La pandémie de COVID-19 et le rôle de la police

Jonas Grutzpalk, professeur de sciences politiques et de sociologie à l’Université des sciences appliquées pour la police et l’administration publique de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, en Allemagne, a mené une enquête concernant les conséquences de la pandémie de COVID-19 sur le travail de la police.

Le programme d’études de la police de Rhénanie-du-Nord-Westphalie aborde de nombreux domaines différents, qui vont de l’éthique, la sociologie et les compétences interculturelles aux différentes branches du droit (droit pénal, circulation, fonction publique), en passant par les « disciplines policières » telles que l’analyse scientifique de cas, l’analyse tactique ou encore la gestion de la circulation.

Le professeur Grutzpalk soulève plusieurs questions. En quoi tous ces aspects changent-ils avec le coronavirus ? La COVID-19 affecte-t-elle l’éducation policière ? Et de quelles manières ? Y a-t-il des leçons importantes que les futures générations de policiers peuvent tirer de la situation actuelle, dans laquelle la police essaie de contrôler une véritable pandémie ? Les écoles de police à travers l’Europe devraient-elles enseigner ce que les forces de police sont en train d’apprendre en ce qui concerne la surveillance d’une pandémie ?

Dans une série d’entretiens qu’il a menés avec des policiers sur leur lieu de travail et en dehors de leur lieu de travail, Jonas Grutzpalk leur a demandé ce que la police a appris en tant qu’institution pendant la pandémie et quel type de processus d’apprentissage leur semblerait pertinent. Leurs réponses, qui abordaient plusieurs domaines, soulignaient néanmoins le problème croissant du scepticisme violent à l’égard des mesures prises pour endiguer l’apparition de nouveaux cas.

Communication. Certaines des personnes interrogées affirment que la communication avec les civils dans la rue est devenue plus difficile, car les masques ne permettent pas de saisir pleinement les expressions du visage. Les policiers ont aussi plus de mal à déchiffrer l’état émotionnel des personnes avec lesquelles ils traitent.

Autoprotection. Cracher sur les policiers a toujours été une façon de faire preuve de mépris. Avec la COVID-19, cette forme d’attaque physique a pris un nouveau sens, plus dangereux, car elle peut aussi être destinée à transmettre le coronavirus aux policiers. L’autoprotection des policiers, qui est une partie importante de leur formation, passe donc de l’évitement des attaques violentes à l’évitement des contacts qui pourraient conduire à une contamination. Mais cela crée bien sûr une distance supplémentaire entre policiers et civils, ce que les personnes interrogées disent avoir essayé d’éviter autant que possible. Il reste à voir comment les policiers peuvent se protéger du danger tout en étant relativement abordables pour les personnes avec lesquelles ils traitent.

Enseignement en ligne. Les principales préoccupations exprimées dans ce contexte concernent le bien-être émotionnel des étudiants, mais aussi le contenu de l’enseignement, alors qu’une partie du matériel est classifiée. L’éducation policière apprend à traiter la question de l’enseignement en ligne et a tiré de nombreuses leçons en cours de route.

Télétravail et administration. L’une des personnes interrogées a soulevé la question de savoir si la police serait en mesure de mettre en place un système de télétravail. L’un des principaux problèmes que cela pose est bien sûr la sécurité des données, mais il semble que cela pose également un problème culturel.

Ces quelques exemples montrent que la pandémie actuelle apporte son lot de leçons à tirer à propos de la police moderne. Il reste encore beaucoup à aborder. Les aspects les plus intéressants de ces leçons sont :

a) la mesure dans laquelle elles pourraient être institutionnalisées ;

b) la manière dont elles pourraient affecter la conduite de la police dans la vie quotidienne ;

c) ce que cela impliquerait si ces leçons n’étaient pas tirées ou étaient ignorées.

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Le Conseil approuve la stratégie européenne antidrogue 2021-2025

Au mois de décembre, le Conseil de l’Union européenne a approuvé la stratégie qui établit le cadre et les priorités de la politique antidrogue de l’Union pour la période 2021-2025. Cette stratégie vise à assurer un niveau élevé en matière de promotion de la santé, de stabilité sociale et de sécurité, et à contribuer à la sensibilisation. Sur la base de cette stratégie, le Conseil élaborera un plan d’action définissant des mesures concrètes pour atteindre ces objectifs.

Avec cette stratégie, l’Union européenne et ses États membres réaffirment leur engagement en faveur d’une approche globale, fondée sur des données probantes et dans laquelle il existe un équilibre entre la réduction de l’offre et de la demande de drogues, avec, au centre, la protection des droits de l’homme.

Afin de réduire l’approvisionnement en drogues, la stratégie cible tous les aspects du marché des drogues illicites. Elle inclut la prévention, la dissuasion et l’obstruction de la criminalité liée aux drogues, notamment du crime organisé, par la coopération judiciaire et policière, le renseignement, l’interdiction et la saisie des actifs criminels, les enquêtes, et la gestion des frontières.

Ce domaine prioritaire occupe une place encore plus importante que dans la stratégie 2013-2020, afin de répondre aux défis des marchés européens de la drogue. Ils sont caractérisés par la grande disponibilité de divers types de drogues, une augmentation des saisies, un recours accru à la violence et des profits énormes. On remarque également l’utilisation de plateformes de réseaux sociaux, d’applications, d’Internet et du dark net pour le trafic de drogues illicites. Ces caractéristiques n’ont pas disparu pendant la crise de COVID-19, bien au contraire.

Les politiques de réduction de la demande en matière de drogue consistent en une série de mesures qui se renforcent mutuellement. Elles concernent la prévention, la détection et l’intervention précoces, le conseil, le traitement, la réhabilitation, la réinsertion sociale, ainsi que le rétablissement. Cette action doit être adaptée au contexte social local et aux besoins de la population cible, être fondée sur des preuves scientifiques, mais aussi être sûre et efficace. Elle doit être développée grâce à la collaboration étroite de différents services sociaux et de santé. La crise de COVID-19 a mis en évidence la nécessité d’assurer la continuité de ces actions.

Un nouveau chapitre a été ajouté pour traiter des dommages liés aux drogues. Il comprend des mesures et des politiques visant à prévenir ou à réduire les risques et les dommages éventuels pour la santé des consommateurs, la société et les établissements pénitentiaires. Il couvre des questions telles que la réduction de la prévalence et de l’incidence des maladies infectieuses liées aux drogues, la prévention des overdoses et des décès dus aux drogues, et la présentation d’alternatives aux sanctions coercitives.

La stratégie identifie également trois domaines transversaux de soutien aux politiques, détaillés ci-dessous :

  • Coopération internationale : asseoir le rôle de l’Union européenne en tant qu’intermédiaire mondial pour une politique antidrogue centrée sur les personnes et les droits de l’homme en coopérant avec des pays tiers, des régions tierces et des organisations internationales, mais aussi renforcer l’engagement en faveur de politiques antidrogue axées sur le développement de mesures alternatives.
  • Recherche, innovation et prévision : permettre une meilleure préparation aux défis à venir en fournissant à l’Union européenne et aux États membres les capacités de recherche et de prévision nécessaires pour faire face aux défis liés aux drogues de manière plus agile et proactive.
  • Coordination, gouvernance et mise en œuvre : assurer une mise en œuvre optimale de la stratégie, y compris de l’action clé de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (EMCDDA) et d’Europol, en impliquant la société civile et en fournissant des ressources adéquates à l’échelle européenne et nationale.

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Le Conseil européen adopte des conclusions sur l’avenir numérique de l’Europe

En décembre 2020, le Conseil européen a adopté des conclusions reconnaissant l’utilisation accrue de produits de consommation et de dispositifs industriels connectés à Internet et les risques que cela représente pour la vie privée, la sécurité de l’information et la cybersécurité.

Il estime que les dispositifs connectés, notamment les machines, les capteurs et les réseaux qui composent l’Internet des objets, joueront un rôle clé dans le façonnement de l’avenir numérique de l’Europe.

Les conclusions définissent les priorités pour traiter cette question cruciale et promouvoir la compétitivité mondiale de l’industrie européenne de l’Internet des objets en assurant le plus haut niveau de résilience, de sécurité et de protection.

Les conclusions soulignent l’importance d’évaluer si une législation horizontale à long terme est nécessaire afin de traiter toutes les questions liées à la cybersécurité des dispositifs connectés, telles que la disponibilité, l’intégrité et la confidentialité, ce qui impliquerait également de préciser les conditions requises pour leur commercialisation.

Parmi les différentes conclusions, on peut citer les suivantes :

  • L’Union européenne et ses États membres doivent garantir la souveraineté numérique et l’autonomie stratégique, tout en préservant une économie ouverte.
  • En plus de garantir un niveau élevé de sécurité pour les dispositifs connectés, il est également important de sensibiliser les consommateurs aux risques que ces dispositifs peuvent créer en matière de sécurité et de protection de la vie privée.
  • Il faut que des normes, des critères ou des spécifications techniques de cybersécurité soient établis pour les dispositifs connectés et il est nécessaire de renforcer le travail des organisations européennes de normalisation dans ce domaine.
  • La cybersécurité et le respect de la vie privée doivent être considérés comme des exigences essentielles dans l’innovation de produits, ainsi que dans les processus de production et de développement, y compris la phase de conception, et ces exigences doivent être garanties tout au long du cycle de vie du produit et de la chaîne d’approvisionnement.

Enfin, la certification en matière de cybersécurité, qui est définie dans le règlement sur la cybersécurité, sera essentielle pour accroître le niveau de sécurité sur le marché unique numérique. L’ENISA, l’Agence de l’Union européenne pour la cybersécurité travaille déjà sur des systèmes de certification en matière de cybersécurité, et les conclusions invitent la Commission à envisager de demander des propositions de systèmes de certification en matière de cybersécurité pour les dispositifs connectés et les services connexes.

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Nouveau rapport sur l’utilisation des drones par la police aux États-Unis

Le Bureau des services de police de proximité du Ministère américain de la Justice (COPS Office) a publié en décembre dernier un nouveau rapport avec ses partenaires du Forum de recherche des cadres de la police (PERF), qui constitue une feuille de route pour la mise en œuvre d’un programme efficace d’aéronefs sans pilote (UAS). Les UAS, généralement appelés « drones », constituent l’une des interventions les plus passionnantes dans le domaine de l’application de la loi. Ils fournissent aux départements un outil essentiel pour collecter des données situationnelles vitales sans mettre en danger les professionnels des forces de l’ordre. Ce rapport est un guide pour le lancement d’un programme de drones et est disponible sur le site web du COPS Office.

Le rapport sur l’utilisation des drones par les agences de sécurité publique est un cri d’alarme sur la menace d’attaques par des drones malveillants.

L’année dernière, le COPS, le Département de la Sécurité intérieure des États-Unis (DHS) et le PERF ont organisé des conférences durant deux jours à l’intention des experts de la communauté des forces de l’ordre sur les drones, leur utilisation et leur mise en œuvre, et sur la politique d’assistance, ainsi que sur les questions opérationnelles. Des représentants de différentes agences ont présenté des exposés sur divers sujets connexes :

  • normes, préoccupations de la communauté, questions budgétaires et pratiques prometteuses pour l’établissement de programmes d’utilisation de drones dans les services des forces de l’ordre ;
  • recommandations pour la mise en œuvre de ce programme, y compris la formation et la quantité de personnel ;
  • questions de contre-utilisation, telles que la technologie de détection et de désactivation et l’utilisation dangereuse de drones illégaux par des criminels.

Ce rapport résume les informations qui ont été discutées lors de ces conférences et présente également les leçons apprises et les pratiques prometteuses recueillies lors des entretiens, des révisions des politiques et des données d’enquête. Les présentations et les discussions qui ont eu lieu lors de cet événement ont permis d’éclairer toutes les tâches des drones à l’avenir.

Ce rapport aborde deux questions opposées mais liées :

  • l’utilisation de drones par les services de police pour protéger la sécurité publique ;
  • l’utilisation de drones par des acteurs malveillants pour commettre divers crimes, tels que des actes de terrorisme. Par conséquent, l’histoire des drones présente approximativement deux faces radicalement différentes de la même pièce.

Plusieurs agences locales et fédérales ont commencé à explorer des stratégies antidrogues lors d’événements majeurs et de réunions de masse comme le Super Bowl. Mais ce travail est encore en cours de développement. Les législateurs et les fonctionnaires fédéraux, étatiques et locaux, y compris les officiers de police, devraient accélérer leurs efforts pour résoudre ces problèmes le plus rapidement possible.

Tous les services de police, qu’ils veuillent ou non lancer un programme d’utilisation de drones à leurs propres fins, doivent faire face à un défi connexe mais beaucoup plus difficile : comment anticiper, prévenir, détecter et réagir à l’utilisation criminelle de drones, y compris par des terroristes. Par exemple, les terroristes pourraient utiliser des drones pour larguer une bombe ou pulvériser un gaz toxique sur une grande foule de personnes lors d’un événement public. Mais les drones peuvent aussi être extrêmement efficaces pour la reconnaissance criminelle, car ils peuvent survoler des piliers, des points de contrôle et d’autres mécanismes de sécurité.

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Une nouvelle opération de lutte contre le blanchiment d’argent

Les autorités policières de 26 pays et Europol ont collaboré pour mener à bien la European Money Mule Action « EMMA 6 », une opération mondiale contre les systèmes d’escroquerie qui utilisent des passeurs d’argent. Entre septembre et novembre 2020, l’opération EMMA 6 s’est déroulée pour la sixième année consécutive, en collaboration avec la Fédération bancaire européenne (FBE), FinTech FinCrime Exchange, INTERPOL et Western Union. Elle a permis d’identifier 4031 passeurs d’argent et 227 recruteurs, ainsi que d’arrêter 422 personnes dans le monde entier.

1529 enquêtes pénales ont été ouvertes au cours de l’opération. Avec le soutien du secteur privé, représenté par plus de 500 banques et institutions financières, 4942 transactions frauduleuses de passeurs d’argent ont été identifiées, ce qui a permis d’éviter une perte totale estimée à 33,5 millions d’euros.

Les passeurs d’argent sont recrutés par des organisations criminelles, souvent à leur insu, comme acteurs du blanchiment d’argent pour dissimuler la provenance de l’argent obtenu de manière frauduleuse. Ignorant qu’ils se livrent à des activités criminelles et trompés par la promesse de l’argent facile, ces passeurs transfèrent des fonds volés d’un compte à un autre, souvent dans des pays différents, au nom d’autres personnes. En retour, ils reçoivent une commission pour leurs services.

S’il existe de nombreux modes de recrutement de passeurs d’argent, y compris le contact direct ou la communication par e-mails, les criminels recrutent de plus en plus de nouveaux complices sur les réseaux sociaux, avec de fausses offres d’emploi, des pop-ups en ligne et des applications de messagerie instantanée. Bien que des mécanismes d’escroquerie liés à la COVID-19 aient été signalés, l’intervention dans le processus de paiement et les escroqueries romantiques restent les systèmes les plus récurrents. L’utilisation de cryptomonnaies par les passeurs d’argent est également en augmentation.

Europol et les autorités policières de l’Union européenne, en association avec des partenaires internationaux et des institutions financières, ont lancé la campagne #DontBeaMule afin de sensibiliser les citoyens aux risques concernant les systèmes de passeurs d’argent.

La campagne, promue par les autorités compétentes, avait pour objectif d’informer le public sur les modes opératoires des criminels, les manières de se protéger et les réactions à adopter en cas d’implication dans ces systèmes.

Que risquez-vous si vous devenez passeur d’argent ?

• Des attaques physiques ou des menaces si vous refusez de continuer à coopérer avec les criminels.

• Des peines de prison ou des amendes.

• Des antécédents criminels qui peuvent avoir de graves répercussions sur d’autres aspects de votre vie, vous empêchant d’obtenir une hypothèque ou d’ouvrir un compte en banque.

Que pouvez-vous faire ?

Si vous pensez que vous êtes peut-être utilisé comme passeur d’argent, agissez avant qu’il ne soit trop tard : interrompez tout virement bancaire et informez immédiatement votre banque et la police.

L’opération EMMA fait partie d’un projet actuellement en cours, qui s’inscrit dans le cadre du Plan d’action opérationnel EMPACT contre la fraude au paiement cybercriminelle, conçu pour lutter contre la fraude en ligne et à la carte de paiement, dirigé par les Pays-Bas.

Au cours de cette opération, Europol a apporté son soutien à l’organisation et à la préparation de réunions opérationnelles, effectué des analyses et facilité l’échange d’informations entre autorités policières et partenaires privés. En outre, Europol a coordonné la campagne de sensibilisation avec les pays participants.

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Europol publie le rapport IOCTA 2020 sur la cybercriminalité

Au mois d’octobre, Europol a publié le rapport d’évaluation de la menace que représente la criminalité organisée sur l’internet (Internet Organised Crime Threat Assessment, ou IOCTA). L’IOCTA vise à informer les responsables de prise de décisions stratégiques, tactiques ou opérationnelles à propos des menaces de la cybercriminalité. Le rapport IOCTA 2020 contribue à établir un ordre de priorité pour les plans d’action opérationnels de 2021, qui fait écho aux trois priorités actuelles suivantes :

1) mettre fin aux activités criminelles liées aux attaques de systèmes informatiques ;

2) lutter contre les abus sexuels d’enfants et l’exploitation sexuelle d’enfants, y compris la production et la diffusion de matériel ;

3) se concentrer sur les criminels impliqués dans la fraude et la contrefaçon de moyens de paiement autres que les espèces, notamment la fraude à la carte de paiement à grande échelle (en particulier la fraude au paiement à distance), sur les menaces émergentes concernant d’autres moyens de paiement autres que les espèces, et sur les possibilités d’activités criminelles.

En outre, l’IOCTA vise à consolider les résultats concernant les cybermenaces actuelles, qui pourraient contribuer à la discussion des priorités de la recherche et du développement, ainsi qu’à la planification à l’échelle de l’Union européenne.

L’arrivée de la pandémie de COVID-19 a démontré l’impact regrettable qu’une telle crise peut avoir sur notre vie quotidienne dans le monde entier. Le confinement physique étant devenu la norme, l’activité cybercriminelle a été plus forte qu’auparavant. En tout état de cause, la cybercriminalité est restée la même pendant la crise de COVID-19, mais les criminels ont adapté les caractéristiques spécifiques de leur approche au contexte social pour obtenir un meilleur taux de réussite. En raison des restrictions physiques adoptées pour enrayer la propagation du virus, suivies d’une augmentation du télétravail et des accès à distance aux ressources d’entreprise, de nombreuses personnes et entreprises qui étaient auparavant peu actives en ligne sont devenues des cibles de choix.

Les activités cybercriminelles traditionnelles, telles que l’hameçonnage par e-mail (phishing) et les infractions facilitées par internet se sont rapidement nourries de la vulnérabilité sociale, car de nombreuses personnes et entreprises recherchaient des informations, des réponses et des sources d’aide au cours de cette période. La propagation de la désinformation a augmenté les opportunités de cybercriminalité. La pandémie a également donné lieu à des campagnes et des activités de désinformation.

L’ingénierie sociale reste une menace majeure en tant qu’outil au service d’autres types de cybercriminalité. L’utilisation d’applications de messagerie cryptées, et les propositions du secteur visant à étendre ce marché, présentent des risques importants en matière d’abus et rendent difficiles la détection et la recherche d’activités criminelles en ligne pour les forces de l’ordre.

Les communautés de criminels en ligne s’avèrent très résistantes et sont en constante évolution. Enfin, la transmission en direct d’abus sexuels d’enfants a continué d’augmenter, ce phénomène étant devenu encore plus répandu pendant la crise de COVID-19.

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Les menaces de l’intelligence artificielle

Les criminels utilisent l’intelligence artificielle à des fins malveillantes, selon un nouveau rapport d’Europol publié en novembre dernier. Le document met en évidence les avantages potentiels de cette technologie, tels qu’une efficacité, une automatisation et une autonomie plus efficaces mais il met également en garde contre l’augmentation des menaces que cela implique. En outre, les criminels ont toujours été les premiers à adopter la technologie la plus avancée et l’intelligence artificielle n’est pas une exception.

Ce nouveau rapport a été élaboré conjointement par Europol, l’Institut interrégional de recherche des Nations unies sur la criminalité et la justice et Trend Micro qui explore les usages criminels actuels et anticipés de l’intelligence artificielle. Le document fournit aux agents des autorités, aux responsables politiques et à d’autres organisations des informations sur les attaques existantes et potentielles qui tirent parti de l’intelligence artificielle, et des recommandations sur la façon d’atténuer ces risques.

Le rapport conclut que les cybercriminels vont utiliser l’intelligence artificielle comme plateforme d’attaque. Les falsifications constituent aujourd’hui l’utilisation la plus connue de l’intelligence artificielle comme vecteur d’attaque. Toutefois, le rapport indique qu’une nouvelle technologie de détection sera nécessaire pour l’avenir afin de réduire le risque de campagnes de désinformation et d’extorsion, ainsi que le risque de menaces dirigées aux ensembles de données d’intelligence artificielle.

Par exemple, l’intelligence artificielle pourrait être utilisée pour :

• des attaques persuasives d’ingénierie sociale à grande échelle ;

• des logiciels malveillants permettant d’obtenir des documents afin de rendre les attaques plus efficaces ;

• la fuite de la reconnaissance des images et de la biométrie vocale ;

• des attaques de ransomware par le biais d’orientation et de fuites intelligentes ;

• la contamination des données par le biais de l’identification de failles dans les règles de détection.

Le document avertit également que des systèmes d’intelligence artificielle sont en cours de développement afin d’améliorer l’efficacité des logiciels malveillants, et de perturber les réseaux des systèmes anti-malware et de reconnaissance faciale.

Pour conclure ce rapport, les trois organisations ont fait plusieurs recommandations :

• tirer parti du potentiel de la technologie de l’intelligence artificielle en tant qu’outil de lutte contre le crime et visant à protéger l’industrie et la police chargée de la cybersécurité ;

• poursuivre la recherche afin de stimuler le développement de la technique défensive ;

• promouvoir et développer desencadrements sécurisés en matière de conception de systèmes d’intelligence artificielle ;

• renforcer la collaboration entre le secteur public et le privé et établir des groupes d’experts pluridisciplinaires.

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La polémique autour de la nouvelle loi française sur la « sécurité globale »

La nouvelle loi sur la « sécurité globale » en France, débattue à l’Assemblée nationale, a suscité une levée de boucliers des organisations de défense des droits et libertés fondamentaux, des partis politiques, des syndicats et des médias. Ils considèrent que cette loi représente une grave menace pour la liberté d’expression et la liberté d’information, et ils exigent notamment le retrait de l’article 24, objet de controverse.

Après cinq heures de débat houleux, avec quelques moments tendus entre certains députés et le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, l’Assemblée nationale a adopté l’article 24 du projet de loi par 146 voix pour et 24 contre.

Ses dispositions à caractère subjectif et discrétionnaire permettent aux agents de police d’arrêter toute personne qui les filmerait s’ils estiment qu’il s’agit d’un enregistrement malveillant. Ainsi, selon ses détracteurs, ce projet de loi va à l’encontre de la liberté de la presse et empêche de mettre les forces de l’ordre devant leurs responsabilités en cas d’abus lors de leurs opérations.

L’article 24 du texte de loi, émanant du gouvernement français, prévoit un an d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende pour toute personne qui diffuserait des images du visage d’un agent de police dans le but de « porter atteinte à son intégrité physique ou psychique ».

L’article répond aux préoccupations justifiées des forces de l’ordre. En effet, elles sont soumises depuis plusieurs années à une forte pression en raison de la lutte contre le terrorisme, de soulèvements impliquant souvent des révoltes contre la police, y compris la police municipale, et de campagnes de haine sur les réseaux sociaux.

Un autre article fait polémique, celui qui autorise les agents des forces de l’ordre à porter leur arme de service, même en dehors de leurs heures de service, s’ils se trouvent dans un lieu public. Une modification apportée en réponse à des attentats comme celui du Bataclan, en novembre 2015, qui a fait 90 morts, dont trois policiers qui n’étaient pas en service et n’ont pas pu intervenir.

De nombreuses manifestations contre l’adoption de cette loi ont été organisées, soutenues par certaines forces et certains syndicats de gauche, et des groupes d’extrême gauche, avec des slogans tels que : « On baissera nos téléphones portables quand vous baisserez vos armes », « Orwell avait raison », « L’appareil photo, lui, n’a jamais tué personne » ou encore « Sécurité globale, impunité totale ».

Claire Hédon, Défenseure des droits en France, a également participé au débat, affirmant que l’article 24 « n’est pas nécessaire à la protection des policiers et gendarmes, porte atteinte de manière disproportionnée à la liberté d’expression, et crée des obstacles au contrôle de leur action ».

Mme Hédon estime que le texte pose trois problèmes fondamentaux. Tout d’abord, il n’était pas nécessaire de créer une nouvelle loi, car les lois actuelles protègent déjà les policiers et les gendarmes. Ensuite, la rédaction du texte est ambiguë. Enfin, son interprétation restrictive pourrait amener les journalistes à s’autocensurer. Et elle a ajouté que toute limitation de la liberté d’information requiert la plus grande rigueur et ne doit pas être établie pour des raisons conjoncturelles.

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L’influence de la COVID-19 sur la criminalité

Au mois de novembre, Europol a publié un rapport sur l’influence de la pandémie de COVID-19 sur la criminalité et le terrorisme dans l’Union européenne.

Bien que cette pandémie soit, avant tout, une crise mondiale de santé publique, elle a également un impact significatif et potentiellement durable sur les réseaux de crime organisé et de terrorisme en Europe, ainsi que sur la capacité des services de police des États membres à lutter contre ces menaces à la sécurité.

Alors que l’Europe est frappée de plein fouet par la deuxième vague de la pandémie, les conséquences de la COVID-19 varient au fil du temps. Si certains types d’activités criminelles ne sont pas près de disparaître, d’autres s’intensifient ou se raréfient selon l’évolution de la pandémie et des mesures de lutte contre le virus. Cependant, la population est également plus consciente des risques, ce qui réduit l’impact de certains types de criminalité.

Europol met en lumière certains types d’activités criminelles qui ont pris de l’ampleur pendant la pandémie, comme la distribution d’équipements de protection individuelle contrefaits, de produits pharmaceutiques et de santé falsifiés, etc. En outre, le nombre de vols dans les locaux médicaux et les pharmacies a également augmenté.

En ce qui concerne les abus sexuels d’enfants, ils restent une préoccupation considérable, d’autant plus que les enfants passent plus de temps en ligne et, par conséquent, sont exposés à des risques plus élevés.

Le nombre de cambriolages et de vols a généralement diminué aussitôt que des mesures de contrôle de la COVID-19 ont été prises, mais il a recommencé à augmenter une fois les restrictions de déplacement assouplies. Parmi les délits fréquents, on trouve le vol de magasins et de locaux commerciaux inoccupés, ainsi que la manipulation de distributeurs automatiques de billets, le vol de cuivre et le vol de véhicules légers de construction.

De plus, on remarque diverses formes de fraude. Certains criminels se font passer pour des représentants des autorités publiques ou des membres du personnel médical pour accéder aux logements de particuliers ou aux locaux d’entreprises dans l’intention de les voler.

Utilisées dans divers types d’activités cybercriminelles, des campagnes liées à la pandémie ont fait leur apparition, notamment des campagnes d’usurpation d’identité, de logiciels de rançon, de logiciels malveillants et d’attaques par e-mails commerciaux. Les organisations sanitaires et médicales ont également fait l’objet d’attaques de logiciels de rançon.

Il semble que l’impact de la crise sur le marché de la drogue dans l’Union européenne ait été limité. Certains criminels ont adapté leur mode opératoire de distribution de drogue pour contourner les obstacles. Il convient également de noter une augmentation de la violence, avec des tensions entre les consommateurs de drogue.

La pandémie a eu un impact limité sur le terrorisme et l’extrémisme violent. Elle a surtout poussé certains extrémistes à adapter leurs discours et leurs supports de propagande à la COVID-19.

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