Les agressions sexuelles dépassent la capacité à y faire face et ont un impact émotionnel énorme sur les victimes. Elles constituent une attaque directe contre le sentiment de sécurité. Historiquement, les femmes ont été les principales victimes de cette violence.

Comme le rapporte une publication récente de The Conversation, ces expériences peuvent modifier la façon dont les victimes se sentent, se comportent et conditionner leurs relations futures avec les autres.
Plusieurs études sur le sujet se sont concentrées sur les séquelles vécues par les mineurs agressés par des adultes, alors que les cas entre pairs sont moins visibles. C’est d’autant plus vrai s’ils se produisent dans le cadre d’une relation de couple.
Néanmoins, on estime qu’un tiers des adolescentes du monde entier sont initiées à la sexualité dans le cadre d’une relation forcée. En raison de cette initiation de plus en plus précoce, la prévalence des agressions chez les jeunes et les adolescents pourrait augmenter de manière alarmante.
Les principales conséquences psychologiques de ce type d’agression sont la dépression, l’anxiété, le stress post-traumatique, les troubles alimentaires, l’automutilation, la dissociation, les phobies et l’hypersexualité.
Ces altérations peuvent survenir immédiatement après l’agression ou des mois, voire des années plus tard. Parfois, un événement, une situation particulière ou une odeur rappelant l’expérience peuvent déclencher la symptomatologie et perturber gravement la vie de la victime.
Comme indiqué précédemment, l’hypersexualité ou la recherche compulsive de rapports sexuels, tant en fréquence qu’en intensité, s’accompagne souvent d’un sentiment de culpabilité ou d’incompréhension.
Diverses raisons sont avancées pour expliquer ce comportement. Certains auteurs ont établi un lien entre ce type d’expérience traumatique et des altérations du cortex préfrontal, la zone du cerveau liée à la prise de décision, au contrôle des impulsions et à la régulation de l’humeur.
Outre les explications neurobiologiques, il peut s’agir d’une tentative d’éliminer le traumatisme ou de le revivre d’une manière différente. De cette manière, la victime tente de retrouver une vie sexuelle normale et constate que sa capacité à avoir des rapports sexuels est toujours intacte, ce qui lui permet de reprendre le contrôle.
D’autres études considèrent la sexualité compulsive comme un moyen non fonctionnel d’éviter les problèmes et de soulager la douleur, car le traumatisme aurait réduit la tolérance à la souffrance. Cela pourrait favoriser la dissociation entre sexe et affection, utilisant ainsi le sexe comme un simple instrument.
De plus, la victime peut commencer à croire qu’elle ne mérite aucune forme d’affection. Ces expériences sont donc liées à des comportements sexuels à risque et à l’acceptation de partenaires violents.
Les comportements sexuels compulsifs après une agression sexuelle sont donc très fréquents, bien qu’ils ne soient pas aussi visibles que le refus de rapports sexuels. Ils pourraient également satisfaire une certaine fonction pour la victime. Par conséquent, les experts recommandent de rechercher une aide psychologique afin de traiter le problème dès qu’il se manifeste.
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