Le taux de criminalité en Allemagne continue de baisser

Le récent rapport du Bundeskriminalamt pour l’année 2021[1] confirme la tendance à la baisse de la criminalité en Allemagne, qui diminue de 4,9 % par rapport à l’année précédente (5 047 860 délits, soit une diminution de 262 761 par rapport à 2020). Cette tendance se poursuit depuis maintenant cinq ans et s’éloigne ainsi des données totales de six millions enregistrées entre 1993 et 2009 ou entre 2014 et 2016.

Parmi les baisses les plus significatives, en corrélation avec l’évolution de la pandémie et les mesures pour la contrer, on observe les délits contre la législation sur les maladies infectieuses, avec une réduction de 82,7 %, les vols et cambriolages, qui sont conjointement réduits de 11,8 % (199 044 cas en chiffres totaux) et les blessures volontaires légères (-10 %, soit une diminution de 37 306 cas). Les délits contre la législation relative aux armes et les délits impliquant des violences graves (homicides de divers types et blessures graves) diminuent respectivement de 12,5 % et de 6,8 %.

En revanche, les délits de diffusion de matériel pornographique (d’enfants et de jeunes) ont augmenté de 87,8 % et les délits liés à des menaces de 21,9 %. Par contre, il est assez surprenant de remarquer que la cybercriminalité est en moindre progression (+12 %), et ce, malgré un contexte d’activité en ligne accrue. Les autres augmentations ne sont pas significatives en matière de quantités.

Parallèlement à l’affaiblissement des délits, le nombre d’arrestations a également diminué (de 3,9 %), qu’il s’agisse du nombre d’Allemands arrêtés (4,1 %) ou d’autres nationalités (-3,6 %). Le taux d’élucidation des actes criminels reste stable, avec une légère tendance à la baisse (-0,3 %).

En bref, il s’agit d’une évolution de la criminalité qui ne coïncide pas avec les tendances observées dans d’autres pays voisins, puisque, bien que la cybercriminalité soit en hausse modérée (et ce, en dépit de la croissance importante du monde numérique), les délits contre la propriété ont considérablement chuté, et les délits plus violents sont en déclin plus modéré, quoique significatif.


[1] Voir https://www.bka.de/DE/AktuelleInformationen/StatistikenLagebilder/PolizeilicheKriminalstatistik/PKS2021/pks2021_node.html;jsessionid=C1BF5345D19E9FB1E8769E30406A6CB4.live292

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Évaluation des systèmes aériens pour la reconstruction de scènes de crime

Les professionnels de la sécurité tirent parti des TIC pour développer de nouvelles approches, plus efficaces, concernant la création et l’amélioration de stratégies innovantes en matière de prévention et de réponse à la criminalité. En ce sens, les nouvelles technologies de capteurs montés sur drones permettent une meilleure reconstruction des scènes de crime, parallèlement au modèle traditionnel, c’est-à-dire avec l’inspection physique de l’agent sur les lieux du crime.

Afin d’analyser les caractéristiques et les différences entre le système aérien (drone) et le système terrestre (par balayage laser), trois simulations de scènes différentes en extérieur ont été réalisées au Crisis City Training Center près de Salina, au Kansas, telles que prévues dans le rapport de 2021 du National Institute of Justice (Institut national de justice) des États-Unis intitulé « Evaluating Aerial Systems for Crime-Scene Reconstruction »[1] : (1) une scène urbaine recréant un vol de voitures et une fusillade avec des vitres brisées, des douilles de balles et des mares de sang, (2) une forêt où a eu lieu un suicide et où se trouvent des bouteilles d’alcool vides et des stupéfiants, et (3) un champ ouvert avec une tombe clandestine, une pelle, un téléphone portable et des vêtements.

D’une part, les résultats de ces simulations ont fait ressortir des différences en faveur du système aérien par comparaison au balayage laser terrestre : (1) il n’oblige pas le personnel de la police scientifique à parcourir la scène du crime, évitant ainsi les risques de contamination et/ou de destruction des preuves, ainsi que les risques de blessures corporelles dans des environnements dangereux, (2) il permet une capture plus rapide des données de l’ensemble de la scène du crime, (3) il est plus abordable, à un prix d’environ 15 000 $ (les lasers terrestres classiques coûtent environ 75 000 $) et (4) les informations étant capturées vues du ciel, ce système ne comporte pas d’angles morts, contrairement au balayage laser lorsqu’il n’utilise pas assez d’emplacement différents ou en cas d’obstacles.

D’autre part, le balayage laser permet d’obtenir des images plus précises des scènes, avec une marge d’erreur d’environ 1 mm, et de préserver la qualité pour les scènes de nuit et quelles que soient les conditions environnementales. En ce qui concerne le drone, la marge d’erreur était d’1 cm. De plus, dans le cas d’espaces ouverts comme la forêt, l’altitude plus élevée du drone (pour éviter de heurter la cime des arbres) a réduit la qualité de l’image. Il est également nécessaire de prendre en compte les variables atmosphériques (couverture nuageuse, température, vent, précipitations, etc.) qui influent sur l’efficacité des capteurs dans les airs.

Par conséquent, pour reconstruire des images 3D d’une scène de crime (simulée), la combinaison des systèmes de balayage terrestre et aérien est la solution la plus efficace. Elle permet de capturer plus rapidement les données de la scène de crime entière, tout en maintenant un niveau de précision plus élevé que chacune des deux méthodes de manière isolée. Il en résulte une technique non intrusive qui permet d’éviter toute contamination de la scène par les enquêteurs. Les résultats peuvent aider les agents, les avocats et les juges à parcourir la scène du regard à tout moment, même des années plus tard, et à vérifier des détails tels que les distances et les lignes de vue.


[1]   Rapport https://nij.ojp.gov/topics/articles/evaluating-aerial-systems-crime-scene-reconstruction

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Opération transfrontalière d’ampleur contre les barons de la cocaïne en Europe

Les actions conjointes de la police fédérale belge d’Anvers (Federale Politie Antwerpen), la police nationale néerlandaise (Politie), la police régionale allemande (Landeskriminalamt Niedersachsen) et la police fédérale allemande (Bundeskriminalamt / BKA), coordonnées par Europol, ont permis d’identifier et d’inculper des cibles européennes de haute importance qui importaient de grandes quantités de cocaïne de l’Amérique du Sud vers l’Union européenne. Le Secrétariat national antidrogue du Paraguay (SENAD – Secretaría Nacional Antidrogas) a également participé à cette opération.

Cette opération visait les infrastructures européennes et sud-américaines de production de drogue et de blanchiment d’argent d’un réseau de trafic de grande envergure, déjà ciblé par une opération réussie en février 2022, avec la saisie de 34 tonnes de cocaïne en Belgique et en Allemagne.

Europol a facilité l’échange d’informations et, à l’aide de recherches et de renseignements fondés sur des analyses criminelles, a pu dresser un tableau détaillé des différentes opérations nationales et internationales des réseaux impliqués.

La journée d’intervention du mercredi 20 avril 2022 a abouti à :

  • plus de 35 perquisitions ;
  • 19 arrestations (5 en Belgique, 11 en Allemagne et 3 aux Pays-Bas) ;
  • des saisies en Belgique, en Allemagne et aux Pays-Bas, notamment de matériel électronique, de documents, de quatre véhicules, de montres de luxe et de biens immobiliers, dont quatre appartements, ainsi que la saisie de comptes bancaires et d’argent liquide pour un total de 5,5 millions d’euros.

Ces opérations sont le point culminant d’une enquête parallèle menée par les autorités policières belges, néerlandaises et allemandes sur un réseau criminel expédiant des cargaisons de plusieurs tonnes de cocaïne depuis plusieurs pays producteurs vers l’Europe. L’opération a débuté en février 2021 lorsque les autorités policières des ports d’Hambourg et d’Anvers ont saisi un total de 34 tonnes de cocaïne dans 3 cargaisons différentes liées à ce réseau criminel. Les autorités collaborant à cette enquête ont découvert que ce réseau criminel avait la capacité d’envoyer de multiples cargaisons de cocaïne de plusieurs tonnes chacune vers l’Europe en quelques mois seulement.

Le centre de commandement et de contrôle des trafiquants et des cibles européennes derrière ces trafics était basé à Dubaï. C’est là qu’était géré le trafic de cocaïne provenant de l’infrastructure de production de ce réseau en Bolivie. Des lignes d’approvisionnement logistiques ont également été identifiées au Paraguay.

Les têtes pensantes du réseau criminel utilisaient des communications chiffrées pour organiser leurs plus gros envois. La coordination de ce trafic de plusieurs tonnes de cocaïne a pu être interceptée à la suite du démantèlement en 2021 de la plateforme de communications chiffrées Sky ECC. Cela a également conduit à la découverte d’un vaste réseau de sociétés écrans créées dans le but d’importer de la drogue d’Amérique du Sud et de blanchir les recettes ainsi générées. Par exemple, les trafiquants cachaient la cocaïne dans des cargaisons de bananes, de café ou encore de plâtre pour la faire entrer sur le territoire de l’Union européenne.

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L’impact de la violence par arme à feu aux États-Unis

Chaque année, plus de 40 000 Américains sont tués par balle et environ 85 000 sont blessés par des tirs. Cela équivaut à un bilan quotidien de plus de 110 personnes tuées et 200 personnes blessées par balle aux États-Unis. Mais le traumatisme de la violence par arme à feu ne s’arrête pas lorsque les tirs prennent fin.

Dans tous les États-Unis, des personnes de tous horizons sont touchées par cette véritable épidémie. Dans une enquête menée à l’échelle nationale, 58 % des adultes ont déclaré que l’un de leurs proches ou eux-mêmes avaient vécu au moins une expérience de violence par arme à feu au cours de leur vie. En outre, des millions de personnes ont été blessées par des tirs, menacées avec une arme à feu ou ont été témoins d’un acte de violence impliquant une arme à feu au cours de leur vie.

C’est pourquoi Everytown for Gun Safety organise la semaine nationale des survivants de la violence par arme à feu (National Gun Violence Survivors Week) chaque année en février.

L’expérience de la violence par arme à feu a des conséquences émotionnelles, physiques, juridiques et économiques durables sur les survivants et leurs communautés. La diversité des expériences vécues par les survivants est directement liée à l’ampleur de la crise de la violence par arme à feu aux États-Unis. Cette violence peut prendre de nombreuses formes, notamment les suicides et les tentatives de suicide, les homicides et les agressions, la violence domestique, les fusillades dans les écoles, les échanges de tirs avec la police, les tirs accidentels, etc.

Être survivant de la violence par arme à feu englobe de nombreuses expériences différentes : avoir été témoin d’un acte de violence par arme à feu, avoir été menacé avec une arme à feu, avoir été blessé par une arme à feu, ou avoir une connaissance ou un être cher ayant été blessé ou tué par une arme à feu.

Cependant, la culture américaine du silence au sujet de la violence par arme à feu signifie bien trop souvent que l’opinion publique n’évoque pas et ne comprend pas l’impact qu’a cette violence sur les survivants tout au long de leur vie. L’une des conséquences de ce silence : de nombreux survivants ne reçoivent pas le soutien et l’aide dont ils ont besoin pour apprendre à vivre avec leur traumatisme et le surmonter. Pour aider à briser ce silence, une enquête a été menée auprès de 650 survivants à la fin de l’année 2021. Les données montrent l’ampleur de l’épidémie de violence par arme à feu aux États-Unis et son impact durable sur les individus et les communautés. Les principales conclusions sont les suivantes :

  • Sur dix survivants de la violence par arme à feu, neuf déclarent avoir subi un traumatisme à la suite de l’incident.
  • Plus de la moitié des personnes ayant subi des violences par arme à feu au cours de l’année écoulée ont évalué l’amplitude de leur traumatisme à 5 sur 5.
  • Les infirmières, les médecins ou le personnel hospitalier étaient les plus susceptibles de dire qu’ils en avaient ressenti l’impact dans le cadre de leur travail, suivis par le personnel travaillant dans les écoles.
  • Deux tiers des survivants blessés ont exprimé le besoin de bénéficier de soins de santé mentale, de thérapie et de soutien.
  • Près d’un survivant sur trois a déclaré avoir eu besoin d’une assistance juridique en tant que victime ou à la suite du décès d’un membre de sa famille.
  • Un survivant sur trois a déclaré avoir besoin d’un soutien financier pour aider à couvrir les frais funéraires ou médicaux ou pour compenser la perte de revenu due à un décès ou à des blessures.

Everytown Research & Policy divise son rapport en cinq sections qui explorent la souffrance et le deuil liés à la mort par arme à feu, en se concentrant principalement sur les expériences des survivants.

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Serait-il possible de supprimer le service de police chargé de la sécurité routière aux États-Unis ?

Au cours du mois d’avril de cette année a été publié le rapport Dismantling Law Enforcement’s Role in Traffic Safety: A Roadmap for Massachusetts (Démantèlement de la police de la route : une feuille de route pour le Massachusetts). Cette étude fournit une vue d’ensemble et un plan d’action pour progresser vers une sécurité routière sans agent de police.

Les contrôles de circulation représentent la plus grosse part des contacts entre les citoyens et la police. Une enquête récente du New York Times a révélé qu’au cours des cinq dernières années, plus de 400 décès ont été causés par des policiers lors de contrôles routiers de personnes qui n’étaient ni armées ni poursuivies pour un crime violent.

Malgré le préjudice évident, il est de plus en plus manifeste, selon l’étude, que les contrôles routiers ne réduisent pas de manière significative les accidents graves ou mortels. Le rapport cite des recherches menées par le Stanford Open Policing Project et la National Highway Traffic Safety Administration, qui soulignent qu’à l’issue du suivi des 33 patrouilles d’État étudiées, ils n’ont pu mettre en évidence aucun lien entre les contrôles routiers et la mortalité sur les routes.

Au cours de l’année 2021, plus de 38 000 personnes sont décédées dans des accidents survenus sur les routes américaines. Le rapport exprime le besoin croissant de repenser les stratégies utilisées pour rendre les routes américaines plus sûres.

Le rapport présente un plan d’action permettant d’évaluer les infractions routières en fonction de leur impact sur la sécurité et conclut que de nombreuses infractions pourraient être gérées sans l’intervention de la police, voire purement et simplement supprimées des textes de lois car n’ayant aucune incidence sur la sécurité routière. Des approches différentes en matière d’aménagement urbain, de technologies employées et de politique publique pourraient permettre de mettre en place d’autres options en matière de sécurité routière sans avoir besoin d’intervenir physiquement.

L’étude avance plusieurs recommandations à l’intention des municipalités et des agences d’État afin de réduire l’implication de la police dans la sécurité routière, et propose des solutions alternatives qui seraient plus efficaces pour réduire les accidents graves et mortels. En voici une liste non exhaustive :

  • proposer une interdiction des contrôles « aléatoires » ;
  • exiger la collecte, l’analyse et la justification des données relatives aux contrôles et barrages ;
  • augmenter les financements destinés à l’amélioration des infrastructures.

Le document appelle également les législateurs à promouvoir une législation :

  • permettant aux municipalités d’opter pour le contrôle automatisé à l’aide de caméras de circulation ;
  • mettant fin aux mesures punitives fondées sur l’endettement pour non-paiement des amendes de circulation ;
  • permettant aux résidents d’obtenir un permis de conduire quel que soit leur statut d’immigration.

Le retrait des compétences en matière de sécurité routière proposé s’appliquerait à toute les formes d’application de loi, y compris à la police et aux tribunaux. Un changement majeur qui entraînerait des transformations importantes dans de nombreux domaines de la société et du gouvernement.

Dans cette optique, le plan d’action et les recommandations inscrites dans ce rapport adoptent une approche qui vise à réduire les dommages et à atténuer les conséquences négatives découlant de l’implication des forces de l’ordre dans la sécurité routière à court terme, pendant que des systèmes alternatifs sont mis en place.

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Le gouvernement salvadorien lance une nouvelle offensive musclée contre les gangs

Après des mois de calme relatif et des niveaux de violence assez bas dans les rues du pays, les homicides sont repartis à la hausse pour atteindre des niveaux jamais vus depuis près de 30 ans dans le pays d’Amérique centrale. Il n’est pas déraisonné d’avancer que la fragile trêve des maras (gangs) a pris fin.

En conséquence, l’Assemblée législative a approuvé il y a quelques semaines une demande controversée de l’exécutif visant à lutter contre les maras. Cette réforme du code pénal souhaite durcir les peines encourues par les membres de ces gangs.

Comme le rapporte un article de bbc.com, cette décision intervient après que le gouvernement de Nayib Bukele a demandé à l’Assemblée de déclarer l’état d’urgence dans le pays, suite à un week-end d’une rare violence au cours duquel plus de 80 meurtres ont été commis.

Les mesures, qui seront pour l’instant appliquées pendant un mois, mais qui pourront être prolongées, comprennent notamment la suspension de la liberté d’association, des droits de la défense et de l’inviolabilité des correspondances. Actuellement, suite à la réforme récemment approuvée, les membres des maras peuvent être condamnés à des peines allant de 20 à 40 ans de prison, tandis que celles des chefs de gangs peuvent atteindre entre 40 et 45 ans de prison.

L’un des points les plus controversés de la réforme du code pénal prévoit également de considérer comme majeurs les membres de ces groupes âgés de plus de 12 ans et de les juger comme tels. Ce serait la première fois que le gouvernement approuverait une peine spécifique pour ceux considérés comme appartenant aux maras. Auparavant, au Salvador, ils étaient considérés comme des « terroristes » et encouraient les peines correspondantes, même s’il était difficile de prouver leurs liens avec ces groupes, et les peines allaient de 6 à 9 ans de prison.

Dans ces circonstances, le gouvernement a renforcé la sécurité dans les rues et a demandé au Congrès d’approuver l’état d’urgence. La réforme, approuvée par la majorité au pouvoir au sein de l’assemblée législative, limite la liberté d’association, suspend le droit d’être informé des raisons de la détention, étend la période de garde à vue de 72 heures à 15 jours et permet aux autorités de mettre sur écoute les téléphones portables des suspects.

Selon les dernières informations, les autorités ont arrêté plus de 3 000 membres présumés des maras. Au même moment, le président Bukele a annoncé sur Twitter qu’il avait donné l’ordre de limiter les déplacements dans la cour des membres de gang emprisonnés ainsi que les repas leur étant servis et que leurs matelas de couchage avaient été retirés. Depuis plusieurs jours, la nourriture est rationnée et les 16 000 membres emprisonnés n’ont pas quitté leurs cellules.

Parmi les différentes réactions aux récents événements, le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, la Commission interaméricaine des droits de l’homme, Human Rights Watch et Amnesty International ont exprimé leur préoccupation quant à la situation dans le pays et espèrent que les mesures prises sont conformes aux lois et normes internationales en matière de droits de l’homme.

Il convient de noter qu’environ 70 000 membres des maras sévissent au Salvador et se battent pour le contrôle des opérations d’extorsion et de trafic de drogue dans tout le pays.

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Des sacs conçus pour aider les policiers à intervenir auprès des personnes atteintes d’un trouble du traitement sensoriel

Les Forces de l’ordre de l’Alabama (ALEA) disposent désormais d’un moyen simple mais efficace de communiquer avec les personnes qui ne sont plus en mesure de répondre : les sacs sensoriels.

Conçus pour aider les personnes atteintes d’un trouble du traitement sensoriel à se calmer, ces sacs offrent aux agents un moyen d’interagir et de communiquer positivement avec ces personnes, qui peuvent sembler constituer une menace pour elles-mêmes ou pour les autres.

La livraison des sacs est accompagnée d’une formation afin que les agents de l’ALEA puissent facilement reconnaître les symptômes du trouble du traitement sensoriel et sachent comment se comporter avec les personnes souffrant d’une surcharge sensorielle. Cette formation permet d’éviter tout malentendu qui pourrait conduire à une escalade de la situation.

En 2013, 12 agences et plusieurs professionnels du maintien de l’ordre en Alabama se sont réunis en une seule entité pour créer l’ALEA. L’agence compte aujourd’hui environ 1 500 employés dans divers départements tels que la sécurité intérieure, la sécurité publique, le système de gestion des recouvrements des recettes et le système de justice. En 2021, l’ensemble du personnel assermenté de l’agence, y compris les agents de terrain, les agents spéciaux du bureau d’enquête de l’État, les agents chargés de la communication et les membres de la division des permis de conduire ont suivi une formation sur l’inclusion sensorielle. L’ALEA est ainsi devenue la première agence étatique d’application de la loi à être certifiée par KultureCity, une organisation à but non lucratif spécialisée dans l’insertion et l’aide aux personnes atteintes d’un trouble sensoriel ou d’autres handicaps.

La formation de KultureCity, qui repose essentiellement sur le visionnage de vidéos, vise à éduquer les premiers intervenants, leur faire accepter cette différence et ressentir de l’empathie pour les personnes atteintes de troubles sensoriels, qui représenteraient entre 5 et 16 % de la population américaine.

Symptôme courant de l’autisme, ce handicap touche également les personnes souffrant d’un trouble du stress post-traumatique, de démence ou ayant été victimes d’un AVC. Il s’agit d’un état pathologique dans lequel le cerveau éprouve des difficultés à recevoir et répondre aux informations sensorielles, ce qui rend les personnes trop ou trop peu sensibles à certains éléments qu’elles voient, entendent, sentent, touchent et goûtent.

Les lumières vives, le brouhaha urbain, les vêtements rugueux et d’autres stimuli peuvent submerger les personnes hypersensibles et provoquer chez elles une crise émotionnelle et un comportement qui peut sembler inhabituel, voire agressif. Ces individus peuvent rechercher une stimulation sensorielle de plusieurs manières comme crier, agiter les bras ou toucher les gens au hasard, parfois brutalement.

Les personnes en proie à une surcharge sensorielle peuvent être tellement submergées qu’elles ne peuvent pas parler ou traiter mentalement ce qui leur est demandé. Elles peuvent alors sembler être sous l’influence de l’alcool ou de drogues et délibérément peu coopératifs.

Fondée en 2013 par le Dr Julian Maha, dont le fils a été diagnostiqué avec un trouble sensoriel, KultureCity a fourni des formations et des sacs sensoriels à plus de 50 agences de premiers intervenants aux États-Unis. Sa formation, conçue pour faire comprendre et accepter la façon dont les personnes ayant des troubles sensoriels réagissent aux stimuli, se concentre sur quatre domaines clés :

  • La compassion pour les personnes atteintes d’un handicap invisible ou d’un besoin sensoriel et faire comprendre à quel point ces besoins sont fréquents.
  • Savoir reconnaître une personne souffrant d’un handicap ou d’un besoin sensoriel invisible et la meilleure façon d’entrer en relation avec elle.
  • Les stratégies pour aider ces personnes à s’adapter à une situation qui les dépasse.
  • Trouver la meilleure façon de mettre un terme à cette interaction et de contribuer à résoudre la situation de manière positive.

Sources :

CHADD. (2021, September 21). New Research in Sensory Processing Dysfunctionhttps://chadd.org/adhd-weekly/new-research-in-sensory-processing-dysfunction

Office of the Governor of Alabama. (2021, August 3). Governor Ivey Announces Sensory-Inclusive Training for State Law Enforcement Officershttps://governor.alabama.gov/newsroom/2021/08/governor-ivey-announces-sensory-inclusive-training-for-state-law-enforcement-officers/

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Coopération européenne : démantèlement d’un réseau qui contraignait les sans-abri à la mendicité forcée

Les autorités autrichiennes, allemandes, hongroises et roumaines ont démantelé un réseau criminel familial particulièrement violent qui exploitait les sans-abri.

Une enquête menée par l’Office pénal régional de Haute-Autriche (Landeskriminalamt Oberösterreich), la police fédérale autrichienne (Bundeskriminalamt), la police d’État allemande de Bavière (Polizei Bayern), la police nationale hongroise (Magyar Rendorseg) et la police roumaine (Poliția Română), avec le soutien d’Europol et d’Eurojust, a permis le démantèlement d’un groupe criminel impliqué dans la traite d’êtres humains pour ensuite les contraindre à la mendicité forcée. Ce réseau criminel était extrêmement violent et abusait de personnes particulièrement vulnérables.

À la suite de ces enquêtes, une journée d’intervention policière a été organisée au début du mois d’avril 2022 et a mené à :

  • l’identification de 7 sites (2 en Allemagne, 1 en Autriche, 1 en Hongrie et 3 en Roumanie ;
  • 4 arrestations (1 en Allemagne, 1 en Autriche, 1 en Hongrie et 1 en Roumanie ;
  • la saisie de téléphones et autres appareils électroniques, de plus de 90 000 € en espèces et de 9 400 RON en espèces, ainsi que d’un kilo d’or ;
  • la découverte de deux victimes, décédées des suites de mauvais traitement de la part du réseau criminel.

Depuis 2017, les autorités nationales des quatre pays concernés ont enquêté sur ce groupe criminel au travers des liens familiaux entre ses membres. Il s’agissait notamment d’enquêter sur les membres de groupes d’origine roumaine et hongroise qui se livraient à la traite et à l’exploitation de personnes, avec des victimes en Autriche et en Allemagne. Les victimes d’origine hongroise et roumaine étaient particulièrement vulnérables en raison de leur dépendance à l’alcool et de leur situation de sans-abrisme.

Ces personnes ont été contraintes de mendier dans des endroits précis de différentes villes, comme les villes allemandes d’Ingolstadt, de Nuremberg et de Berlin et les villes autrichiennes de Feldkirch, Linz, Bad Hall et Steyr. Ces individus étaient totalement à la merci du réseau criminel et leurs papiers leur ont été retirés une fois arrivés dans des pays étrangers dont ils ne parlaient pas la langue. Le réseau criminel leur fournissait une collation ou juste assez d’alcool pour passer la journée, tout en gagnant plus de 200 000 € grâce aux activités des victimes. Ces personnes ont connu des conditions de vie et des traitements inhumains et ont subi des violences de la part des suspects.

Deux des victimes ont succombé pour des raisons médicales alors qu’elles étaient exploitées dans des conditions extrêmement dégradantes. La bande criminelle a également forcé une personne tout aussi vulnérable à travailler comme esclave domestique.

Europol a facilité l’échange d’informations et proposé son soutien analytique pour cette enquête. Le jour de l’intervention, Europol a déployé un poste de commandement virtuel pour permettre l’échange d’informations en temps réel entre les enquêteurs, Europol et Eurojust.

Eurojust avait mis en place une équipe d’enquête conjointe entre l’Allemagne, la Hongrie, la Roumanie et Europol en 2021.

En 2017, le Conseil de l’Union européenne a décidé de poursuivre le cycle politique de l’UE pour la période 2018-2021. Ce cycle vise à répondre aux menaces les plus importantes que la criminalité internationale organisée fait peser sur l’UE. Pour atteindre cet objectif, il est nécessaire de renforcer la coopération entre les services compétents des États membres, des institutions et des agences de l’UE, ainsi que des pays et organisations non membres de l’UE, y compris le secteur privé, le cas échéant. Il existe actuellement dix priorités EMPACT. À partir de 2022, le mécanisme devient permanent sous le nom d’EMPACT 2022+.

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La criminalité numérique en forte hausse en Suisse

De l’ensemble des données recueillies sur la criminalité en Suisse pour l’année 2021, c’est l’augmentation des infractions dites « infractions numériques », qui ressort tout particulièrement. En 2021 ce sont près de 30 351 infractions qui ont été enregistrées, soit une augmentation de 24 % par rapport à l’année précédente et une moyenne de 83 infractions par jour. La grande majorité, 88 %, peut être classée comme cybercriminalité économique. Plus précisément, la plus forte augmentation apparaît dans le domaine des cyberfraudes ou cyberescroqueries. La non-distribution de produits achetés sur de petites plateformes (6 884) est l’infraction la plus fréquente, suivie par les usurpations d’identité lors de paiements en ligne (utilisation de l’identité d’un tiers) (6 670).

En ce qui concerne les crimes violents, les tendances dépendent du type de crime. Le nombre d’homicides commis sur l’année 2021 est le plus faible jamais enregistré depuis le début des statistiques en 1982, 42 homicides, la plupart (23 ; soit 54,8 %) ayant été commis dans la sphère domestique. Au total quinze femmes et un homme ont été tués par leur partenaire ou ex-partenaire. Parmi les victimes, trois enfants morts des mains d’un de leurs parents. Le nombre d’actes de violence est resté stable par rapport à l’année précédente, avec 1 665 cas quand les violences sexuelles ont, en revanche, sensiblement augmenté. Plus précisément, 757 viols ont été recensés (soit 44 de plus qu’en 2020), le chiffre le plus élevé des dix dernières années.

Les crimes et délits contre les biens (non numériques) ont également adoptés des tendances divergentes : 31 186 cambriolages résidentiels ont été recensés, soit 5 % de moins que l’année précédente confirmant une tendance à la baisse depuis 2012. Dans le même ordre d’idées, les vols à la tire (-1 912) et les vols à l’étalage (-1 723) ont également connu une baisse. Les vols dans un véhicule et de véhicules ont augmenté pour atteindre les 995 cas, tout comme les vols de vélos électriques (8 919 cas, soit 47 % de plus que l’année précédente), tandis que les vols de vélos classiques, toujours l’un des biens les plus fréquemment volés (27 246), ont enregistré une baisse de 11 % l’année dernière.

82 284 personnes ont été arrêtées pour avoir commis des actes criminels. Parmi les coupables on retrouve 13,3 % de mineurs et 15,9 % de jeunes adultes (18-24 ans). Le nombre d’adultes et de jeunes adultes arrêtés a diminué, tandis que le nombre de mineurs interpelés a augmenté (3,5 %). Les jeunes ont surtout été arrêtés pour des infractions mineures, comme des dégradations ou des vols à l’étalage, mais le nombre de jeunes arrêtés pour des infractions violentes a poursuivi sa croissance des dernières années.

Source d’information :https://www.bfs.admin.ch/bfs/de/home.assetdetail.21324071.html

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Opération transfrontalière de grande ampleur contre les trafiquants d’êtres humains en France et en Roumanie

La police nationale française, la police roumaine (Poliția Română) et la police espagnole (Policía Nacional), avec le soutien d’Europol et d’Eurojust, ont démantelé un réseau criminel impliqué dans la traite d’êtres humains à des fins d’exploitation sexuelle. Dans le cadre de cette enquête, Europol a créé un groupe de travail opérationnel qui a permis d’identifier le cerveau du groupe criminel.

La journée d’intervention de la police du 22 mars 2022 a donné lieu à :

  • 16 perquisitions de domiciles (10 en France et 6 en Roumanie) ;
  • 7 arrestations (2 en France et 5 en Roumanie, dont une cible de haute importance identifiée par les autorités policières concernées) ;
  • l’identification de 32 victimes, la plupart de nationalité roumaine (13 en France et 19 en Roumanie) ;
  • la saisie de divers appareils numériques, de téléphones portables, de cannabis provenant d’un laboratoire intérieur, de véhicules de luxe et de plus de 23 000 euros en espèces.

D’après les preuves recueillies au cours de l’enquête, le réseau criminel aurait été actif depuis 2014. Les membres de l’organisation criminelle forçaient leurs victimes à se prostituer et récupéraient l’argent pour le compte de l’organisation.

Ils ciblaient des victimes vulnérables dans des situations financières et émotionnelles instables avec la méthode dite du « lover boy », ou du petit-ami proxénète. Le réseau criminel les attirait grâce à de fausses relations affectives, les séduisait avec des cadeaux coûteux et la promesse d’une vie meilleure à l’étranger, et les forçait à continuer à se prostituer par des menaces ou des violences à leur encontre ou envers leur famille. Avec cette technique, les malfrats ont empoché près de 400 000 euros, en exploitant des victimes vulnérables venues de Roumanie.

Les enquêteurs ont déjà identifié 28 victimes exploitées par ce groupe en France. Les preuves indiquent que le réseau criminel a acheminé environ 1,3 million d’euros de revenus illégaux en Roumanie par le biais de sociétés de transfert de fonds et plus encore en argent liquide par l’intermédiaire de coursiers.

Cet argent provient de 250 lieux différents répartis sur 25 États. 80 % des transferts d’argent ont été effectués depuis des cybercafés à Barcelone et étaient adressés aux dirigeants de l’organisation en Roumanie. Par la suite, ils ont blanchi cet argent sale en Roumanie en investissant dans l’immobilier et les produits de luxe. Ils ont également utilisé une partie des profits illégaux pour financer diverses activités criminelles.

En 2020, avec la collaboration de la France, de l’Espagne et de la Roumanie, Europol a mis en place un groupe de travail opérationnel pour cibler conjointement ce réseau criminel. La configuration spécifique de ce groupe de travail a permis aux enquêteurs de cerner facilement le mode opératoire de l’organisation criminelle et d’utiliser les informations recueillies pour identifier ses têtes pensantes et leurs associés.

Europol a coordonné les activités opérationnelles, facilité l’échange d’informations et fourni un soutien analytique. Europol a également déployé un expert en Roumanie pour recouper les informations opérationnelles en temps réel et soutenir les enquêteurs sur le terrain.

Eurojust a mis en place une équipe commune d’enquête (ECE) entre la France et la Roumanie. Cinq suspects ont été arrêtés à la suite de cinq mandats d’arrêt européens.

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