Un rapport sur la situation en matière de terrorisme en 2019 dans l’Union européenne

363.- baixaEuropol a récemment publié un rapport sur la situation en matière de terrorisme dans l’Union européenne, qui révèle les chiffres et les tendances concernant les attentats, les attaques et les arrestations de terroristes présumés dans l’Union en 2019.

En conséquence de ces activités terroristes :

  • 119 attentats au total, avortés ou achevés, ont été signalés par 13 États membres de l’Union européenne.
  • 1 004 personnes ont été arrêtées pour des délits liés au terrorisme dans 19 États membres.
  • Les pays ayant procédé au plus grand nombre d’arrestations sont la Belgique, la France, l’Italie, l’Espagne et le Royaume-Uni.
  • 10 personnes ont été tuées et 27 ont été blessées dans des attaques terroristes au sein de l’Union européenne en 2019. Il s’agissait presque exclusivement d’attentats djihadistes, bien que la tendance à la baisse de ce type d’attaques se poursuive.
  • La situation dans les zones de conflit hors d’Europe a continué à affecter les circonstances du terrorisme djihadiste en Europe.

Plusieurs cas de financement du retour de combattants terroristes étrangers ont été observés en 2019, bien que le financement de groupes terroristes hors d’Europe ait diminué par rapport aux années précédentes.

Le rapport attire l’attention sur les attaques terroristes d’extrême droite, qui se sont faites plus fréquentes au cours de la dernière période, passant d’une attaque en 2018 à six en 2019. Le document souligne que les attentats de Christchurch (Nouvelle-Zélande), de Poway (États-Unis), d’El Paso (États-Unis), de Bærum (Norvège) et de Halle (Allemagne) s’inscrivent dans une vague d’incidents violents à l’échelle mondiale. Les auteurs de ces incidents faisaient partie de communautés transnationales similaires, avec un réseau commun, et se sont inspirés les uns des autres.

Le rapport explique également que les extrémistes de droite violents entretiennent des liens internationaux en participant, par exemple, à des concerts ou à d’autres types de manifestations.

En ce qui concerne les attentats terroristes d’extrême gauche et de type anarchiste, les chiffres ont été similaires à ceux de 2016 et 2017, après une baisse en 2018. Toutes les attaques ont eu lieu en Grèce, en Italie ou en Espagne. Quant aux arrestations pour activités terroristes d’extrême gauche présumées, on en comptait 34 en 2018, mais elles ont triplé en 2019, s’élevant au nombre de 111, principalement localisées en Italie. Les explosifs utilisés par ces groupes étaient fabriqués à partir de matériaux faciles d’accès.

L’utilisation d’armes à feu et d’explosifs est restée prédominante dans les attentats terroristes à caractère séparatiste et dans les attaques violentes inspirées par des idéologies d’extrême droite.

Les mesures prises par les plateformes de réseaux sociaux pour lutter contre la diffusion de propagande terroriste ont conduit certains groupes à revenir aux formules traditionnelles de communication en ligne. Les suspects arrêtés pour propagande terroriste en Europe étaient parfois impliqués de longue date dans des activités djihadistes.

Dans l’Union européenne, peu d’éléments laissent à penser qu’il existe un lien entre le crime organisé et le terrorisme qui serait systématique et clairement défini. Cependant, on observe des indices de certaines transactions entre criminels et extrémistes de bas niveau, qui coïncident souvent socialement dans les zones marginalisées.

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Le Salvador poursuit sa lutte incertaine contre les gangs

362.- baixaEn pleine pandémie de COVID-19, les images de milliers de membres de gangs entassés par le gouvernement du Salvador ont fait le tour du monde.

Le pays continue sa lutte contre les membres des gangs, en particulier ceux de la Mara Salvatrucha et la 18. Selon Osiris Luna, vice-ministre de la Sécurité et directeur général du système pénitentiaire, l’État a décidé de mélanger différents groupes d’organisations criminelles en détention dans les mêmes cellules afin de frapper un grand coup sur les gangs.

Depuis une vingtaine d’années, les gouvernements successifs utilisent le lieu commun de la prison pour démontrer qu’ils combattent fermement le phénomène des gangs. Il ne faut pas oublier que, selon les estimations officielles, il existe environ 60 000 membres actifs de gangs dans un pays qui compte moins de 7 millions d’habitants.

De plus, en 2018, selon les informations des centres pénitentiaires, 44 % de la population carcérale était membre d’un gang, soit 17 400 personnes sur un total de 39 300 personnes incarcérées.

La différence est qu’auparavant, le système pénitentiaire permettait une ségrégation totale entre les membres des différents gangs, avec des prisons exclusives assignées à chaque gang.

Cette initiative, considérée par les gangs comme une victoire contre le système, a servi à contenir pendant des années les chiffres d’émeutes et de meurtres à l’intérieur des prisons, mais a consolidé le pouvoir et la structure interne de ces organisations criminelles.

Le gouvernement précédent a pris les premières décisions pour changer cette situation en 2016, mais c’est sous le gouvernement de Nayib Bukele que les transformations se sont accélérées.

Les conséquences que ces politiques pénitentiaires peuvent entraîner sont imprévisibles. Il faut également retenir que les gangs comme la Mara Salvatrucha ou MS-13 sont formés d’un conglomérat de programmes et de cliques avec une certaine autonomie opérationnelle et, même s’il existe un commandement général, ces derniers ne suivent pas toujours les mêmes ordres. De ce fait, il y a eu des conflits sanglants entre les membres d’un même gang. Aujourd’hui, parler de la MS-13 au Salvador en tant qu’entité homogène n’est plus très précis.

L’autre gang principal se nomme le Barrio 18. Il a également connu des conflits internes au milieu de la dernière décennie et a divisé son groupe en deux camps : les Sureños et les Revolucionarios.

D’autres gangs mineurs tels que La Mirada, Locos 13 ou la Mao-Mao compteraient actuellement environ 300 membres actifs incarcérés.

On distingue également le front de ceux que l’on appelle les retraités, d’anciens membres de gangs, qui ont généralement quitté la MS-13 ou la 18, surtout à la suite de problèmes internes.

Ils ne sont pas considérés comme un gang mais, à ce stade, plus de 3 000 d’entre eux sont en prison. De plus, depuis 2004, ils se sont vu attribuer un centre pénitentiaire exclusif dans ville de Sonsonate.

https://www.eluniversal.com.mx/mundo/el-salvador-polemica-por-fotos-de-pandillas-hacinadas

https://elpais.com/elpais/2020/04/28/eps/1588078228_9303.html

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Le système intégral de sécurité publique dans la ville de Buenos Aires

361.- baixaDepuis 2017, la ville de Buenos Aires applique le système intégral de sécurité publique, un plan complet qui comprend divers aspects, tels que la formation de la nouvelle police municipale, le renforcement de l’intégration sociale, la participation citoyenne, etc.

Le système intégral de sécurité publique permet de coordonner plus de 32 000 agents de la police municipale, des pompiers, des services d’urgence, du SAME (système de soins médicaux d’urgence), de la protection civile, etc., qui travaillent de façon unifiée. Parmi ces 32 000 agents, 24 869 font partie de la police municipale, résultat de la fusion de la police métropolitaine et de la police fédérale argentine.

Environ 1 000 civils ont également été affectés à des commissariats pour effectuer des tâches administratives. Cela a permis de fournir un nombre équivalent de policiers pour les missions sur le terrain. Ces policiers participent à un nouveau déploiement territorial, avec un système d’arrêts fixes et de patrouilles de police basé sur un logiciel qui intègre la densité de la population, les déplacements des personnes et la carte de la criminalité.

Concernant la technologie, le système intégral de sécurité publique présente une innovation dans tous les domaines :

  • Utilisation de 25 000 terminaux de téléphonie mobile. Interdiction, en parallèle, d’utiliser des téléphones privés ou d’autres dispositifs électroniques afin d’éviter toute distraction.
  • Les portables sont équipés de GPS pour systématiquement géolocaliser les véhicules d’urgence et enregistrer les itinéraires qu’ils empruntent.
  • Existence d’un anneau numérique qui contrôle 73 entrées et sorties de la ville avec des caméras de lecture qui identifient les véhicules qui entrent et sortent.
  • Pour lutter contre les violences faites aux femmes, on utilise des boutons antipanique et des bracelets électroniques « Femmes en sécurité ».
  • Système intégral de vidéosurveillance qui centralise toutes les caméras de la ville. Aujourd’hui, il y a plus de 10 000 caméras installées dans les rues et 4 000 dans les moyens de transports. Parmi les caméras installées dans les rues, 300 comprennent un système de reconnaissance faciale pour les fugitifs.
  • Système centralisé de réception des appels avec une salle pour le numéro d’urgence 911 et un centre unique de coordination et de contrôle.
  • Utilisation de méthodes d’analyse de la criminalité pour mieux y faire face, comme la carte de la criminalité, qui sert à collecter, traiter et analyser les données sur les comportements criminels dans la ville.
  • Application d’un système de plainte unique prévu pour permettre des vidéoconférences à partir de tous les commissariats.

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L’impact du COVID-19 sur les marchés de la drogue en Europe

360.- baixaÀ la fin de l’année 2019, l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (EMCDDA) et Europol ont publié un document d’analyse de l’activité sur les marchés de la drogue dans l’Union européenne.

À ce moment-là, personne n’aurait pu prévoir les changements drastiques qu’entraînerait la pandémie de COVID-19, la manière dont elle affecterait notre vie quotidienne, ni son impact considérable sur les marchés de la drogue. Il était essentiel d’examiner l’étendue et la nature de cet impact pour identifier d’éventuels éléments qui devraient faire l’objet de recherches plus approfondies.

Cette analyse des marchés de la drogue dans l’Union européenne vise à améliorer la compréhension des événements en cours et de leur impact sur la sécurité intérieure et la santé publique au sein de l’Union européenne. Ainsi, l’objectif est d’informer les institutions européennes et les partenaires des États membres, une étape indispensable à la formulation de réponses efficaces.

Les restrictions sur les voyages à l’échelle mondiale et d’autres mesures résultant de la pandémie de COVID-19 ont eu pour impact une perturbation temporaire des marchés de la drogue, certaines substances se faisant plus rares et plus chères. Elles ont aussi eu d’autres conséquences :

  • Du fait des mesures de distanciation sociale, c’est au niveau de la distribution que la perturbation de la chaîne d’approvisionnement et de la logistique du trafic de drogue en Europe se remarque le plus.
  • Les mouvements de grandes quantités de drogues entre les États membres de l’Union européenne se sont poursuivis, malgré l’introduction de contrôles aux frontières, en raison du maintien du transport commercial de marchandises dans toute l’Union.
  • En ce qui concerne la cocaïne, il existe peu de preuves d’une perturbation de l’activité d’importation en gros ; cependant, les experts de certains pays signalent une augmentation des prix et une diminution de la pureté du produit destiné à la consommation, ce qui indique des pénuries d’approvisionnement localisées.
  • Les groupes de crime organisé restent vigilants et ajustent leur mode opératoire à la situation actuelle en exploitant des canaux de communication sécurisés et en s’adaptant aux modes de transport, aux itinéraires de trafic et aux méthodes de dissimulation.
  • L’instabilité actuelle crée un environnement de plus en plus volatil pour les entreprises criminelles tout au long de la chaîne d’approvisionnement en Europe et semble avoir conduit à une augmentation des violences parmi les distributeurs de niveau moyen.
  • On remarque qu’il y a plus de livraisons à domicile et moins de ventes en personne. L’option de l’argent liquide comme moyen de paiement semble se développer pour les transactions individuelles.
  • La pénurie de résine de cannabis a entraîné une augmentation des prix de vente au détail.
  • Le trafic d’héroïne reste présent sur beaucoup des itinéraires connus. Dans certaines régions, la disponibilité de l’héroïne a diminué, mais cela varie notamment en fonction des réglementations nationales de confinement et des restrictions de circulation. Des prix plus élevés ont également été signalés à certains endroits.
  • Le trafic de cocaïne par conteneurs maritimes se maintient à des niveaux comparables, voire supérieurs à ceux de 2019.
  • La production de drogues de synthèse se poursuit dans les principales zones européennes de production aux Pays-Bas et en Belgique, comme en témoigne le nombre de laboratoires illicites démantelés. Cependant, en Europe et dans le monde, la demande de drogues de synthèse consommées dans des environnements récréatifs, en particulier la MDMA, semble avoir baissé à court terme en raison de la fermeture de locaux et de l’annulation de festivals.

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Le nombre de détenus aux États-Unis a diminué en 2018

359.- imagesPendant l’année 2018, la population carcérale aux États-Unis est passée de 1 489 200 à 1 465 200 détenus, ce qui correspond à 24 000 personnes incarcérées en moins, soit une diminution de 1,6 %. On observe une baisse de 1,7 % chez les hommes, avec 1 354 313 détenus, et de 0,5 % chez les femmes, avec 110 845 détenues.

En 2018, la proportion de personnes incarcérées condamnées aux États-Unis était de 431 pour 100 000 habitants, en tenant compte des détenus dans les prisons fédérales et les prisons d’État. C’est le taux le plus bas depuis 1996. Il s’élevait alors à 427 personnes incarcérées pour 100 000 habitants.

Au cours des dix dernières années, ce chiffre a baissé de 15 % aux États-Unis, passant de 506 détenus condamnés pour 100 000 habitants en 2008 à 431 détenus condamnés pour 100 000 habitants en 2018.

En ce qui concerne l’évolution des données d’incarcération par groupe ethnique entre 2008 et 2018, on constate une diminution de 28 % de la proportion d’habitants noirs incarcérés, de 21 % de la proportion d’habitants hispaniques incarcérés et de 13 % de la proportion d’habitants blancs incarcérés. De plus, le taux d’incarcération chez les hommes noirs en 2018 était le plus bas depuis 1989. Il convient toutefois de noter que le taux d’incarcération chez les hommes noirs en 2018 équivalait à 5,8 fois le taux d’incarcération chez les hommes blancs, tandis que le taux d’incarcération chez les femmes noires représentait 1,8 fois le taux d’incarcération chez les femmes blanches.

Par ailleurs, en 2018, 22 États en tout affichaient un taux d’emprisonnement supérieur à la moyenne des États-Unis. L’État présentant le plus haut taux était la Louisiane, avec 695 détenus condamnés pour 100 000 habitants. Viennent ensuite l’Oklahoma, avec 693 détenus pour 100 000 habitants, et le Mississipi, avec 626 détenus pour 100 000 habitants. À l’opposé, on trouve des États tels que le Minnesota, le Maine, le Massachusetts, le Rhode Island ou le Vermont, avec des chiffres inférieurs à 200 détenus condamnés pour 100 000 habitants.

Sur l’ensemble des personnes incarcérées aux États-Unis en 2018, on trouve 7,7 % de citoyens étrangers. Un pourcentage parallèle à la part de la population étrangère présente dans le pays, 6,9 % selon le bureau de recensement des États-Unis. En ce qui concerne l’âge, 3 % des détenus sont âgés de plus de 64 ans.

Il convient de mentionner que parmi les militaires en prison qui ont servi dans les forces aériennes ou la marine de guerre des États-Unis, près de 75 % ont été incarcérés pour des délits de nature sexuelle. 45 % de ces derniers ont été condamnés pour des délits sexuels avec violences.

Si l’on s’intéresse aux causes de l’incarcération par appartenance ethnique, on remarque que 61 % des membres des communautés hispaniques et noires incarcérés et 48 % des détenus blancs purgent une peine de prison pour délit avec violences. Ainsi, 23 % des détenus blancs ont été condamnés pour atteinte à la propriété, tandis que ce pourcentage s’élève à 13 % chez les détenus hispaniques et noirs. 15 % des détenus ont été incarcérés pour des délits portant atteinte à la santé publique, avec 4 % pour possession de drogue, avec des chiffres allant de 13 % des détenus noirs à 16 % des détenus blancs.

Enfin, 67 % des admissions de prisonniers condamnés en 2018 étaient de nouvelles admissions, tandis qu’environ 30 % étaient dues à des violations de la surveillance post-carcérale. Les 3 % restants sont dus à divers facteurs, tels que la récidive.

https://www.bjs.gov

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Femmes et crime organisé en Amérique latine

358.- baixaLe crime organisé est l’un des principaux défis auxquels l’Amérique latine est confrontée. C’est ainsi que l’exprime l’étude Mujeres y crimen organizado en América Latina: más que víctimas o victimarias (« Femmes et crime organisé en Amérique latine : plus que des victimes ou des bourreaux ») de l’Observatorio Colombiano de Crimen Organizado.

En effet, les niveaux élevés de violence dans la région sont particulièrement alarmants. Depuis les années 90, l’ouverture des économies, la faiblesse institutionnelle des États et d’autres facteurs sociaux tels que la pauvreté et les inégalités ont favorisé la croissance d’activités transnationales telles que le trafic de drogue, le trafic d’armes et le trafic de migrants. De cette manière, l’Amérique latine est devenue la région du monde où les actes criminels se sont le plus développés.

Les hommes ont toujours dominé le secteur des activités illégales, ces dernières étant généralement considérées comme « une affaire d’hommes ». La participation des femmes au crime organisé n’a été que très peu analysée dans les études universitaires et le débat public.

En raison du manque d’informations et de chiffres, la recherche sur ce sujet est limitée, même si elle a considérablement augmenté au cours de la dernière décennie. L’invisibilité relative des femmes dans les débats sur le crime organisé est également due au fait qu’elles sont généralement vues comme une annexe de leurs partenaires masculins au sein des structures criminelles, par exemple en tant qu’amantes ou objets sexuels. Les stéréotypes selon lesquels les femmes sont dépendantes et faibles renforcent l’idée qu’elles ne peuvent pas prendre de décisions indépendantes en matière d’activités illégales.

La participation des femmes aux structures du crime organisé n’est pas uniforme. Les différents rôles joués par les femmes dans les activités criminelles permettent de distinguer différents types de participation qui forment un éventail : de subordonnées et victimes à protagonistes, leaders et bourreaux dans certains cas.

Malgré le manque de preuves empiriques systématiques concernant la participation des femmes au crime organisé, cette recherche permet de formuler quelques recommandations pour la prévention et la prise en charge des populations touchées :

  • renforcer les systèmes d’informations statistiques sur le crime organisé et la participation des femmes à différentes activités criminelles en tant que victimes et bourreaux ;
  • élaborer des stratégies de différenciation qui montrent la nature propre de la participation des femmes à l’économie du crime organisé ;
  • comprendre les facteurs qui poussent les femmes à participer à des activités illégales à des fins préventives ;
  • créer des cartes illustrant les différents rôles des femmes dans le crime organisé, y compris d’autres activités illégales telles que la contrebande et l’extorsion ;
  • promouvoir l’émancipation des femmes au moyen d’initiatives collectives qui visent à donner des opportunités aux femmes les plus susceptibles de tomber dans le crime organisé ;
  • renforcer les synergies de travail entre les gouvernements locaux, régionaux et nationaux des pays d’Amérique latine afin de fournir une assistance aux victimes du crime organisé;
  • encourager les autorités de police et de justice d’Amérique latine à adopter une approche sexospécifique dans leurs enquêtes ;
  • renforcer les liens entre les institutions sociales, économiques et éducatives afin d’encourager les femmes spécialisées dans la logistique à passer de l’illégalité à la légalité.

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Faites bien attention à la carte SIM de votre téléphone portable !

357.- baixaComment les délinquants volent-ils des milliers d’euros en s’attaquant à des numéros de téléphone ? Votre téléphone portable perd son signal et ne sonne plus lorsque l’on vous appelle. Vous essayez de vous connecter à votre compte bancaire mais le mot de passe ne fonctionne pas. Malheureusement, vous êtes victime d’une arnaque à la carte SIM et votre numéro de téléphone est désormais contrôlé par un délinquant.

Lors d’une arnaque à la carte SIM, le fraudeur se fait passer pour sa victime et demande une nouvelle carte SIM à son opérateur de façon à recevoir tous les appels entrants et SMS envoyés au numéro de téléphone de la victime, y compris les mots de passe qui lui permettent d’accéder à son compte bancaire.

L’arnaqueur peut effectuer des transactions en utilisant des méthodes telles que des logiciels malveillants, et lorsque la banque envoie un mot de passe par SMS, le fraudeur le reçoit et autorise la transaction.

Plusieurs polices de l’Union européenne (Autriche, Espagne et Roumanie) ont mené des opérations avec ce dénominateur commun, considéré par les autorités comme une menace croissante. En Espagne, un groupe de 12 individus de nationalité italienne, roumaine, colombienne et espagnole qui avaient réussi à voler 137 000 € sur les comptes bancaires de plusieurs victimes ont été arrêtés en coordination avec Europol et le Centre européen de lutte contre la cybercriminalité (EC3).

Leur mode opératoire n’est pas très complexe, mais s’est avéré efficace. Les délinquants ont obtenu les mots de passe des comptes bancaires en ligne de leurs victimes en utilisant des méthodes de piratage telles que des chevaux de Troie bancaires ou d’autres types de logiciels malveillants.

Si vous ne voulez pas être la prochaine victime, voici quelques conseils :

  • maintenez les logiciels de tous vos appareils à jour ;
  • ne cliquez pas sur les liens et ne téléchargez pas les pièces jointes d’e-mails que vous n’attendiez pas ;
  • ne répondez pas aux e-mails suspects;
  • limitez la quantité de données à caractère personnel que vous partagez en ligne ;
  • utilisez l’authentification à deux facteurs pour accéder à vos services en ligne plutôt que de vous envoyer un code d’authentification par SMS ;
  • si possible, n’associez pas votre numéro de téléphone à des comptes en ligne délicats ;
  • configurez votre code PIN afin de limiter l’accès à votre carte SIM et ne partagez ce code PIN avec personne d’autre.

Si votre téléphone perd son signal soudainement, sans raison apparente :

  • informez votre fournisseur de services de votre situation ;
  • si vous remarquez des transactions suspectes sur votre compte bancaire, contactez votre banque ;
  • changez immédiatement tous les mots de passe de vos comptes en ligne ;
  • gardez toutes les preuves au cas où vous auriez à contacter la police.

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Une situation complexe dans les prisons argentines

356.- baixaS’intéresser au système carcéral argentin, c’est aborder est un univers très complexe, mais les chiffres des dernières statistiques officielles de janvier 2019 révèlent une dure réalité : 103 000 détenus dans 308 établissements pénitentiaires.

La massification est la principale caractéristique et la principale préoccupation des établissements pénitentiaires argentins. La courbe d’augmentation est en forte hausse depuis 2007 et dépasse le taux de criminalité. Actuellement, le taux d’incarcération est trois fois plus élevé que le taux de criminalité.

L’augmentation de la population carcérale est due à de multiples facteurs : un durcissement du droit pénal, des discours officiels au ton répressif, des revendications à caractère social, une influence des médias, etc.

En outre, près de la moitié de ces 103 000 personnes incarcérées se trouvent en détention préventive, sans qu’un procès ait eu lieu pour déterminer leur culpabilité. Un autre aspect décisif serait l’emprisonnement sans distinctions décrété quotidiennement par les juges, mais aussi la non-libération de personnes qui pourraient être placées sous un régime différent du régime carcéral.

La surpopulation carcérale entraîne une saturation, des épisodes de violence entre les détenus ou entre ces derniers et les surveillants de prison, la détérioration des installations en raison d’une utilisation intensive, et un accès aux droits fondamentaux et essentiels de plus en plus difficile (alimentation, santé, éducation, etc.). Évidemment, plus il y a de détenus, plus il est difficile d’accéder aux faibles ressources du système.

Toutefois, des signes pertinents de changement se profilent à l’horizon. Il convient de mentionner d’abord l’ouverture et la transparence. Il y a vingt ans, les prisons étaient des établissements totalement opaques. Aujourd’hui, ce sont des espaces où circulent constamment des personnes du monde extérieur et des organisations de toute sorte, qui se rendent dans les établissements avec de multiples propositions : culturelles, éducatives, professionnelles, religieuses, sportives, etc. L’opinion publique est au courant du positif et du négatif.

En ce qui concerne le domaine professionnel, on constate l’émergence progressive de quelques expériences d’autogestion où les détenus s’organisent pour commercialiser leurs produits hors de l’établissement pénitentiaire.

Cependant, ces timides initiatives ne correspondent pas à une vision authentique de la réalité des prisons argentines, car il est très difficile d’accéder à ces droits dans un cadre carcéral. Et pourtant, la situation des personnes non incarcérées est également difficile.

Il convient également de mentionner le rôle des surveillants de prison. Ils sont précédés par une triste histoire d’abus et de violences. Un renouvellement générationnel chez les surveillants est actuellement cours, ainsi que l’incorporation des femmes dans cet environnement historiquement masculin.

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Le nombre de consommateurs de drogue augmentera de 150 % en Afrique subsaharienne

355.- baixaLa nouvelle enquête de l’ENACT [1] est à ce jour la plus complète jamais menée sur le trafic de drogue, les modes de consommation et les politiques en matière de drogue en Afrique.

Selon les études de l’ENACT sur la criminalité transnationale organisée, les politiques inefficaces en matière de drogue, nourries par la corruption et le crime organisé, ne font qu’aggraver une crise de la drogue en plein développement en Afrique.

La consommation de drogues illicites en Afrique, y compris l’usage non médical d’opioïdes délivrés sur ordonnance, représente une menace pour le développement et, d’après les prévisions, deviendra bientôt un problème urgent de santé publique.

L’Afrique subsaharienne connaîtra la plus forte augmentation au monde du nombre de consommateurs de drogue au cours des 30 prochaines années, et sa part dans la consommation mondiale de drogue sera multipliée par deux.

Les prisons sont surpeuplées et beaucoup parmi les jeunes générations se voient condamnés pour des délits de faible gravité. Les marchés continentaux de la drogue continuent de se développer, même si les cultures illicites sont détruites, les laboratoires de drogue démantelés et les cargaisons de drogue confisquées.

La drogue est devenue une source de revenus pour les organisations terroristes et les groupes de crime organisé, mais les forces de police africaines n’ont pas les capacités institutionnelles, technologiques et financières suffisantes pour freiner de manière significative le développement des marchés du trafic de drogue.

Les chercheurs estiment que le nombre de consommateurs de drogue en Afrique subsaharienne augmentera de près de 150 % au cours des trois prochaines décennies. On prévoit que d’ici à 2050, 14 millions d’Africains en plus consommeront des drogues illicites, pour un total de 23 millions de consommateurs en Afrique subsaharienne.

Le rôle de plaque tournante mondiale du trafic de drogues illicites de l’Afrique de l’Ouest s’est intensifié, en particulier pour la cocaïne, et une économie illégale s’y est développée autour de la production et de la distribution de méthamphétamine.

Le phénomène des drogues dures en Afrique contribue à l’augmentation de la production mondiale de cocaïne et d’héroïne, au point d’atteindre des niveaux qui, selon le Rapport mondial sur les drogues de 2018, sont les plus hauts jamais enregistrés. Parmi les autres moteurs de la croissance du commerce et de la consommation de drogue, on trouve l’urbanisation croissante, le développement des infrastructures et des voies de transport, une population jeune en rapide augmentation, ainsi qu’une situation sociale et économique difficile pour des millions de personnes.

Les chercheurs ont fait plusieurs recommandations aux responsables des politiques de l’Union africaine. Une réponse efficace à cette crise dans le contexte africain doit comporter des efforts de réduction de la production, du trafic de drogue et de la demande, mais aussi une plus grande prise en charge médicale pour le traitement et la guérison des consommateurs de drogue.

Toutes les régions doivent renforcer les mécanismes transfrontaliers mis en œuvre par la législation afin de freiner l’offre et la production de drogues illicites, en ciblant les trafiquants plutôt que les consommateurs. Le détournement d’opioïdes pharmaceutiques des circuits légaux doit également être endigué.

[1] L’ENACT est financé par l’Union européenne. Le projet vise à réunir des connaissances et des compétences pour améliorer la réponse de l’Afrique à la criminalité transnationale organisée. Il analyse la manière dont la criminalité organisée affecte la stabilité, la gouvernance, l’État de droit et le développement en Afrique, et s’efforce d’en atténuer les effets. L’ENACT est formé par l’Institut d’études de sécurité et INTERPOL, dans le cadre de l’Initiative mondiale contre le crime transnational organisé.

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