Harcèlement scolaire : premier pas vers une conduite antisociale adulte

Début 2019 a été publiée l’étude Bullying, une porte ouverte au comportement antisocial adulte de Pedro García Sanmartín. Cette étude considère que le déclin des valeurs sociales et une éducation déficitaire à l’égard des enfants deviennent des facteurs de risque de harcèlement scolaire, ce qui signifierait une porte ouverte aux comportements antisociaux chez les adolescents et les adultes.

Hélas, l’étude constate qu’il se produit une augmentation du nombre de cas de harcèlement scolaire (bullying) ou cyberharcèlement ainsi que du nombre d’enfants de plus en plus jeunes qui souffrent de troubles tels que dépression, anxiété et menant parfois au suicide. De plus, elle détecte d’autres problématiques associées à l’école, dont l’échec scolaire ou les mauvaises notes…, ainsi que d’autres conduites antisociales telles que consommation précoce d’alcool ou de drogues, actes de vandalisme et vols.

L’étude s’étend aussi sur l’époque que nous vivons et estime que la procrastination, de même que la volonté d’obtenir de façon immédiate ce que l’on désire sans penser aux conséquences futures, produisent des enfants dépourvus d’aptitudes sociales pour affronter les problèmes auxquels ils devront faire face à l’avenir.

Une des conséquences importantes des vécus de l’enfance, qui perdureront à la maturité et affecteront le développement personnel, est l’effet Pygmalion, en ce sens que les discrédits et étiquettes acquis pendant l’enfance resteront gravés dans la personnalité en provoquant chez certains une faible estime de soi, un manque d’assurance ou autres troubles cognitifs.

L’auteur considère que le harcèlement scolaire est un problème multifactoriel mais aussi un phénomène que tout le monde, à différents niveaux, a contribué à créer et que, de ce fait, c’est toute la société qui doit s’engager à son éradication. D’autant plus que c’est souvent là le premier pas vers de futures conduites déviantes.

Les causes du bullying sont aussi multifactorielles. Le manque d’aptitudes et de valeurs sociales normalisées fait que ces enfants cherchent refuge dans des comportements antisociaux qu’ils considèrent justifiés et que viennent renforcer les témoins qui, probablement, souffrent aussi d’un déficit de certaines valeurs sociales essentielles et peut-être d’un manque d’assurance.

Entre autres conclusions auxquelles aboutit cette étude, soulignons :

  • La nécessité de réclamer un changement du système éducatif, en améliorant la dotation de ressources et les outils des services associés à l’éducation ainsi qu’aux services d’assistance.
  • L’importance de l’éducation : enseignants et parents doivent assumer la responsabilité d’aider les enfants à découvrir leurs aptitudes cachées, les extérioriser et les afficher pour acquérir assurance, estime et connaissance de soi et pouvoir ainsi affronter à l’avenir les problèmes auxquels ils seront confrontés.
  • L’auteur souligne qu’il faut changer les habitudes intergénérationnelles éducatives anciennes, qui n’aident pas au développement actuel des enfants. Étant donné que nous vivons dans un monde complexe, il faut inculquer des valeurs telles que tolérance, respect, égalité, justice et solidarité.

En Catalogne, d’après les résultats de l’enquête sur la violence scolaire de 2016, environ 40% des élèves ont été victimes de maltraitance de la part de leurs camarades. Dont 24% ont subi plus d’une atteinte au cours de cette même année et 10,4% ont souffert de harcèlement scolaire, c’est-à-dire qu’ils ont subi des actes préjudiciables une ou plusieurs fois par semaine.

Parmi toutes les victimes de bullying, 40% l’ont été par cyberharcèlement, le pourcentage de filles victimes étant ici beaucoup plus élevé par rapport aux garçons (25,4% contre 15%).

http://www.fepsu.es/file/BULLYING.pdf

http://interior.gencat.cat/ca/el_departament/publicacions/seguretat/estudis_i_enquestes/

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Situation des drogues en Europe en 2019

D’après le rapport européen sur les drogues 2019 : tendances et évolutions, l’Europe a connu de profonds changements pour ce qui est des défis que constituent les drogues, notamment l’apparition de davantage de substances non contrôlées.

Des changements significatifs ont aussi été constatés sur le marché des drogues et leur consommation. Le commerce est dominé par les substances végétales importées en Europe qui, du coup, est devenue un marché où les drogues synthétiques et leur production sur le continent se sont décuplées.

ESTIMACIONES DEL CONSUMO DE DROGAS EN LA UNIÓN EUROPEA

Les principaux aspects du rapport à souligner sont les suivants :

  • La mondialisation et les progrès technologiques ont reconfiguré les questions stratégiques que les responsables politiques doivent envisager.
  • Actuellement, le nombre de personnes qui ont recours pour la première fois à un traitement contre l’addiction à l’héroïne est bas par rapport aux chiffres historiques, les taux de consommation par voie parentérale ont chuté et le nombre annuel de nouveaux cas de VIH attribués à la consommation de drogues par voie parentérale a baissé d’environ 40% sur les dix dernières années.
  • L’épidémie d’opioïdes qui sévit aujourd’hui aux États-Unis et au Canada s’explique par la consommation d’opioïdes synthétiques, notamment les dérivés du fentanyl. L’Europe n’a pas été touchée jusqu’ici mais cela reste un motif de préoccupation.
  • Certains indices montrent que la disponibilité croissante de cocaïne génère une hausse des coûts de santé. Depuis 2014, le nombre de consommateurs entamant un traitement par suite de problèmes liés à la cocaïne, bien que relativement bas, a augmenté de plus de 35%.
  • Les données actuelles sur la cocaïne en Europe révèlent qu’aussi bien le nombre de saisies que les quantités saisies atteignent des maximums historiques. La cocaïne entre en Europe par de multiples voies et moyens, mais on constate l’augmentation du trafic de gros volumes dans les grands ports au moyen de containers.
  • La production de drogues synthétiques en Europe, bien que difficile à contrôler, semble être à la hausse, en se diversifiant et en devenant plus innovatrice. C’est ce qu’indiquent les dernières données en montrant une augmentation des saisies de produits chimiques précurseurs.
  • Ces dernières années, de nouvelles formes de cannabis ont été développées grâce aux progrès des techniques de culture, d’extraction et de production. Les types de plantes établies aussi bien en Europe qu’au Maroc – origine d’une bonne partie de la résine de cannabis consommée en Europe – ont commencé à être substitués par des plantes hybrides et de diverses variétés qui produisent un cannabis plus fort.
  • En 2018, le système d’alerte de l’UE sur les nouvelles substances psychoactives a reçu des notifications de nouvelles substances à raison d’une par semaine. 2018 en a recensé un total de 55, un chiffre similaire à celui de 2017.
  • En 2017, les forces de police et de sécurité ont réalisé pas moins de 1,1 million de saisies de substances illégales. Les trois pays où le nombre de saisies était le plus élevé étaient l’Espagne, le Royaume-Uni et la France qui, ensemble, représentaient deux tiers du total des saisies dans l’Union européenne.
  • L’héroïne est l’opioïde le plus consommé sur le marché de la drogue en Europe. L’héroïne entre en Europe par quatre routes principales : la route des Balkans et la route méridionale, qui sont les plus importantes, ainsi qu’une ramification de la route méridionale qui passe par la Syrie et l’Irak et enfin la route septentrionale.
  • Il s’est produit une certaine résurgence de la MDMA dont la production se concentre aux Pays-Bas et en Belgique.

http://www.emcdda.europa.eu/system/files/publications/11364/20191724_TDAT19001ESN_PDF.pdf

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En 2018, 44% des 5 472 morts dans un accident de la route en Argentine étaient des motocyclistes

Dans ses principales conclusions, l’annuaire statistique 2018 de l’Agence nationale de la sécurité routière en Argentine constate que 5 472 personnes ont trouvé la mort dans un accident de la route. De plus, cette problématique coûte annuellement plus de 175 milliards de pesos à l’administration publique.

Ces données, publiées par les analystes le 10 juin dernier, Journée mondiale de la sécurité routière, situent les accidents de la route en Argentine comme la première cause de mortalité chez les moins de 35 ans et la troisième sur le total de la population. En effet, le nombre de morts de moins de 35 ans sur les routes représente 45% du total des victimes.

Ce chiffre de 5 472 morts en 2018, en conséquence d’un accident de la route, est obtenu dans le cadre temporel de suivi des victimes jusqu’à 30 jours après l’accident, conformément au critère d’harmonisation globale établi par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). De cette manière, on sait que 71,5% des morts – 3 914 – se sont produites sur le lieu des faits ou dans les 24 heures après l’accident.

Outre les morts par accident, on a recensé 64 816 blessés – dont 7 446 graves – sur un total de 81 592 sinistres survenus en 2018.

Malgré la sévérité de ces données, certains analystes comme Carlos Pérez de l’ANSV considèrent que les chiffres d’accidentalité se stabilisent à la baisse. En effet, 2017 a enregistré 5 611 morts alors que 2016 a recensé 5 582 victimes mortelles d’un accident de la route. Ce dernier estime qu’on assiste à une chute relative, bien que pas assez significative, dans ce qui « serait un nivellement des statistiques avant d’amorcer une baisse par l’approfondissement dans l’application de politiques publiques adéquates ».

Le taux de mortalité montre le même flux que les pertes humaines en matière de sinistres. La statistique qui exprime le rapport entre le nombre de morts pour cent mille habitants d’une même unité géographique s’est maintenue dans les standards équilibrés : en 2016, on était à 12,8%, en 2017 à 12,7% et en 2018, ce chiffre continue à baisser et atteint 12,3%.

Parallèlement, les autorités ont présenté les conclusions d’une étude qui contemple le coût financier de l’accidentalité routière. Ainsi, les accidents de la route coûte à l’État argentin 175 milliards de pesos argentins annuels, soit 1,7% du produit intérieur brut.

Ces données sont le fruit du calcul des différents coûts : perte de productivité de la personne sinistrée, coûts médicaux, humains, sur la propriété et les agents administratifs.

Un autre aspect qui préoccupe les analystes est que les victimes mortelles se déplaçant à motocyclette étaient en 2018 au nombre de 2 350, un chiffre qui représente 43,8% du total des victimes, alors que 2017 affichait 38%.

Face à ces données, on assiste à un renforcement des campagnes sur le port obligatoire du casque pour les motocyclistes et leurs passagers, parallèlement aux campagnes sur l’utilisation de la ceinture de sécurité, bien qu’on observe une augmentation de son utilisation et qu’on ait recensé un total de 1 479 morts en voiture, soit 27,6% du total.

Ils soulignent aussi que 78% des morts sur la route sont des hommes, contre 22% de femmes.

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Rapport sur la violence et les incivilités dans le football amateur en France

En France, l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) a publié son rapport annuel sur la violence et les incivilités dans le football amateur pour la saison 2017-2018. Selon l’étude, 1,8% des matchs joués ont enregistré des incidents violents ou des actes d’incivilité.

Depuis 2007, l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales émet un rapport annuel sur les violences et incivilités dans le football amateur. L’étude analyse les données fournies par la Fédération française de de football qui recense les incidents violents et les actes d’incivilité moyennant une application informatique (« Observatoire des comportements »).

Sur la base de l’analyse des données obtenues, certaines mesures préventives sont mises en place. Lorsque se produisent des actes violents au cours d’un match, ils sont enregistrés et le match est qualifié de « sensible » ; ainsi, lors de futures rencontres, des moyens de sécurité supplémentaires seront déployés pour prévenir les agissements répréhensibles. D’autre part, la Fédération française de football met en œuvre diverses actions à partir des données collectées, notamment le Programme éducatif fédéral (PEF), une série de fiches éducatives mises à la disposition des éducateurs pour enseigner les avantages du sport dans le respect des règles.

Le bilan présenté a rapporté des incidents violents ou des actes d’incivilité dans 11 335 matchs, soit 1,8% du total, ce qui montre une légère hausse de 0,2% par rapport à la saison précédente. Cette augmentation pourrait toutefois être due à une plus grande précision dans l’enregistrement des incidents, plus qu’à une hausse réelle des actes violents.

Dans la plupart des cas, l’acte violent le plus grave a été commis par un joueur (89%), dans 5% des cas par les dirigeants des équipes et dans 3% des cas par les spectateurs. Lorsqu’on observe le club de provenance des agresseurs, les données sont très équilibrées : 47% des agresseurs chez les visiteurs, 46% chez les locaux et 6% issus des deux camps.

Quant à la nature de l’agression, dans presque la moitié des cas, l’acte le plus grave était l’agression verbale (49%), dont 9% étaient des menaces. 45% des incidents violents recensés étaient des agressions physiques. Soulignons que, sur cette saison, 9 agressions par arme ont été enregistrées, ce qui représente moins de 1% du total. Par ailleurs, dans 76 matchs, sur un total de 11 335, l’incident le plus grave était à caractère raciste ou discriminatoire.

Les violences et les incivilités dans le football amateur – saison 2107-2018

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Programmes de relations saines et de prévention de la violence conjugale dans les écoles du Canada

L’agence fédérale canadienne chargée de défendre les droits des femmes et de veiller au respect des lois est le Status of Women Canada (Condition féminine Canada). En tant que telle, cette agence soutient l’égalité de genre et la totale participation des femmes à la vie économique, sociale, culturelle et politique du pays. Le Status of Women Canada exerce son action sur trois niveaux : l’amélioration de l’autonomie économique et le bien-être des femmes, l’élimination de la violence systématique contre les femmes et les enfants et le renforcement des droits des femmes.

Dans ce but, elle développe et dirige des études de genre, soutient leur application au niveau du gouvernement fédéral et finance des recherches qui portent la dimension de genre aux agendas de programmes et de politiques.

C’est le cas du programme informatif d’éducation que met en marche l’Agence canadienne de la femme sur des pratiques scolaires favorisant les programmes de relations saines et de prévention de la violence conjugale dans les écoles du pays. Parmi les objectifs concernant l’inclusivité ainsi que la vision à travers les lentilles de genre, que l’on veut encourager grâce à ce programme éducatif auprès des plus jeunes du pays, qui cible essentiellement les écoles primaires et l’enseignement secondaire, soulignons :

Inclusivité

  • Les programmes incluent des audiences mixtes et différentes communautés et peuvent exiger des approches spécifiques.
  • De même, les programmes incluant des étudiants aux besoins particuliers – par exemple, qui font en sorte que leur matériel soit accessible à des étudiants malvoyants ou malentendants – garantissent que tous les élèves atteignent équitablement tous les objectifs établis dans le programme.
  • Les programmes qui utilisent le lexique LGBTQ et la variance de genre et envisagent des scénarios ou jeux de rôle qui montrent les différents facteurs impliqués dans la violence dans les relations LGBTQ, garantissent aussi que tous les étudiants puissent s’identifier grâce au programme et, de ce fait, remplissent aussi les objectifs quant aux résultats.

Lentilles de genre

  • Les programmes offrant des composants séparés pour filles et garçons puis l’opportunité de se regrouper et débattre sur ce qui est important pour ces derniers et ces dernières ont plus de succès.
  • De même, les programmes disposant de cofacilitateurs à la fois masculins et féminins sont mieux reçus par les jeunes car ils se sentent mieux représentés et ont plus de possibilités de s’exprimer.
  • Même si les programmes séparés par genre peuvent être utiles, une analyse de genre est importante dans tout programme, notamment pour ce qui est des causes profondes de l’inégalité de genre, afin d’aborder le fait que les femmes ont plus de probabilités d’être maltraitées, le consentement et les avantages des relations saines et égalitaires.
  • Les étudiants LGBTQ doivent être représentés, quelle que soit l’identité de genre des facilitateurs, quels que soient le langage et le matériel utilisés, les scénarios traités, etc.

Ce sont là les objectifs intrinsèques que l’on souhaite introduire dans les programmes académiques de l’école au Canada, en favorisant des espaces de réflexion pour les enfants et en générant une atmosphère d’intégration et de normalisation de stéréotypes sociaux déjà déphasés pour essayer de créer un futur prometteur chez les générations suivantes du pays par l’implantation d’un réseau de soutien dès l’enfance.

https://cfc-swc.gc.ca/abu-ans/wwad-cqnf/fs/fs-eng.pdf

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Europol a demandé l’élimination de contenus illicites diffusés sur Internet dans presque 100 000 cas

L’Office fédéral de police criminelle en Allemagne – le BKA – a aussi créé un bureau de contact qui a envoyé pas loin de 6 000 rapports depuis sa création et collabore étroitement avec Europol, y compris en termes de « contrebande ».

Le BKA a ouvert un bureau de contrôle pour éliminer certains contenus sur Internet. Ainsi, la National Internet Referral Unit fonctionne en Allemagne depuis octobre 2018. Depuis, le BKA a déjà envoyé 5 895 rapports sur des contenus criminels suspects à des entreprises d’Internet.

Avec ce nouveau département, le gouvernement allemand précède la réglementation de l’UE pour éviter la diffusion de contenus terroristes en ligne. La proposition législative a été présentée par la Commission de l’UE en septembre 2018. L’objectif est d’adopter le règlement dans les plus brefs délais après l’élection du nouveau Parlement européen.

L’un des aspects essentiels de la réglementation proposée est le délai très court dont disposent les entreprises d’Internet pour retirer certains contenus. De plus, la Commission exige des ​​filtres de fourniture de contenus « terroristes » déjà connus, ainsi que des « mesures proactives » de la part des opérateurs de plateformes pour détecter à l’avance ce type de contenu de façon indépendante.

La National Internet Referral Unit en Allemagne fait partie d’un réseau européen où chaque État membre de l’UE doit désigner un point de contact conformément au règlement. Europol, qui gère aussi ce bureau à La Haye depuis 2015, agit en tant que siège central. Depuis sa fondation il y a quatre ans, l’Europol’s Internet Referral Unit a envoyé 96 166 rapports aux entreprises d’Internet. Dans 84% des cas, les contenus illicites ou les comptes ont été déconnectés par la suite.

Europol stocke tous les liens, indépendamment du fait qu’ils aient été éliminés ou non, dans un fichier séparé appelé Internet Referral Management Application (IRMa). Grâce à cette application, la police constate quelles recommandations ont été envoyées aux fournisseurs de services Internet pour l’élimination de contenus, de sorte qu’un second rapport dressé par une autre autorité n’est pas nécessaire. Le BKA est aussi connecté à IRMa depuis le 1er janvier. Les fichiers audio, vidéo et de texte à retirer sont stockés dans un fichier séparé Check the Web pour des investigations ultérieures.

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ENUSC 2018 : après six années, la criminalité diminue au Chili

L’Enquête nationale urbaine de sécurité publique (ENUSC), lancée par le président du Chili, Sebastián Piñera, constate une baisse de la criminalité de 2,6% – soit environ 130 000 foyers de moins où l’un des membres a été victime d’un crime –.

Cette enquête est la plus précieuse pour les experts en questions de sécurité dans le pays car plus de 27 000 logements sont interviewés dans des zones urbaines et, d’après la fiche technique, cela représenterait 13 millions de personnes pour 5 millions de logements. L’enquête à été réalisée de septembre à décembre 2018 sur des individus de plus de 15 ans.

D’après les résultats de l’ENUSC 2018, réalisée par le CEAD – Centre d’études et d’analyse de la criminalité – et mesurant les taux de criminalité dans tous le pays, dans 25,4% des foyers, au moins un des membres a été victime d’un crime. Ce pourcentage de victimisation en 2018 n’est pas le plus bas dans l’historique de la série : en 2012, le pourcentage de victimes était de 24,3%, en 2013 de 22,8% et en 2014 de 23,5%.

Un des aspects que soulignent, par-dessus tout, les représentants de l’enquête est qu’une année encore, la perception de l’insécurité est à la baisse. L’année 2015 affichait le point le plus haut avec 86,8% des personnes interrogées ayant déclaré leur sentiment que la criminalité avait augmentée. Ce chiffre a diminué en 2016 et 2017 et, aujourd’hui, l’enquête montre une nouvelle baisse le situant à 76,8% des répondants.

Le pourcentage des répondants ayant déclaré avoir porté plainte, après avoir été victime d’un crime, est de 35,1%, soit moins que les années précédentes. Ce chiffre a progressivement diminué depuis 2015 où il atteignait 43,5% des personnes interrogées.

D’autre part, en 2018, 6,6% des logements du pays ont été revictimisés, c’est-à-dire qu’ils ont été victimes deux fois ou plus d’un crime grave.

Les principales causes motivant la non-dénonciation de faits criminels sont le caractère bénin du délit, l’éventuelle perte de temps ou le manque de confiance en la police ou la justice.

Pour ce qui est de la caractérisation des actes criminels, l’enquête compare les résultats de 2017 et 2018 et, pour la plupart des crimes, le chiffre diminue. À la question de savoir si le répondant ou l’un des membres de son foyer a été victime d’un crime tel que vol avec violence et/ou intimidation, 4,6% répondent affirmativement en 2018 contre 5,1% en 2017. Le cambriolage montre des chiffres similaires et passe de 5,1% à 4,8% en 2018. Mais la baisse la plus remarquable touche le vol à la roulotte qui passe de 14,2% en 2017 à 11,6% en 2018.

L’ENUSC a aussi mesuré la source d’information à partir de laquelle les gens forgent leur perception de la criminalité : plus de la moitié des répondants – 50,2% – le font à travers la télévision, 13,8% par le biais d’autres personnes et 12,5% parce qu’ils l’ont eux-mêmes subie.

Pour ce qui est des incivilités, la plupart des infractions diminuent en pourcentage par rapport à 2017 et l’on constate notamment la présence de chiens errants, de commerces ambulants et de graffitis sur la voie publique. En revanche, d’autres types d’infraction non négligeables se maintiennent stables par rapport à l’année précédente, dont la consommation d’alcool ou de drogues sur la voie publique, l’accumulation de déchets, la présence d’individus dormant dans la rue, la vente clandestine d’alcool et la prostitution.

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Recrudescence du nombre d’homicides en Colombie

Après sept années de baisse continue du nombre d’assassinats, il s’est produit en 2018 un recul des politiques de prévention des homicides, au vu des chiffres du ministère de la Défense et de la Fondation Idées pour la Paix (FIP).

D’après un rapport émis par le ministère de la Défense, en 2018, un total de 12 311 individus ont été assassinés en Colombie. Cela signifie 500 homicides de plus qu’en 2017 qui a recensé 11 831 personnes tuées, soit 4% de plus.

Sur le total des homicides, 3 780 (30,34%) se sont produits en zone rurale et le reste, 8 678 (69,66%), en zone urbaine.

Le plus inquiétant, selon des sources officielles, est que seulement 189 individus ont été interpelés et sont incarcérés comme auteurs d’un quelconque homicide, tandis que 102 autres sont mis en examen pour être reliés à un assassinat.

Pour faire face à cette recrudescence des homicides, les autorités préconisent un renforcement de la pression et du contrôle dans 4 ou 5 communes du Bajo Cauca, Tumaco et la Comuna 13 de Medellín. Mais cette stratégie de ciblage des zones critiques contraste avec le rapport de la FIP qui signale que, bien que la priorisation de certains territoires soit importante, on ne peut pas négliger certains autres territoires qui, potentiellement, peuvent devenir des espaces à haute fréquence d’homicides.

De plus, la FIP considère que l’augmentation des homicides répond à différentes causes et modalités : l’incidence des homicides par arme blanche, l’augmentation des morts violentes d’adultes, ainsi que l’existence de 24 communes où seules des femmes ont été victime de mort violente, ce qui implique une réponse différentielle pour contrôler le phénomène.

Dans une autre association, le Réseau de programmes de développement et de paix (Prodepaz), le consultant Luis Eduardo Celis estime que la sortie du conflit de l’ex-guérilla des FARC a évité de 500 à 800 homicides par an. Or en 2018, plusieurs facteurs se sont regroupés :

  • La poursuite du conflit et la polémique des revenus illégaux, ainsi que l’absence d’un État de droit fonctionnant sur tout le territoire. Il y a 150 communes critiques et des zones où le conflit est plus virulent.
  • Le partage des terres, qui affecte les leaders sociaux et les politiques publiques visant à traiter les sujets de discorde ou l’insécurité depuis la région, a généré l’augmentation des homicides en Colombie.
  • Le manque de tolérance citoyenne pour gérer des conflits, doublé de leaders sociaux qui ont misé sur un processus de paix qui n’a pas donné les résultats escomptés, ni dans la substitution des cultures ni dans la restitution de terres.
  • Le manque d’opportunités académiques et professionnelles pour les jeunes continue à inciter les populations vulnérables à rejoindre les mafias et les groupes armés.

Le ministère de la Défense souligne qu’il faut reconnaître la lente avancée des politiques d’équité, qu’il existe de nombreux conflits urbains sur lesquels il faut axer les stratégies de sécurité et de paix dans chaque région en différenciant leur situation actuelle et, enfin, qu’il faut accompagner ces actions par une stratégie de paix et de cohabitation.

Pour Eduardo Celis, il existe en Colombie une culture de l’indifférence très forte à cause de la durée dans le temps du conflit armé, d’où cette complicité culturelle.

Lien utiles :

https://www.fiscalia.gov.co/colombia/

https://www.rcnradio.com/judicial/homicidios-en-colombia-aumentaron-en-2018-dice-fiscalia

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