Inquiétude aux États-Unis suite aux progrès de la technologie de reconnaissance faciale

Selon un nouveau rapport des Académies nationales des sciences, de l’ingénierie et de médecine, certaines utilisations de la technologie de reconnaissance faciale soulèvent des préoccupations importantes qui mériteraient une réaction rapide des pouvoirs publics. Le document recommande de tenir compte de la législation fédérale et d’un décret, ainsi que des considérations des tribunaux, du secteur privé, des associations de la société civile et d’autres organisations travaillant avec la technologie de reconnaissance faciale, qui proposent une orientation pour le développement et le déploiement responsables de la technologie.

Outil puissant et toujours plus utilisé, la technologie de reconnaissance faciale est utilisée dans un grand nombre d’applications de vérification et d’identification. Elle permet de vérifier si une personne est bien celle qu’elle prétend être et d’identifier une personne sur une image. Les systèmes sont basés sur des modèles d’intelligence artificielle entraînés pour extraire les caractéristiques faciales et créer un modèle biométrique à partir d’une image, et comparent les caractéristiques du modèle avec les caractéristiques d’une autre image ou d’un ensemble d’images pour produire un score de similarité. Selon le rapport, la précision et la vitesse de ces systèmes ont progressé très rapidement au cours de la dernière décennie grâce à l’adoption de l’apprentissage automatique.

À quelques exceptions près, les ÉtatsUnis ne disposent actuellement d’aucune directive, réglementation ou loi faisant autorité pour traiter de manière adéquate les questions liées à l’utilisation de la technologie de reconnaissance faciale, précise le rapport. Il signale également que la technologie de reconnaissance faciale peut interférer avec les valeurs incarnées par les engagements américains en matière de confidentialité, de libertés civiles et de droits de l’homme, même si elle ne viole pas nécessairement les droits et obligations contenus dans les statuts ou les dispositions constitutionnelles.

Selon Jennifer Mnookin, rectrice de l’université du Wisconsin-Madison, la technologie de reconnaissance faciale crée de nouveaux défis juridiques complexes et soulève une série de questions juridiques différentes et non résolues. Elle soulève également des questions sociales complexes sur la vie privée et la surveillance publique et privée, étant donné les implications à caractère personnel de la technologie.

Il est essentiel que les gouvernements abordent ces problèmes et qu’ils en fassent une priorité : ne pas adopter de politiques et de réglementations sur le développement et l’utilisation de la technologie de reconnaissance faciale reviendrait à céder entièrement au secteur privé et au marché la prise de décisions et l’établissement de normes sur ces importantes questions d’intérêt public majeur.

La technologie de reconnaissance faciale est de plus en plus intégrée dans la vie quotidienne, avec un large éventail d’utilisations, décrit le rapport. Certaines de ces utilisations sont inoffensives, comme le fait de permettre aux gens de déverrouiller leur smartphone. Mais lorsqu’elle s’applique à grande échelle et sans garanties, la technologie peut permettre à des régimes répressifs de créer des registres détaillés sur les mouvements et les activités des personnes et de bloquer la participation des citoyens à la vie publique. De nombreuses utilisations potentielles se situent entre les deux, créant une vaste zone grise où les évaluations individuelles des risques, des avantages, des compromis et des valeurs peuvent varier, ce qui influe sur la manière dont elles devraient être réglementées ou autorisées. Le rapport reconnaît la valeur de la technologie de reconnaissance faciale et ne préconise pas une interdiction générale, mais indique qu’un certain nombre d’utilisations peuvent susciter des préoccupations suffisantes pour les interdire.

L’étude indique qu’il existe deux grandes catégories de problèmes en matière de reconnaissance faciale, bien qu’ils puissent se chevaucher. L’une d’entre elles correspond aux préjudices potentiels résultant d’une utilisation problématique ou d’une mauvaise utilisation de la technologie, qui s’amplifient au fur et à mesure que la technologie devient plus précise et plus performante. La seconde concerne les préjudices potentiels liés aux erreurs ou aux limites de la technologie elle-même, par exemple, lorsque les systèmes présentent des taux différents de faux positifs ou de faux négatifs pour différents groupes démographiques.

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