Bons résultats de mise à profit de données ouvertes sur les assassinats

En 2015 a été mis en œuvre ce qu’on appelle le Murder Accountability Project (Projet de responsabilité des assassinats, MAP pour son sigle en anglais), dont le but est d’éduquer les Nord-américains sobre l’importance de recenser avec précision les homicides ou assassinats non élucidés aux États-Unis.

Thomas Hargrove

Son promoteur est le journaliste retraité Thomas Hargrove. Sur sa dernière étape professionnelle, il a commencé à analyser les données que publiait le FBI dans les rapports supplémentaires sur les homicides, diffusés annuellement avec les statistiques sur la délinquance. En travaillant sur ces renseignements, il a détecté certains cas non résolus qui pourraient être reliés à un tueur en série dans la ville de Gary (Indiana). En 2010, il a pris contact avec la police de cette ville mais celle-ci l’a ignoré. En 2014, on a arrêté un homme dans la ville voisine de Hammond, qui a avoué être l’auteur de multiples homicides mais, à ce jour, on n’a pas pu établir s’il est aussi le meurtrier dans l’un des cas que Hargrove attribuait à un tueur en série.

Convaincu que, grâce aux renseignements dont il disposait, on pouvait détecter d’autres cas semblables, Hargrove a continué à analyser les données jusqu’à ce qu’il obtienne des résultats prometteurs. En filtrant les données sur des femmes assassinées, âgées de 20 à 50 ans, et en sélectionnant le lieu où elles avaient été tuées ainsi que le modus operandi, il obtenait des résultats selon lesquels une bonne partie des homicides résolus coïncidaient avec des cas attribués à des tueurs en série. À partir de ces mêmes variables, il était donc fort probable que les homicides non résolus, pour ce même profil de victimes ayant été assassinées de la même manière dans un lieu proche, aient aussi été commis par des tueurs en série.

Le MAP analyse actuellement près de 900 000 homicides commis entre 1965 et 2015. Parmi ces cas, il y en a 22 000 sur lesquels le projet a obtenu des renseignements directement des municipalités, grâce à la Loi sur la liberté d’information (Freedom of Information Act), compte tenu que certaines communes ou villes n’en informent pas le FBI pour différentes raisons (dont le manque de ressources financières, de matériel ou de personnel). Cette grande quantité de données est mise à la disposition de quiconque souhaite les analyser pour son compte à l’aide d’un quelconque programme de statistiques.

Bien qu’il existe d’autres sources d’information (le Centre national d’information sur la délinquance du FBI ; le Système national d’information sur les morts violentes et les centres de contrôle et de prévention des maladies aux États-Unis), le MAP ne les utilise pas parce qu’elles ne permettent pas toujours de savoir quels sont les cas qui n’ont pas été élucidés.

Ces dernières années, il y a eu aussi d’autres projets analysant des données ouvertes sur les homicides aux États-Unis depuis différents points de vue. Parmi ces derniers, citons deux exemples, centrés sur les morts par arme à feu, qui ont été menés à bien par Periscopic et Five Thirty Eight. Le premier, U.S. Gun Deaths in 2013, 2010, offre une visualisation des données qui montre les années de vie perdues suite aux homicides causés par arme à feu aux États-Unis et cela, à partir de données sur des homicides (issues du FBI et du compte Twitter @GunDeaths, qui a donné lieu au projet Gun Violence Archive) et sur l’espérance de vie (avec des données issues de l’Organisation mondiale de la santé). Le second, Gun Deaths in America, est un graphique interactif basé sur les données du Système national d’information sur le nombre de morts aux États-Unis, qui montre visuellement le poids différent qu’acquièrent, selon les caractéristiques de chaque cas, les plus de 33 000 personnes tuées par arme à feu et qui témoigne du fait que les affaires qui éveillent davantage l’intérêt médiatique ne constituent qu’une petite partie d’une réalité beaucoup plus complexe.

On peut aussi consulter les données des rapports supplémentaires sur les homicides du FBI sur une page web de l’Office de la justice juvénile et de la prévention de la délinquance des États-Unis : Easy access to the FBI’s Supplementary Homicides Reports (EZASHR).

Pour plus d’information :

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