La guerre inexorable du Salvador contre les maras continue

Depuis près de cinq mois, le gouvernement du Salvador, dirigé par Nayib Bukele, mène d’importantes opérations policières et militaires qui ont déjà conduit à l’arrestation d’environ 50 000 personnes soupçonnées d’appartenir à une mara.

Ce sont des chiffres extraordinaires pour un pays de moins de 6,5 millions d’habitants. Cependant, si l’on tient compte des niveaux de violence au Salvador, avec une centaine de meurtres par mois, et du nombre de criminels associés aux maras, ces chiffres ne paraissent plus si élevés. On estime qu’il y a plus de 100 000 membres actifs de maras, dont la majorité sont rattachés à Mara Salvatrucha et, dans une moindre mesure, à Barrio 18. Il s’agirait des deux principaux groupes criminels du pays, nés dans les années 1980, dans le sillage de la guerre civile et de l’exode de milliers de réfugiés vers les États-Unis.

Ces opérations ont suscité des réactions de la part du bureau du médiateur des droits de l’homme du Salvador et des organisations civiles. Ils estiment que le mystère qui entoure cette croisade antiviolence cache des arrestations arbitraires et des abus de pouvoir. Ils supposent, par conséquent, que certaines des personnes emprisonnées sont innocentes des crimes dont elles sont accusées.

Début septembre, on dénombrait plus de 3 000 plaintes pour torture et détention injustifiée, ainsi que le décès de 56 prisonniers, sur lequel le gouvernement a gardé le plus grand secret. Amnesty International considère également que de graves violations des droits de l’homme ont eu lieu et qu’une responsabilité pénale internationale pourrait s’appliquer.

Mais rien de tout cela ne semble préoccuper le gouvernement de Nayib Bukele. L’Assemblée législative du Salvador a approuvé en mars la mise en place de l’état d’urgence et la suspension des garanties constitutionnelles pour une durée d’un mois, mais ces mesures sont encore en vigueur à l’heure actuelle.

Le gouvernement part du principe qu’environ 1 % des arrestations pourraient être des erreurs. Et tout le monde ne porte pas de tatouage de mara sur la peau. Cependant, le mouvement des travailleurs de la police nationale du pays dénonce également l’existence de quotas imposés par certains responsables de commandement des forces de l’ordre afin d’obtenir des congés ou d’éviter les réprimandes. Par exemple, si un commissariat est tenu d’arrêter six membres de maras et qu’il n’a pu en capturer que quatre, il ajoute deux personnes arrêtées pour un autre crime, qu’il s’agisse d’une agression ou d’un vol.

L’état d’urgence a été imposé fin mars, après un week-end particulièrement meurtrier, avec 87 victimes en tout. Selon la police, elles avaient été choisies au hasard par les tireurs ou se tenaient dans la ligne de mire des armes à feu.

Nayib Bukele a décidé de tuer cette situation dans l’œuf. L’état d’urgence permet à la police de prolonger les détentions au-delà de 72 heures, de laisser les détenus dans le flou sur leur date de libération, de surveiller leurs communications privées et de suspendre leur droit à l’aide juridictionnelle de l’État. En outre, le Salvador a durci le code pénal avec l’approbation du Parlement : un membre de mara âgé de 18 ans ou plus peut risquer jusqu’à 45 ans de prison.

En mars, le pays connaissait déjà un grave problème de surpopulation carcérale, avec 36 000 prisonniers en détention. Ils sont aujourd’hui deux fois plus nombreux. La surpopulation dans les prisons est invivable et n’est pas logistiquement gérable.

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Un rapport sur la proposition d’examen stratégique de la police en Angleterre et au Pays de Galles

Le rapport « A new mode of protection » (Un nouveau modèle de protection), qui revient sur le document final de l’examen stratégique de la police en Angleterre et au Pays de Galles, a été publié au premier semestre 2022. Le rapport part de la volonté de refondre la sécurité publique pour le XXIe siècle.

Le document commence par aborder la création des forces de l’ordre en Angleterre, alors caractérisées par un modèle de maintien de l’ordre dans lequel le travail des agents ne dépendait pas principalement de l’usage de leur pouvoir, mais plutôt de la confiance et de la coopération avec la société. Mais ce document reconnaît que, 200 ans plus tard, il existe malheureusement une crise de la confiance des citoyens dans les institutions policières.

Le rapport révèle que le pourcentage de personnes qui pensent que la police fait un bon ou un excellent travail a diminué au cours des dernières années. C’est à Londres que ce manque de confiance dans la police est le plus prononcé, ce qui est lié en partie à des cas récents d’abus de la part de la police. De plus, ce rapport met en lumière des causes beaucoup plus profondes et à long terme, qui impliquent que ce modèle de maintien de l’ordre ne semble plus pouvoir répondre aux attentes de la société.

Cependant, cette perte de confiance dans les institutions policières serait aussi présente chez beaucoup de policiers qui, malgré un travail acharné et le désir de servir les citoyens, se sentent trop souvent dans l’incapacité de le faire. La période d’austérité entre 2010 et 2017 pourrait également avoir eu un impact négatif sur cette confiance. Pendant cette période, le nombre d’agents de police est passé de 143 000 à environ 123 000, ce qui a entraîné des plaintes de citoyens se sentant moins en sécurité car ils ne voyaient plus autant d’agents en uniforme dans les rues.

Dans la même optique, la frustration de la police provient également du fait qu’elle ne recueille les déclarations de vol que de manière superficielle, c’est-à-dire pour permettre aux compagnies d’assurance de prendre la relève, mais sans aucune enquête à la suite des plaintes. Tout cela se produit dans un contexte de profonds changements liés à la mondialisation et à l’évolution de la technologie. Parmi tous les délits signalés, 40 % sont des fraudes, dont la plupart sont des cyberfraudes.

Le rapport souligne que la police emploie une approche analogique pour lutter contre la criminalité à l’ère numérique. La police est donc devenue un service public de dernier recours, récupérant les échecs antérieurs d’autres services sociaux, comme les signalements de personnes disparues, la plupart étant des jeunes placés en foyer d’accueil.

Pour résoudre certains de ces problèmes, le document propose, entre autres, les solutions suivantes :

  • effectuer un changement radical vers une approche préventive plus systémique via la création d’une agence de prévention de la criminalité, dotée de pouvoirs réglementaires forts, notamment envers les entreprises ;
  • améliorer considérablement la capacité à lutter contre la criminalité transfrontalière et le crime organisé, en créant une agence nationale de lutte contre la criminalité ;
  • renforcer la police locale et la police de proximité, ce qui représenterait le meilleur moyen de restaurer la confiance de la société dans la police ;
  • équiper les policiers de meilleurs outils de travail et encourager le recrutement de personnes qualifiées ayant des compétences spécialisées par le biais de suppléments salariaux.

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La police écossaise appelle à créer des protocoles concernant l’utilisation des caméras corporelles

Selon une étude réalisée pour la police écossaise, l’opinion publique est généralement favorable à ce que les officiers portent des caméras corporelles lorsque cela est nécessaire pour tout type d’incidents. Cependant, cette étude permet également de repérer certains pièges à éviter.

Une équipe du Centre de recherche sur l’information, la surveillance et la vie privée (CRISP) de l’Université de Stirling a mis au point un rapport sur l’utilisation des caméras corporelles, fondé sur la consultation de la recherche existant à ce sujet et sur des entretiens semi-structurés avec des spécialistes de ce type de caméras.

Les chercheurs ont souligné qu’avant d’introduire les caméras corporelles, la police écossaise doit s’assurer qu’il existe des processus de gouvernance et de contrôle efficaces, notamment en ce qui concerne la gestion des données.

Le professeur William Webster de l’École de gestion de l’Université de Stirling, qui a dirigé les travaux du rapport, estime que les caméras corporelles sont, en apparence, un simple outil que les policiers portent partout, mais que l’utilisation qui en est faite a des conséquences sur un ensemble complexe de relations, à commencer par la relation entre le citoyen et l’État. Il est important de comprendre l’impact de cette utilisation et l’influence de la technologie sur les comportements afin de s’assurer que ces caméras soient utilisées dans l’intérêt de la société, et pas seulement dans l’intérêt de la police.

D’après M. Webster, la police apprécie l’utilisation des caméras corporelles car elles offrent une forme de protection lors des interventions policières, surtout s’il s’agit d’interventions risquées. Par exemple, elles peuvent aider à désamorcer une situation violente, tout en recueillant des preuves pour un éventuel procès. Cependant, elles placent la police sous surveillance également. Il est arrivé que les agents de certaines organisations policières enregistrent des agents d’autres organisations en train de fumer pendant leur service ou de parler par téléphone alors qu’ils conduisent. Ces problématiques doivent être prises en compte, d’autant plus que la confiance dans la technologie et dans la police est de nature fragile. Il convient donc d’établir des protocoles clairs et de dispenser une formation sur l’utilisation des caméras corporelles.

La nécessité de préciser qui gère les enregistrements, contenant certaines données sensibles des citoyens, est également mise en lumière dans l’étude. Ainsi, plusieurs questions se posent : les agents doivent-ils télécharger les enregistrements à la fin de leur service ? Où doivent être téléchargés et stockés les enregistrements ? Qui peut y accéder ? Quelles circonstances justifient la conservation de ces enregistrements ?

La conclusion du rapport est qu’il faut mettre en place un mécanisme de surveillance selon lequel les enregistrements seraient vérifiés de manière aléatoire, potentiellement par des personnes non spécialisées, afin de contrôler la manière dont les caméras corporelles sont utilisées.

Le rapport souligne également qu’il est important que les organisations telles que la police continuent de consulter les citoyens et les universitaires en ce qui concerne l’introduction de nouvelles technologies.

Dans la même optique, le surintendant en chef de la police écossaise, Matt Richards, se montre favorable à l’introduction des caméras corporelles au sein de la police.

Sur le plan institutionnel, l’introduction des caméras corporelles est considérée comme un investissement financier important, mais qui a le potentiel de renforcer la confiance entre la police et les citoyens, un lien essentiel qui sous-tend la légitimité de la police.

La police et les chercheurs s’accordent à dire que le déploiement des caméras corporelles doit se faire de manière éthique et transparente, et doit recevoir un soutien et des conseils sur les considérations en matière d’éthique, de droits de l’homme et de libertés civiles.

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États-Unis : la baisse du nombre d’arrestations de mineurs pour crime violent continue

Le nombre de jeunes âgés de 0 à 17 ans arrêtés par la police aux États-Unis pour avoir commis un crime violent, tel qu’un meurtre, un homicide involontaire, ou encore un vol avec violence, continue à baisser depuis 2000. Au cours de l’année 2020, le nombre d’arrestations de jeunes pour crime violent a atteint son plus faible niveau, avec des chiffres 78 % plus bas que lors du pic de 1994, et deux fois plus bas que les chiffres obtenus dix ans plus tôt.

Les hommes représentaient 80 % de l’ensemble des jeunes arrêtés pour crime violent en 2020. Ils représentaient une proportion plus grande encore parmi les jeunes arrêtés pour meurtre (92 %) et pour vol (88 %).

Plus de la moitié (55 %) des jeunes arrêtés pour crime violent étaient âgés de 16 ou 17 ans. Cette tranche d’âge correspondait même à 76 % des arrestations pour meurtre parmi les jeunes.

Les jeunes blancs représentaient près de la moitié (49 %) de tous les jeunes arrêtés et 57 % des jeunes arrêtés pour agression grave.

On estime que 424 300 arrestations de mineurs ont eu lieu en 2020, soit 38 % de moins qu’en de 2019 et la moitié du nombre d’arrestations enregistrées 5 ans plus tôt.

En 2020, les arrestations de mineurs correspondaient à 7 % de toutes les arrestations pour crime violent, contre 14 % en 2019.

Les 18-24 ans représentaient 19 % de toutes les arrestations et 21 % des arrestations pour crime violent en 2020.

Bien que les arrestations de jeunes pour vol et agression soient en baisse, les arrestations pour meurtre sont en hausse, alors que ce chiffre était faible en 2012. Toutefois, le nombre d’arrestations pour crime violent impliquant des jeunes a diminué de 56 % entre 2010 et 2020. La baisse la plus faible a été enregistrée au chapitre des arrestations pour vol, qui affichent une diminution de 24 %, tandis que chez les adultes, cette baisse a été de 5 %. De plus, si les arrestations pour agression grave ont augmenté d’environ 1 % chez les adultes, elles ont chuté de 29 % chez les mineurs.

Toutefois, il est important de garder à l’esprit que la pandémie de COVID-19 a commencé en 2020. Il convient également de souligner qu’une seule infraction peut conduire à l’arrestation de plusieurs personnes. Ce dernier point peut avoir affecté les politiques, les procédures et la méthode de collecte de données, car il est relativement courant qu’un seul crime mène à de multiples arrestations.

En outre, les ordres de confinement et les fermetures d’écoles ont probablement empêché l’augmentation des comportements délinquants chez les jeunes. Ainsi, les chiffres des arrestations de 2020 ne doivent pas être analysés hors contexte et ne devraient pas attirer l’attention des autorités répressives.

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Accord sur la transparence lors des transferts de cryptoactifs et contre le blanchiment d’argent

L’Union européenne complique l’utilisation abusive des cryptomonnaies à des fins criminelles. Les négociateurs du Parlement européen et de la présidence du Conseil de l’UE ont abouti à un accord sur la proposition d’actualisation des règles relatives aux informations accompagnant les transferts de fonds : ces règles s’appliquent désormais également aux cryptomonnaies.

Cette nouvelle réglementation assurera la transparence financière des échanges de cryptomonnaies. Elle fournira également à l’UE un cadre solide et proportionnel conforme aux normes internationales les plus strictes en matière d’échange de cryptomonnaies. On peut notamment citer les recommandations 15 et 16 du Groupe d’action financière (GAFI), l’organisme de surveillance mondial contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Dans le contexte géopolitique actuel, l’introduction de cette réglementation est bienvenue.

Cette réforme a pour objectif d’obliger les prestataires de services de cryptoactifs à collecter et à rendre accessibles certaines informations sur le donneur d’ordre et le bénéficiaire des transferts de cryptoactifs qu’ils opèrent. Les prestataires de services de paiement pour les virements bancaires le font déjà, ce qui assure la traçabilité des transferts de cryptoactifs afin de mieux identifier et geler les transactions suspectes.

Grâce à ce nouvel accord, l’UE pourra affronter les risques de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme liés à ces nouvelles technologies. De plus, elle pourra à la fois assurer sa compétitivité, protéger les consommateurs et les investisseurs, et veiller à l’intégrité financière du marché intérieur.

Avec cet accord, quelle que soit la quantité d’argent transférée, l’ensemble des informations relatives au donneur d’ordre doivent être communiquées lors du transfert de cryptoactifs.

Par ailleurs, les législateurs se sont accordés sur le fait que le règlement général sur la protection des données (RGPD) reste applicable aux transferts de fonds et qu’aucune autre règle sur la protection des données ne sera établie.

Pour les personnes et entités soumises à des mesures restrictives, le contournement de ces dernières sera plus difficile grâce à l’amélioration de la traçabilité des transferts de cryptoactifs. En outre, les prestataires de services de cryptoactifs devront mettre en œuvre des procédures, contrôles et politiques internes adéquats afin de réduire les possibilités d’échapper aux mesures de restriction, tant nationales que de l’UE.

Plus généralement, l’ensemble des sanctions sont déjà applicables à toutes les personnes physiques et morales, y compris celles qui opèrent dans le secteur des cryptomonnaies.

Les États membres devront s’assurer en temps voulu que tous les prestataires de services relatifs aux cryptoactifs remplissent les conditions requises pour être des entités assujetties au titre de la quatrième directive contre le blanchiment de capitaux. L’UE pourra ainsi adopter les recommandations du GAFI et uniformiser les règles entre les États membres, qui avaient jusqu’à présent développé des stratégies différentes à cet égard.

Les législateurs sont également d’accord sur le fait qu’il est urgent de garantir la traçabilité des transferts de cryptoactifs. Ils ont choisi d’aligner le calendrier de mise en œuvre de ce règlement sur celui de la réglementation des marchés de cryptoactifs (MiCA).

Cette proposition s’inscrit dans un ensemble de propositions législatives soumis par la Commission le 20 juillet 2021 et qui a pour but de renforcer les règles de l’UE contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT). Cet ensemble de propositions comprend également une proposition qui doit servir à créer une nouvelle autorité européenne pour la lutte contre le blanchiment d’argent.

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Victime d’une attaque de ransomware ? 136 outils gratuits pour récupérer vos fichiers sur No More Ransom

Six ans après la naissance de l’initiative No More Ransom, plus de 10 millions de personnes ont déjà téléchargé ses outils de déchiffrement.

Au cours des dernières années, les attaques de ransomware se sont multipliées et sont devenues de plus en plus graves. Dans la presse, les gros titres portent souvent sur les demandes de rançon, qui atteignent à présent des montants auparavant impensables. Les chiffres sont préoccupants, mais vous n’êtes pas sans défense face à ces tentatives d’extorsion et les hautes technologies qu’elles emploient. L’initiative No More Ransom propose plus de 136 outils de déchiffrement gratuits pour sauver vos fichiers pris en otage.

À l’occasion de son sixième anniversaire, cette initiative fournit des clés pour débloquer les fichiers chiffrés, ainsi que des conseils pour éviter d’être infecté par les rançongiciels.

Lancé par Europol, la police nationale néerlandaise (Politie) et des entreprises de sécurité informatique, le portail No More Ransom proposait initialement quatre outils pour débloquer différents types de ransomware et n’était disponible qu’en anglais.

No More Ransom propose maintenant 136 outils gratuits pour 165 variantes de ransomware, dont GandCrab, REvil/Sodinokibi, Maze/Egregor/Sekhmet et bien d’autres. Plus de 188 partenaires des secteurs public et privé ont rejoint le programme, fournissant régulièrement de nouveaux outils de déchiffrement pour les dernières variantes de logiciel malveillant.

Jusqu’à présent, le dispositif a permis à plus de 1,5 million de personnes de déchiffrer leurs appareils sans avoir à payer leurs attaquants. Le portail est disponible en 37 langues pour mieux aider les victimes de ransomware à travers le monde.

Mais une prévention rigoureuse est la meilleure manière de se protéger des rançongiciels. Voici les recommandations à suivre :

• Faites régulièrement des copies de sauvegarde des données stockées sur vos appareils électroniques.

• Faites attention aux liens sur lesquels vous cliquez. Demandez-vous où ils vous mèneront.

N’ouvrez pas les pièces jointes d’e-mails provenant d’expéditeurs inconnus, même s’ils paraissent crédibles et importants.

• Assurez-vous que votre logiciel de sécurité et votre système d’exploitation sont à jour.

• Protégez vos comptes d’utilisateur à l’aide de la vérification en deux étapes (2FA).

• Évitez au possible d’exporter de grandes quantités de données d’entreprise vers des portails externes d’échange de fichiers.

• Si vous êtes victimes d’un ransomware, ne payez pas ! Signalez l’attaque et consultez les outils de déchiffrement de No More Ransom.

Vous trouverez plus d’informations et de conseils en matière de prévention sur http://www.nomoreransom.org.

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Comment les particuliers entreposent-ils leurs armes à feu aux États-Unis ?

Les défenseurs de la santé publique et les défenseurs des droits en matière d’armes à feu s’accordent à dire que les détenteurs d’armes à feu doivent stocker ces dernières de manière à empêcher que d’autres personnes puissent y accéder sans autorisation.

Ces méthodes de rangement peuvent contribuer à éviter des décès et blessures involontaires par arme à feu chez les mineurs. De plus, il existe une théorie pertinente selon laquelle la restriction de l’accès aux moyens létaux pourrait prévenir le suicide.

Le site Web rand.org a publié une étude sur les mesures de protection relatives aux armes à feu, qui examine des estimations récentes, les schémas existants et l’efficacité des interventions.

Les théories évoquées dans ce document sont étayées par les conclusions de nombreuses autres études et font l’objet d’un vaste consensus parmi les organisations de santé publique, notamment l’Organisation mondiale de la santé.

Restreindre l’accès aux moyens létaux passe par le fait d’entreposer les armes à feu non chargées et sous clé. C’est pourquoi les organisations de santé publique ont lancé des campagnes visant à promouvoir le rangement sécurisé des armes à feu détenues à titre personnel.

Cette étude analyse ce que requiert le rangement sécurisé des armes à feu et fournit des estimations des pratiques de stockage des détenteurs d’armes à feu américains à partir d’enquêtes représentatives à l’échelle du pays et à l’échelle de ses États. Cette étude contient également les résultats de recherches sur des populations sélectionnées, avec des données remontant jusqu’en 2010. Elles portent notamment sur des populations qu’il est intéressant d’étudier en raison de l’actualité, telles que les personnes ayant acheté une arme à feu pendant la pandémie de COVID-19, ou en raison des risques de blessure encourus, comme les ménages avec enfants, les personnes souffrant de troubles mentaux ou à risque de suicide, les militaires et les anciens combattants.

Le rapport décrit les manières dont les Américains entreposent généralement leurs armes à feu et la raison d’être de ces méthodes de rangement, avant d’examiner l’efficacité des interventions visant à modifier ces méthodes, en distinguant les interventions cliniques, les interventions communautaires et les politiques publiques.

L’étude conclut que de multiples parties prenantes recommandent de ranger les armes à feu sous clé et non chargées, et de stocker les munitions séparément. La plupart des preuves empiriques actuellement disponibles indiquent qu’environ la moitié des détenteurs d’armes à feu rangent leurs armes sous clé, et qu’un tiers les rangent sous clé et non chargées. Les personnes qui entreposent leurs armes à feu de manière non conforme aux recommandations le font principalement en raison de leur propre perception du risque et de la protection. Statistiquement, les personnes qui possèdent plus d’armes ou ne détiennent que des armes de poing sont moins susceptibles de stocker leurs armes comme recommandé, et les ménages avec mineurs sont plus susceptibles de stocker leurs armes comme recommandé.

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Évolution du terrorisme au sein de l’Union européenne

Récemment publié par Europol, le rapport 2022 sur la situation et les tendances du terrorisme en Europe (TE-SAT) constitue l’analyse de renseignements la plus complète et la plus à jour sur le terrorisme au sein de l’Union européenne.

Le rapport TE-SAT 2022 d’Europol se fonde sur les données quantitatives fournies à Europol par les États membres de l’UE concernant les attaques terroristes, les arrestations et les décisions de justice rendues pour des infractions terroristes. Les partenaires d’Europol ont également fourni des informations qualitatives et apporté une expertise précieuse, qui enrichissent les conclusions du rapport.

Les conclusions du TE-SAT 2022 confirment que le terrorisme reste une menace tangible pour l’UE.

En 2021, 15 attentats terroristes achevés, déjoués ou avortés ont été enregistrés dans l’UE. Parmi les quatre attentats achevés, on compte trois attentas djihadistes et un d’extrême gauche.

En 2021, les autorités répressives de l’UE ont procédé à l’arrestation de 388 suspects pour des infractions liées au terrorisme. 260 de ces arrestations, soit plus des deux tiers, ont eu lieu à la suite d’enquêtes sur des infractions liées au terrorisme djihadiste en Autriche, en France et en Espagne.

Les procédures judiciaires conclues en 2021 ont mené à 423 condamnations pour des infractions terroristes.

En Europe, les attaques terroristes et extrémistes violentes sont principalement conduites par des individus isolés. Toutefois, des complots impliquant plusieurs acteurs ont également été déjoués au cours de l’année 2021. Les individus qui commettent des attentats seuls sont principalement associés au terrorisme djihadiste ou d’extrême droite et à l’extrémisme violent.

En 2021, les terroristes ont utilisé pour leurs attaques dans l’UE des armes relativement faciles à obtenir et dont l’assemblage ou l’utilisation ne requiert pas de compétences avancées, comme des armes blanches, des véhicules (attaques à la voiture-bélier) et des engins incendiaires improvisés.

De plus, la propagande terroriste diffusée en ligne en 2021 a continué à aborder des thèmes liés au COVID-19. L’augmentation du temps passé en ligne, notamment en raison des restrictions liées à la pandémie, est un facteur de risque chez les personnes susceptibles de basculer dans l’extrémisme.

Un extrémisme violent anti-COVID-19 et un extrémisme anti-gouvernemental, non affiliés aux activités terroristes et extrémistes violentes traditionnelles, sont apparus dans certains États membres de l’UE et dans d’autres pays. Ces formes d’extrémisme violent se sont manifestées par des menaces ouvertes, des messages haineux diffusés en ligne et, dans certains cas, des attaques physiques.

La situation géopolitique dans des régions clés en dehors de l’UE influence la pensée et la propagande terroristes diffusées dans les États membres. La menace terroriste actuelle pesant sur les États membres ne semble pas avoir été directement affectée par la prise de pouvoir des talibans en Afghanistan. Cependant, elle a accru l’attention mondiale portée aux insurrections religieuses et a ainsi fourni aux djihadistes affiliés à Al-Qaïda et au groupe terroriste autoproclamé État islamique (EI) des occasions de faire valoir leurs propres arguments.

Le rapport TE-SAT aborde différents types de terrorisme : le terrorisme djihadiste, d’extrême droite, d’extrême gauche et anarchiste, ou encore le terrorisme ethno-nationaliste et séparatiste.

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La menace de la criminalité environnementale dans l’Union européenne

La criminalité environnementale génère des millions d’euros d’argent sale chaque année rien que dans l’Union européenne. Cependant, il reste extrêmement difficile pour les forces de l’ordre de faire le lien entre une affaire et des activités criminelles organisées. Pour les entrepreneurs criminels, la criminalité environnementale est très attrayante en raison des divergences juridiques entre les pays, du faible risque de détection et des sanctions peu importantes.

Cependant, la situation est en train d’évoluer : les crimes contre l’environnement sont de plus en plus remarqués car le changement climatique devient une priorité pour les responsables politiques.

La nouvelle évaluation des menaces d’Europol, Environmental crime in the age of climate change (La criminalité environnementale à l’ère du changement climatique), offre l’analyse de renseignements la plus complète à ce jour sur ce phénomène criminel dans l’UE.

Les enquêtes menées par les forces de l’ordre dans l’ensemble de l’UE montrent que derrière la plupart des systèmes de criminalité environnementale se cache une composante criminelle organisée, souvent dirigée depuis une entreprise légitime. Europol a également constaté une forte augmentation du nombre d’affaires transfrontalières.

Les crimes contre l’environnement recouvrent une série d’activités qui enfreignent la législation sur l’environnement et entraînent des dommages ou des risques significatifs pour l’environnement, la santé humaine ou les deux. Les principaux risques sont les suivants :

• La plupart des acteurs de la criminalité environnementale sont des propriétaires ou directeurs opportunistes d’entreprises légales qui mettent en place un projet criminel dans l’espoir de gagner plus de bénéfices.

• Pour blanchir leurs recettes illicites, les criminels passent généralement par les mêmes entreprises légales que celles dans lesquelles ils opèrent, c’est-à-dire des entreprises de gestion des déchets, des magasins de vente au détail, des sociétés de pêche, etc. L’infrastructure de la criminalité environnementale repose sur la fraude aux documents, l’abus des divergences entre les législations et la corruption généralisée.

• Les réseaux criminels de l’UE ciblent de plus en plus l’Europe centrale et orientale pour le trafic de déchets illicites produits en Europe occidentale. En dehors de l’UE, les trafiquants européens ciblent principalement l’Afrique pour les déchets d’équipements électriques et électroniques, et l’Asie du Sud-Est pour les déchets plastiques illicites et les navires en fin de vie.

• L’UE fait office de plaque tournante pour le trafic mondial d’espèces sauvages. L’UE est la principale destination des animaux sauvages faisant l’objet d’un trafic, mais c’est aussi un lieu de provenance d’espèces sauvages endémiques qui font l’objet d’un trafic vers d’autres continents.

Les déchets liés à la production de drogues de synthèse et de leurs précurseurs sont l’une des principales sources de dommages environnementaux liés au crime organisé dans l’UE.

Le rapport d’Europol examine les principales typologies de crimes contre l’environnement qui font l’objet d’enquêtes dans l’UE : les infractions liées aux déchets et à la pollution, le trafic d’espèces animales sauvages, la pêche illégale, non déclarée et non réglementée, les infractions forestières et le commerce illégal d’animaux de compagnie. Le changement climatique fonctionne comme un facteur d’impulsion et d’attraction pour la criminalité organisée. Dans un avenir immédiat, la raréfaction des ressources naturelles est susceptible de susciter l’intérêt de ces groupes criminels en raison des profits potentiels.

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