Le nouveau rapport d’Europol indique une criminalité fragmentée et multipliée

Europol vient de publier la 10e édition de l’Évaluation de la menace que représente la criminalité organisée sur Internet (IOCTA), un rapport qui fournit une évaluation approfondie des principaux développements, changements et menaces émergentes dans le domaine de la cybercriminalité au cours de l’année écoulée.

Le document met en évidence les tendances pertinentes dans les domaines de la criminalité tels que les cyberattaques, l’exploitation sexuelle des enfants ainsi que les fraudes en ligne et sur les systèmes de paiement. Il donne également un aperçu de ce qui nous attend dans un avenir proche, notamment en ce qui concerne les nouvelles technologies, les systèmes de paiement, l’intelligence artificielle, les cryptomonnaies et les contenus illicites en ligne.

Les récentes opérations de répression ont amené les groupes de ransomware à se diviser et à se rebaptiser sous d’autres noms. En outre, les démantèlements continus des forums et des places de marché sur le dark web ont raccourci le cycle de vie des espaces criminels. Cette instabilité, combinée à l’augmentation des escroqueries existantes, a contribué à la fragmentation et à la multiplication des cybermenaces.

En 2023, des millions de victimes dans l’UE ont été ciblées et exploitées en ligne quotidiennement :

  • Les groupes de ransomware ciblent de plus en plus les petites et moyennes entreprises parce qu’elles ont moins de cyberdéfenses ;
  • Le commerce électronique et les banques sont les cibles privilégiées des attaques numériques ;
  • Les utilisateurs continuent d’être victimes de campagnes de phishing, de compromissions de courriels professionnels (BEC), de fraudes à l’investissement et de fraudes sentimentales ;
  • Le nombre de cas d’extorsion sexuelle en ligne visant des mineurs vulnérables est en augmentation.

Les tactiques d’extorsion sont de plus en plus courantes dans l’ensemble des menaces de cybercriminalité, car les données volées risquent d’être publiées et vendues aux enchères, ce qui fait peser la menace d’une nouvelle victimisation. Les criminels semblent être des mineurs dans de nombreux cas et certains ont commencé à tirer parti de l’IA, qui est déjà en train de devenir un élément de leur boîte à outils. L’utilisation des cryptomonnaies dans un plus grand nombre de domaines criminels est également devenue plus visible.

La cybercriminalité assistée par l’IA ne fait que commencer : les contenus pédopornographiques constituent une menace inquiétante qui devra faire l’objet d’une surveillance approfondie. Les images modifiées par l’IA et les images totalement artificielles poseront des défis croissants aux enquêtes des forces de l’ordre, non seulement en termes de volume en circulation, mais aussi en ce qui concerne la capacité des enquêteurs à identifier la véritable identité des victimes et des délinquants.

L’utilisation des cryptomonnaies dans divers domaines de la criminalité est devenue plus évidente. Plusieurs évolutions sur ce marché devraient avoir un impact significatif sur l’utilisation abusive des cryptomonnaies par les criminels dans un avenir proche. Les fraudeurs pourraient abuser de l’augmentation des fonds négociés en bourse liés à ces actifs.

Pour faire face rapidement et efficacement aux principales menaces mises en évidence dans le rapport IOCTA 2024, les forces de l’ordre ont besoin des connaissances, des outils et de la législation adéquats. Alors que les criminels s’adaptent, les forces de l’ordre et les législateurs doivent également innover pour garder une longueur d’avance et chercher à tirer parti des nouvelles technologies et de celles en développement. Cela nécessite à son tour une formation permettant d’acquérir les compétences spécialisées nécessaires pour enquêter sur des cybercrimes complexes ou techniquement difficiles, tels que ceux impliquant l’utilisation abusive des cryptomonnaies ou du dark web.

Europol relève ces défis numériques grâce à sa stratégie de sécurité collaborative. L’agence est à la pointe de l’innovation en matière d’application de la loi et fait office de plateforme de connaissances pour fournir des solutions européennes en matière d’application de la loi sur le cryptage, les cryptomonnaies et d’autres questions. Grâce à cela, Europol élargit la boîte à outils dont disposent les agents des forces de l’ordre en Europe et au-delà, en renforçant leurs capacités techniques et médico-légales. Le Centre européen de lutte contre la cybercriminalité d’Europol (EC3) est le premier port d’escale pour les enquêteurs en cybercriminalité.

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Europol coordonne l’action mondiale contre l’utilisation abusive des outils de sécurité à des fins criminelles

Les polices européennes ont uni leurs forces à celles du secteur privé pour lutter contre l’utilisation abusive par des criminels d’un outil de sécurité visant à s’infiltrer dans les systèmes informatiques de leurs victimes.

Au cours d’une semaine d’action policière coordonnée depuis le siège d’Europol entre le24 et le 28 juin de cette année, les forces de l’ordre ont ciblé les anciennes versions sans licence de l’outil d’équipement Cobalt Strike.

Tout au long de la semaine, les forces de l’ordre ont signalé les adresses IP connues associées à des activités criminelles, ainsi qu’un certain nombre de noms de domaine utilisés par des groupes criminels, afin que les fournisseurs de services en ligne désactivent les versions sans licence de l’outil. Au total, 690 adresses IP ont été signalées à des fournisseurs de services en ligne dans 27 pays.

Connue sous le nom d’opération MORPHEUS, cette enquête a été menée par l’Agence nationale britannique de lutte contre la criminalité et a impliqué des autorités policières d’Australie, du Canada, d’Allemagne, des Pays-Bas, de Pologne et des États-Unis. Europol a coordonné l’activité internationale et a assuré la liaison avec les partenaires privés. Cette offensive marque l’aboutissement d’une enquête complexe qui a débuté en 2021.

Cobalt Strike est un outil commercial populaire fourni par l’entreprise de logiciels de cybersécurité Fortra. Il est conçu pour aider les experts légitimes en sécurité informatique à effectuer des simulations d’attaques qui identifient les faiblesses des opérations de sécurité et des réponses aux incidents.

Cependant, entre de mauvaises mains, des copies sans licence de Cobalt Strike peuvent fournir à un acteur malveillant un large éventail de capacités d’attaque.

Fortra a pris des mesures importantes pour empêcher l’utilisation abusive de ses logiciels et a collaboré avec les forces de l’ordre dans le cadre de cette enquête afin de protéger l’utilisation légitime de ses outils. Toutefois, dans de rares cas, des criminels ont volé des versions antérieures de Cobalt Strike, créant des copies pour obtenir un accès par une porte dérobée à des machines et déployer des logiciels malveillants. Ces versions sans licence de l’outil ont été associées à diverses enquêtes sur des logiciels malveillants et des ransomwares, notamment RYUK, Trickbot et Conti.

La coopération avec le secteur privé a été cruciale pour la réussite de cette action policière européenne. Plusieurs partenaires du secteur privé ont soutenu l’action, tels que BAE Systems Digital Intelligence, Trellix, Spamhaus, abuse.ch et Shadowserver Foundation. Ces partenaires ont déployé des capacités améliorées de balayage, de télémétrie et d’analyse pour aider à identifier les activités malveillantes et leur utilisation par les cybercriminels.

Cette nouvelle approche est rendue possible par la modification du règlement Europol, qui a renforcé la capacité de l’Agence à mieux soutenir les États membres de l’Union, notamment en collaborant avec le secteur privé. Grâce à cette nouvelle approche, Europol peut accéder à des informations en temps réel sur les menaces et à une perspective plus large sur les tactiques des cybercriminels. Ce partenariat permet d’apporter une réponse plus coordonnée et plus complète, ce qui améliore la résilience globale de l’écosystème numérique dans toute l’Europe.

Le Centre européen de lutte contre la cybercriminalité d’Europol (EC3) soutient cette affaire depuis septembre 2021 en fournissant un soutien analytique et médico-légal ainsi qu’en facilitant l’échange d’informations entre tous les partenaires.

Les forces de l’ordre ont utilisé une plateforme de partage de renseignements sur les logiciels malveillants pour permettre au secteur privé de partager des informations sur les menaces en temps réel avec les services de police. Tout au long de l’enquête, plus de 730 renseignements sur les menaces, contenant près de 1,2 million d’indicateurs de compromission, ont été partagés.

En outre, l’EC3 d’Europol a organisé plus de 40 réunions de coordination entre les forces de l’ordre et les partenaires privés. Pendant la semaine d’action, Europol a mis en place un poste de commandement virtuel pour coordonner les actions policières dans le monde entier.

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La recherche contribue à améliorer le contact avec les victimes d’agressions aux États-Unis

Il n’est pas rare que les victimes éprouvent des difficultés à entrer en contact avec les forces de l’ordre après une agression. Les victimes craignent souvent de ne pas être crues ou pensent que le fait de signaler le délit n’aura aucun effet.

Cet article, signé par Maya Metni Pilkington, a été publié à l’origine dans le Police Chief Magazine, puis a été republié dans le National Institute of Justice (NIJ) avec l’autorisation de l’Association internationale des chefs de police.

Comment les forces de l’ordre peuvent-elles aider les victimes à collaborer avec le système après une agression ? La réponse réside dans la création de bonnes pratiques pour entrer en contact avec les victimes. Trois projets de recherche financés par le ministère américain de la Justice examinent cette difficulté sous un nouveau jour.

Les kits d’agression sexuelle contiennent des preuves cruciales. Malheureusement, la collecte des preuves qu’ils contiennent peut être intrusive et traumatisante pour les victimes, qui doivent subir des examens médico-légaux peu de temps après une agression, à un moment où elles peuvent ne pas être prêtes à signaler le crime à la police.

Malgré l’importance de la collecte des échantillons de sperme, de sang, de salive et de cheveux contenus dans les kits d’agression sexuelle pour les enquêtes et les poursuites pénales, les preuves ne sont pas systématiquement envoyées pour des tests et des analyses médico-légales de l’ADN. Les laboratoires de police et de criminologie peuvent accumuler un grand nombre de kits non testés. Les retards dans l’obtention des preuves n’entravent pas seulement les recherches de la justice, mais peuvent également perpétuer ou aggraver le traumatisme des victimes.

Les afflux de fonds publics, associés à un tollé général persistant, ont incité de nombreuses juridictions à accélérer le traitement de leurs kits non testés, ce qui a permis d’identifier des milliers d’individus ayant commis un crime grâce aux consultations de la base de données ADN (CODIS). La réouverture de ces affaires prend souvent des mois, voire des années, à partir du moment où l’infraction a été commise. La police et les procureurs doivent contacter les victimes pour les informer que leurs preuves n’ont jamais été analysées et que leur dossier peut être rouvert, un processus qui peut être profondément traumatisant.

La docteure Rebecca Campbell, professeure de psychologie à l’Université d’État du Michigan, s’attache à comprendre les conséquences sur les victimes des kits d’agression sexuelle qui n’ont pas fait l’objet de poursuites. Son travail explore la détresse psychologique prolongée et le sentiment d’injustice des survivants qui n’ont pas pu bénéficier d’une résolution rapide et d’une fermeture de l’affaire.

En 2009, ces recherches ont permis de découvrir 8 717 kits à Détroit, dans le Michigan, qui n’avaient jamais été envoyés pour être testés, principalement en raison d’années de sous-effectifs et de ressources insuffisantes.

Dans le cadre de ses recherches, la docteure Campbell a interrogé des victimes d’agressions sexuelles à Détroit, et toutes avaient des kits qui avaient été prélevés mais pas envoyés pour analyse. Les kits ont été retrouvés dans les arriérés de Detroit, puis ont été envoyés pour analyse et sélectionnés pour notification aux victimes. Leurs affaires judiciaires ont été rouvertes, poursuivies, jugées et classées. Sur les 112 survivants qui répondaient aux critères de l’étude, 32 ont choisi de participer, ce qui montre à quel point il est difficile pour ces victimes de revenir sur l’agression dont elles ont été victimes. Cela peut être particulièrement vrai lorsqu’il s’agit de renouer avec le système.

Pourquoi les interactions entre la victime et l’agent sont-elles importantes ? Il est dans l’intérêt des services de police d’améliorer les interactions avec les victimes afin que les agents ne leur causent pas plus de tort qu’elles n’en ont déjà subi et que les agents puissent être une ressource utile pour les victimes. En outre, il a été démontré que la formation à une meilleure communication et à une réponse plus emphatique aux victimes renforçait le traitement des affaires, ce qui signifie que les cas traités après la formation comportaient davantage de preuves étiquetées, étaient plus susceptibles d’être transmis à des enquêteurs spécialisés pour un suivi et incluaient davantage d’agents engagés dans des actions de défense des intérêts des victimes. Les résultats de certaines recherches montrent que la formation tenant compte des traumatismes est prometteuse pour faire progresser la réponse de la police aux agressions sexuelles, centrée sur les survivants.

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Europol met en garde contre les difficultés rencontrées par la police dans la collecte de preuves

Dans un rapport de recherche récemment publié, Europol tire la sonnette d’alarme sur la manière dont les technologies d’amélioration de la protection de la vie privée (PET) utilisées dans le routage domestique (Home Routing) posent un sérieux problème à l’interception légale d’informations dans le cadre d’enquêtes policières et judiciaires.

Le rapport s’est plongé dans les problèmes que le Home Routing crée pour les forces de l’ordre dans l’exercice de leurs fonctions, ainsi que le fait qu’il présente des moyens possibles de sauvegarder et de maintenir la capacité de la police à protéger les citoyens et à enquêter sur les criminels.

Le Home Routing permet à un fournisseur de services de télécommunications de fournir un service à un client qui voyage à l’étranger. Cela signifie que lorsqu’un client voyage dans le monde entier, ses communications (appels, messages et données) sont toujours traitées par son réseau d’origine et non par le réseau du pays qu’il visite.

En conséquence, cela signifie que le fournisseur de services à l’étranger ne peut pas remettre les données de communication aux forces de l’ordre qui en font la demande, si le service national fourni a activé les PET dans le Home Routing.

Une fois le Home Routing mis en place, tout suspect utilisant une carte SIM étrangère ne pourra plus être intercepté. Ce problème se pose aussi bien lorsqu’un étranger utilise sa propre carte SIM (étrangère) dans un autre pays que lorsque des citoyens ou des résidents utilisent une carte SIM étrangère dans leur propre pays. La seule exception actuelle à cette règle est le cas où un fournisseur de services national (auquel des ordres d’interception nationaux peuvent être envoyés) a mis en place un accord de collaboration qui désactive les PET du routage domestique avec le fournisseur de services d’un autre pays.

Les criminels connaissent cette faille et en abusent pour échapper aux forces de l’ordre. Cela crée un déséquilibre entre les acteurs malveillants et les forces de l’ordre, dont les capacités actuelles ne leur permettent pas de remplir les missions que la société leur a confiées.

Dans le cas du routage domestique, une ordonnance d’interception nationale ne peut pas être appliquée au-delà des frontières. En revanche, une décision d’enquête européenne peut être émise, bien que la réponse puisse prendre jusqu’à 120 jours, une période qui devient trop longue lorsqu’une interception d’urgence est nécessaire. En outre, il n’est pas souhaitable de compter sur la coopération volontaire d’un prestataire de services étranger pour l’exercice des pouvoirs d’enquête nationaux.

Avec cette prise de position, Europol souhaite ouvrir le débat sur cette question technique qui, à l’heure actuelle, entrave gravement la capacité des forces de l’ordre à accéder à des preuves cruciales.

Il faut trouver une solution qui permette aux autorités d’un pays d’intercepter légalement les communications d’un suspect sur son territoire, sans entraver de manière disproportionnée les communications sécurisées.

Le document fournit des éléments clés à prendre en compte dans le cadre de la réponse de la société, en tenant compte des aspects opérationnels, techniques, politiques et de protection de la vie privée.

Ce document fait partie d’une série de publications d’Europol qui permettent d’anticiper les innovations technologiques et les changements qui en résultent dans le paysage de la sécurité.

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Les défis méthodologiques dans l’étude des incidents violents rares

Les incidents violents, tels que les fusillades de masse et les attentats terroristes, sont rares, mais ont des répercussions étendues et catastrophiques sur la société. Ces événements dévastateurs, et souvent très médiatisés, soulèvent des questions sur leurs causes et sur la meilleure façon de les éviter. Cependant, les événements peu fréquents sont très difficiles à prévoir.

Le magazine du National Institute of Justice (NIJ) a publié un article destiné à sensibiliser le public et à soutenir les efforts de prévention. Dans cette optique, la communauté de chercheurs (Basia E. López, Danielle M. Crimmins, Aisha J. Qureshi et Nadine Frederique) doit élaborer une stratégie pour obtenir, coder, tester et analyser les données sur les incidents violents rares.

Il est difficile de trouver des réponses aux questions qui peuvent guider la prévention de ces événements. Bien sûr, on peut s’appuyer sur les résultats de la recherche pour éclairer ces discussions, mais la recherche sur des événements rares, mais à fort impact, est incroyablement difficile à mener et encore plus difficile à généraliser. Les modèles et les méthodes de recherche évoluent constamment, cependant les incidents rares restent un phénomène exceptionnellement difficile à étudier.

Par exemple, les fusillades de masse en public sont peu fréquentes et dépendent du contexte, ce qui signifie que la situation, le contexte ou le lieu diffèrent d’un cas à l’autre. Il est donc difficile pour les chercheurs de quantifier leur impact. En outre, la rareté des fusillades publiques rend difficile l’élaboration et le test de modèles théoriques en raison du manque de données de bonne qualité.

La recherche doit aller au-delà de ces limites pour améliorer la capacité de la justice pénale à prévenir les incidents violents rares. Par exemple, on manque d’informations fiables et valables sur les facteurs susceptibles de pousser un individu à commettre une fusillade de masse. La détermination de ces facteurs nécessite des méthodes de collecte et d’analyse de données rigoureuses. Mais ce n’est qu’un point de départ. Nous pouvons également nous appuyer sur des méthodes utilisées dans d’autres disciplines qui étudient les événements rares afin d’aider à prévoir les incidents violents et à proposer des stratégies d’atténuation appropriées.

En tant qu’organe de recherche, de développement et d’évaluation scientifique du ministère américain de la Justice, le NIJ a joué un rôle crucial dans l’amélioration de la connaissance et de la compréhension des incidents violents rares, tels que les fusillades de masse et les attaques terroristes. L’Institut a financé au fil des années un certain nombre d’études visant à fournir des données rigoureuses, une meilleure compréhension de ce que les données véhiculent, une meilleure connectivité entre les sources de données et des définitions cohérentes afin que le secteur dispose de plus d’informations sur les auteurs de violences de masse, leurs motivations et la manière dont ils planifient et exécutent leurs attaques.

Une fusillade de masse entre dans la catégorie plus large des meurtres de masse, qui se définissent comme des meurtres délibérés (sans négligence) d’au moins quatre êtres humains par une autre personne, quel que soit le moyen utilisé (par exemple, une bombe, un couteau/une machette, une arme à feu ou l’utilisation d’un véhicule). Une fusillade de masse est un meurtre de masse impliquant au moins une arme à feu et qui est généralement perpétré en un seul lieu et à un seul moment.

Les fusillades de masse comportent d’autres sous-catégories, telles que :

  • Les fusillades de masse en public (fusillades dans les écoles, sur les lieux de travail et dans d’autres lieux accessibles au public, tels que les cinémas, les restaurants, les bars, les lieux de culte ou les manifestations en plein air dans des espaces ouverts) ;
  • Les fusillades domestiques de masse ;
  • Les fusillades liées à la criminalité, telles que les vols et les fusillades entre gangs (une forme de criminalité organisée et de guerres de territoire) ;
  • Un autre exemple de meurtre de masse est un attentat terroriste au cours duquel plusieurs victimes sont tuées intentionnellement.

Au fil des ans, le NIJ s’est engagé à soutenir la recherche sur les incidents rares tels que le terrorisme et les fusillades de masse, en mettant l’accent sur les fusillades dans les écoles. Reconnaissant qu’il existe également des lacunes dans les connaissances sur les fusillades de masse en dehors du cadre scolaire, l’Institut a commencé à investir dans la recherche sur la radicalisation domestique vers l’extrémisme violent et le terrorisme en 2012, et sur d’autres fusillades de masse en public en 2018.

Les incidents violents rares sont liés à un manque de données, ce qui a conduit les chercheurs à utiliser des bases de données ouvertes pour mieux les comprendre.

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Journées d’intervention policière contre les abus sexuels sur mineurs

Ces journées ont donné lieu à une semaine d’intervention policière contre les abus sexuels sur mineurs. Une équipe mondiale de 32 enquêteurs a analysé les données de dizaines de milliers d’images et de vidéos collectées lors d’opérations menées contre des producteurs et des distributeurs de contenus comportant des abus sexuels d’enfants, et réalisées via des plateformes de transmission en direct.

Entre le 24 et le 28 juin 2024, Europol a organisé une action opérationnelle visant les acheteurs de contenus comportant des abus d’enfants à distance et en direct. La répression policière a rassemblé des représentants de l’Autriche, de la Belgique, de la France, de l’Allemagne, des Pays-Bas, de l’Espagne, de la Suède, de la Norvège, du Royaume-Uni et des États-Unis. Au cours de l’opération, les 32 enquêteurs ont traité et développé des pistes fournies grâce aux enquêtes de la sécurité intérieure des États-Unis (US HSI) concernant des réseaux criminels exploitant sexuellement des enfants aux Philippines. Les enquêteurs ont analysé des dizaines de milliers d’images et de vidéos d’exploitation sexuelle d’enfants, ainsi que plus de 10 millions de lignes de conversations connectées entre environ 12 000 comptes de clients criminels uniques et 100 comptes de vendeurs. L’opération a abouti à la production de dossiers d’information qui peuvent conduire les autorités nationales de 24 pays à 197 acheteurs d’abus sur des enfants à distance et en direct.

Les informations analysées au cours des journées d’intervention policière proviennent spécifiquement d’opérations menées contre ceux qui produisent et distribuent du contenu d’exploitation sexuelle d’enfants via des plateformes de transmission en direct. L’opération a permis aux chercheurs d’apprendre et de collaborer en personne en transformant des données brutes en informations utiles en temps réel.

Les chercheurs réunis au cours de l’opération ont travaillé avec d’importants volumes de données qui ont été générés sur une période de 12 ans. Lorsque chaque acheteur criminel et chaque trafiquant est arrêté, son empreinte numérique, telle que les chats, les données de transaction, les données de localisation et les adresses IP, est utilisée pour enquêter sur un plus grand nombre de réseaux de trafiquants et secourir un plus grand nombre de victimes. Le sprint opérationnel d’Europol, qui a duré une semaine, visait à identifier les acheteurs criminels qui, dans le monde entier, utilisent des plateformes de transmission en direct pour payer des trafiquants afin qu’ils abusent d’enfants. Certains enfants maltraités auraient entre trois et quatre ans.

Les abus sexuels sur mineurs transmis en direct sont un secteur en plein essor impliquant des trafiquants d’enfants aux Philippines et ailleurs qui s’adressent à une clientèle vérifiée d’acheteurs qui paient pour regarder des abus sexuels sur des enfants en direct. Les acheteurs criminels ordonnent aux trafiquants d’enfants de commettre des abus sexuels sur des enfants mineurs en temps réel au cours d’interactions privées par webcam. Les clients se rendent également aux Philippines pour participer aux abus pratiques sur des enfants. Les abus sont commis au moyen de connexions cryptées, ce qui ne laisse que peu de preuves numériques et qui engendrent de sérieuses difficultés pour les enquêteurs qui ciblent les abus sur des enfants en ligne.

Les trafiquants et les victimes se trouvant dans un même pays et les acheteurs criminels vivant dans le monde entier, la coopération entre les autorités nationales est essentielle pour lutter contre les abus sur des enfants en ligne. Europol a accueilli l’opération à son siège de La Haye ce qui a facilité l’échange d’informations et a fourni un soutien analytique.

Les opérations du HSI des États-Unis ont été soutenues par la Child Rescue Coalition (Coalition pour le sauvetage des enfants), la Fondation Tim Tebow et le Centre international pour les enfants disparus et exploités.

Autorités de l’État impliquées :

États membres de l’UE : Service autrichien de renseignement criminel (Bundeskriminalamt), Belgique : Police fédérale, France : Police nationale, Allemagne : Bureau fédéral de police criminelle (Bundeskriminalamt), Pays-Bas : Police nationale (Politie), Suède : Autorité policière suédoise (Polismyndigheten), Danemark : Police danoise (Politi)

États non membres de l’UE : Norvège : Police nationale (Politiet), Royaume-Uni : Police métropolitaine, Police de l’Ombrie du Nord, Police de West Midlands et États-Unis : enquêtes sur la sécurité nationale.

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Les escroqueries visant les personnes âgées continuent d’augmenter aux États-Unis

Selon le FBI et The Conversation, les États-Uniens âgés de 60 ans et plus ont perdu plus de 3 milliards de dollars à cause de fraudeurs au cours de l’année 2023.

Cependant, les conséquences peuvent être plus graves qu’une simple perte d’argent. Pour beaucoup l’expérience est traumatisante, certaines victimes ressentent une honte profonde et doutent d’elles-mêmes après l’escroquerie. Cela peut interférer dans leurs relations, éroder leur confiance envers les autres et nuire à leur santé mentale et physique.

Apprendre aux Américains plus âgés à identifier et à éviter les fraudes, ainsi qu’à dénoncer ces délits, pourrait contribuer à atténuer l’impact de cette épidémie moderne.

Un rapport récent du FBI montre la prévalence de la fraude à l’égard des personnes âgées. En 2023, les Américains de plus de 60 ans ont déposé 14 % de plaintes supplémentaires auprès de l’Internet Crime Complaint Center (IC3) du FBI par rapport à l’année précédente. Les pertes financières estimées ont augmenté d’environ 11 % au cours de la même période.

Ces chiffres, bien que sérieux, ne représentent que la partie émergée de l’iceberg. D’une part, seule la moitié environ des plaintes pour délits sur Internet au FBI comportait des informations sur l’âge de la victime, ce qui signifie que les cas signalés de fraude envers les personnes âgées sont sous-estimés.

En outre, ces chiffres ne tiennent pas compte des nombreuses escroqueries par téléphone, par courrier ou en personne. De nombreuses victimes de fraude ne signalent jamais leurs mésaventures, souvent parce qu’elles ont honte, qu’elles ont peur ou qu’elles ne savent pas quoi faire.

Si des personnes de tous âges sont victimes de fraudeurs, les personnes âgées peuvent être particulièrement vulnérables.

Le FBI a laissé entendre que les personnes âgées sont souvent ciblées car elles ont tendance à être plus confiantes et polies. Elles disposent souvent d’une épargne financière, d’un logement individuel et d’un bon crédit, ce qui constitue un attrait pour les arnaqueurs.

Les personnes âgées peuvent également se sentir moins à l’aise avec les nouvelles technologies, ce qui les met en danger. Rappelons-nous qu’une personne de 85 ans est susceptible d’avoir pris sa retraite en 2004, c’est-à-dire trois ans avant qu’Apple ne lance l’iPhone. Alors que de nombreuses formes de technologie ont pénétré notre vie personnelle, c’est souvent sur le lieu de travail que de nombreuses personnes reçoivent une formation obligatoire, par exemple sur la manière d’éviter les escroqueries en ligne.

En 2023, les escroqueries liées au support technique étaient le type de fraude le plus souvent signalé par les seniors. Les escroqueries sentimentales, les escroqueries liées aux achats en ligne et les fraudes liées à l’investissement sont d’autres pratiques courantes. Si les escroqueries technologiques sont les plus courantes, les escroqueries liées à l’investissement, quant à elles, sont les plus coûteuses, représentant près de la moitié de toutes les pertes déclarées par les plus de 60 ans l’année dernière.

Les centres d’appels frauduleux sont également connus pour cibler les personnes âgées. Selon le FBI, ces escroqueries représentaient 40 % des cas signalés de fraude aux personnes âgées en 2023 et étaient à l’origine d’au moins 770 millions de dollars de pertes. Nombre d’entre eux utilisent les nouvelles technologies, telles que l’intelligence artificielle, pour tromper plus efficacement les gens avec des escroqueries par clonage vocal ou vidéo.

Les arnaqueurs des centres d’appel racontent toutes sortes d’histoires. En 2022, plus de 600 personnes ont déclaré avoir été victimes d’une seule même fraude à la multipropriété. Collectivement, ils ont perdu près de 40 millions de dollars. Au cours du second semestre de 2023, des escrocs se faisant passer pour des fonctionnaires gouvernementaux ou des agents appartenant au support technique ont incité les victimes à liquider leurs actifs ou à acheter des métaux précieux, entraînant des pertes de plus de 55 millions de dollars.

Comme pour toute épidémie, les outils de contrôle des infections peuvent contribuer à limiter la propagation. Tout comme les vaccins renforcent l’immunité contre les virus, les efforts de prévention peuvent aider les personnes à renforcer leurs défenses pour éviter la fraude. Le principal outil de prévention de la fraude est d’apprendre à identifier à l’avance les escroqueries potentielles.

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Europol dirige une journée d’action contre la traite des êtres humains

Trente-neuf pays du monde entier ont participé en juin dernier aux journées d’action commune EMPACT contre la traite des êtres humains. Dirigée par l’Autriche et co-dirigée par la Roumanie, Europol, Frontex et INTERPOL, l’opération baptisée « GLOBAL CHAIN » a permis l’arrestation de 219 personnes et l’identification de plus de 1 374 victimes, dont 153 enfants. Visant à démanteler les réseaux criminels à haut risque, la semaine d’action s’est concentrée sur les cas d’exploitation sexuelle, de criminalité forcée et de mendicité forcée.

L’approche multidisciplinaire testée a impliqué Europol, Frontex et INTERPOL, ainsi que des policiers et des gardes-frontières de plusieurs continents. Cette année, l’un des objectifs était d’identifier et de démanteler les réseaux criminels actifs les plus menacés dans l’UE, tels que les organisations de type mafia, ethnique et familiale ainsi que d’autres réseaux structurés impliqués dans la traite des êtres humains. Dans le cadre des phénomènes criminels de l’exploitation sexuelle, de la mendicité forcée et de la criminalité forcée, les forces de l’ordre ont principalement ciblé les affaires impliquant des enfants en tant que victimes.

À l’instar des actions menées les années précédentes, cette action conjointe de grande envergure visait à encourager les autorités à mener des activités spécifiques dans leurs pays respectifs et collectivement entre elles pendant une semaine, mais aussi à attirer l’attention sur cette typologie de criminalité. Les résultats de ces journées d’action commune ont touché non seulement les autorités, mais aussi de nombreux autres acteurs externes qui peuvent jouer un rôle dans la réduction du nombre de victimes de la traite des êtres humains.

Résultats des journées d’action EMPACT au cours desquelles 276 nouvelles enquêtes ont été ouvertes :

  • 362 suspects identifiés ;
  • 219 auteurs arrêtés ;
  • 1 374 (1 221 adultes, 153 enfants) victimes identifiées et aidées ;
  • 2 074 avoirs criminels, tels que de l’argent liquide ou des appareils, saisis ;
  • 363 documents frauduleux ont été identifiés ;
  • Plus de 276 nouvelles enquêtes ont été ouvertes.

Outre la lutte contre la traite des enfants et les réseaux criminels les plus menacés, cet effort international d’application de la loi a permis de révéler un certain nombre de points névralgiques dans la lutte contre la traite des êtres humains dans le monde entier. Il s’agit d’actions menées en Amérique latine, en Asie, en Afrique, ainsi que dans les pays du partenariat oriental et en Ukraine.

Lors des inspections effectuées dans le monde entier, les agents recherchaient systématiquement des signes de trafic et de documents falsifiés, puis arrêtaient les auteurs et protégeaient immédiatement les victimes. Les inspections ont également conduit à l’ouverture de nouvelles enquêtes. Afin de recouper les données et de permettre l’échange d’informations entre les participants, un centre de coordination a été établi au siège de Frontex à Varsovie, en Pologne. En collaboration avec des experts de chaque pays, le personnel de Frontex, d’Europol et d’INTERPOL a aidé à coordonner cette semaine d’action à grande échelle, qui a été soutenue par le projet EU4FAST.

La plateforme pluridisciplinaire européenne contre les menaces criminelles (EMPACT) se penche sur les principales menaces que font peser sur l’Union la criminalité internationale organisée et ses formes les plus graves. EMPACT renforce le renseignement, la coopération stratégique et opérationnelle entre les autorités nationales, les institutions et les organes de l’UE ainsi que les partenaires internationaux. La plateforme EMPACT est mise en pratique dans le cadre de cycles de quatre ans axés sur les priorités communes de l’UE en matière de criminalité.

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Rapport européen sur les drogues 2024 : tendances et évolutions

Les substances synthétiques puissantes, les nouveaux mélanges de drogues et l’évolution des modes de consommation constituent une menace croissante en Europe. Telles sont quelques-unes des questions posées par l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT) lors de la présentation du Rapport européen sur les drogues 2024.

La disponibilité des drogues reste élevée en Europe, où le marché offre une gamme variée de produits. Les consommateurs de drogues sont aujourd’hui davantage exposés à un éventail plus large de substances psychoactives, généralement très puissantes et très pures ou sous de nouvelles formes, mélanges et combinaisons.

L’étude met en lumière les inquiétudes suscitées par les opioïdes synthétiques puissants, parfois vendus de manière trompeuse ou mélangés à des médicaments et à d’autres drogues. Par exemple, à la fin de l’année 2023, l’OEDT surveillait quelque 950 nouvelles substances psychoactives, dont 26 ont été signalées pour la première fois en Europe cette année-là.

L’héroïne reste l’opioïde illicite le plus consommé en Europe et est responsable d’une part importante des problèmes de santé liés à la consommation de drogues illicites. La majeure partie de l’héroïne consommée en Europe provient d’Afghanistan.

Pour la sixième année consécutive, les États membres de l’UE ont saisi des quantités record de cocaïne, atteignant 323 tonnes en 2022. Les interventions européennes dépassent déjà celles des États-Unis, historiquement considérés comme le plus grand marché de cocaïne au monde. La Belgique (111 tonnes), l’Espagne (58,3 tonnes) et les Pays-Bas (51,5 tonnes) représentent 68 % du total des quantités saisies, ce qui montre que les trafiquants de drogue s’intéressent toujours aux chaînes d’approvisionnement logistiques.

Il semblerait que la grande disponibilité de la cocaïne en Europe ait un impact de plus en plus négatif sur la santé publique. Il s’agit de la drogue stimulante illicite la plus largement consommée en Europe, représentantenviron 1,4 % (4 millions) des adultes européens (âgés de 15 à 64 ans) au cours de l’année écoulée. Le document indique que la cocaïne est de plus en plus disponible en Europe, avec une distribution géographique et sociale plus large.

L’évolution du marché du cannabis pose de nouveaux défis quant à la manière dont les pays réagissent à la drogue illégale la plus consommée en Europe. On sait également que certains produits vendus sur le marché illégal en tant que cannabis peuvent être falsifiés en cannabinoïdes synthétiques puissants.

On estime qu’environ 8 % des adultes européens (22,8 millions) âgés de 15 à 64 ans ont consommé du cannabis au cours de l’année écoulée, la prévalence atteignant 15 % (15,1 millions) chez les adultes âgés de 15 à 34 ans.

La consommation de cannabis peut provoquer ou exacerber toute une série de problèmes de santé physique et mentale, notamment des problèmes respiratoires chroniques, une dépendance et des symptômes psychotiques.

Cinq États membres de l’UE à savoir l’Allemagne, la République tchèque, le Luxembourg, Malte et les Pays-Bas, ainsi que la Suisse, ont modifié ou prévoient de modifier leur approche de la consommation et de l’offre de cannabis à des fins récréatives. Ces changements, qui comprennent la culture à domicile, les clubs de culture à but non lucratif et la consommation privée de cannabis, sont décrits dans le rapport. La nécessité d’investir dans le suivi et l’évaluation pour comprendre pleinement leur impact sur la santé et la sécurité publiques y est soulignée.

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Le Conseil européen donne le feu vert aux premières réglementations mondiales relatives à l’intelligence artificielle

Le Conseil a adopté une réglementation innovante visant à harmoniser les réglementations relatives à l’intelligence artificielle. La législation phare suit une approche fondée sur le risque, ce qui signifie que plus le risque de préjudice pour la société est élevé, plus les règles sont strictes.

Cette réglementation est la première de ce type dans le monde et pourrait constituer une norme mondiale pour la réglementation de l’IA. Elle vise à encourager le développement et l’adoption de systèmes d’IA sûrs et fiables dans le marché unique de l’UE par les acteurs publics comme privés.

Par ailleurs, elle vise à garantir le respect des droits fondamentaux des citoyens de l’UE et à stimuler l’investissement et l’innovation dans le domaine de l’intelligence artificielle en Europe. La règlementation relative à l’IA ne s’applique qu’aux domaines couverts par le droit communautaire et prévoit des exemptions, telles que les systèmes utilisés exclusivement à des fins militaires, de défense et de recherche.

L’adoption de la règlementation relative à l’IA est une étape importante pour l’Union européenne. Cette règlementation historique répond à un défi technologique mondial qui crée également des opportunités pour nos sociétés et nos économies. Avec la loi relative à l’IA, l’Europe souligne l’importance de la confiance, de la transparence et de la responsabilité dans le domaine des nouvelles technologies, tout en veillant à ce qu’elles puissent prospérer rapidement et stimuler l’innovation européenne.

La nouvelle réglementation classe les différents types d’intelligence artificielle en fonction du risque. Les systèmes d’IA ne présentant qu’un risque limité seraient soumis à des obligations de transparence très légères, tandis que les systèmes d’IA à haut risque seraient autorisés, mais soumis à une série d’exigences et d’obligations pour accéder au marché de l’UE. Les systèmes d’IA, tels que la manipulation cognitive du comportement et la notation sociale, seront interdits dans l’UE car leur risque est jugé inacceptable. La réglementation interdit également l’utilisation de l’IA pour la prévention policière basée sur le profilage et les systèmes qui utilisent des données biométriques pour classer les personnes selon des catégories spécifiques telles que la race, la religion ou l’orientation sexuelle.

Afin d’assurer la bonne mise en œuvre de la réglementation, plusieurs instances dirigeantes sont mises en place :

• Un bureau de l’IA au sein de la Commission pour faire appliquer les règles communes dans l’ensemble de l’UE ;

• Un groupe scientifique d’experts indépendants pour soutenir les activités de mise en œuvre ;

• Un Conseil de l’IA composé de représentants des États membres, chargés de conseiller et d’assister la Commission et les États membres dans la mise en œuvre cohérente et efficace de la loi relative à l’IA ;

• Un forum consultatif permettant aux parties prenantes de fournir une expertise technique au Conseil de l’IA et à la Commission.

Avant que certains prestataires de services publics ne mettent en place un système d’IA à haut risque, il sera nécessaire d’évaluer l’impact sur les droits fondamentaux. Le règlement prévoit également une plus grande transparence sur le développement et l’utilisation des systèmes d’IA à haut risque. Les systèmes d’IA à haut risque, ainsi que certains utilisateurs d’un système d’IA à haut risque qui sont des entités publiques, devront être enregistrés dans la base de données de l’UE pour ce type de systèmes, et les utilisateurs d’un organisme de reconnaissance des émotions devront informer les personnes lorsqu’elles sont exposées à un tel système.

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