La violence envers les ambulanciers est devenue un problème majeur. La grande majorité d’entre eux déclarent avoir subi des menaces de violence, ces dernières affectant le bien-être de travailleurs qui ont déjà à accomplir des tâches essentielles, stressantes et difficiles. Jusqu’en 2020, les incidents impliquant un recours à la violence ont augmenté chaque année, avec des coûts supplémentaires pour le service d’ambulances.

Le NHS England (le service national de santé du Royaume-Uni), le service d’ambulances et les syndicats ont convenu de la nécessité d’agir et ont déployé plusieurs initiatives visant à réduire le nombre d’employés victimes de violence dans le cadre professionnel. Parmi ces initiatives, l’utilisation de caméras corporelles.
L’un des problèmes était que si les caméras ont été progressivement déployées dans le monde entier pour réduire la violence, notamment dans les services de police ou les transports publics, et si leur efficacité a bien été prouvée, l’on disposait de peu d’éléments sur la meilleure manière de les utiliser dans les ambulances. Il a donc été décidé de mener une étude parallèlement à l’introduction des caméras afin d’évaluer leur impact.
Cette évaluation a été confiée à RAND Europe. Sur une période de trois ans, de 2021 à 2024, des données ont été collectées et analysées en étroite collaboration avec les ambulanciers et leurs responsables. Toutes ces informations ont permis d’aboutir à un rapport complet.
Pour déterminer si les caméras corporelles réduisent la violence à l’encontre du personnel, il faut examiner les conditions plus larges dans lesquelles elles ont le plus de chances de porter leurs fruits, puis formuler des recommandations permettant d’améliorer ces conditions. Ceci essentiellement parce que les caméras corporelles ne représentent qu’une facette d’un système plus vaste de politiques et de pratiques visant à réduire la violence et les agressions.
L’application des caméras corporelles dans le secteur des ambulances a été confiée aux sociétés d’ambulances, car ces dernières sont les mieux placées pour identifier les obstacles et les opportunités au niveau local et communiquer efficacement avec le personnel directement concerné.
L’étude conclut que les avis des ambulanciers divergent à l’égard des caméras corporelles, principalement parce qu’à elles seules, elles ne constituent pas une solution miracle pour réduire le stress dans les situations à risque. Toutefois, il y a plus d’avis positifs que négatifs. Les personnes interrogées dans le cadre de l’étude ont souligné la nécessité de stratégies plus larges, notamment une communication efficace.
Le rôle du soutien institutionnel est apparu comme un facteur crucial pour déterminer l’impact des caméras sur le bien-être du personnel et son sentiment de sécurité. Cet aspect concorde avec la documentation dont nous disposons déjà, qui met elle aussi en évidence qu’un environnement favorable peut renforcer les avantages des caméras corporelles. En outre, une forte corrélation positive a été constatée entre une culture de travail favorable et des opinions positives sur les caméras corporelles, ce qui suggère que le climat organisationnel joue un rôle majeur sur la perception.
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