La violence diminue au Salvador

342.- comando-elite-1-e1461189843981Le dénommé « Plan de contrôle territorial » est, selon le gouvernement salvadorien, la raison pour laquelle le pays est passé d’être l’un des pays les plus violents au monde à ce que le mois de janvier 2020 devienne le mois le moins meurtrier depuis la guerre civile.

Le président du pays, Nayib Bukele, est convaincu que son plan finira par recevoir le feu vert économique en tant que seul moyen de garantir que le nombre de meurtres continue de diminuer. De nombreux analystes excluent toutefois que cette réduction historique de la violence soit due à une stratégie en matière de sécurité qui, selon eux, n’apporterait rien de nouveau à ce que les gouvernements précédents avaient fait.

Cependant, les chiffres officiels sont clairs et indiquent une diminution significative du nombre d’homicides au Salvador, où le taux de meurtres pour 100 000 habitants est passé de 51 en 2018 à 35,8 en 2019. Cette courbe descendante n’a cessé de s’accentuer depuis l’arrivée de Bukele à la présidence et l’annonce de son plan de sécurité en juin 2019. Depuis juillet, le nombre d’homicides mensuel a toujours été inférieur à 200 victimes. Le record a été atteint en janvier, avec 119 homicides au total et une moyenne quotidienne de 3,8 homicides, soit 60 % de moins qu’en janvier 2018.

Plusieurs analystes associent la diminution de la violence à des facteurs indépendants de la politique du gouvernement. Ils considèrent qu’il est plus probable que les gangs aient décidé de cesser de commettre des meurtres pour éviter les affrontements avec les forces de l’ordre et garder le contrôle sur leurs territoires, notamment afin de pouvoir continuer à mener leurs activités d’extorsion. D’autres chercheurs considèrent la diminution du nombre d’homicides comme un mirage, le résultat d’un geste de bonne volonté de la part des gangs envers le nouveau président. De cette manière, le jour où les gangs voudront adresser un message contraire au président Bukele, les chiffres augmenteront afin de provoquer ou de demander une concession, comme cela s’est déjà produit par le passé.

Le « Plan de contrôle territorial » est une initiative divisée en sept phases, dont deux ont déjà été mises en œuvre. La phase 1 a mobilisé des centaines de policiers et de militaires dans les rues. Les prévisions de la phase 2 comprennent la reconstruction du tissu social et l’autonomisation des jeunes. La phase 3 attend l’approbation d’un prêt de 109 millions de dollars de la part de la Banque centraméricaine d’intégration économique, qui vise à améliorer l’équipement des forces de l’ordre. Les phases 4 à 7 n’ont pas encore été rendues publiques.

Le gouvernement considère qu’il est essentiel que les forces de l’ordre déployées restent dans les zones les plus conflictuelles de manière continue. Par le passé, elles restaient présentes pendant 72 heures maximum et, lorsqu’elles se retiraient, les structures criminelles reprenaient leur cours.

Il convient de prendre en compte que l’un des principaux défis de cette stratégie est sa viabilité financière. Le gouvernement s’est également engagé à faire participer les citoyens afin de garantir que les indicateurs les plus récents se maintiennent.

La répression et la lutte contre les forces de l’ordre ont une limite et, à moins que la société ne soit activement impliquée, les résultats ne seront pas durables. Pour certains analystes, le renforcement des projets de réforme sociale et de promotion de l’emploi permettrait de réduire les taux d’homicides, et pas uniquement les poursuites criminelles.

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La police de Londres utilise la reconnaissance faciale dans l’un des endroits les plus fréquentés du quartier commerçant de la ville

341.- monitoring-camera-city-video-royalty-free-thumbnailLa police de Londres a activé la technologie de reconnaissance faciale en plaçant des caméras sur la partie supérieure de fourgons de police situés à l’extérieur de la boutique Microsoft sur Regent Street et à l’entrée de la station de métro Oxford Circus.

La police métropolitaine de Londres a assuré que le déploiement de la reconnaissance faciale en direct dans la capitale britannique vise à réduire les délits graves. Cependant, les détracteurs de cette technologie invoquent son impact sur la vie privée dans l’un des quartiers commerçants les plus fréquentés au monde.

La police utilise une technologie assez simple: les caméras scannent les visages des passants et, lorsque l’un d’entre eux figure sur sa liste de suspects, la police doit agir immédiatement.

Certains craignent que la technologie identifie des innocents en tant que suspects, surtout s’il s’agit de personnes appartenant à des minorités.

Un organisme non gouvernemental nord-américain, le National Institute of Standards and Technology (NIST), a publié un rapport dans lequel les technologies de 100 entreprises différentes ont été mises à l’épreuve, et il a été démontré que dans la plupart des cas, l’âge, le sexe et l’origine ethnique affectaient la précision. Il a été constaté que, dans certains cas, des personnes appartenant à certains groupes pouvaient être identifiées par erreur jusqu’à 100 fois plus souvent que d’autres.

Un autre organisme de défense des droits de l’homme, Liberty, a voulu se rendre dans la zone où se trouvent les caméras de reconnaissance faciale afin d’y distribuer des tracts encourageant les passants à s’opposer à cette technologie. Les activistes de Liberty considèrent que la technologie risque d’identifier à tort des femmes et des personnes issues des communautés ethniques noires, asiatiques et minoritaires. C’est pour cette raison qu’ils sont opposés à ce que la police scanne les visages de tous les passants en masse et obtienne des données biométriques sans leur consentement.

Pour sa part, la technologie fournie par la société japonaise NEC est censée faire correspondre les visages des passants avec une galerie de visages de suspects connus de la police. Par conséquent, la technologie de reconnaissance faciale en direct ne stockera le visage des gens dans aucune base de données.

Qui plus est, les visages des personnes qui ne figurent pas sur les listes de surveillance de la police seront floutés dans les images que les policiers verront et ne seront pas stockés dans les archives des ordinateurs de la police. Selon des sources policières, les caméras seront utilisées dans des endroits spécifiques pendant une durée limitée.

Malgré cela, de nombreuses organisations continuent de s’ajouter à la liste des opposants à ces mesures policières. L’organisation Big Brother Watch souligne que les citoyens de Londres n’avaient encore jamais été soumis à des contrôles d’identité sans suspicions, et encore moins à si grande échelle. Elle considère que la technologie rend les citoyens moins libres sans pour autant les protéger.

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Une grève de la police fait augmenter le nombre d’homicides au Brésil

340.- Policiais_ocupam_Complexo_do_AlemaoLe nombre d’homicides a été multiplié par cinq dans différentes villes du nord du Brésil pendant une grève de la police et des pompiers, qui réclament une augmentation de leurs salaires après six ans de stagnation.

Le gouvernement fédéral a envoyé plus de 2 500 militaires en renfort et des centaines de policiers ont été licenciés pour avoir participé aux manifestations en faveur de l’amélioration de leurs conditions économiques.

Des centaines de policiers cagoulés ont perturbé la sécurité dans le nord-est du Brésil lors des festivités du carnaval, qui ont dû être suspendues. Les manifestants ont tenté d’empêcher leurs collègues de patrouiller dans les rues en bloquant leurs mouvements et en piégeant leurs pneus.

La diminution du nombre de policiers a été accompagnée d’une augmentation des homicides, en particulier dans l’État de Cearà. Si la moyenne quotidienne de meurtres était déjà élevée, avec six personnes tuées violemment chaque jour depuis le début de l’année 2020, les chiffres officiels ont récemment été multipliés par cinq, avec 150 homicides en une semaine, selon le Secrétariat de la sécurité publique et de la défense sociale.

La tension dans les rues a atteint le point où un sénateur opposé aux manifestations de la police, Cid Gomes, du Parti démocratique travailliste, a été blessé par arme à feu en tentant d’entrer de force avec une rétrocaveuse dans un commissariat occupé par les grévistes dans la ville de Sobral.

La réponse du gouvernement fédéral, au nom du président Jair Bolsonaro, a été d’envoyer 2 500 militaires à Cearà pour regagner les rues. Les autorités ont également licencié plus de 200 policiers et en ont détenu environ 40 pour désertion.

Les manifestations ont commencé en décembre 2019. Des policiers et des pompiers de l’État de Cearà ont manifesté devant l’Assemblée législative de la capitale, Fortaleza, réclamant une augmentation de leur salaire. Leur insatisfaction est due au fait qu’ils n’ont reçu aucune d’augmentation au cours des six dernières années, ce qui aurait représenté environ 27 % de revenus supplémentaires.

Le Secrétariat de la sécurité publique et de la défense sociale de Cearà avait annoncé un investissement d’environ 600 millions de réaux (soit plus de 136 millions de dollars) dans la sécurité entre 2015 et 2018. Il n’a toutefois pas investi dans ce que les policiers réclamaient, mais dans le recrutement de 10 000 nouveaux agents et la formation de 15 000 militaires.

Début février, le gouvernement de Cearà s’est engagé à augmenter progressivement les revenus des policiers et des pompiers, en faisant passer leur salaire de 3 200 à 4 500 réaux. L’équivalent en dollars américains serait une augmentation de 750 à 1 025 $. Mais cette augmentation de salaire serait introduite progressivement jusqu’en 2022.

Les policiers et les pompiers ont contesté cette décision et convoqué des manifestations pour exprimer leur mécontentement. Mais étant donné que la constitution brésilienne interdit aux forces de l’ordre de participer à des grèves, la justice a déclaré ces manifestations illégales.

La décision de la justice a eu l’effet contraire à celui recherché : les policiers ont commencé à cesser complètement leurs activités. Malgré les éruptions de violence et les pressions politiques et judiciaires exercées, la grève est toujours en cours.

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Le gouvernement du Salvador met en œuvre des stratégies concrètes contre les gangs

339.- Mara_Salvatrucha_MS13Le président du Salvador, Nayib Bukele, a annoncé la mise en application de stratégies concrètes visant à réduire la violence dans le pays. En effet, le taux d’homicide du Salvador fait partie des plus élevés au monde, avec 50,3 meurtres pour 100 000 habitants en 2018.

Le gouvernement, qui avait critiqué les politiques antérieures comme un « acharnement » contre les gangs, a annoncé de nouveaux paradigmes de lutte contre la criminalité, qui est considérée comme un problème social résultant du manque d’opportunités et de la pauvreté. Mais pour le moment, il n’a pas été question de politiques de prévention ou de réinsertion, mais d’attaquer les gangs dans deux environnements considérés comme clés par le gouvernement actuel : les prisons et le centre des grandes villes.

La première chose que le gouvernement souhaite faire est de s’attaquer aux finances des gangs. L’objectif est d’empêcher les gangs d’avoir des revenus et, par conséquent, d’empêcher leur financement. Il semblerait que les gangs financent près de 80 % de leurs opérations grâce à l’extorsion. En parallèle, le gouvernement veut empêcher le blanchiment d’argent auprès des entreprises qui facilitent leurs opérations.

Une deuxième initiative serait de récupérer le centre des grandes villes, où les gangs mèneraient la plupart de leurs activités d’extorsion. Selon des sources gouvernementales, les initiatives antérieures axées sur les petites collectivités rurales étaient inefficaces.

Pour récupérer ces centres historiques, le gouvernement prévoit de déployer des caméras de sécurité et d’augmenter la présence des forces de l’ordre, qui recevraient un investissement de 15 millions de dollars visant à améliorer leurs conditions de travail.

La troisième initiative de lutte contre les gangs consisterait à couper la communication avec les prisons, d’où proviendrait 80 % de la coordination des homicides et des activités d’extorsion. De cette manière, les communications en provenance de ces centres pourraient être avortées. Pour cela, il est également prévu que le personnel pénitentiaire soit renouvelé afin d’éviter la corruption et l’extorsion au sein des prisons.

Le plan de sécurité mis en œuvre par le gouvernement salvadorien ne prévoit aucun dialogue avec les gangs. En effet, il a été souligné qu’un gouvernement ne devrait pas dialoguer avec des « groupes criminels ».

Selon certains experts en la matière, les politiques exclusives « d’acharnement » ne peuvent pas fonctionner sans un plan qui analyse les racines socioéconomiques de la violence dans le pays. Ils considèrent l’incarcération de milliers de membres de gangs inutile, car ces derniers font déjà partie du tissu social du Salvador.

Mais les dirigeants politiques considèrent que la criminalité est la principale préoccupation de la population et veulent se montrer implacables afin de répondre aux attentes des Salvadoriens. Les analystes politiques ouvrent toutefois la voie à une stratégie double : commencer le mandat par une politique de lutte contre le crime visiblement plus dure, attendre la réaction des gangs et promouvoir une sorte de proposition alternative plus tard.

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L’Organisation des États américains (OEA) soutiendra le Honduras dans le cadre des réformes de son système pénitentiaire

338.- 42025187020_31480db52d_bLe gouvernement du Honduras et le Secrétaire général de l’Organisation des États américains (OEA) se sont mis d’accord sur une stratégie pénitentiaire visant à renforcer les capacités de l’Institut national pénitentiaire (INP) du Honduras.

La stratégie s’étendra sur une période de 9 mois et devra comprendre des services axés sur les droits de l’homme de la part de l’INP.

L’accord consiste en une restructuration du système pénitentiaire à l’aide de politiques d’intégration, ce qui contribuera à la réinsertion sociale des personnes privées de liberté au Honduras.

L’OEA considère que pour bâtir des sociétés sans violence ni crime organisé, les lieux de privation de liberté doivent éduquer et offrir la possibilité de réhabiliter et de réintégrer les personnes qui ont commis des délits.

Une grande partie de la population incarcérée retrouvera à un moment donné sa liberté et doit donc se préparer à réintégrer la société.

La stratégie sur laquelle l’OEA et le Honduras travailleront pendant une période de 9 mois devra comprendre des services axés sur les droits de l’homme de la part du système de surveillance des personnes privées de liberté.

L’OEA a annoncé que les principaux domaines d’action de l’accord seraient les suivants :

– L’amélioration de l’administration et de la gestion des infrastructures du système pénitentiaire

– La sécurité, le contrôle et la vie à l’intérieur de la prison

– La réhabilitation et la réinsertion intégrale

– L’assistance post-carcérale

– La transparence et la responsabilité

L’accord a été signé dans le cadre de la quatrième Réunion des autorités responsables des politiques pénitentiaires et carcérales des Amériques.

Il convient de rappeler que, selon les chiffres officiels du Honduras, il y a eu 3996 homicides en 2019, soit 7,1 % de plus qu’en 2018, année lors de laquelle 3732 crimes ont été enregistrés.

Le rapport souligne également que 80 % des victimes d’homicide du pays sont des personnes économiquement actives âgées de 18 à 50 ans, et qu’environ 6,5 % ont moins de 18 ans.

La violence causée par le crime organisé et le trafic de drogue est l’un des principaux problèmes du pays, qui fait partie des pays utilisés pour le passage de la drogue d’Amérique du Sud aux États-Unis.

Le gouvernement tient pour responsables les gangs Mara Salvatrucha (MS13) et Barrio 18 de la plupart des homicides enregistrés en raison de disputes territoriales liées au trafic de drogue et à l’extorsion de fonds.

En ce qui concerne les féminicides, le crime organisé est responsable de 70 % des décès violents de femmes au Honduras, où 271 femmes ont été tuées en 2019.Plus de 90 % de ces meurtres sont restés impunis. Les 30 % de décès de femmes restants ont été causés par leurs partenaires ou ex-partenaires. Un pays de 9,2 millions d’habitants où une femme est tuée toutes les 18 heures.

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Les victimes de cyberdélinquance ont perdu 3,5 milliards de dollars en 2019 aux États-Unis

337.- cybercrimeL’Internet Crime Complaint Center (IC3) du FBI a publié son rapport sur les délits qui se sont produits sur Internet en 2019 aux États-Unis. Le rapport révèle que la cyberdélinquance a atteint une valeur de 3,5 milliards de dollars, comme le démontrent les 467 361 plaintes déposées l’année dernière.

L’IC3 déclare avoir reçu 4 883 231 plaintes depuis sa création en mai 2000, avec une moyenne d’environ 340 000 plaintes par an et plus de 1 200 plaintes par jour au cours des cinq dernières années.

L’organisme estime à 10,5 milliards de dollars les pertes enregistrées par les victimes de cyberdélinquance au cours des cinq dernières années, à savoir entre 2015 et 2019.

Le rapport conclut que les plaintes les plus courantes concernaient des cas de phishing ou de stratagèmes similaires, de non-paiement ou de non-livraison et d’extorsion.

Les arnaques qui ont coûté le plus d’argent à leurs victimes étaient la compromission de la messagerie professionnelle, la fraude sentimentale et l’usurpation ou l’imitation du compte d’un individu ou d’un vendeur connu de la victime pour recueillir des informations personnelles ou financières.

L’IC3 a également rapporté que son équipe de recouvrement des avoirs (Recovery Asset Team, RAT), créée en février 2018, a aidé certaines victimes de cybercriminalité à récupérer leurs fonds perdus à la suite de différents types de délits sur Internet.

L’équipe RAT, qui a été créée en tant qu’équipe autonome en 2018, a achevé sa première année d’activité en 2019. En un an, elle a permis aux victimes de récupérer plus de 300 millions de dollars perdus à la suite d’arnaques en ligne, atteignant un taux de retour des pertes signalées de 79 %.

Selon le rapport, ces arnaques comprennent souvent un délit ou l’imitation d’une adresse e-mail légitime. Par exemple, un individu reçoit un message qui semble provenir de l’un des dirigeants de son entreprise ou d’une autre entreprise avec laquelle il est en contact.

L’expéditeur de l’e-mail lui demande un paiement, un virement bancaire ou un achat par carte qui semble à première vue légitime, mais son argent est en réalité directement remis à un délinquant.

En 2019, l’IC3 a observé un très grand nombre de détournements de salaires par compromission de la messagerie professionnelle. Les fraudeurs demandent aux ressources humaines ou au service de paie d’une entreprise de mettre à jour leurs informations de paiement par e-mail en se faisant passer pour des employés de l’entreprise.

En 2019 également, l’IC3 a reçu 13 633 plaintes pour arnaque au faux support technique de la part de victimes résidant dans 48 pays. Les pertes enregistrées s’élevaient à plus de 54 millions de dollars, soit une augmentation de 40 % par rapport à 2018.

Selon l’IC3, la grande majorité des victimes ayant déposé plainte pour arnaque au faux support technique avaient plus de 60 ans.

En 2019, l’IC3 a également reçu 2047 plaintes liées à des attaques de ransomware, avec des pertes s’élevant à plus de 8,9 millions de dollars.

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Opération de police internationale contre la pollution marine

336.- contaminacioUne opération de police internationale impliquant 61 pays a identifié des milliers d’activités illicites à l’origine de la pollution marine, ainsi que des centaines de délits environnementaux et de graves cas de pollution dans le monde.

L’opération, dénommée 30 Days at Sea 2.0, et menée à bien fin 2019, a réuni plus de 200 autorités de contrôle du monde entier dans le cadre d’actions concertées sur tous les continents. La campagne européenne 30 Days at Sea 2.0 a été organisée en coopération avec Europol et Frontex.

Les résultats d’opérations préliminaires ont permis de détecter plus de 3 000 infractions au cours d’environ 17 000 inspections, ce qui témoigne de l’étendue mondiale de la criminalité liée à la pollution marine.

Il convient de noter que les infractions, telles que les rejets illégaux en mer, rivières et zones côtières, ont principalement été commises pour éviter les coûts liés au respect des lois environnementales.

Dans le cadre de l’opération 30 Days at Sea 2.0, Interpol a accueilli un centre de commandement opérationnel (OCC) à Singapour, l’objectif étant de se concentrer sur le commerce illégal des déchets plastiques, une grave menace pour la sécurité du milieu marin. L’OCC a réuni des pays clés afin de mener des enquêtes sur des cas d’exportation ou d’importation illégale de déchets plastiques.

Interpol a joué le rôle de coordinateur d’actions efficaces pour plusieurs agences internationales, afin d’aider les pays concernés à lutter contre ce grave délit de pollution.

Frontex a contribué à contrôler et à patrouiller la Méditerranée à l’aide de ses avions et navires impliqués dans des opérations maritimes conjointes.

L’opération a également permis de développer de nouvelles équipes de travail au sein des agences nationales de certains pays, ce qui a en retour stimulé les résultats opérationnels et les mécanismes de coopération durables.

Le Bureau central d’Interpol à Abuja (Nigéria) a coordonné les actions de plusieurs autorités au moyen d’un groupe de travail créé pour inspecter les raffineries de pétrole illégales, responsables de graves fuites de pétrole qui polluent les voies navigables du pays.

Les informations échangées entre la Malaisie et les Pays-Bas ont permis aux autorités d’identifier le pays d’origine de sept conteneurs de déchets plastiques envoyés illégalement depuis la Belgique via Hong Kong, ainsi que d’initier leur rapatriement.

Dans le cadre de l’opération, certains pays ont renforcé leur engagement collectif à lutter contre la délinquance et la pollution plastique au moyen de campagnes de sensibilisation et d’actions sur le terrain.

L’Équateur a mené une campagne de collecte de déchets plastiques dans les îles Galápagos, patrimoine mondial de l’Unesco, dans le cadre de laquelle plus de 600 kg de déchets ont été collectés.

Les autorités indonésiennes ont lancé une campagne de sensibilisation du public à l’objectif de la campagne, renforcée par des messages de la police, afin de lutter contre la pollution marine.

Les hashtags #PollutionCrime et #30DaysatSea sur Twitter fournissent plus d’informations sur les opérations mentionnées ici.

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Le nombre de victimes du terrorisme continue de diminuer, mais l’extrême droite et les talibans gagnent du terrain

335.- Alpini_ISAFL’Institute for Economics & Peace a récemment publié son Global Terrorism Index (données allant jusqu’à l’année 2018). La diminution du nombre de victimes mortelles du terrorisme depuis 2014 (sommet historique) a été confirmée, avec 52 % de victimes en moins. Plus précisément, en 2018, le nombre de victimes mortelles a diminué de 15,2 %, avec un total de 15 952. Entre 1970 et 2017, environ 170 000 victimes d’attentats terroristes ont été recensées. En revanche, le nombre de pays ayant enregistré au moins une victime mortelle a légèrement augmenté, atteignant 71 (deux de plus que l’année précédente).

Cette diminution d’échelle mondiale est principalement due aux défaites de l’État islamique (EIIL), qui est passé de 70 000 soldats en Irak et en Syrie en 2014 à seulement 18 000 en 2018. Et cela a entraîné une réduction de 63 % des attentats et de 69 % des décès. Les bombardements de l’aviation américaine contre des militants shebabs (Somalie) ont également contribué à cette diminution. En revanche, malgré le succès rencontré dans la lutte contre Boko Haram, le Nigéria est toujours le troisième pays au monde en nombre d’incidents terroristes, avec un total de 8 567 en 2018, et une augmentation de plus de cent décès pour cette raison par rapport à l’année précédente. L’activité des extrémistes peuls semble en avoir été la cause.

La région qui compte le plus grand nombre de décès est l’Asie du Sud. L’Afghanistan arrive en tête de course avec 9 603 attaques et 7 379 décès en 2018 (soit une augmentation de 59 %). La plupart de ces décès sont dus à l’activité croissante des groupes talibans, qui a largement compensé la diminution des victimes mortelles de l’EIIL. L’Irak chute à la deuxième place, le recul de l’EIIL ayant considérablement fait diminuer le nombre de décès dans le pays.

En Europe, pour la deuxième année consécutive, le nombre de décès est en baisse, passant de plus de 200 en 2017 à seulement 62 en 2018. Le nombre d’incidents terroristes a également diminué de 40 %, avec un total de 245, le chiffre le plus bas depuis 2014.

L’autre information importante de ce rapport est la confirmation de la croissance du terrorisme d’extrême droite depuis 2014. Bien que l’ampleur des attentats terroristes d’extrême droite ne soit pas encore comparable à ceux causés par d’autres types de groupes terroristes, en Amérique du Nord, en Europe occidentale et en Océanie, le nombre d’attentats terroristes d’extrême droite a augmenté de 320 % au cours des cinq dernières années. En 2018, le nombre de victimes de ces attaques était de 26 (contre 11 l’année précédente). En 2019, au mois de septembre, il y avait déjà eu 77 victimes mortelles. La courbe ascendante est donc considérable et très inquiétante. Les auteurs les plus courants (plus de 60 %) de ce type d’attentat sont généralement des individus sans affiliation à un groupe spécifique.

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Le secteur de la sécurité privée génère près de 7 milliards de dollars par an en Colombie

334.- 22186067056_e13205567b_bLa Colombie est un pays au taux de criminalité élevé où, selon les données de l’Instituto Nacional de Medicina Legal y Ciencias Forenses, plus de 11 000 homicides et 158 000 vols se sont produits entre juin et décembre 2019. Selon la Police nationale, la sécurité privée y est nécessaire pour protéger individus, lieux très fréquentés, entreprises, etc.

Selon les chiffres de la Superintendencia de Vigilancia Privada, il y a 856 entreprises de sécurité privée en Colombie. Les entreprises de ce secteur génèrent plus de 6,7 milliards de dollars et emploient plus de 28 000 escortes et 297 000 vigiles chargés de garantir la sécurité de lieux ou de personnes.

Les recettes du secteur de la sécurité privée représentent 1,6 % du PIB colombien. En effet, celui-ci génère 240 000 emplois directs et 216 000 emplois indirects.

Le personnel est divisé en escortes (avec un effectif autorisé de 28 658 personnes, dont 28 190 hommes et 468 femmes), vigiles (avec un effectif autorisé de 297 133 personnes, dont 261 046 hommes et 36 087 femmes) et enfin, 4 456 maîtres-chiens (4 221 hommes et 235 femmes).

En ce qui concerne le parc automobile, l’année 2019 s’est clôturée avec 1 796 véhicules de sécurité privée autorisés. Pour atteindre les niveaux de blindage dont une entreprise a besoin pour mener à bien son activité, ces véhicules doivent obtenir un permis de la part de l’entité, en respectant certaines exigences. Par exemple, démontrer que la vie des personnes utilisant le véhicule est en danger.

Le blindage des véhicules est divisé en différentes catégories, selon les normes internationales de protection balistique pour les voitures blindées. Les niveaux 1, 2 et 3 sont conçus pour protéger les véhicules contre les armes de poing qui, selon la Police nationale, sont les plus courantes.

Selon certains experts en sécurité, la grande dimension du secteur privé serait due à l’incapacité de l’État à protéger ses citoyens, ce qui laisse énormément d’espace à la croissance du secteur de la protection privée.

Malgré tout, les investissements dans la sécurité du secteur public sont également élevés. En effet, la Colombie est le pays qui dépense le plus d’argent public dans la sécurité publique par rapport aux pays environnants.

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Les délits liés à Facebook augmentent de 19 % au Royaume-Uni

333.- Facebook UKLe gouvernement britannique prévoit d’étendre ses activités de police aux réseaux sociaux en créant un nouveau code de conduite.

En vertu de la loi, les entreprises de médias sociaux devront protéger les enfants en les empêchant de voir des contenus pouvant porter atteinte à leur santé physique ou mentale ou à leur bien-être.

Le non-respect de ce code approuvé par le gouvernement est susceptible d’entraîner des amendes et/ou des pénalités qui pourraient faire perdre plusieurs millions de livres aux entreprises concernées. Le code de conduite actuel a été créé en 2017 et mis à jour en avril 2019.

Le nouveau code, plus strict, est annoncé à un moment où les statistiques obtenues par la police britannique révèlent une augmentation alarmante du nombre de délits liés à Facebook signalés.

Les données obtenues par 20 forces de police différentes au Royaume-Uni dans le cadre d’une demande d’accès à l’information indiquent que, pendant l’exercice fiscal 2019-2020, le nombre de délits liés à Facebook signalés à la police a été de 32 451. Par rapport à la même période en 2017-2018, ce total montre une augmentation de 19 % de ces délits.

Selon les chiffres officiels de la police, le nombre total de délits liés à Facebook s’élève à 55 643. Les données partagées dans le cadre de la demande d’accès à l’information ont révélé que la police du Leicestershire est celle qui a reçu le plus de signalements de délits liés à Facebook. La police des Midlands a déclaré avoir enregistré 10 405 incidents au total et, parmi les victimes de ces délits, 408 ont été considérées comme « vulnérables ».

Lancashire Constabulary a enregistré le deuxième plus grand nombre de crimes liés au géant des réseaux sociaux. La police du nord-ouest de l’Angleterre a déclaré avoir enregistré 8 829 délits liés à Facebook, dont 718 cas de harcèlement, 179 délits sexuels, 1 007 messages offensants et 1 497 communications malveillantes.

La police du Grand Manchester a signalé 8 230 délits liés à Facebook, y compris le fait de « se livrer à des activités sexuelles avec un enfant ».

La demande d’accès à l’information a été formulée par un groupe de réflexion du Parlement. Les chiffres obtenus par le groupe de réflexion au moyen de cette demande d’accès à l’information concernant les délits liés à Instagram ou Facebook ont révélé qu’Instagram avait été utilisé par des pédophiles, des intimidateurs, des voleurs et des trafiquants de drogue pour commettre 15 143 délits depuis 2017. Le nombre total de cas associés aux deux plates-formes depuis 2017 au Royaume-Uni est de 70 786.

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