Trafic d’enfants : victimes et criminels

Le 18 octobre dernier, à l’occasion de la Journée européenne de lutte contre la traite des êtres humains, un nouveau rapport d’Europol a été présenté concernant le trafic d’enfants, avec une mise à jour des renseignements relatifs à cette pratique criminelle.

Pour la première fois dans ce domaine, le rapport offre une vision approfondie des caractéristiques des réseaux criminels qui se livrent à l’un des crimes les plus odieux : l’abus d’enfant vulnérables. Pour les besoins du rapport, il a été utilisé le renseignement opérationnel à partir de quelques 600 contributions ayant impliqué des victimes de trafic de mineurs, qui ont été communiquées à Europol par les États membres entre 2015 et 2017.

En Europe, des milliers d’enfants font encore l’objet de trafic et d’exploitation, générant des profits au bénéfice des réseaux criminels, et représentent plus de 20% de l’ensemble des victimes de ce type de trafic selon l’UNICEF. Europol reçoit de plus en plus d’informations sur des réseaux de trafiquants qui opèrent à travers les États membres en abusant de la vulnérabilité des enfants pour les exploiter sexuellement ou au travail. D’autres groupes criminels mettent leurs victimes dans la rue pour mendier, les obligent à commettre toute sorte d’infractions ou les vendent à travers des réseaux d’adoption illégale.

Voici certaines des conclusions du rapport de situation sur les réseaux criminels associés au trafic et à l’exploitation des enfants dans l’Union européenne :

  • Un des aspects les plus alarmants de cette pratique est le rôle des familles qui, dans certains cas, exercent directement le trafic et l’exploitation de leurs propres enfants. Europol reçoit des rapports périodiques sur des enfants vendus aux réseaux criminels par leur famille.
  • Les femmes jouent souvent un rôle clé dans le trafic et l’exploitation des enfants, beaucoup plus que dans les réseaux criminels où ce sont elles les victimes de la traite d’êtres humains.
  • La plupart des cas rapportés à Europol impliquent des réseaux qui acheminent leurs victimes mineures, non communautaires, depuis leur pays d’origine vers le lieu d’exploitation, souvent avec la collaboration de réseaux de contrebande. Le trafic d’enfants à travers les frontières extérieures et dans les États membres entraîne généralement l’utilisation de documents de voyage falsifiés.
  • Le produit de ces activités criminelles est essentiellement redirigé vers le pays d’origine du trafiquant, par petites sommes en utilisant les services de transfert d’argent, ou bien au moyen de passeurs illégaux ou de mules lorsqu’il s’agit de sommes plus importantes.
  • Le trafic d’enfants s’opère depuis le monde entier vers l’UE. La plupart des réseaux non communautaires de traite d’êtres humains ont informé Europol que des groupes de crime organisé y participaient. Par exemple, depuis le Nigéria, les jeunes femmes étaient trompées ou forcées pour être exploitées sexuellement en Europe.
  • Les enfants en migration ou autres mineurs non accompagnés sont davantage exposés au risque de trafic et d’exploitation. Bien que l’ampleur du trafic d’enfants non accompagnés reste méconnue, on s’attend à une augmentation dans le futur.

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