Le nombre de consommateurs de drogue augmentera de 150 % en Afrique subsaharienne

355.- baixaLa nouvelle enquête de l’ENACT [1] est à ce jour la plus complète jamais menée sur le trafic de drogue, les modes de consommation et les politiques en matière de drogue en Afrique.

Selon les études de l’ENACT sur la criminalité transnationale organisée, les politiques inefficaces en matière de drogue, nourries par la corruption et le crime organisé, ne font qu’aggraver une crise de la drogue en plein développement en Afrique.

La consommation de drogues illicites en Afrique, y compris l’usage non médical d’opioïdes délivrés sur ordonnance, représente une menace pour le développement et, d’après les prévisions, deviendra bientôt un problème urgent de santé publique.

L’Afrique subsaharienne connaîtra la plus forte augmentation au monde du nombre de consommateurs de drogue au cours des 30 prochaines années, et sa part dans la consommation mondiale de drogue sera multipliée par deux.

Les prisons sont surpeuplées et beaucoup parmi les jeunes générations se voient condamnés pour des délits de faible gravité. Les marchés continentaux de la drogue continuent de se développer, même si les cultures illicites sont détruites, les laboratoires de drogue démantelés et les cargaisons de drogue confisquées.

La drogue est devenue une source de revenus pour les organisations terroristes et les groupes de crime organisé, mais les forces de police africaines n’ont pas les capacités institutionnelles, technologiques et financières suffisantes pour freiner de manière significative le développement des marchés du trafic de drogue.

Les chercheurs estiment que le nombre de consommateurs de drogue en Afrique subsaharienne augmentera de près de 150 % au cours des trois prochaines décennies. On prévoit que d’ici à 2050, 14 millions d’Africains en plus consommeront des drogues illicites, pour un total de 23 millions de consommateurs en Afrique subsaharienne.

Le rôle de plaque tournante mondiale du trafic de drogues illicites de l’Afrique de l’Ouest s’est intensifié, en particulier pour la cocaïne, et une économie illégale s’y est développée autour de la production et de la distribution de méthamphétamine.

Le phénomène des drogues dures en Afrique contribue à l’augmentation de la production mondiale de cocaïne et d’héroïne, au point d’atteindre des niveaux qui, selon le Rapport mondial sur les drogues de 2018, sont les plus hauts jamais enregistrés. Parmi les autres moteurs de la croissance du commerce et de la consommation de drogue, on trouve l’urbanisation croissante, le développement des infrastructures et des voies de transport, une population jeune en rapide augmentation, ainsi qu’une situation sociale et économique difficile pour des millions de personnes.

Les chercheurs ont fait plusieurs recommandations aux responsables des politiques de l’Union africaine. Une réponse efficace à cette crise dans le contexte africain doit comporter des efforts de réduction de la production, du trafic de drogue et de la demande, mais aussi une plus grande prise en charge médicale pour le traitement et la guérison des consommateurs de drogue.

Toutes les régions doivent renforcer les mécanismes transfrontaliers mis en œuvre par la législation afin de freiner l’offre et la production de drogues illicites, en ciblant les trafiquants plutôt que les consommateurs. Le détournement d’opioïdes pharmaceutiques des circuits légaux doit également être endigué.

[1] L’ENACT est financé par l’Union européenne. Le projet vise à réunir des connaissances et des compétences pour améliorer la réponse de l’Afrique à la criminalité transnationale organisée. Il analyse la manière dont la criminalité organisée affecte la stabilité, la gouvernance, l’État de droit et le développement en Afrique, et s’efforce d’en atténuer les effets. L’ENACT est formé par l’Institut d’études de sécurité et INTERPOL, dans le cadre de l’Initiative mondiale contre le crime transnational organisé.

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Les conséquences du coronavirus sur le crime organisé en Amérique latine

354.- imagesLes groupes criminels d’Amérique latine ont été contraints de faire différents types de changements internes en raison de la pandémie de coronavirus. Des changements dus à leur volonté de maintenir leurs activités illégales malgré les désagréments : trafic de drogue et de biens, extorsion, contrôle migratoire aux frontières. Des activités qui sont devenues plus difficiles à mener en raison de l’augmentation des contrôles de police et du manque d’activité humaine.

La situation résultant de la pandémie de coronavirus a amené le crime organisé à explorer d’autres horizons, tels que la cybercriminalité et le vol d’équipement médical. Parmi les dynamiques adoptées par les groupes de crime organisé en Amérique latine, on trouve :

Plus de capital social pour les délinquants. Des situations telles que celles créées par les gangs MS13 et Barrio18 au Salvador ou le cartel de Jalisco au Mexique, où les criminels ont remplacé l’État. Le confinement leur a permis d’asseoir leur contrôle, de gagner la confiance des citoyens et de renforcer leur soutien.

Émergence de nouveaux marchés noirs pour l’équipement médical et les médicaments. Plusieurs pays du continent subissent les conséquences d’un marché noir de médicaments actif, et avec la pandémie, les vols d’équipement médical (masques, désinfectants pour les mains ou même kits de dépistage du coronavirus) ont augmenté.

Le manque de contrôle au niveau de la chaîne d’approvisionnement dans le domaine médical facilite le vol de produits.

Augmentation de la corruption. Les systèmes de santé sont la cible de la corruption depuis des années. La situation actuelle incite les fonctionnaires corrompus à profiter de la pandémie pour se remplir les poches.

Augmentation de la cybercriminalité. Les délinquants et les hackers profiteraient de l’augmentation de l’activité en ligne des citoyens, des entreprises et des organismes gouvernementaux. Les trois principaux pays d’Amérique latine en termes de création de logiciels malveillants et de lancement de cyberattaques seraient le Brésil, le Mexique et la Colombie.

Le blanchiment d’argent par le biais des cryptomonnaies a également augmenté.

Diminution de la traite des êtres humains. Le renforcement des contrôles aux frontières depuis l’arrivée de la pandémie en Amérique latine a entraîné une diminution de cette activité pour les groupes de crime organisé. D’autre part, les prix pratiqués par les « coyotes », le nom donné aux trafiquants d’êtres humains, ont augmenté à mesure que les conditions de franchissement des frontières sont devenues plus strictes. Il n’est pas prévu que ces frais diminuent sur le court terme.

Moins de substances illicites et à des prix plus élevés. Les gangs de narcotrafiquants doivent faire face aux restrictions de transport et à l’augmentation des patrouilles visant à faire respecter la quarantaine. De plus, étant donné que de nombreuses frontières ont été fermées et que la police contrôle les véhicules, il est plus difficile pour les trafiquants de déplacer leurs produits.

Cette situation a entraîné la hausse des prix des substances illicites, même dans les villes des États-Unis.

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Les ventes d’armes aux États-Unis montent en flèche en raison de la COVID-19

353.- baixaL’arrivée de la pandémie de coronavirus aux États-Unis a entraîné une augmentation de la vente d’armes en tout genre. Des files d’attente ont même été observées à l’entrée de certaines boutiques d’armes[1]. En effet, de nombreux acheteurs ont exprimé leur besoin de se sentir en sécurité en confinement, certains étant seuls chez eux pendant cette période. La demande d’armes a été très peu spécifique. Les clients demandent presque n’importe quel type d’arme pour se défendre, ce qui n’est pas quelque chose d’habituel, car les acheteurs ont normalement une arme spécifique à l’esprit.

Dès le début de la pandémie aux États-Unis, des cas de décès par arme à feu ont été constatés, soit par suicide, soit pour des raisons liées aux règles de distanciation sociale mises en place pour freiner le coronavirus. Par exemple, à Détroit, des individus armés ont manifesté contre l’obligation de rester chez soi et la fermeture des boutiques d’armes[2].

La grande majorité des gouverneurs, confrontés à la nécessité de réglementer les activités commerciales, ont considéré les boutiques d’armes comme des distributeurs de produits de première nécessité, leur permettant ainsi de poursuivre leurs activités en toute normalité[3]. Dans cinq États seulement, les armes n’ont pas été considérées comme des produits de première nécessité et les boutiques d’armes ont été contraintes de fermer : New York, Nouveau-Mexique, Washington, Massachusetts et Michigan. Les vendeurs titulaires d’une licence fédérale peuvent même vendre leurs armes dans la rue et permettre à leurs clients de les acheter depuis leur voiture afin de respecter les règles en matière de distanciation sociale. Il convient de noter que dans l’État de Virginie, une loi limitant la vente et la possession d’armes à feu a récemment été adoptée[4], bien que la fermeture des boutiques d’armes ne soit pas obligatoire.

La National Rifle Association, qui n’est pas dans son meilleur moment sur le plan économique (en partie en raison de conflits internes qui lui ont coûté cher) et qui avait licencié des employés juste avant l’arrivée de la pandémie, lutte activement contre les gouverneurs qui ont forcé la fermeture des boutiques d’armes. L’association est allée jusqu’à poursuivre les gouverneurs du Nouveau-Mexique et du Massachusetts en justice.

Les recherches sont extrêmement claires à cet égard :

  • il est plus probable qu’une personne soit blessée en menaçant son agresseur avec une arme à feu qu’en s’enfuyant ou en appelant la police ;
  • la présence d’une arme dans un foyer augmente les risques que ses occupants soient blessés ou tués ;
  • seulement un homicide par arme à feu sur 40 est justifié en tant qu’acte de légitime défense ;
  • plus d’armes en circulation signifie plus de tirs accidentels et plus d’homicides.

Par conséquent, il semble évident que l’augmentation du nombre d’armes dans les foyers pendant le confinement peut rendre très dangereux tout conflit domestique éventuel. Comme l’a expliqué clairement la journaliste Melinda Wenner Moyer dans un article publié récemment : « Plus nous possédons d’armes et plus elles sont près de nous, plus nous serons dangereux pendant la pandémie »[5]. En revanche, seuls quelques gouverneurs ont osé s’attaquer aux possibles répercussions de la fermeture des établissements de vente d’armes, face à une opinion publique qui considère la possession d’armes comme un droit fondamental.

[1] https://www.thetrace.org/2020/04/the-coronavirus-has-gun-sales-soaring-his-fear-is-selling-to-the-wrong-person/

[2] https://www.thetrace.org/rounds/daily-bulletin-armed-protesters-stay-at-home-order-michigan/

[3] https://www.thetrace.org/2020/03/coronavirus-gun-store-closures-state-map/

[4] https://www.thetrace.org/2020/01/virginia-lawmakers-advance-historic-gun-reform-package-heres-what-it-means/

[5] https://www.thetrace.org/2020/04/gun-safety-research-coronavirus-gun-sales/

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Comment les délinquants profitent-ils de la pandémie de COVID-19

352.- baixaEuropol a publié il y a quelques semaines un rapport sur les activités criminelles qui tirent profit de la pandémie de COVID-19.

La crise actuelle, une première dans l’histoire de l’Union européenne, a conduit les États membres à prendre différentes mesures de quarantaine, y compris des restrictions de voyage et de la vie publique, afin de ralentir la propagation de l’épidémie. L’objectif étant de soutenir les systèmes de santé publique, de préserver l’économie et de garantir l’ordre et la sécurité publics.

L’UE a identifié les facteurs qui, dans le cadre de la pandémie de COVID-19, ont entraîné des changements en matière de délinquance et de terrorisme, ce qui a eu un impact direct sur la sécurité intérieure de l’UE :

  • la demande élevée de certains produits, équipements de protection et produits pharmaceutiques ;
  • la diminution de la mobilité et du flux de personnes en provenance de l’UE et vers l’UE ;
  • les restrictions de la vie publique, qui ont fait que certaines activités criminelles sont devenues moins visibles et sont désormais menées à domicile ou en ligne ;
  • les citoyens restent chez eux et font de plus en plus de télétravail, en s’appuyant sur des solutions numériques ;
  • l’augmentation de l’anxiété et de la peur, qui peut générer une certaine vulnérabilité ;
  • la diminution de l’offre de certains produits illicites dans l’UE.

En plus d’être un grave problème de santé, la pandémie de COVID-19 présente un risque important en matière de cybersécurité. En effet, les criminels ont très vite profité de la propagation du virus en abusant de la demande croissante d’informations et de biens.

Ils ont utilisé la crise de COVID-19 pour mener des attaques d’ingénierie sociale, notamment des e-mails de phishing via des campagnes de spam, mais aussi des arnaques plus ciblées, telles que la compromission de la messagerie professionnelle (BEC).

La liste de cyberattaques contre des organisations et des individus est longue. Les campagnes de phishing, qui tirent profit de ce problème de santé mondial en distribuant des logiciels malveillants et des logiciels rançonneurs via des liens et des pièces jointes, en font partie.

Selon des sources policières, la recherche de matériel d’abus sexuels d’enfants en ligne a également augmenté. En particulier parce que les enfants sont moins surveillés et plus exposés en ligne en raison du confinement.

Les conséquences économiques pour les citoyens, les entreprises et les organismes publics risquent d’augmenter dans les mois à venir. Les délinquants ont également adapté les arnaques à l’investissement afin d’entraîner des investissements spéculatifs dans des actions liées à la crise de COVID-19, en promettant des bénéfices importants à leurs victimes.

Il est fort probable que les délinquants adaptent leurs mécanismes de fraude afin de tirer profit de la période postpandémique. Une fois de plus, les principales victimes seront les personnes âgées. Les escrocs se feront passer pour des fonctionnaires, des travailleurs sociaux ou des agents sanitaires offrant des tests de détection du COVID-19 afin d’entrer dans les domiciles de leurs victimes et de leur voler des objets de valeur.

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Le virus de la cybercriminalité

351. green-hoodie-thumbnailLes cyberdélinquants sont nombreux à tenter d’exploiter la pandémie de COVID-19 au moyen de différents types d’arnaques et d’attaques. Le nombre de victimes potentielles restant chez elles et utilisant des services en ligne dans l’Union européenne étant plus élevé que jamais, les cyberdélinquants disposent de nombreux moyens d’exploiter les opportunités et les vulnérabilités émergentes.

En avril 2020, Europol a publié le document Catching the virus cybercrime, qui dresse une liste des principales menaces de la cyberdélinquance :

  • l’impact de la pandémie de COVID-19 sur la cybercriminalité a été très visible et marquant par rapport à d’autres activités criminelles ;
  • les cybercriminels actifs ont su s’adapter rapidement afin de tirer profit de l’anxiété et de la peur de leurs victimes ;
  • des campagnes de phishing et de ransomware sont menées à bien afin d’exploiter la crise actuelle, et il est prévu que leur portée et leur ampleur continuent d’augmenter;
  • les activités liées à la distribution de matériel d’exploitation sexuelle d’enfants en ligne augmentent, selon un certain nombre d’indicateurs. Le Darknet continue d’héberger différentes plateformes, telles que des marketplaces et des boutiques en ligne, pour distribuer des biens et des services illicites ;
  • après une première fluctuation des ventes sur le Darknet au début de la crise en Europe, la situation s’est stabilisée en mars 2020 ;
  • les vendeurs tentent d’innover en offrant des produits liés à la pandémie de COVID-19 ;
  • la dynamique de l’offre et de la demande pour certains produits pourra être affectée ;
  • les distributeurs du Web surfacique font face à des pénuries de produits ;
  • les organisations criminelles cherchent à exploiter cette crise de santé publique pour leur propre profit ou pour faire avancer leurs intérêts géopolitiques ;
  • les fausses informations concernant l’épidémie de COVID-19 continuent de se propager dans le monde entier, ce qui peut avoir des conséquences néfastes sur la santé publique et la communication pendant la crise.

Les logiciels rançonneurs ont été la plus grande menace cybercriminelle de ces dernières années. La crise actuelle pourrait bien changer cette dynamique. En effet, la pandémie peut multiplier les effets néfastes d’une attaque réussie contre certaines institutions, ce qui renforce le besoin d’une cyber-résilience efficace.

Il est prévu que le nombre de tentatives de phishing tirant profit de cette crise continue d’augmenter et que de plus en plus de cyberdélinquants inexpérimentés seront en mesure de déployer un ransomware-as-a-service. Mais ces campagnes n’aboutiront pas toutes à des attaques réussies, en raison du manque d’expérience et de compétences techniques des délinquants.

Les délinquants tenteront probablement également d’exploiter les enfants confinés les plus vulnérables sur le plan émotionnel à travers le grooming, la coercition sexuelle et l’extorsion.

Les enfants ayant accès à Internet sans surveillance seront de plus en plus susceptibles d’être exposés à des délinquants par le biais d’activités en ligne telles que des jeux, des groupes de discussion, des tentatives de phishing par e-mail, un contact non sollicité sur les réseaux sociaux, etc.

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La violence diminue au Salvador

342.- comando-elite-1-e1461189843981Le dénommé « Plan de contrôle territorial » est, selon le gouvernement salvadorien, la raison pour laquelle le pays est passé d’être l’un des pays les plus violents au monde à ce que le mois de janvier 2020 devienne le mois le moins meurtrier depuis la guerre civile.

Le président du pays, Nayib Bukele, est convaincu que son plan finira par recevoir le feu vert économique en tant que seul moyen de garantir que le nombre de meurtres continue de diminuer. De nombreux analystes excluent toutefois que cette réduction historique de la violence soit due à une stratégie en matière de sécurité qui, selon eux, n’apporterait rien de nouveau à ce que les gouvernements précédents avaient fait.

Cependant, les chiffres officiels sont clairs et indiquent une diminution significative du nombre d’homicides au Salvador, où le taux de meurtres pour 100 000 habitants est passé de 51 en 2018 à 35,8 en 2019. Cette courbe descendante n’a cessé de s’accentuer depuis l’arrivée de Bukele à la présidence et l’annonce de son plan de sécurité en juin 2019. Depuis juillet, le nombre d’homicides mensuel a toujours été inférieur à 200 victimes. Le record a été atteint en janvier, avec 119 homicides au total et une moyenne quotidienne de 3,8 homicides, soit 60 % de moins qu’en janvier 2018.

Plusieurs analystes associent la diminution de la violence à des facteurs indépendants de la politique du gouvernement. Ils considèrent qu’il est plus probable que les gangs aient décidé de cesser de commettre des meurtres pour éviter les affrontements avec les forces de l’ordre et garder le contrôle sur leurs territoires, notamment afin de pouvoir continuer à mener leurs activités d’extorsion. D’autres chercheurs considèrent la diminution du nombre d’homicides comme un mirage, le résultat d’un geste de bonne volonté de la part des gangs envers le nouveau président. De cette manière, le jour où les gangs voudront adresser un message contraire au président Bukele, les chiffres augmenteront afin de provoquer ou de demander une concession, comme cela s’est déjà produit par le passé.

Le « Plan de contrôle territorial » est une initiative divisée en sept phases, dont deux ont déjà été mises en œuvre. La phase 1 a mobilisé des centaines de policiers et de militaires dans les rues. Les prévisions de la phase 2 comprennent la reconstruction du tissu social et l’autonomisation des jeunes. La phase 3 attend l’approbation d’un prêt de 109 millions de dollars de la part de la Banque centraméricaine d’intégration économique, qui vise à améliorer l’équipement des forces de l’ordre. Les phases 4 à 7 n’ont pas encore été rendues publiques.

Le gouvernement considère qu’il est essentiel que les forces de l’ordre déployées restent dans les zones les plus conflictuelles de manière continue. Par le passé, elles restaient présentes pendant 72 heures maximum et, lorsqu’elles se retiraient, les structures criminelles reprenaient leur cours.

Il convient de prendre en compte que l’un des principaux défis de cette stratégie est sa viabilité financière. Le gouvernement s’est également engagé à faire participer les citoyens afin de garantir que les indicateurs les plus récents se maintiennent.

La répression et la lutte contre les forces de l’ordre ont une limite et, à moins que la société ne soit activement impliquée, les résultats ne seront pas durables. Pour certains analystes, le renforcement des projets de réforme sociale et de promotion de l’emploi permettrait de réduire les taux d’homicides, et pas uniquement les poursuites criminelles.

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La police de Londres utilise la reconnaissance faciale dans l’un des endroits les plus fréquentés du quartier commerçant de la ville

341.- monitoring-camera-city-video-royalty-free-thumbnailLa police de Londres a activé la technologie de reconnaissance faciale en plaçant des caméras sur la partie supérieure de fourgons de police situés à l’extérieur de la boutique Microsoft sur Regent Street et à l’entrée de la station de métro Oxford Circus.

La police métropolitaine de Londres a assuré que le déploiement de la reconnaissance faciale en direct dans la capitale britannique vise à réduire les délits graves. Cependant, les détracteurs de cette technologie invoquent son impact sur la vie privée dans l’un des quartiers commerçants les plus fréquentés au monde.

La police utilise une technologie assez simple: les caméras scannent les visages des passants et, lorsque l’un d’entre eux figure sur sa liste de suspects, la police doit agir immédiatement.

Certains craignent que la technologie identifie des innocents en tant que suspects, surtout s’il s’agit de personnes appartenant à des minorités.

Un organisme non gouvernemental nord-américain, le National Institute of Standards and Technology (NIST), a publié un rapport dans lequel les technologies de 100 entreprises différentes ont été mises à l’épreuve, et il a été démontré que dans la plupart des cas, l’âge, le sexe et l’origine ethnique affectaient la précision. Il a été constaté que, dans certains cas, des personnes appartenant à certains groupes pouvaient être identifiées par erreur jusqu’à 100 fois plus souvent que d’autres.

Un autre organisme de défense des droits de l’homme, Liberty, a voulu se rendre dans la zone où se trouvent les caméras de reconnaissance faciale afin d’y distribuer des tracts encourageant les passants à s’opposer à cette technologie. Les activistes de Liberty considèrent que la technologie risque d’identifier à tort des femmes et des personnes issues des communautés ethniques noires, asiatiques et minoritaires. C’est pour cette raison qu’ils sont opposés à ce que la police scanne les visages de tous les passants en masse et obtienne des données biométriques sans leur consentement.

Pour sa part, la technologie fournie par la société japonaise NEC est censée faire correspondre les visages des passants avec une galerie de visages de suspects connus de la police. Par conséquent, la technologie de reconnaissance faciale en direct ne stockera le visage des gens dans aucune base de données.

Qui plus est, les visages des personnes qui ne figurent pas sur les listes de surveillance de la police seront floutés dans les images que les policiers verront et ne seront pas stockés dans les archives des ordinateurs de la police. Selon des sources policières, les caméras seront utilisées dans des endroits spécifiques pendant une durée limitée.

Malgré cela, de nombreuses organisations continuent de s’ajouter à la liste des opposants à ces mesures policières. L’organisation Big Brother Watch souligne que les citoyens de Londres n’avaient encore jamais été soumis à des contrôles d’identité sans suspicions, et encore moins à si grande échelle. Elle considère que la technologie rend les citoyens moins libres sans pour autant les protéger.

https://www.oodaloop.com/

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Une grève de la police fait augmenter le nombre d’homicides au Brésil

340.- Policiais_ocupam_Complexo_do_AlemaoLe nombre d’homicides a été multiplié par cinq dans différentes villes du nord du Brésil pendant une grève de la police et des pompiers, qui réclament une augmentation de leurs salaires après six ans de stagnation.

Le gouvernement fédéral a envoyé plus de 2 500 militaires en renfort et des centaines de policiers ont été licenciés pour avoir participé aux manifestations en faveur de l’amélioration de leurs conditions économiques.

Des centaines de policiers cagoulés ont perturbé la sécurité dans le nord-est du Brésil lors des festivités du carnaval, qui ont dû être suspendues. Les manifestants ont tenté d’empêcher leurs collègues de patrouiller dans les rues en bloquant leurs mouvements et en piégeant leurs pneus.

La diminution du nombre de policiers a été accompagnée d’une augmentation des homicides, en particulier dans l’État de Cearà. Si la moyenne quotidienne de meurtres était déjà élevée, avec six personnes tuées violemment chaque jour depuis le début de l’année 2020, les chiffres officiels ont récemment été multipliés par cinq, avec 150 homicides en une semaine, selon le Secrétariat de la sécurité publique et de la défense sociale.

La tension dans les rues a atteint le point où un sénateur opposé aux manifestations de la police, Cid Gomes, du Parti démocratique travailliste, a été blessé par arme à feu en tentant d’entrer de force avec une rétrocaveuse dans un commissariat occupé par les grévistes dans la ville de Sobral.

La réponse du gouvernement fédéral, au nom du président Jair Bolsonaro, a été d’envoyer 2 500 militaires à Cearà pour regagner les rues. Les autorités ont également licencié plus de 200 policiers et en ont détenu environ 40 pour désertion.

Les manifestations ont commencé en décembre 2019. Des policiers et des pompiers de l’État de Cearà ont manifesté devant l’Assemblée législative de la capitale, Fortaleza, réclamant une augmentation de leur salaire. Leur insatisfaction est due au fait qu’ils n’ont reçu aucune d’augmentation au cours des six dernières années, ce qui aurait représenté environ 27 % de revenus supplémentaires.

Le Secrétariat de la sécurité publique et de la défense sociale de Cearà avait annoncé un investissement d’environ 600 millions de réaux (soit plus de 136 millions de dollars) dans la sécurité entre 2015 et 2018. Il n’a toutefois pas investi dans ce que les policiers réclamaient, mais dans le recrutement de 10 000 nouveaux agents et la formation de 15 000 militaires.

Début février, le gouvernement de Cearà s’est engagé à augmenter progressivement les revenus des policiers et des pompiers, en faisant passer leur salaire de 3 200 à 4 500 réaux. L’équivalent en dollars américains serait une augmentation de 750 à 1 025 $. Mais cette augmentation de salaire serait introduite progressivement jusqu’en 2022.

Les policiers et les pompiers ont contesté cette décision et convoqué des manifestations pour exprimer leur mécontentement. Mais étant donné que la constitution brésilienne interdit aux forces de l’ordre de participer à des grèves, la justice a déclaré ces manifestations illégales.

La décision de la justice a eu l’effet contraire à celui recherché : les policiers ont commencé à cesser complètement leurs activités. Malgré les éruptions de violence et les pressions politiques et judiciaires exercées, la grève est toujours en cours.

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Le gouvernement du Salvador met en œuvre des stratégies concrètes contre les gangs

339.- Mara_Salvatrucha_MS13Le président du Salvador, Nayib Bukele, a annoncé la mise en application de stratégies concrètes visant à réduire la violence dans le pays. En effet, le taux d’homicide du Salvador fait partie des plus élevés au monde, avec 50,3 meurtres pour 100 000 habitants en 2018.

Le gouvernement, qui avait critiqué les politiques antérieures comme un « acharnement » contre les gangs, a annoncé de nouveaux paradigmes de lutte contre la criminalité, qui est considérée comme un problème social résultant du manque d’opportunités et de la pauvreté. Mais pour le moment, il n’a pas été question de politiques de prévention ou de réinsertion, mais d’attaquer les gangs dans deux environnements considérés comme clés par le gouvernement actuel : les prisons et le centre des grandes villes.

La première chose que le gouvernement souhaite faire est de s’attaquer aux finances des gangs. L’objectif est d’empêcher les gangs d’avoir des revenus et, par conséquent, d’empêcher leur financement. Il semblerait que les gangs financent près de 80 % de leurs opérations grâce à l’extorsion. En parallèle, le gouvernement veut empêcher le blanchiment d’argent auprès des entreprises qui facilitent leurs opérations.

Une deuxième initiative serait de récupérer le centre des grandes villes, où les gangs mèneraient la plupart de leurs activités d’extorsion. Selon des sources gouvernementales, les initiatives antérieures axées sur les petites collectivités rurales étaient inefficaces.

Pour récupérer ces centres historiques, le gouvernement prévoit de déployer des caméras de sécurité et d’augmenter la présence des forces de l’ordre, qui recevraient un investissement de 15 millions de dollars visant à améliorer leurs conditions de travail.

La troisième initiative de lutte contre les gangs consisterait à couper la communication avec les prisons, d’où proviendrait 80 % de la coordination des homicides et des activités d’extorsion. De cette manière, les communications en provenance de ces centres pourraient être avortées. Pour cela, il est également prévu que le personnel pénitentiaire soit renouvelé afin d’éviter la corruption et l’extorsion au sein des prisons.

Le plan de sécurité mis en œuvre par le gouvernement salvadorien ne prévoit aucun dialogue avec les gangs. En effet, il a été souligné qu’un gouvernement ne devrait pas dialoguer avec des « groupes criminels ».

Selon certains experts en la matière, les politiques exclusives « d’acharnement » ne peuvent pas fonctionner sans un plan qui analyse les racines socioéconomiques de la violence dans le pays. Ils considèrent l’incarcération de milliers de membres de gangs inutile, car ces derniers font déjà partie du tissu social du Salvador.

Mais les dirigeants politiques considèrent que la criminalité est la principale préoccupation de la population et veulent se montrer implacables afin de répondre aux attentes des Salvadoriens. Les analystes politiques ouvrent toutefois la voie à une stratégie double : commencer le mandat par une politique de lutte contre le crime visiblement plus dure, attendre la réaction des gangs et promouvoir une sorte de proposition alternative plus tard.

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