Conrad J. Fernández i Justes: « le aspect plus sensible est la montée de la violence lors des interventions »

Conrad J. Fernández i JustesSuperintendant chef G.U. Badalona. Président de l’ACCPOLC. Docteur en sociologie, licencié en anthropologie, master en études policières, diplômé supérieur en criminologie et en aptitude pédagogique de l’Université de Barcelone et diplômé en fonctions de gestion des administrations publiques de l’ESADE.

Quel bilan faites-vous de la situation de la sécurité actuelle à Badalona ?

Badalona est une ville d’une grande complexité, composée de quartiers aux caractéristiques diverses, située dans un vaste environnement métropolitain. Quant à la sécurité, les statistiques nous montrent qu’elle est en accord avec le reste de l’Aire métropolitaine, avec toutefois de petites nuances qui varient d’années en années. On peut dire que la sécurité routière comme la sécurité publique sont optimales et très raisonnables.

Et du travail conjoint de la Police locale et des Mossos d’Esquadra ?

Badalona a été la première ville de l’Aire métropolitaine à déployer le corps de police catalane des Mossos d’Esquadra. Étant donné l’absence d’infrastructure, ils ont occupé des modules situés dans l’enceinte de la Police municipale. Dès le départ, de nombreux espaces ont été utilisés conjointement, ce qui a favorisé la connaissance mutuelle entre agents des deux corps et a permis d’envisager la réalisation de services de façon conjointe. Quand les Mossos ont eu leur propre commissariat, il a été créé une salle conjointe de communication, où des agents des deux corps géraient les demandes de services. Actuellement, cette salle n’existe plus mais nous avons un système de patrouille « en tandem » (avec une patrouille de chaque corps) qui donne d’excellents résultats. Nous sommes satisfaits de ce travail collaboratif et continuerons à explorer de nouvelles formes pour une sécurité plus efficace.

Selon vous, quels sont actuellement les problèmes les plus préoccupants pour une police de Badalona ?

Du point de vue de la sécurité, les aspects les plus sensibles sont le terrorisme djihadiste et la montée de la violence lors des interventions. Du point de vue corporatif, notre volonté est d’améliorer l’image de la police, pallier ce que nous estimons être un excès de politisation du service, de même que la bureaucratie excessive, et surtout renouveler les effectifs. La Police municipale voit sa moyenne d’âge s’élever de plus en plus et les agents sont dans l’attente d’une éventuelle retraite à 60 ans. Ce qui offrirait, par ailleurs, plus de possibilité de carrière professionnelle aux agents qui aspirent à occuper des postes de commandement.

Comment pensez-vous que devrait s’articuler le système de police de Catalogne ?

Je suis partisan d’implanter un système ressemblant au modèle belge, en l’adaptant à notre réalité. En 2003, j’ai eu l’opportunité de rendre visite aux polices des Pays-Bas et de Belgique. Le modèle hollandais était articulé autour de régions policières autonomes, avec ce qu’on appelle une « région de soutien » pour les autres. La Belgique venait de mettre en place un modèle appelé « d’intégration ». Une police belge et deux niveaux de service, fédéral et local, parfaitement intégrés, avec un statut unique de la police pour sa régulation, des institutions communes, de la flexibilité et des passerelles entre corps. Dès le départ, j’ai pensé que cela pourrait être la référence pour la Catalogne.

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