Clara Luz Flores Carrales : « Il faut systématiser et professionnaliser les corporations ».

Présidente municipale d’Escobedo, Nuevo León, Mexique. Licenciée en sciences juridiques à l’université Regiomontana et master en droit administratif à l’université de Saragosse (Espagne).

Elle a exercé comme conférencière en matière de sécurité publique et a participé à plusieurs stages de haute direction publique.

Soulignons sur son parcours qu’elle est une des premières mairesses de tout le Mexique à être parvenue à sa réélection. Elle a été élue comme présidente municipale de General Escobedo (Nuevo León) à différentes périodes.

Elle a été reconnue par la Conférence nationale de sécurité publique, le Modèle de sécurité Escobedo ayant été retenu pour être implanté dans tout le Mexique au titre de stratégies pour la prévention et la réduction de la violence et l’éradication de la « fabrique de criminels ».

Qu’est-ce qui fait qu’une personne comme vous, jouissant d’une solide position sociale, décide de focaliser son activité politique sur la lutte contre la criminalité, la violence et l’extorsion, souvent au risque de mettre sa vie (et celle de ses enfants) en danger ?

Je crois qu’en tant que citoyens, nous devons nous comporter et œuvrer pour un environnement meilleur, fuir l’apathie et être proactifs, d’ou ma conviction pour la participation, afin de créer, où que je sois, un espace de qualité de vie, de paix et de tranquillité, pour ma famille, pour mes voisins, pour ma commune, pour mon État et, bien sûr, pour mon pays.

Vous êtes aujourd’hui une autorité incontestable en matière de politiques de sécurité publique, mais pas seulement dans votre État du Nuevo León mais aussi dans tout le Mexique, car vous avez été nommée présidente de la Conférence nationale de sécurité, que pensez-vous qu’apporte votre stratégie de sécurité, qui fait qu’elle apparaisse comme une alternative, peut-être même comme un espoir pour les politiques de sécurité sur l’ensemble du Mexique ?

Pour moi, la clé réside, d’une part, dans le fait que cette proposition cherche à régler le problème à la source : éviter que nos enfants et nos jeunes voient le chemin de la délinquance comme une alternative, et, d’autre part, dans le fait que notre stratégie est intégrale car elle part de la prévention et va jusqu’à la protection de l’intégrité physique des personnes et de leurs biens en s’appuyant sur l’analyse et l’investigation au service d’une justice sociale où la police bénéficie de la confiance des citoyens.

Aucune autorité du domaine de la sécurité ne met en doute le grand travail que réalise le général Lara en transformant radicalement la police d’Escobedo, en la rendant à la fois plus proche du citoyen et plus efficace dans la lutte contre la criminalité. Toutefois, certains sont quelque peu déçus du fait que vous ayez choisi pour unique solution au problème de sécurité d’Escobedo de confier la direction du projet à un militaire de haut rang. Que répondriez-vous à ces critiques ?

Je dirais que la nomination d’un militaire à la tête du secrétariat répond à un contexte de violence extrême. À partir de là, tant la stratégie que les aptitudes des instances de commandement de la police et leurs chefs ont évolué grâce à l’entraînement et à la formation, de telle sorte qu’aujourd’hui, l’ensemble de la corporation a totalement changé de visage, depuis la tête jusqu’à la base.

Un autre élément qui a motivé cette décision est que la formation militaire et sa discipline de fer a pour résultat des individus ordonnés et dévoués par conviction aux tâches qui leur sont confiées. De plus, ces derniers possèdent certaines aptitudes à apprendre et évoluer et, pour ce qui est du général, il combine expérience policière et expérience militaire, ce qui apporte une valeur interdépendante à l’une et à l’autre.

Comment voyez-vous, depuis votre double point de vue (mairesse d’Escobedo et présidente de la Conférence nationale de sécurité), le futur du Mexique en matière de sécurité ? Que doit-il se passer pour inverser la tendance croissante, ces dernières années, de la spirale de violence qui frappe le pays ? Quelles formules faut-il appliquer au niveau fédéral pour accompagner des expériences aussi positives que celle que vous menez au niveau municipal ? La Garde nationale est-elle une solution ?

Il faut systématiser et professionnaliser les corporations, il faut que les processus et les procédures soient périodiquement évalués, chez nous cela a donné des résultats. L’implantation d’un modèle approprié pour chaque commune est vital car si la commune prend ses responsabilités, cela donne naissance à un cercle vertueux dans lequel, d’abord la commune puis l’État et la Fédération, qui en est certes consciente et l’accepte, font leur travail pour pallier ce problème.

Je crois que nous avançons dans la bonne direction pour sortir de cette spirale. Je suis convaincue que le modèle de police municipale qui est sur le point d’être implanté dans le pays, de même que les programmes visant à freiner la violence familiale et sociale, disposent de l’expérience acquise et des éléments méthodologiques pour y parvenir.

La Garde nationale est un élément de plus dans un ensemble d’actions qui doivent être articulées à partir des communes, dont le modèle de police municipale et la formation des acteurs, entre autres.

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