INTERPOL organise un exercice anti-drones de grande envergure

Interpol et la police norvégienne ont effectué un exercice anti-drones de trois jours. Il visait à tester et évaluer des mesures anti-drones dans un espace aérien sûr de la capitale norvégienne.

L’exercice s’est déroulé à la fin du mois de septembre, à Oslo, dans des conditions réelles. Les forces de l’ordre, les universitaires et les experts du secteur privé d’Europe, d’Israël et des États-Unis ont participé à cet exercice. Ils ont testé et évalué 17 mesures anti-drones destinées à assurer la sécurité de l’environnement aéroportuaire en détectant, en suivant et en identifiant les drones et leurs pilotes.

Ces systèmes s’avèrent indispensables pour garantir la sécurité des aéroports et des espaces aériens, mais aussi pour protéger les zones d’exclusion aérienne au-dessus des villes, des prisons et des infrastructures critiques.

Des critères spécifiques ont été utilisés pour évaluer et classer toutes ces mesures. Interpol utilisera ces évaluations et ce classement dans un cadre de mesures anti-drones. Les forces de l’ordre des 194 pays membres d’Interpol auront accès à ce cadre afin de créer une plateforme mondiale de collaboration et d’échange de connaissances.

C’est à l’aéroport d’Oslo-Gardermoen, alors en pleine activité, que s’est réalisé l’exercice. En raison de la complexité de l’exercice, il a fallu s’assurer que tous les systèmes et tests étaient conformes aux normes requises et n’affectaient pas le bon fonctionnement de l’aéroport. Cela a nécessité une étroite collaboration avec l’autorité norvégienne des communications, l’entité de gestion de l’aéroport (Avinor), la direction générale de l’aviation civile et l’organisation de systèmes aériens sans pilote UAS Norway.

Dans le but de recueillir des preuves, des ateliers et des présentations sur les incursions de drones ont également été organisés, en plus des exercices. Ces séances ont permis aux participants d’échanger de bonnes pratiques et d’aborder des solutions potentielles au problème des incursions de drones.

Les mesures anti-drones gagneront en importance à mesure que les pays membres réglementeront l’utilisation des drones et la gestion de l’espace aérien, car cela est indispensable pour protéger l’espace aérien.

Ces mesures permettent de détecter, d’identifier et de localiser les drones dans une zone définie. Cependant, de nombreux pays n’ont pas de réglementation grâce à laquelle les autorités pourraient intercepter un drone en plein vol. Les forces de l’ordre, les administrations publiques et les gestionnaires de l’espace aérien sont face à un défi de taille. Cela met en évidence le besoin de mieux comprendre le danger que représentent les drones et de disposer de lignes directrices et de mécanismes pour transmettre les informations.

Le Centre d’innovation d’Interpol participe au projet Courageous. Financé par l’Union européenne, ce dernier a pour but de créer un cadre européen pour la sélection, les tests et l’évaluation de mesures anti-drones à des fins policières.

Le Centre d’innovation a publié en mai 2020 le Cadre d’intervention en cas d’incident lié à un drone à usage des laboratoires de criminalistique numérique et des équipes de premiers intervenants. De plus, il réunit chaque année des acteurs clés du monde entier sur la plateforme d’Interpol liée aux drones.

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La police britannique appelle à en finir avec la culture de groupe machiste au sein des forces de l’ordre

La police britannique demande à mettre fin à la culture de groupe machiste, sexiste, misogyne et homophobe qui existe au sein des forces de police afin de tenter de regagner la confiance de l’ensemble des citoyens.

John Apter, président de la Fédération de la police d’Angleterre et du Pays de Galles, qui représente plus de 130 000 agents des forces de l’ordre, a reconnu que les forces de police britanniques avaient un comportement problématique, imposant aux femmes policières des surnoms sexistes et des remarques désobligeantes. Il a ajouté que cela devrait déjà être de l’histoire ancienne, selon la publication du Sunday Times d’il y a quelques jours.

M. Apter estime que le maintien de la confiance de la société dans la police est essentiel et qu’il faut donc admettre le problème afin de pouvoir le traiter.

Après la condamnation de Wayne Couzens pour le meurtre de Sarah Everard, 33 ans, Susannah Fish, ancienne cheffe de police du Nottinghamshire, a qualifié la police d’institutionnellement misogyne. Mme Fish a déclaré qu’elle avait elle-même été agressée sexuellement par des collègues lorsqu’elle était dans la police. Le changement culturel n’est jamais facile, et cela n’est pas propre à la police, mais cette difficulté ne veut pas dire qu’il ne faut pas essayer. Ne rien faire n’est pas une option.

Wayne Couzens a été condamné à la réclusion à perpétuité pour l’enlèvement, le viol et le meurtre de Sarah Everard. Elle avait disparu alors qu’elle rentrait chez elle depuis le domicile d’un ami dans le sud de Londres. Wayne Couzens s’était servi de son badge et ses menottes pour enlever la jeune femme, car il était alors en service.

M. Apter a déclaré que la société faisait moins confiance à la police depuis ce terrible meurtre. L’ensemble des forces de police doit y faire face. Ces événements ne peuvent pas être considérés simplement comme les actions d’un homme affreux qui mérite de passer le reste de sa vie en prison.

Le sexisme et la misogynie n’ont absolument pas leur place dans les services de police, et cela doit être démontré par les mots autant que par les actes.

Cinq officiers de police issus de quatre forces différentes font l’objet de mesures disciplinaires à cause de certains messages qu’ils ont partagés sur les réseaux sociaux au sujet du meurtrier de Sarah Everard, selon le Bureau indépendant pour la conduite de la police.

M. Apter a fait remarquer que la misogynie pose problème à tout le monde, et non pas uniquement aux femmes. Ces événements sont trop souvent passés sous silence. C’est faire défaut aux autres et à la société que de ne pas agir.

Cette culture de groupe où les injures machistes et les remarques désobligeantes ont cours devrait déjà être de l’histoire ancienne. Il faut réagir lorsque les plaisanteries deviennent machistes, homophones ou dégradantes, car c’est à ce moment-là qu’elles cessent d’être de simples plaisanteries.

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Lancement d’une campagne de sensibilisation aux achats en ligne sécurisés à l’approche d’une période de hausse des ventes

Au mois de novembre, Europol lance la campagne de sensibilisation #SellSafe dans le cadre d’une série d’initiatives en matière de protection des acheteurs et des commerces en ligne pendant les dates où un pic des ventes est attendu.

Les acheteurs en ligne doivent faire preuve d’une vigilance accrue, car les groupes de crime organisé adaptent continuellement leurs méthodes de fraude en ligne pour escroquer les particuliers et les entreprises ayant recours à l’e-commerce.

Depuis le début de la pandémie, beaucoup d’entreprises ont dû passer au commerce sur Internet pour pouvoir poursuivre leurs activités. Par ailleurs, les particuliers utilisent maintenant des services en ligne plusieurs fois par semaine et font de plus en plus leurs achats sur Internet, ce qui offre aux criminels beaucoup plus de possibilités d’attaques.

De nouvelles technologies, comme l’authentification sécurisée du client ou la vérification en deux étapes, ont permis de sécuriser les achats en ligne. Cependant, les cybercriminels trouvent encore des moyens de s’emparer de l’argent des acheteurs en ligne.

À la suite du succès de la campagne de l’année dernière, Europol a lancé la campagne #SellSafe, en collaboration avec le Merchant Risk Council et les pays participants, afin de faire connaître davantage les principales techniques de lutte contre la fraude en ligne. Cette campagne vise à aider les nouveaux commerçants à ouvrir leur première boutique en ligne en réduisant les risques de cyberattaques et à promouvoir les méthodes sécurisées d’achat en ligne, pour un e-commerce plus sûr.

Les pays participants feront la promotion de la campagne sur leurs réseaux sociaux avec le hashtag #SellSafe pour permettre aux acheteurs de mieux comprendre les risques de fraude liés à l’e-commerce.

Europol donne des conseils utiles pour garder une longueur d’avance sur les fraudeurs et éviter qu’ils ne dérobent l’argent des acheteurs.

Conseils pour protéger un commerce en ligne :

• Assurez-vous que tous les employés sont conscients des problèmes de fraude qui concernent les boutiques en ligne.

• Restez à jour sur les types de fraude aux paiements qui touchent les entreprises et veillez à disposer d’outils de prévention de ces fraudes. Votre banque pourra vous fournir plus d’informations sur les différents types de fraude aux paiements.

• Apprenez à connaître vos clients afin de pouvoir vérifier leurs paiements.

Conseils destinés aux acheteurs en ligne :

• N’envoyez jamais votre numéro de carte, votre code de carte ni aucune information relative à votre carte bancaire à quiconque par e-mail.

• N’envoyez jamais d’argent à une personne que vous ne connaissez pas.

• Conservez toujours tous les documents relatifs à vos achats en ligne.

• Si vous ne faites pas d’achat, ne communiquez jamais les détails de votre carte à quiconque.

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12 personnes arrêtées pour leur implication dans des attaques de malware contre d’importantes infrastructures

Une opération de police à laquelle ont collaboré pas moins de huit pays a permis d’arrêter un total de 12 individus, dont les attaques de rançongiciels, ou ransomware, contre d’importantes infrastructures avaient fait des ravages dans le monde entier.

On estime que ces attaques ont touché plus de 1800 victimes dans 71 pays. Ces cybercriminels sont connus pour cibler spécifiquement les grandes entreprises, ce qui leur permet d’optimiser plus facilement les profits de leurs activités.

Les arrestations ont eu lieu fin octobre en Ukraine et en Suisse. La plupart de ces suspects étaient considérés comme des cibles de haute importance car ils faisaient l’objet d’enquêtes parallèles dans plusieurs affaires à forte visibilité et relevant de différentes juridictions.

L’action de la police a entraîné la saisie de plus de 52 000 USD en espèces et 5 véhicules de luxe. Des experts en informatique examinent actuellement divers appareils électroniques à la recherche de preuves et de nouvelles pistes à suivre.

Dans ces organisations criminelles très structurées, chaque suspect avait un rôle différent. Certains de ces criminels avaient recours à de nombreuses méthodes d’exploitation des vulnérabilités des réseaux : diverses attaques, des injections SQL, le vol d’informations d’identification, ou encore des e-mails de phishing contenant des pièces jointes infectées par des logiciels malveillants.

Une fois sur le réseau, ils cherchaient à gagner plus d’accès à des fins criminelles tout en évitant d’être détectés, par le déploiement de logiciels malveillants tels que Trickbot, ou de cadres de post-exploitation tels que Cobalt Strike ou PowerShell Empire.

Ils infiltraient ensuite les système compromis, plusieurs mois pouvant s’écouler sans qu’ils ne soient détectés, et recherchaient d’autres faiblesses sur les réseaux, avant de monnayer l’infection par la mise en œuvre d’un rançongiciel. Ces criminels sont connus pour avoir déployé les ransomware LockerGoga, MegaCortex et Dharma, entre autres.

Les criminels avaient eu le temps d’explorer les réseaux informatiques en passant inaperçus, c’est pourquoi les attaques de rançongiciels ont eu des effets dévastateurs. Ils ont ensuite présenté une demande de rançon à la victime, exigeant un paiement en bitcoins en échange de clés de décryptage.

On soupçonne que plusieurs des individus arrêtés étaient responsables du blanchiment des rançons versées et qu’ils acheminaient ces rançons en bitcoins par l’intermédiaire de divers services, avant de toucher les profits illicites.

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150 personnes arrêtées et 26 millions d’euros saisis lors d’une opération de police ciblant le dark Web

Dans le cadre d’une opération internationale coordonnée à laquelle ont participé neuf pays, les forces de police à travers le monde ont arrêté 150 personnes impliquées dans l’achat et la vente de biens illicites sur le dark Web.

Cette opération a permis de saisir 26,7 millions d’euros (31 millions de dollars) en espèces et en monnaies virtuelles, ainsi que 45 armes à feu et 234 kg de drogue. Les drogues saisies incluaient 152 kg d’amphétamines, 27 kg d’opioïdes et plus de 25 000 pilules d’ecstasy.

Europol et Eurojust ont dirigé la collaboration de cette opération, appelée Dark HuntTOR, avec une série d’actions différentes, mais complémentaires menées en Australie, en Bulgarie, en France, en Allemagne, en Italie, aux Pays-Bas, en Suisse, au Royaume-Uni et aux États-Unis.

L’opération Dark HuntTOR a été créée à la suite du retrait, plus tôt cette année, de DarkMarket, le plus grand marché illégal du monde sur le dark Web. Les autorités allemandes ont alors arrêté l’opérateur présumé du marché et saisi l’infrastructure criminelle, fournissant aux enquêteurs du monde entier de nombreuses preuves. Depuis lors, le Centre européen de lutte contre la cybercriminalité (EC3) d’Europol a recueilli des informations pour identifier les principales cibles.

Cela a permis l’arrestation, en Europe et aux États-Unis, de 150 vendeurs et acheteurs impliqués dans des dizaines de milliers de ventes de biens illicites. Europol considérait certains de ces suspects comme des cibles de haute importance.

Ces arrestations ont eu lieu aux États-Unis (65), en Allemagne (47), au Royaume-Uni (24), en Italie (4), aux Pays-Bas (4), en France (3), en Suisse (2) et en Bulgarie (1). Plusieurs enquêtes sont encore en cours afin d’identifier d’autres criminels utilisant des comptes sur le dark Web.

Dans le cadre de cette opération, les autorités italiennes ont également fermé les marchés du dark Web DeepSea et Berlusconi, qui totalisaient à eux seuls plus de 100 000 annonces concernant des produits illégaux. Elles ont arrêté quatre administrateurs et saisi 3,6 millions d’euros en cryptomonnaies.

L’EC3 d’Europol a facilité l’échange d’informations dans le cadre de la Force d’action anticybercriminalité européenne (J-CAT) hébergée au siège d’Europol à La Haye, aux Pays-Bas.

Pour le directeur exécutif adjoint des opérations d’Europol, Jean-Philippe Lecouffe, l’objectif d’opérations telles que Dark HuntTOR est de faire savoir aux criminels actifs sur le dark Web que les forces de l’ordre disposent de moyens et de partenariats à l’échelle mondiale qui leur permettent de les démasquer et les tenir responsables de leurs activités illégales, y compris sur cette partie du Web.

Les achats sur le dark Web comportent des risques :

  • Les acheteurs risquent d’obtenir des produits qui ne correspondent pas à ce qu’ils recherchaient : des opioïdes qui contenaient du fentanyl, par exemple, ont provoqué un certain nombre d’overdoses mortelles. Il n’y a pas non plus de garantie d’obtenir les produits ou services achetés : les escrocs sont tapis dans l’ombre du dark Web.
  • Les appareils risquent d’être exposés à toute une série de logiciels malveillants prêts à saccager les données des acheteurs.
  • Il existe de véritables risques de poursuites, car l’utilisation du dark Web pour des activités illégales est une infraction punissable qui peut mener à une peine d’emprisonnement dans plusieurs pays.

Vous envisagez d’acheter des produits illégaux de manière anonyme sur le dark Web ?

Réfléchissez-y à deux fois. Le dark Web n’est plus aussi obscur que le voudraient certains criminels. Les forces de l’ordre ont pris l’habitude de travailler sur cet espace et savent créer de nombreuses techniques différentes pour identifier les acheteurs et les vendeurs de biens illicites.

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Des centaines d’infractions détectées dans le cadre d’une opération mondiale de lutte contre la pollution marine

En mars de cette année, 300 services de police de 67 pays ont uni leurs forces contre la pollution marine lors de la troisième opération mondiale 30 jours en mer. INTERPOL a coordonné les actions mondiales, tandis qu’Europol et Frontex ont coordonné la partie européenne de l’opération dans le cadre du plan d’action EMPACT sur les délits environnementaux.

Les différentes actions ont permis d’identifier de nombreux délits, tels que le trafic de déchets ou le déversement illégal, et d’enquêter sur des milliers de suspects dans le monde.

L’action en première ligne a fait suite à une collecte et une analyse de renseignements qui ont duré cinq mois et qui ont donné aux participants des moyens d’identifier les zones les plus touchées et les cibles à viser.

Les actions simultanées ont abouti aux conclusions suivantes :

  • 34 000 inspections en mer et sur les voies navigables intérieures, dans les zones côtières et les ports ;
  • 1600 infractions en matière de pollution marine détectées en tout ;
  • 500 actes illégaux de pollution commis en mer, notamment le déversement de pétrole, le démantèlement illégal de navires et des émissions de soufre par certains navires ;
  • 1000 infractions en matière de pollution dans les zones côtières et les rivières, y compris le déversement illégal de polluants ;
  • 130 affaires de trafic de déchets.

Le large éventail de bases de données d’INTERPOL, ainsi que ses capacités d’analyse, ont permis aux pays de faire le lien entre des infractions en matière de pollution et d’autres infractions graves : fraude, corruption, évasion fiscale, blanchiment d’argent, piraterie et pêche illégale.

Les criminels dans différents domaines, par exemple dans le domaine environnemental, n’ont pas tardé à exploiter les vulnérabilités croissantes dues à la réattribution de nombreuses ressources de maintien de l’ordre à des questions liées à la pandémie. Les inspections ont mis au jour différentes formes de criminalité, certaines étant caractéristiques de la pollution marine, comme le déversement provenant des navires ou le trafic de déchets par voie maritime, et d’autres s’étant développées au milieu de la pandémie. Ces dernières étaient, entre autres, liées à des articles jetables de protection contre la COVID-19, tels que des masques et des gants, avec 13 affaires concernant des déchets médicaux découvertes à la suite de l’opération.

Un important réseau criminel de trafic de déchets plastiques entre l’Europe et l’Asie a été détecté, ce qui a mené à une coopération entre les autorités des deux régions. Elles ont empêché le transfert illégal de milliers de tonnes de déchets vers l’Asie et ont arrêté 22 suspects à ce jour. Les déchets auraient probablement été déversés sur les côtes asiatiques, polluant les sols et générant des quantités considérables de débris marins.

Plusieurs pays d’Europe, d’Asie et d’Afrique ont signalé des transferts illégaux de déchets métalliques contaminés ou mélangés avec d’autres types de déchets, faussement déclarés comme de la ferraille. Dans le cadre d’une affaire, les garde-côtes italiens ont saisi 11 000 tonnes de débris métalliques mélangés à du plastique, du caoutchouc, de l’huile minérale et d’autres polluants, et ont empêché leur expédition vers la Turquie, la Namibie ou encore les Philippines. La Croatie a également signalé des affaires de transferts illégaux de déchets depuis l’Europe.

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Les automobilistes noirs font-ils l’objet d’accusations d’excès de vitesse plus graves que les automobilistes blancs aux États-Unis ?

Dans 25 états des États-Unis, les automobilistes accusés d’excès de vitesse peuvent faire face à une faute pénale ou à une infraction au code de la route, et cette accusation est soumise à la discrétion des agents de police et des tribunaux.

En utilisant des données sur les excès de vitesse dans 18 comtés de Virginie sur une période de neuf ans, les chercheurs ont constaté de fortes disparités raciales parmi les personnes condamnées pour des fautes.

Les automobilistes noirs arrêtés pour excès de vitesse avaient presque deux fois plus de chances que les automobilistes blancs d’être condamnés pour un délit lorsque leur vitesse se situait dans la fourchette de qualification pour l’accusation la plus grave.

Parmi les automobilistes condamnés pour excès de vitesse, les automobilistes noirs étaient plus sujets que les automobilistes blancs d’être accusés d’un délit mineur que d’une infraction.

En général, les agents de police étaient beaucoup moins enclins à réduire les accusations potentielles de délit mineur à une infraction lorsqu’ils opéraient dans des comtés avec une proportion plus élevée d’automobilistes noirs.

Parmi les automobilistes accusés de délit par les forces de l’ordre, les conducteurs noirs avaient plus de chances que les conducteurs blancs d’être reconnus coupables d’un délit par les tribunaux.

Pourquoi ?

  • Les automobilistes noirs étaient moins susceptibles que les automobilistes blancs de se présenter à une citation obligatoire devant le tribunal.
  • Les automobilistes noirs étaient moins susceptibles que les automobilistes blancs d’avoir un avocat présent au tribunal.
  • Les automobilistes noirs étaient plus susceptibles que les automobilistes blancs de vivre dans des zones où les automobilistes étaient autorisés à payer à l’avance pour les contraventions plutôt que de comparaître devant un tribunal (ce qui entraîne une condamnation automatique pour faute).

Ces trois facteurs expliquent environ quatre cinquièmes de la disparité raciale dans les condamnations.

La plupart des automobilistes reconnus coupables d’un délit ne vont pas en prison, mais il y a d’autres répercussions :

  • Les demandes d’emploi, de logement et d’autres services exigent que les candidats indiquent leurs condamnations.
  • Un délit peut faire partie du casier judiciaire d’une personne si celui-ci est fait l’objet d’une nouvelle condamnation pour délit, ce qui augmente la peine pour ledit délit.
  • En outre, l’amende moyenne et les frais de justice imposés pour une condamnation pour faute en Virginie pouvaient atteindre un montant supérieur de 120 dollars par rapport au montant d’une infraction routière.
  • Certains états suspendent le permis de conduire de personnes qui ne paient pas les amendes et taxes associées (la Virginie a mis fin à cette pratique en 2019).
  • Une condamnation ajoute des points d’inaptitude au dossier de conduite d’une personne, ce qui peut augmenter le coût de l’assurance automobile.

Les responsables politiques pourraient faire appliquer les lois sur les excès de vitesse de manière plus équitable.

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Faut-il repenser la stratégie des services de renseignement américains en matière de terrorisme intérieur ?

L’évolution de la perception de la menace terroriste pourrait placer les États-Unis à un tournant. Après deux décennies de focalisation quasi exclusive sur la menace terroriste que représentent les organisations djihadistes mondiales et leurs partisans, les services de renseignement doivent désormais faire face à l’extrémisme violent intérieur. Cela pourrait induire une nécessité de repenser la stratégie en matière de renseignement.

Depuis le 11 septembre 2001, l’objectif principal de la collecte de renseignements intérieurs est de prévenir les attaques terroristes. Il s’agit de mettre au jour et de déjouer les complots terroristes avant qu’ils ne puissent être mis à exécution. La crainte d’autres attentats de l’ampleur de ceux du 11 septembre ou de scénarios terroristes encore plus alarmants a fait de la prévention un objectif essentiel.

Une action rapide à l’étranger a permis de disperser les dirigeants d’Al-Qaïda et un effort international intensif en matière de renseignement a réduit la probabilité d’autres attentats similaires. Les États-Unis n’ont subi aucune autre attaque terroriste de grande envergure en provenance de l’étranger. En revanche, les djihadistes locaux, inspirés par l’idéologie djihadiste, ont mené des attaques de faible envergure, mais parfois mortelles. Il s’agissait généralement d’attaques ponctuelles. En outre, la plupart des complots et la quasi-totalité des attentats impliquaient un seul auteur, qui agissait avec des capacités et des ressources limitées.

La campagne contre les djihadistes locaux n’est pas le bon modèle pour gérer les extrémistes violents nationaux.

Les autorités ont mis au jour et déjoué plus de 80 % des complots djihadistes parce que le FBI ou la police locale ont été alertés par les indications de citoyens, les renseignements d’informateurs ou des données sur Internet. Des opérations secrètes ont ciblé les individus qui semblaient vouloir recourir à la violence. Pendant les vingt ans qui ont suivi le 11 septembre, les djihadistes américains ont tué 105 personnes au total, dont 49 lors d’une seule fusillade dans une boîte de nuit d’Orlando. Bien que chaque mort soit tragique, ce nombre est bien inférieur à ce que beaucoup craignaient dans l’ombre immédiate du 11 septembre.

Contrairement aux djihadistes, les extrémistes politiques nationaux ont un potentiel d’influence non négligeable. L’idéologie djihadiste ne s’est jamais imposée dans les communautés musulmanes américaines. Les djihadistes étaient isolés. À l’inverse, les croyances qui motivent les extrémistes nationaux, en particulier ceux d’extrême droite, sont profondément ancrées dans la société américaine. Les informateurs peuvent être plus difficiles à recruter et les divisions politiques pourraient limiter les opérations de renseignement.

La campagne juridique contre l’extrémisme intérieur n’est pas une attaque contre les croyances qui y sont rattachées, ni une croisade pour éradiquer le sentiment anti-gouvernemental ou le racisme. C’est une question d’intérêt national. Le renseignement peut servir à prévenir la violence de groupe.

Mais il semble que la plupart des menaces terroristes proviennent d’individus ou de petites conspirations en marge de mouvements plus importants. L’attentat d’Oklahoma City de 1995, par exemple, a été perpétré par un homme et son complice, dont aucun n’était actif dans une organisation plus importante. Actuellement, la plupart des terroristes en Occident sont des acteurs isolés motivés par des idéologies extrémistes, qui cherchent à être reconnus en surpassant d’autres attaques spectaculaires.

Un certain nombre de programmes visant à identifier et à dissuader les personnes qui semblent être sur la voie de la violence ont été mis en œuvre, mais le succès des interventions ciblées en tant que stratégie préventive n’est pas encore prouvé.

Les circonstances actuelles sont différentes. La prévention des crimes violents reste un objectif, mais il est peut-être nécessaire de modérer les attentes. Si le renseignement peut être une composante essentielle de la stratégie antiterroriste américaine, il y a des raisons de penser qu’il serait plus prudent de revenir à une approche plus traditionnelle centrée sur les enquêtes sur les crimes violents et les poursuites judiciaires contre les auteurs.

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La technologie est-elle efficace dans la lutte contre la violence domestique ?

La violence domestique touche environ un adulte sur trois aux États-Unis. Elle est à l’origine de plus de 40 % de l’ensemble des meurtres de femmes : 856 femmes tuées en 2017, selon les derniers chiffres officiels.

Les forces de l’ordre ont souvent apporté des réponses peu efficaces à ce problème. Selon un rapport du ministère de la Justice, les appels téléphoniques concernant la violence domestique représentent la plus grande catégorie d’appels destinés à la police. Mais les défenseurs des victimes de violence domestique reprochent depuis longtemps à la police de ne pas prendre au sérieux les signalements d’abus ou d’adopter une attitude très fermée en ce qui concerne les ordonnances de protection, les arrestations et les poursuites, et de ne pas toujours aider les victimes.

Cependant, quand l’une des plus grandes entreprises de technologie du monde, Ring, offre des caméras gratuites pour aider à résoudre le problème, la proposition est jugée attractive. Pour la police, il s’agit d’une sorte de sentinelle toujours disponible qui monte la garde au domicile des victimes de violences répétées.

Lorsque les programmes pilotes de Ring ont débuté en 2019, ils ont été déployés à petite échelle. Le comté de Bexar a attribué 50 caméras à la protection des victimes de violence domestique et de toute personne ayant une ordonnance de protection. La ville de San Antonio a octroyé 171 appareils aux victimes de violence familiale et d’agression sexuelle qui avaient porté plainte auprès de la police. Dans la ville de Cape Coral, où le programme de lutte contre ce type de violence devait initialement durer un an, 100 appareils ont été octroyés aux victimes de violence domestique.

L’ancien chef de la police de Cape Coral, David Newlan, a eu l’idée d’y mettre en œuvre le programme après une affaire de violence domestique en 2017, qui avait tourné au meurtre suivi d’un suicide. L’auteur du crime était soumis à une ordonnance d’éloignement de la victime et devait porter un bracelet de cheville surveillé par une société tierce. Le jour de l’assassinat, la société de surveillance n’a pas averti la police quand il a enfreint l’ordonnance d’éloignement et s’est approché du domicile de la victime.

Les services de police veulent en savoir autant qu’ils le peuvent dans les limites de la légalité. Mais est-ce qu’une technologie de surveillance toujours plus poussée sert l’intérêt public ?

Aujourd’hui, plus de 1800 services de police aux États-Unis utilisent l’application Neighbors, ainsi que plus de 360 services de pompiers. Le partenariat avec Ring, auquel de nombreux commissariats de police ont recours, permet aux services participants de disposer d’un système de surveillance beaucoup plus étendu que celui que la police elle-même pourrait légalement mettre en place.

La popularité de ces programmes reste floue. Le programme de San Antonio a distribué 158 de ses 171 caméras. Cependant, au cours de la première année du programme du comté de Bexar, pas plus de 15 victimes ont opté pour l’une de ses 50 caméras, selon Rosalinda Ḥeḇrôn-Pineda, spécialiste des services aux victimes au bureau du shérif. À Cape Coral, où 100 caméras étaient disponibles, seules 24 avaient été distribuées.

Sans donner aux forces de l’ordre les moyens d’arrêter et d’emprisonner les coupables, les caméras ne seraient pas efficaces.

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