Équateur : le plan Más Seguridad, à la recherche d’une stratégie commune

Le plan Más Seguridad, qui avait été interrompu il y a 11 ans, reprend son cours. Le 15 août dernier, un accord interinstitutionnel a été signé entre les principales institutions concernées.

La réunion organisée par Cynthia Viteri, maire de Guayaquil, a rassemblé les plus hauts représentants de la Police nationale, du Service intégré ECU911, de la Corporation nationale des télécommunications (CNT EP), de la Corporation pour la sécurité des citoyens de Guayaquil (CSCG), de la Police métropolitaine, de la brigade des pompiers de Guayaquil, de l’Autorité municipale de la circulation (ATM), des forces armées et de la Direction municipale de la justice et de la surveillance.

La reprise de ce programme de sécurité est orchestrée par le ministère de l’Intérieur, le procureur général de l’État et le secteur privé. L’objectif de cette conjoncture interinstitutionnelle est de permettre aux organismes d’intervention en matière de sécurité des citoyens, d’ordre public et d’autres actions de servir l’intérêt commun, de promouvoir une culture de prévention et de participation citoyenne et de mener à bien un contrôle et un suivi des politiques, avec des évaluations et des rapports périodiques.

La ville de Guayaquil a offert ses ressources, son matériel et ses équipes dans le but d’améliorer la sécurité. 8 millions de dollars américains seront investis dans l’acquisition de 120 caméras de surveillance. L’une des stratégies consiste à unir les 1 100 caméras de la CSCG et les 500 caméras du Service intégré ECU911 du gouvernement.

Le gouvernement a également prévu d’investir dans 600 boutons de panique dans le cadre du plan Amiga ya no estás sola, ainsi que dans 600 caméras d’intervention (bodycam), dont 500 seront remises aux agents métropolitains et 100 à la police du tourisme. Un nouveau centre d’appel et des caméras utilisant une technologie de reconnaissance faciale feront également partie des améliorations.

Le ministère de l’Intérieur a déclaré qu’il s’agissait d’un plan d’action pour lutter contre la violence, le trafic de drogue, l’exploitation minière illégale, la pornographie infantile, les féminicides, la détention d’armes, etc. L’année dernière en Équateur, le nombre de décès dans le domaine de la vie en société a été supérieur à celui de la criminalité.

Le plan prévoit un impact majeur dans les zones qui affichent le plus grand nombre d’agressions, comme c’est le cas des quartiers Modelo et 9 de octubre, qui sont également ceux où l’activité commerciale de Guayaquil est au plus haut.

Selon les statistiques du ministère de l’Intérieur, ce quartier d’affaires du centre-ville est celui où les vols sont les plus fréquents. De janvier à mai 2019, 284 cas ont été signalés, soit une augmentation de 10,08 % par rapport à la même période en 2018.

Le plan Más Seguridad comprend l’intégration de groupes de travail où entrepreneurs, journalistes, universitaires, représentants politiques et autres débattront et proposeront des solutions pour améliorer la sécurité.

Les groupes de travail rédigeront leurs initiatives sur la manière d’améliorer les services de sécurité et de justice pour un traitement approprié des informations sur les délits, un service complet aux victimes et une coexistence pacifique.

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La cyberdélinquance est de plus en plus ambitieuse

Le rapport sur la criminalité d’Europol de 2019 offre des informations sur les menaces émergentes et sur les principales nouveautés, comme par exemple le fait que la cybercriminalité continue de se développer et qu’elle est de plus en plus ambitieuse. En effet, elle s’oriente désormais vers des objectifs plus grands et plus rentables, ainsi que vers les nouvelles technologies. Les données sont la clé de la cyberdélinquance, tant du point de vue de la criminalité comme de celui de la recherche.

Phénomènes de cybercriminalité transversale
1. Les données sont au centre des scènes de crime. Les cyberdélinquants ciblent les données, ce pourquoi la confidentialité des données et la prise de conscience des consommateurs sont fondamentales pour les organisations.

  1. La criminalité informatique se développe et est de plus en plus ambitieuse. En effet, elle s’oriente désormais vers des objectifs plus grands et plus rentables.

Principales tendances du rapport sur la cybercriminalité de 2019
1. Le ransomware reste la principale menace de cyberdélinquance en 2019.

  1. Attaques par déni de service : si un ransomware est utilisé pour bloquer l’accès d’une organisation à ses propres données, cela peut devenir une menace.
  2. Surcharge de données pour lutter contre le matériel d’exploitation sexuelle des enfants : la quantité de matériel détecté en ligne par la police et le secteur privé ne cesse d’augmenter. Une augmentation qui implique un effort considérable au niveau des ressources des chercheurs. L’un des développements à craindre est l’exploitation sexuelle de mineurs en ligne. Le deepfake est une technique qui consiste à superposer des images ou des vidéos sur une autre vidéo.
  3. Le matériel explicite généré automatiquement est de plus en plus courant, notamment en raison de l’augmentation du nombre de mineurs ayant accès à des smartphones de haute qualité.
  4. Villes intelligentes: les attaques de ransomware les plus visibles en 2019 ont touché les gouvernements, en particulier les États-Unis.
  5. La police réagit de plus en plus souvent aux attaques d’infrastructures cruciales.
  6. Le darknet est de plus en plus fragmenté. Certains groupes de crime organisé fragmentent également leurs activités en plusieurs services et marchés en ligne, ce qui représente un nouveau défi pour les chercheurs.
  7. Marchés de blockchain: en plus d’échapper aux autorités, les développeurs criminels sont également motivés par le besoin de renforcer la relation de confiance avec leur base de clients, à la fois en termes d’anonymat et de réduction du risque d’arnaques.
  8. Engagement par courrier électronique commercial : les données sont de nouveau au centre de l’attention en ce qui concerne l’engagement par e-mail commercial, une priorité communiquée à la fois par les États membres et par le secteur privé. Si ce type de délit n’est pas nouveau, il évolue très rapidement. Il s’agit d’une arnaque qui profite de la façon dont les entreprises exercent leurs activités, en tirant parti des structures d’entreprises séparées et des lacunes internes au niveau des processus de vérification des paiements.
  9. Protocole de réponse d’urgence de l’UE : la réponse coordonnée aux cyberattaques à grande échelle est toujours un défi important pour une coopération internationale efficace dans l’écosystème de la cybersécurité.

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Les menaces pour la cybersécurité des réseaux 5G

Parmi les nombreuses technologies émergentes, la 5G (la 5e génération de réseaux de télécommunications) fait partie de celles qui peuvent avoir un impact majeur sur les citoyens, étant donné qu’elle doit permettre deux des principales améliorations au niveau de la transmission des données : l’augmentation du volume et l’augmentation de la vitesse. Elle peut donc avoir un impact important à la fois sur le secteur public et sur le secteur privé.

L’un des défis à surmonter pour adopter cette technologie est la cybersécurité. Pour cela, l’Union européenne veut tirer profit de ses institutions. D’une part, le Conseil européen et la Commission européenne ont présenté, en mars 2019, un ensemble de recommandations indiquant les étapes à suivre et les mesures à adopter, tant au niveau national qu’au niveau européen, pour que ces réseaux atteignent un haut niveau de cybersécurité au sein de l’Union européenne.

L’une des mesures adoptées à l’échelle européenne a été l’élaboration d’une liste de menaces potentielles pour aider les États membres à évaluer les risques. Pour y donner suite, le rapport EU coordinated risk assessment of the cybersecurity of 5G networks (en français « Évaluation coordonnée des risques en matière de cybersécurité des réseaux 5G de l’Union européenne ») a été publié en octobre 2019. Le rapport a été réalisé à partir des contributions des États membres et de l’ENISA (l’Agence européenne de la cybersécurité). L’évaluation des risques recueille les principales menaces et les acteurs qui pourraient les mener à terme, les actifs pouvant être affectés par ces menaces, les vulnérabilités, les scénarios de risque et un ensemble de mesures de sécurité déjà existantes qui peuvent être un point de départ pour atténuer ces risques et ces menaces.

En ce qui concerne le premier point, les scénarios impliquant une menace majeure seraient :

  • les perturbations locales ou internationales des réseaux 5G, qui affecteraient la disponibilité des communications ;
  • l’espionnage du trafic de communications ou de données vers l’infrastructure des réseaux 5G, qui aurait des répercussions sur la confidentialité ;
  • la modification ou la redirection du trafic ou des données vers l’infrastructure des réseaux 5G, qui pourrait affecter l’intégrité ou la confidentialité des communications ; et
  • la destruction ou l’altération d’autres infrastructures numériques ou systèmes d’informations à travers les réseaux 5G, qui affecterait l’intégrité ou la disponibilité des services.

Il s’agit de menaces qui affectent également les réseaux existants, mais dont l’ampleur est plus grande car leur intensité et leur impact potentiel sont plus élevés.

Parmi les conclusions du document, on trouve les quatre points suivants :

  • Par rapport aux réseaux existants, les réseaux 5G présentent plus de surface d’attaque et de points d’entrée potentiels pour les attaquants en raison de l’amélioration de la fonctionnalité du réseau, qui a une architecture moins centralisée, et de l’augmentation de la part de logiciel de l’équipement 5G.
  • Les caractéristiques technologiques du réseau font que les opérateurs doivent faire davantage confiance à des fournisseurs tiers, ce qui augmente le nombre de voies d’attaque des systèmes.
  • Si le système se base sur des fournisseurs uniques, l’exposition et les conséquences des éventuels incidents au niveau du service augmentent.
  • L’altération de la confidentialité, de l’intégrité et de la disponibilité des réseaux, motivée par le rôle que les réseaux 5G auront dans les chaînes d’approvisionnement d’applications technologiques cruciales, sera l’une des principales menaces pour la sécurité nationale de chaque pays, et l’un des principaux défis du point de vue de l’UE.

Il convient également de noter que le gouvernement de la Catalogne considère le déploiement de la technologie 5G en Catalogne comme une priorité nationale, et que la région dispose déjà des infrastructures nécessaires pour faire des tests, tels que celui effectué par la chaîne de télévision TV3 lors de la retransmission de la fête nationale de la Catalogne le 11 septembre 2019.

https://europa.eu/rapid/press-release_IP-19-1832_fr.htm

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Le présent et le futur de la criminalité organisée au sein de l’Union européenne

La criminalité organisée a considérablement évolué au cours des vingt dernières années, en particulier en ce qui concerne le nombre d’organisations criminelles, leur mode opératoire, l’utilisation de la technologie et la capacité du crime organisé à s’infiltrer dans les infrastructures et le secteur public et à exploiter le vide juridique.

Il s’agit de l’une des conclusions qui ont été tirées de la Convention des chefs des polices européennes de 2019 (EPCC), lors de laquelle 600 responsables et représentants de la police de 50 pays se sont réunis au siège d’Europol, à La Haye (Pays-Bas).

L’évènement annuel réunit des chefs de police et des représentants de haut niveau de l’UE et du monde entier, et son objectif est d’échanger au sujet des menaces, des défis et des opportunités que présentent les groupes criminels actuels et émergents. Les délégués ont débattu lors de centaines de réunions bilatérales et unilatérales autour de la façon dont le crime organisé continue d’évoluer et est devenu un défi important pour la sécurité de l’UE. Les autorités de police des États membres de l’UE et Europol se sont mis d’accord sur le fait que la nature de plus en plus transfrontalière du crime organisé, souvent associée à des actes violents entre gangs, à l’expansion du marché de la drogue et aux délits liés, tels que le blanchissement d’argent et la corruption, représente un défi majeur pour notre société.

Dans certaines régions de certains États membres de l’UE, on observe un cercle vicieux avec l’exclusion sociale, la criminalité, la perte de confiance dans la police et, dans certains cas, la radicalisation.

Pendant ce temps-là, les nouvelles substances psychoactives, les niveaux record de production de drogues à l’échelle mondiale, le trafic de migrants organisé et l’augmentation de la criminalité en ligne ont eu des répercussions importantes sur la situation du crime.

Europol et la présidence finlandaise du Conseil de l’UE en ont conclu que plusieurs domaines requièrent une attention particulière. Par exemple :

  • attirer l’attention sur le crime organisé, en le considérant comme une menace grave pour la sécurité interne de l’UE ;
  • s’orienter vers des groupes de criminalité organisée de premier niveau, en développant des initiatives plus réussies, telles que le concept de « cible de haute valeur » d’Europol ;
  • accorder une plus grande attention à la criminalité économique et financière et à la confiscation des avoirs criminels, en veillant à ce que les crimes soient punis et en accueillant des progrès tels que le Centre européen sur la criminalité financière et économique (EFECC) d’Europol et le Parquet européen (EPPO).
  • augmenter le flux d’informations entre la police et le secteur privé au niveau national et européen (Europol) ;
  • augmenter l’investissement dans la prévention de la criminalité, ce qui requiert une approche multidisciplinaire impliquant des organismes gouvernementaux, des organisations non gouvernementales et le secteur privé ;
  • mettre en place une stratégie globale européenne de lutte contre le crime organisé qui puisse s’étendre au cycle politique de l’Union européenne pour les crimes graves et internationaux.

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L’urbanisme au service des citoyens. Entretien avec Marik Fetouh, adjoint au maire de Bordeaux

Marik Fetouh

  1. En quoi est-ce que la transformation urbaine de Bordeaux consiste ? Quels sont le but et les priorités de cette transformation ?

Lorsqu’ Alain Juppé, alors premier ministre, est arrivé à Bordeaux en 1995, il s’était fixé comme objectif de réveiller “la belle endormie” comme Bordeaux était surnomée à l’époque. Pour renforcer son attractivité, il a complétement refaçonné la ville avec notamment la réhabilitation du centre historique, qui a abouti au classement au Patrimoine mondial de l’UNESCO en 2007. Avec 1 million de visiteurs, 10 000 nouveaux habitants et 11 000 emplois créés dans la métropole tous les ans, Bordeaux est aujourd’hui devenue une des villes les plus attractives de France.

Réconcilier les bordelais avec leur fleuve

Pendant très longtemps, les quais sont restés désaffectés, l’activité du port devenant très faible et ayant été transféré plus en aval du fleuve au Verdon. Les hangars étaient à l’abandon. Certains ont été rasés et remplacés par des jardins, d’autres transformés en espace d’exposition ou en magasin, faisant des quais aujourd’hui un espace de promenade très agréable et de détente. Le tourisme fluvial et de croisière s’y développent avec intensité.

Réhabiliter les quartiers les plus pauvres

Outre la rive droite, de nombreux quartiers, les plus en difficulté, ont bénéficié de programmes de rénovation urbaine, facilités par l’arrivée du tramway. Le programme le plus emblématique est celui du quartier de la gare, nommé Euratlantique, qui a été labellisé projet d’intérêt national.

Lutter contre l’étalement urbain et développer l’offre de logements

Pour lutter contre ces deux phénomènes, les politiques d’urbanisme menées depuis 20 ans visent à densifier et à augmenter l’offre. Au total, 9 000 logements sont livrés chaque année dans la métropole bordelaise. Sur la ville de Bordeaux des programmes ambitieux permettront de proposer 14 000 logements, dont 30% de logement social, dans les prochains mois.

Une ville verte

Afin de favoriser les déplacements doux et à pied, les places à Bordeaux sont restées assez minérales à l’occasion de leur rénovation. L’artificialisation des sols qui en découle, et l’absence de végétation sur certaines d’entre elles ne font qu’accentuer la chaleur ressentie en période de canicule par exemple. Pour lutter contre ce phénomène, le nouveau Maire de Bordeaux Nicolas Florian a décidé de planter 3 000 arbres par an dans la ville.

  1. Quel rôle les citoyens ont-ils joué dans le projet de transformation urbaine ?

La parole des habitant-e-s inspire désormais l’aménagement des espaces publics. Ces derniers font entendre leurs voix à travers les instances consultatives comme les conseils de quartier, en plus des consultations publiques obligatoires. L’aménagement du territoire prend en compte leurs demandes qui sont intégrées dans les différents projets.

Un premier budget participatif a été lancé par la Mairie de Bordeaux cette année. Plus de 13 000 Bordelais ont voté pour les projets de développement durable qu’ils souhaitent voir apparaître dans leur quartier. Sur 407 projets déposés, 41 viennent d’être désignés lauréats. Une enveloppe de 2,5 millions et demi d’euros d’investissement est prévue pour financer ces 41 projets. Ils seront réalisés dans les deux années à venir.

  1. Pensez-vous que le développement de la ville a entraîné l’amélioration de la sécurité et de la perception de sécurité de la citoyenneté ?

 Bordeaux est considéré, à juste titre, comme l’une des villes les moins dangereuses de France. En effet, elle se situe à la neuvième place des onze circonscriptions de police de plus de 200 000 habitants, avec un taux de 72 délits pour 1 000 habitants. De plus, la délinquance est en baisse régulière depuis 15 ans. En revanche, la mairie s’inquiète de “l’explosion des incivilités”, notamment celles liées aux trafics de drogue dans quelques quartiers de la ville.

 Afin de sécuriser les passants la Mairie de Bordeaux a intensifié l’éclairage de tous les lieux de vie et de passages la nuit (places, quais, ruelles…). De plus, la ville dispose de caméras installées au coin des rues, sous les toits, ainsi qu’aux endroits stratégiques. Pour ce faire, Bordeaux compte 105 caméras réparties dans toute la ville.

Enfin, ce niveau de délits particulièrement bas s’explique peut-être aussi par l’aménagement urbain qui a permis, à travers le tramway qui se situe en surface et qui relie tous les quartiers en difficulté au centre ville en moins de 15 minutes, de donner un réel sentiment d’appartenance à la ville de tous ses habitants.

  1. Comment l’urbanisme peut-il contribuer à améliorer la coexistence et l’intégration des différents groupes ?

 La connexion de la rive droite à la rive gauche, par le tramway et les différents ponts, a permis d’ouvrir le centre ville historique à une partie de la ville excentrée par le passé. De plus, la commune est devenue plus dynamique et plus homogène en créant des nouveaux lieux de vie.

Depuis 10 ans, le Programme National de Rénovation Urbaine mobilise acteurs publics et privés, élus, services de l’Etat, partenaires sociaux, organismes HLM, habitants pour requalifier plus de 500 quartiers partout en France, là où les conditions de vie étaient particulièrement difficiles. Sur Bordeaux, deux quartiers sont concernés sur la rive droite (La Benauge) et au nord de la ville (Les Aubiers).

De plus, trois agences françaises d’architecture ont reçu le prix Mies van der Rohe de l’Union européenne, pour la transformation de 530 logements sociaux dans le quartier Grand Parc à Bordeaux. Pour éviter la destruction des barres d’immeubles, les agences d’architecture Lacaton et Vassal, Frédéric Druot et Christophe Hutin ont agrandi l’ensemble. Avec cette technique de rénovation, tous les appartements ont gagné en surface et en luminosité. Réhabiliter plutôt que détruire c’est quatre fois moins coûteux.

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Otto M. J. Adang : « Dans la gestion de l’ordre public, l’interaction et la communication sont deux outils tactiques importants »

Le professeur Otto M.J. Adang (1956) est un spécialiste des sciences comportementales. Il est maître de conférences en gestion de l’ordre public et des dangers à l’école de police néerlandaise depuis 2004. Otto Adang s’intéresse à l’agression, la réconciliation et le comportement collectif dans le cadre du maintien de l’ordre public. Depuis 1998, il gère un programme de recherche sur la gestion de la violence et des risques en situation de conflit, qu’il a lui-même mis en place et qui se concentre sur les interactions entre la police et les civils.

Aujourd’hui, le professeur Adang a plusieurs responsabilités. Il est le responsable du département de gestion de l’ordre public et le directeur de la maîtrise en sciences policières de l’école de police des Pays-Bas. Depuis le 1er avril 2016, il est également professeur de sécurité et comportement collectif à la faculté de sciences sociales et comportementales de l’Université de Groningue (Pays-Bas). Depuis 2018, il est un professeur invité du centre de recherches policières de Canterbury.

Selon vous, quels ont été les changements les plus importants en matière de gestion de l’ordre public au cours de ces 10 dernières années en Europe ?

Le changement le plus important que j’ai observé en matière de maintien de l’ordre public dans la dernière décennie en Europe a été le passage d’une approche unilatérale axée sur le maintien de l’ordre, avec une utilisation indifférenciée d’armes à létalité réduite en situation de faible risque, à une approche de gestion de l’ordre public plus moderne et plus flexible axée sur la promotion de l’ordre, en définissant des limites et des frontières de façon ferme mais amicale.

Bien sûr, les pays n’ont pas tous appliqué ce changement, mais de plus en plus de « bonnes pratiques » peuvent être observées dans la gestion des événements publics.

Qu’est-ce qu’une bonne pratique ? Une bonne pratique consiste à éviter toute friction non nécessaire et à faciliter au maximum les intentions et les activités légitimes des participants. La surveillance et l’observation d’un évènement en temps réel sont des mesures importantes pour identifier d’éventuels problèmes et y répondre dès qu’ils surviennent. Il s’agit notamment de communiquer avec les participants et de les informer afin de comprendre ce qui les affecte, d’éviter tout malentendu concernant les mesures qui sont prises et de se conformer aux exigences.

En accord avec la question précédente et avec les derniers développements, vers quoi nous dirigeons-nous ? Quelles seront selon vous les prochaines étapes à suivre ?

Plusieurs tendances générales peuvent être observées en Europe de l’Ouest. La plupart proviennent d’un intérêt grandissant pour l’incorporation des connaissances scientifiques actuelles au maintien de l’ordre lors d’évènements publics.

Pour ne mentionner que certaines des tendances les plus importantes, on observe notamment une augmentation de la flexibilité de la police dans son ensemble, ainsi que des différentes unités, qui peuvent passer d’une approche à l’autre et aller et venir facilement.  Pour gagner en flexibilité, des changements au niveau des tactiques et des stratégies de réaction et de prévention sont nécessaires. Par exemple, en général, davantage d’attention est accordée à la collecte de preuves pour améliorer la « qualité » des arrestations et accroître les possibilités de succès des poursuites, et une approche centrée sur l’auteur des faits est préférée à une approche collective avec des détentions massives. On constate toutefois également un recours accru à une approche stratégique ferme mais amicale qui encourage un comportement pacifique et une approche progressive, différenciée et basée sur l’information qui augmente les capacités de la police en matière de dialogue, de communication et d’interventions discrètes et ciblées à un stade précoce. En Suède, on parle de Special Police Tactics (ou SPT, littéralement « tactiques policières spéciales »), Berlin a développé la politique de la main tendue, et le Royaume-Uni se vante du modèle britannique. De plus en plus d’« unités de dialogue » prennent forme. Par exemple, au sein des équipes de lutte contre les conflits en Allemagne, de la police de dialogue en Suède et des unités de renseignement avancé au Royaume-Uni (bien que ces dernières aient progressivement assumé un rôle différent).

Il existe également une tendance générale à accorder davantage d’attention aux débriefings après des évènements « problématiques », à identifier de bonnes pratiques et à échanger des enseignements entre forces.

Enfin, on constate un consensus général en ce qui concerne l’importance des renseignements sur les auteurs « connus » des faits. Il existe toutefois une insatisfaction générale quant à la qualité des renseignements, et il est également reconnu que les renseignements sur les auteurs « connus » des faits sont insuffisants et ne peuvent pas remplacer la compréhension de la sensibilité et de la dynamique de la foule dans un contexte donné. Les tendances internationales reflètent une prise de conscience croissante des mécanismes à l’origine de la violence collective, ainsi que des mesures les plus efficaces.

En tenant compte de votre expérience académique et internationale, quelles sont, selon vous, les meilleures pratiques/approches policières pour maintenir la paix sociale ?

Les services de renseignement sont considérés comme très importants pour identifier les groupes de fauteurs de troubles connus à la recherche d’affrontements. Pour qu’ils soient conscients des risques, les mesures qui seront prises s’ils transgressent ces limites doivent être bien claires pour eux (et pour les autres). En apprenant à les connaître, les autorités seront en mesure de les faire sortir de l’anonymat. Dans la mesure du possible, il est préférable d’éviter de prendre des mesures qui créent ou mettent en avant une situation de confrontation. L’interaction et la communication sont deux outils tactiques importants en ce sens. Lorsqu’il y a violence, une bonne pratique est d’agir rapidement, plutôt que d’attendre que la situation dégénère et devienne hors de contrôle, et de le faire de façon précise et ciblée, c’est-à-dire en visant spécifiquement les personnes qui transgressent les limites, qu’il s’agisse de hooligans ou de militants employant des tactiques de black bloc. Il est également reconnu que la nature opportuniste d’une grande partie de la violence collective limite l’utilité des renseignements. En effet, lorsque la violence dégénère, le nombre d’options disponibles s’épuise rapidement. En raison de ces incertitudes, la mise en œuvre de plusieurs scénarios hypothétiques est considérée comme essentielle.

Enfin, avez-vous détecté une mauvaise pratique qui mérite d’être signalée en matière de gestion de l’ordre public en Europe de l’Ouest ?  Si oui, à quels facteurs attribueriez-vous cette mauvaise pratique ?

Des tendances claires peuvent être observées d’un pays à l’autre en ce qui concerne le maintien de l’ordre lors d’événements publics.

Lorsqu’un besoin de changement se fait sentir, il ne s’agit pas nécessairement de changements de législation ou de nouveaux pouvoirs. Il s’agit plutôt d’un besoin de mieux comprendre et utiliser la législation existante.

Il est également important de garder à l’esprit que l’introduction de nouvelles armes n’est généralement pas la priorité. Il existe d’autres besoins. Les armes dites innovantes et à létalité réduite ne le sont en fait pas du tout, parce qu’il s’agit essentiellement de technologies existantes qui ne sont pas encore suffisamment développées pour être utilisées à des fins opérationnelles, et parce qu’elles sont intrinsèquement liées à des approches dépassées en matière de maintien de l’ordre.

Enfin, en ce qui concerne les équipements, nous devons passer à des équipements qui améliorent la protection individuelle des agents de police, la communication avec et entre les agents de police, les possibilités de communication avec les participants lors d’événements rassemblant des foules, les possibilités de collecte d’informations ou de preuves et la flexibilité.

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L’indice de la criminalité organisée en Afrique

L’indice de la criminalité organisée de l’ENACT permet une mesure pluridimensionnelle du crime organisé et de son impact.

Les outils de mesure de la portée et de l’échelle du crime organisé en Afrique sont limités. Une meilleure base de preuves est nécessaire afin que les États et leurs principaux agents puissent contrôler, analyser, établir des priorités et aborder efficacement la menace que représente le crime organisé de façon systématique et durable.

Lancé en septembre 2019, l’indice de la criminalité organisée se base sur une analyse qui identifie la disponibilité, la qualité et la pertinence des données continentales et des données prioritaires.

L’indice est une plateforme interactive sur le site web de l’ENACT. Il est complété par un rapport annuel visant à sensibiliser les responsables politiques.

Pour évaluer la vulnérabilité globale d’un État face au crime organisé, le modèle, qui compte trois sous-indices, est conçu pour mesurer trois catégories d’informations :

La présence et l’ampleur de la menace, dans le contexte de 12 types de crime organisé

Le risque de crime organisé

La capacité de l’État et la volonté politique de répondre aux menaces de crime organisé

La juxtaposition de ces trois catégories est analysée afin d’attribuer une note globale à chacun des États d’Afrique, indiquant ainsi le niveau de vulnérabilité de chaque État face aux menaces de crime organisé.

Modèles de vulnérabilité

Présence : le premier des trois sous-indices se concentre sur la présence de crime organisé. Plus précisément, il s’agit d’une d’étude longitudinale dont l’objectif est de montrer l’évolution du crime organisé et son état actuel, qui peut apporter des informations sur son évolution future.

Les informations dérivées de l’indice de la criminalité organisée pour chaque État d’Afrique se présentent sous la forme d’une « fleur » dans laquelle une note est attribuée à chaque type de délit, et qui peut être utilisée pour représenter les tendances sur le long terme.

Risque : les groupes de criminalité organisée exploitent les institutions étatiques faibles ou défectueuses, les frontières poreuses et les lacunes au niveau du bien-être social et des économies locales pour maintenir et développer leurs opérations. Pour mesurer le risque que représente le crime organisé pour un État, ce deuxième sous-indice tient compte de plusieurs domaines : l’économie de l’État, sa géographie et ses ressources naturelles, sa cohésion sociale et ses conflits, et son commerce à l’international.

Réponse : le troisième sous-indice consiste à mesurer la capacité et la volonté politique de chaque État en évaluant son engagement dans la lutte contre le crime organisé, s’il dispose des cadres juridiques, politiques et stratégiques appropriés, et s’il obtient des résultats réels. Il évalue les mesures prises par l’État pour lutter contre le crime organisé, en considérant sa capacité et sa volonté comme essentielles pour mettre en œuvre de véritables politiques stratégiques.

L’un des éléments qui composent l’indice de la criminalité organisée est le tableau de bord des données, qui permet de comparer deux indicateurs généraux : la présence et l’impact du crime organisé.

Présence : le tableau de bord rassemble les données de 12 types de délits individuels à partir de l’indice de la criminalité organisée. Il permet aux utilisateurs de voir l’échelle des différents sous-ensembles de délits dans chaque catégorie. Par exemple, la catégorie « Délits maritimes » peut comprendre la « piraterie » et la « pêche illicite, non déclarée et non réglementée ».

Impact : le tableau de bord fournit des indicateurs sensibles à la délinquance pour évaluer les corrélations entre cinq domaines d’impact : sécurité et violence, économie, développement social, environnement, et gouvernement et démocratie. Chaque domaine d’impact se compose d’une série d’éléments pour lesquels un utilisateur peut choisir un type de délit afin de voir son impact sur le domaine sélectionné. Par exemple, le « trafic d’êtres humains » est associé à la « violence conjugale », et le « terrorisme » au domaine d’impact « sécurité et violence ».

https://enactafrica.org/organised-crime-index

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Le fentanyl, plus mortel que l’héroïne

Le nombre de décès liés aux opioïdes synthétiques aux États-Unis est passé d’environ 3 000 en 2013 à plus de 30 000 en 2018. En effet, les opioïdes synthétiques tels que le fentanyl sont actuellement impliqués dans deux fois plus de décès que l’héroïne.

Un livre [1] montrant une évaluation systématique du passé, du présent et du possible futur des opioïdes synthétiques vient d’être présenté aux États-Unis. Il se base sur l’analyse de données secondaires, des revues de littérature, des études de cas internationales et des interviews d’informateurs clés. Son objectif est de fournir aux décideurs, aux chercheurs, aux médias et au public des connaissances qui leur permettront de mieux comprendre le problème des opioïdes synthétiques et d’apprendre à y répondre.

Principales conclusions

Le fentanyl et les autres opioïdes synthétiques dominent certains marchés régionaux de la drogue au Canada et à l’Est des États-Unis.

Des facteurs liés à l’offre, plus que l’augmentation de la demande, expliquent la diffusion du fentanyl. Ils comprennent la diffusion en ligne de méthodes de synthèse plus efficaces, le commerce électronique anonyme, etc.

Sur certains marchés, le fentanyl remplace entièrement l’héroïne, plutôt que de seulement la frelater ou la compléter.

La diffusion des opioïdes synthétiques se base sur les décisions des fournisseurs, et non pas sur la demande des utilisateurs.

Les problèmes qui existent actuellement dans certaines régions du Canada sont aussi graves qu’à l’Est des États-Unis, malgré d’importantes différences au niveau de la politique en matière de drogue et de la prestation des services de santé publics et des services sociaux.

La propagation du fentanyl est rapide et persistante de façon épisodique.

Il est possible que les problèmes liés aux opioïdes synthétiques s’aggravent.

Le problème des opioïdes synthétiques aux États-Unis n’a pas encore une portée véritablement nationale. En effet, pour le moment, certaines régions à l’ouest du Mississipi ne sont pas autant affectées.

Recommandations

Il est indispensable de mettre en place des mesures pour éviter que les opioïdes synthétiques touchent les régions du pays qui n’ont encore été affectées que modérément.

Les responsables politiques doivent innover dans les régions et secteurs dans lesquels les opioïdes synthétiques sont produits. Il faudrait sérieusement envisager de nouvelles approches pour répondre à la crise actuelle (par exemple, interrompre les transactions en ligne, superviser les lieux de consommation et mettre en place de nouvelles modalités de traitement, comme le traitement assisté par héroïne ou encore l’analyse du contenu des médicaments). Il s’agit d’une démarche nécessaire en raison de la nature et de l’échelle du défi posé par les opioïdes synthétiques qui, sous leurs formes et selon leurs méthodes de distribution actuelles, représentent une solution de sortie des crises précédentes. En effet, la résolution de cette crise pourrait demander des approches ou des technologies qui n’existent pas encore.
Les gouvernements ont la seule responsabilité de financer la collecte de données et le suivi de la consommation et des marchés de la drogue.  La crise du VIH/SIDA a généré de grands investissements dans de nouvelles données et de nouveaux systèmes de contrôle, comme le système national de surveillance du comportement du VIH. Le nombre de décès liés aux opioïdes est similaire à celui du pic de l’épidémie du VIH/SIDA, mais il n’y a encore eu aucun investissement comparable pour améliorer les systèmes de contrôle dans ce secteur.

[1] The future of Fentanyl and Other Synthetic Opioids, Bryce Pardo, Jirka Taylor, Jonathan P. Caulkins, Beau Kilmer, Peter Reuter & Bradley D. Stein.

https://www.rand.org/pubs/research_reports/RR3117.html

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Un allemand sur quatre est victime de délits sur Internet

L’Office fédéral allemand de la sécurité des technologies de l’information (https://www.bsi.bund.de/DE/Home/home_node.html) a publié les résultats d’un sondage en ligne mené au mois d’avril 2019 auprès de 2 000 personnes âgées de 16 à 69 ans[1]. Parmi les personnes interrogées, 24 % déclarent avoir été victimes d’un délit sur Internet, et 29 % considèrent le risque d’être victime d’un délit « digital » comme « très élevé » ou « élevé ».

Plus précisément, 36 % disent avoir été victimes d’une fraude en achetant en ligne, 28 % de hameçonnage, 26 % d’un virus ou d’un cheval de Troie, 18 % d’une usurpation d’identité, 13 % d’un logiciel extorqueur et 13 % de cyberharcèlement, et certaines personnes interrogées ont même déclaré avoir été victimes de plusieurs types de délits.

Pourtant, 61 % d’entre elles ont indiqué qu’elles utilisaient déjà un antivirus, 58 % des mots de passe sécurisés et 52 % un pare-feu. En outre, 36 % des personnes interrogées ont déclaré qu’elles installaient toutes les mises à jour logicielles immédiatement, 32 % qu’elles modifiaient leur mot de passe régulièrement et 19 % qu’elles communiquaient par e-mail de façon cryptée (plusieurs réponses étaient possibles). En conséquence, 73 % affirment rechercher des informations en matière de sécurité sur Internet. Pour cela, 24 % consultent le site de l’Office fédéral allemand de la sécurité des technologies de l’information, et 47 % ceux de la police. Seulement 34 % affirment ne jamais avoir entendu parler de ces sites web.

Les tranches d’âge qui déposent le plus de réclamations sont celles des 60-69 ans (41 %) et des 50-59 ans (40 %). Les 16-29 ans et les 30-39 ans sont celles qui en déposent le moins (23 %). Les tranches d’âge qui s’informent le plus sur Internet sont également celles des 50-59 ans (38 % de façon régulière et 40 % en cas de problème) et des 60-69 ans (37 % et 38 %). Le sujet le plus recherché sur Internet est celui des banques en ligne (62 % des personnes interrogées). Bien que la plupart des personnes interrogées aient déjà entendu parler de mesures de prévention, seule une minorité les prend en compte et les consulte régulièrement (9 %).

Parmi les personnes qui ont déjà été des victimes « du numérique », les mesures de protection les plus fréquentes sont la mise à jour du pare-feu (50 %), l’amélioration de la sécurité des mots de passe (44 %) et la mise à jour de l’antivirus (40 %).

[1] Voir https://www.bsi.bund.de/SharedDocs/Downloads/DE/BSI/Digitalbarometer/Digitalbarometer-ProPK-BSI_2019.pdf?__blob=publicationFile&v=3

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Extorsion, violence et crime organisé en Amérique Latine

Selon une étude récente [1], l’extorsion est le deuxième délit le plus préjudiciable pour l’État de droit des pays d’Amérique latine, après les homicides. L’extorsion est non seulement devenue la principale source de revenus des maras, des gangs de jeunes et des groupes de crime organisé, mais au vu du nombre croissant de décès violents qui en résultent, il s’agit également de la principale menace pour la sécurité.

Par exemple, 24 % des habitants du Salvador disent avoir déjà été victimes d’extorsion, et au Guatemala, le nombre de plaintes déposées pour extorsion a augmenté de 55 % entre 2013 et 2018.

Au cours de ces dernières années, certains pays ont renforcé leurs efforts pour lutter contre les délits d’extorsion. Les solutions testées comprennent le durcissement des peines, les programmes de prévention spécialisés et le recours à des forces de police spéciales ou à des lignes téléphoniques exclusives pour la prise en charge des victimes. Une autre mesure qui gagne en popularité est le blocage des signaux des téléphones portables dans les prisons, car dans certains pays, jusqu’à 70 % des extorsions sont organisées depuis des prisons.

Les conséquences pour la population et l’économie sont dévastatrices. La même étude formule une série de recommandations pour prévenir et contrôler l’extorsion :

  • Promouvoir la modernisation de la police et encourager la réinsertion sociale des détenus, et améliorer le système policier et judiciaire dans le but de garantir la sécurité des citoyens.
  • Favoriser les partenariats public-privé, comme celui qui existe actuellement entre le secteur du sucre et la Police nationale du Salvador. De cette manière, la police a pu accéder à des équipes de mobilité et de communication.
  • Destiner plus de ressources aux technologies de contrôle de l’extorsion. Par exemple, au Mexique, il existe une application qui permet de détecter les appels provenant d’établissements pénitentiaires.
  • Approfondir les échanges régionaux autour des bonnes pratiques en matière de contrôle de l’extorsion pour mettre en œuvre des programmes et des répliques rapides.
  • Consolider les mécanismes de contrôle pour les cas d’extorsion impliquant des employés de la fonction publique. En particulier les cas dans lesquels les fonctionnaires demandent de l’argent aux citoyens dans le cadre de certaines démarches administratives.
  • Générer des alternatives professionnelles attrayantes pour les membres de gangs de jeunes. Par exemple, des centres communautaires organisant des activités pour prévenir le recrutement de jeunes dans les quartiers à haut risque.
  • Sensibiliser à ne pas utiliser d’argent en liquide dans les petits commerces et les commerces moyens. Au Guatemala, la majeure partie des fonds issus de l’extorsion ont été recueillis dans des magasins, des bus, des taxis ou des bars.
  • Promouvoir la participation des victimes d’extorsion à la procédure pénale, en leur offrant toutes les garanties de protection nécessaires pour augmenter le nombre de plaintes et de condamnations.

[1] Una Cultura Criminal: Extorsión en Centroamérica (Une culture du crime : l’extorsion en Amérique centrale).

www.blogs.iadb.org

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