Le trafic de stupéfiants reste une des principales sources de financement du terrorisme

Pour l’occident, l’une des principales menaces du monde actuel, en termes de sécurité, n’est autre que le terrorisme, un phénomène planétaire qui ne peut pas être contrôlé à l’échelle nationale seulement, mais qui requiert la coopération des gouvernements et des forces de sécurité des différents pays affectés. Le trafic de stupéfiants, autre grande menace, requiert lui aussi un degré élevé de collaboration pour établir des politiques et une législation communes.

Ces deux menaces sont très étroitement liées. Le trafic de stupéfiants a toujours été une des principales sources de financement pour les groupes armés rebelles et les groupes terroristes. C’est ce que confirme la récente étude World Atlas of Illicit Flows (2018), résultant de la collaboration entre Interpol, la RHIPTO et la Global Initiative against Transnational Organized Crime. Comme le constate l’étude, 4% du total des flux illégaux finissent entre les mains d’organisations terroristes.

D’après le document, bien que les crimes contre l’environnement (trafic de charbon et de pétrole, exploitation minière illégale, exploitation forestière illégale et trafic d’animaux) constituent aujourd’hui la première source de financement des groupes terroristes (38% du total), le trafic de stupéfiants reste la source principale si l’on considère chacun des crimes environnementaux comme une activité indépendante. On estime que les revenus des sept principaux groupes terroristes et des groupes rebelles de la République démocratique du Congo sont d’environ 1,16 milliards de dollars, dont 28% (330 millions de dollars) proviennent d’activités associées aux stupéfiants. Les deux organisations qui, habituellement, ont bénéficié le plus du trafic de drogue sont les talibans, avec la culture de l’opium et le trafic d’héroïne, et les FARC avec la cocaïne.

Pour ce qui est des talibans, qui opèrent en Afghanistan, la culture de l’opium a été traditionnellement une source importante de financement. D’après les données actuelles, cela leur rapporte annuellement entre 75 et 95 millions de dollars, dont 22,9 millions de dollars, approximativement, proviennent des activités associées à la culture de l’opium d’où est extraite la morphine à partir de laquelle on obtient l’héroïne. L’héroïne produite en Afghanistan représente environ trois quarts de la production totale et sert à approvisionner l’ensemble du marché mondial. En Europe, le marché de l’héroïne est le deuxième marché de stupéfiants le plus important en termes de mouvements d’argent, environ 6,8 milliards d’euros par an.

À leurs débuts, les Forces armées révolutionnaires de Colombie, connues comme les FARC, considéraient la culture de drogues (cocaïne et cannabis) comme une activité contrerévolutionnaire. Toutefois, en 1981, par crainte de se mettre à dos les paysans locaux et compte tenu de l’évidente augmentation de financement que le trafic de stupéfiants pourrait signifier, leur politique va changer et ils finiront par contrôler 70% des zones de production de cocaïne, devenant ainsi l’acteur principal du trafic de drogues dans le pays. D’après InSight Crime, fondation se consacrant à l’étude du crime organisé aux Caraïbes et en Amérique latine, les FARC détenaient, en 2015-2016, des biens pour une valeur de 580 millions de dollars, dont une grande part (267 millions de dollars) provenait d’activités liées aux drogues et à l’exploitation minière illégale. Bien qu’en 2017 des accords de paix aient été entamés entre le gouvernement et les FARC, certains de leurs membres les ont rejetés et se sont organisés en groupes dissidents. L’un d’eux, appelé Bloc Est (ou Oriental), a pris le contrôle d’une bonne partie du trafic de cocaïne dans le pays.

D’après la World Atlas, depuis 2015, on constate une croissance de l’utilisation de deux drogues par les membres de l’État islamique : le tramadol et la phényléthylamine. Le premier est un opioïde à fonction analgésique et la deuxième un psychostimulant. Ces drogues se trouvent surtout en Syrie et en Irak mais elles sont aussi présentes dans la région transsaharienne (Mali, Niger, Nigéria, Tchad et Lybie). C’est l’État islamique qui se charge du trafic et de la vente de ces deux substances, que ce soit auprès de leurs combattants ou d’individus étrangers à leur cause.

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Situation et tendances du secteur pénitentiaire dans le monde en 2018

Le rapport Global Prison Trends 2018 est la quatrième édition d’une étude annuelle élaborée avec le soutien de l’Institut de la Justice de Thaïlande et de la Penal Reform International (PRI).

La Penal Reform International est une organisation non gouvernementale et indépendante qui développe et propose des réponses efficaces et proportionnées à la justice criminelle dans le monde entier.

Par exemple, la PRI défend l’emploi de mesures et de sanctions sans régime de privation de liberté, une méthode qui s’est répandue ces dernières années. Ainsi, par des mesures alternatives à la prison, on peut réduire l’engorgement des centres de détention, surtout pour des peines portant sur des actes non violents ou des infractions légères liées aux drogues.

Une fois de plus, le rapport constate que la situation dans les prisons dans le monde est, en général, très mauvaise au vu de la dégradation des conditions et du nombre croissant d’individus incarcérés. Il dresse donc une liste de recommandations pour les États et leurs politiques pénitentiaires :

  • Les États devraient introduire des nouveautés législatives visant à réduire les taux d’emprisonnement, en ciblant les priorités en mesures de prévention du crime, les alternatives à la prison et les réhabilitations.
  • Il faut implanter des stratégies pour pallier la surpopulation dans les prisons en développant des alternatives et lutter pour la réduction de la pauvreté et l’inégalité.
  • Les États devraient observer, respecter et protéger les droits de l’homme et les garanties procédurales des détenus. On éviterait ainsi mauvais traitements et tortures.
  • La détention provisoire ne devrait être utilisée qu’en dernier recours et devrait tenir compte des principes deprésomption d’innocence, nécessité et proportionnalité.
  • Les politiques de caution monétaire devraient être révisées pour s’assurer qu’elles ne discriminent pas les individus ayant peu de ressources économiques.
  • L’exécution de la peine devrait être guidée par le droit international, y compris les accords de Tokyo et de Bangkok de l’ONU.
  • Les États devraient réduire l’emploi de la perpétuité. Il faudrait abolir les peines de prison à vie sans possibilité de liberté conditionnelle.
  • Les conditions de vie des détenus condamnés doivent être en accord avec les normes établies dans les Règles de Nelson Mandela.
  • Les États qui conservent la peine de mort devraient avancer vers son abolition en établissant un moratoire comme premier pas vers la suppression.
  • Les États devraient réviser leurs politiques concernant les drogues. Il faut dépénaliser les infractions légères et appliquer des jugements proportionnels.
  • L’emprisonnement d’enfants devraient être le dernier recours et la peine de mort et la perpétuité interdites à l’égard des mineurs.
  • Les États devraient adopter des politiques et des systèmes de justice et de protection des enfants face à la violence et aux mauvais traitements.
  • Les règles de Bangkok de l’ONU doivent guider les États dans la réforme de la justice pénale pour garantir que les systèmes remplissent les besoins des femmes détenues.
  • Les jugements des femmes devraient tenir compte de toute victimisation, des responsabilités de garde d’enfants et du contexte de la conduite criminelle, en privilégiant les sanctions sans réclusion.

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Le projet Stadia d’Interpol : sécuriser les grands événements sportifs

Les principaux événements sportifs internationaux, tels que Jeux olympiques et matchs de Coupe du monde de la FIFA, confrontent la police et la sécurité à de nombreux défis dans les pays d’accueil.

Outre le fait qu’ils occupent de grands espaces, complexes et dispersés, ces événements sont propices à toute une série d’activités criminelles, aux émeutes et à la violence, y compris aux cyberattaques et même au terrorisme.

Grâce à son réseau mondial d’experts, Interpol occupe une position idéale pour servir d’organe centralisé de recherche, conception, planification, coordination et formation pour faire face à ce défi au sein d’une structure garantissant des standards de qualité.

Le projet Stadia a été élaboré par Interpol en 2012 et financé par le Qatar dans le but de créer un centre d’excellence pour aider les pays membres d’Interpol à planifier et exécuter les préparatifs de sécurité pour de grands événements sportifs.

Rassemblant les bonnes pratiques et les leçons apprises par les pays membres qui ont accueilli avec succès de grands événements sportifs internationaux, ce projet peut aider les futurs amphitryons à renforcer leurs préparatifs grâce aux dernières connaissances et expériences.

Le projet Stadia organise des réunions annuelles d’experts sur des questions clé de la législation, de la sécurité physique et de la sécurité cybernétique.

Ces rencontres rassemblent des experts de la police du monde entier, les comités d’organisation d’événements, le gouvernement, le secteur privé, l’académie et la société civile pour explorer les méthodes de recherche et d’analyse de dernière génération et développer des recommandations indépendantes pour planifier et exécuter des aménagements de sécurité pour les principaux événements sportifs internationaux.

Les pays qui accueillent un grand rendez-vous sportif veulent qu’il se déroule sans problèmes et soit couronné de succès. Chaque événement offre un tas d’enseignements précieux, pour le pays amphitryon mais aussi pour tous ceux qui accueilleront un jour un événement important.

Pour saisir les bonnes pratiques et les leçons apprises avant, pendant et après les grands événements sportifs internationaux, le projet Stadia met en place des programmes d’observation et de débat avec des experts de la sécurité, à la fois des secteurs public et privé, qui ont des responsabilités directes dans les opérations de surveillance et de sécurité.

Le projet Stadia travaille avec des institutions académiques reconnues pour identifier des besoins de formation et développer des plans d’études de formation, conjointement avec un programme d’accréditation internationale.

L’apprentissage accumulé à partir des activités précédemment décrites est consolidé et partagé entre tous les pays membres d’Interpol grâce à un système de gestion des connaissances basé sur un site web de dernière génération offrant deux composantes :

  • Un vaste répertoire de connaissance des bonnes pratiques sur tous les aspects de la sécurité de l’événement sportif, auquel tous les pays membres peuvent contribuer et dont ils peuvent tirer profit.
  • Une plateforme de collaboration en ligne où des experts en la matière peuvent partager, débattre, analyser et publier des informations sur les aspects évolutifs de la sécurité sportive de grands événements.

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Plusieurs façons d’être victime de la cybercriminalité

Le cinquième rapport annuel d’Europol sur la menace de la criminalité organisée (IOCTA) offre une vision unique de l’application de la loi sur les menaces émergentes et les développements clé dans le domaine de la cybercriminalité au cours de l’année dernière. Mais il offre davantage car il décrit les menaces futures et fournit des recommandations aux autorités policières européennes pour faire face à ces défis de manière adéquate.

Les cybercriminels adoptent de nouvelles techniques créatives pour tromper leurs victimes et sont constamment à la recherche de méthodes pour éviter d’être détectés par la police. Parmi les méthodes les plus utilisées par les cybercriminels, soulignons les suivantes :

  1. Les logiciels rançonneurs (ransomware) : les criminels passent d’attaques aléatoires à des entreprises ou à des individus qui présentent des avantages potentiels plus importants.
  2. Les logiciels malveillants (malware) mobiles peuvent se développer à mesure que les utilisateurs passent des services bancaires en ligne aux services mobiles.
  3. Les cyberattaques sont devenues plus difficiles à détecter. Les attaques utilisant des logiciels malveillants sans fil sont devenues une composante standard de l’industrie du crime.
  4. La législation du Règlement général sur la protection des données exige que les infractions soient signalées dans les 72 heures. Les criminels peuvent essayer d’extorquer des organisations violées.
  5. Le motif caché derrière les intrusions dans un réseau est l’acquisition illégale de données à diverses fins, y compris l’hameçonnage ou la fraude de paiement.
  6. Les attaques DDoS continuent à se développer et les outils servant à les lancer sont facilement disponibles en tant que service, ce qui permet à des individus non qualifiés de lancer des attaques DDoS significatives.
  7. Il est prévu une croissance continue du volume d’attaques d’ingénierie sociale, mais en tant que composante clé de cyberattaques plus complexes. Dans le futur, les fraudeurs ouest-africains joueront vraisemblablement un rôle plus important au sein de l’UE puisque l’Afrique continue d’avoir la plus forte croissance de l’utilisation d’Internet au niveau mondial.
  8. Les cyberattaques qui, historiquement, ciblaient les instruments financiers traditionnels visent maintenant des entreprises et utilisateurs de crypto-monnaies.
  9. L’augmentation des demandes d’extorsion et de rançongiciel dans ces devises illustrera ce changement.
  10. L’exploitation sexuelle des enfants en ligne reste l’aspect le plus inquiétant de la cybercriminalité, avec des volumes de données inimaginables il y a dix ans, en partie à cause du nombre croissant de jeunes enfants ayant accès à des dispositifs connectés à Internet et aux réseaux sociaux.
  11. Cela conduit à une explosion de matériel auto-généré.
  12. Les délinquants cherchent continuellement de nouveaux moyens d’éviter que les forces de l’ordre ne les détectent, y compris des outils d’anonymisation et de cryptage, des applications de communication quotidienne avec chiffrement de bout en bout, des plateformes de réseaux sociaux ou même la chaîne de blocage de Bitcoin. La plupart des informations se trouvent toujours sur Internet, mais certaines des données les plus extrêmes se trouvent sur des services cachés accessibles uniquement sur le Darknet.
  13. La diffusion en direct d’abus sexuels sur des enfants reste un crime particulièrement complexe à enquêter et va probablement augmenter à l’avenir.
  14. La copie frauduleuse de cartes bancaires (skimming) continue d’avoir du succès dans la mesure où des bandes magnétiques de cartes sont toujours utilisées.
  15. La fraude en matière de télécommunications est une tendance ancienne mais croissante, qui implique des paiements non monétaires.

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La Californie veut contrôler la vente de munition pour lutter contre la violence armée

Les Nord-Américains ont le droit de posséder des armes conformément à ce qu’établit le deuxième amendement de la Constitution des États-Unis d’Amérique de 1789 et ce n’est qu’avec la Loi fédérale sur le contrôle des armes de 1968, suite à l’assassinat de Martin Luther King, que l’âge minimum pour la possession d’armes est passé à 21 ans.

La vente d’armes est soumise à une réglementation spécifique et, selon l’État, la loi est plus ou moins permissive. Toutefois, il est assez facile de se procurer des munitions dans l’ensemble des États-Unis, tant et si bien que, dans certains États, elles sont en vente libre dans des établissements non spécialisés. Dans l’État de Géorgie, on peut acheter des munitions dans les pharmacies ; en Pennsylvanie, on en trouve dans des distributeurs automatiques en libre-service et, au Texas, dans les bijouteries.

La Californie est un des États qui est déjà doté d’une réglementation plus restrictive concernant l’achat et la vente d’armes aux États-Unis. Mais elle fait un pas de plus dans le contrôle de la vente de munitions. En principe, la réglementation pour l’achat de munitions est moins stricte que pour l’acquisition d’une arme à feu : par exemple, il n’y a pas d’âge minimum au niveau fédéral pour l’achat de cartouches. Or la Californie complique cette liberté d’achat de munitions pour lutter contre la violence armée grâce à la réglementation locale.

Depuis l’approbation de la proposition 63, votée par la population, les cartouches ne peuvent être achetées que chez des armuriers autorisés par le département de la Justice. Les acheteurs d’armes et de munitions en Californie doivent s’identifier par l’empreinte digitale dans les boutiques spécialisées. Cette nouvelle réglementation impose aussi des contrôles sur ceux qui cherchent à obtenir des munitions en les achetant dans d’autres États, ces achats devront être réalisés à travers des armuriers qui vérifieront les casiers judiciaires. Cette nouvelle réglementation restreint même la vente par Internet et interdit l’envoi directement à domicile, les expéditions devant se faire par l’intermédiaire des établissements autorisés.

Début 2019, les distributeurs de munitions autorisés auront l’obligation de tenir un registre de toutes les ventes de cartouches dans tout l’État de Californie.

Les détracteurs, dont notamment la National Rifle Association, critiquent la dépense supplémentaire qu’entraîne le déploiement de ces mesures pour les administrations ainsi que la difficulté pour les personnes non dangereuses d’obtenir de l’armement.

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Nadia : le théâtre comme arme pour lutter contre la radicalisation chez les jeunes

Nadia - Théâtre de LiègeŒuvre de théâtre écrite par le dramaturge hollandais Daniël Van Klaveren, cette pièce retrace l’histoire de deux adolescentes de quinze ans qui, comme d’autres filles de leur âge, passent une bonne partie de leur temps connectées à internet. L’une d’elles, Nadia, est séduite par le discours d’un lieutenant de Daesh et entame un processus de transformation personnelle qui provoque la confrontation avec sa meilleure amie. L’œuvre reproduit les derniers jours de la vie de Nadia avant son départ pour le Califat.

Les actrices se rendent dans les établissements d’enseignement secondaire pour représenter cette histoire dans le but de sensibiliser les jeunes sur les dangers de la radicalisation et la perte d’identité ainsi que sur les défis qu’engendre la recherche de sa propre identité.

Nadia est le résultat d’un projet de collaboration théâtrale entre cinq compagnies[1] européennes. Ce spectacle, sous différentes versions, s’est produit pour la première fois dans plusieurs villes d’Europe au cours de l’année 2017. Il s’agit d’une expérience de collaboration pédagogique qui permet la connexion en ligne de jeunes Européens en vue d’explorer ensemble les processus de radicalisation, l’injustice sociale, le sentiment d’appartenance et ce que signifie être jeune dans la société actuelle.

La ville de Liège a participé à cette initiative pédagogique de nature artistique à travers le Théâtre de Liège. Entre autres actions pédagogiques s’adressant en particulier au collectif des jeunes dans cette ville, citons notamment :

  • Le film d’animation TORU, conçu et réalisé par des adolescents pour susciter la réflexion critique et la liberté de pensée, et déchiffrer les mécanismes de manipulation et les causes liées aux mouvements extrémistes ou sectaires.
  • L’implantation de la pédagogie active appelée BOUNCE – Youth Resilience. L’objectif est de renforcer l’auto-estime, la capacité d’auto-affirmation et de contact chez les jeunes pour stimuler la résistance aux idées extrémistes qui conduisent à la violence.
  • « Le chemin de la démocratie et des libertés » est un circuit urbain à travers sept espaces symboliques de la ville de Liège. Cet itinéraire met l’accent sur les valeurs de tolérance, de démocratie, de liberté et de paix ; il proclame aussi les valeurs citoyennes qui sont fondamentales pour la cohabitation.

Cette initiative pédagogique et artistique est une expression supplémentaire de la manière dont on peut contribuer à la prévention de la radicalisation violente sur le plan éducatif et socioculturel afin de renforcer la résilience chez les groupes vulnérables.

Liens utiles :

https://www.rtc.be/video/culture/le_theatre_de_liege_s_invite_a_l_ecole_avec_la_piece_nadia-1496737-999-325.html#

http://theatredeliege.be/wp-content/uploads/2014/11/Dossier_Nadia_01_2018.pdf

http://arts-sceniques.be/rencontre/nadia/

http://www.etc-cte.org/base.php?code=1111

http://www.searchingfornadia.eu/project-guide/

http://theatredeliege.be/nadia/

https://efus.eu/fr/topics/risks-forms-of-crime/radicalisation/efus/11756/

[1]Nadia est une coproduction de Fondazione Teatro Due Parma (Italie), Staatstheater Braunschweig (Allemagne), Det Norske Teatret Oslo (Norvège), Théâtre de Liège (Belgique) et De Toneelmarkerij Amsterdam (Pays-Bas).

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Baisse significative et soutenue de la criminalité chez les jeunes en Australie

young offenders in AustraliaL’Institut australien de criminologie a publié les résultats d’une recherche menée à bien par Payne, Brown et Broadhurst sur le parcours criminel des générations d’individus nés en 1984 et en 1994. Il s’agissait d’étudier l’influence des tendances criminelles qui accompagnaient les premières années de la vie des individus. 1984 s’inscrivait dans une époque d’augmentation constante de la criminalité, tandis que 1994 montrait la tendance inverse. L’étude se centrait sur la population de l’État de Nouvelle-Galles du Sud qui, du reste, est le plus peuplé du pays. La génération de 1984 comprenait 83 328 individus contre 89 373 pour 1994.

Les résultats ont été très nets. Le pourcentage d’individus de moins de 21 ans ayant commis une quelconque infraction est passé de 9,5% à 4,8%. Si l’on ventile par types d’infractions, on constate que :

  • Les crimes violents sont passés de 2,6% à 1,8% (baisse de 42%).
  • Les atteintes aux biens sont passées de 3,8% à 1,7%.
  • Les atteintes à la santé publique (drogues) sont passées de 1,7% à 1,3%.
  • Les atteintes à l’ordre public sont passées de 3,3% à 1,9%.

En nombres absolus, les jeunes (-21 ans) de la génération de 1984 ont commis 7 900 infractions, tandis que ceux de la génération de 1994 en ont commis 4 341.

L’étude regroupe les délinquants par catégories : occasionnels (1 infraction), modérés (entre 2 et 4 infractions) et chroniques (5 ou plus). Dans ce cas, la comparaison montre que, sur la génération de 94, le taux relatif de délinquants chroniques est plus élevé. Alors que, sur la génération de 84, les chroniques commettent 23,1% du total des infractions, sur celle de 94, ils atteignent 31,5%. Ainsi, même s’il y en a moins que dans le premier groupe (1,5% contre 2,2%), il s’agit de délinquants beaucoup plus prolifiques.

Concernant les raisons de cette baisse de la délinquance chez les jeunes, l’étude constate les aspects suivants :

  • Augmentation de la sécurité de la propriété privée et publique (mesures de sécurité et conception des bâtiments et véhicules).
  • Croissance de la richesse sur le territoire de la Nouvelle-Galles du Sud, ce qui a amélioré le niveau de vie de ses habitants.
  • Diminution du temps pendant lequel les enfants sont dans la rue sans aucune sorte de surveillance (les activités en ligne à la maison sont contemplées comme l’une des raisons mais peuvent ouvrir les portes à d’autres types d’infractions sur le Net).
  • Diminution du nombre de jeunes qui entament incidemment une carrière criminelle.

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La Commission sur la violence chez les jeunes en Angleterre et au pays de Galles identifie six domaines clé d’intervention

Youth Violence Comission - Interim Report July 2018Le rapport provisoire de la commission (en attente du rapport définitif qui paraîtra cet automne), dressé à partir des résultats du travail réalisé jusqu’ici par celle-ci (qui comprend enquêtes, entretiens avec jeunes affectés, parents, policiers, assistants sociaux, leaders communautaires et autres experts), établit six domaines clé d’action pour lutter contre les causes qui favorisent l’usage de la violence chez les jeunes[1]. Ces domaines sont les suivants :

  1. Développer un modèle national de santé publique. Le rapport approuve les principes suivis en Écosse où la question de la violence chez les jeunes a reçu un traitement épidémiologique (suivant le modèle de traitement de la violence adopté par l’Organisation mondiale de la Santé). Il est très important de souligner que cette approche sanitaire au problème exige que tout le système intègre ce changement culturel et bénéficie d’un consensus politique suffisant.
  2. Il faut se centrer sur les années de l’enfance et sur une intervention aussi précoce que possible. Le rapport constate l’importance des expériences infantiles de violence physique, sexuelle ou émotionnelle, abus, manque d’affection ou croissance aux côtés de parents toxicomanes dans l’apparition de comportements violents chez les jeunes adolescents. Avoir vécu ou subi la violence dès les premières années de vie fait qu’on considère la violence comme une chose habituelle et qu’on la banalise (un pourcentage non négligeable de jeunes déclare s’être senti en insécurité au foyer).
  3. Réformer les services d’accueil aux jeunes. Cela impliquerait l’implantation d’une politique nationale de la jeunesse servant de cadre, la révision de la distribution des fonds (une augmentation des cas de maladie mentale et des comportements désordonnés a coïncidé avec une réduction du financement mis à la disposition de ces services et on a financé trop de projets à court terme), ainsi que favoriser l’intervention des groupes religieux. La commission pense que les leaders de la foi (curés, pasteurs, etc.), comme elle les nomme, sont à même d’apporter une contribution positive à la prévention de la violence chez les jeunes.
  4. Renforcer le soutien aux écoles. Il faut réduire à zéro l’échec scolaire. Les élèves qui sont exclus du système éducatif, de par leurs résultats insuffisants, montrent un pourcentage beaucoup plus élevé de comportements violents par rapport à ceux qui achèvent le cycle de formation. La commission souligne aussi l’importance de revoir la manière dont sont distribués les conseils sur les profils académiques à suivre pour chaque enfant, de même que l’importance de l’enseignement portant sur des questions de sexe, des aptitudes des élèves et d’une meilleure intégration des différents services existant dans les écoles (assistants sociaux, psychologues, etc.).
  5. Augmentation des opportunités d’accès au travail. Les écoles devraient enseigner aux enfants les aptitudes et les connaissances qui leurs faciliteraient l’accès au marché du travail. Les centres d’accueil pour jeunes devraient élargir les aspirations des jeunes et cesser de penser qu’ils ne peuvent accéder qu’à des métiers peu qualifiés. Un accroissement des apprentissages à la disposition des jeunes les aideraient à rompre le cycle de chômage qui est très souvent habituel dans leur famille.
  6. Approfondir les stratégies de police communautaire et réviser les politiques relatives à la consommation de drogues. D’après le rapport, l’enquête menée sur les jeunes montrait que 46% d’entre eux n’auraient pas recours à la police même s’ils craignaient d’être les victimes d’un crime. Il serait très utile que chaque établissement scolaire dispose d’un vrai policier servant de point de repère pour leurs étudiants. Il faudrait aussi prendre en compte le fait que les jeunes qui consomment une drogue quelconque montrent une tendance plus élevée aux comportements violents.

[1] Vid. http://yvcommission.com/interim-report/

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« Projet pilote » : renforcer la sécurité interne et externe de l’Union européenne

EUNAVFORRécemment a été activé une cellule de renseignement pour la lutte contre la criminalité à bord du vaisseau de l’opération EUNAVFOR Med ou opération Sophia, qui opère en Méditerranée méridionale. Suite à la décision prise par le Conseil de l’UE le 14 mais 2018, des spécialistes des agences européennes Europol et Frontex – Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes – et de l’EUNAVFOR Med ont été embarqués sur le navire italien San Giusto dans le cadre de l’opération Sophia.

L’implantation de la cellule de renseignement criminel ouvre un nouveau chapitre dans la coopération opérationnelle entre les acteurs de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC) et le Conseil Justice et affaires intérieures (JAI) pour tenter de renforcer leur efficacité collective et l’impact opérationnel.

Elle peut favoriser l’échange d’informations sur les activités criminelles en Méditerranée centrale et offrir une plateforme pour mettre à profit les capacités uniques des agences en vue d’intercepter les réseaux criminels dans le rayon d’action de l’opération EUNAVFOR MED et au-delà.

Elle peut aussi faciliter la collecte et la transmission de renseignements sur le trafic d’êtres humains, la mise en œuvre de l’embargo sur les armes instauré par l’ONU en Libye, les exportations illégales de pétrole libyen en vertu des UNSCR 2146 (2014) et 2362 (2017) ainsi que l’activité criminelle liée à la sécurité de l’opération en soi.

La participation de Frontex dans la cellule de renseignement contre le crime servira à développer un cadre de renseignement global sur le trafic d’êtres humains et autres activités criminelles transfrontalières, y compris le terrorisme. Les informations fournies par la cellule de renseignement viendront aussi renforcer la capacité de surveillance et de contrôle des frontières extérieures de l’UE par Frontex.

Le déploiement des équipes mobiles de Frontex peut offrir de nouvelles opportunités pour la collecte de renseignements sur les méthodes utilisées par les groupes criminels et favoriser l’analyse opérationnelle et stratégique réalisée par Frontex, Europol et EUNAVFOR Med.

En étroite collaboration avec les partenaires de la société de l’information et de la lutte contre la criminalité et les États membres de l’UE, Europol poursuit sa tâche en vue d’offrir un soutien efficace aux enquêtes transnationales en ciblant le trafic organisé de migrants ainsi que le crime organisé et le terrorisme international.

De plus, Europol mettra à la disposition d’EUNAVFOR Med opération Sophia toutes les ressources pour appuyer la décision opérationnelle et tactique et contribuer ainsi à l’efficacité du mandat de l’opération.

La période d’essai du projet sera de six mois. Ce délai écoulé, les leçons apprises du projet pilote seraient également utilisées pour renseigner la coopération future du PSDC-JAI dans un contexte plus vaste.

L’EUNAVFOR Med opération Sophia (ENFM) est une opération de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC) visant à interrompre le modèle d’affaires des trafiquants d’êtres humains et trafiquants de migrants et contribuer aux efforts de l’UE pour le retour à la stabilité et à la sécurité en Lybie et dans la région de la Méditerranée centrale. L’ENFM est la première force maritime de l’UE pour la sécurité maritime en Méditerranée centrale et travaille étroitement avec plusieurs organisations civiles et militaires, nationales, internationales, gouvernementales et non gouvernementales.

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La Belgique affiche une baisse de la criminalité depuis 2011

« Les statistiques sur la criminalité sont fondamentales pour refléter les politiques menée à bien mais l’interprétation qu’on en fait n’est pas moins importante. Travailler sans données reviendrait à agir à l’aveuglette mais il ne faut pas non plus se laisser aveugler par les données ». C’était là les paroles du commissaire général, M. Marc De Mesmaeker[1].

La police fédérale belge a publié en juillet dernier les données policières sur la criminalité pour l’année 2017, qui comptabilisent à la fois les actes consommés et les tentatives. Au total 860 604 actes criminels ont été recensés, soit 76 infractions pour 1 000 habitants[2].

Que nous disent les chiffres ?

La Belgique montre une baisse progressive des chiffres sur la criminalité depuis 2011. Sur la période 2007-2017, on observe que, jusqu’en 2012, le total d’infractions dépassait le million mais, dès lors et jusqu’en 2017, les faits recensés ont régulièrement baissé, se situant toujours au-dessous de ce seuil.

2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017
1 002 857 1 006 950 1 023 984 1 026 312 1 063 271 1 040 233 997 805 977 514 920 490 888 735 860 604

Cette baisse de la criminalité a été qualifiée d’International Crime Drop[3]. Le phénomène a été détecté initialement aux États-Unis, en particulier sur les atteintes aux biens et, notamment à New York, sur les homicides ; cette tendance est aussi constatée dans la plupart des pays occidentaux. Il s’agit probablement du résultat de l’interaction entre plusieurs facteurs : l’amélioration des techniques et stratégies policières, le développement technologique de mesures préventives, la vidéosurveillance, la baisse du prix des biens de consommation électroniques, le vieillissement de la population, les peines appliquées…[4]

excel belgica frances

Le top 5 des infractions totales au plan national en 2017[5]

Parmi 41 grands types de crimes, les cinq qui cumulent le plus d’infractions par ordre descendant sont :

2011 2016 2017
Vols et extorsions 451 716 330 895 313 006
Atteintes aux biens 123 759 83 304 80 398
Atteintes à l’intégrité physique 90 130 79 001 77 859
Drogues 48 143 54 833 55 944
Fraude 39 344 41 900 40 921

Bien que ces gros chiffres montrent une tendance à la baisse, il n’en demeure pas moins que certains types de crimes évoluent à la hausse à partir de 2011 comme on peut le constater, y compris sur le « Top 5 », notamment concernant les infractions relatives aux drogues et aux fraudes qui, en 2017, ont atteint des taux de 4,94 et 3,61 faits pour 1 000 habitants respectivement. Le rapport précité sur les statistiques policières de criminalité en Belgique (2000-2017) réserve la partie III, page 45, au crime informatique, une catégorie qui passe de 26 552 faits en 2011 à 43 800 en 2016 et 44 165 en 2017, soit une hausse de plus de 65%. Parmi les sous-catégories qui recensent le plus grand nombre de faits, soulignons les fraudes informatiques et par cartes de paiement, les escroqueries sur internet et le cyberharcèlement.

Pour plus d’information, on peut consulter les liens suivants :

https://www.police.be/5998/fr/actualites/les-statistiques-de-criminalite-au-point-le-plus-bas-depuis-2000

http://www.stat.policefederale.be/statistiquescriminalite/rapports/

News associées au « Notes de sécurité » :

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« Le nombre d’homicides s’effondre et atteint des minimums historiques dans la ville de New York », publiée le 14 février 2018. http://notesdeseguretat.blog.gencat.cat/2018/02/14/els-homicidis-es-desplomen-a-minims-historics-a-la-ciutat-de-nova-york/

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http://notesdeseguretat.blog.gencat.cat/2017/11/20/segueixen-disminuint-els-fets-delictius-registrats-per-lertzaintza/

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http://notesdeseguretat.blog.gencat.cat/2017/03/22/els-delictes-coneguts-a-espanya-van-baixar-un-12-respecte-al-2015/

« Baisse persistante de la délinquance en Suisse », publiée le 15 juin 2016 http://notesdeseguretat.blog.gencat.cat/2016/06/15/descens-persistent-de-la-delinquencia-a-suissa/

[1]https://www.politie.be/5998/fr/actualites/nomination-du-nouveau-commissaire-general

[2]La population belge au 1er janvier 2017 était de 11 322 088 habitants. Source consultée : https://statbel.fgov.be/fr/themes/population/structure-de-la-population

[3]van Dijk, JJM, Tseloni, A, &Farrell, G (Eds.). (2012). The International Crime Drop: New Directions in Research. Basingstoke: Palgrave Macmillan; Farrell: Five tests for a theory of the crime drop. Crime Science 2013.

[4]http://www.stat.policefederale.be/assets/pdf/notes/tendances_2016_2017_SPC.pdfpàg 29.

[5]Statistiques policières de criminalité. Belgique 2000-2017. Police fédérale – DGR/DRI/BIPOL. Obtenues à l’aide du référentiel Datawarehouse (date de clôture au 23 avril de 2018). http://www.stat.policefederale.be/assets/pdf/crimestat/nationaal/rapport_2017_trim4_nat_belgique_fr.pdf

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