La pandémie de COVID-19 a accru la cybercriminalité

Au mois d’octobre, Europol a publié le rapport de 2020 sur la cybercriminalité, qui présente les dernières tendances et l’impact actuel de la cybercriminalité dans l’Union européenne et le reste du monde.

La pandémie de COVID-19, qui a affecté les quatre coins du monde, nous a forcés à repenser nos sociétés, à réinventer notre mode de vie et notre façon de travailler. Pendant cette immobilisation, nous nous sommes tournés vers Internet pour conserver une impression de normalité, en faisant nos achats, en travaillant ou en apprenant en ligne, à une échelle inédite. Les cybercriminels en ont profité dans plusieurs domaines de délinquance.

Le phishing reste une véritable menace. Les criminels utilisent des méthodes innovantes pour lancer des attaques de plus grand volume et plus élaborées. Ils ont rapidement commencé à exploiter la pandémie pour s’en prendre aux plus vulnérables. Le phishing, les escroqueries en ligne et la diffusion de fausses nouvelles sont devenues des stratégies idéales pour les cybercriminels, qui cherchent également à vendre certains articles en ligne en prétendant qu’ils permettent de prévenir ou de soigner la COVID-19.

Le chiffrage est une caractéristique décisive d’un nombre croissant de services et d’outils. Pour les forces de l’ordre, pouvoir accéder aux données pertinentes et les collecter pour les enquêtes pénales représente un défi considérable.

Les attaques de logiciel de rançon (ransomware) sont maintenant plus élaborées ; elles sont lancées sur des organisations publiques ou privées, après une enquête préalable sur les victimes. Bien que la pandémie de COVID-19 ait provoqué une augmentation de la cybercriminalité, les attaques de logiciel de rançon ciblaient déjà le secteur sanitaire bien avant cette crise. En outre, les criminels ont inclus une autre étape à leurs attaques de logiciel de rançon : ils menacent de mettre aux enchères les données obtenues, incitant d’autant plus les victimes à payer la rançon.

Au cours des dernières années, on a observé une certaine stabilité en ce qui concerne les principales menaces liées à l’exploitation en ligne d’actes de maltraitance d’enfants. Malgré tout, on note une augmentation considérable du nombre de supports pédopornographiques détectés en ligne au plus fort de la crise de COVID-19. Les criminels ont recours à divers outils pour dissimuler ces actes, comme les réseaux P2P et les applications de communication chiffrée.

La diffusion en direct d’abus faits aux enfants a encore augmenté, notamment pendant la crise de COVID-19, lorsque les restrictions de mobilité empêchaient les délinquants d’abuser physiquement des enfants. Dans certains cas, ils utilisent des applications d’appel vidéo avec système de paiement intégré, ce qui constitue une difficulté majeure pour les forces de l’ordre, car le contenu n’est pas enregistré.

L’échange de cartes SIM, qui permet aux criminels de prendre le contrôle de comptes liés à une carte, est l’une des nouvelles tendances de cette année. Le fraudeur échange la carte SIM de la victime avec l’une des siennes, afin d’intercepter les mots de passe à usage unique utilisés lors de processus d’authentification.

Pendant l’année 2019 et au début de l’année 2020, on a observé une forte volatilité sur le dark Web. Le cycle de vie des marchés du dark Web s’est raccourci, et aucun marché ne s’est clairement établi comme marché dominant au cours de l’année écoulée. Si Tor reste l’infrastructure la plus utilisée, les criminels ont commencé à vendre leurs produits illégaux sur d’autres plateformes de marché décentralisées qui permettent une plus grande confidentialité. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un phénomène nouveau, ces plateformes ont pris de plus en plus d’importance au cours de l’année écoulée.

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Une amélioration de la sécurité publique en dents de scie au Honduras

Le nombre de victimes de délit au Honduras a diminué entre l’année 2014 et l’année 2018. Malgré tout, 13 % de Honduriens affirment avoir été victimes d’un délit en 2018.

En dépit de chiffres à la baisse, la sécurité publique reste l’un des principaux problèmes du pays. Cependant, selon la perception des Honduriens, ce problème a diminué en importance au cours des cinq dernières années. Ainsi, 43 % des Honduriens considéraient la sécurité publique comme le principal problème du pays en 2018.

Le pourcentage de victimes de délit chez les hommes (13,4 %) était légèrement plus élevé que chez les femmes (12,1 %) en 2018.

Si l’on examine les chiffres de la violence meurtrière au Honduras de 2013 à 2018, on constate une tendance à la baisse, avec une chute de 36 points du taux d’homicides pour 100 000 habitants.

C’est chez les hommes de 18 à 29 ans que l’on trouve le plus grand nombre de victimes d’homicide pendant cette période. Plus précisément, en 2018, 4 victimes d’homicide sur 10 faisaient partie de ce segment de la population.

Il convient de préciser qu’entre 2017 et 2018, le nombre de faits signalés a augmenté de 22 % en tout. Le nombre de délits est passé de 31 612 en 2017 à 39 463 en 2018. Les indicateurs qui ont connu une baisse sont les homicides (-3 %), les délits de nature sexuelle (-0,5 %), les violences faites aux enfants (-50 %), les blessures (-16 %) et les enlèvements (-13 %). Parmi les indicateurs ayant connu une hausse, on trouve l’atteinte à la propriété, avec une augmentation de 52 % par rapport à 2017.

Dans le domaine de l’atteinte à la propriété, on remarque notamment une forte augmentation du nombre d’extorsions, qui a doublé depuis 2015. Il convient de mentionner que 72 % des plaintes étaient concentrées sur quatre municipalités seulement.

Le taux de morts violentes a connu une tendance à la baisse continue entre 2013 et 2018, avec une réduction de 46,5 %. Par ailleurs, au cours de cette même période, le taux d’homicides en Amérique latine a diminué de 7,7 %. Malgré une baisse continue du taux d’homicides au Honduras, il était deux fois plus élevé que le taux d’homicides en Amérique latine en 2018.

Parmi les victimes de mort violente au cours de l’année 2018, on trouve 90 % d’hommes. Si l’on s’intéresse aux tranches d’âge, on constate que 41 % des victimes de violence meurtrière étaient âgées de 15 à 29 ans. Ainsi, le taux de morts violentes chez les hommes âgés de 18 à 29 ans était 3,4 fois plus élevé que le taux de morts violentes national.

La moitié des homicides du pays étaient concentrés sur 10 municipalités. De plus, en 2018, on comptait 41 municipalités n’ayant signalé aucun homicide.

En ce qui concerne les délits de nature sexuelle, deux victimes sur trois en 2018 étaient des femmes de moins de 30 ans. Dans 83 % des plaintes déposées pour délit de nature sexuelle, la victime était une femme.

Dans les cas de violence familiale, huit victimes sur dix étaient des femmes âgées de 15 à 39 ans. De même, 71 % des plaintes pour violence domestique concernaient des femmes âgées de 15 à 39 ans. Au total, 9 victimes de violence domestique sur 10 étaient des femmes.

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Les représentants de centaines de villes à travers le monde veulent réduire la violence de moitié d’ici 2030

Le comité exécutif du Parlement mondial des maires (en anglais, le GPM) a présenté une résolution internationale au Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, afin d’accélérer les efforts visant à réduire la violence de moitié d’ici 2030. Le GPM, ainsi que Peace in Our Cities, ont initié cette résolution au mois de juin 2020. Elle a été signée par plus de 60 villes, ainsi que par des réseaux de villes représentant plus de 1500 villes et zones métropolitaines.

Le maire Marvin Rees, de GPM, a présenté cette résolution lors de la Journée internationale de la paix des Nations unies, « Peace One Day », pendant une réunion de militants des droits de l’homme à l’échelle mondiale, qui visait à promouvoir la paix et réduire la violence. GPM et Peace in Our Cities travaillent avec Pathfinders, une coalition de 36 gouvernements nationaux et de 100 partenaires non gouvernementaux, pour accélérer les actions et les investissements en faveur de la paix, de la justice et de l’inclusion dans le monde entier.

Le défi mondial de la violence requiert une réponse mondiale. Même si les gouvernements sont essentiels à la prévention des conflits, à la lutte contre la criminalité et à la réduction des violences domestiques, les villes jouent un rôle encore plus important dans la prévention et la réduction de la violence.

En ce qui concerne cette résolution, il s’agissait de la première fois que des villes du monde entier se réunissaient pour adopter une position commune sur la prévention et la réduction de la violence. Aux côtés de GPM et de Peace in Our Cities, on trouve le Forum européen pour la sécurité urbaine (EFUS), le Forum africain pour la sécurité urbaine (AFUS), le Mayors Migration Council (MMC), Strong Cities Network (SCN) et la Conférence des maires des États-Unis (USCM).

La pandémie de COVID-19 entraîne des conséquences dévastatrices dans les domaines sociaux, économiques et politiques dans le monde entier. Elle provoque également une augmentation du risque de violence organisée et interpersonnelle dans les milieux à revenus élevés, moyens et faibles. Les femmes et les enfants en particulier sont exposés à un plus grand risque de violence, surtout à la maison et dans le monde virtuel, de même que les personnes les plus vulnérables, notamment les personnes déplacées ou vivant dans des zones touchées par des conflits. La menace de la violence criminelle augmente aussi, et les troubles sociaux et politiques se diversifient. Ces risques sont encore plus marqués dans les villes.

La résolution contraint les dirigeants des villes à réduire de manière significative toutes les formes de violence meurtrière, à investir dans des solutions sur la base de preuves, à travailler en partenariat avec des organisations nationales et internationales, à se concentrer sur les communautés les plus vulnérables, à donner plus de moyens aux survivants et aux jeunes, à briser les cycles de violence intergénérationnels et à lutter contre l’extrémisme numérique.

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La sécurité publique au Guatemala continue à s’améliorer en 2019

Les données utilisées pour les années 2010 à 2019 ont été compilées à partir des chiffres de la Police nationale civile du Guatemala (PNC) et rendues publiques par l’Institut national de la statistique (INE).

Pendant cette période, le taux de morts violentes pour 100 000 habitants a maintenu une tendance à la baisse. À la fin de l’année 2019, ce taux est de 21,5. C’est le taux le plus bas de cette période, et il se rapproche de la moyenne latino-américaine (20,1). Par ailleurs, ce taux dépasse l’objectif fixé par la Politique générale du gouvernement pour 2016-2020, qui consistait à atteindre un taux de 23,5 pour l’année 2019.

Le taux de morts violentes poursuit une tendance à la baisse marquée depuis 2010 : il a presque diminué de moitié, passant de 41,8 en 2010 à 21,5 en 2019, soit une baisse de 20,1 points.

Près de la moitié des victimes de mort violente en 2019 étaient des jeunes âgés de 18 à 30 ans. Le taux de morts violentes dans cette tranche d’âge est de 41,2 pour 100 000 habitants, presque le double du taux national.

En 2019, 85 % des victimes de mort violente étaient des hommes. Les morts violentes chez les hommes ont diminué de près de 9 % par rapport à l’année 2018. Les morts violentes chez les femmes représentent 15,4 % du total de ces morts en 2019 et n’ont diminué que de 3,2 % par rapport à l’année 2018. La proportion de femmes parmi l’ensemble des victimes a augmenté depuis 2012, où elle s’élevait à 11,1 %, pour atteindre 15,4 % en 2019.

Les homicides ont diminué de 33,2 % au cours des quatre premiers mois de l’année 2020, en comparaison avec la même période de l’année précédente.

Le taux global de criminalité de l’année 2019 marque une hausse de 6,9 % par rapport à celui de 2018, principalement en raison de l’augmentation dans le domaine des extorsions : on en comptait 29 497 en 2018, et 31 540 en 2019. Plus inquiétant encore, en 2013, les extorsions représentaient 15 % de l’ensemble des crimes, mais en 2019, elles représentaient près de la moitié de l’ensemble des crimes recensés par le PNC.

En effet, les extorsions déclarées ont presque triplé depuis 2013, ce qui pourrait être dû en partie à une confiance accrue dans les institutions, à des améliorations des mécanismes de déclaration ou à une augmentation réelle de la criminalité.

Toutefois, à l’exception des extorsions, l’ensemble des crimes a marqué une baisse par rapport à l’année précédente. Historiquement, le nombre de blessures était supérieur au nombre d’homicides, mais en 2019, on comptait plus de déclarations d’homicides que de blessures.

En ce qui concerne les disparitions, le viol et la violence domestique, les femmes ont été plus affectées que les hommes.

En revanche, dans le domaine des vols, avec 51,1 victimes pour 100 000 habitants, 8 victimes sur 10 étaient des hommes. De plus, 7 victimes de vol sur 10 étaient âgées de 18 à 40 ans.

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Progrès en matière de justice, de droits de l’homme et de sécurité publique en Amérique centrale

Des pays comme le Salvador, le Honduras et le Guatemala sont confrontés à des défis constants dans la lutte contre l’insécurité, l’impunité et la corruption. Les responsables des politiques publiques ont besoin de réponses pour déterminer la façon la plus stratégique d’améliorer la gouvernance dans la région.

Comme l’explique WOLA, le Monitor Centroamericano (Observatoire d’Amérique centrale) se charge de collecter et d’analyser une série d’indicateurs qualitatifs et quantitatifs dans huit domaines clés liés à la sécurité publique, à la justice et aux droits de l’homme.

L’Observatoire fournit des graphiques et des rapports qui examinent les mesures que chaque pays met en œuvre pour renforcer l’état de droit et la sécurité publique.

Les données recueillies et analysées ont montré les tendances et les sujets de préoccupation dans la région, dont notamment :

  • Des progrès significatifs ont été réalisés dans toute la région en matière de lutte contre la corruption. Cependant, les problèmes persistent au niveau de la mise à jour ou des réformes de la législation existante et, dans certains cas, des lois rétrogrades ont même été adoptées. La capacité des trois pays à empêcher que la corruption ne persiste est une question particulièrement urgente mais difficile en pleine pandémie de COVID-19.
  • Bien qu’il existe des lois et des mécanismes de transparence, des synergies empêchent les agents publics et les institutions de publier des informations publiques de façon régulière. Par exemple, certaines des institutions examinées, à savoir les ministères responsables de la défense et de la sécurité publique, ne parviennent pas à mettre à la disposition du public des renseignements importants sur leur fonctionnement. Au Honduras, par exemple, l’organe chargé d’examiner les états financiers des fonctionnaires n’a aucun moyen de déterminer de manière proactive que les informations sont véridiques et exactes.
  • Un niveau d’impunité élevé persiste pour les crimes liés aux violations des droits de l’homme, aux homicides et aux menaces contre les défenseurs des droits de l’homme, bien que le Honduras et le Guatemala aient pris des mesures qui visent, en principe, à créer un environnement plus propice à l’exercice de la protection des droits de l’homme. Une tendance inquiétante doit être soulignée : celle de l’utilisation abusive du droit pénal pour tenter d’empêcher ou d’arrêter le travail des défenseurs des droits de l’homme. Au Honduras, entre 2014 et 2017, 141 défenseurs des droits de l’homme ont été assassinés.
  • Des lois spécialisées ont été adoptées afin d’aider à prévenir, à détecter et à combattre la violence et le crime organisé. Malgré une diminution du taux global d’homicides, la violence et l’insécurité demeurent au premier plan des préoccupations de la population. Au Salvador, neuf cas d’enlèvement sur dix pris en charge par le Ministère public ont été enregistrés et huit sur dix dans le cas des homicides.
  • Les systèmes de justice dans toute la région ne disposent pas des ressources humaines nécessaires et ils doivent faire face à des menaces qui compromettent leur indépendance. Ces problèmes compromettent la capacité des systèmes de justice à enquêter et à poursuivre les crimes de manière efficace. Par exemple, en 2014, au Guatemala, seulement 2 % des plaintes déposées auprès du Ministère public ont abouti à une condamnation.

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Existe-t-il des accords entre le Gouvernement salvadorien et les « Maras » ?

Il y a quelques jours, le journal salvadorien El Faro a rapporté que le déclin profond de la violence homicide au Salvador, fruit du gouvernement du président Nayib Bukele et son mérite principal en un peu plus d’un an au pouvoir, a été remis en question par une enquête journalistique qui l’attribue à un pacte conclu avec le gang « Mara Salvatrucha (MS13) ».

Les médias ont publié un rapport, citant des documents officiels et des déclarations d’un chef du gang, indiquant que le gouvernement est en négociations avec le MS13 depuis juin 2020 et que le pacte comprendrait des faveurs électorales pour les élections de 2021.

Les recherches du journal El Faro signalent que les négociations entre le gouvernement et les « Maras » comprennent le soutien politique de ces groupes au gouvernement établi en échange de la promesse d’abroger les lois et d’affaiblir le régime de sécurité maximale dans les prisons, si en février prochain le parti Nuevas Ideas, du président Nayib Bukele, prend le contrôle de l’Assemblée législative aux élections en choisissant les 84 députés et 262 gouvernements locaux.

Pendant ce temps, les données de la police entre le 1er janvier et le 2 septembre de cette année n’ont recensé que 829 homicides, ce qui représente une réduction d’environ 56 % par rapport aux 1871 morts violentes dans la même période de l’année 2019.

Si cette tendance se poursuit, El Salvador clôturerait 2020 avec environ 1200 homicides, à savoir un taux de 18 homicides pour 100 000 habitants, soit le taux le plus bas depuis 1994.

La nouveauté de ce dialogue avec les « Maras », déclarés groupes terroristes par la Cour suprême d’El Salvador, est que les voix qui dénoncent ces liens sont de plus crédibles au fur et à mesure que les preuves se consolident, causant des préoccupations au sein du Département d’État et du Congrès des États-Unis.

Malgré ces enquêtes journalistiques, le président salvadorien, Nayib Bukele, a récusé que son gouvernement ait conclu un pacte avec le gang « Mara Salvatrucha (MS13) » afin de réduire le nombre de meurtres en échange d’avantages criminels. M. Bukele a fait remarquer que ceux qui les accusaient de violer les droits de l’Homme des terroristes disent maintenant qu’on leur accorde des privilèges.

Le Président a rappelé les événements d’avril dernier, lorsque les « Maras » ont fait monter la moyenne quotidienne des homicides pendant quelques jours. À ce moment-là, le gouvernement salvadorien a ordonné aux prisons de détenir des membres des « Maras » 24 heures, de barricader les portes à barreaux avec des plaques métalliques afin d’empêcher la communication par signes, et de mélanger les membres des gangs dans leurs cellules sans tenir compte de leurs rivalités.

Pourtant, selon le journal El Faro, la décision de mélanger différents membres de gangs dans les prisons a été annulée à la suite de réunions entre des fonctionnaires et des responsables de structures criminelles. Le gouvernement nie ces affirmations.

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Davantage de cyberattaques pendant les six premiers mois de 2020 que pendant toute l’année 2019

Les profonds changements résultant de la pandémie de COVID-19, à savoir la hausse du télétravail et l’augmentation de l’activité des logiciels de rançon, ou ransomware, ont été les deux principaux moteurs de la montée des cyberattaques.

Une étude de l’entreprise CrowdStrike sur l’activité récente de leurs clients en matière de menaces sur les réseaux a montré davantage de tentatives d’intrusion au cours des six premiers mois de cette année qu’au cours de toute l’année 2019.

L’équipe chargée d’enquêter sur les menaces de ce fournisseur de sécurité informatique a bloqué environ 41 000 intrusions possibles entre le 1er janvier et le 30 juin de cette année, contre 35 000 pour l’ensemble de l’année dernière. Les intrusions survenues au cours des six premiers mois de 2020, durant desquelles un cybercriminel se livre activement à des activités malveillantes, ont été 154 % supérieures au nombre de menaces similaires observées par les enquêteurs de CrowdStrike en 2019.

Comme il fallait s’y attendre, l’une des causes les plus importantes de l’augmentation des menaces a été l’adoption rapide du télétravail en réponse à la pandémie de COVID-19. Cela a considérablement élargi la surface d’attaque dans de nombreuses organisations, un espace que les cybercriminels ont rapidement essayé d’exploiter.

Un autre facteur de déclenchement a été la disponibilité croissante des offres de ransomware en tant que service (RaaS) et l’augmentation des utilisateurs ayant des capacités d’attaque de réseau. Il y a eu une hausse notable des attaques de logiciel de rançon, qui ont également impliqué le vol de données sensibles et les tentatives ultérieures d’extorsion de fonds aux victimes en menaçant de rendre les données publiques.

Malgré toute l’attention que les groupes de cybermenaces et d’espionnage ont récemment suscitée, l’immense majorité des attaques réelles que CrowdStrike a bloquées au cours des six premiers mois de cette année avaient une motivation financière. En fait, 82 % des attaques détectées par les enquêteurs appartenaient à la catégorie criminalité électronique, contre 69 % en 2019.

Comme c’est le cas depuis un certain temps, les organisations des secteurs de la finance, de la technologie et des télécommunications se sont mobilisées et protégées plus que les organisations dans la plupart des autres secteurs. En outre, CrowdStrike a observé une montée spectaculaire de l’activité d’intrusion impliquant des entreprises manufacturières.

En effet, au cours du premier semestre de 2020, l’industrie manufacturière a été le deuxième secteur le plus souvent ciblé après le secteur technologique. D’après l’entreprise, la nature critique de la plupart des opérations de fabrication et la propriété intellectuelle ainsi que d’autres données détenues par les fabricants du secteur en font une cible de choix pour les attaquants ayant une motivation financière et d’autres cybercriminels.

Les autres secteurs qui ont connu une croissance de l’activité cybercriminelle étaient ceux de la santé, de l’alimentation et des boissons ainsi que les établissements d’enseignement.

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Disposer d’un écosystème de sécurité en Europe pouvant couvrir l’intégralité de la société est devenu une nécessité

Dans un monde toujours plus complexe, l’Union européenne est encore largement considérée comme l’un des endroits les plus sûrs au monde. C’est ce qui a été mis en lumière par le rapport de la Commission européenne au Parlement européen, au Conseil européen et au Comité des régions le 24 juillet de cette année.

La Commission invite le Parlement européen et le Conseil à approuver la stratégie de l’UE sur l’union de la sécurité comme base pour la coopération et l’action conjointe en matière de sécurité au cours des cinq prochaines années.

Le document explique que la mondialisation, la libre circulation et la transformation numérique continuent d’apporter une certaine prospérité, ce qui facilite notre vie, ainsi que la promotion de l’innovation et la croissance. Toutefois, outre ces avantages, il faut aussi prendre en compte les risques et les coûts inhérents. Les victimes du terrorisme, le crime organisé, le trafic de drogue et la traite des êtres humains représentent tous des menaces directes pour les citoyens et notre mode de vie européen.

Les cyberattaques et la cybercriminalité continuent d’augmenter. Les menaces concernant la sécurité sont également de plus en plus complexes :

  • Elles se nourrissent de la capacité du travail transfrontalier et des interconnexions.
  • Elles exploitent les frontières entre l’environnement physique et numérique.
  • Elles profitent des groupes vulnérables, des divergences économiques et sociales.
  • Les attaques peuvent arriver en un instant et peuvent laisser peu ou pas de traces.
  • Les acteurs étatiques et ceux non étatiques peuvent déployer une variété de menaces hybrides.
  • Ce qui se passe en dehors de l’UE peut avoir un impact critique sur la sécurité à l’intérieur de celle-ci.

La nouvelle stratégie de l’UE pour la sécurité introduit les bases d’un écosystème de sécurité qui englobe l’intégralité de la société européenne. Elle est fondée sur la connaissance du fait que la sécurité est une responsabilité partagée. En effet, la sécurité est un problème qui touche chacun d’entre nous. Tous les organismes gouvernementaux, les entreprises, les organisations sociales, les institutions et les citoyens doivent s’acquitter de leurs propres responsabilités afin de rendre nos sociétés plus sûres.

Les problèmes de sécurité doivent désormais aborder une perspective beaucoup plus large que par le passé. Il faut surmonter les fausses distinctions entre l’environnement physique et numérique. La stratégie de l’UE pour l’union de la sécurité réunit tout un éventail de besoins en matière de sécurité et se concentre sur les domaines les plus critiques pour la sécurité de l’UE dans les années à venir.

Elle reconnaît également que les menaces en matière de sécurité ne respectent pas les frontières géographiques, de même que l’interconnexion croissante entre la sécurité interne et la sécurité externe. Dans ce contexte, il sera important que l’UE puisse coopérer avec ses partenaires internationaux afin de mieux protéger l’ensemble de l’UE, et maintenir une étroite coordination avec l’action extérieure de l’UE dans la mise en œuvre de cette stratégie.

La sécurité européenne est liée à nos valeurs fondamentales. Toutes les actions et initiatives proposées dans cette stratégie respectent pleinement les droits fondamentaux et les valeurs européennes. Ce sont les fondements du mode de vie européen et ils doivent rester au cœur de toutes nos activités.

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Aucune amélioration de la sécurité des citoyens au Pérou

De récentes enquêtes sur la perception de la sécurité des citoyens menées par l’Institut d’études péruviennes (IEP) indiquent que la perception qu’ont les citoyens péruviens de la sécurité n’a pas changé entre 2015 et 2019.

Malgré les résultats de ces enquêtes, les statistiques de l’Institut national de la statistique et de l’informatique (INEI) péruvien présentent des données complètement différentes. Les enquêtes montrent que le pourcentage de personnes ayant été victimes d’actes criminels est passé de 36 % en 2013 à 27,5 % en 2018.

Bien que ces données puissent sembler contradictoires, les citoyens expriment qu’ils ont toujours peur. L’INEI a également publié les dernières données pour la période septembre 2018-février 2019 où il apparaît que 86,6 % des personnes interrogées pensent qu’elles seront victimes d’un acte criminel. Et ce chiffre passe à 89 % pour la tranche d’âge des 30-44 ans.

Si l’on étudie la perception de la sécurité par territoire, on trouve plusieurs régions où la part de la population craignant d’être victime d’un acte criminel est supérieure à 90 %, comme Arequipa avec 93,2 %, la province de Lima avec 92 %, ou encore Huancavelica avec 91,3 %.

Il est nécessaire de mener des études sérieuses et approfondies sur les causes et la perception de ce sentiment d’insécurité chez les citoyens. C’est d’ailleurs ce qu’exprime la sociologue Lucía Dammert dans une étude sur la perception de la sécurité au Pérou.

Lucía Dammert estime que les changements constants de ministres et de leurs collaborateurs, ainsi que la rotation de la direction au sein de la police nationale péruvienne rendent l’identification de stratégies politiques compliquée. En raison de ces changements constants, il est difficile de prendre en compte les différentes initiatives et priorités.

D’autre part, la présence policière est insuffisante et les citoyens ne se sentent pas protégés. La justice ne fonctionne pas non plus et les niveaux d’impunité sont élevés. Le système pénitentiaire ne punit pas et ne réhabilite pas. Ainsi, la police agit de façon sévère, ce qui ne constitue pas une politique efficace.

Il convient de noter que, malgré les niveaux élevés de violence domestique, en particulier contre les femmes, les citoyens identifient la rue comme un lieu où ils ont peur. Par conséquent, les citoyens choisissent de s’enfermer chez eux et de limiter leur vie dans la rue. Cette réalité devient un problème pour la coexistence démocratique.

De plus, la corruption est omniprésente dans les institutions. Ces dernières devraient fonder leur légitimité sur des actions efficaces et équitables. Dans le cas contraire, un sentiment général d’absence de protection se crée.

Enfin, le Pérou est le point culminant des principales routes du crime organisé, le pays assiste au développement de marchés illégaux dans le domaine de l’exploitation minière et forestière ou de la prostitution, par exemple, et n’adopte pas la moindre politique publique pour y faire face.

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