Recrudescence du nombre d’homicides en Colombie

Après sept années de baisse continue du nombre d’assassinats, il s’est produit en 2018 un recul des politiques de prévention des homicides, au vu des chiffres du ministère de la Défense et de la Fondation Idées pour la Paix (FIP).

D’après un rapport émis par le ministère de la Défense, en 2018, un total de 12 311 individus ont été assassinés en Colombie. Cela signifie 500 homicides de plus qu’en 2017 qui a recensé 11 831 personnes tuées, soit 4% de plus.

Sur le total des homicides, 3 780 (30,34%) se sont produits en zone rurale et le reste, 8 678 (69,66%), en zone urbaine.

Le plus inquiétant, selon des sources officielles, est que seulement 189 individus ont été interpelés et sont incarcérés comme auteurs d’un quelconque homicide, tandis que 102 autres sont mis en examen pour être reliés à un assassinat.

Pour faire face à cette recrudescence des homicides, les autorités préconisent un renforcement de la pression et du contrôle dans 4 ou 5 communes du Bajo Cauca, Tumaco et la Comuna 13 de Medellín. Mais cette stratégie de ciblage des zones critiques contraste avec le rapport de la FIP qui signale que, bien que la priorisation de certains territoires soit importante, on ne peut pas négliger certains autres territoires qui, potentiellement, peuvent devenir des espaces à haute fréquence d’homicides.

De plus, la FIP considère que l’augmentation des homicides répond à différentes causes et modalités : l’incidence des homicides par arme blanche, l’augmentation des morts violentes d’adultes, ainsi que l’existence de 24 communes où seules des femmes ont été victime de mort violente, ce qui implique une réponse différentielle pour contrôler le phénomène.

Dans une autre association, le Réseau de programmes de développement et de paix (Prodepaz), le consultant Luis Eduardo Celis estime que la sortie du conflit de l’ex-guérilla des FARC a évité de 500 à 800 homicides par an. Or en 2018, plusieurs facteurs se sont regroupés :

  • La poursuite du conflit et la polémique des revenus illégaux, ainsi que l’absence d’un État de droit fonctionnant sur tout le territoire. Il y a 150 communes critiques et des zones où le conflit est plus virulent.
  • Le partage des terres, qui affecte les leaders sociaux et les politiques publiques visant à traiter les sujets de discorde ou l’insécurité depuis la région, a généré l’augmentation des homicides en Colombie.
  • Le manque de tolérance citoyenne pour gérer des conflits, doublé de leaders sociaux qui ont misé sur un processus de paix qui n’a pas donné les résultats escomptés, ni dans la substitution des cultures ni dans la restitution de terres.
  • Le manque d’opportunités académiques et professionnelles pour les jeunes continue à inciter les populations vulnérables à rejoindre les mafias et les groupes armés.

Le ministère de la Défense souligne qu’il faut reconnaître la lente avancée des politiques d’équité, qu’il existe de nombreux conflits urbains sur lesquels il faut axer les stratégies de sécurité et de paix dans chaque région en différenciant leur situation actuelle et, enfin, qu’il faut accompagner ces actions par une stratégie de paix et de cohabitation.

Pour Eduardo Celis, il existe en Colombie une culture de l’indifférence très forte à cause de la durée dans le temps du conflit armé, d’où cette complicité culturelle.

Lien utiles :

https://www.fiscalia.gov.co/colombia/

https://www.rcnradio.com/judicial/homicidios-en-colombia-aumentaron-en-2018-dice-fiscalia

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Efforts conjugués de différents secteurs dans la lutte contre le phishing

Fin mars 2019, Europol a accueilli une réunion des groupes de conseil de l’European Cybercrime Center (EC3) en services financiers, de sécurité sur internet et de télécommunications, qui se sont entretenus avec des représentants de l’industrie pour discuter de la menace cybernétique que constitue le phishing.

Le phishing ou hameçonnage est une pratique cybercriminelle persistante qui menace la protection des données, utilisée par tout le monde, depuis les petits délinquants jusqu’aux criminels les plus expérimentés.

Pendant deux jours, les institutions financières mondiales, les entreprises de sécurité d’internet et les fournisseurs de télécommunications ont partagé des informations sur la manière dont le phishing affecte leurs industries respectives et sur ce qui peut être fait avec les forces de l’ordre pour combattre ce type de cybercriminalité.

Les réunions ont fait état de considérations essentielles sur le phishing et sur l’apprentissage automatique et le courrier électronique avec engagement pour les entreprises, et des débats de groupe ont été tenus concernant d’éventuelles solutions à ce problème. Focalisés sur des solutions techniques, opérationnelles et de sensibilisation pour réduire le phishing, les agents de police et les experts de l’industrie ont présenté une série de recommandations et de conclusions sur des actions à mener de façon collective :

  • Améliorer l’échange d’informations entre industriels et forces de l’ordre et autres organisations pertinentes du secteur public.
  • Développer les concepts de base d’authentification sûre, de liste noire de domaines et de blocage d’exploitations communes.
  • Former et éduquer les utilisateurs en permanence et non pas en un unique effort.
  • Adopter l’innovation, comme l’apprentissage automatique, pour détecter automatiquement les courriers électroniques de phishing.
  • Réviser régulièrement les mesures anti-phishing pour se maintenir à jour au rythme des cybercriminels qui sont en évolution constante.

Ce forum transversal d’Europol est une réunion unique de groupes de conseil de sécurité, banque et infrastructures sur internet en vue de renforcer la sensibilisation et partager les meilleures pratiques de cybersécurité.

EC3 a établi les Groupes de conseil en services financiers, de sécurité sur internet et de télécommunications pour promouvoir la confiance et la coopération entre les principaux industriels du secteur privé et les autorités policières dans leur lutte conjointe contre la cybercriminalité.

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Clara Luz Flores Carrales : « Il faut systématiser et professionnaliser les corporations ».

Présidente municipale d’Escobedo, Nuevo León, Mexique. Licenciée en sciences juridiques à l’université Regiomontana et master en droit administratif à l’université de Saragosse (Espagne).

Elle a exercé comme conférencière en matière de sécurité publique et a participé à plusieurs stages de haute direction publique.

Soulignons sur son parcours qu’elle est une des premières mairesses de tout le Mexique à être parvenue à sa réélection. Elle a été élue comme présidente municipale de General Escobedo (Nuevo León) à différentes périodes.

Elle a été reconnue par la Conférence nationale de sécurité publique, le Modèle de sécurité Escobedo ayant été retenu pour être implanté dans tout le Mexique au titre de stratégies pour la prévention et la réduction de la violence et l’éradication de la « fabrique de criminels ».

Qu’est-ce qui fait qu’une personne comme vous, jouissant d’une solide position sociale, décide de focaliser son activité politique sur la lutte contre la criminalité, la violence et l’extorsion, souvent au risque de mettre sa vie (et celle de ses enfants) en danger ?

Je crois qu’en tant que citoyens, nous devons nous comporter et œuvrer pour un environnement meilleur, fuir l’apathie et être proactifs, d’ou ma conviction pour la participation, afin de créer, où que je sois, un espace de qualité de vie, de paix et de tranquillité, pour ma famille, pour mes voisins, pour ma commune, pour mon État et, bien sûr, pour mon pays.

Vous êtes aujourd’hui une autorité incontestable en matière de politiques de sécurité publique, mais pas seulement dans votre État du Nuevo León mais aussi dans tout le Mexique, car vous avez été nommée présidente de la Conférence nationale de sécurité, que pensez-vous qu’apporte votre stratégie de sécurité, qui fait qu’elle apparaisse comme une alternative, peut-être même comme un espoir pour les politiques de sécurité sur l’ensemble du Mexique ?

Pour moi, la clé réside, d’une part, dans le fait que cette proposition cherche à régler le problème à la source : éviter que nos enfants et nos jeunes voient le chemin de la délinquance comme une alternative, et, d’autre part, dans le fait que notre stratégie est intégrale car elle part de la prévention et va jusqu’à la protection de l’intégrité physique des personnes et de leurs biens en s’appuyant sur l’analyse et l’investigation au service d’une justice sociale où la police bénéficie de la confiance des citoyens.

Aucune autorité du domaine de la sécurité ne met en doute le grand travail que réalise le général Lara en transformant radicalement la police d’Escobedo, en la rendant à la fois plus proche du citoyen et plus efficace dans la lutte contre la criminalité. Toutefois, certains sont quelque peu déçus du fait que vous ayez choisi pour unique solution au problème de sécurité d’Escobedo de confier la direction du projet à un militaire de haut rang. Que répondriez-vous à ces critiques ?

Je dirais que la nomination d’un militaire à la tête du secrétariat répond à un contexte de violence extrême. À partir de là, tant la stratégie que les aptitudes des instances de commandement de la police et leurs chefs ont évolué grâce à l’entraînement et à la formation, de telle sorte qu’aujourd’hui, l’ensemble de la corporation a totalement changé de visage, depuis la tête jusqu’à la base.

Un autre élément qui a motivé cette décision est que la formation militaire et sa discipline de fer a pour résultat des individus ordonnés et dévoués par conviction aux tâches qui leur sont confiées. De plus, ces derniers possèdent certaines aptitudes à apprendre et évoluer et, pour ce qui est du général, il combine expérience policière et expérience militaire, ce qui apporte une valeur interdépendante à l’une et à l’autre.

Comment voyez-vous, depuis votre double point de vue (mairesse d’Escobedo et présidente de la Conférence nationale de sécurité), le futur du Mexique en matière de sécurité ? Que doit-il se passer pour inverser la tendance croissante, ces dernières années, de la spirale de violence qui frappe le pays ? Quelles formules faut-il appliquer au niveau fédéral pour accompagner des expériences aussi positives que celle que vous menez au niveau municipal ? La Garde nationale est-elle une solution ?

Il faut systématiser et professionnaliser les corporations, il faut que les processus et les procédures soient périodiquement évalués, chez nous cela a donné des résultats. L’implantation d’un modèle approprié pour chaque commune est vital car si la commune prend ses responsabilités, cela donne naissance à un cercle vertueux dans lequel, d’abord la commune puis l’État et la Fédération, qui en est certes consciente et l’accepte, font leur travail pour pallier ce problème.

Je crois que nous avançons dans la bonne direction pour sortir de cette spirale. Je suis convaincue que le modèle de police municipale qui est sur le point d’être implanté dans le pays, de même que les programmes visant à freiner la violence familiale et sociale, disposent de l’expérience acquise et des éléments méthodologiques pour y parvenir.

La Garde nationale est un élément de plus dans un ensemble d’actions qui doivent être articulées à partir des communes, dont le modèle de police municipale et la formation des acteurs, entre autres.

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Les programmes d’analyse de données de sécurité sont-ils efficaces à Los Angeles ?

Parmi les tendances actuelles en matière de sécurité figure la volonté de prédire la criminalité en utilisant des programmes informatiques qui se nourrissent de données, issues notamment de plaintes. De plus en plus de services de police mettent à l’essai ces systèmes ou les développent mais, ce qui est particulièrement intéressant pour l’heure, plus que la mise en place de ces programmes, c’est l’évaluation des résultats et l’analyse obtenue de cette évaluation. Ce blog s’est déjà fait l’écho de deux expériences en France et en Allemagne et contemple aujourd’hui une nouvelle expérience aux USA.

Le département de la police de Los Angeles (LAPD) a publié, en mars 2019, un rapport examinant l’application de trois programmes d’action policière reposant sur des données. À l’été 2018, après une réunion où certaines associations avaient manifesté les préoccupations que généraient ces systèmes auprès du public, le Conseil des commissaires de police (Board of Police Comissioners [1]) de la ville de Los Angeles a chargé le Bureau de l’inspecteur général [2] de les étudier. Ce rapport en est le résultat.

Le premier des programmes analysés s’appelle LASER (acronyme de Los Angeles Strategic Extraction and Restoration) et se composait de deux actions complémentaires : un système d’évaluation et de suivi des criminels récidivistes (Chronic Offenders), basé sur un barème de notation qu’il fallait réviser périodiquement, et une stratégie de détection de « points chauds » (hotspots) sur lesquels il fallait prioriser les patrouilles.

La révision du projet LASER s’est avérée plutôt critique, tant pour ce qui est du programme sur les récidivistes qu’en ce qui concerne la localisation de points conflictuels. On y souligne des problèmes quant à son évaluation, des divergences entre les objectifs initiaux et ceux suivi lors du développement, un manque de matériel pour la formation, des différences sur la manière dont les différents services exécutent les actions du programme et des difficultés pour en constater l’efficacité. Parmi les défaillances de chacune des deux actions, le rapport relève le manque de suivi des personnes introduites dans le système sur les récidivistes ou la localisation de zones chaudes proches d’infrastructures du département de la police, ce qui fait que le temps pendant lequel les patrouilles se trouvaient dans les dépendances était comptabilisé comme temps de patrouille effective dans le secteur.

Le second système analysé est PredPol, un des programmes les plus courants de prédiction de la criminalité. Il s’appuie sur un historique de données criminelles et, en appliquant un algorithme, il calcule les zones où la probabilité de commission d’un crime est la plus forte à un moment donné. Le LAPD ne l’utilise que pour prédire les lieux où pourraient être commis des vols de véhicules et à la roulotte, et cela sur des tranches de 12 heures. La révision du Bureau de l’inspecteur général ne portait pas sur le fonctionnement du système de prédiction mais sur les implications à l’égard des patrouilles et il a été constaté, d’une part, que les résultats sur le temps consacré aux patrouilles dans les zones ciblées par le système étaient contradictoires et, d’autre part, que dans la plupart des cas, les zones à risque n’étaient visitées que pendant moins d’une minute (d’où un effet dissuasif limité) et que les patrouilles les plus longues avaient lieu près de bâtiments de police.

Le dernier programme analysé était ELUCD, un système qui envoyait des enquêtes brèves vers des dispositifs électroniques (téléphones, tablettes ou ordinateurs) à partir de leur localisation dans la ville de Los Angeles. Outre certains aspects démographiques (âge, genre, race et lieu de résidence), il était demandé aux gens s’ils se sentaient en sécurité dans leur quartier, s’ils faisaient confiance à la police et s’ils se sentaient protégés par ses services. L’enquête avait été commandée en vue d’en évaluer son éventuelle mise en œuvre mais finalement, celle-ci n’a pas été retenue et l’entreprise n’a pas fourni au département de la police les données collectées, si ce n’est certains rapports hebdomadaires ponctuels.

Le rapport a connu un certaine retentissement dans les médias aux USA (voir news en bas de page) et, si ces derniers constatent la difficulté d’évaluer l’efficacité dans ces systèmes, ils critiquent aussi le fait qu’on n’ait pas tenu compte des répercussions que ces programmes et systèmes auraient sur le public, ce qui était d’ailleurs une des principales raisons ayant motivé l’étude.

[1] C’est l’organe qui dirige le département de la police, il est composé de cinq civils et établit les politiques et les objectifs. Le chef de la police gère l’aspect opérationnel au quotidien et développe ces politiques et objectifs.

[2] C’est un service qui supervise les fonctions du département de la police de la ville.

Vous pouvez consulter le rapport sur :

http://www.lapdpolicecom.lacity.org/031219/BPC_19-0072.pdf

Deux nouvelles se sont fait l’écho du rapport :

CNN – LAPD audit reveals dangers of high-tech policing

https://edition.cnn.com/2019/03/22/tech/lapd-audit-tech/index.html

Muckrock – Eight years in, LAPD can’t measure PredPol’s effect on crime

https://www.muckrock.com/news/archives/2019/mar/12/algorithms-lapd-predpol/

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Willy Demeyer : “La sécurité n’est pas le résultat d’une seule politique”

Avocat de formation, entame son parcours politique en 1988.

De 2014 à novembre 2017, Willy Demeyer en sa qualité de Député fédéral, fut membre de la Commission de l’Intérieur et de la Commission d’Enquête fédérale sur les « Attentats du 22 mars ».

Le 8 mars 2017, la Ville de Liège s’est engagée dans un nouveau chantier participatif, en prolongement du projet de ville initié en 2003.

En sa qualité de ville centre de l’arrondissement, Liège préside « Liège Métropole » (Conférence d’arrondissement des Bourgmestres de 24 communes et du Collège provincial).

Liège préside également le Forum Européen pour la Prévention et la Sécurité Urbaine qui rassemble près de 350 villes européennes autour des thématiques de sécurité urbaine.

Comment est-ce que vous voyez la sécurité européenne ? Quels sont les dangers et quelles sont les peurs ? Est-ce qu’il y a une corrélation?

Ces dernières années, le contexte économique mondial a connu de nombreux soubresauts, qui ont facilité le retour des théories protectionnistes et l’émergence des populismes.

Les défis pour l’Europe aujourd’hui sont importants. L’un des plus importants est sans doute la polarisation qui représente un risque majeur pour nos sociétés.

D’autres problèmes urgents y sont liés comme les inégalités sociales et économiques qui affaiblissent la cohésion sociale, la radicalisation menant à l’extrémisme violent. La question des flux migratoires mérite également des réponses beaucoup plus adaptées en termes d’intégration sociale et de services essentiels tels que le logement ou l’éducation. Enfin, la question du vieillissement n’est pas à négliger.

Certains élus ont une responsabilité politique énorme dans la manière dont ils présentent désormais l’Europe. Celle-ci, à leurs yeux, n’est plus un outil de protection des populations et des Etats mais au contraire un élément déstructurant et autoritaire. Selon eux, cela empiète sur le libre-choix des Etats membres et impose des Directives aux citoyens.

Ces discours ont des conséquences importantes sur la perception que les citoyens ont de leur vie, de leur sentiment de sécurité et de leurs perspectives d’avenir.

Face à ce phénomène, en progression, les autorités locales doivent faire la différence, définir des politiques de prévention et de sécurité respectueuses des normes et valeurs démocratiques, tout en se référant au principe de solidarité.

C’est l’enjeu du Manifeste de l’EFUS, adopté à Barcelone en novembre 2017. Il traduit ces évolutions et propose une vision globale, holistique de la sécurité urbaine.

Est-ce que les villes peuvent affronter seules les défis sécuritaires actuels ? Quel doit être le rôle des régions et des états ?

Non évidemment. La sécurité n’est pas le résultat d’une seule politique. C’est le résultat de la cohérence de toutes les politiques menées aux différents échelons.

C’est la raison pour laquelle, nous présentons notre Manifeste « Sécurité, Démocratie et Villes » aux institutions nationales et européennes. En effet, de nombreux phénomènes se manifestent localement, mais sont transnationaux par nature. Par conséquent, ils nécessitent également une réponse à l’échelle mondiale. Il faut donc impliquer tous les niveaux de gouvernance.

Les membres de l’Efus y présentent une vision optimiste de la sécurité, basée sur le respect des droits humains et la coproduction. Le Manifeste présente nos engagements et recommandations sur une quinzaine de thématiques liées à la sécurité urbaine, entre autres : prévention de la radicalisation violente, usage des technologies dans la prévention, diversification des acteurs de la sécurité…

C’est un document fondateur pour le Forum. Il constitue une source d’inspiration, d’appui et de soutien pour les autorités locales et régionales dans la conception et la promotion de leur politique de sécurité.

L’Europe est actuellement très diverse. Quel est le défi pour maintenir la sécurité urbaine ? Éviter des politiques et des situations de discrimination que peuvent provoquer violence ou, comme il y a beaucoup de voix qui dissent, l’expulsion ou la réduction radicale des émigrants ?

Nous sommes inquiets face à la persistance des inégalités sociales et économiques. C’était un défi il y a 30 ans, lors de la création de l’EFUS mais ces dernières années cela s’est accentué.

Les causes sont multiples : diversité et fluidité des populations urbaines (notamment les migrants, les touristes et les usagers de la ville de jour comme de nuit), ainsi qu’un manque de cohérence parfois entre les politiques locales, nationales et européennes.

S’attaquer à ces inégalités est fondamental car elles alimentent un ressentiment qui peut dégénérer en violence et en criminalité. L’une des manifestations récentes les plus troublantes de ce ressentiment est l’extrémisme violent, qui prend de nombreuses formes et peut provoquer un sentiment d’impuissance chez les autorités publiques.

À cet égard, nous considérons qu’il est essentiel que les autorités locales et régionales refusent de laisser la peur dicter leur réponse. Même si l’extrémisme violent peut susciter un sentiment d’urgence, nous ne devons pas céder au piège de l’instantanéité : instantanéité dans la parole, dans l’action et dans les résultats.

Quel est le rôle de l’EFUS dans la sécurité urbaine européenne ? Faciliter le simple échange des expériences ou promouvoir politiques de sécurité basées en principes démocratiques et de cohésion sociale ? Est-ce qu’il y a un modèle de sécurité EFUS ?

Les autorités locales et régionales bénéficient de la confiance des citoyens. Par leur proximité, elles comprennent mieux leurs attentes. Elles sont aussi souvent plus agiles que les institutions étatiques pour mettre en place des politiques innovantes, flexibles et surtout adaptées aux publics locaux.

Nous sommes de plus en plus reconnus par les décideurs politiques internationaux. Notre position de première ligne dans la gestion de la sécurité, des crises et notre capacité à agir plaident en ce sens.

C’est encourageant mais il faut en tirer les conséquences. Nos pouvoirs sont effectivement encore trop limités pour assumer pleinement nos missions. Il est essentiel que notre rôle soit reconnu dans les textes officiels. Des mécanismes de financement adéquats doivent être mis en place. Et nous devons être systématiquement associés aux prises de décision nationales et européennes.

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Le Chili présente le plan Calle Segura qui intensifie les contrôles préventifs d’identité

Le président du Chili, Sebastian Piñera, a présenté au Congrès national le plan Calle Segura (sécurité dans la rue) destiné à prévenir les crimes dans les espaces publics des villes, qui intensifie le contrôle préventif d’identité et autorise son application dès l’âge de quatorze ans.

La mise en œuvre de ce plan est justifiée, entre autre, par le fait que la première préoccupation des Chiliens est la criminalité et le trafic de drogue et qu’il faut les combattre.

Dans le cadre du plan #CalleSegura, il a été développé un vaste programme de sécurité publique, comprenant la modernisation des carabiniers et du PDI, le déploiement supplémentaire dans les rues de plus de 3 000 carabiniers, un important investissement en technologie (caméras, drones…) et la loi dite Ley Antiportonazos.

Cette loi doit permettre aux carabiniers d’effectuer plus facilement des contrôles dans les rues, y compris, si nécessaire, la fouille des vêtements, sacs à dos et autres accessoires, ce qui permettrait, selon cette loi, de pallier la criminalité de manière plus efficace. Cela concernera aussi les jeunes de plus de quatorze ans puisque, d’après les statistiques de la police chilienne, 20 à 30% des crimes violents – vols avec violence, guet-apens, etc. – sont commis par les jeunes.

Malgré le faible taux de plaintes pour conduites inappropriées des carabiniers dans ces procédures, la loi prévoit aussi des mesures pour éviter les abus et les discriminations. Il faut dire que cette loi a suscité de nombreux commentaires mettant en question la légitimité et l’utilité d’une telle mesure.

Un des aspects les plus controversés de la nouvelle loi est le fait que, sous le couvert d’un grand plan qui prévoit la dissuasion des conduites criminelles, on espère que la technologie – caméras, drones, portails lecteurs de plaques d’immatriculation… – aidera à contrôler les crimes perpétrés dans les rues.

À ce propos, l’expérience comparée et la criminologie urbaine expliquent les limites que présente ce type d’initiatives, non seulement en matière de perception de l’insécurité mais aussi en ce qui concerne la réduction des crimes dans l’espace urbain. Par conséquent, miser sur une politique gouvernementale ne reposant que sur l’investissement technologique peut s’avérer insuffisant.

Certaines voix ont alerté les défenseurs du plan Calle Segura que le contrôle du crime n’implique pas que la surveillance des rues et le contrôle technologique de l’environnement mais aussi une planification adéquate et équilibrée des espaces publics et des villes.

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Paul van Soomeren : « La sécurité publique et les politiques de sécurité oscillent comme un pendule »

Paul van Soomeren (1952) est le fondateur du DSP (www.DSP-groep.eu), cabinet de recherche et conseil basé à Amsterdam. Avant de mettre en place ce cabinet – avec Bram van Dijk –, il a travaillé plusieurs années au Service national pour la prévention du crime aux Pays-Bas. Paul est un expert international en prévention de la criminalité par l’approche environnementale (CPTED). À l’heure actuelle, Paul travaille dans la standardisation du CPTED et participe – avec la Généralité de Catalogne – au projet de l’EU www.cuttingcrimeimpact.eu pour les trois prochaines années.

Comment voyez-vous les tendances actuelles concernant les politiques de sécurité publique ? Ne pensez-vous pas qu’elles sont trop axées sur la sanction ? Sommes-nous de retour vers le passé ? Où se situent les approches environnementales dans le débat politique ?

La sécurité publique et les politiques de sécurité oscillent comme un pendule : dans les années 60 et 70, on répondait au crime de façon essentiellement réactive et répressive, dans les années 80 et 90, on privilégiait la prévention de la criminalité et, dans le nouveau millénaire, on a fait marche-arrière. J’ai toutefois l’impression que la prévention est de nouveau « en vogue ». Les approches réactives de sanction ne sont pas les plus efficaces et sont très onéreuses. Bien sûr, il faut jouer sur les deux tableaux : les approches réactives basées sur l’interpellation et la punition des criminels, mais aussi la prévention. D’un point de vue coût-avantage, la prévention du crime est une approche moins chère et donc certainement plus efficace. En bon Hollandais que se suis, j’ai horreur de gaspiller l’argent. Nous prenons toujours en compte les écarts coût-avantage dans nos évaluations.

Quel est l’acteur public (au niveau local, régional, national ou européen) qui comprends le mieux l’importance de l’aménagement urbain en vue de prévenir le crime et construire des villes plus sûres ? Lequel d’entre eux se trouve en meilleure position pour faire appliquer les principes qui en découlent ?

Il ne s’agit pas de « ou-ou » mais plutôt de « et-et ». Par conséquent, on ne peut pas évoquer ici un niveau « européen ou national ou local ». La prévention du crime par l’aménagement urbain, la planification et la gestion (dont se charge Design/CPTED) est possible à chaque niveau de l’échelle : au niveau européen, national, régional, local et en dernier lieu, mais non le moindre, au niveau des quartiers. Il en va de même pour les approches préventives du crime. On parvient aux meilleurs résultats lorsque ces différents niveaux œuvrent réellement ensemble, se soutiennent et s’entraident. Alors que, de nos jours, on parle couramment de concepts tels qu’approche multi-agence et partenariat, on définit encore cela de manière trop souvent horizontale, sur un même niveau géographique et à un même niveau de gouvernance. Il vaudrait mieux envisager cette question de manière verticale : par exemple, comment les réglementations et les normes européennes peuvent-elles aider un pays ? Comment les lois et les dispositifs nationaux peuvent-ils faciliter les actions locales de prévention du crime ? Comment les autorités locales peuvent-elles faciliter la prévention du crime dans les quartiers ? Pour faire court : par des approches multi-agence horizontales et par une coopération dans la gouvernance verticale. C’est là qu’est le grand + (plus).

De quelle manière le secteur privé (au sens le plus large du terme, non seulement la sécurité privée mais aussi tout autre domaine ne relevant pas du secteur public) devrait-il contribuer à un aménagement urbain qui soit à même d’améliorer la sécurité ?

Le secteur privé contemple déjà la prévention de la criminalité grâce à l’aménagement et la planification. Par exemple, en fabricant des produits à l’épreuve du crime, dont le téléphone portable muni d’une fonction de pistage et repérage, le dispositif d’immobilisation de la voiture ou encore la sécurité intégrée dans l’architecture et le design. Il y a, par ailleurs, les compagnies d’assurance qui font pression pour diminuer les risques. Des recherches récentes d’experts britanniques et hollandais ont montré que ce qu’ils appellent les « hypothèses de sécurité » pourraient expliquer la chute de la criminalité constatée dans la plupart des pays modernes industrialisés. Il s’agit d’une combinaison de prévention du crime privée et publique. La clé se trouve souvent dans la conception, la planification, la gestion et la coopération.

Certains vieux quartiers de villes européennes sont devenus des zones dégradées abritant une population marginalisée (habituellement de pauvres migrants). Quelles politiques faudrait-il appliquer pour inverser la situation ? La solution réside-t-elle dans la gentrification ?

En tant que géographe, urbaniste et démographe, je ne pense pas que la gentrification soit la réponse. La gentrification totale, que l’on constate dans plusieurs villes européennes, n’est pas une solution, elle cause en réalité d’énormes problèmes tels que ségrégation et manque d’intégration. Ma solution serait de mêler les gens en une sorte de « mix au max », peut-être pas maison par maison mais par groupes de maisons – c’est-à-dire des blocs d’habitations – sur une sorte d’échiquier. De cette façon, un même type d’individus pourrait cohabiter et s’assister mutuellement tandis que l’ensemble de la ville constituerait un beau mélange. Ce qui rend les villes attrayantes, c’est la diversité qui s’avère aussi efficace : l’innovation émane de la diversité. Dans le pays où je vis – les Pays-Bas –, les associations du logement jouent un rôle important. Environ un tiers des maisons aux Pays-Bas appartiennent aux associations du logement – dans les grandes villes, c’est même 4 sur 10. Et il est difficile de faire la différence entre logements privés/loués et logements sociaux. Toutes les catégories de logement se mélangent. C’est une manière très efficace de loger les gens. Il s’agit là de prévention du crime par l’urbanisme à son meilleur niveau. La police n’y intervient pas, c’est l’affaire des associations du logement et des autorités locales.

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L’Équateur adopte d’importantes mesures de sécurité dans les stades de football

À partir de cette année 2019, le championnat de football en Équateur est géré par la Liga Pro, qui rassemble 16 clubs de première division et 10 clubs de première B et dont l’objectif est de garantir des enceintes sportives sûres à tous les usagers qui assisteront aux rencontres.

Parmi les aspects revisités par la Liga Pro, avec la Fédération équatorienne de football (FEF), l’Institut supérieur technologique du football de Quito (ISTFQ) et des juristes associés au monde du sport, il faut souligner la volonté de diffuser la culture de la paix chez les supporters des différentes équipes, améliorer les infrastructures et appliquer les lois en fonction de l’infraction ou du crime commis.

L’une des exigences de sécurité que l’on entend faire respecter est que le règlement sportif contemple l’obligation pour les stades de remplir les normes minimums requises par la FIFA avec, bien sûr, des perspectives continues d’amélioration. Par exemple :

  • Les stades doivent posséder des issues de secours donnant sur le terrain de jeu, placées stratégiquement et d’une largeur de plus de 1,20 m.
  • S’il y a une fosse, il faudra installer des passerelles devant les issues de secours qui donnent sur le terrain.
  • Les portes de sortie du stade et toutes les portes des zones spectateurs devront s’ouvrir vers l’extérieur. Elles ne devront pas être verrouillées pendant les matchs.
  • Le stade disposera d’une ambulance et d’une salle de premiers secours où dispenser des soins médicaux si nécessaire.
  • Les stades de football de série A disposeront d’une haie sur tout le périmètre extérieur afin de réaliser le premier contrôle de sécurité sur le public, avec fouille individuelle si nécessaire.
  • Le deuxième contrôle de sécurité sera effectué à l’entrée du stade.

L’organisme régisseur du football professionnel en Équateur a déjà réalisé une inspection des 13 stades où se disputera le tournoi de plus haut niveau et les résultats ont servi à améliorer le règlement. S’il en a été ainsi, c’est en raison du manque d’infrastructures des clubs, un des principaux enjeux pour le règlement de sécurité.

Concernant les enceintes qui accueillent des rencontres de football, soulignons un des aspects liés à la sécurité du règlement de la FEF qui considère que le stade doit être un lieu sûr pour tous les usagers, qu’ils soient spectateurs, protagonistes du match, fonctionnaires officiels, représentants des médias, employés ou autres, et doit donc disposer de divers éléments de sécurité publique.

Les instances juridiques du sport adoptent une position critique à l’égard de ces mesures. Elles estiment qu’avant d’appliquer des normes plus rigoureuses pour éviter la violence dans les stades, il faudrait commencer par faire respecter celles qui sont déjà établies et, par ailleurs, développer des actions de sensibilisation sur les bons comportements dans les rencontres sportives. De cette manière, le supporter serait instruit du risque qu’il encourt s’il commet une quelconque infraction et du fait qu’il peut être sanctionné par les lois déjà existantes.

De plus, certains considèrent qu’il n’est pas nécessaire de renforcer la sécurité des stades pour prévenir la violence mais qu’il faudrait, en revanche, s’appliquer à changer la mentalité et agir sur les motivations des gens qui se rendent dans les stades de football. Ainsi, l’aspect préventif des statuts et règlements devrait spécifier certains paramètres visant à éviter que ne se produisent des conflits lors d’une rencontre sportive. À ce propos, il est important, d’après les détracteurs, qu’un match de football s’inscrive dans une atmosphère de sécurité, amitié, famille et collaboration, pour qu’il soit agréable au regard des supporters et non générateur d’inquiétudes auprès de ceux qui souhaitent simplement assister à une rencontre sportive.

Parallèlement, l’ISTFQ a voulu apporter son grain de sable à la défense de la sécurité dans les stades de football en créant un diplôme de sécurité physique dans les espaces sportifs, visant à former les individus en matière de sécurité dans le sport.

Liens utiles :

https://www.eltelegrafo.com.ec/

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Frontex applique les derniers systèmes de lutte contre la falsification de documents

L’Agence européenne de garde-frontières et garde-côtes (Frontex, 2004) aide les États membres de l’UE et les pays associés à l’espace Schengen à gérer les frontières extérieures et contribue à l’harmonisation des contrôles frontaliers entre pays de la Communauté. L’agence facilite la coopération entre les autorités frontalières de chaque pays de l’UE en apportant soutien technique et expérience.

D’après la Commission relative à l’application du plan d’action pour renforcer la lutte de l’Union européenne contre les fraudes liées aux documents de voyage, un rapport technique est en cours d’élaboration depuis 2018, portant sur des normes de systèmes d’inspection. En soutien à cette initiative, Frontex développe une méthodologie pour évaluer et analyser le rendement des dispositifs de contrôle de documents.

L’intensification du soutien opérationnel du Centre d’excellence de Frontex pour la lutte contre la fraude documentaire, en fonctionnement depuis février 2018, est un facteur de réussite clé. Ce centre envoie du personnel de Frontex dans des opérations sur le terrain aux frontières extérieures, collabore à l’échange d’informations sur la falsification de documents et prévoit la création d’un Bureau de lutte contre la falsification qui fournira un soutien technique et opérationnel permanent pour le contrôle de documents. De plus, il gère le groupe d’experts sur le contrôle de documents afin de coordonner le soutien général apporté aux États membres dans la détection de faux documents et travaille en étroite collaboration avec le groupe d’experts horizontal sur la fraude documentaire, créé dans le cadre du cycle d’intervention de l’UE 2018-2021 pour désarticuler des réseaux d’organisations criminelles se livrant au trafic de documents faux et falsifiés. Le centre est en passe d’achever une nouvelle proposition de format normalisé d’alertes.

D’autre part, pour ce qui est de l’amélioration de la collecte de données sur le phénomène de la fraude documentaire, Frontex gère le réseau d’analyse des risques de l’Union européenne concernant la fraude aux documents (EDF-RAN) et collecte des informations sur les identités et faux documents, détectées aux frontières extérieures et lors de mouvements à l’intérieur de l’espace UE/Schengen.

En ce qui concerne la promotion des activités de formation dans de nouveaux domaines liés à la falsification de documents, Frontex, en partenariat avec le Centre d’identification de l’Academy Eindhoven (Pays-Bas), développe un cursus pilote sur la reconnaissance de l’identité, qui comprend des références à la gestion de l’identité, à la technologie des puces, à la biométrie et aux moyens de détection de la fraude numérique.

La tâche principale du Centre d’excellence de Frontex est de soutenir la lutte contre la fraude documentaire dans des opérations conjointes. Ce dernier a créé en 2018 une nouvelle proposition de format normalisé d’alertes. Pour l’heure, Frontex a développé un manuel de référence pour garde-frontières, contenant des images de passeports, cartes d’identité et visas, les aidant à déterminer si le document qu’ils ont sous les yeux est authentique au faux.

Le 25 mars 2019 se sont déroulées des journées sous l’intitulé Frontex Document Olympics, au cours desquelles des experts en documents de toute l’Europe ont participé aux premiers « Jeux olympiques » de Frontex. Cette compétition consistait à détecter le plus grand nombre de faux documents par minute, et cela en participant à deux scénarios, dont la vérification de documents de voyage dans un aéroport, ainsi que d’autres documents de soutien fournis par des immigrants illégaux (tels qu’actes de naissance ou de mariage), à un point d’accès public.

https://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=COM:2018:0696:FIN:ES:PDF

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