La Norvège veut dépénaliser la consommation de drogue

Le gouvernement norvégien a présenté une proposition au Parlement dans le but de dépénaliser la possession de petites quantités de drogue pour sa consommation personnelle, une mesure qui vise à remplacer les sanctions par l’aide. C’est une approche identique à celle proposée, par exemple, au Portugal.

La consommation et la détention de drogues illicites resteront illégales, mais au lieu d’être sanctionnées, les personnes en possession de petites quantités seront orientées vers un service de conseil obligatoire à l’échelle municipale, où elles recevront des informations sur les risques et conséquences négatives de la consommation de stupéfiants et où on leur proposera de l’aide, un traitement et un suivi.

L’exécutif norvégien, dirigé par le parti conservateur de la Première ministre, Erna Solberg, avec les libéraux et les démocrates-chrétiens, justifie ce changement en affirmant que plusieurs décennies de criminalisation ont montré que cette stratégie ne fonctionne pas et que la poursuite pénale des consommateurs contribue à la stigmatisation et à l’exclusion sociale. De plus, cela les dissuade de demander de l’aide par peur d’être sanctionnés.

Selon les dernières données officielles, en 2018, 286 personnes sont mortes des suites d’une overdose en Norvège, où le nombre de décès liés aux drogues proportionnellement à la population du pays est beaucoup plus élevé que la moyenne européenne.

Étant donné que de nombreux toxicomanes sont des polyconsommateurs, le texte précise qu’une personne peut être en possession de trois substances différentes maximum à la fois, à condition de pas dépasser le seuil fixé pour chacune d’entre elles. En revanche, la détention de quantités supérieures, ainsi que toute autre activité liée aux drogues illicites, telles que l’importation, la fabrication et la vente, restent passibles de sanctions pénales.

Le débat sur la dépénalisation de la consommation de drogue en Norvège a débuté en 2016. Le pays a fondé sa proposition de réforme de la politique relative à la drogue sur un rapport élaboré par un comité d’experts créé il y a deux ans par le Parlement, bien que les quantités autorisées aient été réduites pour ne pas faciliter le trafic ni l’accès. L’exécutif libéral-conservateur ne contrôle qu’une minorité du Parlement norvégien et aura donc besoin du soutien de l’opposition pour faire avancer la réforme, mais la position de tous les partis n’est pas claire. Parmi les opposants à la mesure figurent les démocrates-chrétiens, qui font partie de la coalition gouvernementale, bien que l’on s’attende à ce qu’ils votent en faveur de la réforme par loyauté.

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Le Conseil de l’Union européenne adopte de nouvelles règles sur la diffusion de contenus terroristes en ligne

L’Union européenne s’efforce d’empêcher les terroristes d’utiliser Internet pour radicaliser, recruter ou inciter à la violence. Le Conseil de l’Union européenne a adopté un règlement sur la diffusion de contenus terroristes en ligne.

L’objectif de la législation est d’éliminer rapidement le contenu terroriste en ligne et d’établir un instrument commun pour tous les États membres à cet effet. Les règles s’appliquent aux prestataires proposant des services dans l’Union européenne, que leur siège se trouve dans un État membre ou non.

La radicalisation et l’incitation à la violence via les réseaux sociaux et les plateformes vidéo, ainsi que la transmission en direct, se font de plus en plus fréquentes lors des attaques terroristes. Avec les nouvelles règles adoptées par le Conseil, les autorités policières disposent d’un instrument efficace pour faire face à cette menace.

La coopération volontaire avec les prestataires de services se poursuivra, mais la législation fournira des outils supplémentaires pour permettre aux États membres d’appliquer le retrait rapide de contenu terroriste si nécessaire.

Les autorités compétentes des États membres pourront délivrer des ordres d’élimination aux prestataires de services, éliminer le contenu terroriste ou désactiver l’accès pour tous les États membres. Les prestataires de services devront supprimer ou désactiver l’accès au contenu dans un délai d’une heure.

Les prestataires de services exposés à des contenus terroristes devront prendre des mesures spécifiques pour lutter contre l’utilisation abusive de leurs services et les protéger contre la diffusion de contenus terroristes. La décision concernant le choix des mesures appartient au prestataire de services.

La législation prévoit également une portée claire et une définition uniforme et précise du contenu terroriste pour un respect intégral des droits fondamentaux. Elle comprend également des solutions efficaces tant pour les utilisateurs dont le contenu a été supprimé que pour les prestataires de services qui présentent une réclamation.

L’adoption de la position du Conseil en première lecture fait suite à un accord provisoire sur le texte conclu entre la présidence du Conseil et le Parlement européen le 10 décembre 2020. L’action juridique doit être adoptée par le Parlement européen en deuxième lecture avant d’être publiée au Journal officiel de l’Union européenne. Le règlement entrera en vigueur à compter du vingtième jour suivant sa publication et commencera à s’appliquer un an plus tard.

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Le Mexique veut légaliser la marijuana

Les législateurs mexicains ont adopté, il y a quelques semaines, un projet de loi visant à légaliser la marijuana récréative, un véritable jalon pour un pays qui est plongé dans une guerre contre la drogue et qui pourrait devenir le plus grand marché mondial de cannabis, laissant, le cas échéant, les États-Unis entre deux pays vendeurs de marijuana, le Canada et le Mexique.

Le vote à la Chambre des députés, 316 contre 129, a eu lieu plus de deux ans après que la Cour suprême du Mexique eut statué que l’interdiction de la marijuana récréative dans le pays était inconstitutionnelle, et plus de trois ans après la légalisation du cannabis médical.

La mesure permettrait aux utilisateurs de fumer de la marijuana et, avec une autorisation, de faire pousser un petit nombre de plants de cannabis pour un usage personnel. Elle permettrait aussi d’accorder des licences aux producteurs, des petits agriculteurs aux producteurs commerciaux, pour cultiver et vendre la récolte.

Si la mesure est approuvée, le Mexique rejoindra le Canada et l’Uruguay sur une liste restreinte mais croissante de pays qui ont légalisé la marijuana sur le continent américain, ce qui ajouterait un nouvel élan au mouvement contre les interdictions dans la région. Aux États-Unis, les démocrates du Sénat ont également promis de supprimer cette année l’interdiction fédérale contre la drogue.

Les experts en sécurité s’accordent sur l’idée que l’impact de la loi sur la violence sera probablement minime : selon les affirmations, avec 15 entités américaines qui ont légalisé la marijuana, la culture de cette plante ne représente aujourd’hui qu’une partie infime du trafic de drogue mexicain, les cartels se concentrant sur des produits plus rentables tels que le fentanyl et les méthamphétamines.

Les défenseurs de la dépénalisation de la marijuana estiment que le projet de loi a une portée trop limitée, bien qu’il représente une avancée symbolique dans l’effort visant à mettre fin à une guerre contre la drogue qui a coûté plus de 150 000 vies.

Le projet de loi stipule que les petits agriculteurs et les autochtones ont la priorité dans l’octroi de licences ; cependant, il stipule seulement que ces groupes vulnérables peuvent recevoir plus d’une licence.

Avec plus de 120 millions d’habitants, le Mexique représenterait le plus grand marché de marijuana au monde par rapport à sa population. La culture pourrait devenir un commerce important dans le pays, une impulsion financière potentielle pour une économie fortement frappée par la crise du coronavirus.

Certains militants craignent que la loi ne favorise les grandes entreprises en leur donnant accès à toute la chaîne d’approvisionnement en marijuana, de la graine à la vente, éloignant ainsi les petits producteurs et vendeurs du marché lucratif.

Le projet de loi permettrait aux consommateurs individuels de transporter jusqu’à 28 grammes de marijuana et cultiver six plants de cannabis destinés à un usage personnel. Le cannabis pourrait également être acheté par les plus de 18 ans dans des entreprises autorisées et cultivé à plus grande échelle par des groupes agréés. La marijuana médicale, que le Mexique a légalisée en 2017, serait réglementée séparément par le ministère de la Santé.

Les militants locaux affirment que les restrictions à la possession limiteront l’impact du projet de loi, en particulier pour les consommateurs à faible revenu, qui pourraient être victimes d’extorsion de la police, pratique courante au Mexique.

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Une technologie de reconnaissance faciale déclarée illégale au Canada

La pratique controversée de la société Clearview consistant à collecter et à vendre des millions d’empreintes faciales a fait face à une forte opposition de la part d’un commissaire canadien.

Clearview, fondée en 2017 par l’homme d’affaires australien Hoan Ton-Thatand, travaille à la collecte d’« empreintes faciales », des identifiants biométriques uniques similaires aux empreintes digitales ou au profil ADN de chaque individu, à partir de photos que les personnes publient en ligne.

Les autorités canadiennes ont déterminé que la collecte de données de reconnaissance faciale par Clearview était illégale parce qu’elle enfreignait les lois fédérales et provinciales sur la confidentialité. Il s’agit d’une victoire pour la confidentialité personnelle qui pourrait créer un précédent pour d’autres défis juridiques concernant cette technologie.

Une enquête conjointe menée par les autorités sous la direction du Bureau du commissaire du Canada a abouti à cette conclusion, affirmant que la société basée à New York, qui rassemblait des milliards d’images de personnes provenant d’Internet, représentait une surveillance massive, transgressant ainsi certains droits de confidentialité des Canadiens.

En outre, l’enquête a révélé que Clearview avait recueilli des informations biométriques très sensibles à l’insu et sans le consentement des personnes concernées. Par la suite, elle a utilisé et diffusé ces informations personnelles à des fins inappropriées, qui le resteraient même si ces personnes y avaient consenti.

Depuis 2019, la société a été confrontée à des défis juridiques liés à ses pratiques technologiques et commerciales, qui font partie d’une question plus vaste sur les technologies de reconnaissance faciale développées par une multitude d’entreprises, notamment Microsoft et IBM.

Jusqu’à présent, Clearview a accumulé dans une base de données des milliards d’empreintes faciales, qu’elle vend à ses clients. Elle permet également d’accéder à une application pour smartphones permettant aux clients d’utiliser la photo d’une personne inconnue pour recevoir instantanément un ensemble de photos correspondantes.

L’un des arguments les plus importants en faveur de sa société que Hoan Ton-Thatand a avancé dans les rapports publiés est qu’il y a un grand avantage à utiliser sa technologie pour faire respecter la loi et la sécurité nationale, ce qui dépasse les préoccupations de respect de la vie privée. En outre, Clearview ne serait pas en faute si les forces de police n’utilisaient pas correctement sa technologie.

Cette décision au Canada aidera probablement à prendre d’autres décisions juridiques non seulement sur la technologie de Clearview, mais également sur la reconnaissance faciale en général. En mai 2020, l’association American Civil Liberties Union a poursuivi Clearview pour atteinte à la vie privée dans l’Illinois, une affaire toujours en cours. Les législateurs américains ont également proposé l’interdiction nationale de la reconnaissance faciale.

La technologie soulève également des questions d’inégalité liée à l’ethnicité et de possibilité de fausses accusations contre des innocents. En décembre, deux hommes noirs ont intenté une action en justice contre la police du Michigan, faisant valoir qu’ils avaient été faussement identifiés par la technologie de reconnaissance faciale, en particulier par le logiciel de reconnaissance faciale DataWorks Plus, utilisé par la police d’état du Michigan.

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Des policiers américains travaillent avec un chien robot

Plusieurs services de police des États-Unis ont déployé le chien robot cyber-K-9 dans différentes situations, comme par exemple lors de prises d’otages. Les partisans de leur utilisation disent que les robots peuvent aider à maintenir les policiers hors de danger, alors que les opposants s’inquiètent de la manière dont ils pourraient être utilisés sans directives politiques claires.

Il s’agit d’un robot équipé de caméras, de lumières et d’un système de communication bidirectionnel qui permet à l’agent qui le contrôle de voir et d’écouter son environnement en temps réel. Les services de police de New York (NYPD) ont acquis le robot en décembre 2020 et l’ont utilisé, jusqu’à présent, trois fois en service actif. La dernière utilisation remonte à quelques jours seulement, lorsqu’il a gravi les escaliers d’un appartement du Bronx à la recherche de deux suspects dans le cadre d’une enquête en cours.

Le robot, commercialisé sous le nom « Spot » par la société de robotique Boston Dynamics, coûte 74 000 dollars. Les agents de la police de New York ont déclaré qu’il s’agit d’une nouvelle technologie prometteuse qui pourrait sauver des vies et réduire les risques pour les policiers, collectant des informations dans des lieux à risque et éliminant la nécessité d’envoyer des humains dans des situations compliquées (l’automne dernier, par exemple, il a été utilisé pour envoyer de la nourriture lors d’une prise d’otages dans le Queens).

La police de New York a expliqué via Twitter qu’elle utilise des robots depuis les années 70 pour sauver des vies lors de prises d’otages et d’incidents préjudiciables. Ce modèle de robot est testé pour évaluer ses capacités par rapport aux autres modèles utilisés par les services d’urgence et les pompiers.

Le déploiement de cette technologie pour la surveillance policière soulève également d’autres questions, selon Jay Stanley, analyste politique principal de l’association American Civil Liberties Union. Le robot pourrait-il être autonome ? Est-ce un bon investissement à un moment où les communautés remettent en question les relations entre les policiers et les citoyens ?

L’une des questions est de savoir si la police sera transparente, aura des politiques claires pour utiliser cette technologie et veillera à ce que le public fasse partie de la conversation à chaque étape du processus.

Boston Dynamics, le fabricant du robot, a déclaré qu’une clause avait été ajoutée dans le contrat, précisant que Spot ne peut pas être utilisé pour causer des dommages physiques ou intimider les civils.

Le département de police d’Honolulu utilise un Spot principalement pour prendre des mesures dans une zone de tentes pour sans-abri pendant la pandémie de COVID-19. Cette utilisation a également fait sensation, pour différentes raisons : le chien robot a été acheté avec environ 150 000 dollars d’aide fédérale pour le coronavirus, selon le site Honolulu Civil Beat.

John McCarthy, directeur adjoint de la police de New York, a déclaré dans un communiqué que le robot avait d’autres utilisations liées à la pandémie, notamment les images thermiques et la livraison de nourriture et de médicaments.

Actuellement, une grande partie de ce travail est effectuée par des agents, dont certains sont payés en heures supplémentaires. À long terme, le robot Spot permettra d’économiser de l’argent et maintiendra les agents hors de danger.

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Le projet « Police intelligente » est mis en place en Grèce

La police grecque disposera bientôt de nouveaux dispositifs qui lui permettront d’effectuer une reconnaissance faciale et une identification des empreintes digitales en temps réel, en dehors des locaux de police.

Le plan de déploiement de cette nouvelle technologie s’inscrit dans le cadre du projet « Police intelligente ». Annoncé en 2017, ce projet de 4,5 millions d’euros vise à permettre à la police d’identifier les citoyens et de vérifier leur identité lors de contrôles ou d’arrestations. La plupart des coûts du projet (75 %) sont couverts par le Fonds pour la sécurité intérieure (FSI) de la Commission européenne.

À l’heure actuelle, les citoyens qui ne sont pas en mesure de fournir de document d’identification lorsque la police les arrête dans les rues de Grèce doivent être transférés au poste de police le plus proche pour vérifier leur identité. Les nouveaux dispositifs permettront de gagner du temps en ce qui concerne l’identification des citoyens, puisqu’elle se fera en temps réel.

L’objectif de la police grecque est d’effectuer des vérifications en temps réel concernant les personnes, les véhicules et les objets. Cela améliorera la sécurité des agents de police, réduira les inconvénients pour les citoyens et permettra d’économiser des ressources humaines et matérielles.

La police grecque distribuera initialement au moins 1 000 dispositifs électroniques, avec la possibilité d’en livrer 9 000 autres cet été, si le système s’avère efficace.

Les dispositifs, similaires à des smartphones, sont connectés à 20 bases de données différentes appartenant à des autorités nationales et internationales, telles que le ministère des Transports et le ministère des Affaires étrangères de Grèce, Europol, le FBI et Interpol.

En mars 2020, Homo Digitalis, une organisation à but non lucratif de défense des droits numériques en Grèce, a soumis une demande à l’Autorité grecque de protection des données (APD) pour exprimer ses inquiétudes quant à la légalité du projet « Police intelligente ».

Homo Digitalis a fait valoir qu’il est très probable que la police grecque enfreigne les lois de l’Union européenne relatives au traitement des données à caractère personnel prévues dans la Constitution grecque, les lois nationales liées au Règlement général sur la protection des données (RGPD) et la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne.

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Quelles sont les causes du pire massacre carcéral d’Équateur ?

Les chiffres sont effrayants, et les images des violences qui ont éclaté fin février dans plusieurs prisons équatoriennes donnent la chair de poule.

Au moins 79 détenus sont morts dans des affrontements entre membres de gangs rivaux mutinés dans les prisons de Cuenca, Guayaquil et Latacunga. On relève également la cruauté et la violence extrêmes de ces membres de gangs, illustrées par les images de corps décapités et démembrés circulant sur les réseaux sociaux.

Pour le pays d’Amérique du Sud, la violence dans les prisons n’est pas un problème nouveau. Pour la contenir, le président équatorien, Lenín Moreno, a déclaré l’état d’urgence dans les prisons du pays deux fois ces deux dernières années. Alors, qu’est-ce qui a mené au pire massacre carcéral de l’histoire de l’Équateur ?

D’une part, le trafic de stupéfiants dans le pays a augmenté. Plus du tiers de la drogue produite en Colombie transite par l’Équateur avant d’atteindre l’Europe et les États-Unis. Ce que se disputent les gangs équatoriens n’est pas négligeable, car ces dernières années, l’Équateur est devenu l’autoroute de la cocaïne vers les États-Unis et l’Europe. Cela est dû au changement de stratégie des trafiquants de drogue colombiens, qui fait que plus du tiers de la production croissante de cocaïne de la Colombie passe désormais par l’Équateur.

D’autre part, l’austérité a affecté les prisons. L’augmentation du trafic de stupéfiants s’est traduite par une hausse de la population carcérale en Équateur, qui n’a pas coïncidé avec une amélioration des capacités de garde et de surveillance. De plus, dans le cadre des plans d’austérité convenus avec le FMI, ces secteurs ont également été affectés par des réductions budgétaires, générant, à l’époque, une vague de protestations.

En outre, le gouvernement a dû recourir à l’armée pour faire face à la violence dans les prisons. Le manque de ressources a pour conséquence un déficit de 70 % du personnel chargé d’assurer la sécurité des prisons. Ce chiffre signifie qu’un gardien doit surveiller près de 27 détenus en moyenne, alors que la norme internationale recommande une proportion d’un gardien pour 9 détenus. Cela explique en partie la relative impunité avec laquelle les trafiquants de drogue opèrent depuis les prisons, ainsi que l’abondance d’armes dans les centres pénitentiaires.

Enfin, la surpopulation carcérale continue d’entraver la bonne gestion des prisons équatoriennes. Selon le Comité permanent pour la défense des droits de l’homme (CDH), la capacité de l’ensemble des prisons en Équateur est de 28 500 personnes. Cependant, au mois de mai 2019, lorsque l’état d’urgence dans les prisons a été décrété pour la première fois, le nombre de détenus était de 41 836. Il y avait donc une surpopulation de 42 %.

Comme l’explique l’organisation InSight Crime, la surpopulation carcérale est un phénomène régional qui entraîne des problèmes en matière de respect des droits de l’homme et un manque de contrôle sur les systèmes pénitentiaires. Le fait que des membres de gangs rivaux aient dû être emprisonnés dans les mêmes centres pénitentiaires a également contribué aux affrontements sanglants dans les prisons.

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Le monde est-il prêt pour les drones à reconnaissance faciale ?

Alors que des entreprises de surveillance israéliennes sont en train de développer certains des premiers drones dotés de capacités de reconnaissance faciale avancées, la police américaine estime déjà qu’elle ajoutera bientôt cette technologie controversée à ses aéronefs sans équipage.

Signe de l’arrivée imminente de l’identification biométrique par voies aériennes, une start-up israélienne précédemment financée par Microsoft a breveté des technologies de reconnaissance faciale à partir de drones. AnyVision, basée à Tel-Aviv, a déposé une demande de brevet qui détaille la technologie permettant à un drone de trouver les meilleurs angles pour la reconnaissance faciale, avant de chercher une correspondance avec la cible en se référant aux visages stockés dans une base de données.

Le brevet vise à éliminer certaines des complexités de la reconnaissance faciale à partir d’aéronefs. Plusieurs problèmes évidents se posent lorsque l’on tente d’identifier quelqu’un à partir d’un drone : trouver un angle permettant de capturer correctement un visage, et obtenir des images de bonne qualité pendant que la personne est en mouvement. Ces problèmes font qu’il est beaucoup plus difficile d’obtenir des résultats via un drone qu’à partir d’images statiques.

Aux États-Unis, les agences militaires s’efforcent de trouver des solutions, comme le projet de reconnaissance faciale tactique avancée à distance du SOCOM (Commandement des opérations spéciales) ou l’initiative pour la reconnaissance biométrique, l’identification biométrique et l’identification à altitude et à portée biométriques de l’IARPA (Activité de projets de recherche avancée en renseignement).

Mais le secteur privé pourrait bien les prendre de vitesse. En décembre 2020, il a été révélé que la direction d’AnyVision s’était associée au fournisseur de la défense israélienne pour former une nouvelle entreprise commune appelée SightX. Lors des démonstrations fournies aux médias israéliens fin 2020, les petits drones de SightX ne disposaient encore d’aucune capacité de reconnaissance faciale, et les dirigeants avaient déclaré que cette fonctionnalité serait bientôt prête. On ignore si cette technologie sera exclusivement réservée aux militaires ou si elle sera vendue aux services de police.

Ce qui est clair, c’est que la technologie est prête à être lancée. Avi Golan, directeur général d’AnyVision, a déclaré à Forbes que, bien que sa société ne produise pas encore de drones à reconnaissance faciale, cela se concrétiserait rapidement. Il a souligné que les drones de livraison ont besoin de la reconnaissance faciale pour déterminer s’ils sont parvenus au bon destinataire. Amazon a déjà breveté une technologie similaire, indiquant des projets potentiels pour sa flotte expérimentale de livraison par drones.

En ce qui concerne les drones de police à reconnaissance faciale aux États-Unis, même si les services de police n’ont pas l’intention de les déployer immédiatement, ils devraient bientôt faire leur apparition.

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La France va ouvrir une consultation sur la réforme des forces de l’ordre

Le président français, Emmanuel Macron, s’apprête à lancer une grande consultation nationale dans le but d’obtenir l’opinion des citoyens, des syndicats, des politiques et des experts extérieurs sur une future réforme de la police et de la gendarmerie.

La réforme viserait, entre autres, à améliorer les conditions de travail des forces de l’ordre, renforcer la sécurité intérieure et restaurer la confiance détériorée entre agents et citoyens.

En pleine polémique sur le racisme et la violence de la police, et face aux critiques sévères sur la loi Sécurité globale, Macron a promis aux citoyens une grande consultation nationale sur la réforme de la police et la gendarmerie, à laquelle participeront syndicats de police, ministres, politiques et experts internationaux. Cette consultation, qui durera jusqu’en mai, devrait poser les bases d’une future loi de programmation de la sécurité intérieure pour 2022.

La consultation durera environ quatre mois et abordera notamment le rapport entre la police et les citoyens, la formation des agents, les relations entre la police et la justice, le maintien de l’ordre, l’enregistrement de vidéos lors d’interventions policières, la réforme de l’IGPN et l’amélioration des moyens matériels et humains.

Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, ne pense pas qu’il existe un fossé entre la police et les Français, comme l’affirment certains analystes et politiques. Il espère que la réforme permettra de traiter ce qu’il a appelé les « sept péchés capitaux » de la police. Parmi ces « péchés », on relève la durée insuffisante de la formation initiale et continue des policiers et gendarmes français : huit mois, contre trois ans au Danemark. En outre, de nombreux policiers débutants sont d’abord affectés dans les quartiers les plus conflictuels des grandes villes, sans être correctement formés à cette fin, et ne reçoivent pas de soutien ni de moyens suffisants de la part de leurs supérieurs.

Une réforme en profondeur de l’Inspection générale de la Police nationale (IGPN), l’équivalent des affaires intérieures dans d’autres pays, devrait également être entreprise. La « police des polices » est souvent accusée d’opacité et de manque d’indépendance, ce qui contribue à la présence d’un sentiment d’impunité pour les crimes commis par des agents.

Les Français sont divisés en ce qui concerne les violences policières. 42 % considèrent que ces accusations correspondent à la réalité, alors que le même pourcentage estime qu’il s’agit de faits marginaux ou inexistants. Il en va de même pour les plaintes concernant le racisme policier. 43 % pensent qu’il s’agit de faits isolés et 39 % pensent que le racisme existe au sein des forces de l’ordre.

Les policiers, pour leur part, se plaignent des faibles salaires, de la surcharge de travail, du manque de moyens et de la vague de suicides dans la police. Les agents, en alerte permanente depuis les attaques islamistes récurrentes de 2015, sont devenus la cible de manifestants violents, comme l’ont illustré les protestations des « gilets jaunes » ou d’autres, plus récemment. En 2020, 11 agents des forces de l’ordre ont perdu la vie en service et 8 700 policiers et gendarmes ont été blessés, selon des données officielles.

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