« La perception importe » : guide pour la gestion des explosions d’insécurité

Le projet Cutting Crime Impact (CCI), financé par le programme Horizon 2020 de l’Union européenne, vise à prévenir la délinquance ordinaire (toute délinquance non organisée) et, le cas échéant, à réduire son impact autant que possible. À cette fin, le projet travaille sur quatre domaines spécifiques : la police prédictive, la police communautaire, la prévention du crime par le biais de l’aménagement environnemental et la perception de la sécurité. Le projet a pour but d’élaborer des outils dans ces quatre domaines qui peuvent être mis en œuvre par les acteurs de la sécurité pour atteindre les objectifs du projet.

Dans le domaine de la perception de la sécurité ou sécurité subjective, le Departament d’Interior, en tant que partenaire du projet, a été chargé de concevoir un outil permettant d’améliorer la perception de la sécurité des citoyens. La formule choisie a été l’élaboration d’un guide, « La perception importe », qui oriente de manière pratique et utile les responsables de la sécurité qui doivent faire face à l’articulation des réponses aux explosions d’insécurité dans certaines zones spécifiques de la ville. Les manifestations du sentiment d’insécurité sont souvent liées à des espaces concrets, voire à certains créneaux horaires. Une réponse standard, générique, est vouée à l’échec ; une analyse légèrement approfondie (et, si possible, rapide) est nécessaire pour permettre de détecter les causes à l’origine de cette explosion d’insécurité (et non de l’insécurité en général) afin de pouvoir prendre des mesures spécifiques pour y remédier.

Les responsables de la sécurité sont soumis à une forte pression en cas de manifestation publique d’insécurité ou de peur du crime. Cette pression les empêche souvent de garder leur calme et de disposer de suffisamment de temps pour analyser correctement la situation, ce qui favorise des mesures routinières et très visibles qui, bien qu’elles ne résolvent pas le problème, servent à atténuer la pression publique et politique. « La perception importe » vise précisément à fournir des critères simples et pratiques pour que ces personnes chargées d’articuler les réponses face aux manifestations publiques d’insécurité puissent identifier les mesures urgentes à prendre, si nécessaire, tout en facilitant une analyse approfondie de la situation et une réponse plus globale avec des mesures à court, moyen et long terme, afin d’éviter l’adoption de celles qui servent à « écarter » le problème mais qui, au fond, entravent sa résolution.

« La perception importe » se compose de cinq documents faisant partie d’une même stratégie et pouvant être utilisés ensemble ou séparément. Le carnet 1 contient le guide au sens strict, qui incorpore les questions clés qu’une personne ayant des responsabilités en matière de gestion de la sécurité doit se poser face à un incident d’insécurité. Il contient également les sources pouvant être consultées pour obtenir des informations adéquates. À la fin du carnet, on trouve une clarification de concepts à prendre en compte lors de la gestion de crises d’insécurité subjective pour connaître avec précision les différentes dynamiques.

Le carnet 2 aide à évaluer si nous sommes confrontés à un incident exigeant des mesures urgentes, immédiates, tout en continuant à analyser le problème de manière plus globale. Le document comprend des indicateurs permettant de déterminer si des mesures urgentes sont nécessaires ou non, ainsi que des recommandations concernant le type de mesures à prendre.

Le carnet 3 explique simplement plusieurs méthodologies de recherche dans le domaine des sciences sociales, avec des conseils pratiques sur la manière dont elles doivent être gérées pour obtenir les informations requises sans entrer dans des procédures de réflexion sans fin. Il ne s’agit pas d’un manuel de méthodologie, mais de recommandations sur la manière d’utiliser certaines mesures de façon simple et utile afin d’améliorer notre diagnostic d’insécurité.

Le carnet 4 met à la disposition du lecteur des critères pour définir des mesures de réponse aux explosions d’insécurité en fonction des causes qui les ont provoquées, de sorte que l’insécurité puisse être contenue et inversée. Des mesures variées et transversales sont présentées, à court, moyen et long terme. Il comprend également un lien avec des documents qui collectent les bonnes pratiques dans ce domaine.

Le carnet 5 donne, d’une part, des lignes directrices pour comprendre l’importance de la communication avec les citoyens en matière de sécurité subjective et, d’autre part, les critères à suivre pour que la communication publique parvienne effectivement à améliorer la perception de la sécurité des citoyens ou, du moins, à ne pas l’aggraver en période de crise.

En résumé, il s’agit d’un document qui ne propose pas de nouvelles découvertes en la matière, mais qui permet de classer de manière simple et efficace, les connaissances existantes pour faciliter une gestion ordonnée et agile des explosions d’insécurité dans nos villes et espaces publics. http://interior.gencat.cat/ca/el_departament/publicacions/seguretat/projecte-europeu-toolkit-la-percepcio-importa/

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Le Conseil de l’Union européenne a adopté des conclusions sur la stratégie en matière de cybersécurité de l’Union

En mars 2021, le Conseil de l’Union européenne a adopté des conclusions sur la stratégie de cybersécurité de l’Union pour la décennie numérique. Exposée en décembre 2020 par la Commission et le haut représentant pour les affaires étrangères, cette stratégie décrit le cadre de l’action de l’Union européenne ayant pour objectifs la protection des citoyens et des entreprises face aux cybermenaces, la promotion des systèmes d’information sécurisés et la préservation d’un cyberespace mondial ouvert, libre et sûr.

Les conclusions indiquent que la cybersécurité est indispensable pour construire une Europe résistante, verte et numérique. L’objectif principal est de parvenir à l’autonomie stratégique en maintenant une économie ouverte. Cela inclut le renforcement de la capacité à prendre des décisions autonomes en matière de cybersécurité, dans le but de consolider le leadership numérique et les capacités dans le domaine stratégique de l’Union.

Les conclusions du Conseil soulignent quelques domaines d’action à explorer au cours des prochaines années, notamment :

  • les plans de création d’un réseau de centres d’opérations de sécurité dans toute l’Union européenne, pour contrôler et anticiper les signaux d’attaque sur les réseaux ;
  • la définition d’une unité cybernétique commune qui fournirait une approche claire pour le cadre de gestion des crises de cybersécurité de l’Union européenne ;
  • l’engagement marqué pour mettre en application et achever rapidement la mise en œuvre des mesures de la boîte à outils 5G de l’Union européenne et pour continuer les efforts visant à assurer la sécurité des réseaux 5G et le développement des générations de réseaux futurs ;
  • la nécessité d’un effort commun pour accélérer l’adoption de normes de sécurité clés sur Internet, essentielles pour améliorer le niveau global de sécurité et d’ouverture d’Internet à l’échelle mondiale, augmentant ainsi la compétitivité de ce secteur dans l’UE ;
  • la nécessité de soutenir le développement d’un cryptage fort en tant que moyen de protection des droits fondamentaux et de lutte pour la sécurité numérique, tout en garantissant la capacité des autorités judiciaires et policières d’exercer leurs pouvoirs en ligne et hors ligne ;
  • l’amélioration de l’efficacité et de l’efficience de la boîte à outils de cyberdiplomatie, en portant une attention particulière à la prévention et à la lutte contre les cyberattaques dont les effets systémiques risqueraient de toucher les chaînes d’approvisionnement, les infrastructures cruciales, les services indispensables, les institutions et les processus démocratiques, mais aussi de porter atteinte à la sécurité économique ;
  • la proposition de créer un groupe de travail sur le cyberrenseignement afin d’optimiser l’utilisation des ressources de l’Union européenne consacrées à ce domaine ;
  • l’importance de consolider la coopération avec les organisations internationales et les pays partenaires pour améliorer la compréhension commune du monde des cybermenaces ;
  • la proposition de développer un programme externe de création de capacités cybernétiques de l’Union européenne afin d’augmenter la cyberrésilience et les capacités à travers le monde.

Le Conseil recommande à la Commission et au haut représentant de créer un plan détaillé de mise en œuvre pour garantir le développement, l’implémentation et le suivi des propositions énoncées dans la stratégie de cybersécurité. Le Conseil supervisera également les progrès dans la mise en œuvre des conclusions à l’aide d’un plan d’action qui sera révisé et actualisé régulièrement.

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La Norvège veut dépénaliser la consommation de drogue

Le gouvernement norvégien a présenté une proposition au Parlement dans le but de dépénaliser la possession de petites quantités de drogue pour sa consommation personnelle, une mesure qui vise à remplacer les sanctions par l’aide. C’est une approche identique à celle proposée, par exemple, au Portugal.

La consommation et la détention de drogues illicites resteront illégales, mais au lieu d’être sanctionnées, les personnes en possession de petites quantités seront orientées vers un service de conseil obligatoire à l’échelle municipale, où elles recevront des informations sur les risques et conséquences négatives de la consommation de stupéfiants et où on leur proposera de l’aide, un traitement et un suivi.

L’exécutif norvégien, dirigé par le parti conservateur de la Première ministre, Erna Solberg, avec les libéraux et les démocrates-chrétiens, justifie ce changement en affirmant que plusieurs décennies de criminalisation ont montré que cette stratégie ne fonctionne pas et que la poursuite pénale des consommateurs contribue à la stigmatisation et à l’exclusion sociale. De plus, cela les dissuade de demander de l’aide par peur d’être sanctionnés.

Selon les dernières données officielles, en 2018, 286 personnes sont mortes des suites d’une overdose en Norvège, où le nombre de décès liés aux drogues proportionnellement à la population du pays est beaucoup plus élevé que la moyenne européenne.

Étant donné que de nombreux toxicomanes sont des polyconsommateurs, le texte précise qu’une personne peut être en possession de trois substances différentes maximum à la fois, à condition de pas dépasser le seuil fixé pour chacune d’entre elles. En revanche, la détention de quantités supérieures, ainsi que toute autre activité liée aux drogues illicites, telles que l’importation, la fabrication et la vente, restent passibles de sanctions pénales.

Le débat sur la dépénalisation de la consommation de drogue en Norvège a débuté en 2016. Le pays a fondé sa proposition de réforme de la politique relative à la drogue sur un rapport élaboré par un comité d’experts créé il y a deux ans par le Parlement, bien que les quantités autorisées aient été réduites pour ne pas faciliter le trafic ni l’accès. L’exécutif libéral-conservateur ne contrôle qu’une minorité du Parlement norvégien et aura donc besoin du soutien de l’opposition pour faire avancer la réforme, mais la position de tous les partis n’est pas claire. Parmi les opposants à la mesure figurent les démocrates-chrétiens, qui font partie de la coalition gouvernementale, bien que l’on s’attende à ce qu’ils votent en faveur de la réforme par loyauté.

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Le Conseil de l’Union européenne adopte de nouvelles règles sur la diffusion de contenus terroristes en ligne

L’Union européenne s’efforce d’empêcher les terroristes d’utiliser Internet pour radicaliser, recruter ou inciter à la violence. Le Conseil de l’Union européenne a adopté un règlement sur la diffusion de contenus terroristes en ligne.

L’objectif de la législation est d’éliminer rapidement le contenu terroriste en ligne et d’établir un instrument commun pour tous les États membres à cet effet. Les règles s’appliquent aux prestataires proposant des services dans l’Union européenne, que leur siège se trouve dans un État membre ou non.

La radicalisation et l’incitation à la violence via les réseaux sociaux et les plateformes vidéo, ainsi que la transmission en direct, se font de plus en plus fréquentes lors des attaques terroristes. Avec les nouvelles règles adoptées par le Conseil, les autorités policières disposent d’un instrument efficace pour faire face à cette menace.

La coopération volontaire avec les prestataires de services se poursuivra, mais la législation fournira des outils supplémentaires pour permettre aux États membres d’appliquer le retrait rapide de contenu terroriste si nécessaire.

Les autorités compétentes des États membres pourront délivrer des ordres d’élimination aux prestataires de services, éliminer le contenu terroriste ou désactiver l’accès pour tous les États membres. Les prestataires de services devront supprimer ou désactiver l’accès au contenu dans un délai d’une heure.

Les prestataires de services exposés à des contenus terroristes devront prendre des mesures spécifiques pour lutter contre l’utilisation abusive de leurs services et les protéger contre la diffusion de contenus terroristes. La décision concernant le choix des mesures appartient au prestataire de services.

La législation prévoit également une portée claire et une définition uniforme et précise du contenu terroriste pour un respect intégral des droits fondamentaux. Elle comprend également des solutions efficaces tant pour les utilisateurs dont le contenu a été supprimé que pour les prestataires de services qui présentent une réclamation.

L’adoption de la position du Conseil en première lecture fait suite à un accord provisoire sur le texte conclu entre la présidence du Conseil et le Parlement européen le 10 décembre 2020. L’action juridique doit être adoptée par le Parlement européen en deuxième lecture avant d’être publiée au Journal officiel de l’Union européenne. Le règlement entrera en vigueur à compter du vingtième jour suivant sa publication et commencera à s’appliquer un an plus tard.

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Le Mexique veut légaliser la marijuana

Les législateurs mexicains ont adopté, il y a quelques semaines, un projet de loi visant à légaliser la marijuana récréative, un véritable jalon pour un pays qui est plongé dans une guerre contre la drogue et qui pourrait devenir le plus grand marché mondial de cannabis, laissant, le cas échéant, les États-Unis entre deux pays vendeurs de marijuana, le Canada et le Mexique.

Le vote à la Chambre des députés, 316 contre 129, a eu lieu plus de deux ans après que la Cour suprême du Mexique eut statué que l’interdiction de la marijuana récréative dans le pays était inconstitutionnelle, et plus de trois ans après la légalisation du cannabis médical.

La mesure permettrait aux utilisateurs de fumer de la marijuana et, avec une autorisation, de faire pousser un petit nombre de plants de cannabis pour un usage personnel. Elle permettrait aussi d’accorder des licences aux producteurs, des petits agriculteurs aux producteurs commerciaux, pour cultiver et vendre la récolte.

Si la mesure est approuvée, le Mexique rejoindra le Canada et l’Uruguay sur une liste restreinte mais croissante de pays qui ont légalisé la marijuana sur le continent américain, ce qui ajouterait un nouvel élan au mouvement contre les interdictions dans la région. Aux États-Unis, les démocrates du Sénat ont également promis de supprimer cette année l’interdiction fédérale contre la drogue.

Les experts en sécurité s’accordent sur l’idée que l’impact de la loi sur la violence sera probablement minime : selon les affirmations, avec 15 entités américaines qui ont légalisé la marijuana, la culture de cette plante ne représente aujourd’hui qu’une partie infime du trafic de drogue mexicain, les cartels se concentrant sur des produits plus rentables tels que le fentanyl et les méthamphétamines.

Les défenseurs de la dépénalisation de la marijuana estiment que le projet de loi a une portée trop limitée, bien qu’il représente une avancée symbolique dans l’effort visant à mettre fin à une guerre contre la drogue qui a coûté plus de 150 000 vies.

Le projet de loi stipule que les petits agriculteurs et les autochtones ont la priorité dans l’octroi de licences ; cependant, il stipule seulement que ces groupes vulnérables peuvent recevoir plus d’une licence.

Avec plus de 120 millions d’habitants, le Mexique représenterait le plus grand marché de marijuana au monde par rapport à sa population. La culture pourrait devenir un commerce important dans le pays, une impulsion financière potentielle pour une économie fortement frappée par la crise du coronavirus.

Certains militants craignent que la loi ne favorise les grandes entreprises en leur donnant accès à toute la chaîne d’approvisionnement en marijuana, de la graine à la vente, éloignant ainsi les petits producteurs et vendeurs du marché lucratif.

Le projet de loi permettrait aux consommateurs individuels de transporter jusqu’à 28 grammes de marijuana et cultiver six plants de cannabis destinés à un usage personnel. Le cannabis pourrait également être acheté par les plus de 18 ans dans des entreprises autorisées et cultivé à plus grande échelle par des groupes agréés. La marijuana médicale, que le Mexique a légalisée en 2017, serait réglementée séparément par le ministère de la Santé.

Les militants locaux affirment que les restrictions à la possession limiteront l’impact du projet de loi, en particulier pour les consommateurs à faible revenu, qui pourraient être victimes d’extorsion de la police, pratique courante au Mexique.

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Une technologie de reconnaissance faciale déclarée illégale au Canada

La pratique controversée de la société Clearview consistant à collecter et à vendre des millions d’empreintes faciales a fait face à une forte opposition de la part d’un commissaire canadien.

Clearview, fondée en 2017 par l’homme d’affaires australien Hoan Ton-Thatand, travaille à la collecte d’« empreintes faciales », des identifiants biométriques uniques similaires aux empreintes digitales ou au profil ADN de chaque individu, à partir de photos que les personnes publient en ligne.

Les autorités canadiennes ont déterminé que la collecte de données de reconnaissance faciale par Clearview était illégale parce qu’elle enfreignait les lois fédérales et provinciales sur la confidentialité. Il s’agit d’une victoire pour la confidentialité personnelle qui pourrait créer un précédent pour d’autres défis juridiques concernant cette technologie.

Une enquête conjointe menée par les autorités sous la direction du Bureau du commissaire du Canada a abouti à cette conclusion, affirmant que la société basée à New York, qui rassemblait des milliards d’images de personnes provenant d’Internet, représentait une surveillance massive, transgressant ainsi certains droits de confidentialité des Canadiens.

En outre, l’enquête a révélé que Clearview avait recueilli des informations biométriques très sensibles à l’insu et sans le consentement des personnes concernées. Par la suite, elle a utilisé et diffusé ces informations personnelles à des fins inappropriées, qui le resteraient même si ces personnes y avaient consenti.

Depuis 2019, la société a été confrontée à des défis juridiques liés à ses pratiques technologiques et commerciales, qui font partie d’une question plus vaste sur les technologies de reconnaissance faciale développées par une multitude d’entreprises, notamment Microsoft et IBM.

Jusqu’à présent, Clearview a accumulé dans une base de données des milliards d’empreintes faciales, qu’elle vend à ses clients. Elle permet également d’accéder à une application pour smartphones permettant aux clients d’utiliser la photo d’une personne inconnue pour recevoir instantanément un ensemble de photos correspondantes.

L’un des arguments les plus importants en faveur de sa société que Hoan Ton-Thatand a avancé dans les rapports publiés est qu’il y a un grand avantage à utiliser sa technologie pour faire respecter la loi et la sécurité nationale, ce qui dépasse les préoccupations de respect de la vie privée. En outre, Clearview ne serait pas en faute si les forces de police n’utilisaient pas correctement sa technologie.

Cette décision au Canada aidera probablement à prendre d’autres décisions juridiques non seulement sur la technologie de Clearview, mais également sur la reconnaissance faciale en général. En mai 2020, l’association American Civil Liberties Union a poursuivi Clearview pour atteinte à la vie privée dans l’Illinois, une affaire toujours en cours. Les législateurs américains ont également proposé l’interdiction nationale de la reconnaissance faciale.

La technologie soulève également des questions d’inégalité liée à l’ethnicité et de possibilité de fausses accusations contre des innocents. En décembre, deux hommes noirs ont intenté une action en justice contre la police du Michigan, faisant valoir qu’ils avaient été faussement identifiés par la technologie de reconnaissance faciale, en particulier par le logiciel de reconnaissance faciale DataWorks Plus, utilisé par la police d’état du Michigan.

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Des policiers américains travaillent avec un chien robot

Plusieurs services de police des États-Unis ont déployé le chien robot cyber-K-9 dans différentes situations, comme par exemple lors de prises d’otages. Les partisans de leur utilisation disent que les robots peuvent aider à maintenir les policiers hors de danger, alors que les opposants s’inquiètent de la manière dont ils pourraient être utilisés sans directives politiques claires.

Il s’agit d’un robot équipé de caméras, de lumières et d’un système de communication bidirectionnel qui permet à l’agent qui le contrôle de voir et d’écouter son environnement en temps réel. Les services de police de New York (NYPD) ont acquis le robot en décembre 2020 et l’ont utilisé, jusqu’à présent, trois fois en service actif. La dernière utilisation remonte à quelques jours seulement, lorsqu’il a gravi les escaliers d’un appartement du Bronx à la recherche de deux suspects dans le cadre d’une enquête en cours.

Le robot, commercialisé sous le nom « Spot » par la société de robotique Boston Dynamics, coûte 74 000 dollars. Les agents de la police de New York ont déclaré qu’il s’agit d’une nouvelle technologie prometteuse qui pourrait sauver des vies et réduire les risques pour les policiers, collectant des informations dans des lieux à risque et éliminant la nécessité d’envoyer des humains dans des situations compliquées (l’automne dernier, par exemple, il a été utilisé pour envoyer de la nourriture lors d’une prise d’otages dans le Queens).

La police de New York a expliqué via Twitter qu’elle utilise des robots depuis les années 70 pour sauver des vies lors de prises d’otages et d’incidents préjudiciables. Ce modèle de robot est testé pour évaluer ses capacités par rapport aux autres modèles utilisés par les services d’urgence et les pompiers.

Le déploiement de cette technologie pour la surveillance policière soulève également d’autres questions, selon Jay Stanley, analyste politique principal de l’association American Civil Liberties Union. Le robot pourrait-il être autonome ? Est-ce un bon investissement à un moment où les communautés remettent en question les relations entre les policiers et les citoyens ?

L’une des questions est de savoir si la police sera transparente, aura des politiques claires pour utiliser cette technologie et veillera à ce que le public fasse partie de la conversation à chaque étape du processus.

Boston Dynamics, le fabricant du robot, a déclaré qu’une clause avait été ajoutée dans le contrat, précisant que Spot ne peut pas être utilisé pour causer des dommages physiques ou intimider les civils.

Le département de police d’Honolulu utilise un Spot principalement pour prendre des mesures dans une zone de tentes pour sans-abri pendant la pandémie de COVID-19. Cette utilisation a également fait sensation, pour différentes raisons : le chien robot a été acheté avec environ 150 000 dollars d’aide fédérale pour le coronavirus, selon le site Honolulu Civil Beat.

John McCarthy, directeur adjoint de la police de New York, a déclaré dans un communiqué que le robot avait d’autres utilisations liées à la pandémie, notamment les images thermiques et la livraison de nourriture et de médicaments.

Actuellement, une grande partie de ce travail est effectuée par des agents, dont certains sont payés en heures supplémentaires. À long terme, le robot Spot permettra d’économiser de l’argent et maintiendra les agents hors de danger.

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Le projet « Police intelligente » est mis en place en Grèce

La police grecque disposera bientôt de nouveaux dispositifs qui lui permettront d’effectuer une reconnaissance faciale et une identification des empreintes digitales en temps réel, en dehors des locaux de police.

Le plan de déploiement de cette nouvelle technologie s’inscrit dans le cadre du projet « Police intelligente ». Annoncé en 2017, ce projet de 4,5 millions d’euros vise à permettre à la police d’identifier les citoyens et de vérifier leur identité lors de contrôles ou d’arrestations. La plupart des coûts du projet (75 %) sont couverts par le Fonds pour la sécurité intérieure (FSI) de la Commission européenne.

À l’heure actuelle, les citoyens qui ne sont pas en mesure de fournir de document d’identification lorsque la police les arrête dans les rues de Grèce doivent être transférés au poste de police le plus proche pour vérifier leur identité. Les nouveaux dispositifs permettront de gagner du temps en ce qui concerne l’identification des citoyens, puisqu’elle se fera en temps réel.

L’objectif de la police grecque est d’effectuer des vérifications en temps réel concernant les personnes, les véhicules et les objets. Cela améliorera la sécurité des agents de police, réduira les inconvénients pour les citoyens et permettra d’économiser des ressources humaines et matérielles.

La police grecque distribuera initialement au moins 1 000 dispositifs électroniques, avec la possibilité d’en livrer 9 000 autres cet été, si le système s’avère efficace.

Les dispositifs, similaires à des smartphones, sont connectés à 20 bases de données différentes appartenant à des autorités nationales et internationales, telles que le ministère des Transports et le ministère des Affaires étrangères de Grèce, Europol, le FBI et Interpol.

En mars 2020, Homo Digitalis, une organisation à but non lucratif de défense des droits numériques en Grèce, a soumis une demande à l’Autorité grecque de protection des données (APD) pour exprimer ses inquiétudes quant à la légalité du projet « Police intelligente ».

Homo Digitalis a fait valoir qu’il est très probable que la police grecque enfreigne les lois de l’Union européenne relatives au traitement des données à caractère personnel prévues dans la Constitution grecque, les lois nationales liées au Règlement général sur la protection des données (RGPD) et la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne.

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Quelles sont les causes du pire massacre carcéral d’Équateur ?

Les chiffres sont effrayants, et les images des violences qui ont éclaté fin février dans plusieurs prisons équatoriennes donnent la chair de poule.

Au moins 79 détenus sont morts dans des affrontements entre membres de gangs rivaux mutinés dans les prisons de Cuenca, Guayaquil et Latacunga. On relève également la cruauté et la violence extrêmes de ces membres de gangs, illustrées par les images de corps décapités et démembrés circulant sur les réseaux sociaux.

Pour le pays d’Amérique du Sud, la violence dans les prisons n’est pas un problème nouveau. Pour la contenir, le président équatorien, Lenín Moreno, a déclaré l’état d’urgence dans les prisons du pays deux fois ces deux dernières années. Alors, qu’est-ce qui a mené au pire massacre carcéral de l’histoire de l’Équateur ?

D’une part, le trafic de stupéfiants dans le pays a augmenté. Plus du tiers de la drogue produite en Colombie transite par l’Équateur avant d’atteindre l’Europe et les États-Unis. Ce que se disputent les gangs équatoriens n’est pas négligeable, car ces dernières années, l’Équateur est devenu l’autoroute de la cocaïne vers les États-Unis et l’Europe. Cela est dû au changement de stratégie des trafiquants de drogue colombiens, qui fait que plus du tiers de la production croissante de cocaïne de la Colombie passe désormais par l’Équateur.

D’autre part, l’austérité a affecté les prisons. L’augmentation du trafic de stupéfiants s’est traduite par une hausse de la population carcérale en Équateur, qui n’a pas coïncidé avec une amélioration des capacités de garde et de surveillance. De plus, dans le cadre des plans d’austérité convenus avec le FMI, ces secteurs ont également été affectés par des réductions budgétaires, générant, à l’époque, une vague de protestations.

En outre, le gouvernement a dû recourir à l’armée pour faire face à la violence dans les prisons. Le manque de ressources a pour conséquence un déficit de 70 % du personnel chargé d’assurer la sécurité des prisons. Ce chiffre signifie qu’un gardien doit surveiller près de 27 détenus en moyenne, alors que la norme internationale recommande une proportion d’un gardien pour 9 détenus. Cela explique en partie la relative impunité avec laquelle les trafiquants de drogue opèrent depuis les prisons, ainsi que l’abondance d’armes dans les centres pénitentiaires.

Enfin, la surpopulation carcérale continue d’entraver la bonne gestion des prisons équatoriennes. Selon le Comité permanent pour la défense des droits de l’homme (CDH), la capacité de l’ensemble des prisons en Équateur est de 28 500 personnes. Cependant, au mois de mai 2019, lorsque l’état d’urgence dans les prisons a été décrété pour la première fois, le nombre de détenus était de 41 836. Il y avait donc une surpopulation de 42 %.

Comme l’explique l’organisation InSight Crime, la surpopulation carcérale est un phénomène régional qui entraîne des problèmes en matière de respect des droits de l’homme et un manque de contrôle sur les systèmes pénitentiaires. Le fait que des membres de gangs rivaux aient dû être emprisonnés dans les mêmes centres pénitentiaires a également contribué aux affrontements sanglants dans les prisons.

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