Une coalition policière internationale met fin à une plateforme de communication criminelle

Europol et Eurojust, en collaboration avec d’autres autorités policières et judiciaires du monde entier, ont réussi à intercepter une plateforme de communication cryptée mise en place pour faciliter la grande criminalité organisée perpétrée par de dangereux réseaux criminels opérant à l’échelle mondiale. La plateforme, connue sous le nom de Ghost, était utilisée comme outil pour mener un large éventail d’activités criminelles, notamment le trafic de drogue à grande échelle, le blanchiment d’argent, les affaires violence extrême et d’autres formes de grande criminalité organisée.

Ghost avait gagné en popularité auprès des organisations criminelles grâce à ses fonctions de sécurité avancées. Les utilisateurs pouvaient acheter l’outil sans déclarer d’informations personnelles. La solution utilisait trois normes de cryptage et offrait la possibilité d’envoyer un message suivi d’un code spécifique qui entraînerait par la suite l’autodestruction de tous les messages sur le téléphone cible. Cette plateforme a permis aux réseaux criminels de communiquer en toute sécurité, d’échapper à la détection, de contrer les mesures de police scientifique et de coordonner leurs opérations illégales au-delà des frontières.

Des milliers de personnes dans le monde ont utilisé cet outil, qui disposait de sa propre infrastructure et de ses propres applications, avec un réseau de distributeurs basés dans plusieurs pays. À l’échelle mondiale, un millier de messages environ étaient échangés par jour sur Ghost.

Vu que les serveurs étaient situés en France et en Islande, les propriétaires de la société en Australie et les actifs financiers aux États-Unis, il a fallu lancer une opération mondiale contre ce service téléphonique.

L’opération a consisté en une série de raids coordonnés et d’interventions techniques. Au cours de l’enquête, 51 suspects – 38 en Australie, 11 en Irlande, 1 au Canada et 1 en Italie – appartenant à l’organisation mafieuse italienne Sacra Corona Unita ont été arrêté.

D’autres arrestations sont attendues au fur et à mesure de la progression de l’enquête.

En outre, plusieurs menaces de mort ont été évitées et un laboratoire de drogue en Australie a été démantelé, ainsi que des armes, d’autres drogues et plus d’un million d’euros en espèces saisis dans le monde entier.

Pour faciliter les enquêtes sur les activités illégales rendues possibles par cette plateforme de communication, un groupe de travail opérationnel a été mis en place à Europol en mars 2022, avec la participation des services de police de l’Australie, du Canada, de la France, de l’Irlande, de l’Italie, des Pays-Bas, de la Suède et des États-Unis.

Ce groupe de travail a contribué à cartographier l’infrastructure technique mondiale et a réussi à la cibler en identifiant les principaux fournisseurs et utilisateurs de la plateforme, en suivant leur utilisation criminelle et en déployant des efforts coordonnés pour la fermer, le tout sous le contrôle judiciaire des pays de l’équipe commune d’enquête (ECE).

Sur la base de la coopération policière, une ECE a été créée entre les autorités françaises et américaines en janvier 2024 avec le soutien d’Eurojust et d’Europol.

Cette opération complexe et globale a été rendue possible grâce à la coopération active entre les pays concernés et Europol, qui ont participé aux différents volets des activités d’enquête, notamment les actions contre les organisations criminelles à haut risque et les cibles de grande valeur, les cyberenquêtes, l’analyse des transactions en cryptomonnaies, l’échange fréquent de renseignements par les canaux sécurisés d’Europol et des dizaines de réunions opérationnelles organisées dans différents pays.

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Europol se joint à l’appel international pour élucider une affaire de meurtre

L’inspection de la police allemande de la circonscription Cloppenburg-Vechta et Europol demandent aux citoyens de les aider à résoudre un meurtre commis il y a 28 ans et lié au crime organisé.

Malgré des enquêtes approfondies menées depuis de nombreuses années, l’identité des suspects reste inconnue et les autorités espèrent que de nouvelles informations permettront enfin de résoudre cette affaire.

Le 8 août 1996, un meurtre brutal a été commis à Dümmerlohausen, en Allemagne. La victime a été retrouvée criblée de balles, à côté d’un véhicule rouge qui avait été volé.

Le défunt, un homme originaire de l’ex-Yougoslavie, était impliqué dans divers milieux criminels et était connu des forces de l’ordre pour sa participation à plusieurs vols dans le nord du pays. Au moment de son assassinat, il séjournait dans un hôtel d’Oldenbourg où, vraisemblablement, il se cachait.

Bien qu’une enquête approfondie ait été menée, l’identité des assassins reste un mystère depuis 28 ans.

Les progrès récents de la technologie médico-légale, combinés à de nouveaux efforts d’investigation, ont permis à la police allemande de réexaminer l’affaire. Afin d’élargir le champ de l’enquête, les autorités allemandes ont demandé le soutien d’Europol.

Cette affaire s’inscrit dans le cadre des travaux du Centre européen de lutte contre la grande criminalité organisée d’Europol, dont le mandat a été récemment étendu à la lutte contre l’utilisation de la violence par les groupes criminels organisés. Les travaux d’Europol dans ce domaine couvrent un large spectre, allant des tendances récentes aux affaires datant de plusieurs décennies.

Les autorités demandent maintenant à toute personne ayant des informations, aussi insignifiantes soient-elles, de se manifester. Les informations peuvent également être communiquées de manière anonyme aux autorités.

La police d’Oldenbourg offre une récompense de 5 000 euros pour toute information permettant de résoudre l’affaire et d’arrêter l’auteur ou les auteurs. Cette récompense serait attribuée en accord avec le parquet d’Oldenbourg.

Afin d’encourager la coopération des citoyens, les autorités allemandes ont réalisé un court métrage qui fournit des détails inédits sur l’affaire ainsi que des photographies originales et des extraits des dossiers d’enquête. L’objectif est d’atteindre, par cette voie, des témoins potentiels ou des personnes ayant connaissance du meurtre.

Enfin, grâce au portail de signalement qui permet aux témoins de contacter la police de manière anonyme, les utilisateurs peuvent également télécharger des fichiers et des images.

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Démantèlement d’un réseau de trafic de migrants opérant depuis la Bulgarie

À la fin du mois d’août de cette année, les autorités policières de Bulgarie ont arrêté huit membres présumés d’un gang impliqué dans le trafic de migrants vers l’Europe. Quatre des suspects arrêtés au cours de l’opération de police avaient déjà été identifiés comme des cibles de grande valeur, ayant joué un rôle de premier plan dans des activités criminelles organisées. Le gang facturait jusqu’à 6 000 euros par personne et en avait fait passer plus de 130 de la Turquie à la Bulgarie, et ensuite vers d’autres destinations européennes via la route des Balkans occidentaux.

Au total, 15 habitations situées dans la région de la ville bulgare de Plovdiv ont été perquisitionnées dans le cadre de cette opération. Des experts d’Europol ainsi que des policiers roumains et moldaves ont été déployés sur le terrain afin de soutenir les autorités bulgares dans leurs efforts.

À la suite de ces perquisitions, les autorités policières ont saisi 13 téléphones portables, une arme et des munitions, ainsi que des documents concernant des véhicules liés à des incidents de trafic de migrants en Bulgarie.

Cette action a été menée dans le cadre d’un groupe opérationnel régional coordonné par Europol, basé à Sofia, qui se concentre sur les réseaux criminels qui font passer des migrants de la Turquie à la Bulgarie et vers l’Europe de l’Ouest.

Les activités de contrebande s’apparentent au fonctionnement d’une entreprise complexe impliquant des dirigeants, des organisateurs et des facilitateurs de différentes nationalités.

Les principaux dirigeants étaient des ressortissants syriens et jordaniens, qui coordonnaient les activités criminelles avec d’autres trafiquants situés en Turquie et le long de la route des Balkans occidentaux. Les ressortissants bulgares étaient chargés de la logistique, c’est-à-dire de trouver et d’acheter des voitures utilisées pour transporter les migrants et de les immatriculer au nom d’autres personnes en échange d’une petite somme d’argent. Le gang aurait également utilisé des chauffeurs moldaves recrutés via Internet.

Depuis le mois d’avril dernier, 17 cas de trafic de migrants liés à ce gang ont été identifiés. L’un des principaux dirigeants était déjà connu des services de police, ayant fait l’objet d’une enquête dans le passé pour des activités de trafic de migrants en Autriche et en Croatie.

Les migrants clandestins traversaient à pied la frontière entre la Turquie et la Bulgarie, en utilisant les services de guides proposés par les organisateurs en Turquie. Après avoir franchi la frontière, ils étaient accueillis par des chauffeurs moldaves qui les transportaient jusqu’à la frontière bulgaro-serbe ou bulgaro-roumaine.

Les chauffeurs, qui avaient reçu les voitures et les coordonnées GPS, étaient envoyés pendant la nuit pour récupérer les migrants aux endroits convenus. Les conducteurs devaient communiquer avec les autres membres du groupe par l’intermédiaire d’applications mobiles dont la messagerie disparaissait. Ils recevaient 100 euros par personne transportée, avec une moyenne de 700 à 1 000 euros par voyage.

Les migrants payaient environ 6 000 euros pour entrer clandestinement en Bosnie-Herzégovine et plus de 4 000 euros pour être transportés vers la Serbie.

Le Centre européen de lutte contre le trafic de migrants d’Europol soutient les tâches du groupe de travail depuis sa création. Une analyse opérationnelle approfondie a été réalisée pour identifier les différentes cibles et cartographier leurs activités criminelles. Europol a également réuni les différents pays concernés pour préparer ensemble la phase finale de l’enquête.

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La génération Z britannique a un problème de confiance avec la police

Au Royaume-Uni, la génération Z a un problème de confiance avec la police. Cette affirmation provient des conclusions d’une étude menée par l’Institut de politique du King’s College de Londres, sous la direction de Paolo Morini. Le nouveau gouvernement britannique est arrivé au pouvoir à un moment où la confiance dans la politique est, selon les termes mêmes du parti travailliste, « brisée ».

Les résultats de cette recherche montrent l’ampleur du manque de confiance et des attitudes négatives à l’égard des institutions britanniques.

En 1990, 46 % des Britanniques ont déclaré avoir confiance dans le Parlement. En 2022, ce chiffre avait diminué de moitié pour atteindre 22 %, plaçant le pays derrière ses voisins européens comme l’Allemagne et la France.

Mais il ne s’agit pas seulement des institutions politiques. Depuis les années 1980, date à laquelle la collecte des données a commencé, la confiance a sensiblement diminué pour 6 des 13 institutions pour lesquelles des données sur les tendances à long terme sont disponibles.

En particulier, en 1981, 86 % des Britanniques ont déclaré avoir confiance dans la police. Ce chiffre a chuté à 67 % en 2022, principalement en raison des erreurs et des fautes commises par les agents qui ont défrayé la chronique.

Le Royaume-Uni est confronté à un défi spécifique avec la jeunesse : les niveaux de confiance à l’égards des institutions sont beaucoup plus faibles parmi la génération Z (18-25 ans) que parmi les autres générations. La confiance dans la police se distingue à nouveau, avec une différence de 27 points de pourcentage entre la génération Z et les autres générations.

Il s’agit d’un modèle de nouvelle génération. L’analyse montre que ni les millennials ni les Britanniques de la génération X n’avaient, dans les enquêtes précédentes, des chiffres aussi bas en ce qui concerne la confiance dans la police.

Comment expliquer cette dynamique au sein de la population britannique de la génération Z ? L’expérience personnelle est probablement le facteur déterminant. Les données du gouvernement montrent qu’en 2022, deux tiers de toutes les arrestations et perquisitions de la police concernaient des personnes âgées de 10 à 29 ans. Cela correspond assez bien à la tranche d’âge actuelle de la génération Z.

Les résultats récents d’une enquête nationale présentés dans un rapport du IOPC Youth Panel montrent que les jeunes, en particulier ceux issus des minorités ethniques et des communautés LGBTQ+, ne se sentent pas écoutés, ni pris au sérieux ou traités équitablement par la police.

La génération Z est également susceptible de se faire une idée de la police à partir de ce qu’elle voit sur les réseaux sociaux. À un stade formateur de leur vie, cette génération a été fortement exposée à la couverture d’erreurs policières très médiatisées dans le monde entier et s’est davantage impliquée dans des mouvements nés aux États-Unis, tels que Black Lives Matter et Defund the Police.

Les réductions budgétaires opérées au cours des 14 dernières années ont entraîné une diminution de la présence policière dans de nombreuses communautés à travers le Royaume-Uni. Cette situation a donc créé un vide pour la jeune génération et un manque d’opportunités pour la police d’instaurer un climat de confiance.

Le gouvernement et la police devraient se concentrer sur l’amélioration des normes de formation afin de rendre plus positives les interactions sociales avec la police, notamment en ce qui concerne les interpellations et les perquisitions. Il a été démontré que la perception de la justice procédurale, ou le sentiment que la police agit de manière équitable, peut également affecter la confiance dans la police.

Sans la confiance du public, le principe de base qui soutient la police au Royaume-Uni, à savoir le maintien de l’ordre par consentement, ne pourra pas survivre. Ce n’est que grâce à la confiance et à la coopération de la société qu’elle sert que la police acquiert son autorité. C’est pourquoi il est essentiel que le nouveau gouvernement prenne des mesures pour y remédier.

Ce n’est qu’avec des communautés plus fortes et plus engagées et une évaluation plus systématique des bonnes pratiques déjà observées dans tout le pays, que le Royaume-Uni pourra commencer à rétablir la confiance dans la police. Mais le gouvernement et la police doivent agir rapidement et de manière décisive, sous peine de voir le manque de confiance s’installer chez les jeunes Britanniques pour le reste de leur vie.

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Publication de l’enquête sur la criminalité et les victimes en Nouvelle-Zélande

La dernière enquête sur la criminalité et les victimes en Nouvelle-Zélande (NZCVS) vient d’être publiée et fournit de nouvelles informations sur la nature des crimes signalés et non signalés.

Publiée par le ministère de la Justice, la NZCVS se fonde sur des interviews avec plus de 7 100 citoyens néo-zélandais menées entre novembre 2022 et octobre 2023.

L’enquête montre que 32 % des Néo-Zélandais ont été victimes d’actes criminels au cours des 12 mois précédant l’interview, contre 31 % en 2022. Ce chiffre global est resté relativement stable depuis le début de l’enquête en 2018, selon les calculs de la directrice générale de Sector Insights du ministère de la Justice, Rebecca Parish.

Dans l’ensemble, la NZCVS a constaté que les Néo-Zélandais ont été victimes de 1,88 million d’actes criminels au cours de cette période de 12 mois. Le nombre de victimes est donc cohérent avec les années précédentes, mais on note une augmentation des fraudes et des vols de véhicules.

La majorité des fraudes ont été détectées par le biais de transactions bancaires non autorisées (66 %) et d’achats en ligne (20 %). Cette augmentation reflète une tendance mondiale et est probablement liée au fait que les citoyens effectuent davantage d’activités financières en ligne, en particulier des achats sur Internet.

Les vols de véhicules ont grimpé de 47 %, passant d’environ 41 000 ménages en 2022 à environ 60 000 ménages en 2023. L’enquête montre que la majorité des véhicules ont été volés dans la rue ou sur la chaussée, le risque de vol étant réduit si le véhicule est garé dans un garage, sur un parking ou dans un parking public.

Par ailleurs, en 2023, 185 000 Néo-Zélandais ont été victimes de crimes violents. Les crimes violents comprennent les agressions physiques et/ou sexuelles et les vols.

La proportion de victimes signalant les faits à la police est restée stable depuis le début de l’enquête en 2018. Toutefois, contrairement au nombre de victimes, la proportion d’incidents domestiques (cambriolages et vols de véhicules) signalés à la police a augmenté l’année dernière. Tous crimes confondus, 28 % des incidents ont été signalés à la police.

En général, la raison la plus fréquemment invoquée par les personnes pour ne pas signaler un incident est qu’elles estiment que celui-ci est trop banal pour être signalé (38 %).

Les délits liés aux véhicules (58 %), les violences interpersonnelles (40 %) et les vols (43 %) sont les crimes les plus souvent signalés. En revanche, la fraude et la cybercriminalité sont les moins signalées (11 %).

Autres résultats clés :

  • En 2023, davantage de citoyens néo-zélandais se sentent en danger qu’en 2018, en particulier les personnes âgées de 30 ans et plus, les adultes asiatiques et les habitants d’Auckland ou de Waikato.
  • Le nombre de personnes victimes de la criminalité familiale a diminué de 87 000 à 70 000 personnes depuis le début de l’enquête en 2018. Cela s’explique par une diminution du nombre de crimes commis par des membres d’une famille qui ne sont pas le partenaire intime : parents, enfants ou autres relations familiales.
  • La proportion d’adultes maoris victimes d’actes criminels chaque année est en baisse depuis le début de l’enquête, passant de 39 % en 2018 à 34 % en 2023.
  • La proportion d’adultes asiatiques victimes d’actes criminels est passée de 24 % en 2018 à 30 % en 2023, en raison d’une augmentation des fraudes et des tromperies.

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11 septembre

Aujourd’hui, le 11 septembre, ne publions pas aucun article. Il est la Journée nationale de la Catalogne.

Nous rentrons lunedi 16 septembre. 

Merci beaucoup!

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Démantèlement du plus grand laboratoire de fabrication d’opioïdes synthétiques en Pologne

Le Bureau central d’enquête de la police polonaise (Centralne Biuro Śledcze Policji – CBŚP) et le département antidrogue de la police nationale ukrainienne ont mené une opération de grande envergure pour démanteler des sites de production d’opioïdes synthétiques.

Europol a soutenu cette opération, qui a conduit au démantèlement du plus grand laboratoire de production d’opioïdes synthétiques connu en Pologne. Lors de perquisitions dans les deux pays, 7 membres du réseau criminel responsable de la production de drogues en Pologne et en Ukraine ont été arrêtés. Outre le démantèlement de plusieurs laboratoires et la saisie de grandes quantités de produits chimiques et de précurseurs de drogues, les policiers ont réussi à intercepter 195 kilos de méthadone cristalline.

Cette journée a permis les résultats suivants :

  • Arrestation de 7 membres du réseau criminel ;
  • Démantèlement du plus grand laboratoire de fabrication d’opioïdes synthétiques jamais découvert en Pologne, utilisé pour produire de la méthadone sous forme cristalline ;
  • Démantèlement de 8 multilaboratoires en Pologne et en Ukraine, utilisés pour la production de cathinones synthétiques (méphédrone, Alpha-PVP) et de méthadone ;
  • Saisie de 195 kilos de méthadone sous forme cristalline ;
  • Saisie de 153 kilogrammes d’Alpha-PVP ;
  • Saisie de plus de 430 litres de mélanges de différents types de médicaments préparés pour la phase finale de production ;
  • Saisie de grandes quantités de précurseurs de drogues et de produits chimiques nécessaires à la production d’opioïdes.

La méthadone, un opioïde synthétique, est une substance utilisée dans le domaine médical comme analgésique et dans le traitement de la dépendance aux opioïdes. Cependant, la substance produite par le réseau criminel se présentait sous une forme cristalline concentrée, qui ne se trouve que sur le marché illégal des drogues.

Les forces de l’ordre ont également intercepté des substances telles que la méphédrone et l’Alpha-PVP, qui appartiennent au groupe des cathinones synthétiques et constituent un problème croissant dans plusieurs États membres de l’UE. Ces drogues provoquent de graves troubles psychologiques et neurologiques, et une consommation abusive est associée à un risque élevé de dépendance, de lésions aux organes et de décès.

Pour plus d’informations sur la réalité des marchés clandestins en Europe, il est nécessaire de consulter le rapport sur les marchés de la drogue dans l’UE d’Europol et de l’Agence de l’Union européenne sur les drogues (EUDA).

Cette opération réussie, à laquelle ont participé les agences de police polonaises et ukrainiennes, démontre l’efficacité de la coopération transfrontière, qui est cruciale pour protéger la vie et la santé des citoyens contre les dangers posés par la criminalité internationale.

Europol soutient ses partenaires dans la lutte contre la production, le trafic et la distribution de drogues de synthèse. En 2023, Europol a envoyé une notification d’alerte aux États membres et à ses partenaires, les avertissant d’une augmentation du trafic de ce type de drogue. Au cours de la phase d’enquête de l’opération, Europol a fourni des informations à des fins de recoupement et d’analyse pour aider les enquêteurs travaillant sur le terrain.

Europol gère le système européen de comparaison des laboratoires clandestins (EILCS), qui contient des informations sur les équipements et les produits chimiques utilisés dans les laboratoires, les sites de stockage et les décharges de drogues synthétiques. Ces données permettent aux analystes d’Europol de comparer les nouvelles informations reçues avec les cas précédents. Cela leur permet de trouver des liens entre les sites clandestins et d’aider les États membres de l’UE à sévir contre les installations de production dans toute l’Europe.

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Démantèlement d’un réseau criminel transportant des migrants de la Turquie vers l’Europe de l’Ouest

Une opération menée par la police roumaine (Poliția Română) en collaboration avec la police roumaine des frontières (Poliția de Frontieră Română), avec le soutien d’Europol et de la direction générale bulgare de lutte contre la criminalité organisée (Главна Дирекция Борба с органитатъ), a permis le démantèlement d’un réseau criminel organisé impliqué dans le trafic de migrants. Les suspects transportaient des migrants de la Bulgarie vers la Roumanie, puis dans toute l’Europe de l’Ouest. D’autres pays comme l’Autriche, l’Allemagne et la Hongrie ont également apporté leur soutien à cette enquête.

Résultats de l’opération :

  • 9 endroits détectés (2 à Arad, 3 à Bucarest, 1 à Oradea et 3 à Timișoara) ;
  • 8 arrestations (ressortissants roumains et syriens) ;
  • 32 migrants trouvés dans l’une des maisons perquisitionnées (9 Irakiens et 21 Syriens, ainsi que 2 autres personnes de nationalité inconnue) ;
  • Les interventions comprenaient des documents, du matériel électronique et de l’argent liquide.

L’enquête a révélé que le réseau criminel, composé principalement de ressortissants syriens et roumains, opérait depuis Bucarest et utilisait Timişoara comme centre d’hébergement et comme lieu pour faciliter le transport des migrants vers l’Europe de l’Ouest. Les suspects recrutaient des migrants du Moyen-Orient, principalement de Syrie, qui voulaient rejoindre les pays d’Europe de l’Ouest, en particulier l’Allemagne.

Le chef du réseau criminel, un ressortissant syrien qui vivait en Roumanie depuis trois ans, entretenait des liens étroits avec d’autres organisateurs clés basés à Istanbul, en Turquie. Il jouait le rôle de coordinateur régional des activités du trafic de migrants sur ce tronçon de la route. Il aurait recruté des ressortissants roumains, qui travaillaient normalement comme chauffeurs de taxi privés, pour transporter les migrants. Rien qu’entre février et mai, les autorités roumaines ont détecté cinq incidents de contrebande impliquant un total de 70 migrants en situation irrégulière. Les individus étaient transportés dans des camions, cachés parmi les marchandises. Chaque migrant payait entre 5 000 et 10 000 euros pour l’ensemble des services de contrebande jusqu’à la destination finale.

Europol a facilité l’échange d’informations et a fourni la coordination des opérations et un soutien analytique. Le jour de l’intervention policière, Europol a envoyé un analyste en Roumanie pour recouper les informations opérationnelles avec les bases de données d’Europol et fournir des pistes aux enquêteurs sur le terrain. Europol a également facilité le déploiement d’enquêteurs bulgares pour soutenir les officiers roumains impliqués dans les actions opérationnelles sur le terrain.

La plateforme pluridisciplinaire européenne contre les menaces criminelles (EMPACT) se penche sur les principales menaces que font peser sur l’UE la criminalité internationale organisée et ses formes les plus graves. EMPACT renforce le renseignement, la coopération stratégique et opérationnelle entre les autorités nationales, les institutions et les organes de l’UE ainsi que les partenaires internationaux. La plateforme EMPACT est mise en pratique dans le cadre de cycles de quatre ans axés sur les priorités communes de l’UE en matière de criminalité.

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Mode d’opération des trafiquants d’êtres humains et de migrants

Le nouveau rapport du Centre européen de lutte contre le trafic de migrants (EMSC) d’Europol analyse les derniers développements et les principales menaces en matière de trafic de migrants et d’êtres humains, sur la base des opérations les plus récentes menées avec le soutien d’Europol. Le rapport met en évidence les principaux défis du panorama actuel de la criminalité et vise à aider les forces de l’ordre à intensifier la lutte contre les réseaux criminels, qui non seulement privent les gens de leur dignité, mais menacent aussi directement leur vie.

Les réseaux de trafic de migrants et d’êtres humains s’adaptent très vite et tirent parti des évolutions géopolitiques, y compris des crises économiques et sociales, afin de maximiser leurs profits illégaux. Ces réseaux identifient rapidement les opportunités criminelles que leur offre l’environnement numérique pour les exploiter afin d’accroître leurs activités illégales. Les criminels abusent des réseaux sociaux, des applications mobiles et des cryptomonnaies pour proposer leurs services illégaux, gérer la logistique et les paiements ainsi que sécuriser leurs profits.

En 2015, l’Union européenne a été confrontée à une crise migratoire sans précédent. En 2016, Europol a de ce fait renforcé son soutien aux autorités policières des États en créant un centre dédié, le Centre européen de lutte contre le trafic de migrants d’Europol afin de faciliter une coopération transfrontière plus étroite et un échange rapide d’informations opérationnelles.

Rien qu’en 2023, Europol a soutenu 223 opérations contre le trafic de migrants et d’êtres humains. L’agence a également fourni aux forces de l’ordre 1 231 rapports opérationnels pour faire avancer leurs enquêtes en 2023. Europol a développé le concept de groupes de travail opérationnels dans ce domaine de criminalité, avec 11 groupes ciblant les réseaux de trafic de migrants et d’êtres humains.

Les enquêtes sur le trafic d’êtres humains et de migrants révèlent un environnement criminel complexe et dynamique dans lequel les acteurs profitent des infrastructures existantes et s’engagent dans diverses activités illégales. Ces réseaux criminels sont également impliqués dans d’autres activités criminelles, telles que le trafic de drogue et le trafic d’armes, la fraude aux documents ou encore la violence. Les trafics de migrants et d’êtres humains sont liés, en particulier dans les cas où les migrants en situation irrégulière sont endettés auprès de leurs passeurs et se retrouvent dans des systèmes d’exploitation du travail ou d’exploitation sexuelle pour payer les frais de passage. Les liens entre le trafic de migrants, le terrorisme et le financement du terrorisme sont particulièrement préoccupants.

Voici les principales caractéristiques des réseaux criminels impliqués dans le trafic de migrants et d’êtres humains :

• Liens étroits avec d’autres domaines de criminalité et les facilitateurs de la criminalité ;

• Grande flexibilité et adaptabilité ;

• Abus des crises géopolitiques, économiques, environnementales et sociales ;

• Coopération intense avec d’autres réseaux criminels transfrontaliers à l’intérieur et à l’extérieur de l’UE ;

• Propagation de la violence à l’égard des migrants en situation irrégulière, des forces de l’ordre, des concurrents et au sein même des réseaux criminels ;

• Numérisation croissante des éléments de base des activités criminelles.

La plateforme pluridisciplinaire européenne contre les menaces criminelles (EMPACT) se penche sur les principales menaces que font peser sur l’UE la criminalité internationale organisée et ses formes les plus graves. EMPACT renforce le renseignement, la coopération stratégique et opérationnelle entre les autorités nationales, les institutions et les organes de l’UE ainsi que les partenaires internationaux. La plateforme EMPACT est mise en pratique dans le cadre de cycles de quatre ans axés sur les priorités communes de l’Union européenne en matière de criminalité.

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Août

Merci à tous pour votre collaboration. Nous nous revoyons le 2 septembre. Bonnes vacances!

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