What do zombies and drug prevention have in common?

When we think of drug prevention, it is unlikely that images of zombies walking down the streets come to mind. But in Dover, New Hampshire, U.S., this surprising combination has become a powerful educational tool. And it is just one of the many initiatives of Dover Youth to Youth (Y2Y), a pioneering programme led by youth working to reduce substance use in their community.

How did Dover Youth to Youth come about?

The project started in 1992, driven by the Dover Police Department, with a small group of eleven secondary school students. The objective was clear: to give a voice to young people and make them an active part of the solution to the problems of substance use and abuse.

Today, Y2Y is a vibrant organisation of more than 70 students aged between 11 and 18, distributed across several action teams. Students join for many reasons: interest in activism, personal experiences, or simply out of a desire to create positive change.

Y2Y activities are varied and very dynamic. Weekly, the teams meet to train and develop projects in four areas:

  • Education: Presentations in schools, workshops on medication safety, and community talks.
  • Community awareness: Creative campaigns and public events.
  • Public policy: Young people have contributed to the passage of eight municipal ordinances and three state laws.
  • Media: They have created more than 200 radio announcements and educational videos.

Among its most popular projects is The Zombie Project, a campaign that highlights the importance of participating in the DEA’s Drug Take Back Day. Days before the event, young people dress up as zombies to inform the public about the risks of keeping unnecessary medications at home. Their motto is direct and effective: ‘If you think zombies are scary, you better take a look inside your medicine cabinet’.

In 2013, Dover Youth to Youth was recognised as an evidence-based programme in New Hampshire. This distinction allowed them to expand their influence by providing training and resources to youth groups across the United States. One of its most important projects is the One Voice Youth Empowerment Toolkit, a comprehensive set of tools and guides for other communities to replicate its successful model.

The dramatic increase in fentanyl-related deaths has driven Y2Y to create new campaigns tailored to the current reality. In 2024, they launched Dealer is Not a Doctor, focused on the risks of counterfeit pills that mimic real medications but contain fentanyl in potentially lethal doses.

With the support of DEA agents and a large youth mobilisation, the campaign has included demonstrations, distribution of informational materials, and a strong media presence. The message is clear: Do not take any medication that has not been prescribed by a doctor. A ‘dealer’ is not a doctor and does not care for your health.

The main message of Dover Youth to Youth is that young people have the power to transform their community. Whether disguised as zombies, speaking in front of the town hall, or creating multimedia content, these students demonstrate that prevention is more effective when led by the young people themselves.

For any youth group that wants to start a similar project, Y2Y recommends not to reinvent the wheel: there are tools, national campaigns, and resources prepared to be used. What is important is to have passion, commitment, and the desire to create real change.

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Quel est le point commun entre les zombies et la prévention de la toxicomanie ?

Lorsque nous pensons à la prévention de la toxicomanie, nous n’imaginons pas nécessairement des zombies déambulant dans les rues. Mais aux États-Unis, et plus précisément à Dover dans le New Hampshire, cette association étonnante est devenue un puissant outil pédagogique. Et ce n’est qu’une des nombreuses initiatives du Dover Youth to Youth (Y2Y), un programme pionnier mené par des jeunes qui s’efforcent de réduire la consommation de drogues au sein de leur communauté.

Comment le programme Dover Youth to Youth a-t-il vu le jour ?

Le projet débute en 1992, à l’initiative du service de police de Dover, avec un petit groupe de onze lycéens. L’objectif est clair : donner la parole aux jeunes et les impliquer activement dans la résolution des problèmes liés à la consommation de drogues et à la toxicomanie.

Aujourd’hui, Y2Y est une organisation dynamique rassemblant plus de 70 élèves âgés de 11 à 18 ans, répartis dans différents groupes d’action. Les élèves la rejoignent pour de nombreuses raisons : intérêt pour l’activisme, vécu personnel ou simple volonté de susciter un changement positif.

Y2Y propose des activités variées et très dynamiques. Chaque semaine, les groupes se réunissent pour se former et développer des projets dans quatre domaines :

  • Éducation : présentations dans des écoles, ateliers sur la sécurité en matière de médicaments et échanges avec les communautés.
  • Sensibilisation de la communauté : campagnes créatives et événements publics.
  • Politiques publiques : les jeunes ont contribué à l’adoption de huit arrêtés municipaux et de trois lois nationales.
  • Médias : l’organisation a créé plus de 200 spots radio et vidéos éducatives.

Parmi ses projets les plus populaires figure The Zombie Project, une campagne qui souligne l’importance de participer à la journée de collecte des médicaments non utilisés (Drug Take Back Day) organisée par la DEA (agence américaine de lutte contre la drogue). Quelques jours avant l’événement, les jeunes sortent déguisés en zombies pour informer la population des risques liés à la conservation de médicaments inutiles chez soi. Leur slogan va droit au but : « Si vous pensez que les zombies sont effrayants, alors jetez un œil dans votre armoire à pharmacie. »

En 2013, le Dover Youth to Youth a été reconnu comme un programme fondé sur des données probantes dans le New Hampshire. Cette distinction lui a permis d’augmenter son impact, en proposant des formations et des ressources à des groupes de jeunes partout aux États-Unis. L’un de ses projets majeurs est le One Voice Youth Empowerment Toolkit, un ensemble complet d’outils et de guides grâce auxquels d’autres communautés peuvent reproduire son modèle de réussite.

Face à la hausse spectaculaire du nombre de décès dus au fentanyl, Y2Y a créé de nouvelles campagnes adaptées aux réalités d’aujourd’hui. En 2024, le programme a lancé la campagne Dealer is Not a Doctor pour attirer l’attention sur les risques liés aux médicaments contrefaits, dont l’aspect imite de vrais médicaments, mais qui contiennent en réalité du fentanyl à des doses potentiellement mortelles.

Avec le soutien d’agents de la DEA et une forte mobilisation de la jeunesse, la campagne s’est articulée autour de manifestations, de distributions de documents d’information et d’une présence marquée dans les médias. Son message est clair : Ne prenez pas de médicaments n’ayant pas été prescrits par un médecin. Un « dealer » n’est pas un médecin. Et il ne se préoccupe pas de votre santé.

Le message fondamental du Dover Youth to Youth est que les jeunes ont le pouvoir de transformer leur communauté. Qu’ils se déguisent en zombies, prennent la parole devant la mairie ou créent des contenus multimédias, ces élèves démontrent que la prévention est plus efficace lorsqu’elle est menée par les jeunes eux-mêmes.

Pour tout groupe de jeunes souhaitant lancer un projet similaire, Y2Y recommande de ne pas chercher à réinventer la roue : il existe des outils, des campagnes nationales et des ressources prêts à l’emploi. L’essentiel est d’être passionné, engagé, et d’avoir la volonté de susciter un changement concret.

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Bones festes i feliç any nou

Moltes gràcies a tothom per la vostra col·laboració. Tornem el 12 de gener. Bones festes!

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Felices fiestas y feliz año nuevo

Muchas gracias a todos por vuestra colaboración. Volvemos el 12 de enero. ¡Felices fiestas!

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Season’s greetings and Happy New Year

Thank you everyone for your cooperation. We return on January 12th. Happy Holidays!

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Joyeux Noël et Bonne Année

Je vous remercie tous pour votre coopération. Nous retournons le 12 janvier. Joyeuses Fêtes!

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Alliberaments per error a les presons d’Anglaterra i Gal·les: símptoma d’un sistema al límit

Entre l’abril i l’octubre d’aquest any 2025, 91 presos van ser alliberats per error a Anglaterra i Gal·les, segons dades recents del Ministeri de Justícia britànic. Les xifres arriben en un moment en què el govern del Regne Unit afronta una forta pressió després de diversos casos d’alt perfil que han sacsejat la confiança pública en el sistema penitenciari.

Aquest no és un incident aïllat: la tendència dels darrers anys és clarament a l’alça. En els dotze mesos fins al març passat, 262 interns van ser excarcerats per error, un increment del 128% respecte a l’any anterior. Un senyal d’alarma que apunta a un problema estructural profund.

El secretari de Justícia, David Lammy, ha reconegut obertament que el sistema penitenciari britànic es troba en una situació horrorosa. Segons ell, la reducció del 25% del personal penitenciari entre 2010 i 2017 ha deixat els centres sense experiència ni recursos suficients per gestionar processos tan delicats com els alliberaments.

Lammy defensa que cal una reforma radical i que només la tecnologia pot prevenir errors en el futur. Per això, el govern ha anunciat diverses mesures:

  • Creació d’un equip de científics de dades per analitzar errors històrics.
  • Inversió de fins a 10 milions de lliures en noves eines d’IA per reduir l’error humà i substituir sistemes antiquats basats en paper.
  • Una línia d’atenció urgent per verificar ordres judicials pendents abans dels alliberaments.
  • Simplificació de les polítiques d’excarceració per estandarditzar els procediments.

A més, el govern ha impulsat una revisió independent, que s’espera que presenti resultats el febrer vinent.

La crisi ha obert un nou front polític. El secretari de Justícia a l’ombra, Robert Jenrick, ha acusat el govern laborista de generar confusió amb el seu programa d’alliberament anticipat, creat per alleujar la superpoblació a les presons. Aquest sistema permet excarcerar determinats presos després de complir el 40% de la condemna, en lloc del 50% habitual.

Jenrick considera que la gestió de Lammy és una farsa absoluta i que la seguretat pública està en perill. Segons ell, el ministre ha perdut el control del sistema i ha estat reticent a publicar les dades.

Lammy, per la seva banda, manté que el programa d’alliberament anticipat era inevitable perquè els conservadors no van ampliar la capacitat penitenciària quan governaven. Entre els detalls més preocupants, Lammy ha confirmat quetres dels presos alliberats per error continuen en llibertat:

  • Un detingut inicialment per no entregar-se a la policia, excarcerat el desembre de 2024.
  • Un pres per delictes de drogues, alliberat l’agost de 2024.
  • Un autor de robatori amb força agreujada, alliberat el juny de 2025.

Un d’ells és estranger; els altres dos, britànics. A més, les autoritats investiguen un possible quart cas recent, del 3 de novembre.

La situació ha estat intensificada per casos recents que han omplert titulars, com ara:

  • Dos presos alliberats per error en menys d’una setmana de la presó de Wandsworth, que finalment han estat capturats.
  • L’alliberament erroni de Hadush Kebatu, un migrant que havia arribat al Regne Unit en una pastera i que va agredir sexualment una menor de 14 anys mentre vivia en un hotel d’asil. El cas va desencadenar protestes arreu del país.

Kebatu ha estat finalment deportat, però el dany reputacional ja estava fet.

El creixement dels errors d’alliberament a les presons britàniques no és només una dada estadística: és la mostra d’un sistema al límit. La manca de personal, la pressió acumulada, els processos antiquats i la manca de coordinació entre institucions són problemes que no es poden ignorar.

La reforma, doncs, no és opcional: és imprescindible. I el futur del sistema penitenciari britànic dependrà, en gran mesura, de si el govern és capaç d’aplicar les mesures anunciades i recuperar la confiança d’una ciutadania cada vegada més escèptica.

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Liberaciones por error en las prisiones de Inglaterra y Gales: síntoma de un sistema al límite

Entre abril y octubre de este año 2025, 91 presos fueron liberados por error en Inglaterra y Gales, según datos recientes del Ministerio de Justicia británico. Las cifras llegan en un momento en el que el gobierno del Reino Unido afronta una fuerte presión tras varios casos de alto perfil que han sacudido la confianza pública en el sistema penitenciario.

Éste no es un incidente aislado: la tendencia de los últimos años está claramente al alza. En los doce meses hasta el pasado marzo, 262 internos fueron excarcelados por error, un incremento del 128% respecto al año anterior. Una señal de alarma que apunta a un profundo problema estructural.

El secretario de Justicia, David Lammy, reconoció abiertamente que el sistema penitenciario británico se encuentra en una situación horrorosa. A su juicio, la reducción del 25% del personal penitenciario entre 2010 y 2017 ha dejado a los centros sin experiencia ni recursos suficientes para gestionar procesos tan delicados como las liberaciones.

Lammy defiende que es necesaria una reforma radical y que sólo la tecnología puede prevenir errores en el futuro. Por eso, el gobierno ha anunciado varias medidas:

  • Creación de un equipo de científicos de datos para analizar errores históricos.
  • Inversión de hasta 10 millones de libras en nuevas herramientas de IA para reducir el error humano y sustituir sistemas anticuados basados ​​en papel.
  • Una línea de atención urgente para verificar órdenes judiciales pendientes antes de las liberaciones.
  • Simplificación de las políticas de excarcelación para estandarizar los procedimientos.

Además, el gobierno ha impulsado una revisión independiente, que se espera que presente resultados el próximo febrero.

La crisis ha abierto un nuevo frente político. El secretario de Justicia en la sombra, Robert Jenrick, ha acusado al gobierno laborista de generar confusión con su programa de liberación anticipada, creado para aliviar la superpoblación en las cárceles. Este sistema permite excarcelar a determinados presos tras cumplir el 40% de la condena, en lugar del 50% habitual.

Jenrick considera que la gestión de Lammy es una farsa absoluta y que la seguridad pública está en peligro. A su juicio, el ministro ha perdido el control del sistema y ha sido reacio a publicar los datos.

Lammy, por su parte, mantiene que el programa de liberación anticipada era inevitable porque los conservadores no ampliaron su capacidad penitenciaria cuando gobernaban. Entre los detalles más preocupantes, Lammy ha confirmado que tres de los presos liberados por error siguen en libertad:

  • Un detenido inicialmente por no entregarse a la policía, excarcelado en diciembre de 2024.
  • Un preso por delitos de drogas, liberado en agosto de 2024.
  • Un autor de robo con bastante agravada, liberado en junio de 2025.

Uno de ellos es extranjero; los otros dos, británicos. Además, las autoridades investigan un posible cuarto caso reciente, del 3 de noviembre.

La situación ha sido intensificada por casos recientes que han llenado titulares como:

  • Dos presos liberados por error en menos de una semana de la cárcel de Wandsworth, que finalmente han sido apresados.
  • La errónea liberación de Hadush Kebatu, un migrante que había llegado al Reino Unido en una patera y que agredió sexualmente a una menor de 14 años mientras vivía en un hotel de asilo. El caso desató protestas en todo el país.

Kebatu fue finalmente deportado, pero el daño reputacional ya estaba hecho.

El crecimiento de los errores de liberación en las prisiones británicas no es sólo un dato estadístico: es la muestra de un sistema al límite. La falta de personal, la presión acumulada, los procesos anticuados y la falta de coordinación entre instituciones son problemas que no pueden ignorarse.

La reforma, por tanto, no es opcional: es imprescindible. Y el futuro del sistema penitenciario británico dependerá, en gran medida, de si el gobierno es capaz de aplicar las medidas anunciadas y recuperar la confianza de una ciudadanía cada vez más escéptica.

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Mistaken prison releases in England and Wales: symptom of a system close to breaking point

Between April and October of this year 2025, 91 prisoners were mistakenly released in England and Wales, according to recent data from the British Ministry of Justice. The figures come at a time when the UK government is facing severe pressure following several high-profile cases that have shaken public confidence in the prison system.

This is not an isolated incident: the trend in recent years is clearly upward. In the twelve months running up to last March, 262 inmates were released by mistake, an increase of 128% over the previous year. An alarm signal that points to a deep structural problem.

The Justice Secretary, David Lammy, has openly acknowledged that the British prison system is in a horrendous state. In their view, the 25% reduction in prison staff between 2010 and 2017 has left facilities without sufficient expertise or resources to manage such sensitive processes as releases.

Lammy argues that radical reform is needed and that only technology can prevent mistakes in the future. For this reason, the government has announced several measures:

  • Creation of a team of data scientists to analyse historical errors.
  • Investment of up to £10 million in new AI tools to reduce human error and replace outdated paper-based systems.
  • A hotline to verify outstanding court orders prior to releases.
  • Simplification of release policies to standardise procedures.

In addition, the government has pushed for an independent review, which is expected to present results next February.

The crisis has opened a new political front. The shadow justice secretary, Robert Jenrick, has accused the Labour government of generating confusion with its early release programme, created to relieve prison overcrowding. This system allows certain prisoners to be released after serving 40% of their sentence, instead of the usual 50%.

Jenrick believes that Lammy’s management is an absolute farce and that public safety is in jeopardy. In his opinion, the minister has lost control of the system and has been reluctant to publish the data.

Lammy maintains that the early release programme was inevitable because the Conservatives did not expand their prison capacity when they governed. Among the most troubling details, Lammy confirmed that three of the prisoners released by mistake are still at large:

  • One initially arrested for not turning himself in to the police, released in December 2024.
  • A prisoner for drug offences, released in August 2024.
  • A perpetrator of aggravated burglary, released in June 2025.

One of them is foreign; the other two are British. In addition, authorities are investigating a possible fourth recent case, from 3rd November.

The situation has been intensified by recent cases that have filled headlines such as:

  • Two prisoners mistakenly released in less than a week from Wandsworth Prison, who were eventually captured.
  • The wrongful release of Hadush Kebatu, a migrant who had arrived in the UK on a dinghy and sexually assaulted a 14-year-old girl while living in an asylum hotel. The case sparked protests throughout the country.

Kebatu was eventually deported, but the reputational damage had already been done.

The growth of release errors in British prisons is not just a statistic: it is the sign of a system close to breaking point. Lack of personnel, accumulated pressure, outdated processes and lack of coordination between institutions are problems that cannot be ignored.

Reform, therefore, is not optional: it is essential. And the future of the British prison system will depend, to a large extent, on whether the government is able to implement the announced measures and regain the confidence of an increasingly sceptical public.

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Des prisonniers libérés par erreur en Angleterre et au Pays de Galles : symptôme d’un système au bord du gouffre

Entre avril et octobre 2025, 91 prisonniers ont été libérés par erreur en Angleterre et au Pays de Galles, selon des données récentes du ministère de la Justice du Royaume-Uni. Ces chiffres s’inscrivent dans un contexte où le gouvernement britannique est soumis à de fortes pressions à la suite de plusieurs cas très médiatisés qui ont miné la confiance de la population dans le système pénitentiaire.

Il ne s’agit pas d’un cas isolé : la tendance de ces dernières années est clairement à la hausse. Au cours des douze mois précédant mars dernier, 262 détenus ont été libérés par erreur, soit une augmentation de 128 % par rapport à l’année précédente. Un signal d’alerte qui indique un problème structurel profond.

Le ministre de la Justice, David Lammy, a reconnu que le système pénitentiaire britannique se trouvait dans une situation déplorable. Selon lui, depuis la réduction de 25 % du personnel pénitentiaire entre 2010 et 2017, l’expertise et les ressources des prisons sont insuffisantes pour gérer des processus aussi sensibles que les libérations.

Lammy affirme qu’une réforme radicale est nécessaire, et que seule la technologie pourra empêcher ce genre d’erreurs à l’avenir. Dans ce contexte, le gouvernement a annoncé plusieurs mesures :

  • La mise en place d’une équipe de scientifiques de données pour analyser les erreurs historiques.
  • Un investissement pouvant atteindre 10 millions de livres sterling dans de nouveaux outils d’intelligence artificielle afin de réduire les erreurs humaines et de remplacer les systèmes papier obsolètes.
  • Une ligne d’assistance téléphonique pour vérifier les décisions de justice en attente avant la mise en liberté.
  • La simplification des politiques de libération afin de standardiser les procédures.

Le gouvernement a également lancé une étude indépendante, dont les résultats devraient être présentés en février prochain.

La crise a ouvert un nouveau front politique. Le secrétaire d’État fantôme à la justice, Robert Jenrick, a accusé le gouvernement travailliste de semer la confusion avec son programme de libération anticipée, mis en place pour réduire la surpopulation carcérale. Ce système permet à certains prisonniers d’être libérés après avoir purgé 40 % de leur peine, au lieu des 50 % habituels.

Jenrick estime que la gestion de Lammy est une véritable farce et que la sécurité publique est menacée. Selon lui, le ministre a perdu le contrôle du système et s’est montré réticent à publier les données.

Lammy, pour sa part, maintient que le programme de libération anticipée était inévitable parce que les conservateurs n’ont pas réussi à augmenter la capacité des prisons lorsqu’ils étaient au pouvoir. Parmi les détails les plus inquiétants, Lammy a confirmé que trois des prisonniers libérés par erreur sont toujours en liberté :

  • Une personne initialement arrêtée pour ne pas s’être rendue à la police, libérée en décembre 2024.
  • Un détenu pour des délits liés à la drogue, libéré en août 2024.
  • Un auteur de vol aggravé, libéré en juin 2025.

L’un d’entre eux est étranger, et les deux autres sont britanniques. Les autorités enquêtent également sur un possible quatrième cas datant du 3 novembre.

La situation a été aggravée par des cas récents qui ont fait la une des journaux :

  • Deux prisonniers libérés par erreur en moins d’une semaine de la prison de Wandsworth, qui ont finalement été arrêtés.
  • La libération injustifiée de Hadush Kebatu, un migrant qui était entré au Royaume-Uni illégalement et avait agressé sexuellement une jeune fille de 14 ans alors qu’il vivait dans un hôtel pour demandeurs d’asile. L’affaire a engendré des manifestations dans tout le pays.

Kebatu a fini par être expulsé, mais la réputation du système pénitentiaire avait déjà été entachée.

L’augmentation des erreurs de libération dans les prisons britanniques n’est pas qu’une simple statistique : c’est la preuve que le système est au bord du gouffre. Le manque de personnel, la pression accumulée, les processus obsolètes et le manque de coordination entre les institutions sont des problèmes qui ne peuvent pas être ignorés.

À ce stade, la réforme n’est donc plus une option. L’avenir du système pénitentiaire britannique dépendra en grande partie de la capacité du gouvernement à mettre en œuvre les mesures annoncées et à regagner la confiance d’une population de plus en plus sceptique.

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