a reçu le plus de signalements de délits liés à Facebook. La police des Midlands a déclaré avoir enregistré 10 405 incidents au total et, parmi les victimes de ces délits, 408 ont été considérées comme « vulnérables ».

Lancashire Constabulary a enregistré le deuxième plus grand nombre de crimes liés au géant des réseaux sociaux. La police du nord-ouest de l’Angleterre a déclaré avoir enregistré 8 829 délits liés à Facebook, dont 718 cas de harcèlement, 179 délits sexuels, 1 007 messages offensants et 1 497 communications malveillantes.

La police du Grand Manchester a signalé 8 230 délits liés à Facebook, y compris le fait de « se livrer à des activités sexuelles avec un enfant ».

La demande d’accès à l’information a été formulée par un groupe de réflexion du Parlement. Les chiffres obtenus par le groupe de réflexion au moyen de cette demande d’accès à l’information concernant les délits liés à Instagram ou Facebook ont révélé qu’Instagram avait été utilisé par des pédophiles, des intimidateurs, des voleurs et des trafiquants de drogue pour commettre 15 143 délits depuis 2017. Le nombre total de cas associés aux deux plates-formes depuis 2017 au Royaume-Uni est de 70 786.

https://www.oodaloop.com/

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Au Mexique, 2019 a été l’année la plus violente jamais enregistrée

331.- MEXICimagesSelon une étude statistique gouvernementale du Système national de sécurité publique présentée début janvier 2020, plus de 330 000 délits ont été enregistrés au Mexique en 2019. Parmi ces délits, 52 000 étaient des homicides, dont 34 852 volontaires.

En 2019, le Mexique, avec 127 millions d’habitants, a enregistré 27 homicides pour 100 000 habitants.

Les données relatives aux homicides ont atteint un chiffre qui n’avait encore jamais été enregistré. Les premières statistiques officielles datent de l’année 1997. De cette manière, le nombre de meurtres a augmenté de 2,7 % par rapport aux données de 2018. Les mois de juin, juillet et août, avec plus de 3 000 meurtres par mois, ont été la période la plus violente de l’année. C’est à ce moment-là que la décision controversée de déployer la Garde nationale a été prise.

Malgré tout, lors de la présentation des résultats, l’espoir était au rendez-vous. En effet, au cours des quatre derniers mois de l’année 2019, aucun mois n’a dépassé les 3 000 homicides. En tenant compte du fait que, de juin à septembre, 9 182 meurtres ont été enregistrés.

Cette augmentation de la violence concerne également le nombre de féminicides, avec 1 006 femmes tuées en 2019, un chiffre qui dépasse les 912 victimes de 2018.

Par État et nombre de meurtres, Guanajuato, le théâtre d’affrontements entre cartels, arrive en tête de liste avec 3 540 meurtres. Viennent ensuite la Basse-Californie et l’État de Mexico, où se trouve la capitale. En termes de pourcentage, l’État le plus violent est Colima, un petit État situé sur la côte pacifique du pays, qui compte moins d’un million d’habitants. Il est en tête de ce tragique classement avec 760 homicides, soit 107 meurtres pour 100 000 habitants, plus qu’au Salvador, où ce chiffre est de 62.

L’étude statistique présentée par le secrétariat à la Sécurité publique montre également une augmentation du nombre de victimes des cinq principaux délits : il s’agit des meurtres, féminicides et enlèvements, qui sont passés de 1 559 en 2018 à 1 614 en 2019, des extorsions, avec 8 523 victimes, soit une augmentation de 29 %, et enfin, de la traite des personnes, qui a augmenté de 12,6 %, avec 644 victimes en 2019.

Le rapport souligne également une violence généralisée dans tout le pays, ce qui remet en cause la logique des dynamiques régionales ou ciblées. Le nombre de meurtres a augmenté dans des États tels que Sonora (57 %), Hidalgo (49 %) et Aguascalientes (32 %). D’autres États tels que Coahuila, Chihuahua, Campeche, Nuevo León, Oaxaca ou encore Jalisco ont également enregistré une hausse considérable du nombre d’homicides.

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La Suède s’inquiète, de plus en plus, de l’augmentation de la violence armée

330.- turning-torso-4009540_960_720En Suède, durant l’année 2019, ont eu lieu 320 affrontements armés qui ont fait 41 morts et plus de 100 blessés. Cette escalade de la violence, serait due à des conflits entre bandes, principalement liés au trafic de drogue.

À la mi-novembre 2019, le Danemark a même temporairement suspendu les accords de Schengen et appliqué des contrôles à la frontière suédoise. Le motif de cette fermeture de la frontière à la libre circulation des personnes et des biens était d’éviter l’effet contagion de la violence venue de Suède en empêchant l’entrée de bandes criminelles, qui ont fait 129 morts au cours des trois dernières années.

Cependant, la police danoise estime que des affrontements entre bandes criminelles suédoises sont à l’origine de l’explosion qui a détruit le siège de l’agence fiscale de Copenhague pendant l’été 2019 et du double assassinat qui a eu lieu dans l’une des banlieues de la capitale danoise.

Bien que le nombre d’affrontements, de morts et de blessés se maintienne depuis 2017, les nouvelles concernant cette violence sont devenues chaque fois plus préoccupantes. Par exemple, le dernier jour de l’année 2019, un jeune homme de 20 ans a été tué dans une banlieue de Stockholm. La victime portait un gilet pare-balles mais elle a été atteinte à la tête.

La police suédoise et les criminologues suédois considèrent que de nombreux meurtres sont des vengeances d’autres meurtres ou pour des questions d’honneur, parfois entre membres d’une même bande. Ces groupes naissent dans les banlieues des villes et n’auraient pas de structures internes très rigides.

À Stockholm, environ 1 500 individus actifs auraient été identifiés comme appartenant à une cinquantaine de bandes criminelles, dotés d’une grande mobilité entre groupes. Leurs membres sont très jeunes et extrêmement violents. Cela est tellement vrai que l’échange de tirs ne constitue plus le problème le plus grave, ce qui préoccupe maintenant davantage, c’est l’augmentation du nombre d’explosions. Entre janvier et novembre 2019, il y en a eu plus de 230, soit une augmentation de 50 % par rapport à 2018.

Ces explosions servent essentiellement à menacer et à intimider. Elles ont généralement lieu dans des commerces ou des entreprises sans activité ayant leurs portes fermées une fois la nuit tombée. Il est arrivé qu’une explosion ait fait des victimes n’ayant rien à voir avec l’activité criminelle de ces bandes.

Par ailleurs, les échanges de coups de feu et les explosions avaient jusqu’à présent principalement eu lieu dans les grandes villes du pays comme Stockholm, Malmö ou Göteborg. Ces derniers temps, ces attaques ont diminué dans les grandes villes et se sont intensifiées dans des endroits qui n’avaient jusqu’à présent pas souffert ce type de violence. Cela est notamment le cas du nord de la Suède, qui a vu le nombre de fusillades passer de 3 en 2017 à 28 en 2019.

Il convient de mentionner que Malmö, la ville la plus violente à ce jour, a mis en œuvre une expérience pilote, ayant donné peu de résultats, qui a supposé d’importants efforts de la part de la police, de la municipalité, des services pénitentiaires et de la société civile pour tenter de sortir les jeunes de la spirale de violence liée aux bandes. Dans cette seule ville, la police a identifié à 80 mineurs âgés de huit à quatorze ans en tant que membres d’une bande.

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32 maires colombiens expriment leur inquiétude en matière de sécurité des citoyens

329.- 29658304984_d35f7b617c_bLes maires des 32 capitales de départements de Colombie se sont réunies avec le ministère de la Défense pour exposer et coordonner les principaux besoins en matière de sécurité des citoyens. Il faut dire que la sécurité est devenue la principale préoccupation des maires regroupés dans l’association qui les représente, Asocapitales.

Les maires exigent un travail coordonné de la part du ministère de la Défense pour répondre à cinq enjeux spécifiques :

– des mesures liées à la réduction des homicides ;

– des outils pour les mobilisations des citoyens ;

– la refonte des modèles de sécurité ;

– la toxicomanie comme problème de santé mentale ;

– la surpopulation carcérale.

Le maire de Cali, Jorge Iván Ospina, a été choisi pour représenter les maires devant le ministère de la Défense. Les maires estiment qu’ils sont confrontés à une épidémie de criminalité qui pénalise la santé, la vie et le patrimoine des citoyens et pour laquelle toute initiative visant à y remédier sera la bienvenue. Dans cette optique, le maire de la vallée du Cauca a annoncé que sa ville appliquerait les mêmes stratégies que celles mises en œuvre par Medellín : un fond de récompenses qui aiderait à capturer les responsables de crimes.

Les maires considèrent que de meilleures politiques d’accompagnement intégral doivent être élaborées en matière d’éducation, de culture et de sports, et qu’il faut s’opposer radicalement aux adultes qui recrutent des jeunes pour commettre des délits. Dans ce but, les maires proposent que chaque municipalité mette en place sa propre table de dialogue.

Ils revendiquent également la nécessité de repenser le plan national de surveillance de la part des cadres de la Police nationale. Ils considèrent que l’idiosyncrasie, la culture et la phénoménologie de la criminalité propre à chaque ville doivent être prises en compte lors de la dotation et de la planification des effectifs de police.

En ce qui concerne la consommation de drogues, les maires veulent que celle-ci soit considérée comme un problème de santé mentale. Dans ce cas, il y aura lieu d’appliquer des politiques globales de prise en charge des personnes dépendantes. Selon les maires, l’objectif serait de disposer d’espaces publics ordonnés et sécurisés, de transformer les zones d’insécurité et d’offrir un environnement sain et sûr pour tous.

Enfin, Asocapitales a fait part au gouvernement de sa préoccupation concernant ce qui se passe dans les prisons et dans les centres de réaction immédiate (URI), en laissant, par ailleurs, patente son incapacité financière à construire de nouveaux centres pénitentiaires.

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Le marché de la drogue gagne en volume et en complexité en Europe

327 DROGUESPendant les premiers jours du mois de décembre 2019 a eu lieu la 3e conférence internationale sur les drogues en Europe au siège d’Europol, avec la participation de plus de 150 délégués d’États membres de l’UE, de pays tiers partenaires et de 9 organisations internationales.

La conférence a mis l’accent sur le fait que la situation des drogues en Europe gagne en volume et en complexité, et que l’offre de tous les types de stupéfiants augmente.

Les tendances abordées lors de la conférence
• Les groupes de crime organisé : en 2019, le nombre de groupes criminels opérant dans l’UE identifiés était supérieur à 5 000, et de nouveaux types de groupes de crime organisé ont fait leur apparition.
• L’ampleur du marché de la drogue : le marché de la drogue est considéré comme le plus grand marché criminel de l’UE, plus de 35 % des groupes criminels actifs étant impliqués dans la production, le trafic, la distribution et la vente de drogue.
• L’offre et le trafic : Europol a observé une forte augmentation de l’offre et du trafic de drogue, et l’UE est non seulement un centre de production de drogues de synthèse, mais aussi un marché clé pour la cocaïne. L’une des principales méthodes de transport de la cocaïne vers l’UE sont les conteneurs.
• La violence : la violence liée aux affrontements entre groupes criminels augmente.
• Le terrorisme : en dehors de l’UE, il existe des preuves qu’une partie des revenus générés par certains groupes de crime organisé impliqués dans le trafic de drogue sont liés au terrorisme.
• Les victimes mortelles : les décès liés à la drogue en Europe touchent principalement les membres les plus jeunes et les plus vulnérables de la société.
• Le recouvrement des avoirs : bien qu’il existe des lois complètes sur le blanchiment d’argent dans les États membres de l’UE, les résultats en matière de recouvrement des avoirs sont extrêmement faibles. Sur les milliards d’euros générés par le commerce de drogues illicites en Europe, seulement 1 % est confisqué, et il reste encore beaucoup à faire pour remédier à cette situation. Il en résulte un nombre croissant de groupes criminels réalisant des bénéfices très élevés, qui peuvent être utilisés pour financer d’autres opérations illicites et infiltrer des structures d’entreprise légales.

 

La réponse de la police
La police doit faire face à cette évolution en investissant massivement dans les enquêtes liées à la drogue en Europe. Il s’agit notamment d’améliorer le processus de ciblage des grands criminels, qui constituent le principal risque de crime organisé dans l’UE et au-delà.
La stratégie Europol 2020+ a pour objectif de rapprocher les services opérationnels d’Europol des activités de recherche des États membres de l’UE, d’améliorer la qualité des informations contenues dans les bases de données d’Europol et de garantir un soutien opérationnel souple.
La stratégie de l’UE contre le crime organisé
Pendant la conférence, le besoin d’une stratégie propre à l’UE pour lutter contre le crime organisé a été discuté, et il a été recommandé que cette stratégie aborde les points suivants :
• donner la priorité aux efforts opérationnels d’application de la loi contre les groupes de crime organisé à haut risque dans l’UE au moyen d’un processus de ciblage établi par les États membres avec le soutien d’Europol ;
• mieux gérer le chiffrement des communications et d’autres nouvelles méthodes technologiques utilisées par les groupes de crime organisé ;
• accroître la coopération opérationnelle avec l’Amérique du Sud et d’autres pays pertinents pour l’UE, car celle-ci est essentielle pour lutter contre le trafic de drogue en général et le commerce de la cocaïne dans certains cas ;
• trouver une solution aux incohérences avec le cadre juridique et les processus de travail sur le trafic de drogue et d’autres enquêtes internationales liées au crime organisé dans l’UE ;
• se concentrer sur la confiscation des avoirs criminels.

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Comment améliorer l’activité policière sur le Darknet ?

DARKNETÀ mesure que les activités quotidiennes se développent sur la toile, les délinquants et la criminalité s’intensifient également. Avec l’arrivée du Darknet, les délinquants peuvent perpétrer leurs méfaits selon des modalités plus difficiles à détecter, à contrôler et à décrypter par les forces de l’ordre.

Le Darknet procure anonymat et chiffrage, ce qui complique énormément l’identification des suspects et le recueil de preuves. Pour mieux comprendre ces défis, la RAND Corporation et le Forum de recherche des cadres de la police (PERF), au nom de l’Institut National de Justice (NIJ), ont convoqué un atelier afin de réunir des professionnels et des chercheurs de nombreuses disciplines, avec pour mission, d’identifier, en priorité absolue, les problèmes et les solutions potentielles liés à l’évidence du Darknet. Un agenda de recherche et de développement capable d’améliorer la capacité de compréhension et d’enquête sur les activités illicites du Darknet a été établi. Les participants de l’atelier ont identifié 46 solutions ou nécessités potentielles, consistant notamment à améliorer la formation des policiers, partager des informations avec toutes les juridictions et analyser les lacunes et les manques dont souffrent les lois actuelles en termes de recherches sur le Darknet.

Principales conclusions

  • L’amélioration de la formation des professionnels et l’échange d’informations pourraient avoir un impact majeur.
  • La nature même du Darknet et la manière dont les délinquants le mettent à profit sont assez méconnues.
  • Les policiers chargés d’enquêter négligent souvent des éléments physiques révélateurs des activités du Darknet lorsqu’ils rassemblent des preuves pendant une enquête criminelle. Ces éléments peuvent inclure des notes identifiant des portefeuilles de cryptomonnaies, des clés de chiffrage ou des adresses de sites hébergés sur le Darknet.
  • L’anonymat et le chiffrage associés aux activités du Darknet font qu’il est bien plus difficile pour les enquêteurs de démontrer la commission d’un délit.

Recommandations

  • Investir dans la formation à tous les niveaux, des professionnels les plus jeunes aux officiers supérieurs. Les niveaux de base doivent connaître les éléments quotidiens ayant une importance dans le cadre d’une enquête ; les niveaux supérieurs doivent garantir que les CV de formation des officiers et enquêteurs comprennent les compétences et les connaissances nécessaires.
  • Investir dans l’amélioration de l’échange d’informations entre agences, aux États-Unis comme à l’international.
  • Examiner les avantages d’investir davantage dans des structures d’organisation croisée, afin de faciliter la coopération et l’échange d’informations.
  • Encourager les organisations à développer de nouveaux critères pour tester les outils d’investigation utilisés pour rassembler des preuves dans des ordinateurs employant un programme du Darknet.
  • Faire des recherches sur la modernisation des lois associées à l’inspection d’éléments transmis par les courriers électroniques des USA et de services similaires.
  • Enquêter sur la nature de plus en plus interconnectée du crime et des délinquants afin de s’assurer que les policiers peuvent se centrer aussi bien sur la partie visible de l’iceberg (autrement dit les délits classiques) que sur celle qui est reste occulte, mais extrêmement importante (les délits électroniques) et peut mettre en danger la santé et le bien-être de la société.

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Le nombre d’homicides ne cesse d’augmenter au Mexique

Le mois de mai 2019 se clôture par une nouvelle augmentation du nombre d’homicides au Mexique[1]. Avec un total de 2 979 homicides (et féminicides), ce mois-ci se situe légèrement au-dessus du nombre du même mois de l’année passée (2975). Il semble donc que la campagne politique en cours, autour de la nouvelle Garde nationale et sa composition provenant majoritairement de l’armée, n’ait eu aucun effet dissuasif dans ce domaine.

Si nous analysons les chiffres par semestre, entre décembre 2018 et mai 2019, plus de 17 500 homicides ont été enregistrés dans le pays, un chiffre record sur les six dernières années. Cependant, la croissance n’est pas la même partout. Les États ayant enregistré les plus hauts taux d’homicide sont : Nuevo León (72 %), Tabasco (50,7 %), Mexico City (43,2 %), Sonora (43,1 %) et Morelos (42,5 %). Parmi les États qui ont connu une baisse des homicides se trouvent notamment la Basse-Californie du Sud (-78,3 %), bien que ce soit encore le taux le plus haut pour cent mille habitants (33,9), Nayarit (-69 %) et Guerrero (-30,8 %).

Dans ce contexte, le gouvernement semble tout miser sur la récente Garde nationale, qui a été introduite par le biais d’une réforme constitutionnelle et qui a suscité la polémique en raison de son évidente militarisation. La nouvelle rédaction de la Constitution mexicaine[2] établit très précisément, dans son article 20, que « la Fédération disposera d’une police civile dénommée Garde nationale ». En revanche, la seconde disposition transitoire prévoit que la nouvelle Garde nationale soit composée d’agents de trois provenances diverses : l’actuelle Police fédérale, l’Armée de terre et la Marine. C’est-à-dire que deux tiers de ses membres proviendrait de l’Armée, circonstance qui remet en doute son caractère civil.

Si on y regarde de plus près, la réalité est tout autre, puisque les membres de la nouvelle police portent des uniformes militaires, sont formés dans des institutions militaires et ses dirigeants proviennent également de l’Armée. Par ailleurs, les membres provenant de l’ancienne police fédérale sont publiquement méprisés en faveur de ceux provenant des institutions militaires. Ce qui semble ressortir de tout cela c’est que devant l’inefficacité des institutions civiles (de police et autorités publiques), devant le crime organisé et la croissance soutenue de la violence, la seule chose qui pourrait sauver le pays serait la discipline et la loyauté de l’Armée[3]. Cela arrive dans un contexte où l’implication de l’Armée est évidente, du moins depuis la présidence de Felipe Calderón, commencée en 2006, et le nombre d’homicides non seulement n’a pas diminué mais il a augmenté de manière continue et soutenue, atteignant un pic historique au cours du dernier semestre (décembre-mai).

Bien que le discours officiel tente d’accompagner la lutte contre la violence de mesures sociales, la seule mesure claire a été la militarisation d’une police récemment créée au niveau constitutionnel avec un caractère formel très civil.

[1] https://www.animalpolitico.com/2019/06/asesinatos-primer-semestre-amlo-mas-violento-registrado/

[2] Voir https://www.gob.mx/cms/uploads/attachment/file/468418/CPEUM_06-06-2019.pdf

[3] Voir https://www.animalpolitico.com/seguridad-180/la-guardia-nacional-desde-la-distancia/

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Europol a demandé l’élimination de contenus illicites diffusés sur Internet dans presque 100 000 cas

L’Office fédéral de police criminelle en Allemagne – le BKA – a aussi créé un bureau de contact qui a envoyé pas loin de 6 000 rapports depuis sa création et collabore étroitement avec Europol, y compris en termes de « contrebande ».

Le BKA a ouvert un bureau de contrôle pour éliminer certains contenus sur Internet. Ainsi, la National Internet Referral Unit fonctionne en Allemagne depuis octobre 2018. Depuis, le BKA a déjà envoyé 5 895 rapports sur des contenus criminels suspects à des entreprises d’Internet.

Avec ce nouveau département, le gouvernement allemand précède la réglementation de l’UE pour éviter la diffusion de contenus terroristes en ligne. La proposition législative a été présentée par la Commission de l’UE en septembre 2018. L’objectif est d’adopter le règlement dans les plus brefs délais après l’élection du nouveau Parlement européen.

L’un des aspects essentiels de la réglementation proposée est le délai très court dont disposent les entreprises d’Internet pour retirer certains contenus. De plus, la Commission exige des ​​filtres de fourniture de contenus « terroristes » déjà connus, ainsi que des « mesures proactives » de la part des opérateurs de plateformes pour détecter à l’avance ce type de contenu de façon indépendante.

La National Internet Referral Unit en Allemagne fait partie d’un réseau européen où chaque État membre de l’UE doit désigner un point de contact conformément au règlement. Europol, qui gère aussi ce bureau à La Haye depuis 2015, agit en tant que siège central. Depuis sa fondation il y a quatre ans, l’Europol’s Internet Referral Unit a envoyé 96 166 rapports aux entreprises d’Internet. Dans 84% des cas, les contenus illicites ou les comptes ont été déconnectés par la suite.

Europol stocke tous les liens, indépendamment du fait qu’ils aient été éliminés ou non, dans un fichier séparé appelé Internet Referral Management Application (IRMa). Grâce à cette application, la police constate quelles recommandations ont été envoyées aux fournisseurs de services Internet pour l’élimination de contenus, de sorte qu’un second rapport dressé par une autre autorité n’est pas nécessaire. Le BKA est aussi connecté à IRMa depuis le 1er janvier. Les fichiers audio, vidéo et de texte à retirer sont stockés dans un fichier séparé Check the Web pour des investigations ultérieures.

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