Le livret à points du citoyen, une réalité en Chine

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Le gouvernement chinois développe un système de « crédit social » permettant de noter les citoyens selon leur comportement et le degré de fiabilité, en les récompensant ou les pénalisant suivant leurs agissements. Il est prévu que ce programme, présenté comme un mécanisme pour garantir la sécurité nationale et la stabilité sociale, soit pleinement opérationnel en 2020.

Toutefois, les premières ébauches commencent déjà à apparaître. Parmi celles-ci, soulignons l’interdiction d’acheter des billets d’avion ou de train aux personnes qui ont perdu des points pour avoir fumé dans des wagons, utilisé des billets périmés ou diffusé des fake news et notamment aux individus associés à des attaques terroristes ou contre la sécurité aéroportuaire.

Entre autres agissements qui pourront entraîner une perte de points, citons la publication de posts politiques online sans autorisation, le fait de contredire la narrative officielle du gouvernement, commettre des infractions au volant ou passer trop de temps sur les jeux vidéo. En revanche, d’autres comportements, dont la participation à des œuvres de charité ou le don de sang, permettent d’augmenter la ponctuation et, de ce fait, améliorer la position de l’intéressé.

Cette position déterminera des aspects fondamentaux tels que la possibilité d’être admis dans certaines écoles (pour les intéressés ou leurs enfants), s’enregistrer dans des hôtels, exercer des fonctions publiques ou louer un appartement. Les individus frappés d’une mauvaise « ponctuation citoyenne » auront plus de difficultés à y accéder, de même qu’ils auront plus de mal à obtenir des visas pour voyager à l’étranger. Par contre, les citoyens qui auront une bonne ponctuation bénéficieront de réductions sur la facture énergétique, d’un accès à internet plus rapide ou de meilleures conditions pour l’obtention d’un prêt bancaire.

La méthode exacte qui sera utilisée pour déterminer ces ponctuations est tenue secrète mais on suppose qu’elle sera basée sur l’intelligence artificielle et le big data, ce qui permettra de créer des profils pour tous les citoyens en s’appuyant sur le type d’achats effectués, les mouvements financiers, les contacts personnels et professionnels, l’usage des réseaux sociaux ou les interactions avec des organismes officiels. Bien que les autorités chinoises avancent que ce système doit permettre de contrôler le degré de civisme et réduire le taux de criminalité, en améliorant ainsi la sécurité publique, un nombre significatif d’organisations, dont Human Rights Watch ou Amnistie Internationale, alertent du danger que cela entraîne pour les droits et les libertés civiles, notamment pour ce qui est du droit à la confidentialité, à la protection des données et à la liberté d’expression. Une situation particulièrement préoccupante si l’on considère que le degré de liberté sur internet en Chine, d’après Freedom House, est le pire de la planète.

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